Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Toni Morrison : « Une contre-histoire de l'Amérique à écrire »

Publié le 21/06/2009 à 13h41


Toni Morrison (DR)

« Beloved » avait valu à Toni Morrison son premier Prix, le Pulitzer. C’était en 1988. Prix Nobel de Littérature (en 1993), elle est devenue une des plus grandes voies littéraires de la planète. « Un don » est son onzième roman paru en France et peut-être le plus puissant. Avec sa symphonie littéraire habituelle, elle plonge plus loin qu’elle ne l’avait jamais fait dans l’histoire de l’esclavage aux Etats-Unis.

« Un don » : génèse de l’Amérique
« N’aie pas peur. Mon récit ne peut pas te faire du mal malgré ce que j’ai fait et je promets de rester calmement étendue dans le noir » : ainsi s’ouvre le livre. Avec la jeune Florens, fille d’esclave africains offerte à une famille de propriétaires par sa propre mère.

Nous sommes à la fin du XVIIe siècle, dans le Maryland. Dans « Beloved » (situé deux siècles après), Toni Morrison avait mis en scène une mère hantée par le fantôme de sa fille qu’elle avait égorgée pour lui éviter de connaître l’esclavage. « Un don » est le donc le miroir inversé de « Beloved ».

Le récit à la première personne de Florens se mêle à la vie des autres personnages : Jacob, orphelin venu d’Angleterre et propriétaire d’une plantation ; Lina l’esclave amérindienne dont la tribu a été décimée par une épidémie ; Rebekka, l’épouse de Jacob, dont les enfants meurent les uns après les autres ; Sorrow, l’enfant rescapée d’un naufrage ; Willard et Scully, qui travaillent pour acheter leur liberté. Des êtres marqués par l’abandon.

Cette plantation est aussi l’utopie d’une multiplicité harmonieuse : le couple, les servantes et les engagés forment une famille. Mais la ferme est devenue un enfer à la mort de Jacob, tombé malade alors qu’il commençait à céder aux sirènes du commerce des hommes…

Désynchronisant les temporalités et les narrations (une marque de l’auteur), le livre se déroule sur trois jours et devient une plongée géographique et métaphorique vers les origines d’une nation. La bible d’un paradis noyé et la genèse d’une nation qui se fondera sur l’individualisme et le racisme.

A la fin du XVIIe siècle, le pays est encore une colonie anglaise. L’esclavage n’est pas encore une loi, son existence tacite en rendait les Noirs autant victimes que les Européens. L’événement historique qui sert de background au livre est « la révolte de Bacon » (1676 en Virginie), quand une armée de Noirs, d’indigènes, de Blancs et de mulâtres emmenée par des propriétaires, renversa le gouvernement de la colonie.

Pour que cela ne se reproduise plus, le pouvoir divisa pour régner. Et créa des lois qui donnaient aux Blancs le pouvoir d’exploiter, torturer et tuer les Noirs. L’identité d’un homme se définissait par la couleur de sa peau.

Toni Morrison est une voix qui compte beaucoup outre-Atlantique. Très clintonienne (elle avait défrayé la chronique en déclarant dans la presse, il y a des années, qu’il était le « premier Président noir américain »), elle avait commencé par supporter Hillary Clinton dans la course à l’investiture, avant de se rallier à Obama qu’elle aura très fortement soutenu.

Quelques mois après l’arrivée d’Obama à la maison Blanche, la romancière était de passage en France.

Votre roman se situe avant le temps du racisme pur, implicitement accepté dans les Amériques. Comment est venu le désir d’aller fouiller cette période, quasi inédite en littérature ?

Je voulais travailler sur cette période des Etats-Unis qui est inconnue pour beaucoup de monde, non dite. Les Etats-Unis ne sont pas nés avec, dans leur identité propre, le racisme, l’esclavage et l’inégalité. Cela a été imposée par une loi, une loi qui a légalisé le racisme.

J’ai donc voulu regarder comment se passaient les choses avant. Une période où les hiérarchies n’étaient pas du tout bâties sur les races, mais seulement sur l’argent, le pouvoir. La période qui précède cette vision romantique que tout le monde a des Etats-Unis, avec l’arrivée des Hollandais, des Espagnols, des Français, des Britanniques. Qui venaient pour le bois, l’or, les ressources qui justifient les colonisations habituelles.

Mais il y avait 20 millions de natives, d’Indiens, avant cela. Il y avait même des esclaves blancs, notamment des centaines d’enfants qu’on a fait venir d’Angleterre pour travailler. Les Indiens, eux, refusaient de travailler ainsi, et c’est là qu’on a fait venir des esclaves venus d’Afrique. Contrairement aux idées reçues, l’esclavage aux Etats-Unis n’a jamais été tourné uniquement contre les Noirs. Le racisme, par contre, si.

A cette époque, les Etats-Unis étaient plutôt… désunis. Une colonie. La terre, on l’obtenait soit par un don, soit par la conquête. On avait alors une multitude d’Etats, avec dans chacun des colons différents. C’est cette instabilité, qui allait virer au chaos, que j’ai voulu montrer.

En lisant « Un don », j’ai beaucoup pensé à Elmore Leonard [un des maîtres du roman noir US, adapté au cinéma par Tarantino ou Soderbergh]. De la même génération que vous, il a, lui, écrit des westerns antiracistes…

J’adore ! C’est vrai qu’il est surtout connu pour ses dialogues et ses romans noirs. Mais ses westerns sont excellents. Le modèle du genre, aux Etats-Unis, c’est « Règlements de comptes à OK Corral » (de John Sturges, 1957), ce film inspiré d’un fait réel.

Ce que le film ne dit pas, c’est que si Wyatt Earp et Doc Hollyday (Burt Lancaster et Kirk Douglas) s’associent, c’est non seulement pour « nettoyer la ville », mais aussi pour ne pas permettre aux Noirs d’y venir. Une Histoire reste à écrire : celle des cow-boys noirs.


« Un don » de Toni Morrison (DR)

Le livre a été publié en 2008 aux Etats-Unis. On fait forcément le lien avec l’essor d’Obama, d’autant que vous l’avez beaucoup soutenu. Les Etats-Unis entrent-ils dans l’ère « postraciale » ? Comment vivez-vous les premiers mois d’Obama à la maison Blanche ?

Certes, le « dialogue racial » s’améliore et l’atmosphère a changé. Mais il y a encore de nombreux groupes et milices racistes. Je hais ce terme de « postracial », mais il est vrai que le couple Obama est complètement un mix. C’est ça qui est nouveau.

Lui a des origines au Kansas autant qu’au Kenya. Et Michelle Obama descend d’esclaves autant que de propriétaires. Ce couple est un mix et un continuum. Mais il ne faut pas oublier que Clinton avait été le premier président vraiment en rupture : un foyer monoparental, une origine modeste, une enfance dans la classe ouvrière.

Durant sa campagne, Obama a été très soutenu par les militants. La participation aux élections a été plus forte que jamais (58% contre 30 % habituellement). Il y a donc un risque : tout le monde attend qu’il fasse tout, change, tout. Du coup, les gens ne participent plus. Ils voient Obama comme un roi qui va leur rendre tout ce qui lui a été donné durant la campagne.

Or, il faut comprendre que le pouvoir reste au peuple ! C’était aussi ça, le sens de la campagne. Il va falloir continuer à agir, par exemple pour l’extension de la couverture médicale.

► L’entretien avec Toni Morrison était traduit par Raphaëlle Liebaert, que nous remercions.

« Un don » de Toni Morrison (trad. Anne Wicke, Christian Bourgois, 195 pp., 15 €)

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  • louisa84
    louisa84
    employée
    • Posté à 14h29 le 21/06/2009
    • Internaute 83320
      employée

    Le livre est sublime ,
    il faut le lire .
    Pour moi c’est un livre complementaire des lectures comme racine, Jubilée de Margaret Walker bref je viens de découvrir un auteur ! ! !

    • Secco
      Secco répond à louisa84
      Touriste
      • Posté à 17h14 le 21/06/2009
      • Internaute 51642
        Touriste

      Est-ce que quelqu’un connaît le titre original ? j’aimerais bien le trouver en anglais ! Merci

      • Hubert Artus
        Hubert Artus répond à Secco
        Rue89
        • Posté à 17h32 le 21/06/2009
          rédacteur
        • Journaliste 56
          Rue89

        C’est « A Mercy », paru il y a un an aux USA

         
        • Secco
          Secco répond à Hubert Artus
          Touriste
          • Posté à 21h09 le 23/06/2009
          • Internaute 51642
            Touriste

          merci (sans jeu de mot) !

        1 autres commentaires
      • joanne192
        joanne192 répond à Secco
        • Posté à 18h58 le 21/06/2009
        • Internaute 20551

        Oui, je viens de le lire . Il s’appelle ’ A Mercy ’. Peut-être disponible en livres d’occasion sur Amazon.co.uk ou Amazon.fr.

    • zénon denon 84
      zénon denon 84 répond à louisa84
      Bonne
      • Posté à 20h57 le 21/06/2009
      • Internaute 30028
        Bonne

      Femme exceptionnelle
      J’ai eu la joie de la voir ,de l’écouter (surtout)
      il y a 6 ans je crois à AIX en Provence
      aux Alumettes _accompagnée d’une pleiade _
      de qualité ( dont Chritian Bourgois )
      et Josiane Savigneau .
      Cette femme remarquable à tous égards
      nous a subjugué toute la soirée .
      Moments inoubliables dans cette belle agora Aixoise .
      Et dans un amphi archi comble .
      Chapeau Madame . et merci !
      Une grande voix .

    • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
      ALLAIN JULES C@MMUNICATION répond à louisa84
      Journaliste
      • Posté à 11h02 le 22/06/2009
      • Internaute 18202
        Journaliste

      Exact !

      Je crois que les superlatifs ne peuvent manquer pour comenter l’oeuvre de cette grande dame. C’est la meilleure.

      Lien

  • deny
    deny
    Marié
    • Posté à 14h33 le 21/06/2009
    • Internaute 79760
      Marié

    J’ai découvert Toni Morrison par hasard. Le hasard du libraire. Quelle chance. « Un don » est magnifique de poésie et de cruauté. La cruauté de la situation des personnages. Leur vie, leur passé et surtout leur avenir. Une vie de « chien » ou les femmes couchent à même le sol près du lit de leur « mistress ». Où les hommes portent le destin des femmes à la force de leur ambition. Pour moi dans « un don » on découvre ou redécouvre la Femme forte. La position de la Mère est essentielle : celle qui ne le sera que pour une courte période, celle qui le devient et qui assume cette position, celle que l’on croit incapable de sentiment et qui se révèle....
    Tout cela dans un pays hostile aux rêves et à l’espoir.
    Il ne faut pas croire mais « un don » est un livre plein d’optimisme.

  • Thomas_Ashland
    Thomas_Ashland
    quenelle déracinée.
    • Posté à 14h39 le 21/06/2009
    • Internaute 55056
      quenelle déracinée.

    Et une « Histoire populaire des Etats-Unis » d’Howard Zinn, c’est pas une contre-Histoire des USA ?

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Thomas_Ashland
      Rue89
      • Posté à 14h47 le 21/06/2009
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Toni Morrison voulait dire qu’une telle contre-Histoire n’existait que très peu en romans

    • Sikhs
      Sikhs répond à Thomas_Ashland
      Salarié
      • Posté à 09h12 le 23/06/2009
      • Internaute 60291
        Salarié

      J’allais l’écrire ! 1 props !

  • Le Yéti
    Le Yéti
    voyageur à domicile
    • Posté à 15h42 le 21/06/2009
    • Internaute 6095
      voyageur à domicile

    BUT HERE WE ARE !

    En ces troubles périodes, des êtres comme Toni Morrison sont de salutaires cadeaux (merci M. Artus de nous faire découvrir son nouvel opus).
    En voici un autre, spécialement dédié à chaque passant de cette page :

    Abbey Lincoln est née en 1930. Avec son mari de l’époque, le compositeur et batteur Max Roach, elle enregistra en 1960 UN DES PLUS BEAUX DISQUES DU MONDE. Son titre : We insist ! Freedom Now Suite (téléchargeable intégralement en mp3 pour 3,95 € sur Lien - NB : la chanson de la vidéo, Lien, n’en est pas extraite).

    Je suis sûr qu’elle et Toni Morrison ne peuvent QUE se (re)connaître.

    • Phil2922
      Phil2922 répond à Le Yéti
      Retraite invalidité
      • Posté à 17h19 le 21/06/2009
      • Internaute 36639
        Retraite invalidité

      MERCI.... !

  • micke
    micke
    utopiste
    • Posté à 15h51 le 21/06/2009
    • Internaute 13094
      utopiste

    « il faut comprendre que le pouvoir reste au peuple ! “

    encore faudrait-il qu’il l’ait eu...

    c’est dommage de voir qu’une fois de plus, sans mettre en question les talents littéraires de l’auteur, la contre-culture doit rester très très consensuelle pour être autorisée et obtenir une promotion que des Shlomo Sand ou Lenni Brunner n’auront pas.

    • fatherwilliam
      fatherwilliam répond à micke
      retraité
      • Posté à 19h37 le 21/06/2009
      • Internaute 72981
        retraité

      « il faut comprendre que le pouvoir reste au peuple » ... Je soupçonne une traduction approximative, l’original étant en anglais, j’imagine, « Power rests with the people », ce qui doit se traduire par : « Le pouvoir réside dans le peuple », ce qui est une position de principe n’impliquant pas que le peuple ait jamais eu le pouvoir effectivement aux USA. Du coup le commentaire un peu désobligeant deviendrait sans objet.

      • micke
        micke répond à fatherwilliam
        utopiste
        • Posté à 22h36 le 21/06/2009
        • Internaute 13094
          utopiste

        ben faut demander à l’auteur de l’article
        power rests with the people or power remains with the people

        mais n’empêche, d’après ce que je vois, on est dans le consensus, le « politiquement correct » pour les médias comme on dit ;

        et ceci ne se veut pas du tout désobligeant, et surtout pas adressé à l’auteur (que je connais pas) ou à son livre (que je n’ai pas lu) ;

        mais bien adressé aux journalistes qui l’interprètent comme tel.
        on est dans la médium-pré-contre, pas dans la contre qui regorge de sources, d’historiens et qui demande beaucoup trop d’audace de la part des journaleux pour en parler (ce qui n’est pas admis... si ça l’est, a quand un article sur lenni brenner ?)

  • Un compte supprime
    • Posté à 16h00 le 21/06/2009
    • Internaute 21837
      nc

    Merci Artus ! C’est vendu, je cours acheter le livre...

  • Alexad
    • Posté à 17h13 le 21/06/2009
    • Internaute 8145

    Je me suis perdue dans le temps, passant d’un personnage à l’autre dans ce magnifique et intelligent roman qui m’a appris beaucoup.

    • zénon denon 84
      zénon denon 84 répond à Alexad
      Bonne
      • Posté à 21h33 le 21/06/2009
      • Internaute 30028
        Bonne

      C’est sûr apprendre
      c’est devenir moins « con » ________________________________

  • dalun
    • Posté à 17h03 le 21/06/2009
    • Internaute 29964

    Après avoir entendu cette personne s’exprimer, j’ai acheté ce livre,« un don “, magnifique , quelle écriture ! ! ! ! superbe , histoire violente et poétique : MERCI.
    Il y a des phrases qui restent ,je suis touché+++ ! un livre qui n’est pas ‘donné ,comme la liberté...

  • Hélène Crié-Wiesner
    • Posté à 17h19 le 21/06/2009
    • Internaute 57
      Binationale

    « Ils voient Obama comme un roi qui va leur rendre tout ce qui lui a été donné durant la campagne. »

    Elle a raison, Toni Morrison, c’est exactement ça. La classe noire pauvre et autrefois humiliée a désormais la fierté d’avoir contribué à élire un président de sa couleur, et la fierté d’avoir vu son choix partagé par les blancs. Les blancs qui ont voté pour Obama en veulent pour... non pas leur argent, mais pour leurs efforts. Tous, en effet, escomptent ne pas être déçus. Or Obama a beau être fortiche, il n’est pas le bon dieu. Je crains pour lui. (Juste pour préciser : je vis aux US, et j’ai milité pour l’élection d’Obama.)

    A part ça, le roman de TM, que je viens de lire, est une merveille, infiniment plus accessible que quelques uns de ses précédents où on se perdait, où il fallait une abnégation absolue, une adoration totale de son style pour aller au bout du bouquin.

    « Un don » raconte une histoire aussi forte et puissante que celle de « Beloved ». Sauf que... l’émotion du lecteur n’est pas sollicitée de la même manière. « Beloved » m’avait bouleversée, j’en avais rêvé la nuit, j’avais été hantée par certaines scènes qui me reviennent encore quinze ans après. Cela n’arrivera pas avec « Un don ». Un grand livre, historiquement passionnant, mais pas du même niveau.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 17h26 le 21/06/2009
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    « Il va falloir continuer à agir, par exemple pour l’extension de la couverture médicale... ». Merci, Toni Morrison de rappeler que si Obama n’a pas suffisamment de pression contre lui, il continuera à faire des beaux discours qui vont commencer à sonner creux pour les faibles.

    Quand à ses bouquins, je vais m’empresser d’aller en chercher car l’envie est trop grande... !

    Lien

  • supprimé à la demande du riverain 21 juillet
    • Posté à 17h41 le 21/06/2009
    • Internaute 77978
      ...

    Merci pour cet article. Je suis contente que vous parliez de Toni Morrison, une de mes écrivains préférés.
    « Beloved » est une merveille, entre autres. Et je n’ oublie pas « L’oeil le plus bleu ».

  • fouadraiden
    fouadraiden
    Commentateur bruxellois
    • Posté à 08h12 le 22/06/2009
    • Internaute 59283
      Commentateur bruxellois

    Le propos est terrifiant et si on comprend les choses comme l’auteur le propose j’en déduis que l’Occident , dont les États-Unis sont le représentant le plus significatif , a fait de l’homme Noir la mesure de l’esclavage uniquement à cause de sa couleur de peau.

    C’est donc le racisme qui expliquerait la condition des Noirs américains et non l’esclavage.Terrible en effet, ce qui explique aussi le statut social actuel des Noirs partout en Occident ( y compris au Brésil)

    Conception qui par ailleurs constitue une réponse cinglante aux imbéciles qui comparent l’esclavage américano-occidental( les Français font la même choses dans leurs îles paradisiaques situées dans le Pacifique pour le malheur des noirs ) avec l’esclavage chez les Grecs de l’antique cité....

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