Cabinet de lecture

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Fin des « Sailor et Lula » (2/2) : rencontre avec Barry Gifford

Publié le 19/07/2009 à 14h11


Barry Gifford, l’auteur de la sage « Sailor et Lula » (DR).

« L’Imagination du cœur », paru au printemps, clôt la saga de « Sailor et Lula ». Après un retour sur l’univers criminogène et romantique crée par Barry Gifford, voici une interview du romancier par ailleurs scénariste pour David Lynch.
Pour les aficionados, c’est bel et bien un drame. Pour Gifford, c’est la fin d’une dramatique.

Le livre
Il y a dix-huit ans, Sailor est mort, « tué dans un accident de la route quand un imbécile dans une camionnette Apache a coupé la route devant lui ». Depuis, Lula se contente de suivre « l’imagination de son cœur ». Pace Roscoe Ripley a maintenant 58 ans et vit à La Nouvelle-Orléans, où il rebâtit la ville après l’ouragan Katrina. Une ville que Lula a quitté dès la mort de son amour, retournant dans sa ville natale en Caroline du Nord.

Elle a à présent 80 ans et se laisse glisser vers la mort. Elle décide d’écrire un journal intime. Où elle décrira son dernier voyage avec Beany Thorn, sa meilleure amie depuis l’enfance. Une aventure digne des précédents opus menée par deux octogénaires en soif de sexe et de rapports de force avec le réel

C’est ici bien plus qu’un « Thelma et Louise » pour mamies. Ce dernier opus est plus émouvant encore : « L’âme de Lula tourbillonne dans l’espace, elle fait partie de l’expansion de l’univers qui est encore plus grand parce qu’elle a vécu et qu’elle vit en lui ».

Paru en 2007 aux Etats-Unis, au printemps 2009 en France, « L’Imagination du cœur » fut écrit plus de dix ans après « Rude journée pour l’homme léopard », où mourrait Sailor (relire le résumé des épisodes précédents). Et clôt la série de ces « Roméo et Juliette du Deep South ».

Rencontre avec l’auteur, qui en entretien comme dans ses livres, développe un phrasé de lance-roquette, fait d’émotion et d’un doigt de provoc.

Rue89 : Comment sont nés Sailor, Lula et toute cette histoire ?

Barry Gifford : Sailor et Lula sont nés en 1988. Une époque où je vivais dans un hôtel, vers le fleuve Cape Fear, en Caroline du Nord. Je les ai entendu parler. Dans ma tête, pendant que j’étais endormi. Je me suis réveillé et ai de suite retranscrit leur conversation. Ensuite, je les ai fait vivre. Prendre la route…

A peine achevé, le livre a été transposé au cinéma. Qu’est-ce que ça a changé dans votre rapport aux personnages,
incarnés d’emblée ?

L’adaptation par David Lynch de « Wild at heart : The Story of Sailor & Lula » [titre du roman comme du film, NDLR] n’a absolument rien changé dans ma relation avec mes propres personnages. En fait, David a été inspiré par Sailor et Lula. Il les a aimés. Tout comme moi. Sailor et Lula ont leur vie propre. Et je suis leur « recording angel ».

C’est la première fois que vous écrivez un livre de la « saga » depuis la mort de Sailor…

Un jour, j’ai commencé à imaginer comment Lula se sortirait de la disparition de Sailor. La réponse est dans « L’Imagination du cœur ».

Comment est venue l’idée d’imaginer le journal intime de Lula, cette sorte de journal d’approche de la mort ?

Au début, je pensais juste transcrire, en quelque sorte, le journal quotidien de Lula. Puis j’ai voulu l’ouvrir, plus que l’écrire. Il fallait donc que j’offre une dernière aventure à Lula, pendant laquelle elle écrirait ce journal. La plus parfaite partenaire de crime devait forcément être sa vieille amie depuis l’enfance, Beany Thorn. Toute l’âme de ce qui est entre elles se trouve dans leurs dialogues.

Tout au long de cette saga, vous avez une vision bien étrange de la chronologie, quand même… Doit-on, aussi, y voir une relation avec le travail artistique –très irrationnel, aussi- de David Lynch, de qui vous avez scénarisé des films ?

Le travail de David Lynch, c’est le sien. Le mien, c’est le mien. Aucune relation ou influence de l’un à l’autre. ? Je vois nos collaborations comme des inspirations compatibles.

Le cinéma a-t-il changé votre travail littéraire ?

Non. Mon écriture a changé le cinéma.

La Louisiane et la ville de La Nouvelle-Orléans, pour vous ?

New Orleans a toujours été un endroit où tout peut arriver, tout le temps. J’y ai vécu quand j’étais enfant et depuis j’ai cette ville dans le sang. C’est l’endroit où tout le monde voulait aller, dans le « Deep South ». Au moins pour y vivre un moment.

Comment se sent Barry Gifford dans les Etats-Unis d’Obama ?

C’est un grand plaisir d’avoir, à nouveau, un président qui s’exprime clairement et intelligemment. Cette simple nouveauté est une amélioration énorme face aux huit années écoulées. Personne ne peut deviner ce qui va se passer maintenant. Le si mauvais président Sarkozy a fait des remarques désobligeantes au sujet d’Obama… Ca ne le mènera nulle part. Obama, lui, est déjà quelque part…

L’Imagination du cœur - de Barry Gifford – trad. Jean-Paul Gratias – Rivages/Noir – 160 p., 6.95€.

Photo : Barry Gifford (DR).

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  • freakfeatherfall
    freakfeatherfall
    moonchild
    • Posté à 05h09 le 20/07/2009
    • Internaute 21024
      moonchild

    « Mon écriture a changé le cinéma »

    oui oui oui...

    EDIT : il faudra un jour m’expliquer la palme d’or de sailor et lula - ou alors c’est moi qui suis particulièrement obtus...

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 09h05 le 20/07/2009
      • Internaute 33755

      Oh.
      C’est rock et ça a du punch, c’est romantique et sensuel.
      Ça donne envie de faire l’amour.

      Peut-être que les membres du jury traversèrent la disette au moment de voter...

      Et donc je ne comprends pas pourquoi La ardilla roja n’a jamais reçu de palme.

    • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
      • Posté à 16h19 le 20/07/2009
      • Internaute 71957
        nc

      La palme d’or, ça va ça vient... Ils l’ont bien donnée à Farenheit 9/11 qui est franchement mauvais.
      Disons que comme pour le vin, il y a de mauvais crus à Cannes...

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