Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Le polar français, de gauche ou de droite ? Un débat à suivre

Publié le 14/08/2009 à 14h17

En juin, le magazine Lire dressait un état des lieux du polar français post- « néo-polar ». Un article bien senti, mais qui ne va pas assez loin, et statue trop vite sur un supposé nihilisme potentiellement droitier de ce genre.

J’ai simplement eu envie, non de faire un bilan politique de la littérature noire, mais de faire le bilan littéraire et en plusieurs étapes d’une société où les idéologies ont disparu, et où les auteurs de romans de genre sont quelque part entre contre-culture et contre-révolution.

Il y a ceux pour qui tout est lutte du bien contre le mal

Il y a des gens pour qui le ministère de la Justice, la religion, la géopolitique, un match PSG-OM ou encore le roman policier, ce sont des incarnations de la lutte entre le Bien et le Mal. Il y a les Bons et les Méchants.

La lutte devient morale. Une mission donnée soit à l’Empire, soit à la loi, soit à la morale, soit éventuellement à Raymond Domenech, à Dominique Perben, ou à Nicolas Sarkozy. La littérature d’énigme (Agatha Christie avant, Mary Higgins Clark aujourd’hui) est fondée sur ce combat idéologique.

Avant, ces gens étaient plus souvent à droite qu’à gauche. Dorénavant, c’est flou -les gens, la droite, la gauche.

Il y a d’autres gens pour qui l’homme n’est ni fondamentalement bon ni fondamentalement mauvais. Pour qui la classe sociale compte autant que la famille dans l’analyse de la psychologie d’un tueur ou pour dire la place de l’homme dans le monde.

Ces gens ne sont ni gentils ni méchants, ni naïfs, ni paranos. Bons avec les bons, enfoirés avec les enfoirés. Doux avec les doux, bastonneurs avec les bastonneurs. Ils ont en général lu Foucault, Deleuze, Glissant, Césaire, Durkheim. Ou pas. Ces gens pensent la vie comme une gamme de gris.

Le roman noir moderne (Hammett, Chandler) la voient de même. Avant, ces gens étaient plus de gauche que de droite. Tout ça est devenu bien flou -les gens, la gauche, la droite.

Point de départ : nihilisme de droite ou de gauche ?

Le magazine Lire, dans son numéro Spécial Polar de juin dernier, publiait un article intitulé « Sans vieux, ni maîtres, le Nouveau Polar Nihiliste ». Fort de ce concept -apparemment fabriqué avant même d’avoir été enquêter-, l’auteur (Baptiste Liger, un journaliste fin, qui connaît très bien la fiction française actuelle, mais peu la fiction de genre) décrète que toute une génération actuelle cherche « à se démarquer du courant social, fortement à gauche de Jean-Bernard Pouy, Didier Daeninckx et Patrick Raynal “.

Ces auteurs, ‘DOA, Jérôme Leroy, ou Mathias Bernardi’, revendiquent la négation des valeurs de la génération précédente. Si celle-ci était à désillusionnée, utopiste et à gauche, la nouvelle est donc nihiliste et penche possiblement à droite.

Ce dont quelques auteurs interviewés (Chainas, DOA) se défendent tant que faire se peu, tout en revendiquant un certain nihilisme. Mais pourquoi serait-il de droite ?

L’article de Lire est très bien senti. Mais là où l’article ne va pas au fond de son propre propos, c’est qu’à force d’opposer deux générations françaises, il oublie le vent du monde. Il oublie que, dans le polar comme ailleurs, tout un pan d’une génération est passé de la contre-culture à la contre-révolution (j’y reviendrai).

Ainsi, donc, un bilan se propose. Littérairement et politiquement. Qui dépasse les frontières d’un NPN ou d’un NPA.

Pourquoi un bilan ?

Parce que Thierry Jonquet n’écrira plus, et que c’est très dur.

Car après trente ans de diktat du Nouveau Roman, où il était interdit de raconter des histoires, le roman français se réouvre au monde, et aux histoires. Le roman noir ne s’était jamais coupé des histoires et du monde, mais on peut se demander comment il va intégrer le fait que les autres formes littéraires sortent d’Œdipe et de Saint-Germain-des-Prés.

Parce qu’à l’heure de la globalisation et de la construction d’une réelle identité européenne, c’est justement dans une identité globale, et non plus locale, que doit se situer le roman noir français.

Parce qu’il n‘est pas forcément aisé d’être un auteur de fiction français. C’est-à-dire écrivant un pays qui ne représentent plus aucune utopie, aucune autorité, qui n’a plus de gauche, et dont l’équipe de foot rame même contre les Iles Feroe.

Parce qu’en 1995, le polar a été remis à la mode par un contexte : lutte contre le Front national, retour de la droite dure RPR, constitution de l’Europe-forteresse. Et par une vague de romans sociaux (Jonquet, Izzo, Oppel) encore marqués par un monde et des idéologies qui s’éteignaient.

Depuis l’an 2000, cette vague s’étant un peu éteinte. A peu de choses près, lorsqu’on parle polar, les gens pensent suspense et frissons : Coben, Chattam, Musso. Un polar à ne pas snober, mais où la forme prime sur le fond.

Parce que, peut-être, au fond, il y aurait des catégories de polars qui sont intrinsèquement conservateurs.

Le roman de suspense pur peut aller jusqu’à conforter la tendance à la paranoïa, l’autocentrisme, l’ethnocentrisme, la famille, les complexes d’Œdipe pas dépassés, le conspirationnisme. Ou pas.

Parce que le roman d’espionnage peut flatter le vieux monde de la Guerre Froide (au moins, il y avait des repères visibles, ma bonne dame : Nixon contre les Vietcongs, de Gaulle contre les cocos, Ich bin ein Berliner’, vive le roi Pelé). Ou un certain nationalisme doux (OSS 117) ou machisme class (son nom est Bond) ou popu (SAS). Ou pas.

Parce que la mode du polar historique entretient peut-être des stimuli de relectures bizarres de l’Histoire. Ou pas.

Parce que le triomphe du polar ésotérique entretient le conspirationnisme.

Parce que malgré le renouveau du polar en 1995, c’est à partir de l’Euro 1996 de foot que des gens de droite comme de gauche se sont mis à compter les Noirs chez les Bleus. Et que malgré Zidane, malgré le monde, malgré la vie, certains le font encore. Peut-être le polar français y est-il, après tout, pour quelque chose. Ou pas.

Parce qu’une chose est claire : la lutte contre le FN a phagocyté tous les esprits ‘ de gauche ’ dans les années 90. Dantec et Jonquet restent ceux qui l’avaient le mieux compris.

Conséquence : le polar s’est mis, comme le gouvernement Jospin, à tomber amoureux de son combat ‘ citoyen ’, voire de son fatalisme (on y va tout droit, mais ensemble). Le polar français a trop lu Cioran.

Comment Rue89 y répond

Connaissant bien le roman noir, son Histoire et les auteurs/éditeurs d’aujourd’hui, j’ai choisi d’aller, simplement, poser à des romanciers et éditeurs la question. Pour un bilan à la fois bien tapé, très sérieux, littéraire et politique. J’ai donc questionné des romanciers aussi bien que des politiques qui écrivent des livres ; des écrivains aussi bien que des ‘ serial sellers ’ plus markettés ; des individus qui s’avouent de droite et des personnes qui s’avouent de gauche, ou des personnes qui ne diront pas.

Vous lirez donc les réactions, interviewes et articles de Gérard ‘ SAS ’ de Villiers, du big boss de la Série Noire, de Jean-Louis Debré, de Henri Loevenbruck, de Franz-Olivier Giesbert, de Caryl Férey, d’Antoine Chainas. Ma volonté était aussi d’aller voir des auteurs de polar politique, de polar à suspense, de polar de truands, de polars de salon. Différentes tendances, pour ausculter le potentiel politisé (ou pas) du genre.

Premiers rendez-vous : Gérard de Villers et Aurélien Masson (patron de la Série boire).

Aller plus loin
  • 6888 visites
  • 27 réactions
TAGS
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 14h40 le 14/08/2009
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    « C’est-à-dire écrivant un pays qui ne représentent plus aucune utopie, aucune autorité, aucune gauche, et dont l’équipe de foot rame même contre les Iles Feroe. »

    et aussi plus aucune littérature visible internationalement...

    • caro
      caro répond à Tyb
      délinquante avérée
      • Posté à 21h08 le 14/08/2009
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      pour rester dans le sujet, les livres de Fred Vargas, par exemple, sont traduits dans une quarantaine de langue et « un lieu incertain » a reçu plusieurs prix français ET étrangers.
      Fred Vargas n’est pas unique en son genre ...

      • REMARQUEUR -Compte bloque-
        REMARQUEUR -Compte bloque- répond à caro
        freelance
        • Posté à 00h36 le 15/08/2009
        • Internaute 78816
          freelance

        C’est une des pathétiques personnalités signataires de la liste de soutien à Philippe Val (avec entre autres : BHL, Sfar, Delanoé, Goldnadel, Wiesel et Voynet) lors de l’affaire Siné qui marquait une nouvelle étape dans la chasse aux sorcières antisionistes et qui signifie un alignement avec les mondialistes libéraux atlantisto-sionistes (bien qu’ardente défenseur de Cesare Battisti)
        Faut-il voir avec son aisance dans le monde de l’édition et le soutien promotionnel croissant dont elle jouit un lien de cause à effet ?
        Joann Sfar a bien trouvé un financement pour son biopic sur Gainsbarre...

        Tout se paye tôt ou tard...On m’avait conseillé de la lire mais depuis cette pétition de perdition et le film tiède sorti au ciné, je préfère rester sur Manchette, Brussolo, Chandler, Ellroy, etc...

         
        • Hubert Artus
          • Posté à 00h56 le 15/08/2009
            rédacteur
          • Journaliste 56
            Rue89

          Rue89 n’est pas un fanzine, ni une liste de discussion. Mais un média. Merci d’introduire vos « comment » par des formule du genre « je pense que », surtout quand vous agressez ainsi une auteur. Que je défend.

        • A déménagé le 2 mai 2011
          A déménagé le 2 mai 2011 répond à REMARQUEUR -Compte bloque-
          Délinquante au coin de la rue
          • Posté à 09h59 le 15/08/2009
          • Internaute 26137
            Délinquante au coin de la rue

          « On m’avait conseillé de la lire »... et on vous avait bien conseillé !

          Ne pas se fier aux films... faire soi-même son idée en la lisant justement !
          Vous ne savez pas ce que vous perdez...

        3 autres commentaires
      • nestor38
        nestor38 répond à caro
        inséré ?
        • Posté à 20h52 le 15/08/2009
        • Internaute 60788
          inséré ?

        Fred Vargas pour moi n’est pas du polar, encore moins du roman noir, c’est du roman policier honnête, sympatoche, efficace, distrayant, rien de plus...

        Le problème est justement qu’en France, quelques auteurs qui font du roman noir light trustent les premières places (tant mieux pour eux), mais pour les suivants ? Peut-être Caryl Ferey peut inverser les choses, et faire que du vrai roman noir français de grande qualité trouve un plus grand public.

  • Disciple ressucité
    • Posté à 16h30 le 14/08/2009
    • Internaute 71674

    J’ai hâte.
    Une question : la série boire c’est quoi ?

  • thierry reboud
    • Posté à 17h15 le 14/08/2009
    • Internaute 20923

    Excellent article, et excellente initiative à venir.

    Juste un truc : sans être fana des étiquettes, il faudrait peut-être savoir ce qu’on met sous le label (si c’en est un) polar. Excepté le fait qu’on s’y entre-tue volontiers, il y a finalement peu de choses en commun entre la littérature noire, un thriller ou un roman policier à l’ancienne.

    Bien sûr, les lignes de démarcation sont floues, mais tout de même : un DOA, par exemple, c’est plutôt du bon gros thriller à l’étasunienne que du polar. Caryl Ferey, en revanche, est un parfait salopard, il sait tout faire (Plutôt crever ou Haka) et ne tient pas dans les petites boîtes.

    (Gérard de Villiers/Hubert Artus, putain, on voudrait y être !)

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 17h36 le 14/08/2009
    • Internaute 29846
      menuisier

    Très bonne idée, d’autant que vous parlez là d’un domaine que j’aime.
    Sans aller jusqu’au chat, prévoyez vous une possibilité pour poser une question à tel ou tel auteur ?

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 19h45 le 14/08/2009
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    La question est-elle bien posée ? Je ne suis pas spécialiste du polar, loin s’en faut, mais il me semble logique d’apporter à cette éventuelle question la réponse que lui donne la littérature traditionnelle.

    Ex. : sauf erreur, tous les critiques « de gauche » (y compris et surtout marxistes) considèrent que la meilleure peinture des moeurs en France (voire dans le monde) au XIXème siècle était celle de Balzac, un conservateur et boursicoteur notoire friand de questions d’argent. Peu importe quelle fut son étiquette politique, c’était le meilleur connaisseur de « l’âme » humaine, qu’elle s’incarne chez un jacobin, un gros marchand, un politique roublard, un post-bonapartiste amer, un arriviste, etc. Balzac avait le don de comprendre les situations et d’exceller dans l’observation des gens, point barre.

    On pourrait en dire autant d’auteurs comme Zola (un libéral au sens noble du terme), qui a écrit L’assommoir et Germinal, ce qui n’est pas mince, ou, pour se rapprocher du polar peu ou prou, comme Dostoïveski (le favori de Rosa Luxemburg), qui haïssait pourtant les révolutionnaires et/ou les réformistes libéraux. A mon avis, il n’y a pas d’exceptions à la règle : quand on sait écrire et qu’on est une « tête », peu importe le bord politique auquel on appartient.

    La question du nihilisme sous-tend à mon sens celle de l’anarchisme, ou plutôt, sans trop pousser le bouchon, celle de l’individualisme. En France, nous tendons surtout à être individualistes (= ego-centrés, le plus souvent par dépit, par amertume consécutive à un échec personnel ou à une perte d’illusion). Le nihilisme littéraire ne peut à mon avis (si j’ai bien compris la notion) que l’expression d’un égocentrisme amer. Il n’y a pas de nihilisme « social », les deux termes se contredisent

    • Saheyus
      Saheyus répond à Jaycib
      Nightfall, quietly it crept and (...)
      • Posté à 00h11 le 15/08/2009
      • Internaute 28231
        Nightfall, quietly it crept and (...)

      Il n’y a pas de nihilisme social, mais l’anarchie est éminemment sociale.

      Le socialisme, plus que l’établissement d’un ordre égal, est la destruction des chaînes et des injustices qui font de notre société une société inégale.
      Destruction des Eglises, des Etats, de l’Argent, du pouvoir personnel enfin. C’est cela le socialisme.

      Et c’est pourquoi il est éminemment anarchique.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 20h25 le 14/08/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    je me suis remise à lire des polars. Cet article m’incite à me dire que j’ai fait un bon choix. Je n’aime pas bien l’espionnage, trop dépendants des penchants politiques de l’auteur, de ses idées des bons et des méchants, justement.

    J’attends donc avec impatience les entretiens, la découverte d’auteurs ou de livres que je n’avais pas intégrés dans ma toute petite culture « polarienne ».

    Merci et à bientôt.

  • fidal
    fidal
    guide de tourisme
    • Posté à 20h58 le 14/08/2009
    • Internaute 50600
      guide de tourisme

    Les morts,quand ils meurent,quand on les butte,c’est coté gauche,ou coté droite ?
    OU au centre,une balle ente les 2 ?

    • fidal
      fidal répond à fidal
      guide de tourisme
      • Posté à 20h59 le 14/08/2009
      • Internaute 50600
        guide de tourisme

      YEUX.

  • menzao
    menzao
    Touriste breton
    • Posté à 23h06 le 14/08/2009
    • Internaute 86963
      Touriste breton

    Peut-être faut-il simplement en rester là. Je viens de finir, il y a quelques minutes, le premier ouvrage de T.J. Ellory traduit en français et j’enchaîne immédiatement sur la « Robe de Marié » de P. Lemaître. Sont-ils de droite ou de gauche ? Sont-ils thé ou café ? Beatles ou Rolling stones ? Mac ou PC ? Et s’ils clamaient haut et fort un choix que je désapprouve ? J’en conclurais quoi ? Ne pas avoir su lire entre les lignes que celui là possède un Dell et que l’autre en pince pour « Ringo Star » chanteur ? C’est vrai que le plaisir du lecteur pourrait en être altéré. Sauf à dire qu’il y a, dans cette question, un réflexe de vouloir rajouter une étiquette sur le front des auteurs pour les classer dans les « militants » de la bonne cause (catégorie « à la carte ») ou dans les « nihilistes » hors du monde (catégorie rebelles au système et crânement individualiste). C’est certain que notre littérature noire y gagnerait ? Et vous, vous êtes plutôt Cahiers du cinéma ou Positif ? Tant que vous y êtes, posez aussi d’autres questions aux auteurs, pour intéresser les sceptiques dans mon genre. Au fait, dans « Un sur deux » de Mosby, y avait-il une victime de droite et une de gauche ? Kenavo.

  • A déménagé le 2 mai 2011
    A déménagé le 2 mai 2011
    Délinquante au coin de la rue
    • Posté à 06h49 le 15/08/2009
    • Internaute 26137
      Délinquante au coin de la rue

    C’est une question que je ne me pose jamais quand j’ouvre un polar.
    Je respecte énormément Fred Vargas, j’adore Thilliez et son commissaire... Sharko...

    C’est vrai que quelquefois je suis surprise par des termes tels que : « la black » ou quelques propos « droitistes » (je ne citerai pas l’auteur) mais dans l’ensemble, je lis un polar (d’ailleurs, je ne lis plus que ça !) pour me détendre et non pour faire de la politique... ; -)

  • Camille 06
    Camille 06
    Bibliovore
    • Posté à 10h20 le 15/08/2009
    • Internaute 87752
      Bibliovore

    Pourquoi toujours cher à étiquer ? (Un mal français ?)
    Quand je lis André Delauré, publié chez Calmann-Lévy dans la collection Suspense, et réédité par Pocket, dois-je me demander s’il est de droite quand, dans « Assourdissants silences », un de ses personnages défend l’idée que les perturbations sexuelles devraient être diagnostiquées dans les écoles, par des psychologues et des psychiatres, dès la plus petite enfance ? Dois-je me dire qu’il est de gauche quand, dans « Mortelles connivences », il critique vivement le monde des affaires, de la police, de la justice ?
    Pour ma part, je ne vois que le grand plaisir que j’éprouve à le lire et pense qu’il n’agit qu’au fil de son inspitation en cherchant à témoigner avec le plus de justesse possible des réalités de son temps qui est aussi le mien.

    • Camille 06
      Camille 06 répond à Camille 06
      Bibliovore
      • Posté à 13h14 le 15/08/2009
      • Internaute 87752
        Bibliovore

      Entre mon brouillon et le texte définitif, le webmaster a choisi le brouillon. Voici donc les corrections à apporter :
      « chercher à étiqueter »
      « au fil de son inspiration ».
      Le lecteur aura corrigé de lui-même.
      Camille.

  • gropl
    • Posté à 18h17 le 15/08/2009
    • Internaute 25566

    Je profite de cette tribune pour signaler le décès début aout de Marc-Alfred Pellerin, qui a écrit cinq ou six polars à la série noire, des polars d’excellentes factures.

    je l’appreciais particulièrement car il n’était ni un donneur de leçons, ni un rigolo, ni barré dans un imaginaire quelconque, juste un bon raconteur d’histoires polardeuses.

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à gropl
      Rue89
      • Posté à 20h00 le 15/08/2009
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Malgré sa tristesse, merci à vous de cette information.

  • pablico
    pablico
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 18h47 le 15/08/2009
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    Le polar français, de gauche ou de droite ?
    je ne me suis jamais posé la question, mais en y réfléchissant un peu, quand l’action se passe dans un milieu populaire, voir défavorisé, j’ai lu des polars qui étaient aussi bien de droite, que de gauche.
    de même dans les descriptions de milieux bourgeois, voir aristocrate.

    un lecteur de gauche, ou de droite, lira et transcrira avec sa sensibilité première. C’est le lecteur qui ressent en final et qui en fait un livre de gauche ou de droite.

    un gras de droite qui lit l’humanité, va le lire avec sa sensibilité de droite, et toutes les idées vont être vues en creux ou en négatif...

    de même à la lecture du Figaro, pour un homme de gauche..

    Le support ne fait pas l’idée, ni l’idéologie.

    qui s’est converti tardivement de droite à gauche, ou de gauche à droite en lisant les journaux, ou un livre de fond ? ?

    Cela se saurait si ça marchait. (peut-être les ados immatures)

    au fait :

    les journaux people sont-ils de droite ou de gauche ?

    vaste étude...à faire.

  • nestor38
    nestor38
    inséré ?
    • Posté à 19h34 le 15/08/2009
    • Internaute 60788
      inséré ?

    La phrase « A peu de choses près, lorsqu’on parle polar, les gens pensent suspense et frissons : Coben, Chattam, Musso. Un polar à ne pas snober, mais où la forme prime sur le fond. » est surprenante.
    Je ne vois pas où est la forme chez Chattam, l’écriture est à chier, le rythme est nul, les histoires sont débiles. Et je ne mets pas « je pense que... » avant parce que parfois il y a des vérités universelles et qu’on ne peut pas transiger.

    • A déménagé le 2 mai 2011
      A déménagé le 2 mai 2011 répond à nestor38
      Délinquante au coin de la rue
      • Posté à 19h41 le 15/08/2009
      • Internaute 26137
        Délinquante au coin de la rue

      Eh bien vous devriez mettre « je pense que... » parce que moi, je pense le contraire...J’ai moins aimé le dernier, mais adoré sa trilogie...(entre autres)

      Et je lis des polars depuis que j’ai 8 ans : -)

      • nestor38
        nestor38 répond à A déménagé le 2 mai 2011
        inséré ?
        • Posté à 20h47 le 15/08/2009
        • Internaute 60788
          inséré ?

        vous l’avez lu à 8 ans, je comprends :)

        Oups, je sais, c’est facile.
        Je me moquais du « je pense que... » que Artus veut que l’on rajoute avant de dire ce qu’on pense... le débat a déjà eu lieu sur un autre sujet ici. Je trouve cela absurde, dès qu’on écrit un commentaire, ce n’est de fait que l’avis de celui qui l’écrit... C’est une sorte de pléonasme qui donne un côté un peu hypocrite aux débats. J’espère que les gens prennent mes avis pour des positions purement subjectives. Et de façon totalement subjective, je persiste à dire que Chattam ne sait pas écrire, que c’est de la merde.

  • L08
    L08
    auteur
    • Posté à 21h35 le 15/08/2009
    • Internaute 50884
      auteur

    « Parce qu’à l’heure de la globalisation et de la construction d’une réelle identité européenne, c’est justement dans une identité globale, et non plus locale, que doit se situer le roman noir français. »

    (...ce point me parle tout particulièrement et stimule mon imagination en tant qu ’auteur alliant textes et dessins.)

    - concernant le débat droite-gauche, je trouve celui-ci subsidiaire, au sens stricte du terme :
    savoir si J.Ellroy (ok, c’est pas français mais pourquoi la règle serait différente ici ?), dont certains de ses bouquins m’ont littéralement « transpercé », est un sale conservateur Républicain ou un fada, ou les deux, est accessoire.

    - je profite du fil pour poser une question : j’ai lu un polar (publication approximative au milieu des années 90) où il était question d’Hélène (de chez les garçons...) qui suite à un accident de la route se retrouvait dans une benne à ordure et récupérée par un marginal, l’histoire continuait avec entre autre l’implication d’un politique (NS pour ne pas le nommer !) qui au final y perd la vie ; je ne me souviens ni du titre ni de l’auteur ; si cela évoque quelque chose à quelqu’un ? !

  • pierrox
    • Posté à 22h30 le 15/08/2009
    • Internaute 13797

    DOA parle de cet article dans Lire, et surtout de l’interview qu’il a donné et comment elle a été utilisée. C’est intéressant :
    Lien

    C’est vraiment une maladie française de vouloir mettre tout le monde dans des petites boites à droite à gauche en haut en bas...

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.