Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Découvrez Hannah Tinti, 2e invitée américaine de Rue89

Publié le 12/11/2009 à 09h35

Avec Percival Everett, elle est l’invitée de la table ronde Belles Etrangères – Rue89 de ce jeudi soir. Quatre ans après un recueil de nouvelles, « Le Bon Larron » est une fresque sur l’Amérique de Mark Twain et d’Edgar Poe : celle des faubourgs industrieux, vus par un imaginaire assez gothique. Présentation. Et bienvenue à vos questions !

Ce n’est pas pour rien qu’ils sont ensemble, bien sûr. Dans les romans récents de Hannah Tinti et de Percival Everett, le monde des jeunes adultes est à l’honneur. Chez Hannah Tinti, c’est celui de l’Amérique du XIXe. Celle de Mark Twain, de Poe ou de Melville. Avec un zeste de Tim Burton pour l’imaginaire sombre et enfantin, laissant justement le pouvoir aux youngs adults. Cette Amérique-là, ce ton-là sont bien complémentaires de ceux d’Everett .

L’auteur

Début XVIIe, c’était la région de la grande migration protestante. Salem. Puis ce fut la ville des sorcières et des procès (en sorcellerie, 1692). La ville du comté d’Essex (Massachusets) est aussi une cité dont s’inspira Lovecraft pour créer sa cité fictive de Arkham, la ville de l’écrivain Nathaniel Hawthorne, et le personnage central de « Salem’s lot » de Stephen King.

Salem, c’est aussi la ville d’une auteure américaine à découvrir : Hannah Tinti. Qui, née à Boston en 1972, a passé toute son enfance dans la ville des sorcières. Elle y a été à l’école à côté d’un cimetière, puis elle y est devenue guide touristique. Hannah Tinti avoue avoir été bercée par « les superstitions du Vieux Monde » (voir la vidéo).

A New York, où elle vit maintenant, elle a travaillé dans diverses agences littéraires, et pour des revues, dont l’Atlantic Monthly, la Boston Review, Washington Square. (Voir la vidéo)


Son travail

A ce jour, Hannah Tinti a publié deux livres. Tous deux traduits en français. En 2005, il y eût un recueil de nouvelles, « Bête à croquer ». Onze contes d’un bestiaire drolatique et cruel, traduit en 16 langues. Où la jeune auteur, qui avait étudié a biologie et la zoologie à l’université, en nourrissait ses textes.

Un recueil où l’humain est observé avec un seul oeil, l’autre étant pour une galerie de bipèdes, de flottants et de volatiles : dauphins, girafes, chats, dindes, ours, etc. Des histoires d’humains qui côtoient des animaux, des nouvelles qui fonctionnaient avec ironie, portraits, et effroi. Où on découvrait un sens du rire et du rythme.

Le nouveau livre

Ce sens du rire n’est pas spécialement de mise dans « Le Bon Larron », car ce n’est pas la question. Mais le sens du rythme, on le retrouve de plus belle, dans ce livre épais, dense par son histoire comme par sa matière. Une matière faite de brouillard, de bitume, d’odeurs des rues. Une composition qui donne vie à cette Amérique de la fin du XIXe où se situe l’histoire. La Nouvelle-Angleterre, plus précisément.

Ren, 12 ans, vit dans un orphelinat catholique depuis qu’il a été ararché à sa mère. Manchot, il ne fait même pas partie des jeunes garçons qui viennent se faire embaucher par des fermiers recruteurs. Quand un jeune homme, qui se prétend son frère, vient le cueillir.

Le frère est une sorte de voyou charlatan, qui va lui faire voir son envers à lui : docks ténébreux, bouges miteux, un genre de vie où se côtoient bandits, marginaux, trafiquants, morts-vivants et pilleurs de tombes. Ren, cherchant toujours sa filiation, va apprendre à voir de quelle Amérique il vient. Au centre du livre aussi : la question des résurectionnistes, qui profanaient des tombes pour prendre les objets de valeur sur les cadavres.

Il parcourt le roman, narré à la troisième personne, avec une innocence dépucelée, dénuée de naïveté et faite d’un équilibre entre réflexions et projections. Ce genre de post-adolescence que seuls ceux qui n’ont pas de liens familiaux connaissent.

Certes, vous avez vu les liens et clins d’oeil aux univers de Dickens ou de Twain. Ce qui l’emporte, ici, c’est un souffle dingue, capable de lier mélo, ultra-réalisme, bruissements des villes portuaires, business de la voyouterie, ironie sous-jacente, références aux univers littéraires anglo-saxons de l’époque, et vitalité romanesque.

Le débat Rue89

► Hannah Tinti est une belle découverte, et ce premier roman bien moins innocent qu’il n’y paraît. Raison de plus pour venir assister au débat Rue89, ou sinon de lui poser vos questions ici. Comme à chacune des tables rondes que nous menons dans un festival, vos questions seront posées à l’auteur, et leurs réponses retranscrites ici, ou diffuséees en vidéos !

La présentation de l’auteur est extraite du documentaire « De New York à Los Angeles, douze écrivains américains » réalisé par Michael Smith pour le Centre National du Livre à l’occasion de « Belles Etrangères » 2009. disponible avec le recueil « Douze écrivains américains - USA » édité à l’occasion dy festival (Rivages, 197pp, 20€)

Le Bon Larron (trad. Mona de Pracontal, Gallimard, 376pp, 24 €)

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  • Désinscrit le 15-7
    • Posté à 14h34 le 12/11/2009
    • Internaute 992
      nc

    Bienvenue a l’amer ...rik (qui) ken grave ceux qui

    sont pas de son avis ou passe outre ses fois et lois...

    a cette amer (version) de poemes plus ou moins puants

    putrefaction livide, de Kaboul a Mossul en passant par Cali...

    vive l’amer rit (qui) ken toujours a coup de napalm et de DU

    ceux qui...resistent ? ? qui veulent pas vendre leurs terres ? ? ? ...

    vive le rire jaune de ses foie...jaunes de G7-G8-G20...j’y tient

    car eux aussi leurs odeurs parfumera un jour

    le chene precieux de ceux...qui enferment le tout

    ...pas tres loin, six pieds sous terre.

    (ironie ?)

  • heinpasdeux-
    heinpasdeux-
    Trollé par la modération...
    • Posté à 18h40 le 12/11/2009
    • Internaute 94001
      Trollé par la modération...

    Quel dommage Hartus vous avez « oublié » de rétrograder et mettre « pause » le temps d’embrayer sur la polémique du Goncourt 2009
    ce qui aurait permis de connaitre un peu mieux l’auteure
    Je lis très très peu et wikipedia ok mais bon...
    Ce fil aurait permis d’en savoir davantage grace a ceux qui l’ont lu
    N’y voyez aucun reproche...
    L’amérique peut toujours attendre un peu ,un petit peu...

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