Avec « HHhH », Laurent Binet dissèque le cerveau du nazisme
« HHhH », premier roman de Laurent Binet (Grasset), a obtenu le Goncourt du Premier roman en mars dernier. Un de nos riverains l’a lu et aimé. Il en donne ici une chronique.
Aujourd’hui, peu nombreuses sont les personnes qui répondent correctement lorsqu’on leur demande : qui était Reinhard Heydrich. Ceux qui connaissent le rôle qu’il a vraiment joué au sein du IIIe Reich représentent quant à eux un phénomène plus rare encore.
Cet homme - répondant au sommet de sa carrière au très haut grade de SS-Obergruppenführer, équivalent de général des armées - fut pourtant une pièce majeure de la machine terriblement efficace qu’était l’Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale.
Le roman historique de Laurent Binet nous narre ainsi la vie, l’ascension et surtout la mort, à travers le récit de l’organisation de l’« Opération Anthropoïde » destinée à tuer Heydrich, de celui que l’Histoire finira par appeler « l’homme le plus dangereux du IIIe Reich ».
« Himmlers Hirn heißt Heydrich »
C’est ce que signifie le « HHhH » du titre, abréviation de « Himmlers Hirn heißt Heydrich ». En français, « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». Citation devenue proverbiale parmi les SS. En fait, Heydrich était surtout connu en tant que fondateur du Sicherheitsdienst.
Souvent raccourci aux initiales SD, cette organisation créée par Heydrich en 1931 avait pour mission de chercher, de répertorier et d’assimiler toutes les informations existantes sur la totalité des habitants d’Allemagne, méticuleusement classés selon leurs origines ethniques, leur opinion politique et leur appartenance religieuse. Ainsi Heydrich, à travers le SD, se révéla rapidement indispensable à l’appareil nazi.
Faire comprendre l’impact de la chute d’Heydrich
Tout le roman est construit de manière à faire comprendre au lecteur l’impact de la chute d’Heydrich, en concentrant le récit sur les conséquences de ses décisions et de ses actes. Car on parle bien d’un assassinat. Laurent Binet est ainsi amené à largement développer le sombre climat qui recouvrait le vieux continent à l’époque et le rôle qu’Heydrich a joué dans l’installation de ce climat.
Il nous guide alors à travers les rudiments d’une biographie, en nous révélant par exemple qu’Heydrich est né dans une famille aisée, bercée par la musique et le patriotisme. Musicien et sportif talentueux, Reinhard cumule qualités et hauts faits sur le plan physique et sportif.
Militaire de métier, il passe neuf ans dans la Reichsmarine avant de s’en faire expulser. Puis il s’engage dans la SS, ce qui donne lieu à l’ascension fulgurante narrée aujourd’hui dans « HHhH ».
L’auteur dresse ainsi le portrait typique d’un homme qui a tout pour réussir, et lui-même admet qu’il ne peut raconter tout cela sans ressentir cette fascination craintive qu’inspirent tous les grands acteurs du IIIe Reich.
Jozef Gabčík et Jan Kubiš, véritables héros du récit
Parallèlement à la biographie de « la Bête blonde » se déroule l’histoire invraisemblable de Jozef Gabčík et Jan Kubiš, les deux soldats tchécoslovaques choisis pour mener à bien l’Opération Anthropoïde. Et Laurent Binet, tout au long de son ouvrage, fait tout pour nous transmettre sa fascination pour les deux bonshommes afin de les honorer à sa manière.
L’Opération Anthropoïde est tout sauf un grand stratagème de guerre, du moins dans la théorie. Elle se décompose en trois parties : le parachutage de Gabčík et Kubiš à Prague, leur réception par la résistance locale et l’assassinat d’Heydrich.
La survie des deux hommes n’était qu’un facteur mineur dans toute l’opération. On se rend alors compte, au fil des pages, que les véritables héros de ce livre sont ces deux parachutistes.
Car, bien que le roman se nomme « Himmlers Hirn heißt Heydrich », Gabčík, Kubiš et Heydrich sont mis sur un pied d’égalité dans la narration.
Binet fait en sorte qu’aucun d’entre eux ne marchent sur les plates-bandes de l’autre, pour que, de la même manière que l’on mesure l’importance d’Heydrich au sein du Reich, l’on puisse s’apercevoir de l’influence incontestable que les deux membres de l’Opération Anthropoïde ont eu sur l’Histoire.
► HHhH (éd. Grasset, 442 pp, 20,90 €)
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ce n’est pas un roman historique, mais seulement un roman comme indiqué sur la couverture.
l’auteur se regarde écrire à longueur de pages, et essaye de fare comprendre au lecteur combien l’auteur est intelligent
Il donne ses avis sur tout et rien sans contextualiser, mélange ses « aventures » amoureuses aves le coeur du sujet,
Les vrais amateurs d’Histoire en seront pour leurs frais !
ps Obergruppenführer est l’équivalent dans l’armée française de : général de corps d’armée et non de général des armées qui n’existe pas




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