Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Le nouveau Houellebecq : l'intrigue avance

Publié le 15/06/2010 à 11h20

Coupe du Monde ou pas, le mois de juin est un mois où le journaliste littéraire salive. Il découvre les romans de la rentrée. Il passe la surmultipliée, aussi, car il doit en plusieurs semaines lire des dizaines et des dizaines -parmi les centaines et les centaines- de romans, interviewer les auteurs qui, dès le mois de juin, sont en promo à Paris.

Néanmoins, il y en a un qu’il ne pourra pas lire avant le mois d’août : le nouveau Houellebecq, à paraître chez Flammarion. Le site du magazine professionnel Livres Hebdos apportait quelques informations lundi. L’éditeur ayant apporté quelques éléments lors de la présentation de sa rentrée aux libraires.

Le nouveau Houellebecq paraîtra le 8 septembre et sera évidemment un des grands évènements de cette rentrée. Flammarion annonce d’ailleurs un tirage de 120 000 exemplaires, pour une mise en place avoisinant d’emblée les 80 000.

Le titre en sera « La carte et le territoire », et est présenté comme étant de la même veine que « Les particules élémentaires ». Selon Livres Hebdo, « Houellebecq met en scène une galerie de
personnages, dont lui-même, et centre son histoire sur un artiste
contemporain qui expose des cartes Michelin ».

Le livre n’est pas achevé, mais devrait compter 460 pages. Si on n’est pas dans la même configuration qu’en 2005, lorsque Fayard avait mis sous embargo l’ouvrage, ce n’est néanmoins que début août qu’on pourra lire le texte...

Dont Teresa Cremisi, PDG de Flammarion, Gilles Haéri, directeur général, ont lu plusieurs extraits de l’ouvrage lors de la présentation de leur rentrée aux libraires, lundi 14.

Cette année, Houellebecq sera un des grandissimes favoris pour le Goncourt, que les anti-Fayard s’étaient débrouillé pour débouter en 2005, malgré l’appui solide de Bernard Pivot, juré à l’Académie Goncourt et grand admirateur de Houellebecq. On sait le talent de Teresa Cremisi pour intriguer, et il y a de sérieuses raisons de parier que, cette année, le Goncourt ira à Flammarion.

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  • anonyme_courageux
    anonyme_courageux
    dessinateur de presse sérieux
    • Posté à 15h57 le 16/06/2010
    • Internaute 24185
      dessinateur de presse sérieux
  • pinchedez
    pinchedez
    artiste
    • Posté à 16h52 le 17/06/2010
    • Internaute 117560
      artiste

    TENTATION DE L’incipit

    Mes chers amis, tendres lecteurs, j’aimerai vous annoncer de bonnes nouvelles. Le soleil pourrait briller un peu et le ciel rester bleu. Nous pourrions nous enlasser ensemble dans ce temps révolu, qui jadis nous faisait tant vibrer, au rythme des cadences chaleureuses de nos étreintes. La bouche bée devant la télé, nous pourions regarder, à travers la fenêtre, notre vie qui passe, notre corps qui petit à petit se flétrit et fond mollement entre les gouttes acides du temps. Nous le pouvons, nous allons ensemble dans ce sens, je vous assure, l’oxydation des corps est inéluctable. La joie des premières fois, du premier lave-vaisselle, de la première machine à laver, de la première voiture, tant de choses qui ne nous concernent plus. Loana cendrillonne et le téléphone portable pleure, les chinois prennent le pétrole et Michael Jackson s’est éteint. Non mes amis, la perspective d’un horizon nouveau se déforme, le temps est étriqué et le monde est bel et bien un village, il n’y aura plus de Christophe Collomb et plus d’amérique.Cela dit je m’en réjouis nettement. Un dernier soubresaut d’orgueil mais déjà, je vous le dis, nos corps ne pourront aller au delà des possibilités qui sont les siennes. Une route, un chemin de terre, je sors de mon trois pièces au milieu des champs, au milieu des forêts, je suis avec mon chien et j’allume une cigarette, le ciel est bleu, il fait beau que déjà je suffoque, que déjà je sens le poids de la gravité qui me tire vers le sol, non je ne crois pas découvrir autre chose que la souffrance, la route est la même, inexorablement la même. A peine debout, je marche, il faut s’asseoir, la perspective d’un monde nouveau nous attend, j’y crois.

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