Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

« La rentrée littéraire, maternité dans un champ de bataille »

Publié le 26/08/2010 à 01h07


Des piles de livres (J_tegnerud/flickr).

Pour la rentrée littéraire 2010, le Cabinet de lecture innove : nous avons demandé à Natacha Boussaa, auteure d » « Il vous faudra nous tuer » (éd. Denoël), de vous conter, « inside », sa première rentrée.



« Il vous faudra nous tuer », de Natacha Boussaa (éd. Denoël).

« Il vous faudra nous tuer » est l'un des très bons premiers romans de ce cru 2010. Roman social, il a pour toile de fond les manifestations anti-CPE du printemps 2006, auxquelles l'auteure -comédienne de théâtre et actrice, en 2005, de « Lemming »

de Dominik Moll- a participé.

C'est une histoire de jeunesse, d'amour dans le mouvement militant, de suicide, à un rythme fort. L'écriture est, à la fois, minimaliste, factuelle et rageuse, et lyrique. Un roman dont Guy Debord et Antonin Artaud sont les figures tutélaires.

C'est parce que j'ai beaucoup aimé ce premier roman que j'ai sollicité Natacha Boussaa. Pour qu'elle (d)écrive, en plusieurs épisodes pour Rue89, sa « première rentrée vue de l'intérieur ». Un jeu qu'elle a accepté de jouer. Début, donc, aujourd'hui. Hubert Artus

La rentrée d'une primo-romancière

« Il vous faudra nous tuer » est en librairie depuis ce matin. Ce livre que j'ai tant désiré et porté, existe enfin, sur les rayonnages, prêt à parvenir à ses lecteurs.

Il s'en est passé des choses depuis l'envoi de mon manuscrit par la poste. Tout est parti de Juliette Joste qui, il y a un an, l'a vu arriver sur son bureau, alors qu'elle quittait Flammarion [Juliette Joste est aujourd'hui éditrice free-lance, ndlr].

Elle avait remarqué mon manuscrit précédent, comme trois autres éditeurs (Grasset, L'Infini, et Verticales). Cette fois, le roman que je proposais était abouti. Juliette Joste croyait en lui. Elle m'a dispensée des conseils pour en retravailler certains passages, puis l'a proposé à quatre maisons d'édition, en qualité d'« apporteur ». Olivier Rubinstein et Philippe Garnier, chez Denoël, ont été les premiers à répondre. Tout s'est fait très vite. En une semaine, tout était décidé.

Les découvertes se sont enchainées : ma première rencontre avec mon nouvel éditeur, le contrat d'édition, la dernière relecture du manuscrit avant l'envoi à l'imprimeur, la rencontre avec les représentants chargés de placer les livres en librairie, la lecture des épreuves, ma première participation à un festival littéraire, l'envoi des exemplaires à la presse, la rencontre avec les libraires.

Que va-t-il se passer à présent ? Rien ? Tout ? Tout est entre les mains des critiques qui choisiront de donner vie à ce livre ou non.

« Je ne veux pas me laisser tuer, je veux que mon livre vive »

Une rentrée littéraire est une maternité dans un champ de bataille. En septembre 2010, 701 romans tenteront de naître au sein d'une guerre fratricide. Nouveau-nés attendus, désirés, haïs, ignorés, bien portants, phtisiques, prématurés, accouchés sous X, se croiseront sous les canons, dans les librairies : certains sortiront des décombres en vainqueurs, d'autres ne se relèveront pas, vaincus, tués, ignorés.

Ceux qui ont le plus de chances de mourir sont évidemment les inconnus : les auteurs publiés par de petites maisons d'édition et les primo-romanciers. Mais dans ce champ de bataille, quelques-uns naîtront, d'autres survivront. Et je veux survivre, je ne veux pas me laisser tuer, je veux que mon livre vive, qu'il parvienne à ceux pour qui je l'ai écrit.

On n'écrit pas pour soi, on écrit parce qu'on a quelque chose à défendre, parce qu'on est porté par des convictions et des images qui nous dépassent. Écrire, c'est sortir de soi, c'est vouloir créer un dialogue avec un autre, un lecteur qu'on ne connaît pas, mais avec qui l'on pourrait parler dans la nuit. Mais cette rencontre ne peut advenir sans soutien.

« Vous êtes sûrs qu'il faut l'envoyer à Valeurs actuelles ? »

Nous avons envoyé à la mi-juin plus de deux cents exemplaires de mon roman à la presse. Tout le travail de Nadine Barbedette, mon attachée de presse chez Denoël, consiste à convaincre quelques critiques littéraires de s'intéresser au premier roman d'une inconnue. Et le handicap supplémentaire auquel doit faire face Nadine est la nature politique très marquée de ce roman.

« Il vous faudra nous tuer » raconte le parcours d'une étudiante pendant les grandes manifestations de 2006 contre le CPE. J'y dépeins un mouvement social, et à travers lui et l'intimité de mon héroïne, le malaise, les questionnements, les tâtonnements de la France d'aujourd'hui.

Au moment des envois du livre à la presse en juin, j'ai parfois été dubitative : « Valeurs actuelles ? Vous êtes sûrs qu'il faut l'envoyer à Valeurs actuelles ? ». Ou encore : « C'est étrange tout de même d'envoyer ce livre au Quotidien du médecin. » Mon éditeur, Philippe Garnier, d'une patience exemplaire, me répondait que l'on ne pouvait jamais savoir à l'avance qui aimera le livre, que les soutiens ne viennent pas forcément d'où on les attend.

Pour ma part, je n'ai jamais eu de doutes quant à la couleur politique de mes soutiens éventuels. Mais c'est devenu une blague entre mes amis et moi. Ils sont curieux de savoir si le soutien viendra de la presse dite de droite ou de gauche. Cela les fait rire de m'imaginer avec une critique dans Valeurs actuelles.

Pour le moment, on peut aisément voir de quel côté penche la balance : Le Monde Magazine a écrit quelques lignes chaleureuses sur mon roman. L'Humanité vient d'en publier les premières pages. Quelques petites interviews commencent à fleurir sur Internet.

« Raconter les coulisses de ma première rentrée »... à Rue89

Quant à moi, je ne peux pas croire qu'on laissera ce livre mourir. De la même manière que je ne pouvais pas croire, au moment où j'en ai achevé l'écriture, aussi inconnue que je l'étais, qu'aucun éditeur ne s'y intéresserait. Il faut compter sur ceux qui n'ont pas peur de prendre des risques…

Hubert Artus, qui ne me connaissait ni d'Ève ni d'Adam, m'a proposé de raconter, ici, à Rue89, ma première rentrée littéraire vue de l'intérieur. L'occasion de narrer, loin du mythe, les coulisses d'une rentrée. Et voici que la balance penche encore un peu plus du même côté…

Que va-t-il se passer à présent ? Valeurs actuelles, dans le but unique de contredire mes a-priori, de donner raison à mon éditeur, et de faire rire mes amis, s'intéressera-t-il à ce roman ?

Aller plus loin
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  • Walid Salem
    Walid Salem
    Dans les livres
    • Posté à 13h32 le 26/08/2010
    • Internaute
      Dans les livres

    A chaque rentrée littéraire, on bat des records : 701 romans pour 2010. Ces chiffres font croire que tout va bien dans l'édition, ce qui est faux. L'édition va mal, la vente des livres est en chute libre, des (petits) libraires disparaissent, les (petits) éditeurs ont de plus en plus de mal.
    Il faut dire qu'on a plus de facilité de mettre 50 euros dans un jeu de DS que 20 euros dans un livre.

  • steed1
    • Posté à 15h18 le 26/08/2010

    Ça commence mal, Vous dites :

    « On n'écrit pas pour soi.... »

    Je ne suis pas du tout d'accord avec vous. On écrit parce que c'est une urgence, parce qu'on a des choses essentielles à faire sortir comme certains vont chez un psy. A moins de vouloir faire de la littérature pour enfants ou des romans de gare, mais il n'y a pas de sots métiers. Le microcosme littéraire Français, quant à lui, qui se complait dans sa « rentrée littéraire » annuelle vous bouffe toute crue, vous fait tourner la tête et se repait de votre innocence.
    Par un drôle de hasard, j'ai un peu feuilleté votre livre chez mon libraire, ce midi, les « nouveautés » étaient étalées, bien en vue. Mais il y a bien longtemps que je me méfie de l'évènement, j'ai préféré sortir avec l'Ardoise de Djian et Apocalypse Bébé de Virginie Despentes, deux auteurs qui ne passent pas du temps à se contempler le nombril. Pour finir, je préfère l'approche de Virginia Woolf qui disait, dans Journal d'un écrivain :

    « C'est écrire qui est le véritable plaisir ; être lu n'est qu'un plaisir superficiel. »

    Le reste, les salons, les opérations de promo et tout le business qui va autour, surmultiplie l'égo d'une manière malsaine.

    Je sens que je vais me faire nazer....

    • westside
      westside answers to steed1
      consultante
      • Posté à 16h52 le 26/08/2010
      • Internaute
        consultante

      « Les livres meurent », dites-vous. Pourtant, ceux que je découvre chaque jour sous forme de PDF pour les valider avant impression à la demande ou vente en téléchargement ne meurent pas, ils se transforment, ils grandissent, ils muent... Pas de pilon pour les livres numérisés. Pas de texte figé.
      Ce qui meurt, c'est l'intérêt de l'éditeur pour un livre. Lui aussi peut le faire imprimer à la demande, d'ailleurs certains ne s'en privent pas. Ce qui devient obsolète, c'est le contrat d'édition à l'ancienne, qui vous empêche de reprendre votre bébé piétiné par la grande cavalcade et de lui assurer un avenir vous-même. On ne vous vend pas , mais on vous empêche de vendre ce livre-là, et peut-être même les suivants, selon ce que vous avez signé.
      L'impression à la demande récupère les livres enfin libérés de ces contrats, leurs auteurs prenant leur destinée en mains. Elle permet aussi à chacun de s'exprimer, écrivain ou non, dans le moule ou non, et ce qu'écrivent « les gens », même s'ils ne lisaient pas, ils écrivent, est révélateur de notre société.
      Chaque jour en ouvrant mon ordinateur, je redécouvre le peuple en son entier, dans toute sa splendeur et parfois sa décadence. J'envoie un mail et à l'autre bout quelqu'un sent son cœur battre. Il bat bien plus encore quand le facteur amène un exemplaire du bébé, car vous avez raison, c'est bien d'un accouchement qu'il s'agit. Je fais le plus beau métier du monde.

    • A déménagé le 31-1
      • Posté à 21h52 le 26/08/2010

      « C'est écrire qui est le véritable plaisir ; être lu n'est qu'un plaisir superficiel. »

      On n'écrit pas parce qu'on a quelque chose à dire mais parce qu'on a envie de dire quelque chose disait truc...
      On écrit parce qu'on en a envie, rarement parce qu'on en a besoin, si c'était le cas, il n'y aurait sans doute pas autant de livres à chaque « rentrée ». Quel est donc ce besoin d'écrire chez la plupart ?
      Il est des auteurs qui en valent bien mille.
      C'est mille en un seul, comme disait un gars que j'aime bien.

    • aliocha
      aliocha answers to steed1
      • Posté à 22h51 le 26/08/2010

      Allez dire ça à Mme de Sévigné qui écrivait à sa fille en mouillant à l'idée qu'un jour des boutonneux échevelés puissent déclamer ses lettres, ou bien à Villon qui attendait plus la postérité que la potence, Homère (entre guillemets) qui fonda cinq siècles de religion, Zola qui écrivit J'accuse à son éditeur et aux critiques littéraires de son époque. Tout le monde n'écrit pas comme Céline, avec l'idée qu'il faut mettre sa peau sur la table, et qui racontait cela parce que ça allait lui payer sa baraque.

    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa answers to steed1
      auteur
      • Posté à 12h27 le 27/08/2010
      • Internaute
        auteur

      Cher Steed1, ça c'est du vrai troll ! Vous parvenez à dire dans la même réponse : « on a des choses essentielles à faire sortir comme certains vont chez un psy » et dans le même temps « deux auteurs qui ne passent pas du temps à se contempler le nombril », l'objet de la psychanalyse étant justement d'interroger son nombril pour aller mieux. Le sujet d« 'Il vous faudra nous tuer » n'est pas mon nombril qui n'intéresse, à juste titre, que mes proches. Mais Djian et Despentes : très bon choix. Moi aussi, je vais les lire. Mais je lirai aussi des auteurs que je ne connais pas, à condition qu'ils aient une plume et du panache. Vous vous souvenez : Djian et Despentes, avant d'être des références, ont été des découvertes.

      • steed1
        steed1 answers to natacha_boussaa
        • Posté à 13h52 le 27/08/2010

        Chère Natacha,

        J'attendais une réponse plus pertinente et pas une accusation de « trollisme » au prétexte que vous ne comprenez pas le sens de mon propos.
        Vous mettez en avant dans votre article le désir d'écrire pour être lu, pour toucher un public avant même le plaisir de le faire pour vous même. « Je veux que mon livre vive, qu'il parvienne à ceux pour qui je l'ai écrit [...] Écrire [...] c'est vouloir créer un dialogue avec un autre, un lecteur qu'on ne connaît pas »
        Ne vous en déplaise, ce n'est pas parce que je ne vous suis pas dans cette démarche, que j'ai forcément tort. La littérature est avant tout une affaire de goût, de passion, tout comme en amour. Certains aiment les blondes, d'autres les brunes, et aucun ne saurait vraiment expliquer pourquoi.
        Quand vous évoquez « ceux pour qui je l'ai écrit » il y a en filigrane la notion de ceux qui méritent de le lire et ce qui ne le méritent pas. C'est croire de manière « nombriliste » qu'une partie du monde tourne autour de sa petite personne.
        Ceci dit, je suis certainement très ou trop présomptueux, c'est vrai, je ne vous connais pas. Mais il y a un parfum d'euphorie et d'ivresse à l'idée de faire cette « rentrée » littéraire qui transpire, compréhensible d'ailleurs, et aussi cet espèce d'étonnement que certains journaux ou magazines puissent s'intéresser à vous sous prétexte qu'ils ne seraient ni du bon bord politique ni même du bon coté du goût, qui laisse une certain amertume à la fin de la lecture.
        Enfin, si le but de la psychanalyse n'était que d'interroger son nombril pour aller mieux, on n'aurait pas besoin de psychanalyste.

        Bien à vous...

    • Mister_Esteban
      Mister_Esteban answers to steed1
      • Posté à 16h42 le 27/08/2010
      • Internaute

      « A moins de vouloir faire de la littérature pour enfants » > bien sûr, quand on écrit pour les enfants et les ados, on n'a rien d'essentiel à dire... et il n'y a personne pour entendre.

      • steed1
        steed1 answers to Mister_Esteban
        • Posté à 16h46 le 27/08/2010

        « Essentiel », non, c'est pas le mot. ça n'en retire pas moins le plaisir pour les enfants de lire de belles histoires.

         
        • Mister_Esteban
          Mister_Esteban answers to steed1
          • Posté à 17h01 le 27/08/2010
          • Internaute

          Belles histoires ?
          Donc selon vous les auteurs qui proposent parfois des textes aux enfants et aux ados ne proposeraient pas des textes exigeants mais se limiteraient à « faire du beau » ?
          Et s'appliqueraient à rester bien loin des interrogations essentielles qui animent l'homme du berceau jusqu'au tombeau ?
          Une sous-culture ? Une sous-littérature ? Pour des sous-lecteurs ?

          • steed1
            steed1 answers to Mister_Esteban
            • Posté à 18h21 le 27/08/2010

            Dites, c'est vous qui parlez de sous culture, pas moi. Il y a eu une vraie culture pour les enfants et les jeunes, mais à moins que je ne me trompe, on est maintenant bien loin de Jules Vernes, Stevenson, Stoker ou de Melville. La tendance actuelle c'est les gentilles histoires de sorciers ou de vampires végétariens amoureux.
            Les jeunes d'aujourd'hui on leur prend du temps de cerveau disponible pour leur vendre du coca et de la daube en barre.
            Que croyez vous, moi aussi j'ai ouverts des bouquins à 12 ou 13 ans, mais la force de la littérature de Salinger, de Malot ou de Defoe ne doit pas être comparé aux aventures d'Harry Potter, du falot Edward Cullen ou de la niaise Sookie Stackhouse.
            La littérature jeunesse est totalement formatée que c'en est triste. Pour ce qui les concerne, c'est comme pour le reste, on a le droit d'être un minimum exigeant.
            Les ados d'aujourd'hui croient que Van Helsing (voir le film du même nom) c'est un mec balaize au physique de Hugh Jackman qui a trucidé Mr Hide sur les toits de notre dame et qui pourchasse un dracula débile, accompagné par un sympathique monstre de Franckenstein.

            • Epimethée
              Epimethée answers to steed1
              Pas loin
              • Posté à 13h20 le 28/08/2010
              • Internaute
                Pas loin

              Alors je vous dirai volontiers : Perdu !

              Evidemment, si vous parlez d'Harry Potter je ne peux que vous rejoindre, mais je vous conseille du coup les excellents livres de Terry Pratchett, Nation, qui s'interroge à la fois sur les rapports culturels et sur la recherche de la Connaissance, ou bien la série des P'tits Hommes Libres, l'anti-Harry Potter par excellence. Essayez, et vous m'en direz des nouvelles. Pratchett, malgré que sa littérature échappe au radar, est sans doute un des meilleurs connaisseurs actuels des structures de l'imaginaire.
              Si vous citez Stocker, rappelons que son Dracula est relativement niais, les personnages sont affreusement stéréotypés et ce n'est pas le choix de l'épistolaire qui leur donne de la profondeur...
              Bref, on trouve d'excellents livres pour jeunes aujourd'hui, et on a toujours trouvé des livres pour enfant stéréotypés.
              Mais en citant les quelques auteurs qui ont résisté au temps et en évitant d'évoquer Enid Blyton, vous donnez une vision quand même un peu tordue de la chose...

            • Mister_Esteban
              Mister_Esteban answers to steed1
              • Posté à 21h21 le 28/08/2010
              • Internaute

              Restreindre la littérature jeunesse à Harry Potter et Twilight, c'est réduire la littérature adulte à Levy et Musso. Heureusement, la jeunesse sait sortir la tête des gondoles. Je vous invite donc à pousser la porte d'une librairie estampillée « jeunesse » et à découvir des textes d'auteurs. Des textes exigeants pour des lecteurs exigeants. Car l'amour des mots peut naître dès le plus jeune âge. Et il est peut être plus difficile pour un auteur de savoir raconter « l'essentiel » en 40 phrases qu'au fil des 400 pages d'un roman.

        4 other comments
  • inspecteur crouton
    inspecteur crouton
    troll de tram
    • Posté à 16h36 le 26/08/2010
    • Internaute
      troll de tram

    « Que va-t-il se passer à présent ? Rien ? Tout ? Tout est entre les mains des critiques qui choisiront de donner vie à ce livre ou non. »

    Houla ! Et les libraires ? Ne jamais oublier les libraires, malheureuse !

    • natacha_boussaa
      • Posté à 11h38 le 27/08/2010
      • Internaute
        auteur

      Cher Inspecteur, je n'oublie pas les libraires. Dans ma vie, j'ai passé beaucoup de temps dans les librairies : lieux de pause dans la cacophonie. Ce premier billet traitait de la presse, je comptais en consacrer un second aux libraires, autre soutien essentiel du livre. Mais pour vous répondre plus précisément, j'ai rencontré des libraires fantastiques, passionnés par leur métier. J'en ai aussi rencontré un certain nombre qui m'ont dit : « vous savez, si vous n'avez pas d'articles... » Ce n'est pas du cynisme. Juste de la lassitude devant l'afflux répété de nouveaux livres. Et je peux le comprendre.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 17h08 le 26/08/2010
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    Et le tout sous le regard de Guy Debord et Antonin Artaud qui vous fixent depuis leurs cadres en bois , y a de quoi en faire des cauchemars la nuit ..

  • Flowtche
    • Posté à 17h49 le 26/08/2010

    « Pour ma part, je n'ai jamais eu de doutes quant à la couleur politique de mes soutiens éventuels. »

    Et dans un monde pas si lointain nous classerons les livres en deux grandes catégories, littérature de Droite et littérature de Gauche afin qu'au grand jamais un sympathisant PS puisse lire et apprécier un romancier classé à droite.

    (une idée en passant : Mettre en place un stand de promotion de votre livre lors de l'université d'été du PS, succès garantie.)

    • Max.Steiner
      Max.Steiner answers to Flowtche
      • Posté à 18h45 le 26/08/2010

      Voilà une réflexion « ironique » digne d'un étudiant en journalisme...

      Trois phrases, deux bêtises.

      « Pour ma part, je n'ai jamais eu de doutes quant à la couleur politique de mes soutiens éventuels. »
      Il semblerait, à vous lire, que vous sous entendez que l'auteure s'attend à avoir des soutiens principalement de gauche...
      Vous me faites beaucoup rire. Comme si la gauche institutionnelle et ses représentants médiatiques s'intéressaient encore à la littérature en général.

      Si vous étiez un peu moins crasseux intellectuellement, ou si vous connaissiez, juste un peu, ce dont vous parlez, vous vous rendriez compte que cette gauche là rejette d'instinct, non seulement son passé socialisant, son histoire, sa culture de gauche antérieure à son virage mitterrandien (rejeté est peut être trop fort, ignoré serait plus exact), mais aussi, tout ce qui ne file pas dans la droite ligne de l'orthodoxie bobo-idéaliste ou « sociale-libérale », belle expression inventée par les blairistes pour dissimuler leur incurie droitière.

      Première erreur.

      Seconde erreur : oser sous entendre, en suggérant de mettre un place un stand de promotion du livre, que le PS serait... à gauche !

      Sortez un peu de chez vous, et lisez quelques livres politiques, de gauche, comme de droite, et seulement les classiques : plutôt Gramsci qu'Attali, Jaurès ou Proudhon que Mitterrand ou Marie Ségolène, Maistre ou Tocqueville que Minc ou Baverez !

      Un conseil : rangez votre ironie, vous risqueriez de vous blesser.

  • Max.Steiner
    • Posté à 18h29 le 26/08/2010

    Tu as raison, Natacha, Valeurs Actuelles, c'est même LA référence...
    Une critique entre le quatrième Attali de l'année et la dernière traduction d'un auteur Libertarien américain, ou juste après un dossier consacré au « Retour de Tocqueville » ou de Maurras, bref, comme chacun le sait, à la pensée de gauche (hem), voilà qui ne manquerait pas de piment...

    J'espère que Denoël n'a pas manqué non plus d'envoyer ton livre à Rivarol, au Choc du mois, à Minute ou à L'action Française...
    Ni à la presse catholique : La Croix, le Pèlerin ou Golias...

    Et pendant qu'on y est, si il reste encore une page « livres », dans un tout autre ordre d'idées, que ton éditeur n'a pas manqué » non plus de l'envoyer à Voici et autre presse People...

    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa answers to Max.Steiner
      auteur
      • Posté à 13h37 le 27/08/2010
      • Internaute
        auteur

      Cher Max Steiner, au sujet de Valeurs actuelles, j'étais évidemment ironique...

  • alangaja
    alangaja
    la V2 est un virus
    • Posté à 22h56 le 26/08/2010
    • Internaute
      la V2 est un virus

    « Valeurs actuelles »
    vous attendez quelque chose des gens qui lisent ça ? ? ?

  • Noureka
    Noureka
    Etudiante
    • Posté à 11h22 le 27/08/2010
    • Internaute
      Etudiante

    C'est bien de s'intéresser à de tels sujets, de les mettre sur le devant de la scène.

    J'espère que quelqu'un écrira un livre au sujet des luttes contre la réforme des Universités, la masterisation et tout ça qui ont eu lieu en 2009. Plusieurs mois de lutte, c'est pas rien.

  • gdg38
    gdg38
    etudiante
    • Posté à 14h46 le 27/08/2010
    • Internaute
      etudiante

    La gastrite littéraire habituelle... qui me fait vomir ! A part une fortune permettant des achats quotidien, et bien sur, un temps libre conséquent, la « rentrée littéraire » est un désastre ! Comment repérer dans le flot des milliers de pages arrivants sur le marché LE bouquin qui sera bon, au milieu du déchet ?

    Faire confiance aux critiques, les memes qui pronent BHL et Houellebecq, et rejettent d'autres livres à l'aune de leur gout, et non d'un gout universel ? Droit de vie ou de mort d'un livre ? ? Tres peu pour moi, nous n'avons pas les memes gout !

    Aller dans un « supermarché de la culture » ?

    Ou alors, solution que je finis par appliquer chaque année, des heures de farfouilles, de 4° de couverture décortiqué, pour donner une chance à des livres inconnus, et qui vivre verra !

    Une question, honnete et sincere : Pourquoi ne pas publier en deux parties : avant les vacances d'été (les gens ont plus de temps pour lire et se détendre pendant les vacances non ? ? ) puis après les vacances, à la rentrée ? ?
    Cela permettrait peut etre de répartir l'avalanche annuelle de septembre, non ?

    • Hubert Artus
      Hubert Artus answers to gdg38
      Rue89
      • Posté à 15h49 le 27/08/2010
        rédacteur
      • Journaliste
        Rue89

      « Pourquoi ne pas publier en deux parties : avant les vacances d'été (les gens ont plus de temps pour lire et se détendre pendant les vacances non ? ? ) puis après les vacances, à la rentrée ? ? » :

      Vous touchez là à une question que se sont posé éditeurs, auteurs et libraires ces dernières années. L'essai avait été tenté, par Grasset entre autres, il y a deux ans (le Beigbeder de rentrée était paru en juin). Pour ma part, j'avais pris position contre : comment peut-on parler de rentrée si les livres sortent en fin de printemps ? De plus, même si les gens ont plus de temps l'été, cette stratégie favoriserait les auteurs best-seller ou commerciaux, car ce sont ces auteurs qui sont « vendus » l'été.

      Bien à vous

      • Walid Salem
        Walid Salem answers to Hubert Artus
        Dans les livres
        • Posté à 07h46 le 28/08/2010
        • Internaute
          Dans les livres

        Et en quoi il est important de parler de « rentrée » littéraire ?
        Si les best-seller ou livres « commerciaux » sont les plus vendus l'été, c'est bien parce qu'aucun événement littéraire fort n'est proposé. En tout cas, l'un n'empêche pas l'autre. C'est quand même la période où on a envie de « dépenser ».
        Sachant qu'à la rentrée, on découvre toutes les augmentations des prix survenues pendant l'été, ce que les vacances ont coûté, le dernier tiers des impôts, et je ne parle même pas du coût de la rentrée scolaire... de quoi plomber le morale et couper l'envie de lire !
        Personnellement, en vacances, c'est tous les livres achetés ou reçus en cadeau pendant l'année que j'emporte avec moi puisque j'ai là le temps (et l'esprit) de pouvoir les lire...

  • Herf
    Herf
    Prof
    • Posté à 11h00 le 28/08/2010
    • Internaute
      Prof

    Entendre parler de littérature, de style, de roman alors que ce sujet n'intéresse plus que 1% de la population est toujours un bonheur. Et de plus, tous les posteurs font un effort (ou mettent un point d'honneur) pour écrire en français correct. Lire aussi une auteure qui répond avec simplicité à des débuts de tentative de polémique c'est aussi réjouissant. Natacha, j'essaierai de trouver votre livre sur mon île parce que votre sincérité (que d'autres mentalités renomment naïveté) donne envie de vous connaître et donc de lire votre livre.

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