Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Ma première rentrée littéraire : « On ne trouve pas ton livre »

Publié le 02/09/2010 à 17h13


Une employée range les rayons du Salon du livre à Paris, le 12 mars 2009 (Philippe Wojazer/Reuters).

La primo-romancière Natacha Boussaa, auteure du marquant « Il vous faudra nous tuer » (éd. Denoël), raconte à Rue89 sa première rentrée littéraire « inside ». Deuxième épisode.


« Il vous faudra nous tuer », de Natacha Boussaa (éd. Denoël).

Aucune nouvelle de Valeurs actuelles. Il faut dire qu’ils sont très occupés, avec cette France indolente qui risque de perdre sa note AAA. En revanche, jeudi, le jour même de ce premier billet avec Hubert Artus sur Rue89, Eric Loret publiait de son côté une critique d’« Il vous faudra nous tuer » dans Libération. C’est ce qui s’appelle, pour un premier roman, un miracle.

Qu’a pensé Eric Loret du livre ? Le critique de Libération axe son papier sur les violences dont la presse est victime dans le roman et du rapport paradoxal que les personnages entretiennent avec elle. J’aurais l’occasion d’y revenir.

« Je suis allée examiner les rayonnages »

Depuis la parution du roman, je reçois des courriers électroniques de quelques grandes villes de France : « On ne trouve pas ton livre. Obligé de le commander. » Sans compter les problèmes de livraison que me rapportent mes espions : deux de mes amis l’ont commandé à la Fnac depuis dix jours, et ne l’ont toujours pas reçu… et ils habitent Paris !

Pour un livre attendu, ce n’est pas un problème : la pénurie créera le désir. Pour un livre qui débute, la difficulté à se le procurer lui sera sans doute fatale. La société de consommation nous l’a enfoncé dans le crâne : visibilité et disponibilité. Plus le tirage d’un livre est important, plus celui-ci sera en mesure d’accomplir les deux axiomes, jusqu’à la mort par strangulation des autres, tirages moyens et petits tirages.

Prenons mon exemple : premier roman d’une inconnue chez un éditeur en vue, ce sont 1 800 exemplaires maximum qui sont disponibles dans toute la France. Ce qui signifie que certaines grandes librairies en ont quelques-uns, d’autres un seul, les dernières aucun.

Je suis allée examiner les rayonnages. Et le résultat est sans appel. Si la librairie dispose de plusieurs exemplaires, elle les met face visible sur une table. Si elle n’en a qu’un seul, elle le place sur la tranche, dans un coin, parfois sur une étagère, ou même sous la table.

Quand l’exemplaire unique a été vendu, il n’a pas été recommandé. Quelle est donc la meilleure stratégie pour un livre tiré à peu d’exemplaires ? Etre dans moins de librairies, mais avec plus d’exemplaires afin d’être mieux exposé, ou bien n’avoir qu’un seul exemplaire, mais couvrir un plus grand nombre de librairies ?

« Rêver d’espaces en librairies partagés équitablement »

Dans les Fnac et les Virgin, la situation est encore plus déroutante, la vision, vertigineuse : tours et pyramides de gros tirages rejettent les autres dans les coins, la plupart du temps loin des « nouveautés » et parfois même au rayon classique. Mais ce n’est pas toujours désagréable : le voisinage de Flaubert est plutôt plaisant.

On peut aisément comparer cette situation de déséquilibre à celle du cinéma qui voit une poignée de films occuper la majorité des écrans. Et l’on se prend soudain à rêver d’espaces en librairies partagés équitablement, offrant ainsi la possibilité pour les petites maisons d’édition et les petits tirages d’avoir autant de chance que les autres d’être vus de leurs lecteurs. Du commerce équitable appliqué au monde de l’édition.

Est-ce la seule réputation d’un auteur qui décide de sa mise en place en librairie, ou bien le primo-romancier peut-il influer sur celle-ci ? Deux rendez-vous peuvent avoir, en amont, un éventuel effet.

En mai, l’éditeur organise une réunion pour présenter sa prochaine rentrée aux représentants chargés de proposer aux libraires de toute la France les titres susceptibles de leur convenir. Ils se voient remettre le manuscrit dactylographié et l’auteur, face à eux, a dix minutes pour les convaincre de l’intérêt de son roman.

Pour la plupart des débutants, l’exercice ressemble à un entretien d’embauche un peu raté. Puis, en juin, une soirée est organisée pour présenter la rentrée littéraire aux libraires. Là, l’auteur débutant a plutôt la sensation d’être dans un repas familial où il ne connaît personne. Comme devant les représentants, il parle quelques minutes de son livre à l’assistance. Mission : attirer l’attention de quelques libraires sur le roman. Un speed dating un peu déprimant.

Mais au moins, chez Denoël, la fin de soirée a été amusante avec le petit concert qui se donnait sur la scène du New Morning, surtout lorsqu’Olivier Rubinstein, le boss, est monté sur scène pour accompagner le groupe à l’harmonica -oui, comme Bob Dylan. Ça, au moins, c’était un peu rock’n roll. De ce que j’en ai vu, le milieu littéraire l’est si peu. Quant à savoir si ça a aidé le livre… c’est une autre question !


La statue des frères Morice, place de la République à Paris (Wikimedia Commons).

Nadine Barbedette, mon attachée de presse, vient de m’envoyer un mail : Le Figaro magazine parlera d’« Il vous faudra nous tuer » le samedi 4 septembre dans un dossier consacré à quatre premiers romans.

La surprise est de taille ! Le Figaro magazine ! Quelle va bien pouvoir être leur ligne critique par rapport à celle de Rue89, de Libération et du Monde magazine ?

Samedi, je participe à la manifestation parisienne contre la politique sécuritaire du gouvernement. J’achèterai donc Le Figaro dans un kiosque de la place de la République sous l’œil goguenard de la statue des frères Morice.

Aller plus loin
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  • geantdefer
    geantdefer
    L'horreur est humaine (coluche)
    • Posté à 17h41 le 02/09/2010
    • Internaute 31641
      L'horreur est humaine (coluche)

    A 15,20€ le bout...

    J’attendrais qu’il soit en poche... Ou à la bibliothèque....

    C’est dommage paske il a l’air bien ce livre....

    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa répond à geantdefer
      auteur
      • Posté à 11h14 le 03/09/2010
      • Internaute 124050
        auteur

      Bonjour geant, oui 15 euros, je suis bien placée pour savoir que ce n’est pas toujours évident... Le mieux, c’est de le faire commander par la bibliothèque de vote ville (ou, je ne le dis pas trop fort : de le trouver en occasion), car il n’est pas prêt d’être édité en poche. Le livre doit avoir dépassé un certain nombre d’exemplaires vendus pour accéder aux éditions de poche. Je crois qu’il s’agit chez Gallimard d’au moins 6000 à 7000 exemplaires...

      • Epimethée
        Epimethée répond à natacha_boussaa
        Pas loin
        • Posté à 16h27 le 03/09/2010
        • Internaute 122050
          Pas loin

        Dites, j’aime pas trop parler prix du livre, parce que c’est un endroit où j’investit un peu mais je suis surpris d’un truc : comment font les Anglais ? Leurs Hardcover sont presque dix balles moins chers que chez nous et leurs poches, qui sortent pas cinq ans après la première édition, sont souvent d’excellente qualité et toujours moins chers que les français.
        Alors bon, ça doit pas faire une telle différence de volume quand même ? Je me demande si on a pas un peu tendance chez nous à considérer le livre comme un objet de prestige, et y a qu’à voir l’histoire des tablettes graphiques... bref voilà, j’m’posais la question quoi.

         
        • marou
          marou répond à Epimethée
          cadre
          • Posté à 16h49 le 03/09/2010
          • Internaute 75910
            cadre

          Les Anglais « font » qu’ils ont le marché américain (et tous les pays anglophones) à leur portée. Les tirages sont beaucoup plus importants qu’en France ce qui fait baisser les coûts de production, donc le prix des livres. Tout simplement.

          • maman89
            maman89 répond à marou
            Bosseuse.
            • Posté à 17h12 le 03/09/2010
            • Internaute 100164
              Bosseuse.

            Merci pour cette information intéressante. : o)

        2 autres commentaires
    • Erion
      Erion répond à geantdefer
      • Posté à 13h24 le 03/09/2010
      • Internaute 14971

      Ah, ah.
      Je ne me moque pas de votre commentaire, mais sur un forum avec des éditeurs, l’un d’entre eux nous explique qu’en France les livres ne sont pas assez chers. Et il sort un ouvrage à 29 euros...

      Le réflexe d’attendre la sortie en poche n’est pas très bon. Tous les grands formats ne sortent pas en poche. Vous pourriez très bien ne jamais le voir.

      Compte tenu de l’inflation, 15,20 euros me paraît un prix tout à fait bon marché (je comprends que vous n’en ayez pas les moyens cependant), quand beaucoup (mais vraiment beaucoup) tournent autour de 20 voire 25 euros.

  • maxime vivas
    • Posté à 17h44 le 02/09/2010
    • Internaute 21150

    La plupart des auteurs connaissent ce genre de problèmes.

    J’ai écrit un livre–enquête sur Reporters sans frontières où je démontre que cette « ONG » est financée par plusieurs officines écrans de la CIA.

    Après quelques mois d’omerta, la presse en a parlé, de l’Huma au Figaro. France 2 est venu m’interviewer chez moi (passons sur ce qu’il en est resté, mais ce fut mieux que rien). Le zapping de canal + a passé l’extrait pêché sur France 2. Le livre a été traduit en espagnol, il a été sélectionné pour le prix « Lire la politique » dont le jury est composé de 17 rédacteurs en chefs ou chefs de rubriques de grands médias.

    Mais mon éditeur est Belge (les Français ont eu peur, RSF m’ayant publiquement menacé d’un procès) d’où des difficultés à le trouver en librairie. Un lecteur de Toulouse me dit qu’une des plus grosses librairies du centre ville l’a invité à l’acheter à l’auteur et lui a donné mes coordonnées. Comme je ne vends pas, il a acheté le livre (moins cher) par Internet, via Amazon.fr, librairie…états-unienne !

    Je me demande parfois pourquoi nos librairies se portent mal.

    • alabergerie
      alabergerie répond à maxime vivas
      http://alabergerie.wordpress. (...)
      • Posté à 17h54 le 02/09/2010
      • Internaute 81339
        http://alabergerie.wordpress. (...)

      Vous avez songé au téléchargement de formats pdf, epub  ? Si vous êtes présent en numérique, peut-être aurez-vous plus de possibilités, via blogs et articles, de rabattre du monde sur les sites de vente en ligne  ? Je ne sais pas, je demande juste  : qu’en est-il de la distribution des produits numériques, et de leur promotion  ?

      • Grunt_
        Grunt_ répond à alabergerie
        Technicien informatique
        • Posté à 10h29 le 03/09/2010
        • Internaute 119275
          Technicien informatique

        C’est un peu le même problème partout : on a des anciens mode de diffusion qui deviennent obsolètes (CD, DVD et progressivement les livres), car trop coûteux en moyens matériels, donc accessibles uniquement à une industrie, et non à des individus.

        Et, pourtant, les créateurs qui font le choix de la modernité, en proposant directement leurs créations sur Internet sans intermédiaires, sont pénalisés par la passivité du grand public qui continue à penser que « FNAC = culture, Internet = pas sérieux ».

        Du coup, les auteurs peu connus comme Natasha Boussaa se retrouvent à dire « s’il vous plaît la Fnac, merci la Fnac, s’il vous plaît Virgin, merci Virgin », perpétuant ainsi l’ancien système.

      • maxime vivas
        • Posté à 11h02 le 03/09/2010
        • Internaute 21150

        @ Alabergerie

        Vous me demandez : « Vous avez songé au téléchargement de formats pdf, epub ? Si vous êtes présent en numérique, peut-être aurez-vous plus de possibilités, via blogs et articles, de rabattre du monde sur les sites de vente en ligne ? »

        Mon agent littéraire met en ligne les romans des auteurs de son « écurie » (hum !). J’ai refusé que les miens en soient. Un livre, c’est du papier, c’est une librairie, ce sont des critiques littéraires qui en reçoivent un exemplaire et qui en rendent compte. Puis, ce sont des lecteurs qui en ayant entendu parler, vont le feuilleter et éventuellement l’acheter.

        Si un auteur ne se frotte pas à ces étapes (épreuves ?) il peut tout aussi bien créer son blog (je n’en ai pas).

        S’il les accepte et si ses tirages ne sont pas ceux des écrivains surmédiatisés, germanopratins, à la fois auteurs, critiques dans des journaux et directeurs de collection chez un ou plusieurs éditeurs, il doit persévérer (Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage...[...] fais courageusement ta longue et lourde tâche, etc.)

        Accessoirement, il peut se demander si quelque chose n’est pas pourri dans le royaume littéraire, mais n’ouvrons pas ce trop vaste débat. Pas assez de place ici.

        Quant aux libraires qui ne veulent pas multiplier leurs lignes comptables en ouvrant des comptes pour des dizaines de petits éditeurs, ils habituent toute une frange de la population à céder aux facilités de l’achat en ligne. Après avoir commandé mon livre par Amazon, pourquoi le lecteur ne renouvellerait-il pas pour ceux de BHL (je plaisante, on n’a pas le même lectorat) ?

    • marc44
      marc44 répond à maxime vivas
      • Posté à 21h08 le 02/09/2010
      • Internaute 24488

      Même Eric Hobsbawm a dû faire éditer sa traduction en Belgique, aucun éditeur ne voulait un livre d’un des plus célèbres historiens britanniques, traduit et connu dans le monde entier.

  • youille
    youille
    Marketing
    • Posté à 19h10 le 02/09/2010
    • Internaute 117774
      Marketing

    Allez !
    Je l’ai commandé les yeux fermés sur Amazon, délai de livraison 48h ... c’est pas bien compliqué quand même ...
    Il faut parfois savoir faire confiance aux critiques qui nous ouvrent les yeux sur de nouveaux talents.

    Lecture à suivre.

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à youille
      Rue89
      • Posté à 19h41 le 02/09/2010
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Bonjour,
      Proposition : suite à votre lecture, quelle que soit votre sentiments sur le roman de Natacha Boussaa, en feriez-vous une critique ici ? De manière à rendre plus « participative » encore cette expérience que nous menons avec l’auteure ?

      • youille
        youille répond à Hubert Artus
        Marketing
        • Posté à 12h42 le 03/09/2010
        • Internaute 117774
          Marketing

        Bonjour,
        Proposition acceptée !
        Je le recevrai lorsque je serai en déplacement, donc rendez-vous d’ici une dizaine de jours !
        Et c’est là qu’on voit qu’un livre numérique aurait été délivré immédiatement ... parmi les possibilités de distribution et de mise en avant dont parle l’auteure dans son article, une librairie numérique se rapproche fortement de la librairie idéale, avec une mise en avant tournante des ouvrages ... Il manquera toujours cette possibilité de flâner à travers les allées et les livres et se faire accrocher par un mot, une phrase en feuilletant un livre pris au hasard.
        Une combinaison de ces deux moyens de diffusion dont le premier est encore embryonnaire, permettra peut être de pouvoir diffuser plus facilement un nouvel ouvrage.

         1 autres commentaires
    • lancetre
      lancetre répond à youille
      • Posté à 23h30 le 02/09/2010
      • Internaute 18658

      Je l’ai commandé aussi.

      Je suis un peu dubitatif devant la quatrième de couverture : les manifs contre le CPE, ce n’était quand même pas la guerre, et c’était très loin de mai 1968...Quant à cette fille qui lit Antonin Artaud tout en exerçant un métier ridicule...

      Bon, on verra bien.

      Ne restent donc plus que 1800 exemplaires, moins deux vendus, donc...1798 exemplaires disponibles.

      Collector !

       : -)))

      • youille
        youille répond à lancetre
        Marketing
        • Posté à 12h46 le 03/09/2010
        • Internaute 117774
          Marketing

        Après avoir passé ma commande j’ai regardé par curiosité le classement du livre dans les meilleures ventes d’amazon, il était dans les 29 000 ... il est aujourd’hui dans les 12 900 ...
        Un futur best seller ? :)

      • natacha_boussaa
        natacha_boussaa répond à lancetre
        auteur
        • Posté à 14h23 le 03/09/2010
        • Internaute 124050
          auteur

        C’est clair qu’il est collector celui-là ! Et pour ce qui est du métier ridicule de ce personnage, lancetre, je crois malheureusement que c’est la vie qui est ridicule...

  • Pierre_Behel
    Pierre_Behel
    Ecrivain en ligne
    • Posté à 20h19 le 02/09/2010
    • Internaute 124743
      Ecrivain en ligne

    Le problème évoqué est celui qui me pousse à m’auto-éditer et à publier sur Internet la plupart de mes romans.
    Etre édité par un petit éditeur ne sert à rien : il n’assure pas la diffusion mais verrouille les droits et donc la diffusion.
    Etre édité par un grand éditeur n’est possible que si l’on est déjà connu ou avec un « passe-droit ».
    Et de toutes les façons, ce n’est pas en écrivant que l’on peut s’enrichir. Alors, se diffuser soi-même est encore la meilleure solution.

    • expat
      expat répond à Pierre_Behel
      • Posté à 20h36 le 02/09/2010
      • Internaute 25627

      Aie, aie, aie, moi qui comptais sur mes talents litteraires pour me sortir de la mouise, va falloir que je trouve autre chose !

    • Marcd33
      Marcd33 répond à Pierre_Behel
      • Posté à 22h39 le 02/09/2010
      • Internaute 102417

      un petit éditeur assure quand même une distribution et une diffusion, ne fusse que par certaines librairies affiliées. Même si l’auto édition sur le net est séduisante et parfois le seul moyen quand tous les éditeurs refusent ou imposent des conditions qu’on n’accepte pas, quelle chance a t’on de vendre un livre par le net ? Car après les amis, les clients potentiels doivent se faire rare ? Maintenant c’est vrai que s’éditer pour le plaisir reste la motivation première de l’écrivain en herbe, mais il est parfois dommage de voir la rentabilité du livre sur lequel on a bossé s’elever à quelques euros. J’ai plusieurs amis qui ont édité sur le net, et à part 4 ou 5 proches qui ont acheté leur livre, c’est le desert.

      • slave1802
        slave1802 répond à Marcd33
        Technicien telecom
        • Posté à 08h40 le 03/09/2010
        • Internaute 58485
          Technicien telecom

        Effectivement je confirme, l’auto-édition sur Internet permet d’avoir un livre à son nom mais certainement pas de le vendre.

        Le mien est sur Lien depuis deux ans et je n’en ai vendu que trois exemplaires. C’est sur qu’entre le prix prohibitif (18 € 65 ) même si je ne prend aucune marge et la quantité astronomique de titres, je n’ai pas beaucoup de chance.
        Pour certain la vente sous forme électronique (ebook) serait mieux ! Que né-ni, cette option existe aussi chez Lulu, mais personne n’a jusqu’à présent dépensé 2 € 32.
        Le seul truc qui marche un peu, c’est le complétement gratuit. J’ai mis en ligne mon livre sur Lien et j’atteins presque la barre des 200 lecteurs (Wahou...)

        Il faut se faire une raison. De plus en plus de gens veulent écrire mais dans le même temps de moins ne moins de monde lit !

         
        • Marcd33
          Marcd33 répond à slave1802
          • Posté à 13h41 le 03/09/2010
          • Internaute 102417

          oui c’est un peu le problème, trop de choix tue le choix, on sait plus où donner de la tête.

        • Fred.H
          Fred.H répond à slave1802
          • Posté à 18h59 le 03/09/2010
          • Internaute 3347

          L’avantage d’avoir un éditeur, c’est qu’il va relire votre manuscrit. Pas du luxe quand on voit le nombre de fautes dans les quelques lignes de votre post.

          • slave1802
            slave1802 répond à Fred.H
            Technicien telecom
            • Posté à 21h52 le 04/09/2010
            • Internaute 58485
              Technicien telecom

            Que dire d’un commentaire aussi pertinent ?

            L’orthographe est la science des imbéciles me semble de rigueur.

            Allez essayez encore, en réfléchissant autrement qu’un miroir, vous arriverez peut-être à faire avancer le débat !

        3 autres commentaires
  • LouisDuComptoir.Net
    LouisDuComptoir.Net
    Journaliste
    • Posté à 21h47 le 02/09/2010
    • Journaliste 122342
      Journaliste

    Donc maintenant les relations presses, ça consiste pour un écrivain à écrire un article à sa propre gloire, sur rue89.com ? Pas chère et parfaitement sous contrôle la promo !

    • lancetre
      • Posté à 23h16 le 02/09/2010
      • Internaute 18658

      Promo assez modeste...

      Et finalement plus honnête et plus intéressante que d’utiliser, pour vendre une publication frelatée à la gloire du botulisme, tout un réseau fondé sur des décennies de renvois d’ascenseurs...

       : -)))

    • Hubert Artus
      • Posté à 01h01 le 03/09/2010
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      @Louis du Comptoir :
      Comme vous avez pu le lire dans son précédent billet, Natacha Boussaa n’a pas choisi de son propre chef d’écrire pour nous. Auquel cas c’eût été, effectivement, un peu « autopromo pas chère ». C’est moi qui, ayant apprécié ce roman, ai eu envie de le pousser. Et jugé qu’il était « Rue89-compatible », ai proposé à l’auteur de tenir chronique, durant la rentrée littéraire... Du participatif, donc, qui occasionne une bonne visibilité. Au départ, c’est donc bien un choix de critique littéraire.

      • bardamu2010
        bardamu2010 répond à Hubert Artus
        observateur
        • Posté à 15h39 le 03/09/2010
        • Internaute 121681
          observateur

        Bonjour,

        Je suis très curieux de savoir ce que vous entendez par « “Rue89-compatible”, à propos de ce livre. Est-ce à dire que certains livres ne le sont pas, et que d’emblée ils ne sont pas considérés comme de la bonne littérature pour cette raison. Au fond, la critique littéraire se voudrait engagée ? Ca fait froid dans le dos ! ! !

  • inspecteur crouton
    inspecteur crouton
    troll de tram
    • Posté à 00h29 le 03/09/2010
    • Internaute 118828
      troll de tram

    1800 exemplaires sur à peu près 900 librairies en France, ça fait en moyenne 2 par magasin, ça n’ est déjà pas si mal.
    Les media sont sur le coup ( Libé, Figaro, Rue89...), ça suffit a priori pour un début de buzz.
    Un éditeur réputé ( de la galaxie Gallimard ), qui assure un minimum d’ attention de la part des libraires.

    Donc, si le livre est un chef d’ oeuvre, pas de problème, il doit marcher.

  • sndoc
    sndoc
    lecteur
    • Posté à 01h52 le 03/09/2010
    • Internaute 51771
      lecteur

    J’ai lu la première page sur l’Huma et je n’ai pas eu envie de continuer. Ma première impression est qu’en une page l’auteure fait trois choses rebutantes :
    - elle étale sa culture : plusieurs grands auteurs cités (et donc implicitement elle se place à leur niveau) ;
    - sa principale source d’inspiration, c’est elle-même (son personnage a fait les mêmes études qu’elle, pense comme elle, fait les même rêves qu’elle), se plaçant ainsi dans cette lignée de romanciers qui parlent de leur nombril, ce n’est pas ma tasse de thé ;
    - de bon vieux clichés : l’hôtesse d’accueil qui ne vit que pour l’art mais est obligée de bosser au milieu de tous ces pauvres beaufs qui prennent leur travail au sérieux ; entre parenthèses, si c’est ça être de gauche ce n’est pas étonnant que la gauche soit coupée de sa base.

    Ce n’est que mon impression de lecteur moyen, sur base d’une lecture rapide de la seule première page, un peu rapide pour tirer une conclusion définitive, je sais bien. Mais je fais avec ce que j’ai et pour le moment, je pars donc du principe que le roman est de qualité moyenne et d’un intérêt tout relatif.

    Parlons donc de cet article sur rue89.

    L’auteure, qui se plaint d’être à l’ombre des gros tirages et en appelle à une équité numérique de la diffusion ne remet jamais en cause la qualité propre de son roman ; elle ne semble pas douter qu’il mérite plus de 1800 exemplaires diffusés et qu’il doit être lu par plein de gens qui vont forcément l’aimer et qui seront heureux d’avoir dépensé leur temps et leur argent. Elle parle même de commerce équitable ! Puisqu’elle produit un livre, il faudrait que les éditeurs, les diffuseurs, les libraires se débrouillent pour en vendre suffisamment pour qu’elle puisse en vivre. En d’autres termes : les lecteurs doivent se partager équitablement l’achat des livres de sorte que tous ceux qui prétendent savoir écrire puisse vivre de leur plume. Peu importe le texte, pourvu qu’on ait le nombre.

    Bon, d’accord, les éditeurs sont là pour faire du profit, ils obéissent à une logique commerciale, ils engraissent sur le dos des auteurs etc., loin de moi l’idée qu’ils travaillent au progrès de la littérature et des belles lettres. Ils vont en effet privilégier les textes qui offrent un bon rapport risques / bénéfices.

    Peut-être que 1800 exemplaires c’est exactement ce que mérite le livre : juste assez pour faire un petit profit en ciblant le marché des nostalgiques des manifs anti-CPE, qui seront tolérants sur la qualité ?

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à sndoc
      Rue89
      • Posté à 11h02 le 03/09/2010
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Précision : ce que vous aviez lu dans L’Huma, c’est un extrait, des bonnes feuilles. ce n’est pas la première page, car celle-ci ne contient pas de noms d’auteurs.
      Après, chacun son avis...

    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa répond à sndoc
      auteur
      • Posté à 13h37 le 03/09/2010
      • Internaute 124050
        auteur

      Cher sndoc,
      D’abord le roman. Le personnage ne vous plait pas, pour 3 raisons : l’auteur est dissimulé derrière et raconte son nombril, en plus il frime en étalant sa culture, et qui plus est, il est cliché dans son rapport au travail et à ses collègues...
      Pour moi, tout cela n’est pas un cliché. Ce personnage est emblématique des classes moyennes françaises. Et ce qui m’intéresse dans les classes moyennes comme sujet de roman, c’est qu’aujourd’hui tout est entre leurs mains. Ils sont eu accès à la culture grâce à l’école, ils ont ensuite fait des études qu’ils payent eux-mêmes c’est-à-dire principalement leur logement (inabordable dans les grandes villes), en jonglant - horaires, fatigue et pressions stupides inhérentes au travail - avec des boulots ineptes. Les livres auxquels ils ont eu accès les ont sorti de leur milieu d’origine et leur ont permis d’avoir un regard critique sur la société dans laquelle ils sont nés. Cependant, ils n’ont pas les moyens matériels, financiers de mettre à l’œuvre ce qu’ils ont lu. Ils savent qu’ils n’auront pas d’autre choix que de travailler dans un boulot que souvent ils haïront ou de se débrouiller tant bien que mal grâce à divers expédients pas toujours commodes...
      Cette culture que vous me reprochez d’étaler est présente au début du livre, car c’est la seule chose qui leur reste, la seule chose gratuite (avec l’amitié) dans laquelle ils peuvent se réfugier comme d’un rempart contre le monde. Si vous lisez le livre, vous constaterez, qu’à mesure que le personnage se laisse gagner par l’envie d’agir, il s’éloigne de cette culture-refuge.
      Quant aux collègues que vous dîtes « beaufs », les pires travers humains que j’ai vus à l’œuvre dans ma vie (moi qui ai eu la chance, comme beaucoup d’entre nous ici, de ne pas vivre en temps de guerre), je les ai vus dans le milieu du travail et dans les familles.

      Quant à l’auteur qui raconte son nombril : dans tous les personnages de tous les romans, il y a l’auteur, ses amis, tous ceux qu’il a croisés dans son existence et tous ceux qu’il craint ou rêve de croiser. Un auteur travaille à partir de ses sensations, c’est ce qui donne de la matière au livre, c’est ce qui fait qu’il ne va pas décrire des situations ou des personnages clichés. Mais là où il se détache de l’écrit nombriliste qui n’intéresse personne, c’est qu’il se sert de ses sensations dans le but de comprendre le monde, la société qui l’entoure et d’en proposer une lecture.

      Quant à l’article de Rue 89 :
      je n’ai jamais réclamé un plus gros tirage, je parle au contraire de l’inflation démesurée des gros tirages qui, pour être rentables, prennent physiquement toute la place en librairie, empêchant ainsi les petites maisons d’édition et les petits tirages d’être vus.

      Enfin, vous écrivez :
      « En d’autres termes : les lecteurs doivent se partager équitablement l’achat des livres de sorte que tous ceux qui prétendent savoir écrire puisse vivre de leur plume. Peu importe le texte, pourvu qu’on ait le nombre. »
      Sachez que je n’ai jamais prétendu vivre de ma plume, c’est plutôt ma plume qui me maintient en vie, vous voyez la nuance ? Pour écrire, je sacrifie beaucoup, beaucoup de choses, parce que je n’ai justement pas les moyens financiers de beaucoup d’écrivains français issus des différentes bourgeoisies. Je n’ai pas non plus choisi d’écrire sur un sujet plus vendeur : une histoire d’amour avec le mot « amour » dans le titre, ou mieux mes « histoires de cul » avec ma trogne en couverture jetant un regard lubrique.

      Ce roman n’est pas, comme vous le dîtes en insultant les lecteurs, « le marché des nostalgiques des manifs anti-CPE ». Les manifestations anti CPE ne sont qu’une toile de fond qui me permet de décrire quelque chose de plus vaste, la situation présente en France et en Europe : un moment historique où la tension sociale n’a pas été aussi forte depuis longtemps et où flotte un parfum pré révolutionnaire. Le titre l’annonce « Il vous faudra nous tuer ». Mais évidemment, pour le moment ne parlons que du CPE, ça fait moins peur...

      • sndoc
        sndoc répond à natacha_boussaa
        lecteur
        • Posté à 01h03 le 07/09/2010
        • Internaute 51771
          lecteur

        Bonjour,

        Merci de cette longue réponse, dont j’ai cependant bien peur qu’elle me conforte plutôt dans mon ressenti.

        D’abord, quand vous parlez de la « classe moyenne », « Ils », un grand sac. « Ils » sont tous à votre image. Au fond, « Ils » sont tels que vous les rêvez, et vous les rêvez tels que vous même ; mais la classe moyenne c’est aussi des artisans, des commerçants, des paysans, qui n’ont pas nécessairement, comme vous, des rêves de révolution inspirés par leurs lectures, et qui ne trouvent pas forcément leurs métiers inepte et sans intérêt. La classe moyenne, c’est aussi une petite bourgeoisie de « cadre moyens », cultivés certes, mais certainement pas révolutionnaires en herbes. La classe moyenne, c’est aussi ces gens dont les « pires travers » vous sont apparus dans le milieu du travail (est-ce parce que là, on ne vous laisse pas choisir de ne fréquenter que vos semblables, artistes et intellectuels ? où peut-être est-ce le milieu du travail que les a pervertis ?). Vous ambitionnez de parler de tous, mais c’est de vous que vous parlez, de votre monde et là encore vous me donnez le sentiment de n’avoir pas poussé assez loin pour vous élever au-dessus « de l’écrit nombriliste ».

        Vous ne pouvez pas vous justifier sérieusement en disant que « dans tous les romans il y a l’auteur » etc., après vous être placée aux cotés des grands. Vous avez lu Hugo, Sartre, Balzac, Flaubert, ou même Malraux. Ils ne se servent pas de leurs « sensations » comme vous dites, pour proposer une lecture du monde qui les entoure : ce qu’ils nous offrent à lire est le résultat d’une analyse ; leur talent, c’est de s’élever loin au dessus d’eux même pour finir par s’effacer de leurs écrits. Quand d’aventure ils décident de parler d’eux, c’est en en extrayant quelque-chose d’universel, et c’est finalement sur l’Homme en général qu’on lit (Camus, La Chute).

        Mais dans l’extrait proposé c’est Natacha Boussaa qui décrit Natacha Boussaa ; sans vous connaitre, avec les quelques lignes de la biographie de votre site, on vous identifie sans hésiter ! Et quand vous dites que vous avez voulu décrire « un moment historique » ou « flotte un parfum pré-révolutionnaire », alors que quelques mois plus tard la France vote Sarkozy, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il s’agit d’une vision plutôt personnelle de l’Histoire.

        Sans aucun doute certains lecteurs partageront votre ressenti et vos espoirs et se retrouveront dans ce texte. Simplement, je doute que ce soit mon cas.

        Je n’attends pas de chaque écrivain qu’il soit Hugo ; je suis allé au bout de romans pleins de faiblesses et qui ne resteront pas dans l’Histoire (ex. Rosa Montero - le roi transparent), juste parce qu’un des aspects du texte touche, intéresse ou est inattendu. Il y a certaines faiblesses que l’on tolère et d’autres que l’on tolère moins, des points forts qui font oublier les faiblesses etc. Cela est personnel.

        Votre texte a certainement des qualités, il a été apprécié, publié par un éditeur reconnu et je ne doute pas qu’il trouvera son public. Au vu de l’extrait choisi par l’Huma et de ce que vous en dites ici même, je ne pense pas en faire partie, voilà tout.

        Aussi, pour préciser : quand je parlais du « marché des nostalgiques du CPE » je ne faisais pas allusion à une stratégie de votre part, auteure, dont il est évident que vous écrivez sur ce qui vous tient à cœur et vous inspire.
        Je visais plutôt l’éditeur, qui réfléchit avec un tableau Excel, en mettant face à face une qualité d’écriture, un sujet et un public (le marché), et en déduit le nombre d’exemplaires qu’il va imprimer.

        En conclusion, après avoir tant écrit sur ce que j’imagine trouver dans votre livre d’après un extrait, je fini par me sentir obligé de le lire, juste pour valider ou invalider ce préjugé... Je vais demander à ma libraire préférée ce qu’elle ne pense. Vous n’avez pas encore gagné un admirateur, mais peut-être un lecteur.

    • ma_langue_eta_moi
      ma_langue_eta_moi répond à sndoc
      Disciplus Simplex
      • Posté à 14h00 le 03/09/2010
      • Internaute 124833
        Disciplus Simplex

      « Ce n’est que mon impression de lecteur moyen, sur base d’une lecture rapide de la seule première page, un peu rapide pour tirer une conclusion définitive, je sais bien. Mais je fais avec ce que j’ai et pour le moment, je pars donc du principe que le roman est de qualité moyenne et d’un intérêt tout relatif. “

      ça, c’est de la critique argumentée ! De quoi faire progresser le débat dites donc...

      L’article ne me semble pas tant un manifeste sur le commerce équitable en littérature, (l’auteur présente elle-même cela comme une utopîe) mais plutôt une réflexion sur un état de fait : Comment un livre peut-il trouver son public quand il n’est pas disponible ?
      Il m’est arrivé plus d’une fois d’entrer dans une librairie, à la recherche d’un cadeau pour une vague relation, un collègue de taf ou un cousin éloigné qui m’invitait à son anniversaire...
      Et ressorti avec, sous le bras, dans un joli papier cadeau, un des bouquins exposés sur les tables, choisi pratiquemment par hasard...
      Pas vous ?

      Après, vous m’objecterez que l’on ne peut pas exposer 700 et quelques livres... C’est vrai, mais de là à avoir des pans de murs recouverts du même ouvrage...
      Heureusement reste le travail de sélection des libraires indépendants, les blogs spécialisés et le bouche à oreille...

      Quant à cibler ‘ le marché des nostalgiques des manifs anti-CPE’, si c’est le but de l’auteur, ça ne me semble pas une excellente idée marketing, Mes maigres connaissances de la Réalité (et les très bons articles d’Eco89) me laissent à croire que la majorité des manifestants contre le CPE de 2006 n’a pas aujourd’hui un pouvoir d’achat très extensible...
      A moins qu’ils ne décident de se priver de spaghetti Ed. pour un bon mois...

  • Fred.H
    • Posté à 02h13 le 03/09/2010
    • Internaute 3347

    Dans l’épisode précédent, on lisait « Elle m’a dispensée des conseils... ».
    Là, il y a ce : « J’aurais l’occasion d’y revenir. »

    Rassurez-nous : ils ont de bons relecteurs chez Denoël ?

    • ma_langue_eta_moi
      ma_langue_eta_moi répond à Fred.H
      Disciplus Simplex
      • Posté à 13h00 le 03/09/2010
      • Internaute 124833
        Disciplus Simplex

      Spirituel, vraiment !
      Sinon, quelque chose d’intéressant à dire ?

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 07h21 le 03/09/2010
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    J’avoue que je ne suis pas la rentrée littéraire. Mais le titre me plaît bien (il me fait penser à du Keny Arkana) et le fait que l’auteure sera présente contre la sarkozie laisse augurer que la conscience du peuple s’éveille face aux chaînes que voudraient nous mettre les puissants de ce monde.

    Oui ils vont devoir nous tuer et je crois que c’est à cela qu’ils s’emploient...^^
    Lien

  • mr_megot
    • Posté à 07h38 le 03/09/2010
    • Internaute 53015
      .

    Vous vous plaignez beaucoup, mais vous devriez vous rendre compte que vous avez une chance insensée ! Vous êtes publiée chez Denoel, un gros éditeur, dont l’équipe commerciale a réussi à mettre 1800 exemplaires en place (ce qui veut dire un tirage autour de 3.000 exemplaires) et dont le service presse a réussi à faire parler du bouquin dans libération ET le figaro magazine, c’est vraiment inespéré, pour un premier roman.

    Votre ouvrage a au contraire toutes les chances de marche correctement, vous auriez été publiée dans une petite maison vous n’auriez été visible nul part, vous n’auriez eu aucune presse, il aurait été mal référencé et difficile à commander.

    Votre commentaire sur le manque de visibilité de votre ouvrage et sur « on se prend soudain à rêver d’espaces en librairies partagés équitablement » fait sourire, 60.000 livres sont publiés chaque année en France, comment voulez qu’on leur donne à tous la même visibilité ?

    • Numerosix
      Numerosix répond à mr_megot
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 11h41 le 03/09/2010
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      C’est le bureau des pleurs, Rue89, ces derniers temps . « Je suis prof et il me font travailler à 50 bornes de chez moi » , « j’ai été insulté par un clochard dans une gare », « Mon livre génial, personne n’en parle » ..

      On attend « J’ai été flashé a 54 Km/h et ils m’ont enlevé un point ! » ou « J’ai été bousculé dans le métro par une personne qui ne m’a même pas dit pardon » ..

      • Roger Velu-
        Roger Velu- répond à Numerosix
        CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG
        • Posté à 12h17 le 03/09/2010
        • Internaute 102062
          CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG

        Il a raison mr_megot et toi itou : ça fait rien qu’à chouiner dans ce magazine.

        Mais nous autres on se marre pour rétablir l’équilibre, heureusement.

         
        • Anonyme répond à Roger Velu-

          Et votre livre, il vient ?
          Histoire qu’on se marre encore plus.

        • Banana
          Banana répond à Roger Velu-
          douce
          • Posté à 19h43 le 03/09/2010
          • Internaute 115587
            douce

          On connait parfaitement le regard que tout parisien a vis a vis des gens de provinces
          Mais oublient-ils qu’ils ne sont pour 90% que des provinciaux « montés » à Paris ? ?
          Alors leurs regards supérieurs et condescendants, ça me fait bailler.

          Enfin, c’est une vision du problème. Pour dilettante qu’elle puisse être !

          • dodu
            dodu répond à Banana
            Slow burn
            • Posté à 22h12 le 03/09/2010
            • Internaute 67365
              Slow burn

            Mais non , mais non , il y a des parisiens et des parisiennes très gentils et qui n’ont pas cette vision des choses. Il ne faut pas être méfiante comme ça, voyons !

        3 autres commentaires
    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa répond à mr_megot
      auteur
      • Posté à 14h57 le 03/09/2010
      • Internaute 124050
        auteur

      Cher Mr Megot,
      la plainte n’est pas trop dans ma nature, j’essaye plutôt de décrire une situation problématique. Lorsque je parle de la visibilité de ce roman, ce n’est qu’un prétexte à parler d’une situation plus globale et notamment celle des petits éditeurs. Je n’accable pas le libraire qui ne peut pas pousser les murs et subit, lui aussi, le très grand nombre des parutions, mais un espace plus partagé permettrait de donner leur chance à un plus grand nombre d’ouvrages d’être lus face aux inénarrables mastodontes. Parce que derrière tout cela, les ouvrages (comme les films) présentés à si grande échelle sont évidemment des œuvres qui ne dérangent personne. Mais Debord explique tout cela mieux que moi...

      • mr_megot
        mr_megot répond à natacha_boussaa
        .
        • Posté à 16h10 le 03/09/2010
        • Internaute 53015
          .

        Chère madame,

        J’entends bien vos remarques dont je ne peux qu’apprécier la justesse, mais que proposez vous ? La france est peut être le pays au monde avec le plus d’éditeurs, et surtout le réseau de librairies le plus dense, grâce à une forte tradition dans ce domaine et naturellement à la loi lang. Peut être plus que partout ailleurs dans le monde, un livre a sa chance.

        Bien entendu cela me déprime tout autant que vous de voir d’immenses piles de Marc Levi à la fnac alors que le bouquin que je cherche est perdu entre deux flaubert, mais la littérature est bien obligée de répondre à un certain fonctionnement commercial, et on ne peut malheureusement pas mettre des piles de Natacha Boussaa face aux escalators...

         
        • Hieronymus_K
          Hieronymus_K répond à mr_megot
          Netbouqineur
          • Posté à 16h15 le 03/09/2010
          • Internaute 120583
            Netbouqineur

          Si si, à côté des piles de Kim Jong-Il...
           ; -)

        1 autres commentaires
      • Numerosix
        Numerosix répond à natacha_boussaa
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 16h31 le 03/09/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Ce public si parfaitement privé de liberté, et qui a tout supporté, mérite moins que tout autre d’être ménagé..

        Debord explique très bien tout ça ..

    • aliocha
      aliocha répond à mr_megot
      • Posté à 16h17 le 03/09/2010
      • Internaute 21517

      Il faut relativiser sur les 60 000 livres publiés. Ce sont 60 000 déclarations d’ISBN auprès de la BNF. Vous avez de tout là-dedans : le livre de jardinage vendu exclusivement chez Carrouf, les BD, les guides remis à jour chaque année (Guide du trouillard, Paris pas cher, etc.), des essais à deux balles style développement personnel, des autobiographies de célébrités, et au milieu de tout ça, il y a quoi ? 1 000 ou 1 200 romans – je n’ai pas le chiffre exact, seul celui de la rentrée semble compter pour la presse.

      Et c’est précisément ça qui est débile, faire sortir tout le monde en même temps, alors que finalement, seuls les compétiteurs des prix ont besoin d’un tel calendrier – pour bénéficier stratégiquement d’un effet de levier à Noël.
      On pourrait certes objecter qu’il y a un intérêt logistique à cela : mobilisation des correcteurs sur une période plus courte (flexibilité du travail en général), utilisation de l’intérêt médiatique plus difficile à capter par ailleurs, planning de préparation d’un livre sur une année. Mais non, parce que c’est le seul milieu qui se distingue. Pas un seul domaine de la vie culturelle, de la musique au cinéma, ne se plie à ces contraintes à la con, faites par des professionnels à la con, qui ont des traditions à la con (et qui ne datent pas de cent cinquante ans en plus), et qui veulent nous fourguer le plus de bouquins possible le plus rapidement possible, parce que la Rentrée, c’est comme le Beaujolais nouveau. Oui, il y a la course vers Cannes, mais après Cannes, le cinéma ne cesse pas d’exister.

      Il y aurait un véritable intérêt à étaler le nombre (dont l’ampleur est à discuter) de romans publiés sur l’année entière.

      • natacha_boussaa
        natacha_boussaa répond à aliocha
        auteur
        • Posté à 17h04 le 03/09/2010
        • Internaute 124050
          auteur

        Cher Aliocha,
        je suis entièrement d’accord avec vous. Échelonner les parutions, c’est juste du bon sens...

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