Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Ma première rentrée littéraire... et ma première Fête de l'Huma

Publié le 10/09/2010 à 12h53


Affiche de l'édition 2010 de la Fête de l'Huma.


« Il vous faudra nous tuer », de Natacha Boussaa (éd. Denoël).

La primo-romancière Natacha Boussaa, auteure du marquant « Il vous faudra nous tuer » (éd. Denoël), raconte à Rue89 sa première rentrée littéraire « inside ». Troisième épisode.

Plusieurs riverains s'étant plaint de mon ton plaintif, j'ai décidé de rectifier le tir… et d'écrire un billet positif !

Samedi 4 septembre, j'ai acheté Le Figaro Magazine sur le chemin de la manifestation. L'article prévu sur quatre premiers romans de la rentrée -dont le mien- n'y était pas. Peu importe ! Il y avait un dossier spécial foire aux vins !

Les articles annoncés sont souvent supprimés ou ajournés à la dernière minute. Mais c'est ce qui fait le charme de la presse et instille un certain suspense.

Samedi prochain, je me retrouverai donc dans la même situation cocasse que la semaine dernière : acheter Le Figaro en allant à la Fête de l'Huma. J'y fais mes deux premières séances de dédicace, au Village des livres.

Fini le virtuel ! Entrée de plain-pied dans la rentrée littéraire, « IRL » [« In real life », dans la vraie vie, ndlr] comme diraient mes amis geeks. Rencontres. Discussions. Signatures. Cela me changera de débattre in vivo.

« Vous pouvez juste écrire “Bien cordialement” »

Le seul détail un peu inquiétant de ce premier rendez-vous, c'est la dédicace, plus terrifiante que la page blanche d'un roman qu'on est en train d'écrire.

On se répète : ne pas être trop décevant, se montrer si possible un peu spirituel, au moins concis. Certains ornent la page de garde d'un dessin pour contourner le problème, mais étant donné mon sens de la perspective… Quelques auteurs m'ont raconté comment certains lecteurs ouvrant leur exemplaire, se sont presque emportés : « Quoi ? C'est tout ? »

Ma première et unique expérience de dédicace remonte à juin, lors des envois du livre à la presse. Chez Denoël, on m'avait assise à la grande table de l'entrée -car comme dans toutes les maisons d'édition, le navire est plein, s'active, déborde, plus aucun bureau n'est disponible nulle part.

Face aux piles de romans qui m'attendaient, mon attachée de presse m'a dit :

« Vous pouvez écrire ce que vous voulez, et si vous n'avez pas d'idées, vous pouvez juste écrire “Bien cordialement”. »

Stylo en main, j'essayais de trouver quelque chose à écrire, distraite par le ballet incessant de l'accueil. Va-et-vient des livreurs, stagiaires, auteurs, éditeurs, attachées de presse, secrétaires, manuscrits apportés, emportés, refusés, classés, pauses cigarette, pauses café, la voix de Fred au magasin… Impression d'être une caméra de surveillance enregistrant toutes les allées et venues d'une maison d'édition pendant trois jours. Oui… Trois jours… « La séance de dédicace la plus longue de l'histoire de la dédicace », s'est amusé Olivier Rubinstein. Espérons que je serai un peu plus rapide à la Fête de l'Huma…

« Ce salon-là est vraiment sympa, celui-là par contre... »

Après le Village des livres, d'autres rendez-vous vont s'enchaîner. Cécile Gateff qui, chez Denoël, travaille avec les libraires et les salons, a concocté un petit programme. Nancy, Besançon, et peut-être Saint-Etienne et Le Mans. Dans ces différentes manifestations, à l'inverse du Salon du livre à Paris, ce sont les libraires qui convient les auteurs à venir dédicacer leur livre.

On va voir du pays, les filles, en septembre et en octobre, ambiance week-end « Secret Girls » avec Cécile Gateff, Maud Basan et Chochana Boukhobza, mes camarades de la rentrée 2010 ! Moi, cela m'amuse d'avance.

Depuis quelques semaines, les auteurs que je croise me font part de leurs expériences :

« Ce salon-là est vraiment sympa, celui-là par contre, il est vraiment à éviter. »

On devrait rajouter dans les différents guides des salons et festivals littéraires français, le personnage des pages cinéma de Télérama : il annoncerait tout de suite la couleur.

« Natacha Boussaa n'est pas encore auteure »

Quelle va être l'atmosphère de ces différents lieux, quels personnages hauts en couleurs vais-je croiser, de quelles scènes vais-je être le témoin ? Il se passe toujours quelque chose dans un univers clos où évoluent ensemble des individus si différents, si naturellement paranoïaques, frénétiques ou dépressifs… Le milieu littéraire est un espace où la folie de chacun peut s'exprimer. C'est ce qui en fait la saveur.

Tout cela me fait penser à la façon dont on m'avait présentée à un festival littéraire en mai dernier :

« Natacha Boussaa, qui fait une lecture de son livre en avant-première, n'est pour le moment pas encore auteure, elle le deviendra en septembre, le jour où son livre paraîtra en librairie… »

Phrase curieuse, qui m'est restée. Est-ce qu'être auteur c'est un « métier » que je découvre : les relations avec la maison d'édition, les libraires, la presse, les lecteurs, les salons, les dédicaces. Ou est-ce autre chose ? Qui se fait dans le secret d'une chambre, quand on écrit sans savoir ce qui arrivera demain, si l'on réussira à aller jusqu'au bout ?

J'ai toujours pensé qu'un écrivain était quelqu'un qui écrivait. Je veux dire quelqu'un qui avait décidé de consacrer sa vie à cette activité étrange et solitaire, quels qu'en soient le prix, les sacrifices, et l'issue, publique ou non. Je connais plusieurs vrais écrivains qui ne seront peut-être jamais publiés.

En attendant, sûr qu'à la Fête de l'Huma, il pleuvra, il fera froid, que je n'arriverai pas à apercevoir les hématomes de Maxime Gremetz parce qu'il y aura trop de monde, que Prodigy vendredi soir ne sera plus aussi en forme qu'avant. Désolée… Pas pu m'en empêcher… Je ne m'étais pas beaucoup plainte sur ce billet-ci, il fallait que je me rattrape.

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  • A déménagé le 16-01-2012 3
    • Posté à 13h16 le 10/09/2010
    • Internaute
      nc

    « Je ne m'étais pas beaucoup plainte sur ce billet-ci, il fallait que je me rattrape. »

    Hé bien c'est réussi !

  • lancetre
    • Posté à 13h26 le 10/09/2010
    • Internaute

    Le néologisme « primo-romancière », que je n'avais jamais lu nulle part, me laisse dubitatif.

    Il semble formé sur le modèle de « primo-délinquante »...

     : -)))

    • jyeden
      jyeden answers to lancetre
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 14h19 le 10/09/2010
      • Internaute
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      plutot sur le modèle de primipare
      tout accouchement se faisant dans la douleur : -))

    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa answers to lancetre
      auteur
      • Posté à 21h17 le 10/09/2010
      • Internaute
        auteur

      « primo-délinquante »... J'aime bien.

    • Max.Steiner
      Max.Steiner answers to lancetre
      • Posté à 14h21 le 11/09/2010

      Voilà bien qui trahit l'inconscient de cette société : ou comment, sans même le faire exprès, par un jeu de langage, assimiler littérature et délinquance !

  • lancetre
    • Posté à 13h52 le 10/09/2010
    • Internaute

    L'inattendu chapitre 8, qui raconte une promenade entre les tombes du cimetière de Clamart, est particulièrement attachant.

    On note une regrettable confusion entre l » Ecole des Chartes et une mystérieuse école de Chartres, à corriger en cas de réimpression !

    L'âge des personnages principaux m'a quelque peu surpris.Ils sont jeunes, mais déjà engagés dans la vie active.S'agissant de manifestations contre le CPE, je m'attendais à des lycéens, à la rigueur des étudiants, et non à des trentenaires.

    L'intrigue manque un peu de dynamisme : à part des relations sentimentales qui se font et se défont, et le suicide d'un inconnu, il ne se passe pas grand-chose...Un peu de suspense n'aurait pas nui.L'auteure semble constamment hésiter entre le reportage sur les manifs anti-CPE et le roman.Au premier point de vue, c'est très réussi, l'aspect romanesque aurait pu être développé.

    Enfin, du point de vue politique, je regrette que l'auteure paraisse justifier le saccage de l'EHESS par une bande de zozos dont je peine encore aujourd'hui à comprendre s'il s'agissait de parfaits crétins ou de provocateurs manipulés par le gouvernement...L'un n'excluant pas l'autre, bien entendu...

    Idem pour les attaques de manifestations lycéennes par des groupes de nervis fascistes que la police, trop contente de bénéficier d'une aide aussi gratuite que vigoureuse, a laissé agir.Ces gens ont très exactement joué le même rôle que les commandos d'Occident, d'Ordre Nouveau ou de la CFT en des temps plus anciens.Il m'insupporte absolument qu'on tente d'excuser leurs actes de pillage et leurs violences, parce qu'ils sont noirs ou arabes.

    • bardamu2010
      bardamu2010 answers to lancetre
      observateur
      • Posté à 15h06 le 10/09/2010
      • Internaute
        observateur

      Lancetre, tu te prends pour un (mauvais) prof, corrigeant une copie ?

    • framboise92
      framboise92 answers to lancetre
      en mal de choix.
      • Posté à 19h05 le 10/09/2010
      • Internaute
        en mal de choix.

      Mon père repose dans le cimetière de Clamart.

      • lancetre
        lancetre answers to framboise92
        • Posté à 19h18 le 10/09/2010
        • Internaute

        Dans ce cas, vous devez acheter ce livre !

        Pas seulement pour cela : en dépit des critiques que je formule, c'est une très belle évocation des manifs anti-CPE, qui vient à point pour nous rappeler qu'un Villepin peut difficilement se présenter aujourd'hui comme un leader crédible de l'anti-sarkozysme.

         
        • framboise92
          framboise92 answers to lancetre
          en mal de choix.
          • Posté à 19h24 le 10/09/2010
          • Internaute
            en mal de choix.

          Merci ! ! ! ! ! !

        1 other comments
    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa answers to lancetre
      auteur
      • Posté à 21h14 le 10/09/2010
      • Internaute
        auteur

      Bonjour Lancetre,
      Tout d'abord merci de m'avoir lue, et bien lue puisque vous avez même relevé une coquille ! ! : ).
      Pour ce qui concerne l'âge des protagonistes, on a trop souvent réduit le mouvement anti-CPE à un mouvement lycéen et étudiant. Mais au plus fort des manifestations, il y a eu 3 millions de personnes dans la rue en France. Cela ne pouvait pas être que des jeunes.

      Beaucoup de salariés se sont ralliés à ce mouvement, car l'été qui a précédé le CPE, le gouvernement avait institué un autre contrat de travail, le CNE, qui concernait TOUS les salariés de tous âges, la seule restriction : c'était de travailler dans une entreprise de moins de 20 salariés (ce qui concerne beaucoup de monde en France). Avec ce contrat, vous pouviez donc vous faire virer sans motif pendant 2 ans.

      Nicolas Sarkozy, pendant sa campagne présidentielle, n'a pas cessé de clamer qu'il souhaitait supprimer le CDD et le CDI, pour faire un CNE pour tous. Mais l'Organisation internationale du travail a déclaré ce contrat contraire au droit international. Et le CNE a été abrogé le 26 juin 2008. Ce qui a coupé l'herbe sous le pied de Nicolas Sarkozy.

      C'est ce qui m'intéressait dans ce mouvement : je trouvais qu'il représentait très bien la dégradation de nos conditions de vie en France et en Europe, mais aussi notre faculté à pouvoir lutter.

      • lancetre
        • Posté à 22h06 le 10/09/2010
        • Internaute

         » ce ne pouvait pas être que des jeunes » : j'en suis la preuve vivante ! » : -)))

        Mais les lycéens et étudiants ont quand même pris une part essentielle au mouvement.Et ce sont eux qui ont servi de cible aux « sauvageons » à Paris.Ce sont les plus jeunes qu'il s'agissait alors de terroriser.Parce que ce sont eux qui faisaient vraiment peur au gouvernement, qui craignait par-dessus tout un nouveau Malik Oussekine.

        Il est facile de retrouver, dans les articles sur les manifestations, des témoignages de lycéens, semblables à vos personnages mais plus jeunes, stupéfaits d'avoir été jetés à terre, dépouillés, sauvagement frappés à coups de pied et de poing sous l'oeil placide de centaines de flics qui laissèrent arriver, puis agir, les nazillons de la banlieue Nord.

        Jamais ces minables, qui n'agissent qu'en meute, n'ont attaqué les cortèges syndicaux.Mais ils s'en sont donné à coeur joie contre les premières manifs lycéennes, enthousiastes, libertaires et dépourvues de S.O.

        J'ai donc été étonné qu'il n'y ait pas au moins un lycéen parmi vos personnages.

        Sur la dégradation des conditions de vie, votre récit est bien mené, et le personnage de la SDF, qui réapparait régulièrement, est très attachant.

         
        • natacha_boussaa
          natacha_boussaa answers to lancetre
          auteur
          • Posté à 22h33 le 10/09/2010
          • Internaute
            auteur

          « Jamais ces minables, qui n'agissent qu'en meute, n'ont attaqué les cortèges syndicaux »
          Si, ils étaient là, mais effectivement, ils n'ont pas pu agir : les services d'ordre étaient très réactifs, ils bougeaient à la moindre apparition d'une capuche qui opérait un mouvement...

           » ce ne pouvait pas être que des jeunes » : j'en suis la preuve vivante ! » : -)))
          Oui lancetre ! Et heureusement ! -))

          • lancetre
            • Posté à 23h13 le 10/09/2010
            • Internaute

            Exact.

            Je m'en souviens parfaitement.

            Certains ont essayé, mais effectivement, comme vous l'écrivez si joliment, nous fûmes « très réactifs » ! : -)))

            Et donc, ils n'insistèrent pas...

             : -))))

            C'est ce souvenir, notamment, qui m'a amené à les qualifier, entre autre amabilités, de « minables »...

            Que penser de groupes d'individus qui se mettent à dix pour frapper et « dépouiller » une lycéenne, mais qui reculent prudemment face à des adultes déterminés à ne pas supporter leurs facéties ?

            Et que penser, plus généralement, de « bandes » qui s'en prennent à une manifestation antigouvernementale ? Et, qui plus est, dans le but principal de dérober des objets (lecteur MP3) qui auraient provoqué le ricanement sardonique de Guy Debord s'il les avait connus ?

            Buenas Noches !

        • framboise92
          framboise92 answers to lancetre
          en mal de choix.
          • Posté à 09h03 le 11/09/2010
          • Internaute
            en mal de choix.

          Bonjour,
          Ma fille a manifesté, mon fils aussi et moi aussi, bien sûr.
          Une vraie communion ce jour là !

        3 other comments
    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa answers to lancetre
      auteur
      • Posté à 22h25 le 10/09/2010
      • Internaute
        auteur

      Quant à la violence, lancetre...
      Je vous remercie de l'évoquer, car c'est une question passionnante.

      Vous remarquerez que dans ce roman la violence est multiple. Il y a ceux qui cassent, mais il y a aussi ceux qui sont cassés.
      La violence circule. Et elle est avant tout sociale. C'est ce qui fait que certains se suicident à 30 ans, d'autres deviennent SDF, ou fous ou désespérés ou enfin, ce qui n'est pas mieux, résignés.

      Je ne justifie pas la violence de certains jeunes de banlieue par le fait qu'ils soient noirs et arabes. Leur origine ethnique n'a rien à voir là-dedans. Avant d'être noirs ou arabes, ils appartiennent à une caste sociale : ils sont issus des milieux populaires. Il y a aussi des noirs et des arabes au Ritz et ceux-là ne cassent rien. (De même, rappelons-le qu'il y a des noirs et des arabes de milieux populaires qui ne cassent rien non plus ! ! ! )

      Les classes populaires se sont totalement détournées de la politique et le sens même du mot « combat » leur est le plus souvent devenu étranger. Et à juste titre. Parce qu'à qui profite tout mouvement social, toute révolte ? Aux classes moyennes et aux classes supérieures. Avec une disparité des richesses de plus en plus accrue aujourd'hui, les classes populaires sont tellement au fond du trou qu'elles savent qu'elles ne gagneront pas grand chose à lutter.

      C'est pourquoi alors qu'ils devraient être solidaires de ces mouvements de lutte (comme le CPE et d'autres), certains profitent de la situation pour voler, agresser. Ce sont des actes personnels, égoïstes, et qui dénotent d'une absence totale de vison de l'avenir, d'un « no future ». Je ne l'excuse pas (je me suis déjà heurtée moi-même au problème en manif ou dans des RER) mais je l'explique.

      Quant à l'EHESS, c'est tout à fait autre chose. C'est parfois la seule manière d'attirer l'attention sur un problème que personne ne veut entendre. L'EHESS avait été occupée par des anars, des chômeurs, des précaires, des partisans de la décroissance...

      Mais je comprends évidemment, lancetre, que vous ne cautionniez pas cela.

      • lancetre
        • Posté à 23h02 le 10/09/2010
        • Internaute

        Je commence par la fin.

        Les professeurs et les étudiants de l'Ehess,comme vous le rappelez d'ailleurs dans le roman, ont tenté de dialoguer avec les « occupants ».Ce fut impossible.Vous regrettez, dans le roman, que la presse n'ait parlé que des dégradations.Il aurait été très facile d'éviter cela...en ne commettant pas de dégradations !
        Et le message aurait été d'autant plus audible.Si quelqu'un commence par m'allonger une claque et un coup de pied, puis prétend justifier ses actes dans un discours « politique », vous comprendrez que je sois peu réceptif...Quatre ans après, je n'ai toujours pas compris ce que voulaient ces gens, ni pourquoi ils s'en sont pris à l'EHESS, qui n'est tout de même pas un repaire de villepinistes Canal Historique ! Je persiste à penser que, sans doute sans s'en rendre compte, ils ont été manipulés.

        Dans ma folle jeunesse, j'ai moi-même lancé, dans le cadre de manifestations dynamiques, quelques projectiles sur les forces dites de l'ordre.Je peux l'écrire sans risque, les faits sont prescrits depuis longtemps !

        J'ai cependant réfléchi de près aux implications de l'utilisation de la violence lors des manifestations de 1986, celles-là même qui virent mourir Malik Oussekine.

        Au Quartier latin, un soir, j'ai assisté à des scènes irréelles.A quelques dizaines de mètres d'un cordon de CRS, un groupe de « jeunes » renversaient tranquillement des voitures, puis les incendiaient.Les policiers regardaient le spectacle.C'est seulement lorsque les voitures brûlaient bien qu'ils lançaient paresseusement quelques lacrymogènes, puis avançaient, sans trop se hâter, avec les pompiers.

        Tandis que les hommes en rouge éteignaient le feu, les « émeutiers » faisaient brûler d'autres voitures, un peu plus loin...Ces émeutiers étaient « encadrés » par un homme d'une quarantaine d'années, qui leur lançait des ordres.

        Tous les ponts sur la Seine étaient barrés par des cordons de CRS.On ne passait pas ! Pourtant, plus tard dans la soirée, le « chef “ des émeutiers est passé le plus tranquillement du monde, après une brève discussion avec l'officier qui commandait le cordon de CRS.

        Le lendemain, bien entendu, toute la presse titrait sur les voitures brûlées au Quartier Latin, avec force photos et récits terribles de la ‘nuit d'émeutes’...

        Quelques mois après, par le plus grand des hasards,dans un autre quartier de Paris, j'ai revu cet homme, dont le comportement m'avait tellement intrigué.Il était toujours en civil, mais sortait d'une voiture de police, bavardant avec des hommes en uniforme.

        Voilà très précisément ce que j'ai vu. Je vous laisse le soin d'interpréter ces scènes, et de méditer sur les provocations policières...

        Buenas Noches !

         
        • natacha_boussaa
          natacha_boussaa answers to lancetre
          auteur
          • Posté à 12h05 le 11/09/2010
          • Internaute
            auteur

          Bonjour lancetre,
          ce que vous décrivez est très juste. J'en ai vu aussi des provocateurs. Parfois on arrive à les repérer, parfois pas. Je me souviens par exemple que le soir de l'élection de Nicolas Sarkozy, il y avait un type à Gare de Lyon qui allait de vitrine en vitrine, mais vraiment de façon à créer derrière lui du mouvement. Je suis sûre que c'était un provocateur.
          C'est ce qui est intéressant dans cette atmosphère de manif, on ne peut jamais vraiment savoir qui est dans quel camp...

        • ma_langue_eta_moi
          ma_langue_eta_moi answers to lancetre
          Disciplus Simplex
          • Posté à 13h02 le 11/09/2010
          • Internaute
            Disciplus Simplex

          Bien sûr qu'il y a des éléments provocateurs. Mais ça ne rend pas pour autant la violence inutile...
          Tous les « débordements » comme les nomment les médias ne sont pas uniquement le fait de ces éléments provocateurs.
          Quand soudain les mouvements sociaux deviennent incontrôlables (et violents) ils acculent le gouvernement, non seulement à la répression, mais aussi à la négociation rapide...
          Les agriculteurs en sont une bonne preuve... ils n'ont pas grand chose à perdre et n'hésitent pas à recourir à une certaine violence.
          La violence dans la lutte est une réponse, peut-être incomplète, mais légitime à la violence du système économique...
          Quant à ce qui est des dégradations de l'EHESS ou d'ailleurs, même si elles sont regrettables elles permettent aussi la médiatisation des oppositions à la Doxa libérale...
          S'il n'y avait pas de Black Block dans les manifestations contre les G8, G20 et autre OMC, et d'hotel Ibis en flammes, il y a fort à parier que les opposants à ces organisations et à leur mondialisation ne seraient dépeints dans les médias que comme des rêveurs et des néo-hippies coupés du réel. et que l'on n'entendrait qu'à peine parler des contre-sommets...
          Après, je ne prends ni la défense des « racailles », minables délinquants qui font le jeu d'un système qui les broie, ni celle de leurs « victimes » dépouillées de leur portable dernier cri ou de leur baladeur mp3, qui se prennent juste la lutte des classes dans la gueule...

        2 other comments
      • framboise92
        framboise92 answers to natacha_boussaa
        en mal de choix.
        • Posté à 09h07 le 11/09/2010
        • Internaute
          en mal de choix.

        Bonjour, Je viens pour dire que les classes moyennes, devenues franchement moyennes ne profitent plus, mais elles se battent encore et se font ponctionner de plus en plus.
        Il faut se battre pour faire comprendre aussi aux jeunes défavorisés que notre combat est aussi le leur. Les intellectuels (entre « guillemets ») sont à même de le savoir pour avoir eu la chance de faire des études et d'analyser.
        Je pense que je vais me procurer votre livre. Merci à vous !

         
        • natacha_boussaa
          natacha_boussaa answers to framboise92
          auteur
          • Posté à 12h22 le 11/09/2010
          • Internaute
            auteur

          Merci à vous Framboise,
          je pense que les classes moyennes représentent une vraie force politique, et qu'elles ont un vrai rôle à jouer aujourd'hui. C'est l'incapacité à l'union (et même la séparation, pour reprendre un mot de Debord) qui les fragilisent, elles ne doivent pas baisser les bras.

          • framboise92
            framboise92 answers to natacha_boussaa
            en mal de choix.
            • Posté à 12h24 le 11/09/2010
            • Internaute
              en mal de choix.

            Merci pour votre réponse.
            J'ai le genou malade mais je suis musclée des bras. Alors, aucune inquiétude !
            Très bonne journée !

        2 other comments
  • Asse42-
    • Posté à 15h02 le 10/09/2010

    N'oubliez pas que vous êtes toutes et tous invités à Arcueil pour la fête de la fraternité le 18. Des bus à 20 euros aller-retour sont disponibles au départ de tous les coins de France :
    Lien

  • Roger Velu-
    • Posté à 15h21 le 10/09/2010

    Le petit cirque tristounet de la littérature française : errant de salon en salon pour vendre sa camelote.

    • Hieronymus_K
      Hieronymus_K answers to Roger Velu-
      Netbouqineur
      • Posté à 21h00 le 10/09/2010
      • Internaute
        Netbouqineur

      « Ouais, c'est ça, reste underground » IAM
      Le mieux est de publier tout sur internet, ou mieux, de ne rien publier du tout, parce que cela voudrait dire essayer de vendre derrière, alors autant envoyer ses manuscrits directement au pilon (ou de les passer au destructeur de documents à peine fini ça coûte moins cher en timbre...). Comme ça on est sûr d'écrire pour soi-même et pour la beauté de l'Art...

      Comme dit Pilobolus un peu plus bas, l'emporte pièce est l'instrument favori de certains commentateurs...

      Il parait normal, quand on a passé des mois - voire des années - à fournir un travail, de faire ce que l'on peut en obtenir une rétribution juste (financière ou autre)...
      Est-ce que l'on reproche à un agriculteur de vendre ses fruits et légumes ?
      A un maçon de facturer la construction d'une maison ?
      A un chanteur ou un musicien de faire des concerts ?
      A un réalisateur d'essayer de diffuser ses films ?
      A un auteur d'essayer de faire se rencontrer un livre avec le public ?
      Aux dernières nouvelles, il faut de l'argent pour survivre... même si j'aimerais bien qu'il en soit autrement.
      C'est pas l'utopie qui va payer ton loyer...

      Je ne crois pas que l'on puisse devenir riche avec la littérature (ou du moins ça ne me semble pas une voie très rapide).
      Les salons littéraires et autres dédicaces, j'imagine, n'apportent aux auteurs (surtout aux débutants) qu'une toute petite rétribution (même pas financière) en terme d'estime de soi...

      • Roger Velu-
        • Posté à 21h21 le 10/09/2010

        Ouais bon, ça va hein : pas envie de me faire chier à ces clowneries pour des clopinettes, voilà.

        L'estime de soi : à d'autres.

  • Caniveau89
    • Posté à 15h31 le 10/09/2010
    • Internaute

    Décidément, vous avez le sens de la pub, chère primo-romancière auteure de « il vous faudra nous tuer » !

    Juste quelques commentaires, si vous permettez :

    - Est-ce qu'il nous faudra l'acheter ?
    (ou est-il ? Aura-t-on une réduc de riverain ? Pourra-t-on faire des blogs de lecteurs ? etc.)
    Parce ce que je suis certain qu'il nous faudra vous lire...

    - Profitez bien de la fête de l'Huma, c'est un peu le Jurassic Park du communisme français... Prenez un bon appareil photo au cas ou vous rencontreriez une icône comme Marie-George, Maxime Gremetz, voire Robert Hue s'il est encore de ce monde... et surtout pour les groupes rocks (c'est de loin le meilleur festival de la rentrée ! ).

    - Merci pour votre ton positif... comme c'est agréable !
    Peut être, si je me permets, pourriez vous éviter des tirades comme « j'ai toujours pensé qu'un écrivain était quelqu'un qui écrivait. » Parce que là, Madame, les athéniens s'ateignirent !

    - Quels enfoirés ces gens du Fig Mag... même pas une ligne ? Peut être qu'ils lisent les commentaires sur rue89... alors ils l'ont eu un peu mauvaise... bon, on les comprend... devant votre succès à venir, ils seront bien obligés d'obtempérer !

    Bon week, vendez bien vos bouquins, et revenez vite nous raconter la suite !

    • lancetre
      lancetre answers to Caniveau89
      • Posté à 19h08 le 10/09/2010
      • Internaute

      Les Athéniens (avec une majuscule) s'atteignirent (avec deux t).

      Par ailleurs, il existe des écrivains qui n'écrivent pas.

      Michel Houellebecq recopie wikipedia.

      D'autres (nombreux...) se contentent de mettre leur nom sur la couverture d'un livre qu'ils n'ont pas toujours pris la peine de lire.

    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa answers to Caniveau89
      auteur
      • Posté à 22h42 le 10/09/2010
      • Internaute
        auteur

      « j'ai toujours pensé qu'un écrivain était quelqu'un qui écrivait » :
      c'est d'une simplicité renversante, pourtant beaucoup de gens l'oublient.

  • inspecteur crouton
    inspecteur crouton
    troll de tram
    • Posté à 16h00 le 10/09/2010
    • Internaute
      troll de tram

    J ai toujours trouvé ça étrange, le phénomène des dédicaces de livre.
    Pour un dessinateur de BD, on comprend bien, un petit dessin original c » est rigolo.
    Pour un auteur célèbre, genre Houellebeigbeder, on peut comprendre, on est dans le pipol, tout ça.
    Mais pour un(e) auteur(e) encore (provisoirement) inconnu(e), ça reste un mystère.
    On comprend le phénomène, quand on est soi même l » auteur(e) concerné(e), ou on se dit aussi que ces gens là sont très bizarres ?

    • natacha_boussaa
      • Posté à 22h45 le 10/09/2010
      • Internaute
        auteur

      Eh bien cher Inspecteur, pour le moment, je n'en sais fichtre rien parce que je n'en ai jamais fait l'expérience. Je serais en mesure de vous dire ça après ce premier week-end...

      • Numerosix
        Numerosix answers to natacha_boussaa
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 11h03 le 11/09/2010
        • Internaute
          Prisonnier dans le village (...)

        Oui racontez nous, c'est pas mal votre truc . Ceci dit, a partir du moment ou vous faites ces récits sur Rue89 , l'expérience est un peu biaisée .C'est le gag quantique classique : l'observateur a changé le phénomène observé..

         
        • natacha_boussaa
          natacha_boussaa answers to Numerosix
          auteur
          • Posté à 12h48 le 11/09/2010
          • Internaute
            auteur

          J'adore votre nom, numerosix.
          Vous-même, en l'utilisant, vous participez au gag quantique : vous refusez de vous appeler « Pierre, habitant en France ». Et même si cette présentation de vous-même est biaisée, peut paraitre complètement critiquable pour certains et vraie pour d'autres, je la préfère à « Pierre habitant en France », elle est dépositaire d'un regard, elle a plus de sel.

          • Numerosix
            Numerosix answers to natacha_boussaa
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 13h05 le 11/09/2010
            • Internaute
              Prisonnier dans le village (...)

            Je vous ai envoyé un e-mail hier par l'intermédiaire de Rue89 .
            Rassurez vous , ça n'avait rien de personnel ni de fou (la notoriété attire les dingues) c'était juste pour vous donner une info (qui d'ailleurs est confirmée ce matin) et vous demander de me prêter du fric..

            Sinon , bon , vous avez gagné , je vais l'acheter votre bouquin. Si je le trouve pas, je le commanderais chez mon libraire, et voila tout .
            y a un retirage prévu ? : -)

            Cordialement

            N6

            • natacha_boussaa
              natacha_boussaa answers to Numerosix
              auteur
              • Posté à 12h21 le 12/09/2010
              • Internaute
                auteur

              Bizarre, je n'ai pas reçu votre mail.
              Le mieux, si vous voulez me demander du fric, c'est peut-être de me contacter par le biais de mon site : Lien.

              • Numerosix
                Numerosix answers to natacha_boussaa
                Prisonnier dans le village (...)
                • Posté à 12h39 le 12/09/2010
                • Internaute
                  Prisonnier dans le village (...)

                Bah , tant pis . C'était juste pour vous signaler que la critique était passée dans le Figaro Magazine de ce week-end et qu'elle était très bonne ..

                Sinon , pour vous emprunter de l'argent au milieu des autres parasites, j'attendrai que vous soyez devenue aussi célèbre que Françoise Sagan.

                Par contre, j'ai commandé votre bouquin. Si je ne suis pas satisfait, je vous demanderai le remboursement, voila tout.

                • inspecteur crouton
                  inspecteur crouton answers to Numerosix
                  troll de tram
                  • Posté à 19h28 le 12/09/2010
                  • Internaute
                    troll de tram

                  Ce serait vache, elle ne touche que 5 ou 10% sur le prix du livre, hein.
                  Il vaut mieux le rapporter à la Fnac en disant qu » on vous l a offert et que vous l » avez déjà ( ce qui n » est pas évident statistiquement, c » est sûr ), s » ils sont dans un bon jour c » est possible de repartir avec un autre bouquin. A condition d » avoir le ticket de caisse, of course.

                  Et vous, chère auteure, cette signature à la Fête de l » Huma s » est bien passée ? Mélenchon vous en a acheté un ?

                • lancetre
                  lancetre answers to Numerosix
                  • Posté à 00h31 le 13/09/2010
                  • Internaute

                  Françoise Sagan était toujours fauchée...

                  Elle gagnait beaucoup, mais fumait encore plus...

                  J'ai toujours su que vous étiez abonné au Figaro.

                  Hulk, au moins,n'en a pas honte !

                   : -)))

        6 other comments
  • gringo4c
    gringo4c
    Nuance de gris
    • Posté à 16h03 le 10/09/2010
    • Internaute
      Nuance de gris

    The Prodigy a la fête de l'huma ? !

    Dommage que ne sois pas suffisamment bête pour tomber dans le piège tendu années après années par le PCF pour recruter des jeunes naïfs et innocents.

    • Pilobolus
      Pilobolus answers to gringo4c
      Croudutul
      • Posté à 16h14 le 10/09/2010
      • Internaute
        Croudutul

      Hé ben, c'est sur que l'ambiance est un peu plus festive qu'à la fête de Jeanne d'Arc...

      Que de jugement à l'emporte pièce !

      (Ceux qui écoutent Prodigy, Simple Minds, Madness ou Jean Ferrat ne sont plus si jeunes que ça à mon avis...) : -)

  • inspecteur crouton
    inspecteur crouton
    troll de tram
    • Posté à 16h03 le 10/09/2010
    • Internaute
      troll de tram

    Rien à voir mais j » en profite pour signaler que le Top Livres/fnac.com de la colonne de droite à côté doit dater d » avant la guerre, il serait temps de l » actualiser...

  • obey-
    • Posté à 16h24 le 10/09/2010

    Il reste encore des rouges ?

    Etonnant.

    • jabier
      jabier answers to obey-
      consultant dans les Landes
      • Posté à 17h24 le 10/09/2010
      • Internaute
        consultant dans les Landes

      Le village du livre à la fête de l'huma couvre + de 500 m². Toutes les maisons d'éditions y ont un stand. Les auteurs s'y rendent pour dédicacer et vendre leurs œuvres.
      Le folklore, habituel, des ras de la casquette voudrait en faire l'éternelle foire aux merguez sur barbecues bricolés.
      Mais ce rassemblement représente aussi un énorme rendez-vous culturel apprécié par des artistes de toutes disciplines.
      N'en déplaise à certains pov'types incapables de voir la vie autour d'eux.

    • lancetre
      lancetre answers to obey-
      • Posté à 19h11 le 10/09/2010
      • Internaute

      Il reste encore des partisans du Maréchal ?

      Stupéfiant.

      • Roger Velu-
        Roger Velu- answers to lancetre
        • Posté à 22h10 le 10/09/2010

        Ah non : le Maréchal est imbuvable et parfaitement infumable... j'ai essayé testé et détesté.

  • MyriamA
    MyriamA
    reconnaissante
    • Posté à 19h44 le 10/09/2010
    • Internaute
      reconnaissante

    Autre reussite de cette rentree litteraire d'une romanciere confirmee, Juli Zeh. C'est - pardon pour l'oxymore - un roman d'anticipation d'actualite. Morceau choisi :
    « Je retire toute confiance a un systeme de domination qui se fonde sur des petitions de principe. Je retire toute confiance a une securite qui pretend apporter une reponse definitive en taisant soigneusement les termes de la question. Je retire toute confiance a une philosophie qui pretend qu'il n'y a plus lieu de debattre des problèmes existentiels. Je retire toute confiance a une morale trop veule pour affronter le paradoxe du bien et du mal, et qui prefere s'en tenir aux categories d'utile et d'inutile. Je retire toute confiance a un systeme juridique dont les succes sont subordonnes a un contrôle permanent du citoyen. Je retire toute confiance a un peuple convaincu que la transparence totale de la vie privee n'est prejudiciable qu'a ceux qui ont quelque chose a cacher. Je retire toute confiance a une Methode qui croit a l'ADN d'un homme plutot que ses paroles (...) Je retire toute confiance a l'imbecile qui a ote l'ecriteau annoncant a l'entree de ce monde : Attention, la vie peut conduire a la mort. »
    Le livre s'appelle Corpus delicti.

    • lancetre
      lancetre answers to MyriamA
      • Posté à 22h05 le 10/09/2010
      • Internaute

      Je viens de le commander.

      Il s'agit apparemment d'un roman dans le goût de 1984, d'Orwell.

      Dans une société où tout est contrôlé par l'Etat, pour le bien des citoyens naturellement, une jeune femme commet deux infractions gravissimes : elle cesse de faire du sport et cesse d'informer les autorités de ce qu'elle mange, s'exposant ainsi au risque de la maladie.Dés lors, son compte est bon : il faut combattre cette dangereuse antisociale...

      Je ne l'ai pas encore lu, mais cela semble intéressant.

      Signalons pour l'anecdote que Julie Zeh est née la même année que Natacha Boussaa.

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