Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Ma première rentrée littéraire : « Je hais les années 80 »

Publié le 17/09/2010 à 10h41


Le mini livre de David Hodge (The Shopping Sherpa/Flickr).


« Il vous faudra nous tuer », de Natacha Boussaa (éd. Denoël).

La primo-romancière Natacha Boussaa, auteure du marquant « Il vous faudra nous tuer » (éd. Denoël), raconte à Rue89 sa première rentrée littéraire « inside ». Quatrième épisode.

Je garderai un excellent souvenir de ma première dédicace à la Fête de l’Huma. Vincent Borel à ma gauche, avec son roman « Antoine et Isabelle » en lice pour le Goncourt 2010, Jacques Broda à ma droite, sociologue s’interrogeant sur l’inconscient politique : de quoi alimenter la discussion lorsque personne ne s’arrêtait devant nos tables…

Et finalement, beaucoup de lecteurs ont pris le temps de s’arrêter. Femmes et hommes de tous âges. Rencontres fugaces et fragiles, donc belles. Par exemple, Gérard, qui a acheté mon roman le samedi, et est revenu me voir le dimanche, interloqué par le rapport à la violence de certains personnages -comme Lancetre sous mon précédent billet.

Ou Jean-Jacques, profitant de son passage à la Fête de l’Huma, pour venir me parler du livre qu’il avait lu trois semaines auparavant. Ou encore Sara, lectrice de Rue89, qui écrit elle aussi, un roman sur la précarité des stagiaires. À présent, je sais qu’on emporte avec soi un peu de chaque lecteur que l’on rencontre.

Mais il y a eu aussi quelques scènes cocasses, auxquelles on ne peut assister qu’à la Fête de l’Huma : un cadre du PCF en dédicace, pris à partie par un autre auteur :

« Traître ! Stalinien ! Nazi ! »

Un peu plus et on basculait dans les années 70, ce temps révolu où l’on n’hésitait pas à « se taper sur la gueule » pour ses idées. Aujourd’hui, on a peur du procès, on craint d’être jugé primaire, intolérant. C’est ce qu’a enterré l’ère Giscard : le droit d’être primaire dans la défense de ses idées. Et c’est ainsi que le panache a définitivement quitté la rue pour se muer en pseudo-impertinence dans les émissions télévisées : je hais les années 80.

« Faudrait qu’on arrive à se faire virer de France Inter »

Autre moment incongru : un type aviné s’est arrêté devant moi et a posé sa bouteille d’alcool de quetsche sur ma table, en me disant :

« Vous savez ce que ça veut dire “quetsche” en français, parce que moi je suis de la Moselle. En français, ça veut dire chatte. »

Montherlant, après « Les Jeunes Filles », a publié un autre livre en 1936 : « Pitié pour les femmes ».

Enfin, le grand classique de tout salon littéraire qui se respecte : l’homme de média qui attire les foules, aspirant par sa simple présence le flot de toutes les travées alentour. Cette fois, il s’agissait de Didier Porte, assis à la table juste en face de la nôtre. Il n’y a qu’un seul moyen les amis, Vincent, Jacques : si on veut attirer du monde, faudrait qu’on arrive à se faire virer de France Inter.

Je dois dire qu’à l’inverse d’autres salons littéraires, les visiteurs du Village du livre ne cherchaient pas à tous prix « les médiatiques » : ils étaient ouverts, à l’affût d’une découverte, pas rebutés par les inconnus. Je me souviens de cette scène terrifiante au salon du Livre à Paris, il y a quelques années.

Roger Hanin était venu dédicacer son livre, la queue devant lui s’étendait sur trois mètres, des caméras l’accompagnaient ; à quelques pas, Philippe Sollers discutait, sans lecteur devant sa table : notre époque parfaitement résumée.

J’avais alors repensé à cet entretien de Christian Bourgois sur France Culture : il racontait la façon dont, à partir du milieu des années 70, certains livres qu’il publiait n’avaient soudain plus de lecteurs ; en l’espace de cinq ou six ans, les livres politiques, ardus, disparaissaient donc au profit du roman.

On en revient décidément toujours à Giscard d’Estaing, qui a fait « entrer la France dans la modernité ». Gréco hait les dimanches, moi, définitivement, ce sont les années 80.

« N’est-ce pas un livre manichéen ? »

Enfin, au chapitre revue de presse, les événements se sont précipités durant le week-end. Le Elle, Le Figaro magazine (pointé par Numerosix), et Sud Ouest ont publié des critiques très différentes d’« Il vous faudra nous tuer », achevant de détruire mes a priori. Mon éditeur, Philippe Garnier, et mon attachée de presse, Nadine Barbedette, avaient raison : on ne peut jamais savoir qui aimera un roman.

Le Elle parle d’un roman « écrit à vif comme on lance un pavé », mais y relève « la naïveté des slogans que l’on trouve sur les banderoles militantes ». Le Figaro magazine parle de « portrait d’une société contemporaine en vieille parvenue » et questionne : « Comment survivre dans un monde gouverné par le travail et l’argent quand on ne croit qu’à la poésie ? », avant de faire une référence au film de Nicholas Ray.

Enfin, la critique toute en finesse de Gérard Guégan dans Sud-Ouest m’a infiniment touchée :

« Lena découvre la détresse des âmes sensibles à l’heure où le voisin d’à côté se tue tandis que les petits chefs s’imaginent être encore le centre du monde. »

Le critique me voit plus à l’aise dans l’intime que dans l’idéologie et rappelle qu’un écrivain n’est pas un juge.

Pour finir, ce lundi 13 septembre j’ai fait l’expérience de ma première radio sur France Culture. Tewfik Hakem, l’animateur d’« A plus d’un titre », m’a demandé, au milieu d’autres questions :

« N’est-ce pas un livre manichéen ? »

En choisissant de raconter un parcours intime à la première personne, on donne à lire la vision du monde d’un personnage. Dans le cas présent, on suit Lena, incarnant une partie des classes moyennes dans sa façon d’être ballottée dans un monde qui change, dans sa façon d’être heurtée par la brutalité de la société contemporaine, dans sa façon de vouloir lutter, mais de ne plus avoir d’armes idéologiques pour se battre.

Ce choix du « je » a l’avantage de faire entrer le lecteur directement dans l’intimité du personnage, mais le désavantage d’abolir à ses yeux la distance entre le narrateur et l’auteur.

Samedi 18 septembre, je poursuivrai mon initiation en prenant mon premier « Train du livre » qui emmènera les Parisiens au salon du livre de Nancy. Au programme : dédicace sur le stand de la librairie L’Autre-Rive.

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  • inspecteur crouton
    inspecteur crouton
    troll de tram
    • Posté à 11h14 le 17/09/2010
    • Internaute 118828
      troll de tram

    Cette chronique est toujours aussi savoureuse et, l’ empathie gagnant inévitablement du terrain ( ce qui conforte le sentiment que cette chronique est une bonne idée ), je vais comme tout le monde ici finir par acheter le livre.
    Cependant, et ma fonction habituelle me condamnant peu ou prou à une trivialité dont je m’ excuse par avance, je m’ étonne qu’ il ne soit pas fait mention des ventes de l’ ouvrage. Y a t il un début de frémissement, un réel démarrage, un encéphalogramme désespérément plat ?

    • Numerosix
      Numerosix répond à inspecteur crouton
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 11h28 le 17/09/2010
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Je l’ai commandé , je le lis ce week-end et je te le passe mardi soir .

      • inspecteur crouton
        inspecteur crouton répond à Numerosix
        troll de tram
        • Posté à 11h32 le 17/09/2010
        • Internaute 118828
          troll de tram

        Merci mais c’ est pas comme ça qu’ elle va rentrer dans la Liste de l’ Express...

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à inspecteur crouton
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 11h37 le 17/09/2010
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          Bon , si je le trouve bien , je te dis de l’acheter de bouche à oreille. Et si c’est de la daube , je te le prête pas non plus, du coup .

          Et dans tous les cas, tu me prêteras le Ouellebec , même si c’est de la daube .

          On fait comme ça ?

          • inspecteur crouton
            inspecteur crouton répond à Numerosix
            troll de tram
            • Posté à 11h47 le 17/09/2010
            • Internaute 118828
              troll de tram

            Pas très gagnant-gagnant, ton truc.

            • Numerosix
              Numerosix répond à inspecteur crouton
              Prisonnier dans le village (...)
              • Posté à 12h09 le 17/09/2010
              • Internaute 14499
                Prisonnier dans le village (...)

              Bon ben si c’est de la daube, je te le prête et tu me le rends surtout pas , ça fera de la place chez moi .
              De toute façons, on ne pourra pas le trouver complètement nul , ce roman, avec toute l’empathie que nous a faite l’auteuse..

        3 autres commentaires
    • Don_Lorenjy
      Don_Lorenjy répond à inspecteur crouton
      Ecriveur à Annecy
      • Posté à 12h30 le 17/09/2010
      • Internaute 20427
        Ecriveur à Annecy

      « je m’ étonne qu’ il ne soit pas fait mention des ventes de l’ ouvrage. »

      C’est normal : tout ce que l’on peut savoir, c’est les chiffres de mise en place (= les commandes des libraires). Il faut attendre minimum deux mois pour déduire les retours possibles des réassorts. Quant aux chiffres « sortis de caisse » ils ne sont que des projections statistiques.
      Mais la question vaut le coup quand même si on demande à l’auteur comment le public a réagi lors des rencontres-dédicaces.

    • natacha_boussaa
      • Posté à 13h06 le 17/09/2010
      • Internaute 124050
        auteur

      Bonjour Inspecteur,
      merci à vous.
      Et en ce qui concerne les ventes, en fait, je n’en sais fichtre rien. Je garde mes réflexes de pauvre : ne pas trop chercher à savoir... En fait, je me sens plutôt en guerre : parler de précarité à Saint-Germain-des-Prés, répondre à quelques accusations de manichéisme, parce que quand on parle du peuple on est forcément manichéen... Tout ça monopolise mon attention de « pot de terre »...

      • tOrDrE L¤RdRe
        tOrDrE L¤RdRe répond à natacha_boussaa
        chien de talus
        • Posté à 10h10 le 18/09/2010
        • Internaute 50571
          chien de talus

        Tewfik Hakem....svp faites en fi, l’avez-vous entendu auparavant ? ...c’est un passe-plat plat.

  • J_P_M
    J_P_M
    N/A
    • Posté à 11h33 le 17/09/2010
    • Internaute 91451
      N/A

    « Il n’y a qu’un seul moyen les amis, Vincent, Jacques : si on veut attirer du monde, faudrait qu’on arrive à se faire virer de France Inter. “

    Mille regrets, je trouve cette phrase ignoble et stupide. Elle laisse entendre que Didier Porte a FAIT EXPRÈS de se faire renvoyer pour se faire de la pub. Tu parles ! Il a 52 ans, quatre enfants, une pension alimentaire à payer, et France Inter était sa principale source de revenus. Quand on est dans cette situation, c’est évident qu’on fait tout pour se faire virer !

    • inspecteur crouton
      inspecteur crouton répond à J_P_M
      troll de tram
      • Posté à 11h52 le 17/09/2010
      • Internaute 118828
        troll de tram

      C’ est pourtant vrai que le second degré ne passe pas bien sur internet, même sur Rue89.

      • Roger Velu-
        Roger Velu- répond à inspecteur crouton
        CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG
        • Posté à 12h23 le 17/09/2010
        • Internaute 102062
          CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG

        Le second degré n’est pas un suppositoire.

        Mais en réalité, c’est la peur, la pusillanimité qui interdit aux poules mouillées et aux demi-portions le second degré ; tout est bien résumé dans cette phrase de l’article :

        « “[...]les années 70, ce temps révolu où l’on n’hésitait pas à ‘ se taper sur la gueule ’ pour ses idées. Aujourd’hui, on a peur du procès, on craint d’être jugé primaire, intolérant.”

        Qu’elle parle pour elle.

      • Numerosix
        Numerosix répond à inspecteur crouton
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 12h31 le 17/09/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Ah mais tu sais Didier Porte, il y des pauvres gens pour qui c’est l’ idole absolu . Le Dieu de la liberté d’expression ..Pour eux , c’est simple : tant que t’entends Didier Porte, t’es en démocratie, quand tu l’entends plus, c’est le totalitarisme.

      • mr_megot
        • Posté à 12h48 le 17/09/2010
        • Internaute 53015
          .

        Oui, ca n’est pas toujours facile...

    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa répond à J_P_M
      auteur
      • Posté à 12h45 le 17/09/2010
      • Internaute 124050
        auteur

      Bonjour J_P_M,
      Dites, vous en savez des choses sur la vie privée de Didier Porte. Qu’est-ce qui vous dit que mes voisins de dédicace et moi-même n’avons pas 52 ans, quatre enfants, une pension alimentaire à payer, et que notre principale source de revenus ne nous a pas lâché ?

      Porte, j’aimais beaucoup ce qu’il faisait sur France Inter et j’ai beaucoup regretté qu’il se soit fait mettre à la porte comme un malpropre avec Guillon. Mais d’un autre côté, j’ai trouvé ça très bien : pour une fois, la censure, qui d’habitude est invisible, larvée (vous savez : on est en démocratie, on a le droit de tout dire...) était éclatante, visible, sans appel. On ne pouvait plus nous faire le coup du « mais nous on dit ce qu’on veut, on est impertinents ». Personne ne dit ce qu’il veut dans les médias à l’heure actuelle, parce que personne n’a les moyens d’être « impertinent ».

      A présent, Inter paye déjà le prix de son idiote censure et Porte est un héros, il est sorti grandi de cette histoire, il finira par revenir : dans les médias comme en politique, ça se termine toujours comme ça.

      Quant à cette phrase ignoble et stupide... j’ironisais juste sur le fait qu’en tant qu’auteur, dans un salon pourtant littéraire, on ne soit même pas à armes égales avec un comique radio très caustique, un inspecteur Navarro en bout de course ou le créateur de Kaamelott oui, oui, lui aussi je l’ai vu dédicacer un livre au Salon du Livre à Paris... Mais des trois, ma sympathie sans réserve va à Didier Porte.

      • jck
        jck répond à natacha_boussaa
        • Posté à 15h47 le 17/09/2010
        • Internaute 27688

        Mais Alexandre Astier est un génie ! Le meilleur dialoguiste français !

        (Je laisse un fan de l’inspecteur Navarro venir défendre le 3ème mais ça va être plus chaud..)

        Dire qu’on est pas à armes égales avec des gens qui passe à la télé ou la radio tous les jours, c’est un peu comme dire que la pluie mouille non ?

        PS : sur votre photo vous ne faites pas du tout vos 52 ans ;)

      • XavXav
        XavXav répond à natacha_boussaa
        • Posté à 17h29 le 17/09/2010
        • Internaute 28444

        Sans aucun rapport avec votre réponse à JPM, je voulais juste vous demander de m’expliquer la phrase « je hais les années 80 » en rapport avec toutes les allusions que vous faites à Giscard. Pourquoi pas les années 70 ? Giscard ou Mitterand ?

        Un non lecteur, né sous Giscard.

         
        • alainbibou
          alainbibou répond à XavXav
          Mal-pensant
          • Posté à 19h18 le 17/09/2010
          • Internaute 66569
            Mal-pensant

          bien dit. La douleur en effet n’en est que plus intolérable qu’elle fut provoquée par une personnalité dite de gauche. Mais Tonton, à l’instar de Sarkoléon qui va à la pêche aux voix FN, a voulu plaire au camp adverse, sans doute dans le but d’instaurer une sorte de « Reich de 1000 ans » sauce socialo. Tout comme Blair. On ne me reprendra pas de sitôt à voter PS, foi de Ravachol. (leur exploit a été de me faire retomber dans l’anarchisme primaire de mes 18 ans)

        • natacha_boussaa
          natacha_boussaa répond à XavXav
          auteur
          • Posté à 00h35 le 18/09/2010
          • Internaute 124050
            auteur

          Bonsoir Xav,
          Giscard a « modernisé » la France. C’est sous son ère que la politique économique française a connu un tournant libéral : libre concurrence, libération des prix, retrait progressif de l’État. Cette nouvelle société était porteuse de nouvelles valeurs : le « dynamisme » s’opposait à la vieille France pantouflarde gaulliste. Sous de Gaulle et Pompidou, une réelle opposition existait : on agissait, on lisait, on réfléchissait, on écrivait contre, contre cette vieille France sénile. Sous Giscard, cette opposition s’est peu à peu amenuisée. On changeait d’époque, on entrait dans une autre ère, on glissait vers les années 80 : confort, accès à la consommation, développement de médias d’abrutissement avec la télévision en tête. Mitterrand, qui a trahi les idées qui l’ont porté au pouvoir, n’a été que le continuateur d’une politique décidée avant lui : il n’a juste pas arrêté la machine qui était lancée, celle-ci a continué de s’emballer pour nous conduire jusqu’à aujourd’hui.

          • tOrDrE L¤RdRe
            tOrDrE L¤RdRe répond à natacha_boussaa
            chien de talus
            • Posté à 10h13 le 18/09/2010
            • Internaute 50571
              chien de talus

            pas mieux.

          • XavXav
            XavXav répond à natacha_boussaa
            • Posté à 08h50 le 20/09/2010
            • Internaute 28444

            OK. Merci.

            Un commentaire par contre : je me demande dans quelle mesure un homme seul peut être responsable de l’évolution d’une société entière. Il faudrait être particulièrement énergique pour convaincre 40 millions de concitoyens d’aller dans une direction autre que celle qui leur plaît.

          • lancetre
            • Posté à 23h07 le 20/09/2010
            • Internaute 18658

            « Sous De Gaulle et Pompidou, une réelle opposition existait... »

            Certes.

            Une réelle répression aussi, qu’on a trop tendance à oublier.

            Marcellin, le SAC, les barbouzes en tout genre, Gilles Tautin, Pierre Overney, des condamnations à de la prison ferme pour avoir distribué un tract...

            Voyez le livre que Maurice Rajsfus a consacré à la répression policière dans les années qui ont suivi 1968.C’était du lourd...

            Sans compter les staliniens de l’époque, qui n’étaient pas les derniers à casser du gauchiste.

            Sous Giscard, on a eu Pierre Maitre, Henri Curiel,Pierre Goldman...Chouette époque également.

            Ce qui a changé au milieu des années 1980, c’est l’apparition d’un culte de la réussite individuelle, et l’affichage d’une cupidité décomplexée.

            Faire du fric, un maximum de fric, devenait le seul but.

            Tout projet collectif était qualifié de ringard.

            Nous ne sommes pas encore vraiment sortis de cette triste époque.

        5 autres commentaires
  • Don_Lorenjy
    Don_Lorenjy
    Ecriveur à Annecy
    • Posté à 12h26 le 17/09/2010
    • Internaute 20427
      Ecriveur à Annecy

    « À présent, je sais qu’on emporte avec soi un peu de chaque lecteur que l’on rencontre. »
    Très vrai, et merci d’avoir su l’exprimer de façon aussi limpide.

    Lecteurs de passage, si vous croisez un auteur seul à sa table, allez lui parler même pour lui dire que vous ne le connaissez pas. Grâce à vous, il ne repartira pas les mains vides.

  • Anonyme

    Lien

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  • aufildutemps
    aufildutemps
    indépendant
    • Posté à 16h26 le 17/09/2010
    • Internaute 126036
      indépendant

    Je dois être fatigué .Je croyais que l’on « parlait littérature » dans cet article. J’ai même cru lire au tout début dudit article « insipide » au lieu d’« inside ». Bref, j’arrête , je me surprend à imiter Baudrillard - Jamais de littérature : je la respecte trop pour la mettre en péril -

    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa répond à aufildutemps
      auteur
      • Posté à 01h01 le 18/09/2010
      • Internaute 124050
        auteur

      Cher au fil du temps,
      la littérature est avant tout dans les livres. L’objet de cette petite chronique était de raconter la vie d’un livre après publication. Mais je comprends tout à fait que cela ne vous intéresse pas. Pour info, je comptais justement aborder la semaine prochaine la question de ce que c’est qu’écrire aujourd’hui en France. Vous me direz...

  • A déménagé le 04-03-2012
    • Posté à 23h00 le 17/09/2010
    • Internaute 89071
      non connue

    Ca commence a devenir lourd le publi reportage là...

    • natacha_boussaa
      • Posté à 01h03 le 18/09/2010
      • Internaute 124050
        auteur

      Gringo4c,
      je vous recommande la lecture de cet article :
      Lien
      C’est un excellent publi reportage sur la Mairie de Paris.

      • A déménagé le 04-03-2012
        • Posté à 11h36 le 18/09/2010
        • Internaute 89071
          non connue

        Je vais le dire autrement, vu que vous bottez en touche.

        Ce que vous dîtes et faites, est en fait totalement inintéressant. On s’en fiche complétement que vous ayez vu un gars se faire traiter de stalinien à la fête de l’huma, comme vous devez vous en fiche si je vous dit que j’ai mangé des penne a la carbonara hier soir. Et vous en ficherez tout autant, même si je commence a rentrer dans une fausse réflexion métaphysique sur mes penne.

        Si si, je vous jure, on s’en fiche. Votre statut d’auteur (je ne sais vraiment pas ou mettre les guillemets, à statut ou à auteur ?) ne rend pas vos soirées plus intéressantes que celles du citoyen lambda. Par contre, votre avis serait éventuellement plus intéressant s’il servait a critiquer un autre livre par exemple, au lieu que celui qui se trouve systématiquement en marge.

        Ce n’est pas parce que la majorité des lecteurs ne se rendent pas compte que ces soit-disant articles sur « ma rentrée littéraire » ne sont qu’en fait que des réflexions totalement insipides qui cachent avant tout un publi reportage pour votre bouquin, qu’une minorité n’a pas remarqué la supercherie.

        Voilà, vous pouvez retourner à vos trépidantes activités maintenant.

         
        • don_grognone
          • Posté à 13h25 le 18/09/2010
          • Internaute 126291
            Grognard

          Bien dit, gringo4c...
          Y’en a vraiment marre du JE... Vive le ON !
          J’aimerais moi aussi participer à votre campagne d’assainissement d’Internet et placer tous les auteurs d’articles inintéressants dans des camps de travail intellectuel où ON leur apprendrait enfin le bon goût et le bien penser...
          ON pourrait aussi y mettre tous ces adultes fascisants qui passent leur temps à répéter aux enfants qu’ON ne dit pas « c’est pas bon » mais « JE n’aime pas »...

        • Hubert Artus
          • Posté à 14h01 le 18/09/2010
            rédacteur
          • Journaliste 56
            Rue89

          Bonjour,
          Que ces chroniques ne vous intéressent pas est une chose. Mais comprenez que ça intéresse beaucoup de lecteurs, qui apprécient de pouvoir dialoguer avec Natacha Boussaa. Ce dialogue, cette « rentrée inside » ne sont possibles que sur le Web, c’est pourquoi nous avons voulu, à Rue89 faire cette expérience, extrêmement concluante.
          Pour ce qui est du « publi-reportage », je m’inscris en faux. Et si je le fais, c’est parce que c’est moi qui aiu eu cette idée de « rentrée inside », et c’est moi qui ai souhaité que ce soit Natacha Boussa qui la raconte. Je vous met au défi de trouver un seul paragraphe de Natacha qui puisse être outrancièrement auto-pub. Il n’y en a pas, ce qui est à son honneur. Elle raconte, f actuellement, tout à la fois intimement et globalement. C’est tout. Que diable y voyez-vous de « supercherie » ?

          • A déménagé le 04-03-2012
            • Posté à 15h27 le 18/09/2010
            • Internaute 89071
              non connue

            Vous savez pertinemment que le publi reportage ainsi qu’une campagne marketing ne passe pas uniquement par le biais d’une présentation de livre mais également celui de l’auteur, de son parcours etc.

            De fait, on se retrouve a avoir un auteur qui est a son 4ème article qui raconte son petit parcours de promotion littéraire de son livre, avec des réflexions sur a et b. Ce qui n’est pas gênant en soit (mais bien inintéressant, vu qu’une rentrée littéraire est la période faste de la promotion littéraire, tout comme pour l’univers de la télévision et du cinéma, mais beaucoup de gens semblent l’ignorer)

            Alors bon, ca me gène pas du moment ou on précise que c’est effectivement dans ce cadre de marketing, avec une mention en début ou en fin d’article. Et ce cadre est identifiable par la couverture du livre, l’éditeur, le nom de l’auteur et le nom du livre qui se retrouve directement en 1er paragraphe. Le tout, saupoudré par un lien qui renvoie directement sur le site internet de l’auteur, qui rempli quant à lui ce rôle à 100%, avec biographie-résumé-lien, ce qui est bien normal vu que le but du livre est bien entendu d’être vendu.

            Donc ne venez pas dire que cela n’a rien à voir avec une quelconque promotion, mais uniquement avec un reportage « inside ».

            • Hubert Artus
              • Posté à 20h34 le 18/09/2010
                rédacteur
              • Journaliste 56
                Rue89

              Votre vision des choses semble prédéterminée par des résultats, par des stratégies économiques, et des actions décidées à l’avance. Je sais que l’air libéral fait naître ce genre de pensées, qu’on soit pro- ou anti-libéral.
              Et qu’alors, si vous êtes convaincu d’un axe intrinsèquement prédéterminé, rien ne vous fera changer d’avis, même si je dois à la vérité des faits de dire que vous vous trompez fans les intentions de Rue89 ici. Et vous penserez produit culturel plutôt que culture, stratégie politique plutôt que politique, etc. C’est justement un des rôles de désamorcer cet état d’esprit méfiant. je ne parle pas du vôtre, mais de celui de l’époque. Alors lisons, lisons.

            • natacha_boussaa
              • Posté à 12h15 le 20/09/2010
              • Internaute 124050
                auteur

              Bonjour Gringo,
              rentrée du salon de Nancy, me voici en mesure de vous répondre. Gringo, vous me décevez. Quitte à accuser Rue89 et moi-même de « publireportage », vous devriez aller jusqu’au bout. Vous ne le faites pas par manque de courage ou bien parce que cela révèlerait la dimension paranoïaque de votre position ? Oui, allez jusqu’au bout et accusez Rue89 de toucher un pourcentage sur chaque vente de mon livre ou ma maison d’édition d’avoir payé pour un encart publicitaire. Parce que selon votre logique, il faut bien que Rue89 ait un intérêt quelconque à m’avoir proposé de raconter ma première rentrée littéraire ?

              Il se trouve que Rue89 ne reçoit aucun pourcentage sur ce livre ni aucune somme d’argent d’aucune sorte. Quant à Denoël, s’ils souhaitaient faire un coup de pub, croyez-vous vraiment qu’ils choisiraient Rue89 ? La filiale de Gallimard choisirait sans doute, quitte à payer, et ne vous en déplaise, un média plus prescripteur. Oui, suivons votre logique : combien puis-je espérer vendre de livres avec mon « publireportage » ? 100 ? Le « retour sur investissement » (pour parler votre langue) serait très peu avantageux, vous ne croyez pas ?

              Enfin, tant qu’à faire et puisque je suis une femme, vous pourriez aussi m’accuser d’avoir obtenu la faveur de ce « publireportage » par d’autres faveurs que j’aurais consenties à toute l’équipe de Rue89. Oui, on sait que les femmes d’aujourd’hui ont les dents longues et sont insatiables.

              Oui Gringo, allons jusqu’au bout de votre raisonnement.

              Or il se trouve, je sais que cela doit vous paraître fou, qu’il reste encore de la gratuité en ce monde. Elle se fait rare, mais elle existe encore. Oui, sans connaître personne, et sans soudoyer personne, il est possible de publier un livre et que la presse en parle. Il est aussi possible qu’un site d’information sur le web, qui ne me connaissait absolument pas, ait envie de me donner la parole, peut-être juste à cause de ce que raconte ce roman.

              Oui, Gringo, moi je crois encore dans le livre.

              Mais ce que révèle votre raisonnement, c’est que pour vous un livre est un produit, que l’on peut vendre comme un médicament d’amaigrissement. Il se trouve que le phénomène de la rentrée littéraire, phénomène typiquement français et tout à fait critiquable, existe : je crois deviner que l’intention de Rue89 était de faire partager ce moment de la vie culturelle française à son lectorat. Mais vous avez tout à fait le droit de ne pas vous y intéresser.

              Et puis, cette vieille accusation envers Rue89 de vivre grâce à des liens publicitaires (lorsque vous répondez à Brainycrow)... Vous ne liriez sans doute pas Rue89 si vous deviez payer pour ses contenus informatifs. Et leurs rédacteurs doivent bien être rétribués pour le temps passé à enquêter, interviewer et rédiger les articles que vous lirez ensuite, parce que, comme vous et moi, ils ont aussi un loyer et des charges à payer.

              Pour finir, si vous lisez Rue89, c’est parce que c’est un site d’information auquel vous faîtes un minimum confiance, sinon vous ne le liriez tout de même pas, n’est-ce pas ? Et vous avez dû remarquer la propension de Rue89 à donner la parole à des inconnus et à des « pots de terre », comme moi. Je ne suis pas Houellebecq, comme vous avez dû le remarquer...

              Je n’ai pas botté en touche en vous renvoyant à l’article sur le squat de la place des Vosges. Je souhaitais juste vous signifier avec un brin d’humour (sans vous l’expliciter il est vrai, mais je pensais que vous le comprendriez) que si l’on suit votre logique, chaque article de presse pourrait être perçu comme un « publireportage ».

              Que gagne Jeudi noir à apparaître dans cet article de Rue89 ? Un tout-petit-mini éclairage porté sur un pot de terre qui lui permet, quelques jours de plus, de ne pas se faire fracasser et, à son petit niveau, de continuer le combat. Voilà de quoi se questionner sur ce qu’est une information...

              • A déménagé le 04-03-2012
                • Posté à 19h56 le 20/09/2010
                • Internaute 89071
                  non connue

                Pour le début de votre commentaire, je vous renvoie à précédent envoyé a Brainycrow. Vu que vous tentez de deviner ce qui me passe par la tête, je deviens tout à coup un affreux sexiste qui imagine que vous couchez à droite et à gauche. A un poil près, et je vous décernais le traditionnel point godwin.

                Par contre, je me permets un petit conseil, bien que j’imagine votre désintérêt pour celui-ci. Évitez d’adopter la position victimaire « c’est parce que je suis une femme » dans le futur. En plus d’agacer sérieusement la personne en face, cela vous fait perdre instantanément toute crédibilité. De plus, ce n’est pas très civilisé de tenter mettre l’interlocuteur sur la défensive de cette façon.

                Pour le reste, je crois avoir compris quel est le point de discorde principal. Vous ne semblez pas avoir compris quelle est ma position vis-à-vis de ce publireportage.

                Une rentrée littéraire est, que vous le vouliez ou non, la campagne de promotion annuelle pour le livre. Tout comme l’automne est la rentrée pour le film à Hollywood. C’est un fait, les mécanismes ne sont pas les mêmes, je vous l’accorde, mais en substance c’est pareil. Le but visé l’est tout autant : vendre des livres. Car si vous ne vendez pas votre livre, rien ne vous garanti de pouvoir en publier un autre, me trompes-je ? Les éditeurs restent avant tout des entreprises.

                J’ai la sérieuse impression que ce qui gène autant dans ce que je dis depuis quelques jours, c’est surtout ça. Vous associez le terme « rentrée littéraire » à un sorte d’événement métaphysique totalement dissocié de la rentrée promotionelle littéraire qui de facto, va ensemble. Et ce qui vous emmerde (excusez du peu), c’est que j’associe les deux sans aucune autre forme de procès, ce qui pour vous semble être de la paranoïa, car pour vous, ce coté promotionnel est secondaire, voir presque inexistant dans tout ce que vous faites en ce moment. Il me semble que jusqu’à là, je ne fais que reformuler votre position.

                Bien. Pourtant, je vous rappelle que les deux vont de paire et quitte à vous emmerder encore une fois, je le répète, votre reportage inside s’apparente tout à fait un publireportage. Votre visite à la fête de l’huma, et j’imagine peut-être à Nancy, étaient des missions professionnelles ou vous étiez attendue pour vendre votre livre. Peut-être que vous le ne ressentez pas comme cela, car vous associez cet exercice à une aventure intellectuelle, humaine, ou que sais-je, mais il n’empêche que c’est tout d’abord un exercice professionnel. Être auteur, c’est devenu un métier, qu’il ne vous en déplaise.

                Et le reportage inside sur Rue89 est du même tonneau. Vous associez celui-ci à un récit de votre aventure intellectuelle, moi je l’associe à un publireportage, à un reportage inside d’une campagne publicitaire. Vous dîtes qu’il n’y a aucun lien. Je vous pose donc la question, si les raisons promotionnelles étaient inexistantes ou franchement d’une importance moindre, ou est donc l’utilité d’avoir systématiquement la couverture de votre livre en en-tête de texte ainsi qu’un lien renvoyant sur votre site professionnel ? Le simple fait de préciser que vous êtes auteur ne suffirait-il pas ?

                Ce que vous ressentez comme de la paranoïa, c’est plutôt du réalisme. Et votre position relève plutôt de la naïveté. Rue89 n’est pas un média de seconde zone mais bien un média très fréquenté et votre livre jouit d’une audience importante, encore plus avec 4 articles consacrés, sans doute plus dans quelques semaines.

                La gêne, c’est n’est pas que vous tentiez de vendre votre livre comme les milliers d’auteurs à travers le monde qui s’évertuent à cet exercice en ce moment même (je vous l’assure, je ne suis de loin pas partisan de la vision de lutte des classes et de l’anti-capitalisme). Ce qui me gêne, c’est tout d’abord cette naïveté (ou hypocrisie, selon les personnes) qui considère que l’exercice intellectuel n’est pas au même niveau que l’exercice économique. Ensuite le fait que Rue89, par son organisation bordélique généralisée, ne précise pas nommément qu’il s’agit d’un publireportage.

                Et c’est bien l’une des raisons qui m’empêchent de croire que je vais un jour payer pour avoir accès à ce site ou avoir une version papier. Les « vrais » articles sont mélangés sans aucune distinction avec les articles de blog et les publireportages, le tout de qualité rédactionnelle inégale. Ce que j’apprécie dans la presse que je paie, c’est de recevoir des brochures spéciales « immobilier », « emploi », « luxe », « sorties culturelles », « rentrée littéraire » et qui me permettent de lire directement ce qui m’intéresse, au lieu de faire le tri.

        • Brainycrow
          Brainycrow répond à A déménagé le 04-03-2012
          Dubitatif radical
          • Posté à 20h39 le 18/09/2010
          • Internaute 79627
            Dubitatif radical

          J’avoue que, là, vous me surprenez, jeune homme. « Je » est-il devenu à ce point un autre que vous vous glissiez dans ce « on » qui ne vous ressemble pas et le refusiez, qui plus est, à ceux dont la démarche ne vous convient pas ? Qu’est devenu le cowboy solitaire que nous connaissions, toujours prêt à défendre la veuve, l’orphelin et... l’individu ?

          En tant que partie de « on », je me permets de vous confier que, personnellement moi-même pour ma part quant à moi (si, si... j’insiste !), je suis intéressé par l’anecdote, le quotidien, la légèreté, l’éphémère et le sourire en coin - et davantage encore lorsqu’ils sont servis par une plume agréable - autant que par l’histoire, la gravité, le hiératique et que sais-je, qu’ils ont autant de saveur pour moi que la réflexion métaphysique et ne m’enrichissent pas moins. Et je ne pense pas être une exception. Vous qui fustigez tant les troupeaux et les meutes, ne pouvez-vous donc laisser cette fois-ci encore au Rodong Sinmun les conceptions généralistes du monde ?

          Maintenant, vous pouvez aussi me répondre que ce « on » n’est pas un « nous » mais « le quidam » : certes, il y a probablement un anonyme ou un autre qui se fiche des expériences et des impressions de Natacha Boussaa. Y croirais-je ? Mais qu’importe : nous sommes certainement nombreux à ne pas nous reconnaître sous la silhouette floue de ce quidam, et le distingo ne vaudrait pas mieux que l’amalgame.

          Et parlant d’amalgame, chose que, me semble-t-il, vous détestiez naguère, je vous dirais également que je conçois qu’un thuriféraire du capitalisme (« humaniste » et utopique, il est vrai) tel que vous soupçonne une quelconque opération commerciale sous tout ce qui bouge : avancer masqué est une pratique courante du système que vous défendez. Mais avez-vous jamais imaginé qu’il existe une vie en dehors des stratégies et des intrigues économiques que vous connaissez ? Et un monde qui ne marine pas dans la bile ?

          Vous vous complaisez à pourfendre Rue89, ses titres, ses articles, ses blogueurs, ses lecteurs... « de gauche », en vous réfugiant derrière une neutralité toute suisse qui vous conduit souvent à vous faire l’avocat du diable. De quel diablotin êtes-vous soudain l’avocaillon, ici ? Est-ce l’évocation de la Fête de l’Huma, la haine exprimée pour ces années 80 qui n’ont profité qu’aux vôtres qui provoque cette aigreur ? Visez donc la cible ! Vous nous faites du sous-Gringo, là. C’est décevant.

          • A déménagé le 04-03-2012
            A déménagé le 04-03-2012 répond à Brainycrow
            non connue
            • Posté à 11h10 le 19/09/2010
            • Internaute 89071
              non connue

            Cela me fait sourire, la façon dont vous avez a attaquer plus le pseudo et la personne qui se trouve derrière, plutôt que le commentaire et son contenu. Au fond, cela ne mérite même pas une réponse, vu que cela veut déjà tout dire.

            Mais vu que votre partition de stéréotypes semble m’avoir déjà bien cerné, je vais tenter (sans grand espoir) de les dissiper.

            J’avoue que non, je ne connais pas un monde ou les intrigues économiques que je connais n’existent pas. Si cet endroit existe, montrez le moi. En tout cas, il ne s’agit pas de ce site qui ne se finance pas en bon sentiment mais bien avec des publicités qu’heureusement je ne vois plus, grâce au plugin adblock. C’est la société d’aujourd’hui et de hier qui veut ça, mais ce n’est pas parce que vous pensez être au-dessus de tout ça, que vous l’êtes. Ce reportage souligne bien cette ambivalence, et vous n’êtes pas fichu de le voir.

            Pourquoi ? C’est peut-être votre nature toute française qui vous fait oublier que le monde entier ne fonctionne pas comme à Paris. Que le monde entier ne construit pas sa culture politique sur la décapitation des privilégiés, et que le système politique n’est pas partout une démocratie représentative qui fonctionne avec un système d’opposition perpétuelle.

            Tout ceci doit sans doute vous empêcher de voir que quelqu’un qui ne dit pas amen a toutes les conneries que disent les partisans des partis de gauche (au sens large), n’est pas forcément un partisan du camp opposé, de la droite, du diable, pour reprendre votre terme. Si une cible je dois avoir, c’est sans doute ça, ce calcul simpliste qui aveugle toute personne bien portante. C’est ce schéma de bien et de mal, cette connerie, qui est ma cible.

            Et c’est sans doute ce que vous aimez nommer neutralité, qui doit être une caractéristique inhérente à ma personne, parce que je suis Suisse. Méditez une seconde sur ce paragraphe et demandez vous quelle aurait été ma caractéristique inhérente si j’étais pas Suisse mais par exemple, au hasard, Rom ? Vous pensez être au-dessus de tout ça, mais vous ne l’êtes pas.

            • Brainycrow
              Brainycrow répond à A déménagé le 04-03-2012
              Dubitatif radical
              • Posté à 09h57 le 20/09/2010
              • Internaute 79627
                Dubitatif radical

              Vous vous trompez si vous croyez pouvoir déduire de ma réponse à votre post que j’attaque votre pseudo. Je trouve au contraire, à la lecture de vos interventions, que ce pseudo et le personnage ambigu que joue Clint Eastwood dans Le bon, la brute et le truand vous vont comme une paire de santiag’. Et, croyez-moi, ce n’est pas davantage ici une attaque. Il n’en aurait peut-être pas été de même si vous aviez choisi Robin des bois. Quant à la personne... non plus. A supposer que je me livre un jour à ce genre de sport, il faudrait déjà que je vous connaisse personnellement. Mais si vous lisez de temps en temps mes interventions (ce n’est pas la première à laquelle vous répondez, donc je crois que vous le faites), vous constaterez que je n’attaque que les idées et/ou les mots qui les recouvrent. Pas même l’orthographe, la syntaxe ou l’utilisation erronée d’expressions convenues, comme il vous arrive. Et j’aurais pu le faire. La chasse au faciès, non merci, pas pour moi.

              Vous vous trompez également en pensant que je critique votre façon de vous faire l’avocat du diable (terme consacré, si je puis dire, qui n’identifie au diable personne en particulier). Je la trouve, au contraire, souvent bien venue pour mettre en perspective certains stéréotypes, comme vous dites, qui ont le cuir épais sur ce site comme en France, qu’ils soient « de gauche » ou « de droite ». Je ne suis pas d’accord avec votre philosophie, je le suis rarement avec les idées que vous exprimez, vous vous en doutez, mais vos points de vue panoramiques sont, à mon avis, souvent pertinents et votre rhétorique quasiment à la « huronne » (ou à la « persane », si vous préférez) et, pour tout dire, d’une neutralité engagée (non, je ne crains pas l’oxymore) « toute suisse » (il faudrait des pages pour expliquer en quoi ce n’est pas pour moi un cliché ou une attaque), qui fait la part entre vos idées et le nécessaire bon sens, me laisse rarement indifférent. Je ne dis pas cela par flatterie (qu’auriez-vous à en faire ?) ni pour me justifier (qu’aurais-je à craindre ?) mais pour que vous ne vous mépreniez pas davantage sur ma « nature ( ?) toute française ».

              Ce à quoi je répondais, pour en revenir au vrai sujet, c’était votre façon, d’abord, de prendre votre opinion sur l’intérêt que peut avoir le texte de Natacha Boussaa pour un consensus dans ce « on » inhabituel. D’autant plus que vous ne manquez jamais de faire ce genre de remarque lorsqu’un quelconque riverain se permet de généraliser. Ensuite, ce réflexe paranoïde et vindicatif (vous en faites encore ici la preuve), qui ne me surprend pourtant pas, de voir partout, Ô monde cruel et dégénéré, le mal, la fourberie ou l’attentat à l’intelligence - même si, de temps à autre, vous avez raison - et de qualifier de publi-reportage ce qui n’est qu’un procédé journalistique léger et qui, ne vous déplaise, intéresse et amuse d’autres que vous (ce genre était dans ma palette de journaliste et j’en parle en connaissance de cause). C’est tout. Mais si cela ne vous fera pas changer d’avis, cela répond, je pense, à votre sourire.

              • A déménagé le 04-03-2012
                A déménagé le 04-03-2012 répond à Brainycrow
                non connue
                • Posté à 20h01 le 20/09/2010
                • Internaute 89071
                  non connue

                Vous ne m’en voudrez pas, mais j’ai pensé plus opportun de répondre directement à l’auteur. Mais vous y trouverez sans doute la réponse à votre question.

        10 autres commentaires
  • kikoulol
    kikoulol
    Comme Roméo, hooo, hooo !
    • Posté à 04h28 le 18/09/2010
    • Internaute 114514
      Comme Roméo, hooo, hooo !

    « Rencontres fugaces et fragiles, donc belles. »

    Beuh... C’est un peu horrible ce « donc » après la virgule qui se pare d’autorité sans en avoir les épaules. Excusez-moi si je suis sensible. On pourrait parler ou écrire à propos de fugacité, de fragilité et de beauté pendant des heures, plutôt que de se contenter de « la naïveté des slogans ». Ai-je cru lire « Montherlant » quelque part dans cette chronique ? Mouahaha...

    « Roger Hanin était venu dédicacer son livre, la queue devant lui s’étendait sur trois mètres ».

    Ok, R. Hanin a une longue queue (devant lui), génial, Sollers à côté, et je me demande si l’auteure aurait évoqué dans les mêmes termes la queue d’A. Nothomb.

    « Ce choix du “ je ” a l’avantage de faire entrer le lecteur directement dans l’intimité du personnage, mais le désavantage d’abolir à ses yeux la distance entre le narrateur et l’auteur ».

    Ah, merci, « je » comprends mieux maintenant, et nous voilà à présent intimes, moi, l’auteur et le narrateur. C’est quoi leurs adresses FaceBook ?

    En commentaire de l’auteure : « En fait, je me sens plutôt en guerre : parler de précarité à Saint-Germain-des-Prés, répondre à quelques accusations de manichéisme, parce que quand on parle du peuple on est forcément manichéen... Tout ça monopolise mon attention de “pot de terre”... »

    Prix Nobel, imo. Le peuple et la terre c’est important. Surtout à Saint-Germain quoi, faut représenter. Moi je viens représenter les pots de confiture.

    Natacha Boussaa, je n’ai pas lu votre livre, mais j’espère qu’il est meilleur que cette chronique « inside ». Vous twitterez la suite quand vous serez vraiment entrée ? Non pas que ce monde m’intéresse vraiment, moi qui préfère le grand air de l’ « outside », mais bon...

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 09h48 le 18/09/2010
    • Internaute 45067
      Littéral

    «  certains livres qu’il publiait n’avaient soudain plus de lecteurs  »
    ...
    «  le droit d’être primaire dans la défense de ses
    idées  »
    ...
    «  Je hais les années 80  »
    ...
    «  des critiques très différentes  »
    ...
    «  beaucoup de lecteurs ont pris le temps de s’arrêter. Femmes et hommes de tous âges.
    Rencontres fugaces et fragiles  »
    ...

    Quand la fête a commencé vraiment de finir en 1979, nous nous sommes rendus compte que nous étions à Salo.

    Certains étaient déjà morts, d’autres suivraient, tués par leur propre désir de plaire, proies faciles des envies sans rapport avec quelque rêve que ce soit.

    Juste cette franche érotique de la domination, juste le plaisir fou du spectacle de la servitude.

    Le XXe siècle a commencé de finir dans les années 80  : No future

    Et le monde s’est mis à changé de l’intérieur, partout. Et cette transition qui dure depuis est une tectonique sociale qui n’a pas rencontré son discours.
    Seulement des croyances s’opposent sur ce devenir inquiétant qui défait les cultures et trompe les plus intelligents.

    Vote livre semble construit autour d’un manque indicible. Et sa construction, éclairante sur ce qui, de loin, apparait comme violence désordonnée, est le produit d’une logique claire des évènement de 2006 et que vous avez reconstituée.
    Geste politique qui donne à votre texte une dimension supérieure au seul témoignage même s’il a été vécu de l’intérieur des troubles.

    Vous avez soif de comprendre, vous repoussez l’absurde et éprouvant chaos que Thomas Carlyle dénonçait déjà au début du XIXe, ce «  désordre, plus les flics  ».

    Dans cette logique implacable des faits reconstitués, des paroles, des émotions, les idées fortes des désirs qui ne s’assouvissent jamais faute, en partie, d’une expression plus fine, (tout va si vite, n’est-ce-pas ?) se révèlent, une fois dépouillées des circonstances dramatiques qui les ont faites éclore, tellement simples.

    Et il ne reste que le souvenir intransmissible de la chaleur humaine et sincère qui, souvent, s’exprime entre les acteurs lors des mouvements sociaux.

    L’idée d’un peuple, apparait, seulement comme une hallucination collective.

    Et les lendemains des ivresses, quand l’ordre républicain est revenu, comme une chape sur la boite de Pandore, sont rudes et vides.

    C’est ainsi que j’ai lu votre livre, chère achéenne.

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à egide
      chien de talus
      • Posté à 10h20 le 18/09/2010
      • Internaute 50571
        chien de talus

      ça résonne bien au delà de la littérature votre coup de cor là, si ce n’est que de la pub je suis en train de me faire Hue comme on dit à la fête de l’huma.

      • egide
        egide répond à tOrDrE L¤RdRe
        Littéral
        • Posté à 13h36 le 18/09/2010
        • Internaute 45067
          Littéral

        J’ai lu un livre d’une jeune auteure.
        Il me plait.
        Je n’en fais pas une recension.
        Je ne me livre pas à une critique littéraire, ce n’est pas le lieu ni le moment.
        Je n’ouvre pas de débat d’opinion à partir du récit.

        J’aime lire pour ce que cela me donne à penser.
        Alors, je me livre à un compte rendu de ma première lecture avec l’objectif avoué de ne paraitre ni fragile ni fugace.
        Lecteur, je suis.

        Je ne connais pas Natacha Boussaa.
        J’en ai une idée qui provient de son livre et de ce qu’il fait surgir d’impressions et d’images de ma propre expérience. Mais cette idée que j’ai construite de l’auteure est une abstraction, l’auteur virtuel d’un texte.

        Je n’ai pas de lien avec l’éditeur non plus.

        Je connais ce que cela représente de travail et de dépenses d’écrire un texte long. Je sais aussi combien ça «  rapporte  ».

        J’ai apprécié ce texte et je l’écris.
        Je n’ai pas l’impression de manquer d’objectivité ni de me livrer à une sorte d’opération de communication commerciale.

         
        • tOrDrE L¤RdRe
          tOrDrE L¤RdRe répond à egide
          chien de talus
          • Posté à 14h16 le 18/09/2010
          • Internaute 50571
            chien de talus

          reçu 5/5 sieur égide, j’appréciais le contenu du commentaire, sinon oui j’ai une méfiance encombrante concernant l’univers marchand, mes sincères excuses si vous vous êtes senti insulté.

          • egide
            egide répond à tOrDrE L¤RdRe
            Littéral
            • Posté à 07h09 le 19/09/2010
            • Internaute 45067
              Littéral

            Abordons l’aspect économique du point de vue de l’auteur publié.

            Bien que chaque contrat d’auteur avec un éditeur est singulier, on estime environ à 10% ce qui revient en droit d’auteur à l’écrivain sur le prix de vente d’un livre.

            En réalité, cela varie entre 8 et 12%, et pour les auteurs les plus renommés, c’est même plus, voire beaucoup plus.
            Qu’importe.
            Restons-en à 10 % comme revenu moyen.

            Le premier livre de Natacha Boussaa est vendu entre 15,20 € et 16 €, prix unique du livre oblige.

            On a parlé d’un premier tirage de 1800 exemplaires.
            Sur chaque ouvrage vendu, l’auteure peut espérer 1,60 €.

            Disons 1000 exemplaires vendus certainement, un revenu royal de 1600 €.

            Si tous les exemplaires sont vendus , l’auteure pourra recevoir 2880 € au maximum et certainement pas en un mois.

            L’auteure participe à la promotion de son livre et si on la défraie pour les déplacement et le séjour, on ne lui donne rien pour les heures passées en signature, présentation ou lecture dans les différents endroits où elle doit se rendre.
            Des journées entières gratis pro deo.
            C’est le contrat.

            Bien sûr, le carnet d’adresse de chaque auteur peut s’enrichir de contacts laissant entrevoir des appuis pour de futurs projets. Rien n’est donné d’avance, pour autant.

            On est loin du S.M.I.C. horaire.

            • tOrDrE L¤RdRe
              tOrDrE L¤RdRe répond à egide
              chien de talus
              • Posté à 07h59 le 19/09/2010
              • Internaute 50571
                chien de talus

              ouai c’est peanut, je dis ça mais je contribue rarement à l’achat en neuf à la sortie, faute de tunes, je passe par les bibliothèques/librairie d’invendu, Gibert etc ou les Emmaus.

              • egide
                egide répond à tOrDrE L¤RdRe
                Littéral
                • Posté à 09h28 le 19/09/2010
                • Internaute 45067
                  Littéral

                C’est très bien.
                Le marché de l’occasion des livres, ça fait partie du système économique du livre.

                La revente des livres lus permet à certains d’acheter des livres neufs bien que les tarifs de reprises sont très bas.

                Cela donnent une occasion pour que les textes soient lus par d’autres lecteurs que l’acheteur initial et contribue à la notoriété de l’auteur.

                Ce marché de l’occasion est un moyen de trouver des livres qui sont épuisés et non réédités.

                Si la chaine du livre neuf n’a pas de retombées directes pour l’auteur, néanmoins, c’est important qu’on continue à le lire.

                S’il y avait des statistiques sur les ventes de livres d’occasion, on donnerait sans doute plus de chance à des nouveaux tirages d’ouvrages introuvables.

                La vie d’un texte se joue sur la durée.

                Bref acheter d’occasion, ça aide bien plus qu’on ne le croit la littérature.

                • tOrDrE L¤RdRe
                  tOrDrE L¤RdRe répond à egide
                  chien de talus
                  • Posté à 09h45 le 19/09/2010
                  • Internaute 50571
                    chien de talus

                  J’aime bien, c’est comme aller aux champignons, on a ses coins, on part pour trouver des cèpes et on ramène des girolles voire du vénéneux qu’il faut identifier.

            • natacha_boussaa
              natacha_boussaa répond à egide
              auteur
              • Posté à 13h22 le 20/09/2010
              • Internaute 124050
                auteur

              J’apporte une petite précision à votre juste exposé, Egide (Egide, qu’effectivement, Tordre l’ordre, je ne connais absolument pas...). Le pourcentage pour les auteurs est à calculer à partir du prix de vente hors taxe (5,5), donc dans mon cas lorsque le prix public est de 16 euros, on calcule la part de l’auteur sur 15 euros.
              Pour ma part, mon pourcentage n’est pas de 10%, mais de 8%, car le manuscrit est arrivé par un apporteur extérieur à la maison d’édition qui prend aussi un pourcentage sur le livre.
              Dans mon prochain billet, je parlerai de ce que c’est qu’écrire en France aujourd’hui, en théorie et en pratique.

        6 autres commentaires
    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa répond à egide
      auteur
      • Posté à 12h58 le 20/09/2010
      • Internaute 124050
        auteur

      Bonjour Egide,
      oui, oui c’est tout à fait cela :
      « Le XXe siècle a commencé de finir dans les années 80 : No future »
      « Et cette transition qui dure depuis est une tectonique sociale qui n’a pas rencontré son discours. »
      « Votre livre semble construit autour d’un manque indicible. »
      « L’idée d’un peuple, apparait, seulement comme une hallucination collective. »
      Oui, nous avançons, en tâtonnant, sans idées, sans discours pour nous éclairer dans la nuit. Autour de nous, cadavres et fantômes. Nous sommes des enfants qui ne pouvons même plus vieillir. Seule nous tient debout, quelques instants, la chaleur de quelques autres que nous reconnaissons dans la nuit. Le « peuple » est mort dans les années 80.

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