Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

« Je vais faire quelque chose de sale, je vais parler d'argent »

Publié le 12/10/2010 à 14h22


Un plateau de Monopoly (lokibo/Flickr).


« Il vous faudra nous tuer », de Natacha Boussaa (éd. Denoël).

Après deux semaines sur les routes, pour défendre son premier roman « Il vous faudra nous tuer », l’écrivaine Natacha Boussaa revient vous raconter sa première rentrée littéraire « inside ». Pour ce cinquième épisode, elle déflore l’un des tabous de l’édition : l’argent

Je vais faire quelque chose de sale, de très sale, quand on écrit : je vais parler d’argent.

Faut-il être pauvre pour être un bon écrivain ? On pourrait le croire. Sinon, pourquoi la chaîne du livre n’accorderait-elle en moyenne à l’auteur que 10% de droits ? À moins que pour être un bon écrivain, il ne faille être riche ?

Les à-valoir d’un premier roman

Prenons mon exemple, qui est loin d’être le pire. Premier roman d’une inconnue chez un éditeur en vue : le contrat-type prévoit les fameux 10% et 1 500 euros brut d’à-valoir − deux virements de 690 euros net : un à la signature du contrat, l’autre à la parution.

Dans mon cas, le livre a été apporté par une éditrice extérieure à ma maison d’édition : elle touche donc 2% sur chaque exemplaire. Ce qui, d’après moi, est fort peu pour avoir veillé sur un manuscrit. Il est intéressant de voir où sont piochés ces 2% : sur la part de l’auteur. Mon pourcentage est donc ramené à 8%.

Percevant environ 1,20 par livre, il me faudra vendre 1 250 exemplaires pour rembourser mon à-valoir et recevoir à nouveau quelque argent.

Arrêtons-nous un instant sur cette notion d’à-valoir. Nombre de maisons d’édition n’en versent pas. Ce qui est très compréhensible pour de petites maisons sans moyens. Beaucoup moins pour de grosses structures comme Gallimard, où le prestige d’être publié en collection blanche est censé suffire à l’auteur [certains auteurs Gallimard ont dû attendre plusieurs romans, et une très bonne visibilité pour toucher leur premier à-valoir, ndlr].

Le prestige l’aidera-t-il donc à payer son loyer ? En outre, plus l’à-valoir versé est important, plus la maison d’édition se démènera pour soutenir le livre et avoir « un retour sur investissement ». Leçons de mathématiques et de psychanalyse du monde moderne : on n’aime que ce que l’on a cher payé.

Il arrivera un temps où les « petits » écrivains se rebelleront contre cet état de fait. Ils ne remettront pas en question la relation particulière à l’éditeur qui est essentielle dans leur processus créatif, mais ils n’accepteront plus d’être les derniers dans la chaîne du livre. Ce temps viendra-t-il avec le numérique ?

L’écrivain et l’intermittent

Marc-Edouard Nabe, qui a derrière lui des lecteurs et quelques journalistes fidèles, a été très loin en auto-publiant son dernier roman. Opération rentable, puisqu’une fois payé les dépenses incompressibles, il perçoit 70% sur chaque exemplaire.

Tout cela pose la question de ce que c’est qu’écrire. Une activité ? Un métier ? Un loisir ? Une passion ? L’intermittence du spectacle a été créée en 1936, étendue à tout le spectacle en 1969. Mais aucun statut n’a jamais été créé pour l’auteur.

Sa condition n’a pas changé depuis le XIXe siècle : il est précaire ou rentier. On me rétorquera qu’écrire ne doit pas être une activité lucrative, que l’art et la littérature doivent échapper au commerce et à l’argent.

Mais aussi « pur » soit-il, l’écrivain doit bien payer un loyer et manger. Il vit dans un monde paradoxal qui trouve normal la propriété privée, mais qui considère comme dégueulasse la rétribution de la création artistique.

Et qui, pire encore, spécule sur elle. Puisque, rappelons-le, quand les uns crèvent de faim, les autres font atteindre aux à-valoir des sommets.

On me dira que le seul moyen pour l’artiste d’être libre est d’avoir une activité salariée parallèle. Mais tous ceux qui ont tenté d’écrire un jour le savent : impossible d’avoir une activité salariée à plein-temps et d’écrire.

« Ecrire se fait contre vous-même »

Ecrire se fait déjà contre vous-même : vous vous débattez avec vos propres doutes, vos peines, vos désirs, vos limites, vos incapacités ; c’est en les vainquant que vous arrachez la matière du livre.

Ajoutez-y le salariat, et c’est la bérézina : vous écrivez moins longtemps, moins bien, avec les idées moins claires, la fatigue inhérente au travail venant se mettre entre vous et la feuille.

C’est ainsi que vous vous levez chaque jour à quatre heures du matin pour écrire deux heures avant d’aller travailler à sept, parce que vous savez que le soir, avec la fatigue, vous n’y arriverez pas. Qui peut écrire longtemps dans ces conditions ? Alors un jour, on quitte l’assurance d’un emploi fixe et on décide qu’on écrira, quel que soit le prix à payer.

L’auteur n’est pas en mesure de grandir
 ; les conditions matérielles le maintiennent dans un état de dépendance envers tout le monde : son éditeur, la chaîne du livre, son conjoint, sa famille, la société. Son besoin d’indépendance le condamne paradoxalement à la dépendance.

Mais peut-être est-ce voulu ? S’il veut survivre, il est ainsi prié d’écrire des livres qui marcheront et alimenteront l’économie du livre.

« Ecrire est un choix contre le bon sens »

Les auteurs implantés dans le milieu de l’édition développent des stratégies de survie. Ils animent des ateliers d’écriture, des débats littéraires, recherchent des bourses d’écriture, des résidences d’écrivain, deviennent journalistes, lecteurs, etc.

Les autres, hors-milieu, sont au RSA, au chômage, se font entretenir, survivent à l’aide de petites activités, d’expédients. Pas grand-chose n’a changé depuis les « Illusions perdues ».

Ecrire est donc un choix contre le bon sens. Et si la publication ne permet pas de vivre matériellement, elle permet de justifier la folie de son sacrifice.

Pour ma part, je fais un contre-la-montre constant.

Aujourd’hui, j’ai des certitudes financières jusqu’à décembre 2010. Après ? Après, il faudra bien trouver une solution. Il y a ce nouveau roman que j’ai commencé à écrire et cette pièce de théâtre à corriger. Alors oui, il faudra bien trouver le moyen de tenir.

Photo : un plateau de Monopoly (lokibo/Flickr).

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  • 149 réactions
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  • didrew-
    didrew-
    nc
    • Posté à 14h31 le 12/10/2010
    • Internaute 119096
      nc

    l’argent est sale
    elle est à l’origine des guerres et de tous les méfaits des hommes
    elle est d’autant plus sale dans les mains des politiciens ou des grands banquiers.

    Lien

    • Melaineb
      Melaineb répond à didrew-
      Doctorant
      • Posté à 14h49 le 12/10/2010
      • Internaute 70644
        Doctorant

      Wahou, hyper courageux ce commentaire.
      Puisque la parole est déliée, je me lance aussi : la misère c’est mal, c’est à cause des politiciens et des gens véreux.
      Je me sens libéré maintenant.

      Bon sinon très sympa cet article, ca montre comment marche les boites d’éditions...à l’autre bout de la chaîne, les fiches de lectures pour décider de la valeur commerciale des bouquins, sont payées environ 50 euros (bon en même temps l’argent c’est sale), généralement quasi illégalement, et son paiement doit régulièrement être quémandé.
      Je parle pas de petites boites mais bien de mastodontes de la rentrée littéraire...

    • PoG
      PoG répond à didrew-
      Etudiant.
      • Posté à 15h17 le 12/10/2010
      • Internaute 70681
        Etudiant.

      Toujours pas bannis lui ?

    • stupidboy59
      stupidboy59 répond à didrew-
      Fines plaisanteries
      • Posté à 17h15 le 12/10/2010
      • Internaute 124816
        Fines plaisanteries

      On dirait du troll...

      En fait j’espère que c’est du troll.

      Sinon sympa de découvrir les coulisses de
      l’édition grande-échelle...

  • ecor1
    ecor1
    sur le fil
    • Posté à 14h35 le 12/10/2010
    • Internaute 25388
      sur le fil

    Il n’y pas que l’écriture qui génère une certaine précarité. Tous les arts plastiques le sont aussi.
    L’ecriture ça sert d’os, pour les ventres affamés...

    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa répond à ecor1
      auteur
      • Posté à 16h58 le 13/10/2010
      • Internaute 124050
        auteur

      Oui ecor1,
      pour les arts plastiques, c’est exactement la même chose.
      Une de mes amies s’est suicidée il y a quelques années. Elle peignait mais ne parvenait pas à exposer dans de « vraies » galeries : elle n’avait pas « la carte ». Elle était au RMI pour survivre. Elle s’est tuée de désespoir, vaincue par le mépris.

  • maman89
    maman89
    Bosseuse.
    • Posté à 14h43 le 12/10/2010
    • Internaute 100164
      Bosseuse.

    En même temps, vu le nombre de bouquins qui sortent, comment voulez-vous que le système soit fait autrement ?

    Il faudrait sortir beaucoup moins de livres, et payer les auteurs, moins nombreux, plus.
    Mais seriez-vous dans le nombre ? (je n’en sais rien, je ne connais pas vos parutions).

    De toute façon il y en aura toujours qui accepteront de le faire pour rien. Et qui perdront un temps fou dans les salons du livre pour en dédicacer trois par week-end et en être heureux.

    Là, au moins, vous avez votre chance de percer. La disponibilité est là. Si votre oeuvre est bonne, si l’histoire est excellente, le style original, vous les vendrez, vous aurez du succès. ça dépend de vous. Tout le monde a sa chance, une fois publié.
    Si le bouquin est bon, il se vendra.
    (je sais, il y a des bouses qui se vendent aussi).

    Les maisons d’édition prennent d’énormes risques. Elles ne vont pas payer rubis sur l’ongle les débutants, c’est un peu normal je trouve...

    • ron-ron
      ron-ron répond à maman89
      • Posté à 15h29 le 12/10/2010
      • Internaute 37198

      La qualité et la vente sont assez rarement liées au contraire.
      La vente nait de la notoriété, qui nait avant tout du marketing.
      Ou de quelques rares prix, rarement accordé à des indépendants ou à des artistes non soutenus - allez savoir pourquoi ...

      Remarque valable pour la littérature autant que la BD, la musique, le cinéma, ...

    • speedy38-
      speedy38- répond à maman89
      Ingénieur des travaux finis
      • Posté à 19h38 le 12/10/2010
      • Internaute 124689
        Ingénieur des travaux finis

      En même temps, vu le nombre de bouquins qui sortent, comment voulez-vous que le système soit fait autrement ?

      Il faudrait sortir beaucoup moins de livres, et payer les auteurs, moins nombreux, plus.

      Ne seriez-vous pas adepte de la pensée unique par hasard ?

      La Culture ne peut se faire sans diversité. Chacun d’entre nous a ses propres attentes, sa propre sensibilité, ses propres goûts...

      Sortir moins de livres serait priver une grande partie de la population de ses attentes, de ses désirs...

      Faire comme les « Majors » de l’industrie musicale qui nous sortent de la merde à grands battages publicitaires ?

      Non merci ! ! ! Surtout pas !

      Quelle solution trouver ? Dur , dur...
      Il faudrait y réfléchir car chaque œuvre est unique, et correspond aux attentes d’une partie du public, même si cette partie est faible, même s’il n’y avait qu’un seul lecteur heureux d’avoir eu le bonheur de lire ce qui correspondait à ses désirs...
      C’est aussi ça la diversité culturelle.
      Il faut la préserver, mais il faut aussi que les auteurs vivent dignement pour tout le rêve qu’ils apportent aux autres.

    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa répond à maman89
      auteur
      • Posté à 09h55 le 13/10/2010
      • Internaute 124050
        auteur

      Vous savez bien qu’un livre n’a aucune chance s’il n’a été repéré par personne et qu’il n’est visible nulle part, et cela que ce soit un « chef d’oeuvre » ou pas.

      Aujourd’hui, avec des centaines de romans sortis en même temps, les libraires n’ont pas le temps de tout lire et lisent en premier lieu les auteurs qu’ils connaissent, et plutôt publiés dans des grandes maisons d’édition.

      De même, remontons en arrière dans la chaîne du livre. Les commerciaux censés placer votre livre chez les libraires ne placent en un nombre assez conséquent pour qu’ils soient visibles que les livres qui ont un potentiel commercial, c’est-à-dire sur lesquels on subodore qu’il y aura de la publicité, (et pas toujours de la publicité liée à la qualité du texte).

      Là où je vous rejoins, c’est qu’il y a sans doute trop de livres. Et la raison n’est pas toujours l’amour de l’art. Mais motivée par le phénomène bien connu maintenant de la cavalerie.

      « Elles ne vont pas payer rubis sur l’ongle les débutants » : c’est je trouve une vision cynique ou du moins complètement capitaliste de la littérature.

      Je crois au contraire que si l’on croit au potentiel d’un auteur, on devrait l’aider à travailler dans des conditions décentes pour qu’il puisse développer ce potentiel, au lieu de le rémunérer de façon déraisonnable après, quand il n’en a plus vraiment besoin, quand le « succès » est arrivé. On le paye cher à ce moment-là uniquement parce que, comme un joueur de foot, on a peur qu’il parte ailleurs. On ne rémunère donc non pas le travail, mais sa nouvelle position concurrentielle.

      On remarque d’ailleurs souvent qu’au moment où « le succès arrive » et l’argent avec, l’auteur commence à n’avoir plus grand-chose à nous dire. Le fruit a plus qu’éclot, il est déjà en train de mourir.

      • zorbeck
        • Posté à 20h41 le 14/10/2010
        • Internaute 9110

        « On remarque d’ailleurs souvent qu’au moment où “le succès arrive” et l’argent avec, l’auteur commence à n’avoir plus grand-chose à nous dire. Le fruit a plus qu’éclot, il est déjà en train de mourir. »

        Justement, et cette mort la est trop commune. Je ne crois pas qu’une grande œuvre se crée dans la facilite. Et si l’auteur devenu riche n’a plus rien a dire, c’est qu’il ne devait pas avoir grand-chose a partager de toute façon...

        Maintenant, je dois vous avouer une chose qui ne vous fera pas plaisir. J’aime lire, mais plutôt des « classiques », le temps ayant fait le tri a ma place. Je lis très peu la littérature contemporaine, car je n’ai pas le temps de faire ce tri, et alors fatalement, le peu de contemporains que je lise sont ceux ou celles qui non seulement ont pignon sur rue, mais qui en plus ont su trouver le moyen de marquer une difference et sortir du lot (Houellebecq, Nothomb, Jelinek, Faiza Guene, pour citer mes dernières lectures et je me rends compte qu’il y a 3 femmes, vous serez peut-etre la prochaine ; -).

        Bon courage quand même.

         
        • natacha_boussaa
          natacha_boussaa répond à zorbeck
          auteur
          • Posté à 08h17 le 15/10/2010
          • Internaute 124050
            auteur

          Bonjour Zorbek,
          cette mort-là n’est, d’après moi, pas due à l’argent, mais plutôt au fait que ces auteurs ont mis en général quinze ans et plusieurs livres à arriver à la notoriété. D’une part, ils ont appris à vivre avec les traumatismes originels qui avaient fondé leur regard d’écrivain, et peut-être avec cet éloignement perdent un peu de cette chair à vif qui les composait.

          Mais surtout, le risque pour tout auteur est dans la répétition et la systématisation de sa façon d’écrire. En écrivant, on comprend certaines choses dans la conception d’un récit et on se créé ses propres ficelles. A la longue, cela peut devenir un système d’écriture et rendre vos textes plus figés, moins intéressants. On devient un auteur installé : on a une grande maîtrise de la narration et du sujet abordé (on tourne autour des mêmes obsessions depuis 20 ans), mais peut-être y manque-t-il le brûlant de vos débuts.

          Vous parlez de classiques : prenez Flaubert, il est fascinant parce que chacun de ses livres est très différent, il s’est sans cesse renouvelé. Aucune commune mesure entre « Madame Bovary », « Bouvard et Pécuchet » et « Salammbo »...

        1 autres commentaires
    • Srgvlt
      Srgvlt répond à maman89
      Twitter @srgvlt
      • Posté à 01h55 le 14/10/2010
      • Internaute 23660
        Twitter @srgvlt

      sur le accepter de ne pas être payé, ça me fait penser à tous les étudiants qui cumulent les stages gratuits ou presque et autres bénévolats : où être d’une famille qui a de l’argent amène une nouvelle technique de distinction.

  • BertrandBertranD
    BertrandBertranD
    (voyageur)
    • Posté à 14h53 le 12/10/2010
    • Internaute 50003
      (voyageur)

    Bravo !
    Ce « statut » d’artiste que la sociéte adule mais néglige, comme une contradiction essentielle, doit-il et peut-Il être modifié ?
    Il est difficile de concilier les intérets des créatifs (des artistes) et de ceux qui vivent de leur diffusion ou de leur vente : éditeur, label de musique, galerie d’art...
    Moi-même galeriste, je me soucie toujours en premier des conditions de vie des peintres que je défends...

    • stupidboy59
      stupidboy59 répond à BertrandBertranD
      Fines plaisanteries
      • Posté à 17h18 le 12/10/2010
      • Internaute 124816
        Fines plaisanteries

      « Moi-même galeriste, je me soucie toujours en premier des conditions de vie des peintres que je défends... »

      Terrible... je n’ai pas pu m’empêcher de sourire.

      Et ne t’en fais surtout pas pour « les intérets(...)
      de ceux qui vivent de leur diffusion ou de leur vente : éditeur, label de musique, galerie d’art... ».

    • Srgvlt
      Srgvlt répond à BertrandBertranD
      Twitter @srgvlt
      • Posté à 02h07 le 14/10/2010
      • Internaute 23660
        Twitter @srgvlt

      « Ce “statut” d’artiste que la sociéte adule mais néglige, comme une contradiction essentielle » : on est en plein mythe, là !

      en l’occurrence « la société » c’est pour beaucoup les « éditeur, label de musique, galerie d’art... »

      et artiste est-il un statut ? quand ça le devient, on peut parfois s’attendre au pire. en particulier la professionnalisation (via la maison des artistes, qui milite il me semble en ce sens) va à mon avis dans le sens d’un embourgeoisement de l’art en en faisant un produit commercial répondant à la loi de l’offre et de la demande. or ce modèle économique n’a rien d’évident en matière d’art.

      une oeuvre artistique ou littéraire doit être rémunérée, souvent même pour être faite, mais parler d’un statut qui dépasserait l’acte, l’objet, le texte, me semble un peu abusé.

  • zoelyon
    zoelyon
    femme, maman
    • Posté à 14h54 le 12/10/2010
    • Internaute 85951
      femme, maman

    Votre article me touche, ayant moi-même écris 3 livres, en auto édition, sur lesquels je touche près de 20 %, inconvénient : je dois faire ma propre pub, donc finalement, je ne touche pas beaucoup puisque je ne vends pas beaucoup.
    Ecumer les salons du livre, je l’ai fait, mais je ne voyais presque plus mes enfants, j’ai donc abandonné, afin pour l’instant je l’espère ! Mes fans, si si j’en ai lol, me réclament d’autres livres...

  • Dave Feng
    • Posté à 15h03 le 12/10/2010
    • Internaute 27954

    Deux petites précisions (qui ne sont pas des corrections, votre article étant bien senti) :

    1/ L’AGESSA, même si elle ne donne pas un statut à l’auteur, est l’ébauche d’une forme de statut. Certes, il y a beaucoup de cotisants pour très peu de bénéficiaires.

    2/ La description que vous donnez de la « double vie » de l’écrivain, qui se lève à quatre heures du matin, est un peu trompeuse, dans al mesure où la majorité des écrivains appartiennent à trois professions (enseignement, médecine, avocat...) qui leur permettent, certes avec une baisse de revenu*, d’écrire. (source : Lahire, Bertrand. « La condition littéraire »). Mais ce point conforte plutôt votre argumentation : écrire prend du temps et implique des sacrifices.

    Cela dit, il me semble que, si l’on ne fait qu’écrire, on risque d’autres problèmes : perdre le contact avec le monde réel, avec les univers sociaux, parler de l’écriture et de rien d’autre...

    * On trouve des médecins qui diminuent leur nombre de consultation, des avocats qui limitent leur nombre de dossier, des enseignants qui diminuent leur temps de travail...

    • sot6son
      sot6son répond à Dave Feng
      Pâtre apatride
      • Posté à 15h57 le 12/10/2010
      • Internaute 120134
        Pâtre apatride

      « Cela dit, il me semble que, si l’on ne fait qu’écrire, on risque d’autres problèmes : perdre le contact avec le monde réel, avec les univers sociaux, parler de l’écriture et de rien d’autre... »

      C’est à peu près la vie que menaient les auteurs que nous adulons aujourd’hui... à raison.

      De manière plus large, je voudrais remercier Mme Boussaa pour avoir dévoilé les coulisses de la vie d’auteur, mais on aimerait en savoir plus sur le quotidien de l’écrivain avant même d’avoir été publié. Niveau galère, je parle en connaissance de cause, difficile de faire mieux.

      • natacha_boussaa
        natacha_boussaa répond à sot6son
        auteur
        • Posté à 16h48 le 13/10/2010
        • Internaute 124050
          auteur

        Merci sot6son,
        le quotidien de l’écrivain avant et après publication est identique. La seule chose qui change, c’est le regard qu’on porte sur vous : on vous regarde un peu moins comme un dingue ou un rêveur...

        Mais en résumé, c’est toujours la même vie : petits boulots précaires, RSA, déménagements constants de chambres de bonne en sous-locations précaires, pétages de plomb réguliers liés à trop de précarité, d’absence de certitudes, de manque d’espace...

        Tout cela est allié à la précarité même de l’écriture, parce que l’on ne sait jamais si l’on ira jusqu’au bout du texte qu’on a commencé à écrire...

    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa répond à Dave Feng
      auteur
      • Posté à 16h29 le 13/10/2010
      • Internaute 124050
        auteur

      Bonjour Dave Feng,

      « La description que vous donnez de la “double vie” de l’écrivain, qui se lève à quatre heures du matin, est un peu trompeuse »...

      Cette description est « tellement trompeuse » que c’est... du vécu.
      Du vécu que j’ai vécu/vis moi, ainsi que quelques-uns de mes amis...

      Quoiqu’en dise notre ami Lahire, qui a d’ailleurs fait un travail remarquable sur le sujet, il n’y a pas que des enseignants, des médecins et des avocats qui écrivent.

      Il y a un certain nombre d’auteurs issus des classes populaires ou moyennes.

      La plupart du temps, ils choisissent, quand ils ont une activité, d’avoir un emploi uniquement alimentaire, sans aucune responsabilité, afin d’avoir un temps de cerveau disponible plus important à consacrer à leur vrai travail.

      Quant à « perdre le contact avec le monde réel », il me suffit de descendre dans la rue, pour moi qui habite Paris, pour me prendre la lutte des classes dans la tronche. Paris est un lieu formidable pour cela : dans une même rue se croisent riches, pauvres, fous, bien portants, dépressifs, usés, « pleins d’avenir », etc.

      Quant aux agessa...
      voici une réponse à ce billet d’un ami auteur, écrit sur mon facebook. Pour info, il vient de faire paraître son 6ème roman à la rentrée chez un gros éditeur, je le cite :

      « L’auteur cotise obligatoirement aux Agessa (rds, retraite, sécu), mais s’il n’a pas un volume assez élevé de droits,... il ne peut pas bénéficier de ses propres cotisations. Si - pour vivre - il fait des lectures, il participe à des tables rondes, il peut facturer des droits annexes aux droits d’auteurs, mais si cette somme dépasse un seuil minima (un quart du SMIC à peu près) il se fait virer des Agessa. C’est ce qui m’arrive pour la troisième fois. Pas de statut social... »

      • Dave Feng
        • Posté à 16h54 le 13/10/2010
        • Internaute 27954

        Bonjour,

        Je vous remercie beaucoup de votre réponse - je me doutais de son contenu. En fait, ce que je dis rejoint ce que vous dites : ceux qui écrivent sont profs/médecins/avocats pour deux raisons. Tout d’abord, leurs métiers sont susceptibles de les entraîner à écrire. Ensuite, leurs métiers permettent, tout en réduisant leur temps de travail, de conserver un revenu décent (ce qui est un avantage par rapport à la plupart des métiers).

        Le hic, en terme de politique publique, c’est que si plus de la moitié des écrivains n’ont pas besoin du revenu de leur écriture, il peut s’avérer très difficile de réformer le système actuel.

        De très grands écrivains n’étaient pas profs/médecins/avocats - mais le fait que la majorité, aujourd’hui, le soit, rend l’imminence d’une réforme improbable.

        - quant au fait de ne plus avoir de contact avec le monde réel, votre capacité à rester au contact du réel vous honore, mais, là encore, je pense qu’il faut se poser la question de manière plus générale. Et il me semble que de nombreux écrivains « full-time », quand ils parlent du réel, vivent sur une autre planète que moi... (Chrstine Angot habite Paris, non ? - je dis cela sans malice, car,d e Christine Angot, je ne pense rien de bien ou de mal, mais désire simplement souligner, que quand elle parle du monde, parle selon une perspective très biaisée).

        Cela dit, je ne suis pas du tout en train de dire que la dèche est bonne, ou qu’elle est nécessaire à l’écriture, mais trouver un mi-temps, pour compléter des revenus de l’écriture, ce peut être une piste.

        Quant à l’agessa, quand je vois mes chèques diminués de 9%, je me dis qu’il y a quelque part un grand écrivain dans la dèche, que l’AGESSA secourt charitablement grâce à mes 9%...

        - Ne vous méprenez pas sur mes posts, c’est très instructif, la lecture de vos posts. Et je m’accorde avec vous pour reconnaître que ce n’est pas normal que le plus important (l’auteur), soit le moins rémunéré. Après tout, comme disait Brecht, « la terre doit appartenir à ceux qui la cultivent ».

         
        • natacha_boussaa
          natacha_boussaa répond à Dave Feng
          auteur
          • Posté à 17h08 le 13/10/2010
          • Internaute 124050
            auteur

          Brecht, c’est magnifique, merci de le citer, Dave Feng...

          Effectivement, plus nombreux seront les auteurs à poser la question de leur survie, plus on y réfléchira. Aux États-Unis, la grève des scénaristes a été gagnée car ces derniers, syndiqués, se sont battus pour obtenir gain de cause. Mais cela demande « union », un gros mot pour les auteurs...

        1 autres commentaires
  • bjone
    bjone
    dev 3D
    • Posté à 15h05 le 12/10/2010
    • Internaute 62791
      dev 3D

    « Distribution » - « numérique »

    Faibles prix, forts volumes.

    Dans le jeu vidéo, la distribution numérique a fait exploser le nombre de petits studios de développement de 2~3 personnes.

    La distribution matérialisée impose un certain volume de ventes pour commencer à rentabiliser l’investissement, que ce soit pour la musique, les jeux vidéos, les films, ou les bouquins.

    • CinPoU
      CinPoU répond à bjone
      Architecte
      • Posté à 15h51 le 12/10/2010
      • Internaute 104781
        Architecte

      Je vais poser une question peut être idiote, et des raccourcis un peu gros, mais je me lance...

      Faut il payer les artistes ? Es ce impossible d’écrire sans attendre de rémunération ?

      L’écriture, la peinture, et la plupart des arts sont globalement sympathique à pratiquer. Quand je dessine un paysage qui me plaît et le diffuse sur internet, je ne touche pas d’argent.
      La pratique d’un art est à mon sens une quête personnelle d’analyse, de retranscription, de partage, etc... En tant qu’Homme, j’ai le besoin d’exprimer un imaginaire, ou pensées de manière physique. Mais je ne vois pas le rapport à l’argent.

      Que l’artiste soit dédommagé pour les frais engendrés d’accord, mais d’ici à vivre de son art, je trouve cela presque malsain. L’artiste qui vit sur sa production, ne risque t il pas d’orienter sa production pour qu’elle se vende mieux, au détriment de la qualité artistique ?

      Je me demande également si la professionnalisation des arts (maison d’édition, de disque, etc...) , ne limite pas l’accès à la création aux classes les moins instruites.
      A force de lire des livres à la grammaire complexifiée, de voir des peintures où il faut un bac+10 pour comprendre l’idée du peintre, et de visualiser des films à gros budgets, ne risquons nous pas d’être gêné d’écrire des poèmes, peut être maladroit, à sa petite amie, ou un dessin naïf et mal bâti, etc... Et finalement, comment on évacue cette pulsion artistique ?

      • bjone
        bjone répond à CinPoU
        dev 3D
        • Posté à 16h39 le 12/10/2010
        • Internaute 62791
          dev 3D

        C’est un peu une question philosophique HS.

        Un artiste qui vit de son art doit être payé pour bouffer sinon il meurt.

        Après si il a un job rémunérateur à coté, c’est à lui de voir, c’est au cas par cas.

        Les maisons d’éditions de musique/film/jeux, ne sont pas une professionnalisation de l’art, ce sont de la logistisation de l’art.

        Parfois à outrance.

        Enfin surtout maintenant, vu qu’on entrevoit une possibilité de se passer d’eux, et qu’ils se défendent comme tout système organique.

        Quand au risque d’appréhension dû à un fort environnement artistique, non pas vraiment, puisque chaque nouveau réalisateur de film, poête, écrivain, musicien, artiste numérique, a été initialement influencé et motivé par ce à quoi il a été exposé.

        Si un environnement artistique était anxiogène, l’Afghanistan serait le phare culturel du monde : D

         
        • CinPoU
          CinPoU répond à bjone
          Architecte
          • Posté à 18h33 le 12/10/2010
          • Internaute 104781
            Architecte

          « Un artiste qui vit de son art doit être payé pour bouffer sinon il meurt. »

          C’est évident que si il en vit c’est qu’il est payé pour. Mais l’activité artistique doit elle être un gagne pain ?

          Pour la seconde partie, je me suis probablement mal exprimé. Ce qui me dérange ce n’est pas une trop grande quantité d’oeuvre, mais plutôt le rapport entre les oeuvres/investissements financiers, mais aussi la raréfaction de production artistique « familiale » (les chanteurs dans les bars, remplacés par le dernier tube à la mode, les peintures parfois naives dans les maisons, ...)

          • bjone
            bjone répond à CinPoU
            dev 3D
            • Posté à 20h19 le 12/10/2010
            • Internaute 62791
              dev 3D

            Pour le gagne pain, qu’est-ce qui est le plus sympa : vivre de son art ou devoir faire un truc qu’on aime pas ?

            Après on peut très bien vivre commercialement de son art, et annoncer ouvertement qu’on en a rien à secouer de la duplication de ses oeuvres, comme parker/stone pour southpark ou godard...
            Mais c’est un choix personnel (après y’a le mur de la pratique pour ceux qui veulent pas : D).

            Après je sais pas, mais les bars à concerts ça existe toujours...
            Après pour les gens qui font leur propre déco, je suis pas sûr que ça soit problématique (les gens qui font de la photo mettent toujours des photos perso en poster...)

        2 autres commentaires
      • perfideso
        perfideso répond à CinPoU
        émergente
        • Posté à 18h52 le 12/10/2010
        • Internaute 128985
          émergente

        « la plupart des arts sont globalement sympathique à pratiquer »

         ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? je rêve quand je lis ça.

        « mais d’ici à vivre de son art, je trouve cela presque malsain »

        est-ce que vous avez la moindre connaissance de l’histoire de l’Art ? et j’ose : des Arts ? parce qu’applicable à la musique, à la photo, aux films, au théâtre, à la danse......
        parce que sinon vous devez deja payer pour votre redevance télé, et ça, ça vous fait pas bondir ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? c’est ça l’art ?

        Je comprends mieux pourquoi on galère

        Pour vous, le we, c’est macramé et natures mortes ?
        ouais, dans ces cas la, c’est gratos

      • Max.Steiner
        Max.Steiner répond à CinPoU
        Hors champs
        • Posté à 23h43 le 12/10/2010
        • Internaute 62429
          Hors champs

        Oui, c’est vrai, c’est malsain qu’un artiste soit rémunéré pour son œuvre !
        C’en est même dégueulasse !

        Sans compter que cela inféode l’artiste à son mécène/rémunérateur..

        Un exemple terrible... Un certain artiste du XVIème siècle aurait pu faire quelques chefs d’œuvres en peinture et en sculpture, si il n’avait pratiqué ces arts qu’en peintre ou sculpteur du dimanche, à ses heures, totalement libre de faire ce qu’il veut.

        Au lieu de quoi, il a passé toute sa vie à accepter des commandes, et quelles commandes ! Des commandes de l’église romaine catholique !
        Inféodé aux puissances temporelle et spirtiuelle du temps !
        Horreur !

        Et à la place de chefs d’œuvres, qu’avons nous ?
        Quelques peintures, quelques sculptures, quelques dessins, à peine dignes d’intérêt - du moins, pour quelqu’un qui a une vision aussi « pure » de l’artiste tel que vous - quelques « trucs » destinés aux touristes et pèlerins catholiques de Rome.
        Au hasard, parmi les plus connus : un Moïse, un David ou une Piéta en sculpture par exemple, en peinture, les fresques d’une certaine « Chapelle Sixtine », bref, rien de bien notable...

      • CinPoU
        CinPoU répond à CinPoU
        Architecte
        • Posté à 13h24 le 13/10/2010
        • Internaute 104781
          Architecte

        Je ne pensais pas que je soulèverais autant d’animosité par une simple réflexion.

        Puisqu’il faut avoir un bac d’histoire de l’art pour parler d’art, je confirme que j’ai une formation artistique, puisque je suis Architecte, et donc je vie de mon art. Ou plutot je pense que dans ma branche on me paye pour la pratique technique et l’aspect artistique passe souvent à la trappe pour des questions de délais ou financiers. Par contre si je m’accroche pour développer un principe artistique intéressant et que j’y passe des nuits, je ne serai pas payer plus cher. Et c’est pas pour autant que les Architectes renoncent à l’esthétique du projet.
        Voilà d’où me vient cette réflexion.

        Au delà de ça, je ne suis pas contre la rémunération de la partie technique, ni contre le mécénat, mais je préfère financer des oeuvres que des artistes. Je ne souhaite évidemment pas vendre des toiles au m², et qu’un artiste touche une part des ventes de son travail ne me gène pas. Mais d’ici à revendiquer de vivre complètement de son art, je me pose la question. Cependant le mécénat peut imposer des délais et une restriction des coûts, ne permettant pas à une oeuvre d’atteindre sa maturité, ou de s’épanouir pleinement.

        Je rappelle également que les plus grands artistes n’ont pas toujours vécu de leurs arts, et si ça avait été le cas, es ce qu’ils auraient fait des oeuvres aussi belles ?

        J’ajouterai une dernière chose : la confrontation d’un artiste aux réalités quotidiennes, et la pratique d’un travail rémunérateur en parallèle ne nuisent pas à la création. Des écrivains comme Zola ou Hugo s’en sont inspirés rappelez vous.

        Je reste ouvert à vos remarques, je ne viens pas imposer une idée, et vous remercie de laisser votre animosité derrière vous. Par ailleurs je rappelle que les arts naïfs ont laissé apparaître de vraies perles, réalisées par de simples passionnés.

      • Jhal
        Jhal répond à CinPoU
        • Posté à 15h48 le 13/10/2010
        • Internaute 29860

        c’est un peu le cliché pseudo anarchiste défendu par tout ceux qui pronent la diffusion de la culture gratuitement sur le net.
        L’art devrait etre gratuit parce que l’argent c’est sale. bouh ! (comme le dit si bien le titre de l’article).

        le probleme c’est que la pratique artistique, quand elle vise l’excellence, ne souffre pas de compromis. Et ce compromis commence a l’investissement personnel.
        On pourra arguer les 2 ou 3 exemples faciles « chanson ecrite en 5 mn, ecrire un livre c’est facile : tout le monde sait ecrire » sauf que... non.
        d’une part c’est un cliché de penser que la pratique est facile et rapide, d’autre pas il existe moultes forme d’art qui requierent aussi énormément de temps (comme l’illustration, par exemple, dont le temps d’execution est plus facilement mesurable par l’esprit profane)

        De tous temps l’art a été remunéré. D’une facon ou d’une autre.
        Soit en nature (artiste en résidence par exemple) soit par mécénat (mais ce système a aussi des limites d’ordre moral). Le système de rémunération lié au droit d’auteur est par certain une forme de mécénat d’ailleurs, basé sur la popularité.

        par ailleurs il m’apparait plutot desesperant de considérer que tout travail remunéré serait de facto voué a devenir mediocre : est ce la le jugement que vous portez à toute forme de travail (artistique ou non) ?
        Seul le benevolat serait donc digne ?

         
        • CinPoU
          CinPoU répond à Jhal
          Architecte
          • Posté à 19h14 le 13/10/2010
          • Internaute 104781
            Architecte

          Je suis presque entièrement d’accord avec vous.

          Je ne suis pas pour la culture gratuite, mais plutôt pour une license globale, qui peut se baser sur l’actuel redistribution des taxes pour le droit à la copie privée.

          Je ne pense pas non plus qu’écrire ou pratiquer un art est une chose facile. Bien au contraire, je considère que la technique est bien trop souvent négligée. Néanmoins la pratique artistique me paraît agréable dans la mesure où elle permet un accomplissement personnel.

          « De tous temps l’art a été remunéré » là je ne suis pas d’accord. Les peintres de la grotte de Lascaux n’ont pas été rémunéré. Nombreux artistes sont morts dans une totale indifférence. Souvent d’ailleurs des révolutionnaires dans leurs domaines, et qui ne voulaient pas se contenter de la vision des mécènes (je ne sous entends nullement que le mécénat amène obligatoirement à ce modèle).

          Je le répète, je ne suis pas contre la rémunération de l’oeuvre. Cependant créer une oeuvre artistique dans l’unique but de payer son loyer me paraît contre productif. Je ne pense pas que ceux qui touchent un revenus de leur créations offre une qualité artistique moindre. Mais quand l’inspiration ne vient pas et que la fin du mois arrive, la production risque souvent d’être privilégié à la qualité.

          L’indépendance financière vis à vis de sa production artistique (par une rente assurée ou un travail en parallèle), m’apparaisse comme un degré de liberté supplémentaire, c’est à dire qui est un frein en moins à la création.

          • Jhal
            Jhal répond à CinPoU
            • Posté à 09h31 le 14/10/2010
            • Internaute 29860

            mmmh
            d’une part, je ne suis pas certain que prendre un exemple datant de la préhistoire soit le plus pertinent (sauf a souhaiter que tout le monde evolue sauf le milieu artistique), d’autre part on ne sait rien des meurs des « artistes » de l’epoque.

            Par ailleurs il suffit de lire l’article pour comprendre , vu les gains, que cet auteur n’a pas fait son livre pour etre rémunéré, mais que la rémunération est la conséquence du livre.

            Pour finir :
            L’art se nourrit de contrainte. la contrainte finaciere est parfaitement valide.Quand on a le temps et la sécurité, on finit par se poser beaucoup trop de question. Beaucoup de chez d’oeuvres sont des commandes.

            Il ne faut pas raisonner en se basant sur les us et coutumes de quelques artistes ultra riche et ultra mediatiques : ils sont une infime minorité qui masque totalement la realité.

            Puisque vous aimez les exemples historiques : Van Gogh et Mozart sont morts dans la misere, faut il s’en rejouir ?

            • CinPoU
              CinPoU répond à Jhal
              Architecte
              • Posté à 10h45 le 14/10/2010
              • Internaute 104781
                Architecte

              évidemment non, il n’y a pas de quoi se réjouir.

              Mais leurs misères ne viennent elles pas d’un refus de se plier à la volonté d’un mécène, et de faire de la musique traditionnelle ?

              J’ai plutôt eu l’impression en lisant l’article, que l’auteur se plaignait du peu de rémunération, et qu’elle ne comprenait pas pourquoi elle ne gagnait pas sa vie de son art.
              Personnellement, je pense qu’une oeuvre qui touche que 2000 personnes n’en ai peut être pas une.

              • natacha_boussaa
                natacha_boussaa répond à CinPoU
                auteur
                • Posté à 16h16 le 14/10/2010
                • Internaute 124050
                  auteur

                Pardon CinPou, mais alors là votre phrase :

                « Personnellement, je pense qu’une oeuvre qui touche que 2000 personnes n’en ai peut être pas une. »

                est extrêmement choquante.

                Toute l’histoire de l’art est jalonnée d’oeuvres redécouvertes après coup. Et souvent ces redécouvertes ne sont que le fruit du hasard.

                Rien qu’en littérature française, citons l’exemple le plus connu de ce retournement de l’histoire :

                Lautréamont publie son 1 premier chant des « Chants de Maldoror » à compte d’auteur en 1868. La totalité des « Chants » est publiée en 1869 chez un éditeur belge.

                Lautréamont meurt dans l’indifférence un an plus tard.

                En 1874, un éditeur-libraire en Belgique en rachète les exemplaires restants.

                En 1885, la revue littéraire et artistique « Jeune Belgique » en publie un extrait.

                Mais ce n’est qu’en 1917 que Philippe Soupault découvre par hasard Lautréamont. Avec André Breton, ils vont en faire un précurseur du surréalisme et Breton, dans ses « Manifestes », lui donnera vie.

                Quant à mon poète fétiche Rimbaud, aurait-il été redécouvert si Verlaine ne l’avait pas aimé, couché avec lui et ne l’avait fait redécouvrir en 1883 dans ses « Poètes maudits » alors que Rimbaud avait quitté la France depuis déjà longtemps ?

                Selon votre logique donc, « L’élégance du hérisson » est une grande oeuvre ?

              • Jhal
                Jhal répond à CinPoU
                • Posté à 17h39 le 14/10/2010
                • Internaute 29860

                « Personnellement, je pense qu’une oeuvre qui touche que 2000 personnes n’en est peut être pas une. »

                bon manifestement je ne suis pas le seul a être choqué par cette phrase.
                Van gogh (que je citait déjà précédemment) n’était donc pas un artiste de son vivant. merci de nous avoir éclairé.

                Il y a beaucoup de contradictions dans vos propos. vous affirmez d’un coté, que l’art ne devrait pas se soumettre au dictat de l’argent, pour ensuite dire que les artistes qui sont pauvres « refusent de de se plier à la volonté d’un mécène »...
                il faudrait savoir, non ?

                • CinPoU
                  CinPoU répond à Jhal
                  Architecte
                  • Posté à 18h25 le 14/10/2010
                  • Internaute 104781
                    Architecte

                  Bon je laisse tomber ce sujet que je trouve passionnant, mais votre acharnement me fatigue.

                  « Personnellement, je pense qu’une oeuvre qui touche que 2000 personnes n’en est peut être pas une. »

                  Je vais quand même pas faire un cours de syntaxe, mais cette phrase émet un doute pas une affirmation ! Sinon tous les auteurs médiocres peuvent se prendre pour des van gogh parce qu’ils n’ont pas de succès de leur vivant.

                  « Van gogh (que je citait déjà précédemment) n’était donc pas un artiste de son vivant. merci de nous avoir éclairé. »

                  ridicule....

                  C’est la première fois que je poste sur ce site pour essayer de lancer un débat et obtenir différents points de vue. Mais depuis le début, mes propos sont déformés, radicalisés. Vous croyez vraiment être détenteur d’une vérité absolue ? Je me rappelle de vos phrases « depuis toujours les artistes sont rémunérés », et si je cite les premiers artistes ontvient m’expliquer que mon exemple est trop vieux... (je rappelle qu’on a consacré un musée récemment aux arts premiers).

                  En tout cas si le système actuel vous semble juste, qu’il n’y a pas de matière à débattre, et que « les choses ont toujours été comme ça, y’a pas raison que ça change ».

                  Il n’y a aucune contradiction dans mes propos, vous êtes simplement incapable de faire une citation :

                  MOI : « leurs misères ne viennent elles pas d’un refus de se plier à la volonté d’un mécène » (et je parlais pas des artistes en général, mais de van gogh est mozart, mais faut suivre le sujet...)
                  Votre interprétation : « les artistes qui sont pauvres “refusent de de se plier à la volonté d’un mécène”

                  MOI : “Je ne pense pas que ceux qui touchent un revenus de leur créations offre une qualité artistique moindre. Mais quand l’inspiration ne vient pas et que la fin du mois arrive, la production risque souvent d’être privilégié à la qualité.”

                  Votre interprétation : “vous affirmez d’un coté, que l’art ne devrait pas se soumettre au dictat de l’argent”

                  Je croyais me trouver sur un site où le débat se ferait dans le respect et l’écoute, je me suis mis le doigt dans l’oeil bien profond. Et vous vous trouvez profondément choqué de mes propos, pourtant amené avec la plus grande précaution et pleine de doute. Par contre la demande de CV pour justifier le droit de parler d’art, ça ne choque personne.

                  Je vous laisse vous prendre pour Van Gogh parce que vous avez vendu 2000 livres et que vous êtes dans l’insuccès, l’Histoire fera le reste.

                  • Jhal
                    Jhal répond à CinPoU
                    • Posté à 19h25 le 14/10/2010
                    • Internaute 29860

                    Bouh, le monsieur a été contredit et il est faché...
                    à se demander si le monsieur cherchait vraiment le debat.
                    le monsieur n’est pas content car il pense qu’on interprete ses propos, le monsieur oublie que ses propos sont consultables juste au dessus.

                    au revoir, donc.

                    • CinPoU
                      CinPoU répond à Jhal
                      Architecte
                      • Posté à 20h59 le 14/10/2010
                      • Internaute 104781
                        Architecte

                      Je félicite l’auteur pour son titre, et vérifie avec amertume ce constat. Il ne faut pas parler d’argent avec des artistes, le débat ne peut être rationnel et objectif.

                      J’ai bien conscience que ma réponse longue et construite précède cette bafouille, et n’y voit vraiment pas de quoi rougir : ,D

                      • Jhal
                        Jhal répond à CinPoU
                        • Posté à 01h48 le 15/10/2010
                        • Internaute 29860

                        hehe
                        si cela peut vous rassurer, vous n’etes ni rationnel ni objectif.
                        vous etes abreuvé par une forme de pensée unique tres en vogue qui consiste à ne pas considerer la pratique artistique comme digne d’etre rémunéré sous le simple pretexte que certains pratiquent l’art en amateur..

                        Vous avez dit beaucoup de betise, et j’espere que vous aurez un peu evolué.

                        • CinPoU
                          CinPoU répond à Jhal
                          Architecte
                          • Posté à 12h56 le 15/10/2010
                          • Internaute 104781
                            Architecte

                          MOI : « Je ne pense pas que ceux qui touchent un revenus de leur créations offre une qualité artistique moindre. Mais quand l’inspiration ne vient pas et que la fin du mois arrive, la production risque souvent d’être privilégié à la qualité. »

                          il suffit de lire

        10 autres commentaires
  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 15h11 le 12/10/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ben moi j’en ai acheté un exemplaire dont je suis très content, mais je vais pas en acheter un deuxième du même ..
    Par contre J’achèterai les yeux fermés un exemplaire du nouveau . Courage..

    • zoelyon
      zoelyon répond à Numerosix
      femme, maman
      • Posté à 15h43 le 12/10/2010
      • Internaute 85951
        femme, maman

      voulez-vous acheter un des miens ? romans policiers et contes pour enfants ... (« bonnes vacances docteur lefebvre » par exemple)
      bah, je peux essayer non ?

      • Numerosix
        Numerosix répond à zoelyon
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 15h55 le 12/10/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Ben dites toujours .
        Ça devient un peu angoissant pour les écrivains cette pêche aux rares lecteurs/acheteurs de livres .

         
        • zoelyon
          zoelyon répond à Numerosix
          femme, maman
          • Posté à 16h06 le 12/10/2010
          • Internaute 85951
            femme, maman

          Merci ! il est vrai que vendre son livre est difficile lorsqu’on ne dispose d’aucun support commercial à part soi-même. J’ai enchaîné les salons du livres régionaux (Rhône-Alpes) pendant 3 ans avant d’arrêter car partir sur les routes tous les week-end ou presque c’est fatiguant, même si c’est exaltant !

        1 autres commentaires
      • sot6son
        sot6son répond à zoelyon
        Pâtre apatride
        • Posté à 16h01 le 12/10/2010
        • Internaute 120134
          Pâtre apatride

        Jolie pub !
        Si j’en crois ce que je viens de lire sur la page polarnoir, le thème de ce bouquin ressemble assez à The New York Trilogy de Paul Auster - excellent bouquin d’ailleurs.

        Peut-on le trouver en librairie en région parisienne ?

         
        • zoelyon
          zoelyon répond à sot6son
          femme, maman
          • Posté à 16h04 le 12/10/2010
          • Internaute 85951
            femme, maman

          et non, pas en librairie, comme je suis en auto-édition, je ne suis que dans les librairies que je démarche, donc en région lyonnaise, mais je fais de la vente directe si vous voulez ! il y a-t-il un endroit sur la rue où je puisse vous donner des détails ?

          • sot6son
            sot6son répond à zoelyon
            Pâtre apatride
            • Posté à 16h15 le 12/10/2010
            • Internaute 120134
              Pâtre apatride

            Sauf erreur de ma part, en cliquant sur mon pseudo, un des onglets sur la page sur laquelle vous serez dirigée s’intitule « Contacter » ; -)

        2 autres commentaires
    • natacha_boussaa
      natacha_boussaa répond à Numerosix
      auteur
      • Posté à 17h13 le 13/10/2010
      • Internaute 124050
        auteur

      Merci Numerosix :))

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