Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

L'intégrale de l'entretien avec Michel Onfray

Publié le 14/11/2010 à 04h19

C’est ici la version intégrale de l’entretien que nous a accordé Michel Onfray. Il y aborde, avec la précision qu’on lui connaît, tout ce à quoi il a dû faire face au printemps dernier suite au « Crépuscule d’une idole », l’absence de soutien de son éditeur, les intellectuels français d’aujourd’hui, BHL, Badiou, Attali, la religiosité de la psychanalyse freudienne, la politique, la gauche, et l’inscription dans le temps de l’homme d’aujourd’hui.

Première partie : 21 minutes (Voir la vidéo)

Deuxième partie : 32 minutes (Voir la vidéo)


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  • A déménagé le 13-01-2012
    • Posté à 14h03 le 15/11/2010
    • Internaute 18368

    Intéressant.

    Je ne rentre pas dans le fond du sujet (pas assez calé) mais instinctivement j’ai envie qu’il ait raison dans sa dénonciation d’un savoir confisqué puis orienté... sauf qu’à la fin, sa vision de l’information sur Internet (sauvage, inorganisée, incontrôlable...) détonne... c’est quand mêm grâce au net visiblement qu’il peut assurer la défense qu’on lui refuse dans la presse traditionnelle, « aux ordres de l’Université »... :)

    Mais le bonhomme est intéressant, vraiment (je ne le connaissais jusque-là que par ses conférences).

  • mooed
    mooed
    Marea Britanie
    • Posté à 16h53 le 15/11/2010
    • Internaute 53602
      Marea Britanie

    Merci d’avoir publié l’intégralité de cet entretien. Quand on a écouté les 8 années de conférences de l’UPCaen, à la BN par exemple, on sait il me semble qu’Onfray a beaucoup de sensibilité et n’est pas le portrait dressé par ses détracteurs.

    • le_vrai_olaf
      le_vrai_olaf répond à mooed
      Gambler
      • Posté à 18h12 le 15/11/2010
      • Internaute 34765
        Gambler

      Trés intéressant de pouvoir écouter le point de vue argumenté d’un érudit comme Onfray, que l’on soit d’accord ou pas. Merci.
      Dommage cependant pour les micro coupures de son discours lorsque vous affichez vos questions sur fond noir.

  • Six renards
    Six renards
    Esclave heureux de la FPT
    • Posté à 17h47 le 15/11/2010
    • Internaute 73359
      Esclave heureux de la FPT

    Excellent passage concernant BHL, guignol qui n’est pris au sérieux qu’en France, et fait mourir de rire les américains, notamment dans son odieuse prétention de réécrire Tocqueville. Vivement sa mort intellectuelle.

    Dommage que Finkielkraut soit épargné pour une fois, c’est un adversaire un peu plus crédible que notre débile néotocquevillien en question, et j’aimerais bien les voir se battre un peu plus souvent... Ah si seulement il réussissait à se faire inviter sur France Culture dans l’émission « philo“-club-de-conservateurs qui se donnent des tapes dans le dos du samedi matin à 10h, l’antenne deviendrait écoutable à ces heures.

  • Dorsal-
    Dorsal-
    Darwin avait raison
    • Posté à 17h56 le 15/11/2010
    • Internaute 123066
      Darwin avait raison

    Hé bah bravo ! Roudinesco est bel et bien la « capo » de la mafia freudienne... Elle attaque « au porte-feuille » mais en loucedé...
    Onfray est attaqué au même niveau qu’un vulgaire BHL (ou président du CRIF) attaquent régulièrement Dieudonné (ou autre)... On essaye de lui couper le pognon sous le pied et de le couvrir d’une collection d’anathèmes définitifs et pas sympas du tout...
    D’ailleurs Onfray, en tant qu’athée accompli et érudit, s’attaque aux talmuderies... d’où, peut-être, la méchanceté de certains (ex : Gérard Miller et ses co-religionnaires « athées »).
    L’ironie est qu’Onfray a en 2009 bien chié sur Dieudonné en recommandant aux RGs de s’en occuper... à l’époque Onfray frayait bras dessus-bras dessous-chemises ouvertes avec BHL « Mon cher Bernard-Henry/Mon cher Michel »

    La rente freudienne ressemble à s’y méprendre à la rente shoatique (ou siono-shoatique). C’est d’ailleurs sensiblement le même groupe de personnes qui se répand dans la presse pour salir des hommes vivants...

  • Rectificateur-
    • Posté à 18h37 le 15/11/2010
    • Internaute 61581
      pouet

    Lienenvoyé par Lien. - Lien

  • nikho
    nikho
    looser
    • Posté à 19h44 le 15/11/2010
    • Internaute 119102
      looser

    Un entretien très intéressant, comme toujours avec Onfray. Il remue bien les idées reçues et n’hésite pas à s’impliquer personnellement par ses prises de position. J’ai envie de féliciter le courage du bonhomme car, effectivement, notre paysage médiatico-philosophique actuel n’est pas vraiment stimulant...

    Malgré tout, il y a toujours quelque chose qui me chiffonne chez Onfray. C’est peut être après tout ce courage qui prend un peu trop de place. Le philosophe, le chercheur ,laissent trop souvent la place au polémiqueur ! Il cherche la confrontation (sûrement pour forcer ses adversaires à réfléchir) et par là, il retire beaucoup de poids à ses analyses.

    J’avais été très gêné du rejet de la psychanalyse qu’il avait fait sur le plateau de Ruquier au moment de la sortie du livre. Revenir sur la vie de Freud, ses positions équivoques ou contestables, ses mensonges, d’accord... Prétendre que de rester allonger sur un divan pour parler à quelqu’un, ça ne sert à rien, par contre... Ce jour-là, le philosophe nous avait gratifiés d’une longue explication monologuée sur l’inutilité de la parole. C’est vrai que pour certaines professions, il est inutile de payer très cher une heure de divan pour pouvoir s’exprimer !
    De la même manière, dans mon édition des « penseurs grecs avant socrate » (flammarion), il est dit que Démocrite « fut contemporain de Socrate et de Protagoras ».
    Dans la même veine, toujours, comment imaginer une psychanalyse basée sur le corps, dont l’inconscient ne serait que des accumulations d’expériences ? Notre corps, nos silhouettes ne seraient dues qu’à nos expériences ?
    Les analyses me semblent très documentées, vraiment solides et rafraîchissantes et il est regrettable qu’il n’y ait pas plus de débat sur les idées qui peuvent en découler. Ce serait nettement plus intéressant que les règlements de compte !
    Et bravo pour l’analyse politique... on se prend à rêver au philosophe qui viendrait rappeler sa conscience morale à l’élu. C’est peut être ce qui manque, finalement aujourd’hui !

  • pseudohopif
    pseudohopif
    webmaster
    • Posté à 03h58 le 16/11/2010
    • Internaute 62657
      webmaster

    Quelle partialité dans cette vision du matérialisme de l’inconscient...

    Aveuglement ou malhonnêteté intellectuelle ?
    L’homme n’est pas simplement un corps ni seulement un esprit, mais bien les deux.

    Les analyses palliatives de Onfray reflètent bien la tristesse allopathique qu’entraine cette perception si limité de la réalité qu’a l’homme dit moderne. Le terreau du nihilisme en somme.

    Chaque chose ayant son prix, en matérialisant de la sorte l’homme dans son ensemble la boucle est bouclée. C’est bien la le prolongement de la logique capitaliste du marché qui nous domine tous.
    L’homme n’est plus qu’une marchandise.
    Merci Onfray pour ce remarquable et sombre apport à notre patrimoine intellectuel et philosophique...

  • temudjin1155-
    temudjin1155-
    Horror humanum est
    • Posté à 07h30 le 16/11/2010
    • Internaute 127128
      Horror humanum est

    Y’a peut-être un truc qu’a dû mal passer pour ses détracteurs... Pour les uns ça concerne l’utilité de leur profession (leur présence dans la société s’effondre, comment justifier qu’on s’engraisse en étant l’élève de Freud avec ce que dénonce Onfray). Pour les autres, ça concerne le crédit qu’ils ont accordé à une science dont le totem serait Freud, le tabou son passé et d’en sortir vraiment indemnes, ne pas être souillés à l’idée d’avoir cherché des réponses, d’avoir vu en cet homme une icône quand on pense à ce qu’il a pu être. Concernant BHL... C’est comme à l’église, c’est la confirmation !
    Merci pour ce document et pour avoir laissé son droit de réponse à celui qui subit un lynchage médiatique

  • k-i
    k-i
    endimanché
    • Posté à 14h52 le 16/11/2010
    • Internaute 55073
      endimanché

    un lapsus : le « pouvoir » à la place de la « candidature » (à 23’ dans la deuxième partie)

    ça donne envie de se laisser aller au genre d’usurpation dont était coutumier le père Sigmund et d’affabuler sur un aveu d’éjaculation précoce... (en tous cas, ça fait glousser Hubert)

  • clementchene
    clementchene
    Infographiste
    • Posté à 18h48 le 16/11/2010
    • Internaute 104624
      Infographiste

    Très intéressant ce Michel. Merci pour cette interview.

  • Casanovette
    Casanovette
    Entrepreneur
    • Posté à 23h48 le 16/11/2010
    • Internaute 133313
      Entrepreneur

    « ... quelle partialité dans cette vision du matérialisme de l’inconscient ... » ?

    Sans vouloir jouer l’avocate du « diable », sans doute, s’il y avait effectivement partialité dans cette vision du matérialisme de l’inconscient, devrions nous nous en prémunir en évitant par nos commentaires, de faire preuve de partialité dans notre vision du matérialisme tout court : Le terme de matérialisme peut recouvrir plusieurs sens et celui qu’utilise M.Onfray est, mes semble-t-il, aux antipodes de la pensée et du sens que vous lui prêter. Votre interprétation me semble éronnée du fait de votre compréhension du terme « matérialisme ». Peut-être devriez-vous travailler la question ?

  • Boojum
    Boojum
    sociologue
    • Posté à 16h00 le 17/11/2010
    • Internaute 133406
      sociologue

    Entre Freud et Onfray, le plus matérialiste des deux est Freud, bien entendu, puisque celui-ci reconnaît les symptômes (phobies, obsessions, compulsions, hallucinations, etc) comme des manifestations de la vie inconsciente. Symptômes qui peuvent être déchiffrés comme un texte, dit Freud. Tandis qu’Onfray se refuse résolument à reconnaître la dimension psychique des symptômes, que ce soit chez Dora, chez le petit Hans ou l’Homme aux rats. En effet, à lire Onfray, la phobie des chevaux du petit Hans n’est rien d’autre qu’une peur naturelle, les sensations d’étouffement de Dora ont une cause organique et les obsessions de l’Homme au rats relèvent de la fantasmagorie. La volonté d’ignorance abyssale d’Onfray quant à la vie psychique des êtres parlants est due à son trajet personnel mais elle repose aussi sur une erreur radicale qui tient à son pseudo-matérialisme, à savoir qu’il ne saisit pas que le langage dans lequel nous baignons est également un corps, que celui-ci est tout aussi matériel que notre corps. Le langage, ce corps subtil, disait Lacan. Notre corps est travaillé par le langage. C’est ça que Freud perçoit génialement au contact ses premières hystériques. Et c’est ça qu’Onfray ne veut pas comprendre.

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