Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Mes séances de travail avec Houellebecq, écrivain prophète

Lilas Seewald
éditrice
Publié le 01/01/2011 à 09h32

(De nos archives) Ils arrivent jusqu’à nous le plus souvent via la boîte mail « contact@rue89.com », parfois par le téléphone ou par quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît Rue89. D’autres apparaissent dans les commentaires. Dans le cas présent, le Cabinet de lecture avait demandé une tribune à l’éditrice Lilas Seewald, ce qu’elle a accepté.

Certains témoignages nous touchent ou retiennent notre attention, parce qu’ils nous semblent incarner ce qui agite notre société : leur « ordinarité », exemplarité, la sincérité, la manière dont ils sont rédigés.

Nous contactons alors l’auteur, nous évaluons la légitimité de son témoignage, et l’aidons à le préciser, ou le simplifier en l’avertissant que les riverains viendront ensuite donner leur avis sur sa vie, et que ça peut être rude, parfois.

Jusqu’au 4 janvier, nous sortons de nos archives 2010 neuf de ces témoignages parmi les plus représentatifs des contributions des internautes.

Ce sont également ceux, pour la plupart, que nous avons sélectionnés dans le dernier numéro du mensuel de Rue89, en kiosque jusqu’à la fin du mois de janvier, et qui retrace un an de Rue89.


Lilas Seewald est éditrice aux éditions Fayard. C’est à ce titre qu’en 2005, sous l’autorité de Raphaël Sorin (le « découvreur » de Houellebecq), elle a travaillé le manuscrit de « La Possibilité d’une île » avec l’écrivain. Pour Rue89, elle a accepté de raconter comment on travaille sur et avec Michel Houellebecq, cet « événement international, littéraire et industriel » ? H.A.

Il y a un peu plus de cinq ans, j’ai appartenu à l’équipe éditoriale chargée de l’édition et du lancement de sa Bible, « La Possibilité d’une île », chez Fayard, dirigée par Claude Durand et Raphaël Sorin.

« Evénement international, littéraire et industriel »

L’éditorial prend en charge la préparation du texte, les échanges avec l’auteur jusqu’au bon à tirer et le suivi de fabrication. Il travaille en cheville avec le commercial et le marketing, élabore avec les cessions de droits et l’agent la meilleure stratégie de publication en poche et à l’étranger, met au point la communication avec la presse. Rien de tout cela ne se fait sans l’auteur.

La publication d’un Houellebecq est un événement international, littéraire et industriel. Des mois à l’avance, avant même que le texte soit achevé, l’édition bruit de rumeurs, la presse cherche le scoop, tout le monde en parle.

Chez l’éditeur, on se prépare. Les occasions sont rares de mettre au service d’une telle puissance poétique les compétences des meilleurs chefs de rang. On réunit donc l’orchestre à la tête duquel Michel Houellebecq se placera, les instruments s’accordent, le désir enfle.

Houellebecq, lui, ne livre rien avant d’être satisfait. Il travaille seul, retiré du monde et ne donne que peu de nouvelles. De toute façon, on a rendez-vous. Alors, on attend, dans les starting-blocks.

Le jour dit, Michel livre son texte. Toutes affaires cessantes, on imprime le roman et on rentre chez soi, pour lire au secret. Rien ne filtrera avant plusieurs semaines intenses, le temps que le texte soit définitivement établi. A ce moment seulement les épreuves partiront pour l’étranger et chez certains journalistes.

Mais pour l’heure on soupèse l’étoffe, on admire le point, on vérifie chaque maille.

« On songe à la composition au plomb »

Michel Houellebecq est un homme de peu de mots avec qui ne se lie aucune relation affective. Détaché, comme désincarné, la seule chose qui le relie à vous, c’est son œuvre.

Auteur extrêmement vigilant, soucieux du détail, tout fait sens et il sait précisément ce qu’il veut. Il reprend, retouche, interroge si nécessaire.

Travailler avec lui se fait dans le silence. Je me souviens de séances dans la fumée de tabac, à nous échanger des pages, assis côte à côte, à négocier d’un trait de crayon, d’un regard, de quelques mots.

Parfois de longues phrases semblaient vouloir fuser, qu’il retenait en mâchonnant le filtre de sa cigarette, les yeux mi-clos ; c’est sur le papier qu’il devait articuler.

Il assiste, comme dans une forme de transe, à toutes les étapes, jusque dans l’atelier de composition, derrière l’écran ; il règle la partition, vérifie la répartition des blancs. On songe à la composition au plomb, amoureuse, lente, et à Apollinaire. Avec Houellebecq, le temps est une matière.

« Détaché du monde, n’en réclamant plus aucune consolation »

Que ce soit pour la couverture, la composition intérieure, la publicité, les cessions ou les relations à la presse, il pose donc toutes les conditions et se montre intransigeant. Il n’oublie rien et rien ne se fait au hasard.

Il a remis la liste exacte des personnes qu’il souhaite rencontrer. Nous sommes tous, pour un temps, ses collaborateurs, comme le fondeur celui du sculpteur.

Il est le seul artiste dont je garderai avec une telle force le souvenir du silence et la sensation palpable de l’altérité. Détaché du monde, n’en réclamant plus aucune consolation, mais me l’enseignant à travers son intelligence supérieure : son œuvre.

Anecdote, s’il en faut une : on parle souvent de son absence de générosité. On confond avec dépouillement, sans doute. Le jour de notre première rencontre, il a pris le temps de m’offrir un petit déjeuner !

Cinq ans après la chute du Mur, alors que nos sociétés occidentales bâties sur des clivages anciens vibraient d’inquiétude face à un libéralisme agressif et un individualisme galopant, Michel Houellebecq avait rencontré son époque. Dès le premier roman.

Houellebecq incarne le malaise qui fait la substance de son œuvre

Cette rencontre exceptionnelle, rare, entre un homme, son art et un besoin collectif inconscient de se dire, lui a aussitôt conféré une dimension quasi prophétique. Pourtant, son personnage dérange : étrange, imprenable, quasi intouchable, médiatiquement agaçant, il semble incarner le malaise qui fait la substance de son œuvre.

En treize livres, dont cinq romans, Michel Houellebecq a ordonné le monde contemporain, articulé ses angoisses et défini ses emblèmes : solitude, dé-liaison, angoisse de la mort, crise du couple, vanité du plaisir, inanité des religions, hypnose de la consommation, aspiration à vivre autrement…

Il use de formes éprouvées de narration pour bâtir une œuvre complexe et puissante, alternant romans programmes et fables. Simple et agréable à lire, il dérange les conformismes, sa méchanceté soulage et son humour libère.

Michel Houellebecq a fondé une forme de « littérature d’intervention » qui n’est pas sans rappeler les performances en arts plastiques.

Pour lui emprunter sa définition de l’art de Marcel Duchamp, il a su « créer une parabole efficace, qui est reprise et narrée de manière plus ou moins déformée par des tiers, afin de modifier par contrecoup l’ensemble de la société » (« La Possibilité d’une île », p. 151).

On en sort neuf, doué d’une énergie sexuelle prodigieuse (« Plateforme »), libéré spirituellement (« La Possibilité d’une île »), enfin lavé de la peur, comme à distance des contingences (« La Carte et le territoire »).

Témoignage initialement publié le 20 septembre 2010.

Vidéo : bande-annonce de « La Possibilité d’une île », adaptation de son roman par l’auteur.

  • 30162 visites
  • 112 réactions
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  • Lurker
    Lurker
    Neant
    • Posté à 18h30 le 20/09/2010
    • Internaute 43564
      Neant

    Monsieur Artus, ça fait peut-être vendre, mais n’êtes vous obligé de parler *que* des trucs mainstream ? Houellebecq, on aime ou on aime pas, mais il me semble que tout le monde a pu voir ses (nombreuses) pubs, sur le net, à la télé, à la radio, dans la presse. On sait qu’il existe, personne ne le découvre.
    Les auteurs moins connus (mais tout aussi talentueux) ne vous intéressent pas, ou c’est uniquement une question de notoriété ? La littérature ne se limite pas aux trois auteurs dont on nous gave ad nauseum, mais j’ai l’impression que cela vous échappe (ou, comme je le pense un peu plus, c’est une question de ligne éditoriale et/ou de carrière. Dans ce cas, ma critique prend tout son sens.)

    En clair : Houellebecq, ras le cul. Ne vous inquiétez pas pour lui, il en vend du bouquin. Pas les autres.

    • lancetre
      lancetre répond à Lurker
      • Posté à 18h50 le 20/09/2010
      • Internaute 18658

      Hubert Artus a donné la parole longuement à Natacha Boussaa, auteure de l’excellent Il vous faudra nous tuer, paru aux éditions Denoel.

      Par ailleurs, le texte publié à présent sur Houellebecq est tellement grotesque dans la vénération et l’admiration béate du gourou, il montre de manière si évidente qu’un houellebecq se lance comme une savonnette, mais « sans prendre les garanties de qualité que l’on exige précisément d’une savonnette » (Pierre Vidal-Naquet raillant BHL en...1979) qu’il ne peut inciter personne à acheter ce produit d’une équipe de marketing.

    • McRasta
      McRasta répond à Lurker
      Humain
      • Posté à 18h56 le 20/09/2010
      • Internaute 71884
        Humain

      SI je connaissais cet auteur, j’aurais certainement partagé votre point de vue.

      Par je ne sais quel miracle, je suis passé à coté du matraquage publicitaire que vous décrivez, cet article m’a donc intéressé.

      Qu’il doit être dur pour un journaliste de traiter d’un personne publique vivante sans être accusé de vouloir en faire la publicité ou d’en démonter l’image !
      Surtout si la personne en question est associé a une action commerciale ..

      • Don_Lorenjy
        Don_Lorenjy répond à McRasta
        Ecriveur à Annecy
        • Posté à 09h31 le 21/09/2010
        • Internaute 20427
          Ecriveur à Annecy

        Pas d’accusation publicitaire, puisque rien ne sert d’accuser, mais il s’agit bien d’une publicité pour l’homme Houellebecq et ses livres.
        A part un bref paragraphe donnant quelques notations fugaces sur le travail du « maître », rien d’autre qu’un panégyrique assez convenu jusque dans sa dithyrambe (comment je me la pète avec des mots plus grands que moi !).

        J’en déduis que Houellebecq doit avoir une certaine importance pour susciter de telles actions de communication très personnalisées.

         
        • Papayuf
          Papayuf répond à Don_Lorenjy
          • Posté à 12h18 le 02/01/2011
          • Internaute 50618

          « il s’agit bien d’une publicité » bien d’accord. D’ailleurs, celle qui écrit n’est-elle pas éditrice ?
          Que vaut l’éloge du produit de la part de celui qui le vend ?

        1 autres commentaires
    • Quercus
      Quercus répond à Lurker
      enseignant
      • Posté à 21h06 le 20/09/2010
      • Expert 67258
        enseignant

      Oui, ras le c... +1 !
      ...mais « ad nauseam », et non « ad nauseum »...

      • egide
        egide répond à Quercus
        Littéral
        • Posté à 23h12 le 20/09/2010
        • Internaute 45067
          Littéral

  • lancetre
    • Posté à 18h42 le 20/09/2010
    • Internaute 18658

    Au secours, Houellebecq revient ! par Eric Naulleau.

    Toujours en vente libre.

    Plus que jamais d’actualité.

    • Anonyme répond à lancetre

      Total respect pour l’éditeur, mais depuis qu’il arrondit ses fins de mois chez Ruquier, E.N. s’est beaucoup démonétisé, je trouve.

      • lancetre
        lancetre répond à Chele
        • Posté à 19h05 le 21/09/2010
        • Internaute 18658

        Vous le dites plus directement que moi, mais en résumé, c’est à peu près ça.

        Aux dernières nouvelles, ce n’est pas un gag : elle existe, et son article n’est pas du tout ironique !

      • lancetre
        lancetre répond à Chele
        • Posté à 19h26 le 21/09/2010
        • Internaute 18658

        Doublon.

  • lancetre
    • Posté à 18h54 le 20/09/2010
    • Internaute 18658

    Questions à Hubert Artus :

    1) Lilas Seewald existe-t-elle ? Ou n’est-elle qu’un pseudo que vous avez trouvé pour vous payer la tête de Houellebecq ?

    2) Ce texte est-il vraiment écrit au premier degré ?

    Cela parait tellement ridicule...

    « on en sort neuf, doué d’une énergie sexuelle prodigieuse... »

    Rassurez-moi : c’est une blague, n’est-ce pas ?

    De l’ironie, forcément ?

    Elle ne PEUT PAS être sérieuse ?

  • LG240
    • Posté à 18h56 le 20/09/2010
    • Internaute 23978

    Houellebecq « événement international, littéraire et industriel », c’est déjà suffisamment ridicule de l’écrire une fois, mais trois fois dans les quatre premiers paragraphes....Pas étonnant qu’à l’étranger on pense que tous les bons écrivains français sont morts

  • lancetre
    • Posté à 18h59 le 20/09/2010
    • Internaute 18658

    « En treize livres, Michel Houellebecq a ordonné le monde contemporain... »

    On croirait lire une journaliste roumaine de la grande époque vantant l’oeuvre du Conducator...

    Non, décidément, je crois que cet article est une farce.

    Il n’est pas pensable que de pareilles courtisanes existent encore, en France, en 2010.

    C’est à lire au second degré.

  • lancetre
    • Posté à 19h04 le 20/09/2010
    • Internaute 18658

    « Il est généreux : après avoir perçu plusieurs millions d’euros d’à valoir, il m’a offert...le petit déjeuner “ ! ! ! !

    Bon, je n’en doute plus : c’est un gag !

  • a déménagé le 29 septembre
    • Posté à 19h04 le 20/09/2010
    • Internaute 126368

    pourquoi elle fait pas un livre ?

  • A déménagé le 13-01-2012
    • Posté à 19h08 le 20/09/2010
    • Internaute 18368

    Et une belle page de pub qui ne coûte pas grand chose à l’éditeur...

    Quelque soit le talent de l’écrivain en question (je ne l’ai pas lu, je ne le juge pas), ce texte est beaucoup trop hagiographique pour être vrai... on se demande même si l’écrivain ne guérit pas les écrouelles après le petit-déjeûner offert !
    Je veux bien croire que cette personne ait éprouvé une forme de contentement dans son travail mais trop c’est trop... ça finit par se voir !

    Même la phrase d’intro sonne faux :
    « Pour Rue89, elle a accepté de raconter comment on travaille sur et avec Michel Houellebecq... »
    Ben, voyons ! Quelle générosité là aussi... j’en pleure... de rire !
    C’est toujours ça de gagné ! ! : -D

  • mixture fait maison
    • Posté à 19h14 le 20/09/2010
    • Internaute 91546

    Cet article est beaucoup mieux écrit que le vôtre sur le même sujet, M. Hartus.
    Lien

    Mais le matraquage soviétique sur un auteur comme ça c’est du plus haut comique.

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 19h18 le 20/09/2010
    • Internaute 66286
       : -\

    Très beau texte.

    Le fait qu’il en irrite ici bas me ravit encore plus.

    Félicitations.

    • lancetre
      lancetre répond à obey-
      • Posté à 20h34 le 20/09/2010
      • Internaute 18658

      Encensée par obey !

      Ne manquait plus que ça !

      Décidément, c’est la fête !

       : -)))))))

    • Patty
      Patty répond à obey-
      • Posté à 13h09 le 21/09/2010
      • Internaute 3413

      Pareil ! D’ailleurs, je trouve un peu inquiétante l’unanimité autour de son dernier livre que je n’ai pas encore lu.

  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 19h29 le 20/09/2010
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    j’peux pas lire houellebecq, j’ai pas fini proust !

  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 20h29 le 20/09/2010
    • Internaute 49037
      promeneur écoutant

    Cet article est assez caricatural pour qu’on flaire vite la supercherie. Quoiqu’il en soit, c’est plutôt drôle et très bien vu. Bravo !

  • krakoukas
    krakoukas
    enseignant
    • Posté à 20h36 le 20/09/2010
    • Expert 125388
      enseignant

    je pense moi aussi que cet article est une blague....
    mais au cas où...
    c’est presque comparer houellebecq à beaudelaire (ça lui fairait bien plaisir (à houellebecq pas à beaudelaire !)) reprenant à la plume la couverture des fleurs du mal...
    faut pas délirer ! houellebecq n’est pas un écrivain mondial mais par contre il sait bien utliser les médias on l voit partout !

    • lancetre
      lancetre répond à krakoukas
      • Posté à 20h49 le 20/09/2010
      • Internaute 18658

      Je viens de vérifier.

      Il existe bel et bien une Lilas Seewald, qui travaille chez Fayard et aide les auteurs maladroits à réécrire leurs textes en fonction des attentes du chaland.

      Consternant.

      • Hubert Artus
        Hubert Artus répond à lancetre
        Rue89
        • Posté à 02h02 le 21/09/2010
          rédacteur
        • Journaliste 56
          Rue89

        Bonsoir,

        D’une part, avant de vous prononcer sur Mme Seewald, je vous suggère d’aller voir qui elle édite.

        D’autre part, comment être d’accord avec une si basse vision des livres publiés ? ... Pour vous, un éditeur est quelqu’un qui aide les auteurs maladroits, dans une optique uniquement marketting ? Vraiment ? Vous avez trop lu sur Marc Lévy.
        Vous pensez sincèrement que les écrivains (par exemple, dans les vivants, citons Ellroy, DeLillo, Peace, Jauffret, Le Clézio, Modiano, ou qui vous voudrez) le seraient s’ils n’avaient pas, tout le temps, un éditeur qui installe avec eux un rapport de force créatif ? ... Il n’y a pas de grand auteur sans grand éditeur, ça n’existe pas.

         
        • alexandre libr
          alexandre libr répond à Hubert Artus
          'pataphysicien
          • Posté à 12h45 le 21/09/2010
          • Internaute 106514
            'pataphysicien

          « Il n’y a pas de grand auteur sans grand éditeur, ça n’existe pas »

          il est vrai que les editeurs installes voient d’un oeil effraye l’emmergence de l’autoedition, des e-books et autres supressions d’intermediaires consensuels et relationnaires.

          et le salon des refuses des editeurs c’est pour qui ?

          non ca n’existe pas les bons auteurs sans circuits commerciaux...

        • La mouche du coche-
          La mouche du coche- répond à Hubert Artus
          diptère
          • Posté à 10h46 le 01/01/2011
          • Internaute 45466
            diptère

          z
          z
          « Il n’y a pas de grand auteur sans grand éditeur, ça n’existe pas »

          Juste Apollinaire, Proust, André Gide ou Montherlant se sont auto-édités.

          C’est le problème lorsque l’on est dans un cercle de copains, on commence à s’y croire, et se croire indispensable.
          Je pense que vous feriez bien de lire les livres qu’on vous présente POUR CE QU’ILS SONT, et non pour la sympathie de la nana qui vous les présente. Dites-vous qu’elle est payée pour ça, pour être sympa avec vous. Devinez pourquoi.
          z
          z

        • Spiripotain
          Spiripotain répond à Hubert Artus
          promeneur écoutant
          • Posté à 13h42 le 01/01/2011
          • Internaute 49037
            promeneur écoutant

          Ce n’éveille rien en vous le fait qu’un commentateur sur deux prenne ce texte pour une farce ?

        3 autres commentaires
  • ker
    ker
    • Posté à 20h41 le 20/09/2010
    • Internaute 12793

    Il a ecrit un tres bon roman, le premier, le reste n’est que longueur, faute de ne pouvoir aller au dela du constat.
    Le probleme de Houellebecq c’est qu’il a(vait) une sensibilite de gauche mais le cerveau etrique d’un homme de droite, incapable d’analyser le monde et sans curiosite reel pour ce qui depasse son horizon social. Et depuis qu’il reflechi on s’ennui. Mais les critiques aiment, y compris ceux de france inter avec « leur rire convenus insupportables ».

    L’extension du domaine de la lutte est un roman utile pour penser la necessite de rompre avec l’economie « moderne » qui a dehumanise le monde, isole l’individu et qui va se faire dechirer dans la violence d’etre qui ne supporte plus cette souffrance mental. Le reste n’est que daube et fatuite. Bon pour le goncourt.

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à ker
      Fonctionnaire. A voté!
      • Posté à 07h27 le 21/09/2010
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire. A voté!

      Mouais... si l’on se place d’un strict point de vue littéraire, l’auteur de droite (lui aussi parti de la gauche) Barbey d’Aurevilly est un peu plus réjouissant que la dame de gauche George Sand. Châteaubriand, légitimiste, est bien meilleur écrivain que Mme de Staël, aussi sympathique que le soit cette dernière, qui semble avoir mis son génie dans sa vie et seulement son talent dans son œuvre. L’auteur de droite Balzac n’a pas moins de grandeur, de talent, de sensibilité que Stendhal, homme de gauche qu’il admirait.

      « L’extension du domaine de la lutte est un roman utile pour penser la necessite de rompre avec l’economie “moderne” ». Oui, enfin, moi j’aurais plutôt tendance à attribuer cette fonction d’hygiène intellectuelle aux ouvrages de Bernard Maris. A quoi « servent » A rebours, Lolita ou Le livre du rire et de l’oubli ?

      • lancetre
        • Posté à 19h35 le 21/09/2010
        • Internaute 18658

        Stendhal, l’auteur préféré de Brasillach, un « homme de gauche “ ?

        .......... ? ? ? ? ? ? ? .........

        Je ne crois pas d’ailleurs que des critères politiques aussi simplistes doivent entrer en ligne de compte pour émettre une opinion sur une oeuvre littéraire.

        J’aime beaucoup le Voyage au bout de la Nuit.

        Ce n’est pas pour autant, cela va de soi, que je partage le délire antisémite des pamphlets céliniens.

         
        • We want a shrubbery
          We want a shrubbery répond à lancetre
          Fonctionnaire. A voté!
          • Posté à 20h18 le 21/09/2010
          • Internaute 100046
            Fonctionnaire. A voté!

          « Stendhal, l’auteur préféré de Brasillach, un “homme de gauche ‘’ ?

          Pourquoi pas, Aragon révérait Barrès ! Rien n’est simple.

        1 autres commentaires
    • Critik
      Critik répond à ker
      Pentagruéliste assidu
      • Posté à 17h13 le 01/01/2011
      • Internaute 131541
        Pentagruéliste assidu

      Quel commentaire nauséabond...

      • ker
        ker répond à Critik
        • Posté à 20h29 le 01/01/2011
        • Internaute 12793

        Derriere leur ecran, un monde vide et blanc,
        des signes etals, gisant la sans ames

        Et sur chaque avis,
        viendra mon avis...

        Pour vivre, parler,
        Vide reponds plus vide.
        Nos bouches sont fermees,
        Nos coeur plein de rides

        Toi, tu n’aura jamais la derniere parole...
        partout on s’agite pour retrouver son role

        On a tue l’envie et nous vivons d’ennui
        Errant sans jamais retrouver d’appui

        Des livres bavards, quelques petites miseres,
        De leur lettre noir ont tout recouvert

        Et l’on cherche en vain,parmis ce parterre,
        toutes ces feuilles mortes, une couleurs moins austeres.

        La vie, dont alors
        vivaient l’esprit fort,
        s’en est alle la bas,
        passer la frontieres

  • F
    F
    • Posté à 20h41 le 20/09/2010
    • Internaute 3360

    Sur ce sujet, voici la petite mise au point de Pierre Jourde. À lire sur Bibliobs : Lien

    • lancetre
      lancetre répond à F
      • Posté à 20h58 le 20/09/2010
      • Internaute 18658

      Merci pour ce lien !

      Pierre Jourde, comme toujours, vise juste !

      J’ai particulièrement apprécié la comparaison entre Houellebecq et Gérard de Villiers.

       : -)))

      • Anonyme répond à lancetre

        « Pierre Jourde, comme toujours, vise juste ! »

        Sauf dans ses bouquins, on attend toujours le chef d’oeuvre.

         
        • We want a shrubbery
          We want a shrubbery
          Fonctionnaire. A voté!
          • Posté à 12h02 le 22/09/2010
          • Internaute 100046
            Fonctionnaire. A voté!

          Oui, enfin un chef-d’oeuvre ça ne se pond pas comme ça comme une bonne cocotte pond son oeuf, et on n’est pas obligé d’en écrire un pour être un écrivain honorable. J’ai lu quelques-uns des livres de Pierre Jourde, et à défaut de chef-d’oeuvre (quoique Pays perdu...) j’ai trouvé une lecture prenante, une vision très personnelle et un véritable style. Ce n’est déjà pas si mal. Si vous ne lisez que des chefs-d’oeuvre et ne prenez en considération que ceux qui en ont écrit, vos plaisirs doivent être bien limités.

          • Anonyme répond à We want a shrubbery

            Vous inquiétez pas pour mes plaisirs, We want a shrubbery : -), Jourde, je le trouve surtout saignant pour balancer sur autrui.
            J’irai néanmoins jeter un oeil au livre que vous me dites, quand on me parle bien de quelque chose, je suis toujours tenté..

          • Anonyme répond à We want a shrubbery

            Si vous ne lisez que des chefs-d’œuvre et ne prenez en considération que ceux qui en ont écrit, vos plaisirs doivent être bien limités.

            Je vous prie de m’excusez, mais je ne vois pas bien en quoi lire des chefs-d’œuvre limiterait le plaisir des lectures.

            • We want a shrubbery
              We want a shrubbery
              Fonctionnaire. A voté!
              • Posté à 16h25 le 22/09/2010
              • Internaute 100046
                Fonctionnaire. A voté!

              j’ai bien écrit : ne lire « que “des chefs-d’oeuvre. Il me semble.

              • Anonyme répond à We want a shrubbery

                N’avez pas tort. J’aurais dû écrire « en quoi ne lire que des chefs d’œuvre » (reconnus comme tels par plusieurs générations de lecteurs) limiterait le plaisir des lectures. »

                Mais on ne va pas se taper verbalement sur la figure pour à la fois tant et si peu (par « si peu », je parle de mon post).

        • lancetre
          • Posté à 21h10 le 22/09/2010
          • Internaute 18658

          Avez-vous lu Festins secrets ?

          C’est quand même autre chose que du Houellebecq !

          • Anonyme répond à lancetre

            Je note, merci Lancêtre.

            • lancetre
              • Posté à 23h17 le 22/09/2010
              • Internaute 18658

              Il existe maintenant en poche.

              Dans ce livre, qui à mon sens reste son meilleur roman, Jourde parvient à créer une atmosphère étrange.

              On hésite toujours entre le rêve et la réalité.

              Et lorsque le livre est refermé, on n’a pas de réponse certaine, rationnelle.

              Qu’est-ce qui a été rêvé ? Quels évènements se sont réellement déroulés ? On peut imaginer que la quasi-totalité du roman ne fut qu’un rêve d’un voyageur endormi dans un train, ou au contraire que tout a vraiment eu lieu.

              De la belle ouvrage...

              Et la scène de la pré-rentrée du jeune prof est un morceau d’anthologie, criant de vérité.

               : -)))

              • Anonyme répond à lancetre

                Merci de vous donner cette peine de m’expliquer, on sent que vous aimez les livres, que c’est pas du chiqué.

                Je vous dois une réponse sur un autre post, j’y file.

        9 autres commentaires
    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à F
      Fonctionnaire. A voté!
      • Posté à 22h36 le 20/09/2010
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire. A voté!

      Rhaaa, Pierre Jourde, je vais finir par la demander en mariage.

      J’ai surtout aimé la référence à Tex Avery. C’est vrai que Houellebecq présente quelques similitudes avec Droopy.

  • alangaja
    alangaja
    "Bank brother is watching you"
    • Posté à 20h57 le 20/09/2010
    • Internaute 93690
      "Bank brother is watching you"

    c’est pitoyable ! un des pires articles sortis sur rue84. et quand on pense que vous choisissez les livres à paraître...

    • lancetre
      lancetre répond à alangaja
      • Posté à 21h23 le 20/09/2010
      • Internaute 18658

      Tiens, c’est une idée !

      Si les riverains choisissaient chaque année, un peu sur le modèle des Gérard du cinéma, le pire article paru dans La Rue ?

      Une pré-sélection serait effectuée parmi les articles les plus nazés.

      Serraf, bien entendu, serait placé hors-compétition.

      Ses exceptionnelles capacités supprimeraient tout suspense.

      Pour la période récente, j’hésite entre cet article de, donc, Lilas, puisqu’il semble bien qu’elle existe et qu’elle ne se soit pas rendu compte une seconde du ridicule de ses épanchements, et l’article récent de l’avocate d’un pédophile condamné à quinze ans de réclusion pour avoir violé des gamines de huit ans.

      Avocate qui omettait de nous préciser qui la payait et mettait en cause les mères des enfants violées, sans le moindre début de commencement de preuve.

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