L'ex-Guignol Bruno Gaccio pour la prise en compte du vote blanc
Le ministre de la Santé Xavier Bertrand a appelé lundi les électeurs de l’UMP à voter blanc en cas de duels PS/FN au second tour des cantonales dimanche.
Un coup de pub inespéré pour la nouvelle cause de Bruno Gaccio qui, en pleine promotion de son livre « La Révolution ? On s’rappelle... » et alors que médias et classe politique s’alarmaient des sondages plaçant Marine Le Pen en tête du premier tour à la présidentielle, s’est saisi d’une vieille idée : la comptabilisation des votes blancs comme des suffrages exprimés.

« La Révolution ? On s’rappelle », par Bruno Gaccio (éd. Descartes et Cie).
En France, l’article L66 du code électoral ne distingue pas un vote nul d’un vote blanc : aucun des deux n’est valable. Pourtant, l’un d’eux exprime une position : voter blanc, c’est participer à la vie électorale et démocratique en disant son désaccord avec la totalité de ce qui y est, ou ceux qui y sont, proposé(s).
« Pour moi, l’essence de la démocratie », dit l’ancien auteur des « Guignols de l’info » et désormais producteur pour Canal +.
Un simple alinéa rédigé en un week-end
Rapidement, Gaccio a pu rencontrer le constitutionnaliste Guy Carcassonne, ancien collaborateur de Michel Rocard à Matignon, qui lui a confirmé qu’il n’existait aucune embuche constitutionnelle à la reconnaissance de ces bulletins.
En un week-end, Carcassonne a rédigé une très courte proposition de loi, un simple alinéa en deux points de l’article L66. (Voir la lecture de cette proposition par Bruno Gaccio)
Ce mercredi à l’Assemblée
Une fois la proposition rédigée par Guy Carcassonne, le député PS du Finistère Jean-Jacques Urvoas s’est engagé à la présenter devant l’Assemblée dans le cadre de la loi de simplification du code électoral, sur laquelle le Sénat planche toujours actuellement.
Gaccio nous informait durant l’entretien que le texte serait proposé par Urvoas le 23 mars. D’ici là, et surtout après, il espère convaincre les dirigeants de chaque parti soit de le rencontrer, soit de prendre acte de l’avancée démocratique que représente la reconnaissance du vote blanc. (Voir la vidéo)
« Ni contre l’UMP, le PS, ou l’extrême gauche »
« La Révolution ? On s’rappelle »
Un titre gaguesque en référence à ces choses qu’on remet toujours au lendemain.
Une autofiction mi-naïve, mi-citoyenne, où Gaccio passe en revue sa propre vie d’adulte (femmes, sexe, travail) et surtout les mille et une raisons de se révolter.
Un livre pour les fans, mais pour lequel on doit à Gaccio d’avoir joint le geste aux paroles.
Il s’agit certes d’une vieille antienne de la vie démocratique. On pourra objecter que la démocratie a toujours – plus ou moins – vécu sans que soient comptabilisés ces votes, sempiternellement jetés dans la corbeille des non-exprimés ou nul (1 006 951 lors des régionales 2010, soit 4,54% selon les chiffres du ministère de l’Intérieur).
Mais on pourra aussi remarquer que la reconnaissance du vote blanc aurait l’avantage, dans la situation française actuelle, de dissuader les « contestataires » de forcément voter FN : le vote blanc leur rendrait une voix au chapitre. Gaccio :
« Mais cette idée et cette proposition ne sont pas tournées contre le FN, ni contre l’UMP, le PS, ou l’extrême gauche. Mais pour la démocratie. »
Il est vrai qu’un vote blanc est une expression (je veux autre chose que ce qui m’est proposé) doublé d’une sanction (je ne vote pas pour vous parce que je ne suis d’accord avec aucun de vous). C’est, in fine, un garde-fou :
« Le vainqueur d’une élection à fort taux de bulletins blancs aurait intérêt à appliquer son programme à la lettre. »
Quelque part, le vote blanc unit candidats et idées. (Voir la vidéo)
Un texte non-répressif mais « incitatif »
A ce jour, il y a en France un Parti du vote blanc. Il y a aussi l’association Blanc c’est exprimé, dont un membre, Gérard Gautier, ancien conseiller régional de Bretagne, milite et se présente régulièrement devant les électeurs. Vieille antienne, certes. L’embarras des politiques de tous bords le prouve.
Peut-être une exception : parmi les idées de son récent « Nouveau Pacte républicain », Manuel Valls avait soulevé l’idée reprise par Gaccio, mais en l’assortissant d’un droit de vote obligatoire, à la belge. Gaccio et Carcassonne veulent un texte non-répressif, juste « incitatif ».
Et si, en pleines élections cantonales, la France s’offrait un autre genre de printemps électoral ?
- Sur lexpress.frLes 10 idées de Valls pour un "nouveau pacte républicain" sur lexpress.fr
- Sur gouv.frL'article L66 du code électoral, sur Légifrance
- Sur blanccestexprime.frLe site de l'asociation Blanc c'est exprimé
- 39299 visites
- 298 réactions










it's aliiiive !
it's aliiiive !
Ah le vote blanc... Le reconnaitre comme suffrage exprimé et le comptabiliser comme tel apporterait un supplément de démocratie à toute élection.
Mais pour y parvenir, il faudrait que les parlementaires se soucient plus du progrès de la démocratie que de leurs résultats électoraux.
Combien d’entre eux seraient prêts à voir diminuer leur score en accordant au vote blanc la fonction qui est la sienne ?
Aucun.




Partager