Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Le français, grand perdant de 2012, redoute Danièle Sallenave

Publié le 25/04/2011 à 16h19

Cette femme-là peut-elle bousculer l’Académie française ? Danièle Sallenave, nouvelle élue dans ce cénacle très masculin, est une femme engagée, comme en témoigne le « Carnet de route en Palestine occupée » paru en 1998.

Sallenave, une œuvre à facettes

Normalienne, agrégée de lettres classiques, enseignante en littérature et en histoire du cinéma à Nanterre de 1968 à 2001, Danièle Sallenave est l’auteur d’une œuvre faite de romans (« Les Portes de Gubbio », prix Renaudot 1980), de théâtre, de nouvelles, et d’essais ou réflexions (« Nous, on n’aime pas lire » et « La Vie éclaircie », ses deux derniers en date).

Elle fut également rédactrice en chef de la revue Le Messager européen (1987-92), secrétaire générale des Temps Modernes (1992-96), collaboratrice au Monde, et est membre du jury du prix Fémina.

Cet engagement concerne aussi l’apprentissage de la lecture et la langue. « Une langue pure et compréhensible par tous, c’est un devoir démocratique », dit-elle lors de l’entretien qu’elle nous a accordé. Elle appelle les Académiciens à ne pas se cantonner à leur dictionnaire et à aller « sur le terrain ».

Le 7 avril , Danièle Sallenave a été à l’Académie française au fauteuil (numéro 30) de Maurice Druon. Ce, presque deux ans après la disparition de celui-ci, auquel elle rendra hommage, comme le veut la tradition des Immortels, lors de son discours de réception sous la Coupole, en janvier 2012.

L’écrivaine est ainsi devenue la septième femme à intégrer cette haute institution française. La cinquième à porter l’habit vert aujourd’hui, avec Assia Djebar, Florence Delay, Simone Veil et Hélène Carrère d’Encausse.

Danièle Sallenave a été élue au premier tour de scrutin avec 18 voix, sur 28 votants, contre cinq voix à Jean-Louis Servan-Schreiber, un bulletin blanc et quatre bulletins blancs marqués d’une croix (signifiant un vote d’opposition).

« Académie et CP main dans la main »

Pour cette fille d’instituteurs, ex-enseignante elle-même, il est essentiel que les Académiciens ne se cantonnent pas au dictionnaire, mais aillent vers la société, et particulièrement vers les enfants, pour leur donner une maitrise de la langue, qui leur permettent de « se construire ».

Pour elle, pour qu’une langue vive, il faut qu’elle soit parfaitement maîtrisée dès le primaire ; « Académie et cours préparatoire main dans la main. » (Voir la vidéo)

« Un enfant est ouvert à tout ce qu’on veut bien lui donner »

L’apprentissage de la lecture n’est rien d’autre que celui de la langue. Et sans maîtrise de la langue, pas de plaisir de la lecture.

Dans cet apprentissage, dit-elle, il ne suffit pas d’enseigner des textes modernes, tirés de la littérature jeunesse ou du rap : il ne faut pas craindre de proposer aussi aux enfants des textes du patrimoine littéraire français, qui souvent ne manquent pas de créativité, de Rabelais à Céline :

« Un enfant est ouvert à tout ce qu’on veut bien lui donner, du moment qu’on le donne avec amour et avec passion. » (Voir la vidéo)

En politique, le français pur est un « devoir démocratique »

Pour Danièle Sallenave, le mauvais usage de la langue appauvrit la discussion politique :

« Quel rapport puis-je avoir avec quelqu’un qui me débite non pas un mot, mais un “ élément de langage ” ? ! Un rapport presque nul. »

Mais le français trop « orné » d’un Villepin ne vaut pas mieux :

« Quand on parle à quelqu’un, il faut quand même donner à cette personne la possibilité de vous comprendre… et de vous répondre ! »

L’Académicienne craint que la campagne de 2012 ne soit pas glorieuse de ce point de vue :

« Ce n’est pas la langue française qui sera la gagnante du premier tour, ni du deuxième. » (Voir la vidéo)

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  • Sernine
    Sernine
    étudiant, futur prof'
    • Posté à 16h35 le 25/04/2011
    • Internaute 107086
      étudiant, futur prof'

    On ne peut qu’être d’accord. La langue française est en perdition, que ce soit dans les écoles, dans les concours, mais même, et c’est plus grave au sommet de l’État, chez ceux-là même qui devraient montrer l’exemple... Que vive notre langue !

    • mewtow
      mewtow répond à Sernine
      • Posté à 18h06 le 25/04/2011
      • Internaute 138470

      La langue française va très bien, merci de vous inquiéter pour elle.

      Pourquoi irait-elle mal, d’ailleurs ? L’usage de mots anglais ? L’écriture SMS ? Le niveau des nouvelles générations ?

      Ce sont de faux problèmes inventés de toute pièce.

      L’illettrisme et l’analphabétisme sont bien ancrés chez les vieux de plus de 50ans, et c’est pas l’écriture SMS qui va tuer notre langue. Il faut savoir que cette écriture est réservée à une situation particulière : écrire plus vite ou dans un espace limité. Et ça ne menace pas l’apprentissage de la langue, car pour savoir écrire en SMS, il faut savoir comment les mots se prononcent et s’écrivent. C’est un codage différent, pas une menace.
      En dehors des textos, facebook et msn, tous nos jeunes écrivent en français normal : imposé par les forums, sites et autres. Le langage SMS est souvent le fruit de noobs qui ne savent pas qu’on doit écrire en français normal sur le net, mais il l’apprennent vite.

      L’usage des mots anglais ? Cela n’a lieu que dans les nouvelles technologies, et les équivalents français sont complétement pourris à un point que c’est surement fait exprès. Pas le choix : on doit utiliser l’anglais.

      Le niveau des nouvelles générations ? Mon grand-père se plaignait lui aussi il y a 30 ans de ce genre de choses, et les perles du bac d’aujourd’hui valent celles d’il y a 30-50 ans.

      Bon, OK, j’admets que ça pourrait être mieux, à condition qu’on la réforme pour la rendre plus simple et plus logique, mais c’est le seul problème.

      • aymthe
        aymthe répond à mewtow
        • Posté à 18h21 le 25/04/2011
        • Internaute 32291

        « L’usage des mots anglais ? Cela n’a lieu que dans les nouvelles technologies, et les équivalents français sont complétement pourris à un point que c’est surement fait exprès. Pas le choix : on doit utiliser l’anglais. »

        Pas seulement dans les nouvelles technologies, partout malheureusement. Quant aux équivalents français, ils sont parfois mieux, par exemple courriel c’est mieux que email selon moi, mais c’est tellement moins cool le français !

         
        • mewtow
          mewtow répond à aymthe
          • Posté à 18h31 le 25/04/2011
          • Internaute 138470

          Sauf que les équivalents français mieux que les mots anglais, ils sont rares, trop rares.

          Je vous raconte pas la risée que c’est sur le net quand le journal officiel donne les équivalents en français des mots techniques anglais, c’est vraiment un grand moment à chaque fois.

          Si on utilise l’anglais dans le technique, c’est pas seulement parce que c’est plus cool, c’est surtout parce que ça permet de faire passer un concept plus simplement.

          • BenoîtG
            BenoîtG répond à mewtow
            râleur
            • Posté à 18h43 le 25/04/2011
            • Internaute 119844
              râleur

            Comme kernel pour noyau, driver pour pilote, hardware pour matériel, software pour logiciel, data pour donnée, etc. ?

            • mewtow
              mewtow répond à BenoîtG
              • Posté à 18h51 le 25/04/2011
              • Internaute 138470

              Sauf qu’on peut trouver pas mal d’exemples pour lesquels ça ne marche pas si facilement.

              Buffer, par exemple (au sens amplificateur de signal pour interfaçage avec plusieurs cartes/périphériques), essayez de trouver un mot français résumant le tout.

              • BenoîtG
                BenoîtG répond à mewtow
                râleur
                • Posté à 19h01 le 25/04/2011
                • Internaute 119844
                  râleur

                Un buffer, c’est un tampon. Ensuite, si vous y ajoutez d’autres sens en français parce que vous ne connaissez pas l’anglais, je n’y peux rien.

                Pour votre exemple, vous parlez de « buffer amplifier » donc comme vous le voyez, il n’y a pas intrinsèquement de notion d’amplification là-dedans, donc normal qu’on ne traduise pas un abus de langage d’une langue à l’autre...

        • mezneth
          mezneth répond à aymthe
          Onomatopée antropomorphe
          • Posté à 18h37 le 25/04/2011
          • Internaute 70709
            Onomatopée antropomorphe

          « Quant aux équivalents français, ils sont parfois mieux, par exemple courriel c’est mieux que email selon moi, mais c’est tellement moins cool le français ! »

          c’est surtout que les mots francais arrivent souvent très tard, plusieurs années après que les mots anglais soient bien ancrés dans les habitudes et qu’ils ne soient pas toujours bienheureux. Accessoirement, les mots anglais sont souvent plus courts, plus simples et plus précis (pas d’homonymes) .

          Comment dit on un hoax en francais ? Vous allez vraiment utiliser le mot « ardoise » pour dire à qqun que vous venez de vous acheter un epad ? etc etc...

          • aymthe
            aymthe répond à mezneth
            • Posté à 18h43 le 25/04/2011
            • Internaute 32291

            hoax, ça existait avant internet, c’est la traduction de canular, c’est encore pire car ce n’est pas un nouveau mot.

          • BenoîtG
            BenoîtG répond à mezneth
            râleur
            • Posté à 18h46 le 25/04/2011
            • Internaute 119844
              râleur

            Canular, supercherie ?

            Dans la majorité des cas, les mots anglais sont utilisés par les personnes connaissant très mal le vocabulaire français (voire même l’anglais vu les mauvais usages qui en sont parfois fait).

            • mewtow
              mewtow répond à BenoîtG
              • Posté à 19h28 le 25/04/2011
              • Internaute 138470

              Les mots anglais sont aussi utilisés pour savoir de quoi on aprle plus facilement.

              Parce que si on utilise un terme anglais, c’est souvent dans un domaine bien précis, dans lequel utiliser le terme français donnerait un peu de confusion. Pour l’exemple du canular ça passe sans trop de dégâts, mais dans certaines cas, ça peut rapidement foutre le boxon.

              Par exemple, mémoire tampon peut être utilisé pour désigner pleins de choses différentes en informatique. Utiliser, soit le terme anglais buffer, soit le terme français cache permet d’être plus précis qu’en utilisant un mot-valise français hautement polysémique.

            • mezneth
              mezneth répond à BenoîtG
              Onomatopée antropomorphe
              • Posté à 20h00 le 25/04/2011
              • Internaute 70709
                Onomatopée antropomorphe

              Oui sauf que canular, on pense à la blague potache, pas au mail potentiellement dangereux, fait dans une intention souvent malicieuse et virale (dans le sens qu’il y a souvent dans les hoax un aspect chaine)

              Il y a différentes écoles pour le vocabulaire : la première, c’est de crier cocoricoo en souhaitant à tout prix utiliser des mots francais, l’autre c’est de vouloir un vocabulaire aussi riche que possible et d’appeler un chat un chat plutôt qu’un animal .

              Personnellement, tout particulièrement en ce qui concerne l’informatique où l’académie française a bien du mal à suivre, je suis de la deuxième école. Et sans doute par flemmardise, quand des années après on a enfin notre « cédérom » a la place de CD-rom (ce qui au passage ne veut plus rien dire... cédé= disque compact ?), il m’est un peu difficile de passer au mot français.

          • Benkebab
            Benkebab répond à mezneth
            Salarié du grand capital !
            • Posté à 08h55 le 26/04/2011
            • Internaute 87225
              Salarié du grand capital !

            Quand vous venez d’acheter un iPad (et non epad ma chère), vous venez d’acheter une tablette, ou une ardoise numérique si vous préférez.

            Utiliser des mots anglais c’est déjà suffisamment pénible pour ceux qui ne les maitrisent pas, alors si en plus vous utilisez à la place des noms de modèles déformés, on est pas sortis de l’auberge !

            • mezneth
              mezneth répond à Benkebab
              Onomatopée antropomorphe
              • Posté à 12h42 le 26/04/2011
              • Internaute 70709
                Onomatopée antropomorphe

              Une tablette ?

              Au moins IPad, (petit lapsus révélateur du fait que je n’aime pas mac et que je suis pro eee pc ) on sait de quoi on parle.
              Et ardoise numérique est 4 fois plus long que ipad. Le temps, c’est de l’argent ! (même si là au moins, on comprend de quoi on parle. Je suis cependant prêt à parier que si vous faites le test, vous serez bien mieux compris en utilisant ipad qu’ardoise numérique )

              • Benkebab
                Benkebab répond à mezneth
                Salarié du grand capital !
                • Posté à 14h42 le 26/04/2011
                • Internaute 87225
                  Salarié du grand capital !

                Vous le faites exprès ?
                Cherchez « tablette » dans Google, les réponses concernent des tablettes tactiles, pas des tablettes graphiques comme celle que vous nous montrez.

                Exemple :
                Les Numériques : Lien
                Le journal du Geek : Lien

                Et il n’y a pas que les produits de Mr Jobs qui existent, il faut sortir un peu de votre Apple store ! On ne parle pas d’iPhone pour un smartphone, ni d’iPod pour un lecteur MP3...

        12 autres commentaires
      • mezneth
        mezneth répond à mewtow
        Onomatopée antropomorphe
        • Posté à 18h38 le 25/04/2011
        • Internaute 70709
          Onomatopée antropomorphe

        « Et ça ne menace pas l’apprentissage de la langue, car pour savoir écrire en SMS, il faut savoir comment les mots se prononcent et s’écrivent. C’est un codage différent, pas une menace. »

        Vous n’avez pas du aller souvent sur les forums.
        En ayant modéré pas mal, sur lequel nous bannissions purement et simplement le sms, on s’aperçoit bien vite que beaucoup chez les plus jeunes ont bien du mal avec l’orthographe. Oui il faut effectivement savoir comment les mots se prononcent pour écrire en sms, absolument pas comment il s’écrivent.

        Et ca donne des gens qui ne savent plus faire la différence entre le verbe être et avoir, entre un participe passé et un infinitif, et tout un tas de fautes d’accord. On pourrait se dire qu’on s’en fout, mais si le verbe être et avoir, c’est une seule et même idée, ca fait tout de même un sacré défaut de pensée...

        Après de là à dire que la langue est en péril, je ne sais pas. Mais il est clair que les gens aujourd’hui font bien plus de fautes d’orthographes qu’avant et pourtant, on a les correcteurs orthographiques.

      • BenoîtG
        BenoîtG répond à mewtow
        râleur
        • Posté à 18h48 le 25/04/2011
        • Internaute 119844
          râleur

        On voit bien que tu ne corriges pas des copies d’étudiant. À force de ne penser les mots qu’en phonétique et d’écrire (et lire) « se » ou « sa » à la place de « ce » et « ça », ils ne savent plus écrire correctement.

         
        • mewtow
          mewtow répond à BenoîtG
          • Posté à 19h00 le 25/04/2011
          • Internaute 138470

          C’est pas pire qu’avant remarque, quand on voit que la majorité des illettrées ont plus de 50ans...

          Ça existait déjà avant, c’est pas nouveau. Nos élèves actuels savent aussi bien écrire que les anciens. Simplement, on croit que nos anciens élèves, nos vieux, écrivaient mieux. Ce qui est faux. Mon grand-père aussi faisait ce genre de remarques, pour les mêmes raisons.

          Et je tiens à signaler que même moi, qui était bon élève en primaire et collège, qui savait parfaitement bien écrire et premier de la classe, je ne me souviens pas de ces règles avec le Cà, Ca... OK, certaines sont restées, mais la majorité est partie.
          On oublie, c’est humain et ces fameuses règles partent, car trop compliquées. C’est ça le problème, pas autre chose.

          • lhérétique
            lhérétique répond à mewtow
            en fuite
            • Posté à 11h18 le 26/04/2011
            • Internaute 128118
              en fuite

            Mon gars, faut arrêter de répéter les couèneries dont certains « pédagogistes z’enseignants bobos z’agrégés » vous gavent le cerveau.
            En privant un môme de la précision orthographique (en particulier grammaticale), vous recréez une société de classes sociales de plus en plus étanches.

            Pour un fils de pauvre, la maîtrise de la langue, c’est le pouvoir.
            En priver l’élève ou la dévaloriser à ses yeux, c’est le réduire aux concepts simplistes, l’exclure de la nuance subtile.

            C’est lui scier les barreaux de l’échelle sociale !
            Evidemment, rien de tout ceci ne concerne aucunement progéniture de nos très chers €€€ z’oligarques...

            • mewtow
              mewtow répond à lhérétique
              • Posté à 12h06 le 26/04/2011
              • Internaute 138470

              Bl bla bla...

              Vous m’expliquez pourquoi la réforme de l’orthographe de 1990 a justement été lancée pour permettre aux enfants des classes sociales défavorisées de mieux réussir à l’école et donc de mieux s’insérer dans la société ?

              Dans les faits, votre diatribe sur la précision orthographique et tout, ça NE MARCHE PAS ! Un gosse de classe sociale défavorisée sera dans de très mauvaises conditions pour apprendre le français, par son milieu social utilisant peu de mots et ayant un vocabulaire pauvre. Il aura de plus beaucoup de mal à apprendre les règles de grammaire. Simplifier la langue sera donc bon pour lui.

              Mais bon, c’est vrai que les études qui ont montrée ça sont de manipulations de pédagogues éhontées, tout comme l’évolution n’est qu’un complot des amerloques, tout le monde sait que la terre est née il y a 4000ans, non ?

              Revenons à l’école des anciens qui ne connaissent pas Bourdieu, tout sera pour le mieux...

              • lhérétique
                lhérétique répond à mewtow
                en fuite
                • Posté à 15h32 le 26/04/2011
                • Internaute 128118
                  en fuite

                Je partage vos constats, comprends votre point de vue mais ne partage pas vos conclusions. On peut aussi

                Je n’ai pas lu Bourdieu mais promis je vais me rattraper ! (Wikipédia ne fait pas tout, et le résumé est alléchant)
                J’ai par contre bien ruminé les Cinq Mémoires sur l’Instruction Publique, et Condorcet n’était pas la dernière des tâches, même s’il est un peu daté...
                Sauf erreur, contrairement aux révolutions observées en physique, en sociologie, aucun petit nouveau si puissant soit-il, n’a réussi à rendre totalement obsolète ses prédécesseurs. Les sciences humaines me semblent cumulatives... Et leurs reflets changeants.

                Si je ne souhaite pas me mêler de la querelle Méirieu - Brighelli, je reconnais que mon petit vécu m’incite à pencher (partiellement) du coté de ce dernier.

                « ...Un gosse de classe sociale défavorisée sera dans de très mauvaises conditions pour apprendre le français, par son milieu social utilisant peu de mots et ayant un vocabulaire pauvre. Il aura de plus beaucoup de mal à apprendre les règles de grammaire... »

                Entièrement d’accord ! révoltant et imparable.

                Du coup, on se prend à croire que l’école publique aurait pu continuer à servir à quelque chose si l’oligarchie en place efficacement secondée par ses larbins ne l’avait pas faite voler en éclats. (désolé mais il m’est impossible d’interpréter autrement la submersion de l’école, la dilution de ses missions par les pseudo-diplômes, indispensâââbles : BII, ASSR, niveau A2, histoire de l’art au brevet... Les moulons de « compétences » à cocher ( les avez-vous toutes lues -ha ha ha ! ! ! Argh !) le tout efficacement secondé par une opération de décrédibilisation généralisée des profs commencée il y a déjà longtemps et parfaitement achevée aujourd’hui... Etc...

                « ...Simplifier la langue sera donc bon pour lui... »

                Là, on diverge !

                Sur le principe, pourquoi pas, si :
                - tout le monde jouait le jeu
                - la « simplification » ne devenait pas dans les faits un appauvrissement.

                Réduire la part de la transmission des connaissances pour privilégier le « bien vivre ensemble » revient à mon humble avis à nourrir un gosse au Mac-Do au lieu de l’amener à apprécier les fruits et les légumes...

                Ma modeste expérience m’amène à croire que :

                - Les gosses se dégoûtent rapidement de ce qu’ils obtiennent facilement. Le prix qu’ils accordent à ce qu’ils obtiennent est proportionnel à l’effort fournit.
                - Chaque fois que l’on réduit les exigences vis à vis des mômes, on leur manque de respect. Faut jamais prendre les enfants de pauvres pour des cons ! Ils doivent juste surmonter une difficulté supplémentaire. Si on les aide, ils y arrivent !

                Ce dont je suis sûr :

                - Les classes sociales favorisées se cooptent aussi sur des codes. La langue écrite en est un majeur. La classe dirigeante ne renoncera jamais à ce moyen de domination.
                - l’instruction mène à la connaissance, qui aide à la compréhension, qui seule permet le contrôle. En gros, le seul moyen de faire évoluer le système sans le faire exploser (ok, faut être patient)

                L’alternative est simplement Orwellienne... Et on y court.

                • mewtow
                  mewtow répond à lhérétique
                  • Posté à 16h23 le 26/04/2011
                  • Internaute 138470

                  « Sur le principe, pourquoi pas, si :
                  - tout le monde jouait le jeu
                  - la “simplification” ne devenait pas dans les faits un appauvrissement. “

                  Mais on peut parfaitement simplifier la langue sans l’appauvrir. C’est d’ailleurs le but : simplifier la langue consisterait surtout à avoir des règles de grammaires plus logiques, ou une écriture plus rationnelle sans machins inutiles comme des lettres non-prononcées, pas à appauvrir la langue.

                  ‘Ma modeste expérience m’amène à croire que :
                  - Les gosses se dégoûtent rapidement de ce qu’ils obtiennent facilement. Le prix qu’ils accordent à ce qu’ils obtiennent est proportionnel à l’effort fournit.
                  - Chaque fois que l’on réduit les exigences vis à vis des mômes, on leur manque de respect. Faut jamais prendre les enfants pour des cons ! Ils doivent juste surmonter une difficulté supplémentaire. Si on les aide, ils y arrivent !’

                  Et ils sont tout autant dégoutés quand ce qu’ils obtiennent est trop dur ou trop compliqué et met beaucoup de temps à être acquis. Il y a pas mal de recherches en neurosciences et psychologies qui ont été faites sur le sujet, et le résultat est clair : ce qui est retenu le plus facilement, c’est ce qui a demandé un effort de réflexion assez léger, mais pas un effort intense. Un élève ne retiendra jamais (ou presque) un truc sur lequel il a mit beaucoup de temps à réfléchir. Sans compter que cette connaissance sera mal acquise et bien plus difficilement utilisable dans un raisonnement. Faire du trop compliqué ou demander beaucoup d’efforts est contre-productif et bien plus que faire des choses trop simples.
                  La majorité de la pédagogie consiste surtout à éviter la surcharge cognitive. En clair : commencer par le simple pour monter progressivement. Partir des bases solides et s’appuyer dessus.

                  A ce propos, je me souvient d’une de mes professeur de français qui nous faisait faire des choses vraiment compliquées en 2nd année de BTS, et ben le résultat a été sans appel : personne ne comprenait et personne n’arrivait à suivre. Tout le monde avait décroché au bout de quelques semaines. Donc la litanie de l’effort, j’y crois pas. C’est pas à grands coup d’efforts que j’ai acquis le peu que je sais en science et en informatique, c’est parce que j’aimais ça, pas parce que je me suis forcé.

                  Hors, le problème, c’est que les programmes sont trop chargés de nos jours et sont souvent chargés de connaissances enseignées sans ces bases simples qui permettent de les comprendre : voilà le problème. Franchement, quand je relis ou repense à certains des cours que j’ai eu, c’est une catastrophe : on apprend des trucs qui nécéssitent pour être compris des bases vues l’année suivante voir jamais !
                  C’est en cela qu’il faut rendre l’éducation simple : ce n’est pas sabrer un grand coup et disant : on n’apprendra que la moitié, mais c’est faire passer plus simplement certains concepts, et apprendre la même chose avec plus d’efficacité.

        5 autres commentaires
      • Dalong
        Dalong répond à mewtow
        Patriote
        • Posté à 19h47 le 25/04/2011
        • Internaute 105184
          Patriote

        C’est cela oui... Tout va très bien madame la marquise....

        En Europe :

        Pourriez-vous aussi me donner votre avis sur le fait que le français s’efface dans les institutions européennes au profit de l’anglais ?

        En Afrique :

        L’anglais nous remplace de plus en plus...

        En France :

        J’ai pu lire des livres du début 20ème siècle sur l’histoire de notre pays et je peux vous assurer que le français utilisé était plus élevé que le nôtre.

         
        • mewtow
          mewtow répond à Dalong
          • Posté à 20h11 le 25/04/2011
          • Internaute 138470

          Pour le fait que l’anglais supplante le français en Afrique et dans les instances internationales, je m’en fous : ça ne changera rien à ma vie. Qu’est-ce que ça peut bien faire que le français soit utilisé dans des machins internationaux ou en Afrique ?

          Par contre, simplifier le français aiderait pas mal de monde dans notre pays ainsi que ceux qui veulent apprendre notre langue.

          Quand à votre assertion sur le français utilisé plus élevé au début du vingtième, je serait curieux de connaitre les statistiques sur l’analphabétisme ou l’illettrisme de l’époque s’il y en avait, on aurait de quoi se marrer : la majorité des illettrés français ont plus de 50ans ou plus, ça veut tout dire.

          • algiedi
            algiedi répond à mewtow
            Cuistre
            • Posté à 20h39 le 25/04/2011
            • Internaute 89961
              Cuistre

            Par contre, simplifier le français aiderait pas mal de monde dans notre pays ainsi que ceux qui veulent apprendre notre langue.

            Ça c’est vrai que ce serait pas du luxe.

            On ne peut pas se gargariser d’avoir une langue complexe à l’excès et s’attendre à ce qu’elle soit universellement adoptée.

            En général pour dégoûter les anglophones d’apprendre le français il suffit de leur parler du mot « eau » : trois voyelles dont aucune n’est « o » pour produire le son « o ».

            Si on peut reconnaitre au language SMS une vertu, c’est celle d’opérer une saine simplification de la langue, trop longtemps conservée dans le formol dans le vague espoir qu’en gardant sa morphologie traditionnelle la France pourrait en même temps maintenir une position de prestige culturel sur la scène internationale. Il n’en est manifestement rien, et il serait peut-être d’effectuer un petit dépoussiérage.

          • Dalong
            Dalong répond à mewtow
            Patriote
            • Posté à 21h23 le 25/04/2011
            • Internaute 105184
              Patriote

            Vu votre réponse... Je m’en branle aussi...

        3 autres commentaires
      • alain_a_grenoble
        alain_a_grenoble répond à mewtow
        matheux
        • Posté à 22h08 le 25/04/2011
        • Internaute 96016
          matheux

        « L’usage des mots anglais ? Cela n’a lieu que dans les nouvelles technologies, et les équivalents français sont complétement pourris à un point que c’est surement fait exprès. Pas le choix : on doit utiliser l’anglais »

        Zope de ma vue fataliste ! !
        Car voici fessbouk, tchate, computivores, samidates, infinul comme mots librement recherchés.

        Mais on peut aussi bien utiliser les classiques cohabitants, nyctalopes, bibliophiles, ouvrages, théoricien.

      • Ishtar
        Ishtar répond à mewtow
         ? ?
        • Posté à 07h31 le 26/04/2011
        • Internaute 26226
           ? ?

        « “Bon, OK, j’admets que ça pourrait être mieux, à condition qu’on la réforme pour la rendre plus simple et plus logique, mais c’est le seul problème.” »

        Réformer la langue française ? Elle est compréhensible par ceux qui la maitrisent.Pas besoin de la réformer avec la même frénésie de réformes irréfléchies qui est en vogue en ce moment pour tout et finalement n’importe quoi.
        Il importe surtout de l’apprendre correctement aux enfants et de ne plus écouter nos politiques qui la martyrisent.Leurs desseins ne sont que trop limpides : ils ne sont pas à son service,n’ont que faire de son appauvrissement et dans leur démesure piétinent notre identité culturelle.
        Cette manie de parler « peuple » avec un soupçon de condescendance est oh combien plus insultante que de se présenter aux électeurs dans une langue maitrisée.En parlant bêtement à un enfant on prétend se mettre à sa portée.En faisant de même avec ses administrés un politique fait une erreur fondamentale : la majorité des Français est capable de suivre un discours écrit en français,beaucoup décrochent dès les premières fautes de syntaxe.

         
        • mewtow
          mewtow répond à Ishtar
          • Posté à 12h13 le 26/04/2011
          • Internaute 138470

          « Réformer la langue française ? Elle est compréhensible par ceux qui la maitrisent. “

          Et rares sont ceux qui la maitrise suffisamment, donc vaut mieux la réformer pour que plus de monde puisse la maitriser.

          Tu as une idée des taux d’analphabétisme et d’illettrisme en France ? Quand on estime qu’il y a 10% de dyslexiques chez nos gosses, et que la situation était surement la même il y a 50 ans (voir pire), je ne dirais pas que suffisamment de français sachent parler ou écrire correctement.

          C’est un fait : notre langue est illogique, pleines de chausses-trappes. C’est utile pour un rhéteur ou pour un manipulateur, mais pour être clair et s’exprimer facilement et exprimer nos idées de façon logique, on repassera.

          • Ishtar
            Ishtar répond à mewtow
             ? ?
            • Posté à 12h39 le 26/04/2011
            • Internaute 26226
               ? ?

            Pourquoi la langue française devrait-elle se mettre au niveau des plus médiocres ?
            Ne serait-il pas plus judicieux de mettre les moyens nécessaires pour que les élèves l’apprennent une bonne fois pour toutes ?
            La langue évolue toute seule au cours des siècles.Quelle tristesse de la simplifier pour que les moins doués puissent la bafouiller plus facilement ! ! Avez vous seulement pensé aux autres,ceux qui l’aiment telle qu’elle est ?
            Je préfèrerais de loin faire baisser le taux d’illettrisme par un plan pédagogique ambitieux....

            Enfin pour s’exprimer clairement nous avons tous les outils avec le français d’aujourd’hui.Les académiciens ne sont pas les seuls à se faire comprendre.Nous voyons tous les jours y compris sur ce forum des internautes manipuler notre langue avec,j’en conviens aisément, plus ou moins de talent, mais globalement cela serait dommageable de se priver des bons textes ( écrits dans le français d’aujourd’hui)pour se résigner à ne lire que des copies réformées et beaucoup moins savoureuses.

            NB un bon prof sait parfaitement comment s’y prendre avec un dyslexique.

            • mewtow
              mewtow répond à Ishtar
              • Posté à 12h58 le 26/04/2011
              • Internaute 138470

              « Pourquoi la langue française devrait-elle se mettre au niveau des plus médiocres ?
              Ne serait-il pas plus judicieux de mettre les moyens nécessaires pour que les élèves l’apprennent une bonne fois pour toutes ? “

              En clair, vous voulez mobiliser une débauche de moyens pour que tout le monde aprle français, alors que ces moyens pourraient servir à bien plus de choses ? Alors qu’on a une solution simple pour que les élèves apprennent mieux le français et plus vite, qui éviterait de faire chier des milliers d’élèves ?

              Ce serait du gâchis, sans compter le peu d’utilité : moi qui était autrefois bon élève et qui avait une très bonne orthographe, ne faisant jamais de fautes aux dictées, je peux vous assurer que je ne me souviens d’aucune règle de grammaire/orthographe. Tout a été oublié et j’utilise massivement le correcteur orthographique. Les moyens déployés n’ont servit à rien quelques années plus tard.

              ‘ Enfin pour s’exprimer clairement nous avons tous les outils avec le français d’aujourd’hui.

              Sauf que la langue française pourrait être rendue plus simple, et qu’il y a pas mal de monde qui a du mal à s’exprimer clairement.

              NB un bon prof sait parfaitement comment s’y prendre avec un dyslexique.

              Absolument pas ! LA seule solution à cette pathologie, c’est la rééducation par un orthophoniste et quelques thérapies avec des psychologues, sinon ça ne marche pas.

              Il faut que vous sachiez qu’il y a des différences entre le cerveau d’un dyslexique (un vrai) et un cerveau sain’. Le seul moyen pour qu’un dyslexique apprenne à manier notre langue, c’est de lui faire utiliser d’autres aires du cerveau pour que celui-ci compense son handicap. Et cela passe par des méthodes pédagogiques spécialisées qu’un professeur ne connait pas !

              • Ishtar
                Ishtar répond à mewtow
                 ? ?
                • Posté à 19h51 le 26/04/2011
                • Internaute 26226
                   ? ?

                « “Tout a été oublié et j’utilise massivement le correcteur orthographique. Les moyens déployés n’ont servit à rien quelques années plus tard.” »

                Effectivement......
                Sachez tout de même que le correcteur ne fait pas tout ! ! ! !

                Le prof ou l’instit est tout de même dans la plupart des cas celui qui diagnostique un cas de dyslexie.Ensuite parallèlement au travail de rééducation il est souvent fort utile.Mais sans doute allez vous là aussi trouver que les moyens mis en oeuvre pour ces élèves sont inutiles.

                « “En clair, vous voulez mobiliser une débauche de moyens pour que tout le monde aprle français” »

                Pourquoi après tout devrions nous parler français ? C’est superflu et totalement absurde,n’est-ce pas ?

        • alain_a_grenoble
          alain_a_grenoble répond à Ishtar
          matheux
          • Posté à 06h05 le 27/04/2011
          • Internaute 96016
            matheux

          « »« Bon, OK, j’admets que ça pourrait être mieux, à condition qu’on la réforme pour la rendre plus simple et plus logique, mais c’est le seul problème. »

          lalala... politique tête de tique mathématicien pouete à moins, langue de bois goût de résine. Tabernache ! Des truites et des érables !

        5 autres commentaires
      • shillom
        shillom répond à mewtow
        • Posté à 16h31 le 26/04/2011
        • Internaute 22134

        « Bon, OK, j’admets que ça pourrait être mieux, à condition qu’on la réforme pour la rendre plus simple et plus logique, mais c’est le seul problème. »

        Mais elle est simple et logique pour qui a cherché à la comprendre.
        Il y a évidemment quelques subtilités, mais pas tant que ça finalement...

      • Tormante
        Tormante répond à mewtow
        Faulosophe.
        • Posté à 13h14 le 27/04/2011
        • Internaute 100540
          Faulosophe.

        Je tiens juste à réagir sur une chose. Ecrire en sms, quand on passe pas mal de temps avec son portable ou sur son ordi à discuter via msn par exemple, c’est destructeur au niveau purement orthographique.
        Fut un temps où j’écrivais des copies complètes sans faire de fautes. Puis j’ai découvert la joie du sms sur msn, et ce pendant une période de 6mois. Je peux vous dire que lorsque je me suis rendu compte du nombre de fautes, j’ai arrêté de suite. Quand la majorité de ce que vous écrivez est en sms, vous perdez très rapidement l’habitude de faire attention, et d’écrire correctement.
        Et le niveau orthographique est effectivement en baisse, à tel point que l’université dans laquelle je suis à rajouter des cours de grammaire, conjugaison et syntaxe, sans parler de vocabulaire, pour les premières années, ce qui est assez humiliant quand vous arrivez en FAC littéraire, mais s’avère en fait assez nécessaire.

         
        • mewtow
          mewtow répond à Tormante
          • Posté à 18h05 le 27/04/2011
          • Internaute 138470

          Rassurez-vous, mon orthographe a rapidement baissée une fois que je ne l’ai plus utilisée en cours et j’ai pas eu besoin des SMS pour que ce devienne une catastrophe.

          Sans compter un truc : vous avez remarqué une corrélation entre le fait que vous ayez écrit en SMS et votre orthographe, soit, mais qui vous dit que çà en est la cause ?
          Il se peut que ce soit du au fait que vous avez arrêté d’écrire souvent en cours, à cause d’une baisse d’heures de cours.

          En tout cas, toutes les études actuelles faites par les psychologues disent clairement qu’il n’y a aucune influence entre le langage SMS et l’orthographe !

          Votre exemple est surement bidonné et vous n’avez de plus aucun moyen de prouver que c’est bien l’écriture SMS qui est à l’origine de votre supposée perte d’orthographe qui était surement déjà présente avant même que vous commenciez le SMS. Biais psychologiques, tout ça...

          • Tormante
            Tormante répond à mewtow
            Faulosophe.
            • Posté à 17h04 le 28/04/2011
            • Internaute 100540
              Faulosophe.

            Voyez ça comme vous voulez, j’ai déjà eu le temps de tirer les conclusions vous savez.
            Non, je n’ai pas cessé de lire à côté, oui, j’ai moins écrit. Je parle bien du danger du sms pour les personnes qui écrivent plus en sms que normalement. Et ça existe, malheureusement.
            Maintenant, si je vois l’intérêt d’écrire en sms lors d’une conversation écrite par téléphone (c’est pour pas réécrire sms quoi) quand les messages sont longs et doivent être écrit vite, le reste du temps, ça ne sert à rien, c’est un signe d’irrespect, ou au moins d’un je-m’en-fout-de-toi certain envers celui qui lit, pas d’ignorance ou d’inattention comme peut l’être une faute de temps en temps. Si ça fait gagner un temps précieux dans certaines situations, celui qui est gagné de manière générale de ne sera utile à rien et en rien.

            Ensuite, ce n’est qu’un exemple justement, en tirer des leçons générales seraient biaisées, nous sommes d’accord. N’empêche qu’il me semble évident que celui qui passe sont temps à écrire en sms, sans lire forcément à côté, subira une perte du niveau orthographique ; tout comme on a souvent tendance à « imiter » le style du dernier livre qu’on vient de lire lorsqu’on écrit.

        2 autres commentaires
  • razoul
    razoul
    artiste
    • Posté à 16h42 le 25/04/2011
    • Internaute 139177
      artiste

    SABIR PRESIDENT ! !

    • pablico
      pablico répond à razoul
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 17h10 le 25/04/2011
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      Si l’on fait la moyenne de tous les Français, 500 mots seraient employés. D’aucuns en utilisent 10 fois plus et d’autres 10 fois moins. Ce compte est fait avec des mots, des verbes différents les uns des autres

      donc 50 mots par personne les moins ’riches’ cela fait peu...

      c’est le vocabulaire. après vient le style, la construction des phrases, et surtout la structure de la pensée..

      ce qui fait un tout, et ce qui fait « l’homme », et sa richesse de communication verbale..

      si l’on parle aussi avec les mains, et les yeux, on triple la richesse de communication (ironie)

      • boboétie
        boboétie répond à pablico
        • Posté à 21h34 le 25/04/2011
        • Internaute 2816

        Dario Fo : « L’operaio conosce 300 parole, il padrone 1000 : per questo è il padrone. » Tout un programme ! ...Que je n’ai pas lu... mais il est vrai qu’on trouve plus facilement l’une ou l’autre édition d’une princesse de je ne sais plus quoi...

  • Fald
    Fald
    Vieux (con)vaincu
    • Posté à 16h55 le 25/04/2011
    • Internaute 76678
      Vieux (con)vaincu

    Le renouvellement du personnel pourrait être, pour l’académie, l’occasion de prendre conscience de ses responsabilités dans la transformation du français en langue morte.

    Car c’est bien l’académie qui fixe les règles de l’orthographe. Non ? Cette orthographe qui n’a bougé qu’à la marge depuis Victor Hugo, alors qu’elle avait suivi l’évolution de la langue du Moyen-Age au XIXème siècle.

    Si cette dame a enseigné le français, elle connaît le problème : nos instits perdent un temps fou à enseigner le trait d’union, les doubles consonnes et autres pièces de musée plus ou moins circonflexes alors que les mômes ont tellement de mal à savoir quand il faut écrire « parlé », « parlait », « parlez » ou « parler », et ce n’est qu’un exemple.

    Après chaque rapport de PISA, on nous bassine avec des modèles étrangers, comme quoi les profs finlandais ou machintrucstanais seraient teeeeellement meilleurs que les nôtres. Mais personne ne se dit que les enfants de ces pays passent une semaine à apprendre leur alphabet ni que cela leur suffit presque pour connaître toute l’orthographe de leur langue.

    Ces enfants prennent très vite des années d’avance, juste en évitant de perdre du temps, car dans leur pays, il n’y a pas d’académie qui impose que tel mot qui se prononce d’une manière s’écrive d’une autre parce qu’il y a 500 ans on le prononçait ... comment, déjà ? Ah oui ! D’une troisième manière.

    L’académie ne peut pas grand-chose pour l’enseignement de la langue maternelle, mais elle pourrait s’atteler (avec des équipes de linguistes, grammairiens et enseignants) à donner au français une écriture qui permette à la fois de lire les textes anciens et d’écrire les textes d’aujourd’hui et de demain.

    Ce n’est pas évident tant l’histoire de notre langue est longue et complexe. Raison de plus pour ne plus traîner.

    Mais comme souvent, je suis assez pessimiste : avec un chef comme Hélène de Jefaiscarrière Et Jencause qui refuse déjà la moindre féminisation des noms de métiers, et avec une bonne trentaine de ses autres 38 collègues, cette dame n’a aucune chance de faire bouger les choses.

    Le français sera hiéroglyphisé depuis longtemps quand l’académie commencera à envisager l’éventualité de se mettre à méditer l’oportunité d’étudier la possibilité de réformer l’orthographe.

    • solstice
      solstice répond à Fald
      pigiste
      • Posté à 17h13 le 25/04/2011
      • Internaute 38451
        pigiste

      « nos instits perdent un temps fou à enseigner le trait d’union, les doubles consonnes et autres pièces de musée plus ou moins circonflexes alors que les mômes ont tellement de mal à savoir quand il faut écrire “parlé”, “parlait”, “parlez” ou “parler”, et ce n’est qu’un exemple. »

      Exemple pour exemple, j’ai cessé -afin que mes gosses n’en subissent pas les conséquences- de corriger les fautes d’orthographe, de syntaxe, de conjugaison et même de géographie que mes enfants ramenaient de l’école, dans leur cahier de correspondance ou carrément dans le cours...

      « C’est la maîtresse qui l’a dit »... Devoir s’expliquer avec son mouflet dico ou atlas en main, c’est quelque chose !

      Le français a des progrès à faire (la féminisation des noms de métiers me laisse froide mais pourquoi pas) mais la formation des maîtres est à pleurer !

      • Fald
        Fald répond à solstice
        Vieux (con)vaincu
        • Posté à 17h36 le 25/04/2011
        • Internaute 76678
          Vieux (con)vaincu

        C’est un autre problème, mais vous avez raison : depuis qu’on s’est mis à appeler les instits « professeurs des écoles », ce qui coûtait moins cher que de les augmenter, on exige que des jeunes se spécialisent jusqu’à bac + 5 dans une seule matière avant de devenir des généralistes de l’enseignement.

        Bénéfice net, ils enseignent des choses qu’ils n’ont parfois guère revues depuis la classe de 3ème.

        Je suis pour que les instits aillent beaucoup plus loin dans les études que les anciens normaliens, c’est nécessaire. Mais il faudrait créer de vraies formations universitaires généralistes menant à l’enseignement primaire.

        Ce n’est qu’une des nombreuses aberrations de l’usine à gaz qui nous sert d’éducation à peine encore nationale.

        Au point que je me demande si gaz est encore au singulier dans la phrase précédente.

        En tout cas, c’est bien au niveau des plus petits qu’il faut agir. Je prends des gosses à partir de 15 ans, et on a beau faire ce qu’on peut, c’est trop tard pour beaucoup de choses. Ils sont un peu comme moi avec la musique : j’ai commencé trop tard et j’y reste illettré même si je n’y suis plus analphabète.

         
        • mewtow
          mewtow répond à Fald
          • Posté à 17h49 le 25/04/2011
          • Internaute 138470

          Vos formations généralistes pour l’enseignement primaire, il me semble que ça existe (un gars de ma fac m’avait parlé d’un truc qui ressemble, mais je peux me tromper). Et il me semble qu’on leur apprend bien ce qu’ils auront à enseigner à leur élèves.

          Mais j’espère qu’on leur apprend des méthodes appropriées au enfants de cet age dans cette formation. Et oui, à cet age, on réfléchit et mémorise différemment des adolescents/adultes. Et ça c’est pas gagné.

        • solstice
          solstice répond à Fald
          pigiste
          • Posté à 17h49 le 25/04/2011
          • Internaute 38451
            pigiste

          Je suis moins pessimiste que vous, quoique d’accord sur le fond.

          - Les études généralistes de bonne qualité et pas des spécialistes (mon second a eu droit à un anthropologue atterri là on ne sait pas trop pourquoi et qui a terrorisé cette classe de CE2). En Finlande, si ma mémoire est bonne, les meilleurs profs sont réservés aux tout-petits, histoire de leur assurer un bon départ. Et cela se passe dans le public, avec un pourcentage d’enfants issus de l’immigration largement aussi important que le nôtre. Les résultats de l’équivalence du niveau CP-CE1 y sont excellents.

          - Ce n’est jamais trop tard : j’ai aidé un petit voisin qui était en train de sombrer en 6è, parce que les bases étaient inexistantes, le poids de l’échec trop lourd, la situation économique, sociale et familiale terrible, bref, le cancre annoncé... On a fait un deal : il était passionné par la nature, curieux et ouvert. Je suis sortie des livres et cours théoriques pour partir de textes sur des sujets qu’il me proposait. Sa seule obligation était d’être ponctuel : 1 h 30 le mercredi après-midi. A partir du moment où on oubliait le collège, ses cours et ses livres, on pouvait partir sur des bases qu’il ne craignait pas. Entre décembre (1er bulletin, 5 de moyenne générale) et fin juin (15/20), le gosse a repris confiance, a fait des progrès spectaculaires et a donc progressé partout... Il passe le brevet cette année totalement à l’aise.

          Je suis une optimiste active : D

          • Fald
            Fald répond à solstice
            Vieux (con)vaincu
            • Posté à 18h16 le 25/04/2011
            • Internaute 76678
              Vieux (con)vaincu

            Votre voisin a eu la chance de tomber sur vous. Il y en a comme ça un ou deux par génération. Certains vont même très loin dans les études.

            Mais la masse des gosses qui ont ces problèmes sont dans des classes de 25 ou 30, voire 35, et ils voient certains de leurs camarades lire un livre chaque fois qu’eux-mêmes déchiffrent une phrase.

            Et le prof, lui, il doit gérer l’ensemble. Et parfois, il se retrouve dans la situation absurde où les « bons » s’embêtent pendant que les « mauvais » n’y arrivent quand même pas. Situation bordelligène s’il en est.

            Il en faudrait, des « Soltice » qui les détectent dans leur quartier et qui les prennent un par un ! Ou alors, il nous faudrait « une Solstice supérieure en nombre », comme on dit dans Astérix.

            • solstice
              solstice répond à Fald
              pigiste
              • Posté à 18h23 le 25/04/2011
              • Internaute 38451
                pigiste

              J’ai eu la chance de faire partie d’un programme pilote (et abandonné parce qu’il fonctionnait ?) de type Montessori... 8 enfants (dont moi) à la maison, 8 bacs avec mention, 8 étudiants brillants dans la voie qu’ils ont choisie...

              En aidant mon petit voisin, j’ai simplement validé, 30 ans plus tard, que le plaisir d’apprendre valait toutes les contraintes... Mais je suppose que vous êtes au courant !

            • hoaxer
              hoaxer répond à Fald
              perplexe
              • Posté à 08h01 le 26/04/2011
              • Internaute 138885
                perplexe

              Alors pour simplifier le français il faut en rajouter une couche et féminiser (et donc accorder) certains noms ? Ca m’a l’air un peu hors sujet.
              Simplifier l’orthographe pourquoi pas ? le temps passé à mémoriser des foultitudes d’exceptions pourrait être employé utilement (à lire par exemple).
              Pour ce que j’en sais, ce ne sont pas principalement les auteurs qui sont à l’origine de la graphie des mots mais les clercs de la basoche (payés à la quantité) et plus tard les imprimeurs qui codaient en fonction des possibilités de l’époque. Rien de sacré dans tout cela.
              Encore une fois on pourrait simplifier l’orthographe et passer plus de temps sur des questions de grammaire qui ont vraiment une utilité sémantique.

          • boboétie
            boboétie répond à solstice
            • Posté à 21h29 le 25/04/2011
            • Internaute 2816

            « on a fait un deal » ? un ... quoi ? Vous avez fumé un ’joint’, comme ils disent ?

        • vero87
          vero87 répond à Fald
          • Posté à 20h20 le 25/04/2011
          • Internaute 40938

          Meme en prenant le problème au niveau de l’école primaire - ce à quoi s’épuisent les instits quotidiennement- il faut « baigner » dans sa langue pour la maitriser ... l’école ne suffit pas , à la maison il faut parler aux enfants , dans leurs activités , dans tous les moments de leur vie ....

          rien n’est plus terrible et déprimant (et malheureusement aujourd’hui très courant) de voir des enfants incapables d’expliquer une problématique simple , communiquer des infos un tout petit peu complexes , tenter d’expliquer , de transmettre un message ...
          pourquoi ? manque cruel de vocabulaire précis -mais au demeurant courant- incapacité d’employer la conjugaison et autres manques ....
          car une langue est un tout , oral ET ecrit ...
          aujourd’hui , l’ecrit proche des enfants a disparu, ils sont sollicités par des slogans, des phrases ne contenant pas plus d’une proposition , et bien trop souvent , leurs parent ne s’adressent à eux que dans un impératif péremptoire aussi dépourvu de qualité linguistique que de chaleur affectueuse !
          maitriser sa langue passe avant tout par l’amour , l’intéret , l’envie , le desir de partager : valeurs qui disparaissent de notre société depuis déjà quelques temps et ce ravage est entrain de se concrétiser aujourd’hui à la base de notre société , c’est à dire les adultes « en devenir »

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