Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

De Badiou à BHL, Mehdi Belhaj Kacem tue le père

Publié le 08/05/2011 à 17h26


La couverture du livre de Mehdi Belhaj Kacem, « Après Badiou ».

Tempête au pays de la philosophie de gauche. Dans un livre qui tue le père, Mehdi Belhaj Kacem s’écarte de LA figure de la pensée de gauche radicale : Alain Badiou, en publiant « Après Badiou ». Le tout chez Grasset, la maison de Bernard-Henri Lévy, alias l’adversaire philosophique de Badiou.

Rue89 a attendu que le très discret MBK vienne à Paris pour décrypter avec lui ce divorce de la pensée.

Les portes ont sans doute un peu claqué chez Grasset, ces derniers mois. Michel Onfray est parti chez Flammarion après les grands conflits autour de Freud, tandis que la maison de la rue des Saints-Pères récupérait un autre fort en verve : Mehdi Belhaj Kacem.

Le plus fin philosophe français de sa génération

Romancier révélé il y a presque vingt ans par « Cancer » et « 1993 », auteur d’essais par la suite avec « L’Antéforme », « Esthétique du chaos » et « Society », Belhaj Kacem est devenu en l’espace de dix ans, quoi qu’on en pense, le plus fin philosophe français de sa génération.

Parole brillante et verbe clair, il est capable de marier les concepts opaques de l’histoire philosophique avec les motifs contemporains apparus dans les années 90 : libéralisme outrancier, culture pop, « sitcomisation » de la vie politique et artistique, déclinisme.

De fil en aiguille, l’autodidacte MBK a rencontré Alain Badiou en 2001 avant de devenir tout à fait sciemment l’un de ses disciples. Et patatras ! Dix ans plus tard, il tue le père en écrivant un livre appelé « Après Badiou ».

« Je défend le grand métaphysicien, pas le Mao »

Que la chose soit claire : pour Kacem, Badiou reste un « métaphysicien de génie, l’un des quatre ou cinq plus grands du XXe siècle », déclare-t-il dans notre entretien. Mais ce que l’ex-disciple ne peut plus encadrer, c’est cette façon presbytérienne d’accoler sa pensée politique maoïste à toutes ses réflexions politiques :

« Je défends le grand métaphysicien, pas le Mao. » (Voir la vidéo)

Un côté « Harlequin philosophique »

« Après Badiou » est un ouvrage épais, dense, et surtout très violent. A la hauteur, assurément, de la dépression que ce « divorce » provoqua chez le jeune homme. Le paricide y est donc bien trop apparent. A son ancien mentor, il reproche un peu tout, et parfois n’importe quoi : le côté « Harlequin philosophique » de « L’Eloge de l’amour », les blagues d’« hétéro-beauf », l’humour « tout juste digne d’un Jean-Marie Bigard ». Dans notre interview, Kacem le Tunisien pointe des dérives dans le discours de Badiou sur le printemps arabe.

MBK s’emporte aussi contre tout ce qui peut avoir un rapport avec Badiou : même Slavoj Zizek en prend plein les mirettes, suspecté d’un histrionisme quasi sarkozyste. Dans ces instants du livre, inutiles et philosophiquement inopportuns, le texte bascule dans l’absurde et « Après Badiou » devient un règlement de comptes destiné à ne plus envisager de dette. Kacem, lui, parle de « nécessaire meurtre du surmoi ».

A tel point que l’on pourrait envisager une chose : la trop voyante récupération philosophique de MBK par BHL : « Avec BHL, on partage peu de positions idéologiques », argumente-t-il :

« Mais je préfère être en désaccord avec un démocrate plutôt que dans un faux consensus tel que Badiou en a instauré dans l’extrême gauche. »

Signalons qu’Alain Badiou nous a fait savoir qu’il « ne souhaitait pas commenter les livres qui lui sont consacrés ». (Voir la vidéo)

Mieux qu’une simple vengeance œdipienne

Il y a une trop grande constance de vengeance dans le livre de Kacem. La réflexion de l’auteur est aveuglée par la répétition des colères. Mais il est un moment où l’ouvrage, pour moitié crise dogmatique d’adolescent, devient ce qu’il veut être : une proposition pour penser « après ». Après Badiou, mais aussi après le « mal », après le déclinisme, après la victoire de l’abstraction financière contre l’abstraction des idées et des concepts.

Le livre est bien trop long, mais vaut mieux que la simple vengeance œdipienne qu’il paraît être. Car penser qu’il est arrivé à MBK la même chose qu’aux heideggériens lorsqu’ils découvrirent que leur penseur penchait vers le nazisme serait une faute de goût et de connaissances, politique comme philosophique.

MBK contre « La Métaphysique du Groland »

Dans sa première partie, « Après Badiou » prône ce que pratiquaient Pasolini et Sade : « l’héroïsme artistique », la transgression artistique. Belhaj Kacem dit appartenir à une génération pour qui cette transgression a été « parodique » et « postmoderne », « une tournure affine à la culture du nihilisme démocratique, qui est un culte incessant du second degré, de l’autodérision, d’un interminable rire jaune-gras du lamentable et du nul. Appelons ça la métaphysique du Groland. »

Pour lui, ce nihilisme n’est qu’un écran qui masque la vraie question, sur laquelle il débute d’ailleurs son livre : celle du mal.

C’est autour de cette idée qu’est articulée la première partie du livre. C’est cette idée qui porte, en plus de l’« après Badiou », la troisième et dernière partie.

C’est également cette même vision, articulée grâce à des instruments et des concepts compatibles avec la pop culture (musique, football, etc.), qui nous fait aimer Mehdi Belhaj Kacem. On préfèrerait que l’auteur poursuive son œuvre sur ce terrain irrigué des pensées de Bataille, aussi bien que de Nietzsche. Kacem demeure un auteur dont certes, les figures tutélaires sont trop eurocentrées, mais un auteur qui est en France le meilleur penseur de (et pour) la génération X. (Voir la vidéo)

Illustration : la couverture du livre de Mehdi Belhaj Kacem, « Après Badiou ».

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  • bibimbap
    bibimbap
    en travaux
    • Posté à 17h38 le 08/05/2011
    • Internaute 86441
      en travaux

    « Belhaj Kacem est devenu en l’espace de dix ans, quoi qu’on en pense, le plus fin philosophe français de sa génération. »

    On peut aussi penser que Belhaj Kacem est un petit auteur pop qui ne casse pas trois pattes à un canard.

    • Srgvlt
      Srgvlt répond à bibimbap
      Twitter @srgvlt
      • Posté à 22h29 le 08/05/2011
      • Internaute 23660
        Twitter @srgvlt

      Pratique comme remarque, ça évite de le lire ; et ceux qui ne voient que cet article doivent se réjouir d’un tel bénéfice, jusqu’à se satisfaire, sans doute, de ne jamais en avoir entendu parler.

      C’est dommage.

      • bibimbap
        bibimbap répond à Srgvlt
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        • Posté à 00h50 le 09/05/2011
        • Internaute 86441
          en travaux

        Et qui vous dit que je ne l’ai pas lu ? (comme toutes les petites étudiantes en philo, j’ai moi aussi succombé à la jolie tête ténébreuse de MBK ; j’avoue que ça m’est assez vite tombé des mains, ceci dit)

         
        • Srgvlt
          Srgvlt répond à bibimbap
          Twitter @srgvlt
          • Posté à 01h33 le 09/05/2011
          • Internaute 23660
            Twitter @srgvlt

          Je ne prétends pas que vous ne l’ayez pas lu, simplement que comme présentation du bonhomme, pour des gens qui ne le connaissent pas, et pas seulement, ça me semble aussi dommageable qu’erroné.

          Si vous trouvez beaucoup d’équivalents à Cancer ou à L’Antéforme, faites-moi signe, j’en serais ravi. J’aurais peut-être l’impression que les rayons des librairies ne sont pas aux 9 dixièmes désespérément vides.

          • bibimbap
            bibimbap répond à Srgvlt
            en travaux
            • Posté à 01h52 le 09/05/2011
            • Internaute 86441
              en travaux

            Ben sincèrement, c’est quand même plus un auteur pop bien dans l’air du temps qu’un grand philosophe, non ? Si les gens ont envie de lire des philosophes contemporains, je les encouragerais plutôt à aller vers Bouveresse. J’ai bien peur que les auteurs comme MBK soient de nature à laisser penser que la philosophie consiste à dire n’importe quoi avec des mots compliqués histoire de se la péter auprès des filles.

            • Srgvlt
              Srgvlt répond à bibimbap
              Twitter @srgvlt
              • Posté à 02h55 le 09/05/2011
              • Internaute 23660
                Twitter @srgvlt

              Il peut aussi paraître dans l’air du temps parce que sa voie d’expression est médiatique, comme il ne s’inscrit pas dans la voie universitaire. C’est un risque pour lui. Je préférerais qu’il dise des choses pertinentes et commettent des oeuvres fortes, ça le servirait, les grands auteurs ne passent pas forcément par l’université ; plutôt qu’il fasse du verbiage médiatique, du commentaire sur des oeuvres que beaucoup n’ont pas forcément lu : il y a des journalistes, pour ça.

              D’ailleurs, médiatiquement, on en parle plutôt rarement non ? Et rarement, il me semble, pour reprendre des idées qu’il aurait été émises, par exemple, on se contente de balancer son image ou de le laisser à son verbiage. Alors forcément, c’est bien superficiel.

              En matière de philosophie, tout dépend ce qu’on recherche. Si l’on cherche un cadre genre philo en terminale, comme un riverain noté étudiant le souhaite, c’est pas forcément la bonne porte. Moi ce n’est pas la philo qui m’a marqué chez lui, mais ce qu’il a fait avant, ainsi que son fonctionnement pop (dans la façon d’oeuvrer, pas dans l’image médiatique et les entretiens teknikart).

        • We want a shrubbery
          We want a shrubbery répond à bibimbap
          Fonctionnaire. A voté!
          • Posté à 07h03 le 09/05/2011
          • Internaute 100046
            Fonctionnaire. A voté!

          Ça ne vous a pas fait mal aux orteils ? C’est pas du léger comme littérature. Le genre qui vous donne envie d’ouvrir un Queneau ou un Chevillard....

        4 autres commentaires
    • neudwé
      neudwé répond à bibimbap
      • Posté à 10h55 le 09/05/2011
      • Internaute 10284

      J’ai plutôt envie de dire :

      « Quoiqu’on en pense », Badiou et BHL ne font pas le même métier. Le premier est philosophe, le second amuseur public.

      « Quoiqu’on en pense », c’est le nom de Badiou sur la couverture qui fera vendre le livre, et non pas la grandeur (indiscutable s’entend puisque, si on en pense différemment, c’est qu’on est un peu con) de son « philosophe » d’auteur

      « Quoiqu’on en pense », cet article est affligeant.

      En toute modestie, et quoique vous en pensiez, je crois que j’ai raison.

  • Cataphractaire
    Cataphractaire
    Keodedour ar bed
    • Posté à 17h52 le 08/05/2011
    • Internaute 58787
      Keodedour ar bed

    Personnellement, si l’on doit parler de philosophe, je mettrai Cynthia Fleury bien au delà dans la clarté et la pertinence de ses propos.

    • inspecteur crouton
      inspecteur crouton répond à Cataphractaire
      troll de tram
      • Posté à 18h55 le 08/05/2011
      • Internaute 118828
        troll de tram

      Ah oui, très fort « la Fin du Courage ».

      • Numerosix
        Numerosix répond à inspecteur crouton
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 19h27 le 08/05/2011
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Courageux, oui..

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à Cataphractaire
      Fonctionnaire. A voté!
      • Posté à 20h54 le 09/05/2011
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire. A voté!

      Une philosophe qui s’appelle Cynthia ça surprend un peu entre les Simone et les Hannah.

  • spirek
    spirek
    etudiant
    • Posté à 17h53 le 08/05/2011
    • Internaute 83819
      etudiant

    « la maison de Bernard-Henri Lévy, alias l’adversaire philosophique de Badiou. »

    Comment le clown Botul-Henri Lévy peut t’il être l’adversaire d’un philosophe ? ? ?

    En gros si j’ai bien compris, MBK est un gars qui a publié un bouquin dans la maison d’édition de Botul-HL pour démonter un gars que ce même Botul-HL considére comme son adversaire philosophique... ca a l’air d’être passionnant et surtout ô combien objectif...

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à spirek
      chien de talus
      • Posté à 18h21 le 08/05/2011
      • Internaute 50571
        chien de talus

      PTDR comme ont dit en filozoophilie postmoderne

    • JB Botul
      JB Botul répond à spirek
      Spécialiste de Kant et Ami de (...)
      • Posté à 09h54 le 09/05/2011
      • Internaute 107121
        Spécialiste de Kant et Ami de (...)

      Oh pardon ! je ne suis pas un clown...

    • Weekiwachee
      Weekiwachee répond à spirek
      Tallahassee
      • Posté à 23h29 le 10/05/2011
      • Internaute 956
        Tallahassee

      Cette chemise blanche qu’arbore MBK, ces boutons du haut ouverts, cela me rappelle quelqu’un, mais qui ?

  • Gibert Because-Youno
    Gibert Because-Youno
    Kaléïdoscopique
    • Posté à 17h58 le 08/05/2011
    • Internaute 68955
      Kaléïdoscopique

    « Parole brillante et verbe clair ».

    Pour qualifier le philosophe le plus verbeux et le plus abscons de ces dix dernières années, c’est fort...

    • Srgvlt
      Srgvlt répond à Gibert Because-Youno
      Twitter @srgvlt
      • Posté à 22h31 le 08/05/2011
      • Internaute 23660
        Twitter @srgvlt

      ça doit être l’effet bhl, où l’on exige du philosophe d’écrire comme un journaliste. s’il continue à lui cirer les pompes (ce qui est triste), il finira peut-être par vous convenir.

      • Gibert Because-Youno
        Gibert Because-Youno répond à Srgvlt
        Kaléïdoscopique
        • Posté à 22h52 le 08/05/2011
        • Internaute 68955
          Kaléïdoscopique

        Finir par me convenir, vu son trajet, ça m’étonnerait. Il y avait des pépites dans Cancer. Une « machine d’écriture », parfois un peu caricaturale, mais qui au moins tournait à plein régime.

        Mais lorsqu’il a décidé qui lui fallait devenir le plus grand pop-philosophe de sa génération, les choses ont commencé à dérailler. Lecteur vorace, il a tout jeté dans son robot mixeur philosophique : le problème, c’est que n’est ressortie qu’une bouillie. Les bouts de Lacan, les bouts de Deleuze et les bouts de Derrida jetés dans la même soupe ont donné un affreux brouet.

        Et depuis, ce brouet - qui comprenait encore une part d’invention, ses passages sur le porno par exemple - il ne n’a de cesse de l’affadir et de l’édulcorer (il n’a pas attendu BHL pour ça - voir ses entretiens avec Philippe Poncif).

        Le résultat, après 10 ans d’écriture, est assez triste à voir.

         
        • Srgvlt
          Srgvlt répond à Gibert Because-Youno
          Twitter @srgvlt
          • Posté à 23h35 le 08/05/2011
          • Internaute 23660
            Twitter @srgvlt

          Je suis d’accord. J’ai beaucoup aimé sa littérature, et sans les avoir tous lus ses essais, comme ils sont qualifiés dans cet article.

          J’ai arrêté de suivre après « L’affect » et « Evènement et Répétition », j’ai lu un ou deux textes mais ils ne m’ont pas accroché du tout, je n’y ai pas vu l’intérêt (peut-être fallait-il faire partie de la petite chapelle badousienne ?). Et j’avais lu le bouquin des entretiens, puis j’ai regretté de l’avoir acheté mais j’y ai découvert Delaume, qui depuis est partie sur d’autres machines.

          Au vu de ce qui se lit et de ce qui se dit, MBK ne me semble pas devoir être condamné comme, disons, une pop star. Il apparaîtrait comme un mec de gauche renégat allant vers BHL à un moment où on la gauche ne voit pas le bout du tunnel aux yeux de beaucoup qui, dans leur grande majorité, n’en ont jamais entendu parlé. Ce serait dommage, alors que ce qu’il a fait de bien reste introuvable en librairie.

          Au moins pour ce qu’il a tenté de composer ou de mixer dans ses machines ou son brouet. Il y avait là une ambition sur laquelle on ne devrait pas cracher, en tous les cas que je trouve plutôt rare.

          A mon avis il n’aurait pas du prendre le tournant philo-mathématique, ce qui donne une trajectoire peut-être assez classique ( ?) de la littérature vers la philo, de l’affect vers la raison, de l’image vers le verbe et le chiffre, mais qui ne lui convient pas (certes je ne suis pas versé dans ces hauteurs).

          Il aurait peut-être mieux fait de verser dans la productions d’images, de récits, de désirs, de concepts, de gauche. Il y en a besoin ! A croire que c’est trop simple pour lui, trop bas, trop prolétaire, trop pop peut-être ? C’est dommage. (Tout ceci n’appartient sans doute qu’à mes propres transferts, n’est-ce pas, étant plutôt versé dans les représentations, dans l’imaginaire, que dans les maths, mais néanmoins.)

          Et Badiou, à gauche, à part servir d’icône dans le désert, je ne vois pas trop...

          • Gibert Because-Youno
            Gibert Because-Youno répond à Srgvlt
            Kaléïdoscopique
            • Posté à 23h57 le 08/05/2011
            • Internaute 68955
              Kaléïdoscopique

            Je suis globalement d’accord avec vous au fond.
            Beaucoup de gâchis. Beaucoup d’énergie gaspillée. Des pépites au début, quelque chose dans l’écriture qui sortait de la platitude du roman français.

            Mais je n’ai pas envie de m’apitoyer sur son sort. Trop d’arrogance. Trop de déclarations à l’emporte-pièce. Et surtout, quelque chose chez lui de beaucoup trop « wannabe » (wannabee Deleuze, wannabe Badiou...). Son envie revancharde « d’en être » finit par être lassante.

            Si il avait conservé une veine underground, sans vouloir à tout prix les spotlights, oui, je suis sûr qu’il aurait pu faire des choses très réussies. Des images, des récits hybrides. Mais ça n’a pas pris ce chemin, malheureusement.

            • Srgvlt
              Srgvlt répond à Gibert Because-Youno
              Twitter @srgvlt
              • Posté à 00h13 le 09/05/2011
              • Internaute 23660
                Twitter @srgvlt

              Oui, je le préfère largement à le lire et quand il n’écrit pas dans un registre disons communicationnel mais plutôt en essayant de faire oeuvre.

              Il dit dans l’interview (du moins version longue) qu’il fait des concepts et que les concepts prennent du temps ; c’est gentil mais peut-être un peu oiseux : son ambition était sans doute d’égaler et de dépasser Badiou sur le même terrain, et peut-être est-ce là une autre façon de commettre le « meurtre du père », d’une manière qui intègre l’impossibilité d’un tel dépassement ?

              Le côté wannebee, comme vous dites, me paraissait du reste une façon de prendre le style ou le vêtement avant de véritablement de prendre une dimension supérieure, on dirait vraiment qu’il se place dans une échelle hiérarchique, et qu’un jour il serait vraiment l’égal de Deleuze ou Badiou, dans le même domaine. ça lui allait mieux de se sentir trimer au bas de l’échelle, il avait plus à dire, dans le fond comme dans la forme.

              Ce n’est pas perdu, cependant. Cette crise lui permettra peut-être de trouver une nouvelle voie, qui lui correspondra mieux. Et peut-être de trouver qu’être Badiou ou Deleuze ce n’est pas si tripant que ça, finalement - et ce n’est pas grave.

          • bibimbap
            bibimbap répond à Srgvlt
            en travaux
            • Posté à 00h53 le 09/05/2011
            • Internaute 86441
              en travaux

            Ah, effectivement, si vous trouvez un intéret à Chloé Delaume, tout s’explique.

            • Srgvlt
              Srgvlt répond à bibimbap
              Twitter @srgvlt
              • Posté à 01h29 le 09/05/2011
              • Internaute 23660
                Twitter @srgvlt

              Je ne sais pas vraiment ce que vous entendez par là, mais pour Delaume comme pour MBK, l’intérêt que j’y trouve a sans doute toujours été projectif, pour ainsi dire, mais loin du seul reflet de mon imagination. Ce qui m’intéresse chez eux me semble aussi pertinent que nécessaire dans le paysage, et je les vois plus comme des sortes d’artistes, des concepteurs.

              • bibimbap
                bibimbap répond à Srgvlt
                en travaux
                • Posté à 01h56 le 09/05/2011
                • Internaute 86441
                  en travaux

                J’avoue que pour ma part je n’ai jamais rien vu ans Chloé Delaume que de la bouillie à la limite du psychiatrique (ou, dans le cas de J’habite la télévision, du défonçage prétentieux de portes ouvertes).
                MBK c’est probablement moins n’importe quoi, mais je trouve ça extrêmement verbeux, confus, et surtout vraiment prétentieux pour assez peu de perspectives, finalement.
                Moi en philosophie j’ai un petit côté bonne paysanne prussienne, j’ai du mal avec les gens qui intuitionnent à tout va.

                (Sinon, et ça n’a rien à voir, je dois dire que j’apprécie beaucoup le ton que vous prenez pour me répondre alors que mes premiers commentaires étaient assez agressivement ironiques. Ca permettrait presque de transformer un mouvement d’humeur en conversation, et vu que c’est 1) rare, 2) agréable, je vous en remercie).

                • Srgvlt
                  Srgvlt répond à bibimbap
                  Twitter @srgvlt
                  • Posté à 02h46 le 09/05/2011
                  • Internaute 23660
                    Twitter @srgvlt

                  Moi c’est cette intuition qui m’attire, et comment ils composent un cadre, un programme, une machine, tantôt comme préalable à l’intuition, tantôt comme résultat. Pour moi c’est une démarche un peu artistique, un peu scientifique, pas forcément philo ou vraiment littéraire.

                  J’habite dans la tv, par exemple, j’ai beaucoup aimé - et personne à qui je l’ai fait lire. Alors bien sûr quand elle commence à raconter des choses qu’elle pense au premier degré, sans la médiation technique du cadre imposé, on a l’impression d’avoir une lycéenne embrigadée dans je ne sais quel parti, une idiote, et c’est dommage, elle aurait du le biffer comme non conforme à l’expérience.

                  Ils gagnent à être un peu déplacés dans les champs. Un peu comme Deleuze & Guattari, l’anti-oedipe on s’accorde à dire qu’en psychiatrie c’est pas top, mais reversé dans le champ sociologique, c’est plutôt génial, et Latour, que certains depuis son Changer de société Refaire de la sociologie ne jurent plus que par lui, s’en est pas mal servi.

                  MBK (je l’avais découvert au hasard d’un rayon de bibliothèque, je n’avais aucun discours et aucune image le recouvrant), les perspectives que j’ai trouvées chez lui c’était au détour de phrases, dans des intuitions, des fulgurances, après souvent (enfin je crois, ça fait un petit moment et j’ai pas lu les derniers) un long travail d’agencement et de touillage de la matière.

                  Je les considère dans le domaine de la prospection, de l’expérimentation, de la recherche, au sens en tous cas où il ne faut pas les prendre comme des vieux coincés derrière leur chaire, comme des gens qui chercheraient surtout à tirer bénéfice du travail accompli et à en imposer par là. On a l’habitude maintenant d’avoir affaire à des propos, des pensées et des livres qui soient bien construits, ficelés et packagés, et qu’on pourrait consommer de préférence en divertissement (ou en devoir scolaire), là ce n’est pas trop ça. En fait j’ai toujours entendu leurs travaux respectifs comme des manières de fouiller le possible, certainement pas comme des moyens d’être un bon petit citoyen à la page. C’est pour ça que j’aimerais bien, en particulier, que MBK l’ouvre un peu plus sur le chapitre des idées de gauche, on en aurait besoin mais peut-être que ça ne l’intéresse pas.

                  Du coup il y a chaque fois à prendre et à laisser. Je ne vois pas, par exemple, comment on pourrait en être disciple ; à part par la méthode, peut-être, ou par un fond moteur commun, mais on est déjà dans l’idée d’une communauté, d’un partage pour des travaux qui restent propres à chacun. ça me convient beaucoup mieux que, par exemple, les thèses sur le concept de bidule dans l’oeuvre de truc.

                  En philo pour ma part c’est plutôt Deleuze (& Guattari), Nietzsche, le Althusser du matérialisme de la rencontre, par exemple, mais je suis plutôt versé dans les sciences humaines et la muséologie. Je n’aime pas trop les systèmes, qu’ils vous mobilisent à leur cause votre force de travail et votre temps de cerveau disponible, qu’ils vous enserrent le crâne d’une main osseuse et le tournent ou qu’ils soient de grands palais quand une petite bicoque habitable suffirait amplement.

                  (Ben c’est gentil, mais c’est normal, non ? - Enfin pas tout le temps, il ne faut pas exagérer, non plus. Mais les discussions sont rares, oui ; qui je conteste ou attaque me réponds, sinon je parle dans le vide.)

        7 autres commentaires
    • viramram
      viramram répond à Gibert Because-Youno
      pionne
      • Posté à 13h56 le 09/05/2011
      • Internaute 128970
        pionne

      C’est vrai que si la parole est, certes brillante, le verbe est loin d’être clair.
      Je n’ai lu que l’Antéforme, magnifique et acheté L’esprit du nihilisme qui est illisible.

  • Gibert Because-Youno
    Gibert Because-Youno
    Kaléïdoscopique
    • Posté à 18h07 le 08/05/2011
    • Internaute 68955
      Kaléïdoscopique

    Romancier révélé il y a presque vingt ans par « Cancer » et « 1993 », auteur d’essais par la suite avec « L’Antéforme », « Esthétique du chaos » et « Society », Belhaj Kacem est devenu en l’espace de dix ans, quoi qu’on en pense, le plus fin philosophe français de sa génération.

    Je me permets, cher M. Artus, de réécrire ce passage :

    Romancier intrigant, révélé par sa posture d’écrivain révolté, auteur par la suite de pavés aussi fades qu’indigestes comme « L’antéforme », MBK a ensuite versé dans la « pop-philosophe », écrivant un livre d’entretien avec un mollusque-journaliste de Teknikart. Du rebelle de café au philosophe de salon, il a réussi à rejoindre, en l’espace de 10 ans, le néant de la pensée symbolisé par son éditeur, BHL.

    • Dave Feng
      • Posté à 18h23 le 08/05/2011
      • Internaute 27954

      Tout est dit.

    • lorem-ipsum
      lorem-ipsum répond à Gibert Because-Youno
      empereur de transpatagonie
      • Posté à 15h04 le 09/05/2011
      • Internaute 46772
        empereur de transpatagonie

      Il est bien difficile en effet de prendre au sérieux ou de voir une tempête* dans la Nième pirouette d’un de ces pseudosophes médiatiques que la France semble produire par brouettes. Mais on se demande tout de même quelles raisons expliquent le succès et l’existence de BK et de ses semblables dans l’espace journalistique, succès et existence qui sont aussi indéniables que leur nullité. Artus et ses collègues, qui ne sont pas plus stupides que vous et moi en moyenne, ne se rendent-ils pas compte ? Ont-ils un intérêt à perpétuer l’imposture ? Sont-ils victimes ou complices ? Chaque réponse paraît trop simple...

      *A moins que nous ne parlions de la proverbiale tempête dans un verre d’eau.

  • Carlos Carnaval
    Carlos Carnaval
    Etudiant
    • Posté à 18h12 le 08/05/2011
    • Internaute 83800
      Etudiant

    La seule philosophie que je trouve intéressante, c’est celle qui est pratiquée en cours en terminale : accessible à tous, posant des problématiques concrètes et ne rentrant pas dans les guerres d’égo de ces professionnels de la pensée.

  • Jadore
    Jadore
    verseau
    • Posté à 18h17 le 08/05/2011
    • Internaute 127928
      verseau

    Badiou doit être critiqué, prolongé ou dépassé, ou contrecarré. C’est le propre de la pensée de se retourner et de se déprendre ou de s’ancrer dans une pensée antérieure.

    On ne voit pas bien tout de même quels concepts maoïstes précis Mehdi Belhaj Kacem critiquent. Peut-être l’explication est-elle plus détaillée dans le livre, ou l’article ne permet pas d’aller plus au près.

    Pour ma part, j’ai entendu Badiou plusieurs fois et je l’ai vu parler de lutte des classes, d’exploitation, d’aliénation...Concepts pas propres au maoïsme, il me semble.

    Quoiqu’il en soit, une chronique de philo bienvenue, qui peut inciter à aller chercher dans les ouvrages la réalité de ce qui pointé ici.

  • GanLanShu
    GanLanShu
    http://shodavid.blog.lemonde.fr/
    • Posté à 18h20 le 08/05/2011
    • Internaute 10692
      http://shodavid.blog.lemonde.fr/

    « Hé, dupoteau ! T’oublie pas qu’on est potes ! Je suis passé chez Enthovein et tant d’autres, mais ça le fait toujours pas ! Un mois plus tard, ces boeufs me laissent toujours sur la paille ! Hhhheelllppp ! ! ! Dis-leur que je suis trop top ! »

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à GanLanShu
      chien de talus
      • Posté à 18h25 le 08/05/2011
      • Internaute 50571
        chien de talus

      heu le « dupoteau » c’est en référence aux goûts du dit interpellé pour la sodomie par objet contondant ?

  • Lendroitvautlenvers
    • Posté à 18h28 le 08/05/2011
    • Internaute 149146
      lucide

    Il n’y a plus rien à inventer monsieur Mehdi Belhaj Kacem.
    Reconnaissez-le déjà en vous-même et vous commencerez à avancer, plutôt que de vouloir faire du neuf avec du réchauffé...

    • A déménagé le 9-4-2012
      A déménagé le 9-4-2012 répond à Lendroitvautlenvers
      Explore l'indéterminé
      • Posté à 18h38 le 08/05/2011
      • Internaute 22643
        Explore l'indéterminé

      Plus rien à inventer ? Quelle prétention et quelle misère !

      • Lendroitvautlenvers
        • Posté à 18h51 le 08/05/2011
        • Internaute 149146
          lucide

        Plus rien à inventer ?
        Oui ! puisque tout est à faire maintenant, n’en vous déplaise...

         
        • A déménagé le 9-4-2012
          A déménagé le 9-4-2012 répond à Lendroitvautlenvers
          Explore l'indéterminé
          • Posté à 19h00 le 08/05/2011
          • Internaute 22643
            Explore l'indéterminé

          Encore faudrait-il savoir ce que vous voulez dire par « tout est à faire maintenant »... Mais il ne s’agit pas de plaire et de déplaire. Prétendez-vous qu’il ne reste plus qu’à appliquer des idées et un savoir déjà constitués ?

          • Lendroitvautlenvers
            • Posté à 20h33 le 08/05/2011
            • Internaute 149146
              lucide

            Encore faudrait-il savoir ce que vous voulez dire : Et oui ! ...
            Et c’est pour cela que j’ai mi cette toile de Rembrandt afin de ne pas avoir à en dire plus...

            • A déménagé le 9-4-2012
              A déménagé le 9-4-2012 répond à Lendroitvautlenvers
              Explore l'indéterminé
              • Posté à 22h49 le 08/05/2011
              • Internaute 22643
                Explore l'indéterminé

              Jouer aux devinettes d’un air entendu, est-ce philosopher ? Cette image et vos affirmations laissent entendre que, pour vous, tout fut dit par Platon et Aristote. C’est une conception de la philosophie que je ne partage pas. Mais cela n’explique pas ce que vous voulez dire par « tout reste à faire ».

              • Lendroitvautlenvers
                • Posté à 23h37 le 08/05/2011
                • Internaute 149146
                  lucide

                Mais je ne joue pas aux devinettes, c’est vous qui faites cette déduction rapide par rapport à vous même.
                Et puis
                Où avez vous vu Platon ? Aristote oui ! mais Platon, pas chez moi.
                Est-ce-que Rembrandt est philosophie ? non ! , tout comme je n’en voie pas non plus chez Mehdi Belhaj Kacem, même si il cite Platon dans l’interview et qu’il se revendique philosophe...

                Mais cela n’explique pas ce que vous voulez dire par « tout reste à faire »
                Je suis désolé, mais personne n’est obligé de s’expliquer lorsqu’une personne désire comprendre une métaphore, sinon quel intérêt de l’écrire, tout comme si je vous disais : La vie ne se lit pas elle se vit, l’inverse n’est que misère...

                « La métaphore n’est pas pour le vrai poète une figure de rhétorique, mais une image substituée qu’il place réellement devant ses yeux à la place d’une idée. »
                Friedrich Nietzsche

                (fin)

                • A déménagé le 9-4-2012
                  A déménagé le 9-4-2012 répond à Lendroitvautlenvers
                  Explore l'indéterminé
                  • Posté à 23h54 le 08/05/2011
                  • Internaute 22643
                    Explore l'indéterminé

                  Ah oui, je me suis trompé : le buste est celui d’Homère, non de Platon. Quant à votre refus de vous expliquer, cela signifie surtout pour moi que ma première impression était la bonne. Tant pis.

        5 autres commentaires
  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h29 le 08/05/2011
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ne jamais faire confiance à un repenti ..

    • chamoiseau
      chamoiseau répond à Numerosix
      citoyen
      • Posté à 19h43 le 08/05/2011
      • Internaute 81106
        citoyen

      Le livre de MBK n’est pas du repentir, c’est du dépassement.
      Et ce n’est pas de la vengeance, mais de la pensée.

      • Numerosix
        Numerosix répond à chamoiseau
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 19h51 le 08/05/2011
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Si vous le dites .

        Un ex-disciple a tenu à publier un ouvrage où il « explique » de façon particulièrement vulgaire, anecdotique et ignorante, les raisons de sa rupture avec moi. Il est exact que j’ai été un temps intéressé par le travail de Mehdi Belhaj Kacem. J’ai écrit une préface pour l’un de ses livres, je l’ai invité à mon séminaire, j’ai été son éditeur chez Fayard... On aurait pu croire que tout cela créait une fidélité. C’était le cas pour moi, mais non pas pour lui. Visiblement, il a pensé qu’être mon ami ne lui rapportait pas assez, ni assez vite, et qu’être mon ennemi lui rapporterait gros : il suffirait de vendre sa renégation à ceux, nombreux et puissants, qui sont mes ennemis de longue date. Tout un chacun pourra une fois de plus constater que le mélange de la trahison, de la mégalomanie et de la paresse n’a jamais donné qu’une pénible bouillie. Je n’ai aucun autre commentaire à faire sur cette banale histoire de corruption mentale. Au demeurant, je n’ai pas l’habitude de commenter les très nombreux livres qui me sont consacrés.

        Alain Badiou, Paris le 27 mars 2011

         
        • Srgvlt
          Srgvlt répond à Numerosix
          Twitter @srgvlt
          • Posté à 22h33 le 08/05/2011
          • Internaute 23660
            Twitter @srgvlt

          Ces propos justifient amplement, au demeurant, ce que dit MBK dans la vidéo au sujet de l’attitude de Badiou.

        • chamoiseau
          chamoiseau répond à Numerosix
          citoyen
          • Posté à 13h42 le 09/05/2011
          • Internaute 81106
            citoyen

          Pauvre petit Badiou.
          Ce qu’il appelle vulgarité, c’est la violence du ton de Kacem, qui s’explique par le refus, amplement justifié, de la mollesse du ton de Badiou, gentil civilisé qui prône bien gentiment le radicalisme maoïste.

        2 autres commentaires
      • Gibert Because-Youno
        Gibert Because-Youno répond à chamoiseau
        Kaléïdoscopique
        • Posté à 21h44 le 08/05/2011
        • Internaute 68955
          Kaléïdoscopique

        Pour « dépasser » Badiou - que l’on soit d’accord ou non avec les concepts de ce dernier - il faudra autre chose à MBK que ses pop-bidules acidulés, tirés d’un recueil de blagues carambars.

      • BMOcéane
        BMOcéane répond à chamoiseau
        Etudiant
        • Posté à 21h30 le 08/05/2011
        • Internaute 154275
          Etudiant

        La pensée de Mehdi Belhaj Kacem s’élève jusqu’aux sommets suivants : « La rupture Badiou/MBK mettra sans doute des années à être évaluée à sa juste mesure, dans toutes ses portées éthiques, épistémologiques, esthétiques, politiques, libidinales précises. Le tsunami médiatique qui accompagne la sortie du livre (un jeune philosophe m’a dit que Saint-Germain des près ressemblait actuellement à un Fukushima spirituel…) m’astreint à l’attitude stoïque de qui n’a pas à répondre aux agressions de ceux qui ne connaissent rien à mon travail (...) ».

        Réponse de Mehdi Belhaj Kacem au texte de Fabien Tarby dans le Nouvel Observateur.fr

         1 autres commentaires
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