Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Mort de Jorge Semprun : un titan, de la Résistance à la littérature

Publié le 08/06/2011 à 06h03

S’il y avait eu une Internationale des Lettres, il en aurait été le premier président. Résistant, homme politique et écrivain, le tout de haut niveau, Jorge Semprun s’est éteint ce mardi soir à Paris.

On savait depuis quelques mois qu’il souffrait d’une tumeur au cerveau. Ce dernier combat fut celui de trop. Jorge Semprun est décédé mardi à Paris à l’âge de 87 ans.

Vivant, toujours

Primo Levi, Elie Wiesel et Jorge Semprun sont, à jamais, les trois grands écrivains qui connurent la déportation et firent œuvre de la verbalisation de celle-ci. Mettant ainsi au jour l’horreur du XXe siècle ainsi que ses utopies.

Issu d’une famille profondément républicaine (son grand-père fut à plusieurs reprises président du gouvernement espagnol au début du siècle), le jeune homme dut quitter l’Espagne avec toute sa famille lorsque les franquistes renversèrent le Front populaire espagnol en 1939. Direction : Suisse, Pays-Bas, puis Paris. Il y découvrira les idées communistes et l’esprit des Lumières, deux valeurs qui ne le quitteraient jamais.

Résistant, il adhéra en 1941 aux réseaux des Francs Tireurs et Partisans, en même tempos qu’au PC espagnol. Arrêté en 1943, déporté à Buchenwald, flanqué du matricule n°44 904, il y organisa les activités culturelles pour les prisonniers espagnols, avec qui il participa à la libération du camp lorsqu’arrivèrent les chars du très peu communiste général Patton. Revenu dans sa ville d’adoption pour commencer une carrière d’interprète à l’Unesco.

« Tout m’était arrivé, rien ne pouvait plus me survenir »

Son premier roman autobiographique, publié en 1963, commencerait à rendre compte de cette horreur, notamment des cinq jours de voyage entre Paris et Buchenwald, entassé avec 119 autres prisonniers. C’est « Le Grand voyage ». Par la suite, l’essentiel de son œuvre consisterait, bien sûr, à continuer le récit littéraire de la guerre d’Espagne, de la résistance et de l’expérience des camps. Citons « L’Évanouissement », « Le mort qu’il faut », « Vingt ans et un jour », et celui qui est le plus connu : « L’écriture ou la vie », publié en 1994.

« Tout m’était arrivé, rien ne pouvait plus me survenir », y écrivait-il. (Voir la vidéo)

Le communisme, la démocratie, le cinéma, la littérature

Devenu en 1953 responsable de la coordination de l’action clandestine du Parti communiste espagnol, sous le pseudonyme de Frederico Sanchez, il signa de violentes diatribes contre le régime franquiste tout en débutant sa carrière d’écrivain de langue française.

Toutefois, des divergences l’opposèrent assez vite au chef du parti, Santiago Carrillo. En 1964, il fut exclu du Comité exécutif du PCE. On date de cet événement la volonté de Semprun de se consacrer entièrement à l’écriture. Ce, dans les deux langues française et espagnole.

Six ans après la publication de son premier livre, « La deuxième mort de Ramon Mecader » obtint le Prix Fémina 1969. En 1977, « Autobiographie de Federico Sanchez » obtint le prix Planeta, validant l’importance de sa littérature de témoignage. Jorge Semprun serait à jamais l’une des grandes figures de la résistance à la barbarie.

Depuis 1996, il était un des jurés de l’Académie Goncourt.

La politique, toujours

Déjà bien actif durant son exil forcé, l’écrivain le fut bien sûr plus encore lors de la mort de Franco en 1975, et l’arrivée sur le trône d’une monarchie parlementaire. Il fut même, de 1988 à 1991, le ministre de la Culture de Felipe Gonzales. En février 1981, il apporta son soutien au roi Juan Carlos, qui sut rester ferme après avoir essuyé une tentative de coup d’Etat. (Voir la vidéo)

Dernier combat : l’Europe

Après l’utopie communiste, l’utopie européenne. La « figure européenne », faite de diversités des langues et de l’unité démocratique, fut le dernier cheval de bataille cher à l’écrivain et homme politique. « Une tombe au creux des nuages. Essais sur l’Europe d’hier et d’aujourd’hui » est le titre du dernier livre que fit paraître Semprun, en 2010. (Voir la vidéo)

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  • polga
    polga
    étudiant poil au dent
    • Posté à 06h58 le 08/06/2011
    • Internaute 114985
      étudiant poil au dent

    RIP

  • zelectron
    • Posté à 07h19 le 08/06/2011
    • Internaute 12718

    Il a vécu l’indicible et cependant de par sa force de caractère il a toujours offert un visage avenant et chaleureux. J’ai eu l’occasion de mener une conversation à bâton rompu avec lui lors d’une réunion dans ma famille et en ai gardé un souvenir très vif : un homme, un vrai !

  • Marteau Rouge
    Marteau Rouge
    Abrutis bobo gaucho écolo anti (...)
    • Posté à 07h33 le 08/06/2011
    • Internaute 105712
      Abrutis bobo gaucho écolo anti (...)

    Merci à la modération d’avoir « nettoyer » cet article à la mémoire d’un combattant pour les valeurs de la France.
    Merci d’avoir nettoyer, les crasses laissé par un Fhaineux.

    Merci Jorge Semprun pour ce que tu as fait pour nous, pour la France !

    • alabergerie
      alabergerie répond à Marteau Rouge
      http://alabergerie.wordpress. (...)
      • Posté à 09h01 le 08/06/2011
      • Internaute 81339
        http://alabergerie.wordpress. (...)

      Oui enfin, en même temps, c’était instructif.Florilège d’ordures pour célébrer la mort de Semprun, par les desouches. De quoi faire un bel article sur le caca brun, à déposer religieusement sur le perron de l’Élysée.

  • Barrabravo
    Barrabravo
    Buenos Aires nostalgique
    • Posté à 07h58 le 08/06/2011
    • Internaute 115757
      Buenos Aires nostalgique

    Suis-je le seul à être gêné (d’un point de vue purement formel) par l’emploi du conditionnel à valeur de récit (« Son premier roman autobiographique, publié en 1963, commencerait à rendre compte de cette horreur » ; « Par la suite, l’essentiel de son œuvre consisterait, bien sûr, à continuer »), usage qui me semble relever, sauf erreur de ma part, de l’anglicisme ?
    Sinon, merci pour l’article-hommage, très instructif (je connaissais un peu l’écrivain mais mal l’homme et son parcours)

    • Marie-France
      Marie-France répond à Barrabravo
      Toujours ailleurs
      • Posté à 12h08 le 08/06/2011
      • Internaute 4943
        Toujours ailleurs

      Dans ce cas, il y a une nuance grammaticale : « commencerait » n’est pas là un conditionnel, mais ce que l’on appelle par usage « le futur dans le passé »

      • Barrabravo
        Barrabravo répond à Marie-France
        Buenos Aires nostalgique
        • Posté à 14h37 le 08/06/2011
        • Internaute 115757
          Buenos Aires nostalgique

        J’ai bien saisi l’intention de l’auteur, mais il me semble que cet usage-là du conditionnel, même avec valeur de « futur dans le passé », est incorrect, ou du moins, qu’il relève de l’anglicisme. Sauf erreur de ma part, en français dans un contexte narratif tel que celui de l’article, on utilise vraiment le futur : « commencera », et non le conditionnel (dont l’usage est réservé me semble-til au discours indirect, rapporté : « il a dit qu’il commencerait »)
        Bref des broutilles sans doute mais j’apprécierais qu’un linguiste éclaircisse ma lanterne ?

         
        • Marie-France
          Marie-France répond à Barrabravo
          Toujours ailleurs
          • Posté à 15h11 le 08/06/2011
          • Internaute 4943
            Toujours ailleurs

          Après avoir relu « detenidamente » le passage en question, je reconnais que vous n’avez pas tort ; étant donné le contexte, les autres verbes étant au passé simple, il n’y avait aucune raison d’employer le « futur dans le passé » ; le futur simple aurait été plus judicieux, ou le passé simple pouvait être conservé. Bon, ceci dit, cela n’enlève rien à la qualité de l’article.

        1 autres commentaires
  • mnemon
    mnemon
    ad astra per spirirto
    • Posté à 08h00 le 08/06/2011
    • Internaute 151561
      ad astra per spirirto

    Edit : Me...r....cader, comme dans » le renard rutilant du rouge relent de ses rapines... »selon la traduction d’Ulysses de Larbaud.

  • ben voillon
    ben voillon
    journaliste
    • Posté à 08h16 le 08/06/2011
    • Journaliste 89842
      journaliste

    Hum... N’était-il pas un peu « binational », ce grand Monsieur ? Certains devraient y réfléchir à deux fois avant de crier haro sur ceux-là !

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à ben voillon
      Fonctionnaire. A voté!
      • Posté à 08h30 le 08/06/2011
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire. A voté!

      En effet. Je crois que Kundera aussi est binational. Mais j’imagine que les certains pensent surtout aux binationaux basanés voire pire, qui sont tout de même plus étrangers que les binationaux « blancs ».

  • rrrobotom
    rrrobotom
    Sea lover
    • Posté à 08h31 le 08/06/2011
    • Internaute 70782
      Sea lover

    On devrait faire un film sur la vie de ce monsieur. Il serait tout sauf ennuyeux.

  • rafael_monfort
    rafael_monfort
    Analyste
    • Posté à 08h54 le 08/06/2011
    • Internaute 139109
      Analyste

    Frédérico Sanchez « te salut bien » , bon voyage , Une seule citation est toute à ton honneur lorsque tu écris « en septembre 1975 la voix de Salvador Dali s’élève pour féliciter Franco _ alors qu’il ne lui reste plus que quelques jours à vivre _ d’avoir fait exécuter cinq jeunes antifascistes .Tu auras alors ce commentaire “s’il est arrivé à Dali d’être un grand peintre , il ne lui est jamais arrivé d’être un homme respectable”. je me permets d’ajouter “une funeste salope”.Un espagnol devenu français à regrets, erreur que tu n’as pas commise.
    Rafael

  • alabergerie
    alabergerie
    http://alabergerie.wordpress. (...)
    • Posté à 08h58 le 08/06/2011
    • Internaute 81339
      http://alabergerie.wordpress. (...)

    Il devait passer à Rennes avec Costa Gavras. La paire aurait fait salle comble. Beaucoup de scolaires, qui étaient déjà venus voir Hessel, avaient prévu de se poser dans l’amphi pour écouter cette autre figure de la dignité, et faire le plein pour les années à venir.

  • Gaspard_bzh
    Gaspard_bzh
    Adieu la rue
    • Posté à 09h25 le 08/06/2011
    • Internaute 41063
      Adieu la rue

    Après Ernesto Sabato, fin Avril, c’est au tour de Semprun maintenant. On dirait que la grande faucheuse, en 2011, va s’attaquer à tout ceux dont le nom pour moi, evoquaient intelligence, lucidité, courage... Leur écriture etait d’une exigence folle, irriguée par une culture immense, et des vies qui avaient su s’engager, et porter des regards pénètrants sur leurs engagements.
    L’un comme l’autre me nourrissent depuis des années. Sabato, puis,Semprun ... De toute façon, la grande faucheuse livre un combat d’arrière-garde, les livres sont écrits ... c’est juste une basse vengeance tardive et c’est pas joli.

  • Yaumegui_from_Paris
    Yaumegui_from_Paris
    « Il ne suffit pas d'être (...)
    • Posté à 09h35 le 08/06/2011
    • Internaute 8001
      « Il ne suffit pas d'être (...)

    Du courage, du talent, deux qualités que peu d’écrivains savent combiner.
    Merci pour votre vie et votre œuvre, monsieur Semprún.

  • chrix
    chrix
    Perlimpinpin..
    • Posté à 09h43 le 08/06/2011
    • Internaute 152676
      Perlimpinpin..

    Témoin d’un passé rapproché, j’aimerais garder en vie des êtres comme lui. Pour nous servir d’exemple et nous rafraîchir la mémoire de temps en temps.

  • jabier
    jabier
    consultant dans les Landes
    • Posté à 09h51 le 08/06/2011
    • Internaute 31087
      consultant dans les Landes

    Moi, je l’admirais !
    Comme romancier, essayiste, ministre de la culture de Suarez
    Mais je n’approuvais pas toutes ses options, notamment sur l’Europe.
    Ce matin je suis triste : ’-(

  • GWERN
    GWERN
    Ex militant du vaste mouvement (...)
    • Posté à 09h53 le 08/06/2011
    • Internaute 60684
      Ex militant du vaste mouvement (...)

    « Primo Levi, Elie Wiesel et Jorge Semprun sont, à jamais, les trois grands écrivains qui connurent la déportation et firent œuvre de la verbalisation de celle-ci. “ On pourrait y rajouter David ROUSSET et ‘ Les jours de notre mort !
    Pour SEMPRUN si d’aventure il était possible de revoir le téléfilm tiré de son ouvre Le grand Voyage’ ce serait pas mal !

    • Gabacha
      Gabacha répond à GWERN
      prof
      • Posté à 11h00 le 08/06/2011
      • Internaute 159338
        prof

      Une précision chronologique : La tentative de coup d’état de Tejero en Espagne a eu lieu le 23 février 1981, donc Jorge Semprún a soutenu le roi en 1981 et non pas en 1978.

      Un grand homme nous a quittés. Merci à son action et son œuvre.

      • Hubert Artus
        Hubert Artus répond à Gabacha
        Rue89
        • Posté à 11h40 le 08/06/2011
          rédacteur
        • Journaliste 56
          Rue89

        Merci d’avoir corrigé mon étourderie !

  • lanina86
    lanina86
    ingénieur agronome
    • Posté à 10h57 le 08/06/2011
    • Internaute 95984
      ingénieur agronome

    Triste tout simplement triste AY CARMELA !

    • jabier
      jabier répond à lanina86
      consultant dans les Landes
      • Posté à 16h15 le 08/06/2011
      • Internaute 31087
        consultant dans les Landes

      El paso del Ebro

      El Ejército del Ebro
      Rum bala rum bala rum ba la !
      Una noche el río pasó,
      Ay Carmela, ay Carmela.
      Y a las tropas invasoras
      Rum bala rum bala rum ba la !
      Buena paliza les dió,
      Ay Carmela, ay Carmela.
      El furor de los traidores
      Rum bala rum bala rum ba la !
      Lo descarga su aviación,
      Ay Carmela, ay Carmela.
      Pero nada pueden bombas
      Rum bala rum bala rum ba la !
      Donde sobra corazón,
      Ay Carmela, ay Carmela.
      Contraataques muy rabiosos
      Rum bala rum bala rum ba la !
      Deberemos resistir,
      Ay Carmela, ay Carmela.
      Pero igual que combatimos
      Rum bala rum bala rum ba la !
      Prometemos combatir,
      Ay Carmela, ay Carmela.
      El Ejército del Ebro
      Rum bala rum bala rum ba la !
      Una noche el río pasó,
      El Ejército del Ebro

  • christine.p
    • Posté à 11h44 le 08/06/2011
    • Internaute 47868

    « Un jour viendrait, relativement proche, où il n’existerait plus aucun survivant de Buchenwald. Il n’y aurait plus de mémoire immédiate de Buchenwald : plus personne ne saurait dire avec des mots venus de la mémoire charnelle, et non pas d’une reconstitution théorique, ce qu’auront été la faim, le sommeil, l’angoisse, la présence aveuglante du Mal absolu - dans la juste mesure où il est niché en chacun de nous, comme liberté possible. Plus personne n’aurait dans son âme et son cerveau, indélébile, l’odeur de chair brûlée des fours crématoires » L’écriture ou la vie.

    Une conscience, un témoin lucide, visionnaire, un exemple, un homme.
    Merci Jorge Semprun.

  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 12h08 le 08/06/2011
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    Le genre du grand écrivain qu’ avait tout bon dans la doxa, qu’on citait à tous les honneurs de l’honnête homme gnin gnin et qu’on nous invitait dans les débats télés consensuels qui s’la pètent alors que je n’ai jamais lu une ligne de lui parce que ça m’avait l’air très ennuyeux

    Donc aucun sentiment concernant la mort du grand homme qui va faire chialer toutes les vielles momies de la rédac’ du Nouvel Obs, à part un léger agacement.

    Un léger a-priori positif quand même à cause de sa participation aux excellents films de Costa Gravos : Z, L’ Aveu et État de siége avec Montand du temps ou il était encore buvable.

    Costa Gravos étant lui même devenu traitre au cinéma et à ses petites mains depuis qu’il est devenu président de la Cinémathèque ( ou de ce qu’il en reste).

    Iconoclaste un jour, iconoclaste toujours : -)

    • Gaspard_bzh
      Gaspard_bzh répond à DiaboloSatanas
      Adieu la rue
      • Posté à 12h16 le 08/06/2011
      • Internaute 41063
        Adieu la rue

      très ennuyeux, Semprun ? ? ? ?
      essaye quand même de dépasser l’a-priori stupide, parceque c’est un écrivain passionant au contraire.
      Iconoclaste, je veux bien, mais c’est mieux de savoir à quoi on s’attaque, avant d’être iconoclaste, quand même, non ? Avant de déboulonner Semprun, tu as intérêt à te mettre à niveau, sinon ça va devenir une posture stupide, ton iconoclastie...

      • DiaboloSatanas
        DiaboloSatanas répond à Gaspard_bzh
        Fou du volant
        • Posté à 12h27 le 08/06/2011
        • Internaute 79165
          Fou du volant

        Ben un iconoclaste s’attaque a toutes les icônes, non ?

        Et d’abord si j’aime ça, moi, les a-prioris stupides ? Certains comme Jorge Semprun se sont battus pour que j’ai la liberté de les proférer, monsieur .
        Un peu de respect envers l’œuvre de nos grands anciens mourus, please.

         
        • Gaspard_bzh
          Gaspard_bzh répond à DiaboloSatanas
          Adieu la rue
          • Posté à 12h32 le 08/06/2011
          • Internaute 41063
            Adieu la rue

          Oh, pardon, je pensais qu’un iconoclaste attaquait plus ou moins en connaissance de cause. ... mais alors si iconoclaste, c’est juste tirer à vue sur tout ce qui bouge, sans se soucier, du pourquoi et du comment, et qu’EN PLUS, tu en est content et fier de toi et de ton ignorance, alors ... en ce qui me concerne, y a aucun soucis :)

          • mnemon
            mnemon répond à Gaspard_bzh
            ad astra per spirirto
            • Posté à 12h54 le 08/06/2011
            • Internaute 151561
              ad astra per spirirto

            L’iconoclaste est la perspective morale de l’adorateur frustré, le destructeur d’idoles connait mieux le chemin qui le mena vers cette destruction, commune à tous deux.

            • DiaboloSatanas
              DiaboloSatanas répond à mnemon
              Fou du volant
              • Posté à 14h35 le 08/06/2011
              • Internaute 79165
                Fou du volant

              Développez, vous m’intéressez ..

        3 autres commentaires
    • Marie-France
      Marie-France répond à DiaboloSatanas
      Toujours ailleurs
      • Posté à 12h58 le 08/06/2011
      • Internaute 4943
        Toujours ailleurs

      Renseigne-toi au lieu d’écrire n’importe quoi ! S’il y avait un grand homme qui ne « se la pétait pas », c’était bien Jorge Semprun, et il était très loin d’être « gnin gnin » et ennuyeux ! Ses qualités humaines autant que littéraires étaient -et resteront- exceptionnelles.
      Respect.

      • DiaboloSatanas
        DiaboloSatanas répond à Marie-France
        Fou du volant
        • Posté à 14h36 le 08/06/2011
        • Internaute 79165
          Fou du volant

        En tous cas, il avait des groupies et un fan club , à ce que je vois.

  • Autruchette
    Autruchette
    Dieu est mort !
    • Posté à 12h36 le 08/06/2011
    • Internaute 134171
      Dieu est mort !

    Son essai « Se taire est impossible » avec un autre Monsieur, Wiesel Elie, est magistral !
    « La vie n’est pas parfaite on le sait, mais elle peut-être un chemin de perfection » disait il..

  • Shockwave
    Shockwave
    Lecteur
    • Posté à 15h39 le 08/06/2011
    • Internaute 103044
      Lecteur

    Merci pour ce billet.

    Je retranscris ici un de ses derniers articles, paru le 10 mars 2010 dans Le Monde :

    Mon dernier voyage à Buchenwald

    On peut comprendre que je ne veuille pas rater semblable occasion !
    La place d’appel de Buchenwald, dans le vent glacial de l’Ettersberg - vent d’une éternité mortifère, qui y souffle éternellement, même au printemps -, est un lieu rêvé pour parler de l’Europe, tout d’abord. Car Buchenwald a été un camp nazi jusqu’en avril 1945. Les derniers déportés, des partisans yougoslaves, l’ont quitté au mois de juin de cette année.
    Mais, dès septembre, le camp a été rouvert sous l’appellation Speziallager n° 2, camp spécial numéro deux de la police soviétique de la zone d’occupation russe.
    C’est en 1950, après la création de la République démocratique d’Allemagne (RDA), que le camp a été fermé et le site transformé en lieu de mémoire. Mais ce n’est qu’après 1989, après la chute du mur de Berlin et de l’Empire soviétique, après la réunification démocratique de l’Allemagne, que Buchenwald a pu assumer ses deux mémoires, son double passé de camp nazi et de camp stalinien, successivement.
    Lieu idéal, donc, unique en Europe, pour penser à l’Europe, pour y méditer sur ses origines et ses valeurs. Pour y rappeler aux jeunes visiteurs - des milliers chaque année -, aux étudiants du monde entier qui y font des stages de formation historique, que les racines de l’Europe peuvent se trouver ici, dans les traces matérielles du nazisme et du stalinisme, contre lesquels a commencé, précisément, l’aventure de la construction européenne.
    Traces visibles à l’oeil nu : au sommet de la colline, la cheminée trapue du crématoire, à jamais éteint, rappelle les dizaines de milliers de morts du camp nazi, ceux qui ont trouvé une tombe au creux des nuages, comme l’a écrit Paul Celan. Au pied de l’Ettersberg, par contre, aux limites de l’ancien camp de quarantaine, une jeune forêt plantée par les autorités de la RDA cache les fosses communes où sont enfouis, en vrac, anonymes, les milliers de cadavres du camp stalinien.
    Lieu idéal, en effet, que la place d’appel de Buchenwald, pour rappeler les origines de l’Europe, mais aussi pour évoquer son avenir, à ce moment de crise, d’involution, de manque de souffle et d’allant. Moment où revient en mémoire la phrase d’Edmund Husserl, prononcée à Vienne en 1935, à l’apogée des totalitarismes : « Le plus grand danger pour l’Europe, c’est la lassitude. »
    Mais aujourd’hui, pour le dire avec les mots de Claudio Magris, grand écrivain européen, l’essentiel n’est plus de lutter contre les totalitarismes, mais de se battre contre les particularismes, pour faire de cette addition problématique de vingt-sept pays libres une structure multiforme et organique d’une même raison démocratique.
    Cette année, par ailleurs, des vétérans américains de la IIIe armée de Patton participeront, semble-t-il, aux commémorations. Occasion idéale pour évoquer le rôle décisif que jouèrent autrefois, dans la libération du camp, les combattants afro-américains des bataillons de choc ; les jeunes soldats hispaniques du sud des Etats-Unis au parler castillan fluide et mélodieux ; les fils des fermiers de l’Amérique profonde qui découvraient, dans cette juste et terrible guerre, les valeurs universelles de leur démocratie. Le 11 avril 1945, pendant que les avant-gardes blindées de Patton, ayant battu et dispersé la garnison de Buchenwald et les hommes de la division SS Totenkopf, fonçaient victorieusement sur Weimar, contournant le camp proprement dit, où les Américains ne reviendraient que 24 heures plus tard, une Jeep de l’armée se présentait à l’entrée monumentale du camp.
    Une Jeep solitaire dans le fracas de la bataille. Deux hommes en uniforme. Mais l’un est un civil, journaliste peut-être. L’autre est un officier, un premier lieutenant. Mais l’important n’est pas là. Ce qui importe, c’est leurs noms. Le civil s’appelait Egon W. Fleck, l’officier Edward A. Tenenbaum. Dites ces noms à haute voix et retenez vos rires, retenez vos larmes. Deux juifs américains sont les premiers à franchir la porte du camp de Buchenwald, accueillis en triomphateurs par les hommes en armes de la Résistance antifasciste.
    Dans les archives américaines, on peut trouver le rapport préliminaire sur Buchenwald que Fleck et Tenenbaum rédigèrent, le 24 avril 1945, pour les autorités de leur armée. Leur surprise bouleversée, leur émotion y sont encore sensibles, si longtemps après. Mais cette incroyable ironie de l’Histoire, ce pied de nez ontologique que signifie la présence de Fleck et Tenenbaum à l’entrée de Buchenwald (juifs américains, bien sûr, mais d’origine germanique assez récente. La preuve en est dans leur rapport préliminaire, rédigé en anglais, où ils emploient pourtant le mot allemand panzerfaust pour nommer le bazooka, arme individuelle antichar !), ce hasard merveilleux nous ramène à une vérité incontournable.
    Quand tous les témoins, déportés résistants, auront disparu, bientôt, dans quelques années, il restera encore une mémoire vivante, personnelle, de l’expérience concentrationnaire, une mémoire qui nous survivra et c’est la mémoire juive.
    Le dernier homme à se souvenir, bien après notre mort, sera un de ces enfants juifs que nous avons vus arriver à Buchenwald, en février 1945, évacués d’Auschwitz, ayant miraculeusement survécu au froid, à la faim, à l’interminable voyage en wagons de marchandises, souvent découverts, pour témoigner au nom de tous les disparus, les naufragés et les rescapés, les juifs et les goys (les non-juifs), les femmes et les hommes. Longue vie à la mémoire juive de toute notre mort !

  • allegria24
    allegria24
    enseignante
    • Posté à 14h25 le 08/06/2011
    • Expert 157635
      enseignante

    Jorge Semprun a dépassé sa douleur d’avoir vécu l’expérience des camps de la mort en écrivant ce chef d’oeuvre : » L’écriture ou la vie ».
    Sa vie est un exemple de courage, de transformation des souffrances en un combat pour l’amélioration de la vie des autres, contre le rejet de toute forme de différences.
    Ces derniers temps, il devait être consterné d’entendre des ministres fraançais xénophobes, lui qui avait été mis à l’abri du franquisme en France, terre d’accueil.
    Son grand esprit restera longtemps dans ma mémoire.

  • Phildeplomb
    Phildeplomb
    In Flemus
    • Posté à 14h34 le 08/06/2011
    • Internaute 92336
      In Flemus

    Quand je vois le décalage du nombre de posts entre un article (remarquable, un vrai hommage) sur la disparition de cette lumière du XXième siècle qu’a été J. Semprun et ceux sur la bouillabaisse merdoyante de quelques partis groupusculaires dont on se fout du résultat des primaires.....on se dit que la défense des valeurs de combat perd du terrain.

    ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––-
    « PREGUNTARÉIS : Y dónde están las lilas ?
    Y la metafísica cubierta de amapolas ?
    Y la lluvia que a menudo golpeaba
    sus palabras llenándolas
    de agujeros y pájaros ?

    Os voy a contar todo lo que me pasa.

    Yo vivía en un barrio
    de Madrid, con campanas,
    con relojes, con árboles.

    Desde allí se veía
    el rostro seco de Castilla
    como un océano de cuero.
    Mi casa era llamada
    la casa de las flores, porque por todas partes
    estallaban geranios : era
    una bella casa
    con perros y chiquillos.
    Raúl, te acuerdas ?
    Te acuerdas, Rafael ?
    Federico, te acuerdas
    debajo de la tierra,
    te acuerdas de mi casa con balcones en donde
    la luz de junio ahogaba flores en tu boca ?
    Hermano, hermano !
    Todo
    eran grandes voces, sal de mercaderías,
    aglomeraciones de pan palpitante,
    mercados de mi barrio de Argüelles con su estatua
    como un tintero pálido entre las merluzas :
    el aceite llegaba a las cucharas,
    un profundo latido
    de pies y manos llenaba las calles,
    metros, litros, esencia
    aguda de la vida,
    pescados hacinados,
    contextura de techos con sol frío en el cual
    la flecha se fatiga,
    delirante marfil fino de las patatas,
    tomates repetidos hasta el mar.

    Y una mañana todo estaba ardiendo
    y una mañana las hogueras
    salían de la tierra
    devorando seres,
    y desde entonces fuego,
    pólvora desde entonces,
    y desde entonces sangre.
    Bandidos con aviones y con moros,
    bandidos con sortijas y duquesas,
    bandidos con frailes negros bendiciendo
    venían por el cielo a matar niños,
    y por las calles la sangre de los niños
    corría simplemente, como sangre de niños.

    Chacales que el chacal rechazaría,
    piedras que el cardo seco mordería escupiendo,
    víboras que las víboras odiaran !

    Frente a vosotros he visto la sangre
    de España levantarse
    para ahogaros en una sola ola
    de orgullo y de cuchillos !

    Generales
    traidores :
    mirad mi casa muerta,
    mirad España rota :
    pero de cada casa muerta sale metal ardiendo
    en vez de flores,
    pero de cada hueco de España
    sale España,
    pero de cada niño muerto sale un fusil con ojos,
    pero de cada crimen nacen balas
    que os hallarán un día el sitio
    del corazón.

    Preguntaréis por qué su poesía
    no nos habla del sueño, de las hojas,
    de los grandes volcanes de su país natal ?

    Venid a ver la sangre por las calles,
    venid a ver
    la sangre por las calles,
    venid a ver la sangre
    por las calles ! “

    Pablo Neruda
    –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––-

    • Marie-France
      Marie-France répond à Phildeplomb
      Toujours ailleurs
      • Posté à 15h01 le 08/06/2011
      • Internaute 4943
        Toujours ailleurs

      Superbe et bouleversant poème de Neruda. Merci de l’avoir partagé.

      • Phildeplomb
        Phildeplomb répond à Marie-France
        In Flemus
        • Posté à 15h09 le 08/06/2011
        • Internaute 92336
          In Flemus

        C’est la réponse, inversée, de Semprun à Neruda. Du sang et de la mitraille, Semprun a fait de la fin de sa vie un parterre de lilas dans des rues chaleureuses.

  • Fald
    Fald
    Vieux (con)vaincu
    • Posté à 14h38 le 08/06/2011
    • Internaute 76678
      Vieux (con)vaincu

    Avec tout ce qu’il a fait et subi, il inspire le respect.

    Jusqu’en 2005 !

    Là, faisant campagne pour le oui au référendum dans un débat télévisé, il mit un signe égal entre ceux qui refusaient de sacraliser la concurrence sauvage et ceux qui votaient non par simple xénophobie.

    Et je pense que ce n’était pas une erreur, hélas.

    Je sais qu’en rappelant cela, je fais cuire un goulasch de vache sacrée, mais c’est ainsi.

    Cette petitesse de vieux social-démocrate me reste en travers de la gorge chaque fois qu’il est question de Semprun.

    • Gaspard_bzh
      Gaspard_bzh répond à Fald
      Adieu la rue
      • Posté à 14h56 le 08/06/2011
      • Internaute 41063
        Adieu la rue

      bah, moi aussi, ça m’a fait un peu mal aussi à ce moment.

      Après je me suis replongé dans L’écriture ou la vie, Quel beau dimanche, Adieu vive clarté, Le mort qu’il faut .... et je veux surtout garder ça.

    • Adéménagéle1erseptembre2011
      • Posté à 17h30 le 08/06/2011
      • Internaute 132112

      Qu’entendez-vous par « et je pense que ce n’était pas une erreur, hélas » ?

      Pour vous mettre à l’aise, je n’approuve pas du tout les prises de position politiques de Semprún depuis ces dix dernières années, ce qui n’enlève rien à l’estime que l’on peut (je n’ose dire que l’on doit) porter à l’homme (sauf à vous lire, si j’ai bien compris), ni à l’écrivain que fut cet homme, mais ceci est encore une autre question.

      • Fald
        Fald répond à Adéménagéle1erseptembre2011
        Vieux (con)vaincu
        • Posté à 17h59 le 08/06/2011
        • Internaute 76678
          Vieux (con)vaincu

        « Je pense que ce n’était pas une erreur » signifie bien que je crois qu’il l’a fait exprès.

        Ce n’était pas un auteur de café du commerce qui répète le facile-à-penser sans réfléchir. Il savait très bien que le renvoi dos à dos des communistes et des fascistes n’est jamais neutre : il est revendiqué par les fascistes. (les nazis s’appelant EUX-MEMES « socialistes ouvriers », les néo-fascistes italiens s’appelant EUX-MEMES « mouvement social », Le Pen se proclamant LUI-MEME « socialement de gauche », etc.)

        Que les réacs de service soient complices du soi-disant virage social de Marine Le Pen, c’est déjà lamentable, mais voir cette supercherie reprise par quelqu’un qui a connu Buchenwald et qui devait aux communistes allemands d’y avoir survécu, c’est encore plus insupportable.

        Cela ne change rien à ce que fut cet homme AVANT.

        C’est un peu comme Wolf Biermann : ce qu’il dit et fait depuis 1991 est minable, mais je continue d’admirer ce qu’il écrivait en RDA dans les années 60 et 70.

         
        • Adéménagéle1erseptembre2011
          • Posté à 19h24 le 08/06/2011
          • Internaute 132112

          Ni vous ni moi n’avons les moyens de savoir s’il « l’a fait exprès »
          ( Vous, si ? Moi, pas. J’ai l’impression - vous, vous croyez, c’est du même tonneau, et je le dis sans acrimonie - que Semprún s’est, dans ses dernières années, trompé, et non qu’il a voulu créer un monde invivable sauf pour certains... ). Sinon, que l’on mette du « social », spécialement ( mais pas seulement) dans l’extrême-droite, dans tout ce qui en est dépourvu, je vous accorde que c’est un terrible classique.

          Ensuite, n’importe qui peut revendiquer n’importe qui ou quoi (je vous cite : il est revendiqué par les fascistes. (les nazis s’appelant EUX-MEMES « socialistes ouvriers », les néo-fascistes italiens s’appelant EUX-MEMES « mouvement social », Le Pen se proclamant LUI-MEME « socialement de gauche », etc.) en contournant un peu, ce que vous dites, d’ailleurs, le montre.

          Que Semprún (qui s’est à mon sens trompé dans les derniers virages, je nous souhaite de ne pas en faire autant, mais je n’ai pas de garantie) et plus généralement les idées de justice sociale soient récupérés par une fausse idée et surtout une fausse image de justice sociale, ce n’est hélas pas une nouveauté.

          • Fald
            Fald répond à Adéménagéle1erseptembre2011
            Vieux (con)vaincu
            • Posté à 21h38 le 08/06/2011
            • Internaute 76678
              Vieux (con)vaincu

            OK ! Sauf que vous serez le premier à parler de « populisme » à la première occase au sujet de l’extrême droite. Me tromp’je ?

            Mot qui au demeurant cautionne sa prétention d’être populaire, alors qu’il faudrait parler de « démagogie ».

            Une confusion elle non plus pas innocente que nous devons aux reaganno-mitterrandiens, comme par hasard.

            Mais je vais arrêter là car on s’éloigne de Semprun qui avait, dans d’autres circonstances l’honnêteté de parler séparément du communisme et du stalinisme.

            Ce qui le place catégoriquement dans l’élite.

        2 autres commentaires
  • A déménagé le 9-4-2012
    A déménagé le 9-4-2012
    Explore l'indéterminé
    • Posté à 14h58 le 08/06/2011
    • Internaute 22643
      Explore l'indéterminé

    Jorge Semprun nous laisse un héritage inestimable.

  • Irfan
    • Posté à 15h46 le 08/06/2011
    • Internaute 30779

    Quelle tristesse...

    J’ai été vraiment frappé et impressionné par L’écriture ou la vie en classe d’hypokhâgne ; j’ai eu la chance de voir ce monsieur l’an suivant, alors qu’il venait dans le lycée où ma prépa était située pour parler à des collégiens, et il a gentiment pris le temps de me parler.
    Un grand homme, qui a pu avoir des défauts quand il a été politique, mais qui a tout essayé pour améliorer les autres et lui-même, pour faire de ce monde un meilleur monde pour les générations qui suivent.
    Les Indignados sauront l’honorer, soyons-en certains !

  • TheWrestler
    TheWrestler
    Jeune effrontée
    • Posté à 22h28 le 08/06/2011
    • Internaute 159458
      Jeune effrontée

    Jorge Semprun, grand homme. Grand homme de littérature et grand homme simplement. Lui qui a tant donné à la France, terre d’accueil, et lui qui a tant rendu à l’Espagne, terre de naissance. L’on aura jamais assez entendu parler de lui, de son parcours héroïque et de sa plume légère et envoutante. Pourquoi sont-ce toujours les plus modestes dont on ne parle pas assez. La modestie, l’humilité et l’honneur. Tout ce que l’on apprend plus dans les salles de classes.

    Jorge Semprun, Rest In Peace.

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