Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

La sélection de livres pour l’été de Rue89... avant la vôtre !

Publié le 17/07/2011 à 19h28

Romans français et étrangers, polars, BD, essais : les choix de la rédaction, pour partir en vacances bien accompagné.


Autoportrait à la plage (John Shepherd/Flickr/CC)

Vous partez avec un ami radin ? Dans un pays en révolution ? Loin de votre amant(e) caché(e) ? Pour vous évader de plus belle, Rue89 a mis sur pied une sélection d’été en dix variations. Dans la foulée, dîtes-nous quels sont vos propres conseils de lectures.

A présent, riverains et internautes, c’est à vous de nous dire les livres que vous conseillez, en respectant les variations proposées. Les commentaires sont ouverts, et prêts à engranger vos choix littéraires. Nous établirons dans les prochains jours la sélection des riverains. A vos lignes, et à vos claviers !

Si vous êtes fâché avec la littérature française

Couverture de « Verre cassé », d’Alain Mabanckou

Verre cassé Alain Mabanckou

Le bar qui est ici narré s’appelle « Le crédit a voyagé », ce qui n’est pas un nom de bar. Et donc de bon augure : dès le début du roman, le lecteur est mis en confiance, car il sait qu’il sera surpris.

C’est un client, Verre cassé, qui raconte l’histoire fantastique, truculente et drôlatique dudit boui-boui et de son patron Escargot entêté. C’est bavard et beau et humain comme une farce, et cela raconte l’Afrique sans aucun « political correctness ».

« Verre cassé » a révélé Mabanckou, romancier et poète congolais quadragénaire, prof de littérature à l’université de Californie à Los Angeles. Son dernier livre, « Demain j’aurai 20 ans » (éd. Gallimard) est sorti l’an dernier, il paraît que c’est formidable, mais je n’ai pas encore lu. Pascal Riché

Ed. Points Seuils - 248p. - 6,50€.
La Terreur de vivre Urban Waite

Ceux qui ont apprécié « La Route » de Cormac McCarthy apprécieront ce roman qui mêle une enquête à trois niveaux et les grands espaces de la frontière américano-canadienne. Le livre s’ouvre sur une scène de bar, puis continue sur une livraison de drogue nocturne, par hélicoptère.

Il y a Phil Hunt, quinquagénaire qui a purgé une peine de prison pour homicide vingt ans plus tôt, un autre repris de justice, et un shérif qui les a dans sa ligne de tir. Shérif dont le père était trafiquant.

Bientôt s’y ajouteront les commanditaires (qui n’ont pas reçu le paquet), un agent fédéral et un tueur maniaque du couteau. Tout le monde baigne dans la culpabilité. Et pour des raisons diverses, tout le monde poursuit tout le monde. Une histoire à tiroirs, et une écriture captivante. Hubert Artus

Ed. Actes Sud - 268p. - 22,50€.
Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer Dany Laferrière

Dans l’été moite de Montréal, avec Charlie Parker en musique de fond, c’est l’histoire de deux noirs qui partagent un minuscule deux pièces. L’un essaye d’écrire un roman, l’autre, Bouba, philosophe et fait l’amour, avec des filles pas belles de préférence, car elles donnent plus, sont reconnaissantes du désir qu’on leur témoigne.

L’écrivain, lui, fait l’amour avec Miz littérature. Lorsqu’elle passe dans leur bouge, elle apporte des fleurs, fait un bout de ménage. Sur sa Remington, l’écrivain rêve de Carole Laure, Bouba boit et le livre paraît enfin : « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » du haïtien Dany Laferrière. Blandine Grosjean

Ed. Le Serpent à plumes - 169p. - 7€.

Couverture des « Contes d’Amadou Koumba », de Birago Diop

Les Contes d’Amadou Koumba Birago Diop

Des contes sénégalais que Birago Diop raconte comme un griot. Le récit est donc délicieux de circonvolutions et de fraîcheur : on y savoure les morales philosophiques qui rythment les histoires. « On ne connaît l’utilité des fesses que quand vient l’heure de s’asseoir ! » ou « Quand la mémoire va ramasser du bois mort, elle rapporte le fagot qui lui plaît ».

Et si vous êtes passés par Dakar, vous apprendrez enfin l’origine véridique de ces mamelles. Renée Greusard.

Présence africaine éditions - 187p. - 6,10€.
Pièces importantes et effets personnels... Leanne Shapton

Elle est critique gastronomique, il est photographe. Ils se rencontrent, se plaisent, s’échangent des compils, s’offrent des tas de petits cadeaux, s’envoie des mails passionnés, torturés, puis de moins en moins tendres. A leur séparation, tous les objets sont photographiés, répertoriés et finissent dans une vente aux enchères.

D’où le titre complet du livre, « Pièces importantes et effets personnels de la collection Lenore Doolan et Harold Morris, comprenant livres, prêt-à-porter et bijoux ». Leanne Shapton invente un genre génial, à mi-chemin entre le roman photo et le catalogue d’art. Au final, son livre d’images devient aussi palpitant qu’un bon polar. Aurélie Champagne

Ed. de l’Olivier - 137p. - 18€.
Toxic Charles Burns

Dans cette une nouvelle trilogie, on retrouve en couleur, l’univers graphique torturé et poisseux de Charles Burns (« Black Hole »).

On y suit les aventures de Doug, sorte de Tintin sous champignons hallucinogènes, qui erre d’un monde à l’autre, rencontre d’inquiétants homme-insectes, des ados perdus, et une jeune fille qui n’est finalement pas la plus rassurante de toute cette joyeuse petite bande. Ce premier volet est une mise en bouche redoutable. Aurélie Champagne

Ed. Cornélius - 50p. - 21€.
Si vous voulez buter un collègue, un voisin ou un parent

Couverture de « Disparition d’une femme » de Stéphane Durand-Soufflant

Disparition d’une femme, l’Affaire Viguier Stéphane Durand-SoufflanD

C’est probablement le meilleur chroniqueur judiciaire français. Dans une salle d’audience, Stéphane Durand-Souffland voit tout et l’écrit bien. Il a couvert l’affaire Viguier pour Le Figaro et a fini par en faire un livre.

En février 2000 à Toulouse, Suzanne Viguier disparaît. Son mari, professeur de droit, devient, malgré l’absence de corps et de preuves, le suspect-numéro-un. Deux procès auront lieu. L’appel est explosif, avec le témoignage-clé de la baby-sitter et la présence de l’avocat Eric Dupont-Moretti.

Jacques Viguier a été acquitté. Il avait le profil du coupable idéal - la justice aussi a des fantasmes. Nolwenn le Blevennec

Ed. de l’Olivier - 225p. - 18€
L’Adversaire Emmanuel Carrère

Il faut relire ce livre cette année. Xavier Dupont-de-Ligonnès (passé à la trappe depuis DSK) ressemble un peu à Jean-Claude Romand. En 1993, ce dernier a tué sa famille pour éviter d’avoir à leur dire la vérité. Dix-sept ans de mensonges acumulés : Romand faisait croire qu’il était médecin à l’OMS alors qu’il passait ses journées en forêt ou dans sa voiture.

Emmanuel Carrère essaye de comprendre pourquoi. Il évoque la peur de décevoir de Romand-enfant. Le narcissisme monté en rempart. Et le premier mensonge : le jour où l’étudiant dit à tout le monde qu’il a réussi ses examens de deuxième année de médecine, alors qu’il n’est pas allé aux concours. Nolwenn le Blevennec

Ed Folio - 219p. - 5,70€.
Petite sœur mon amour Joyce Carol Oates

JonBenet R. est une mini-Miss assassinée un soir de Noël 1996. Une affaire réelle dont Joyce Carol Oates s’est inspirée pour écrire « Petite sœur mon amour ». Le meurtre sordide, jamais élucidé, a fait la Une des tabloïds américains.

Ici, la petite fille s’appelle Edna Louise (surnommée Bliss), elle est patineuse artistique. Sa mère ne l’aime pas, au début (elle est moche). Puis ses médailles changent tout. Bliss est relookée, maquillée.

Elle devient l’obsession de sa mère - de plus en plus flippante, qui s’approprie ses succès. A-t-elle tué sa fille ? Dans le livre d’Oates, c’est à traver Skyler, le grand frère de Bliss, qu’Oates donne un point de vue (romancé). Nolwenn le Blevennec

Ed. Philippe Rey - 666p. - 24€.
Si vous partez avec votre mère qui vient de se faire larguer

Couverture du « Guide de la météo et des vents marins », de François Vadon

Guide de la météo et des vents marins François Vadon

Emmenez votre mère au bord de la mer et saoûlez-vous d’air. Profitez-en pour apprendre quels types de vents annoncent les cumulo-nimbus, les altostratus, ou les altocumulus. Vous préférez les cirrus crochus ? « Barbes de chat aux nuages / Nues étendues et fouettées / Annoncent de vents grand tapage / Annoncent un frais entêté. » Mathieu Deslandes

Ed. Le Chasse Marée - 125p. - 14,99€
L’Art de la joie Goliarda Sapienza

Peut-être votre mère trouvera-elle un guide en Modesta, l’héroïne de ce magnifique roman épopée. Femme éblouissante de force et d’intelligence, féministe, communiste, anarchiste, amoureuse de l’amour, de la vie et avant tout libérée.

Modesta traverse le XXe siècle et le fascisme avec une seule ambition : apprendre à vivre libre et heureuse. Un livre qu’on se passe comme un témoin de femmes en femmes, d’amies en amies, de filles en mères. Renée Greusard

Ed. Pocket - 835p. - 9,80€.
Vie amoureuse, Mari et femme, THERA Zeruya Shalev

La première vertu de ces romans est qu’il peut faire passer pour un moment l’envie de toute entreprise sentimentale. Le premier (Vie amoureuse) raconte la passion destructrice de la narratrice pour un ami de son père, le second (Mari et femme) un couple qui agonise et le troisième (Théra) la fin d’une famille (et la difficile recomposition d’une nouvelle).

Trois récits de la subjectivité et dinguerie amoureuse, des humiliations, épreuves et exils du couple dans lesquels seuls les poissons surgelés ne peuvent pas se reconnaître, pour en rire aussi. Blandine Grosjean

Ed. Folio - 350p., 512p., et 667p. - 7,80€, 8,90€ et 9,90€.
Un été sans les hommes Siri Hustvedt

Un carton en librairie, et surtout un livre sur la difficulté d’être une femme. Zineb Dryef

Ed. Actes sud - 215p. - 18€.
Si votre amant/maitresse part un mois à l’autre bout du monde avec sa jolie famille

Couverture des « Debutants », de Raymond Chandler

Nouvelles Raymond CARVER

Dites vous que son couple ne tiendra pas... Raymond Carver, surnommé « le Tchekhov américain », met en scène des personnages qui ont tout perdu, qui ne s’aiment plus, qui boivent trop et s’ennuient.

Les phrases sont simples et poétiques. Les descriptions bien vues comme cet obèse qui avale pain et salade César au restaurant et qui de temps à autre « souffle un petit coup ».

Les éditions de l’Olivier ont entrepris de rééditer toute l’oeuvre de Raymond Carver, en neuf volumes, sur deux ans. Déjà six d’entre eux sont sortis. Les deux premiers, sortis en septembre 2010, sont intéressants à comparer : c’est le même texte, l’un est brut (« Débutants »), l’autre relu et corrigé par l’éditeur (« Parlez-moi d’amour »). Nolwenn le Blevennec

Ed. de l’Olivier.
Totally Killer Greg Olear

En 1991, Todd a eu une nouvelle colocataire : Taylor Schmidt, 23 ans, femme fatale aux 78 amants. Si seulement elle n’avait pas répondu à l’annonce de l’agence de recrutement « Quid pro quo », elle serait peut être encore en vie aujourd’hui…

Son job : tuer les baby-boomers qui squattent tous les postes. Todd, bien qu’il s’en défende, était fou d’elle. D’ailleurs, il nous raconte cette histoire en 2009, et il en est toujours fou.

Une comédie new yorkaise trendy, doublée d’une réflexion sur les Etats-Unis et le monde de 1991 à nos jours, avec une BO rock et grunge. Ce roman dopé au cynisme est parfaitement huilé, et réunit entertainment et intellectualisme. Hubert Artus

Ed. Gallmeister - 299p. - 22,90€.
Le Polygame solitaire Brady Udall

L’histoire d’une famille de mormons, avec quatre épouses et vingt-huit enfants. Remarquablement traduit par Michel Lederer, un roman superbe d’humanité, des personnages étonnants, par l’auteur du « Destin miraculeux d’Edgar Mint ». Le Yéti

Ed. Albin Michel - 740p. - 24€.
Lourdes, lentes André Hardellet

Un livre qui vous consolera sans doute. En 1974, La Ligue de défense de l’enfance et de la famille porte plainte suite à la réédition de ce court roman érotique. Hardellet se retrouve devant les tribunaux pour outrages aux bonnes mœurs.

Dans cette « belle histoire d’amour en été et de truites pêchées », les femmes sont goulues et voluptueuses et les hommes pas toujours bien armés face au désir fou qu’elles leur inspirent.

C’est du moins le cas de ce très jeune garçon qui découvre sous les jupons de Germaine, une bonne de douze ans son aîné, un amour indépassable. Ce petit livre est une ode fiévreuse aux rendez-vous d’été crapuleux. Aurélie Champagne

Ed. Gallimard - 127p. - 7,90€.
Mister Wonderful Daniel Clowes

Parce que vous êtes comme Marshall : vous êtes seul(e) et vous attendez. Dans un bar quelconque, le quadragénaire binoclard se ronge les ongles. Ses amis lui ont arrangé un rendez-vous avec une inconnue.

Un peu plus loin, une jolie blonde semble attendre aussi, mais Marshall se rend vite compte qu’ « elle a l’air trop saine et bien trop intacte pour qu’on l’ait rencardée avec un type comme (lui) ».

Dans cette BD, la simplicité de la narration et la maîtrise graphique de Clowes sont renversants et on reste éternellement reconnaissant à l’auteur que cette love story banale et splendide ne soit pas un fiasco amoureux de plus. Aurélie Champagne

Ed. Cornélius - 77p. - 20€.
Si vous vous êtes promis de lire des classiques

Couverture de « Professeur de désir », de Philip Roth

Professeur de désir Philip Roth

Passé trente ans, on accepte le label « classique », non ? Alors va pour ce Roth-là. C’est un livre sur le choix :

  • sur la vie qu’on voudrait vivre et qu’on hésite à vivre ;
  • sur les idéaux qu’on embrasse les uns après les autres parce qu’on ne trouve en aucun tout ce qu’on cherche à la fois ;
  • sur les femmes qu’on embrasse les unes après les autres parce qu’on ne trouve en aucune tout ce qu’on cherche à la fois ;
  • sur l’existence en tranches ;
  • sur la place du corps ;
  • sur l’ennui qui couve sous la perfection : « Elle ne te rend pas un peu dingue, à force d’être si intelligente, jolie fille et irréprochable ? » Mathieu Deslandes
Ed. Folio - 311p. - 7,30€
Lettres à Hélène Louis Althusser

►Lors de son « Face aux riverains » du 7 juillet, Manuel Valls était venu avec « Lettres à Hélène » de Louis Althusser, paru en mai chez Grasset, dont il apprécie aussi la « très belle préface de Bernard-Henri Lévy ».

Il parle de « la folie d’un homme » [Althusser, ndlr] et du « rapport tourmenté avec le Parti communiste » de l’auteur.

Ed. Grasset - 720p. - 24 €.
Si vous n’aimez pas les listes de livres pour l’été

Couverture de « Correspondance des routes croisées », de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet

Correspondance des routes croisées Nicolas Bouvier et Thierry Vernet

La correspondance torrentielle entre l’auteur du mythique « Usage du monde » et son futur compagnon d’équipée, juste avant leur périple du bout du monde. Le Yéti.

Ed. Zoé - 1 800p. - 39€.
La Conspiration des ténèbres Theodore Roszak

A lire, comme tous les livres de Theodore Roszak, écrivain et essayiste. Parce qu’il fut le premier à utiliser le terme de « contre-culture », dans un ouvrage éponyme paru en 1969. Parce que ce roman noir sur Hollywood, paru en France en 2004, est selon lui son meilleur. Parce que l’auteur de « La Menace américaine » était un démineur de l’hégémonie militaire et culturelle américaine. Parce que, malheureusement, Theodore Roszak est décédé le 5 juillet. Hubert Artus

Ed. du Cherche-Midi - 764p. - 23€.
Si vous partez dans un pays en révolution
Les Mémoires d’Outre-Tombe François-René de Chateaubriand

Chateaubriand et ses (de mémoire) seize quartiers de noblesse, qui sauva sa tête sous la terreur, mais pas celle de sa soeur, chroniqueur de la tyrannie napoléonienne a bien vécu, longtemps, 80 années, a bien aimé et beaucoup voyagé. Ses mémoires sont grandioses.

Avant d’ouvrir ce livre, je croyais que tous ceux qui prétendaient l’aimer ne l’avaient en réalité jamais lu (comme ceux qui disent adorer Ulysse de James Joyce, là pour le coup authentiquement in-lisible).Jusqu’à ce qu’un responsable politique de droite dont je faisais le portrait m’assure que cette oeuvre avait marqué sa vie et ses choix. Ah bon.

Blandine Grosjean

Ed. Le Livre de poche - 4 tomes, 800p. chaque - 8€ chaque.
Si vous partez avec un ami radin

Couverture d’« Eugénie Grandet », de Balzac

Eugénie Grandet Honoré de Balzac

Avec ce livre, vous aurez l’impression que votre ami n’est pas si radin que cela, finalement. A côté du père Grandet, l’Harpagon de Molière, c’est Liliane Bettencourt. Ce que Balzac montre bien dans ce roman, c’est la violence subie dans les coins les plus paisibles, les familles les plus cachées de nos provinces.

Ici la violence est encaissée tout au long du roman par Eugénie, fille mélancolique et sensible (et pas très fute-fute) de notre avare Félix Grandet.

Dans ce roman, un autre personnage intéressant : Charles Grandet (le neuveu de Félix, l’amoureux d’Eugénie), jeune homme charmant qu’on voit en quelques années se durcir et basculer dans le cynisme. Pascal Riché

Ed. Le Livre de poche - 292p. - 3€.
La Faim Knut Hamsun

Le récit du Norvégien, semi-autobiographique, est un voyage incandescent. Surtout pas un récit « sur » l’état de pauvreté. La faim, le besoin sont les muses du narrateur, qui lui ouvrent des espaces connus des seuls fous ou toxicomanes, une intelligence nue.

Quand l’argent tombe, il en fait profiter d’autres.

Hamsung est un rebelle qui a eu le tort de soutenir le parti pro-nazi, et dont on a préféré moins parler. Mais « Faim » est un des livres essentiels. Blandine Grosjean

Ed. Le Livre de Poche - 285p. - 6,50€.
Donald Westlake

► Tous les romans et toutes les nouvelles avec John Dortmunder, as de la cambriole à l’ancienne et personnage fétiche du si regretté Donald Westlake.

Chez Dortmunder, on vole plusieurs fois le même butin, on fait croire qu’il est différent, on le revend à plusieurs acheteurs… qui lui courent ensuite après. Hubert Artus

Ed. Rivages.
Lexique nomade, Assises du roman 2011 Christian Bourgois

Les Assises internationales du roman sont, depuis 2008, un rendez-vous incontournable des débats littéraires en France. Chaque année, la manifestation édite un court « Lexique nomade », demandant à chaque écrivain invité (et ils sont nombreux), leur mot-clé. Celui qui fait bouillir leur imaginaire.

Cette année : Philippe Djian, Maylis de Kérangal, Modiano, Adam, Gamboa, et bien d’autres. Hubert Artus

Christian Bourgois Editeur - 90p. - 7€.
Si vous ne partez pas

Couverture de « Sin City », de Frank Miller

Sin City Franck Miller

Les deux tomes de l’intégrale de « Sin City » sont si imposants que vous auriez détesté les voir dans votre valise. Que vous soyez ou non amateur de l’adaptation ciné de Robert Rodriguez, la BD originale de Franck Miller a peu de chance de vous laisser de marbre.

On retrouve évidemment une palanquée de flingues en tout genre, des pin-up louches ou peu commodes au corps à corps, et tous les ingrédients du polar hard-boiled. Mais surtout, les dessins en noir et blanc de Miller sont à couper le souffle. Aurélie Champagne

Ed. Vertige graphic et Rackham - 7 tomes.
Sans nouvelle de Gurb Edouardo Mendoza

Cela vous consolera de ne pas partir. C’est le journal de bord d’un extraterrestre qui débarque à Barcelone et qui ne retrouve pas son copain Gurb. Exemple :

« 8h00. Je me matérialise à l’endroit dénommé carrefour Diagonale-Paseo de Gracia. Je suis écrasé par l’autobus n°17 Barcelona-Vall d’Hebron. Je dois récupérer ma tête qui est allée rouler à la suite de la collision. Opération malaisée du fait de l’affluence des véhicules. »

Loufoque et drôle. Pascal Riché

Ed. du Seuil - 125p. - 5€.
Doubles-jeux Sophie Calle

On n’a qu’à dire que ce n’est pas de l’art, juste du jeu mis dans une vie, ce sera bien suffisant. C’est une vie rendue gaie par des rituels, des contraintes, des jeux de piste. Où, du coup, la banalité devient extraordinaire. Lisez ces sept volumes ; riez ; pillez les idées et comptez sur le hasard : vous passerez un drôle d’été. Mathieu Deslandes

Ed. Actes Sud - coffret 7 volumes - 45€.
Rural ! Etienne Davodeau

Si vous ne partez pas en vacances, vous ne passerez donc pas sur l’A87, entre Angers, Cholet et La Roche-sur-Yon, dont le chantier est au coeur du récit de Davodeau. Le BD reporter a accompagné pendant un an les exploitants d’une ferme bio, coupée en deux par le tracé de l’autoroute. Et a découvert les méthodes d’élevage, les principes et les rêves de ces trois militants de la Confédération paysanne.

Idéal comme antidote à « L’Amour est dans le pré » : ces paysans-là n’ont pas grand chose à voir avec l’émission de téléréalité de M6, et les rencontrer donne bien plus envie de prendre les fourches. Préfacé par José Bové. Yann Guégan

Ed. Delcourt - 142p. - 11,50€.
Si vous ne vous fiez pas aux apparences
L’art face à la censure Thomas Schlesser

« L’Art face à la censure » de Thomas Schlesser (éd. Beaux-Arts - 240p. - 39€).

Cette année 2010-2011 restera marquée par une censure rétrograde et puritaine, effectuée par un des parangons de la modernité, le réseau social Facebook. Objet de cette attaque d’Anastasie aux ciseaux numériques ? La fameuse toile de Courbet « L’Origine du monde », qui montre toute la nature d’une femme aux jambes écartées. Déjà censurée au XIXe siècle.

L’été est donc à mettre à profit pour méditer la censure dans l’art avec ce beau livre très bien écrit par un historien de l’art et journaliste, qui a le mérite de proposer quelques comparaisons avant/après.

De Michel-Ange à Larry Clark, en passant par le « final cut » au cinéma, nous sommes aujourd’hui arrivés à « l’ère de la transgression permanente ». Augustin Scalbert

Ed. Beaux-Arts - 240p. - 39€.
Dictionnaire impertinent du politique Paola de La Baume et Emmanuel Giannesini

Ecrit à quatre mains par deux jeunes hauts fonctionnaires, ce dictionnaire respire le vécu « de l’intérieur », un vécu qui nourrit son impertinence. Les entrées sont érudites et souvent drôlissimes. Montesquieu, « M. le Maudit » de la « séparation » des pouvoirs, est une de ces « stars incomprises en France qui font un tabac à l’étranger », comme Anelka ou Mireille Mathieu.

Chute de la définition du blog : « Finalement, avec le conseiller discours, le chef de cabinet, l’assistante personnelle et quelques autres, on ne sera pas trop de neuf pour le tenir, ce journal intime. »

On aime aussi « élections : machine à produire du plan B », ou des entrées plus sérieuses mais tout aussi enlevées sur les maux de l’époque, comme le « storytelling ». Augustin Scalbert

Ed. François Bourin - 240p. - 24€.

A vous !

Voilà pour la sélection de la rédaction, maintenant c’est à vous de nous donner vos conseils de lecture pour cet été, nous en publierons une sélection dans quelques jours.

Expliquez dans les commentaires quel livre vous recommanderiez à un ami en partance pour un long voyage ou coincé chez lui tout l’été. Essayez de ne pas faire trop long ou trop court... Et vous serez chou aussi d’indiquer la maison d’édition, le nombre de pages et le prix, ça nous fera gagner du temps.

Mis à jour le 25/07/2011 à 17h15. Ajout de la catégorie « Si vous ne vous fiez pas aux apparences ».

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  • migloo
    migloo
    anarcho-élitiste de pacotille
    • Posté à 12h15 le 18/07/2011
    • Internaute 90438
      anarcho-élitiste de pacotille

    Je ne saurais trop recommander aux quelques riverains sans préjugés le fabuleux roman américain « Atlas shrugged » de Ayn Rand, dont n’existe aucune traduction en français.
    Un pavé de 1070 pages d’une belle écriture pour qui maîtrise bien l’anglais.

    Une magnifique démonstration des méfaits du collectivisme, d’une étonnante actualité malgré son ancienneté (1957).

    A consommer avec une dose minimale d’esprit critique.

  • stephanebis
    stephanebis
    musicien
    • Posté à 12h42 le 18/07/2011
    • Internaute 164383
      musicien

    Pour les adeptes de la culture rock
    Dealer ou la valse des maudits
    auteur Philippe Will
    Une sorte de thriller qui se passe dans l’entourage des Rolling Stones à la fin des années soixante
    Enfin la vérité(AH AH AH) sur les disparitions de Brian Jones Jimi Hendrix janis Joplin et Jim Morrison

  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 14h47 le 19/07/2011
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    les vacances c’est pour buller ! Alors la sélection côté bulles :

    Un voyage du côté du Texas, et apprenez à être un bon Luchador, entraînez vous à la Lucha Libre, avec le meilleur (et le seul surtout ) coach du coin :
    LE PROFESOR FURIA :
    son truc à lui : le bon savoir-vivre ! Bon, au départ, il faut payer sa cotisation, sinon le Profesor saura trouver comment vous allez le payer : petit tour dans le vestiaire, petit tour de baffes, et merci de bien l’aider à aborder les femmes car c’est aussi le meilleur coup. Une leçon signée par Jerry Frissen (au scénario du tout Lucha Libre) et Witko (un évadé des Requins Marteaux au dessin) / Humanoïdes Associés.
    Et c’est rempli de quelques inédits !

    Vous les avez manqués et vu que c’est fini, le numéro 13 a bouclé l’aventure ... vivez (ou revivez) la plus mexicaine des cultures en bande dessinée avec l’intégrale des premiers numéros de
    LUCHA LIBRE, revue menée de tout les scénarios, les combats, les baffes, les bastons de luchadores : Jerry Frissen et sa team de dessinateurs : Fabien M ; BIll, Gobi, Witko, Tanquerelle, et plus ! (Humanoïdes Associés )

    Pour partir à Londres : entrez dans
    LE CLUB DU SUICIDE : un club très sélecte et bourgeois qui sème la mort, déguise une forme de vague de meurtre en suicides par le biais d’un tirage de carte ! D’après des nouvelles de Stevenson . Baloup (scénario) et Baccaro (dessin - aquarelle directe !) / NoCtembule (Soleil )

    Les Crabes carrés ... ils ne marchent que dans un sens ! toujours la même direction. Impossible d’en changer. Ils sont la risée des autres crabes. Mais voilà ! L’un d’eux décide de tout chambouler et veut TOURNER !
    LA MARCHE DES CRABES(to1/3) par Arthur de Pins (NoCtembule / Soleil ) -d’après son film d’animation.

    La Grèce ! C’est la destination idéale du moment, pour sa mythologie, ses coins qui regorgent de verdures, de plages ... le tout sur un fond de voyage organisé pour français ! Alex et Anna jeune couple se retrouve dans un groupe plutôt « vieux », entourés de personnages détonants : un père autoritaire, un autre très catholique, et des ados qui réclament des spaghettis bolognaise.
    Grimper et encore grimper, puis dévaler pour échapper à des problèmes ... tout cela s’appelle une
    SALADE GRECQUE . Sauvez l’économie grecque au passage. Par Yves Montagne (Vents d’Ouest )

    La vie de couple, jamais évident, surtout quand la femme mène la baguette, et ça donne de belles illustrations épicés, drôles, aussi inspirées par celles de Playboy ou Hustler, Hélène Bruller met son vitriol la phrase culte d’une mauvaise passe dans un couple : FAUT QU’ON PARLE (Drugstore )

    Ils ont de la chance ! C’était impensable ! LES POISSART sont au paradis ! Un simple ticket trouvé dans la décharge de la mondialisation, le fils apprend les langues étrangères par le biais des emballages alimentaire, et direction un superbe club en Afrique ! Hôtel avec valets de chambre, où tout est GRATUIT , mais pour les Poissart, il ne faudrait pas trop abuser ... mais bon c’est GRATUIT ! Dessiné par Tronchet (Drugstore - avec aussi l’intégrale « la genèse » pour les tomes précédents , mieux connaître la famille la plus pauvre et rejetée de France )

    Un détour poétique, un voyage qui mène d’un arbre à une forêt de béton ... à la recherche d’un village source où est née la patriarche Grand-mère des autres. Suivez des enfants dans un voyage de poésie, un graphisme exceptionnel... texte et citation autour de l’Afrique. A la recherche de...
    SABINE : Conté par Maya Mihildou (Vénusdéa (Soleil ) )

    un peu de patrimoine :
    en hommage à PAUL GILLON qui nous a quitté il y a quelques mois, replongez dans un Paris déserté, quelque chose à frappé ! et il reste une seule, elle est
    LA SURVIVANTE. Elle a un destin, une survie, et doit affronter un robot : Ulysse, major d’homme dans l’hôtel le Crillon, il a d’autres idées sur les humains à exploiter et expérimenter, fouiller. (Drugstore)

    L’espion le plus fort du monde, l’as des as du FBI ! Toujours à la rescousse : BILL BAROUD .
    Un message sur une pizza, transmis par un ours polaire (vachement bien dressé !) ou un mérou presque trop frais , Bill Baroud répond aux ordres de son ami le Président des USA ! il chasse le communiste, retourne dans les rizières du Viet-Nam, c’est le meilleur coup des USA ! Par Larcenet (Fluide Glaclal)

  • Godfrey
    Godfrey
    éducateur
    • Posté à 12h53 le 18/07/2011
    • Internaute 164387
      éducateur

    En BD, j’ai découvert une rareté sublime, « Les Monstres aux pieds d’argile », d’Alexandre Kha aux éditions Tanibis. Six portraits de monstres décrits comme des documentaires. Pas le style de lecture pour la plage mais puisqu’il pleut :)
    Pour en savoir plus, un lien :
    Lien

    • Godfrey
      Godfrey répond à Godfrey
      éducateur
      • Posté à 12h58 le 18/07/2011
      • Internaute 164387
        éducateur

      Les Monstres aux pieds d’argile

  • A déménagé le 10-11-2011
    • Posté à 13h08 le 18/07/2011
    • Internaute 124772
      -

    « De l’art de tailler des allumettes pour s’en faire des cure dents après s’être gavé de graines de citrouilles . »

    Aux éditions Camping

  • Samuel Vimaire
    Samuel Vimaire
    Dipolmate morporkien.
    • Posté à 13h09 le 18/07/2011
    • Internaute 140339
      Dipolmate morporkien.

    Personnellement, je conseille vivement les Anales du Disquemonde de Terry Pratchett. Il s’agit de romans de Fantasy/SF humoristique et un peu satiriques par moment. Ça se lit tout seul et c’est vraiment bon.

    Il y a un total de 28 romans (très bien) traduits en Français et édités en format poche. Il y a 38 romans au total (en comptant ceux qui n’ont pas été publiés en poche et ceux qui n’ont pas encore été traduits).

    Si vous ne connaissez pas le Disquemonde, commencez par « Mortimer » (c’est le plus représentatif du style d’écriture et le lire en premier ne dévoile rien sur les précédents). Si ça vous plait : lisez les autres dans l’ordre de parution :
    4 Mortimer (Mort)
    1 La Huitième Couleur (The Colour of Magic)
    2 Le Huitième Sortilège (The Light Fantastic)
    3 La Huitième Fille (Equal Rites)
    5 Sourcellerie (Sourcery)
    6 Trois Sœurcières (Wyrd Sisters)
    7 Pyramides (Pyramids)
    8 Au guet ! (Guards ! Guards !)
    9 Faust Éric (Faust Eric)
    10 Les Zinzins d’Olive-Oued (Moving Pictures)
    11 Le Faucheur (Reaper Man)
    12 Mécomptes de fées (Witches Abroad)
    13 Les Petits Dieux (Small Gods)
    14 Nobliaux et Sorcières (Lords and Ladies)
    15 Le Guet des orfèvres (Men at Arms)
    16 Accros du roc (Soul Music)
    17 Les Tribulations d’un mage en Aurient (Interesting Times)
    18 Masquarade (Maskerade)
    19 Pieds d’argile (Feet of Clay)
    20 Le Père Porcher (Hogfather)
    21 Va-t-en-guerre (Jingo)
    22 Le Dernier Continent (The Last Continent)
    23 Le Dernier Héros (The Last Hero)
    24 Carpe jugulum (Carpe Jugulum)
    25 Le Cinquième Éléphant (The Fifth Elephant)
    26 La Vérité (The Truth)
    27 Procrastination (Thief of Time)
    28 Ronde de nuit (Night Watch)

    Voilà de quoi vous amuser cet été.

  • NaturalWriter
    NaturalWriter
    Plumée
    • Posté à 13h25 le 18/07/2011
    • Internaute 146011
      Plumée

    Le sol, la terre et les champs, Claude et Lydia Bourguignon, éditions Le Sang de la terre, 221 p., 26 euros
    C’est « le » livre du siècle. Et comme les qualificatifs dithyrambiques pleuvent à longueur de temps sur des ouvrages médiocres, je n’ai pas froid aux yeux de le dire pour celui-ci qui est réellement excellent. Où l’on découvre la vraie nature du sol que nous foulons et dont nous tirons notre pitance, ses besoins, sa vie, la façon de l’aimer ou pas, de le travailler ou pas, et où l’on comprend qu’il en va de notre survie à tous de renouer avec lui. Le tout porté par un style direct, pédagogique et revigorant où l’on sent la passion des auteurs à chaque page.

    La société des vagabonds, Harry Martinson, Agones, 376 p. 26 euros.
    En le lisant, il m’a semblé sentir entre mes mains filer le vent du nord, progresser tout autour de la Suède, à travers champs, de marais en forêt, cherchant moi aussi un abri différent chaque jour, marchant, pauvre et libre, en quête de plus de liberté encore... C’est le livre de la route, de l’errance brute, du questionnement, des heurs et malheurs du vagabondage. Indépassable. Lire un extrait : Lien

  • Frangipanier
    Frangipanier
    Plante verte, rouge et noire.
    • Posté à 13h35 le 18/07/2011
    • Internaute 106626
      Plante verte, rouge et noire.

    « Amkoullel, l’enfant peul », d’Amadou Hampâté Ba. Editions Actes Sud.

    Je me permets d’emprunter, pour le décrire, le résumé de l’éditeur :
    « Voici un étonnant livre de Mémoires qui nous révèle la formation d’un des esprits les plus brillants et les plus profonds de l’Afrique noire.

    Amadou Hampâté Bâ raconte ici sa petite enfance et son adolescence, du temps où il portait le surnom d’Amkoullel, et où - dans le Mali du début de ce siècle - il s’initiait aux traditions ancestrales, fréquentait l’école française en même temps que la coranique, courait la savane alors que beaucoup partaient pour une guerre lointaine (la Première Guerre mondiale), découvrait le colonialisme et s’apprêtait à devenir l’un des derniers grands dépositaires d’une civilisation orale en pleine mutation.

    A la fois roman d’aventures, tableau de moeurs et fresque historique, ce livre restitue dans une langue savoureuse et limpide toutes les richesses, les couleurs et la vie du grand récit oral africain. C’est aussi et surtout une belle leçon d’humour, de tolérance et d’humanité qu’y trouveront les passionnés de littérature, les chercheurs, ou tout simplement les amateurs d’aventures vécues. »

    Une merveille.

  • A déménagé en novembre 2012
    • Posté à 15h15 le 18/07/2011
    • Internaute 60079

    Pour ceux qui veulent un peu comprendre les États-Unis, sans tomber dans l’anti-américanisme primaire du style « peuple borné », je conseille de lire « Un pays à l’aube » (rivages noir 10.50 €) de Dennis Lehane qui pour la circonstance abandonne le polar pour la fresque historique et sociale (1919), abordant tout ce qui a « fait » les USA : les luttes sociales, l’immigration, les prémices des revendications des Noirs, les coups tordus des politiques et des syndicalistes.

    • kloedreamer
      kloedreamer répond à A déménagé en novembre 2012
      voyageuse itinérante
      • Posté à 15h42 le 18/07/2011
      • Internaute 151880
        voyageuse itinérante

      Ou encore Une histoire populaire des Etats-Unis, de 1492 à nos jours, Howard Zinn, 810p, 30€ env, Ed Agone.
      Zinn reprend l’histoire des états-unis du point de vue de ce qu’on étudie jamais : les indiens, les femmes, les luttes.......
      Un livre d’histoire universitaire, certes, mais extrêmement agréable à lire !

      • A déménagé en novembre 2012
        • Posté à 17h04 le 18/07/2011
        • Internaute 60079

        C’est curieux cette faculté qu’ont les anglo-saxons de faire des livres d’Histoire sans être chiants.
        Dans le même genre, il y a Le grand jeu : officiers et espions en Asie Centrale (Peter Hopkirk - Ed. Nevicata, Bruxelles, 28.95 €) qui se lit comme un roman d’aventure ou d’espionnage et qui raconte la guéguerre que se sont livrés les Russes et les Anglais en Afghanistan au XIXème siècle.
        Intéressant pour (encore une fois) essayer de comprendre se qu’il s’y passe actuellement.

         
        • poissonpiloté
          poissonpiloté répond à A déménagé en novembre 2012
          c'est par où l'amer ?
          • Posté à 18h39 le 18/07/2011
          • Internaute 75343
            c'est par où l'amer ?

          Dans le même genre qu« un pays à l’aube » mais écrit par un italien : « Nous ne sommes rien soyons tout ! » de Valerio Evangelisti.

          • A déménagé en novembre 2012
            • Posté à 19h13 le 18/07/2011
            • Internaute 60079

            Merci.
            Je ne connaissais pas.
            Pour ceux que ça intéresse :
            Rivages-noir, 10 €

            Quatrième de couverture du roman que vous proposez :
            Dans l’Amérique troublée des années vingt, s’est développé un puissant mouvement syndical. Eddie Lombardo, jeune Italo-Américain d’abord tenté par le proxénétisme, entame une carrière de mouchard au service du patronat, désireux de conserver le contrôle des docks. Violent, totalement dépourvu de morale, Eddie - qui se fait appeler Florio pour rompre avec sa famille « communiste » - gravit rapidement les échelons....

            Et je rajoute, - ce qui n’a rien a voir, mais c’est juste pour le plaisir - lisez tous les polars de James Lee Burke dans la même collection mettant en scène Dave Robicheaux.
            Une autre vision du Sud et de la Louisiane...

        5 autres commentaires
  • Jomel
    Jomel
    philosophe boulanger
    • Posté à 13h43 le 18/07/2011
    • Internaute 103645
      philosophe boulanger

    Shantaram - Gregory David Roberts - Flamarion

    Un prisonnier toxico australien s’évade de prison et quitte le pays pour l’Inde. Afin de na pas se faire repérer par son faux visa de touriste, il n’a plus d’autres solutions que de s’installer dans les bidonville de Bombay.

    Récit autobiographique, ce livre nous raconte la déchirante humanité qui se dégage des bidonvilles indiens. Ce roman est en cours d’adaptation et le héros principal sera joué par Johnny Depp. Il s’agit d’une brique, idéale pour les longs voyages intercontinentaux

  • nelphea
    nelphea
    nd
    • Posté à 13h44 le 18/07/2011
    • Internaute 130388
      nd

    Je conseille « Le Cinéma au bord du monde, une approche de Stanley Kubrick », de Philippe FRAISSE, pour les fans du réalisateur mais pas que : bien plus qu’une critique du cinéma de Kubrick, ce livre est un essai philosophique, une approche cinglante de notre époque, de notre monde. On y croise la photographie, l’astronomie, le string des petites bourgeoises, le nazisme, du pessimisme et de l’humour.
    Bien sûr l’analyse du monde kubrickien est passionnante !

  • mapie70
    mapie70
    no comment
    • Posté à 14h20 le 18/07/2011
    • Internaute 164393
      no comment

    J’ai sursauté en voyant que votre première proposition de livre pour les vacances était « verre Cassé » d’Alain Mabanckou.
    Je lis beaucoup, un peu tous les genres et de tous les pays. Bien sûr, j’ai mes préférences mais j’aime découvrir aussi de nouvelles choses. Et j’avais été déçue par « verre cassé ». Pourtant, j’avais acheté le livre au salon du livre de Genève : J’avais discuté avec l’auteur et bien sur mon livre est dédicacé. Mais la lecture m’a laissée un gout amer. Que cherche l’auteur dans ce récit assez plat ? Pourtant, j’avais découvert Mabanckou dans XXI et j’avais bien aimé son récit de course folle dnas le metro parisien à son arrivée en France...

  • kloedreamer
    kloedreamer
    voyageuse itinérante
    • Posté à 15h51 le 18/07/2011
    • Internaute 151880
      voyageuse itinérante

    Je reviens pour MON coup de coeur de l’année, incroyable que je n’y ai pas pensé plus tôt ! ! !

    Même les cowgirls ont du vague à l’âme, Tom Robbins, Ed. Gallmeister, 453p, 10€ (selon le site Fnac.fr)

    Dans le genre déjanté/décalé issu de la contre-culture américaine, c’est un vrai bonheur.

    Quatrième de couv :

    Dotée à sa naissance des deux plus longs pouces du monde, Sissy Hankshaw décide de devenir la plus grande autostoppeuse des États-Unis. Partant ainsi à l’aventure, Sissy fera une série de rencontres étonnantes qui transformeront sa vie : la Comtesse, magnats des déodorants intimes ; Julian Gitche, l’Indien qui sera un temps son mari ; le docteur Robbins, psychiatre farfelu. Et surtout les cow-girls du ranch de la Rose de Caoutchouc qui revendiquent l’égalité avec les hommes sous la conduite de la belle et sauvage Bonanza Jellybean.

    Et si vous ne vous voulez pas l’acheter, lisez juste le prologue... qui parle d’amibes comme personne :)

    • A déménagé en novembre 2012
      • Posté à 19h29 le 18/07/2011
      • Internaute 60079

      Dans le genre pervers-délirant-trash-déjanté-subversif-rigolard, il y a Warren Ellis, « Artères souterraines » (Au diable Vauvert - 18 €)

      J’ai ouvert les yeux pour voir le rat pisser dans mon mug. Un énorme salopard marron, le corps comme un étron sur pattes et des petits yeux ronds pleins d’une sagesse secrète de rongeur. Avec un soupir hautain, il a sauté au bas de la table et s’est précipité dans le trou du mur où il avait passé les trois derniers mois à échafauder de nouvelles tactiques pour m’emmerder. J’avais bien essayé de clouer une planche contre la plinthe, mais il l’avait rongée pour venir recracher les reliquats de bois humides dans mes chaussures. Après ce coup-là, j’avais trempé des appâts dans du coumaphène : le poison l’avait visiblement fait muter à un stade d’évolution supérieure et l’avait transformé en super-rat.
      (Au début du roman)

  • Schrödinger
    Schrödinger
    Poli et gentil. Très rue89.
    • Posté à 16h38 le 18/07/2011
    • Internaute 41709
      Poli et gentil. Très rue89.

    « Le vrai classique du vide parfait » de Lie Tseu, un fondamental du taoïsme, ou comment apprendre à un pitbull à être maitre de ces sentiments... Chez Gallimard... Très bon livre, pas dogmatique au contraire, simple et qui parle à tous... Un précis de philosophie zen, utile à un travail intérieur.

    Après on enchaine avec les aphorismes de Cioran, « de l’inconvénient d’être né », le tout nous permettant de s’extraire de cette non-pensée occidentale contemporaine... On s’assure ainsi que notre représentation du monde est celle des illusiosn et des faux-semblants. Folio je crois.

    Pour être sûr le faire le bon choix d’a-civilisation, « Métamorphoses du travail : Critique de la raison économique » de André Gorz chez Folio essai... Là on précise les choses, ce n’est aps inutile... La valeur travail en prend un coup.

    Après ca on peut lire la Chat Murr d’Hoffman tranquille, aux excellentes édition Phébus, et se rendre compte que le romantisme allemand est très punk par essence, très nihiliste et jouissif au possible... Un petit Mangeclous ou les Valeureux d’Albert Cohen, précis d’humour juif de Céphalonie, achèvera de nous faire prendre toute chose avec humour...

  • jeff8
    jeff8
    Retraité
    • Posté à 17h42 le 18/07/2011
    • Internaute 127127
      Retraité

    Vu le temps,je conseillerai également La guerre et la paix de Tolstoï !
    Plus sérieusement Les Anonymes de R.J.Ellory est un très bon thriller,bien écrit,plein de suspense.

  • raannemari
    • Posté à 18h31 le 18/07/2011
    • Internaute 32844

    Je viens de terminer « Comment les riches détruisent la planète » d’Hervé Kempf et « Chroniques de Gaza » de Christophe Oberlin et je commence « Le pari de la décroissance » de Serge Latouche, peut-être pas très « vacances » mais très enrichissant.

  • fog
    fog
    humain
    • Posté à 21h58 le 18/07/2011
    • Internaute 121067
      humain

    Si vous partez en Inde ou rêvez d’y aller : « De Gao à Goa » de Maryse Hermann, destins croisés de deux personnes issues d’univers que tout oppose... amour, suspens sur fond de rites et coutumes du Rajasthan. A lire sur sable chaud !

  • bunwa
    bunwa
    aux armes mitoyens !
    • Posté à 22h12 le 18/07/2011
    • Internaute 49889
      aux armes mitoyens !

    Wallace Stegner Angle d’équilibre,
    ou quasiment n’importe quel autre bouquin de cette délicieuse collection qu’est Libretto chez Phébus
    Lien

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 23h18 le 18/07/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « On ne connaît l’utilité des fesses que quand vient l’heure de s’asseoir ! »

    Cette petite phrase issue des « contes sénégalais que Birago Diop raconte
    comme un griot » m’a bien fait sourire.

    On devrait la refiler à Renée Greusard pour son prochain article sur Rue69 - LoL

  • interdit81
    interdit81
    prof
    • Posté à 00h01 le 19/07/2011
    • Internaute 164352
      prof

    Je vous propose de découvrir le nouveau roman de Marie-José Caner, un auteur peu connu qui nous livre avec La Maison aux yeux baissés, un roman passionnant mettant en scène une romancière aux prises avec le passé d’une maison qui l’a séduit au premier regard. Un coup de foudre qui va bouleverser sa vie de femme et d’écrivain... On commence la lecture de ce roman et l’on ne peut plus s’arrêter tant les personnages sont attachants... un livre pour l’été publié par un petit éditeur (Un Autre Reg’art). 6 euros en librairie, fnac, amazon...
    Bonne lecture à tous...

  • nilouga
    nilouga
    humanologue
    • Posté à 07h14 le 19/07/2011
    • Internaute 91908
      humanologue

    HONGRIE-HOLLYWOOD EXPRESS, Éric Plamondon

    Premier très surprenant roman d’une trilogie, qui du mythe Tarzan à la vie de celui qui l’a si bien incarné Johnny Weissmuller, nous fait découvrir un auteur à la plume furtive, parfois décalée mais toujours pleine d’émotion. À déguster d’une seule traite cet été, comme un cornet de glace qui, à peine terminé, appelle le suivant !

    Ed Le Quatarnier - 165p - 18 €

    • kanaille
      kanaille répond à nilouga
      enseignant
      • Posté à 12h43 le 19/07/2011
      • Expert 164497
        enseignant

      je partage ta lecture j’ai passé moi même un très bon moment de lecture. vivement le prochain

  • Inquisiteur
    Inquisiteur
    Chanteur de charme
    • Posté à 07h49 le 19/07/2011
    • Internaute 132321
      Chanteur de charme

    Ok, jouons le jeu.

    Parce que la littérature, c’est important, je vous propose d’abord ceux que l’on devrait lire et relire tous les étés, parce qu’increvables et toujours changeants :
    Crime et Chatiment, ou les frères Karamazov (si vous avez 2 mois de vacances...) de Dostoievski
    Madame Bovary ou l’Education sentimentale de Flaubert

    Faites dans l’américain, plus léger, avec Hemingway ou Faulkner (n’importe lequel)
    Plus contemporain avec Safran Foer (peut-être le jeune auteur américain le plus talentueux, à la fois léger, profond et inventif).
    Les plus classiques de ces dernières années : Roth ou Paul Auster, des romans forts et faciles à lire.
    Don de Lillo si vous voulez des analyses iconoclastes et plus en profondeur des travers de la société américaine.
    Pour les latins, un Garcia Marquez ne dépareille pas dans la chaleur de l’été.

    Parce que j’ai vu trop peu de poésie dans les commentaires, je vous propose René Char, parfait pour s’évader sur la plage.

    Et si ça ne vous convient pas, lisez Goethe, Dante, Rimbaud, Stendhal, ou l’excellentissime Stefan Zweig (ça se lit très vite)... Et arrêtez de vous plaindre.

    J’en ai déjà trop dit, bel été à toutes et tous !

  • Pictulo
    • Posté à 09h22 le 19/07/2011
    • Internaute 23785

    Je viens de finir le roman de Patti Smith, « Just kids », qui raconte ses jeunes années new-yorkaises. J’ai adoré et je le conseille.

  • madimba
    madimba
    altermondialiste
    • Posté à 11h36 le 19/07/2011
    • Internaute 164487
      altermondialiste

    je vous conseille les lettres de guerre échangées entre Hendrik Witbooi et les militaires et colons allemands dans la Namibie de la fin du XIX siecle quelques années avant le génocide des Héreros et des Namas dont WItbooi était le chef.
    A lire ces lettres,on est sur que ce n’était pas le colon qui était le plus civilisé.
    titre du livre « Votre paix sera la mort de ma nation »
    préface de J.M Coetzee,prix nobel de littérature
    édition : le passager clandestin

  • adiono
    adiono
    ouvrier
    • Posté à 21h45 le 19/07/2011
    • Internaute 163880
      ouvrier

    Bonjour a tous.
    Perso je conseillerai Babylon Babies de Maurice g Dantec,paru en 1999 chez Gallimard.Un format poche est sorti en 2001 chez folio.Le livre fait environ 600-700 pages il me semble.Pourquoi je conseille ce livre ? simplement car j’ai apris qu’une suite etait a venir au printemps 2012 et ayant particuierement apprecié babylon babies (a ne pas confondre avec le film,qui certe en ai tiré mais qui est bien loin de l’ouvrage en lui meme) je vais me le relire cet ete histoire de bien replonger dedans lors de la suite a paraitre.
    greg

  • yellowtricycle
    • Posté à 16h06 le 21/07/2011
    • Internaute 164739
      /

    Pour une lecture estivale à la fois légère et ludique, je conseille « Et Nietzsche a pleuré » d’Irvin Yalom qui est juste la rencontre entre le roman, la philosophie et l’histoire.

    Le roman traite de la rencontre passionnante, émouvante et enrichissante entre un Nietzsche plus vrai que nature en proie à une violente dépression et Joseph Breuer, ancêtre de la psychanalyse et mentor de Freud, prêt à tout pour l’aider.

  • titusetboubouleaujapon
    • Posté à 19h46 le 21/07/2011
    • Internaute 18492
      acceptable

    Je conseille le remarque roman dramaturgique
    Le mystère de la pierre sculptée.

    Peut-on réellement mener une vie normale lorsqu’une malformation de naissance vous défigure ? Jeanne, elle, a décidé de s’exclure de la société parce qu’elle ne s’accepte pas et qu’elle ne supporte plus les regards et les questions incessantes. Elle vit recluse dans un petit village du bord de mer. Un jour de tempête, elle aperçoit sur la plage un homme mystérieux qui entre dans l’eau et s’y enfonce jusqu’au cou. N’écoutant que son cœur, elle part immédiatement le secourir et le ramène chez elle pour qu’il se repose. Persuadée que l’homme va prendre la fuite dès qu’il la verra, elle s’étonne lorsqu’il ne manifeste aucune réaction et comprend alors qu’il est aveugle. Une rencontre étrange qui marque le début d’une relation passionnée au cours de laquelle cette malformation de la peau va prendre de plus en plus d’importance, jusqu’au moment décisif où Léonid retrouve la vue. Quel nouvel équilibre va pouvoir s’installer dans ce couple différent ? Jeanne n’aurait en tout cas jamais imaginé que sa vie allait complètement basculer lorsqu’elle est venue en aide à cet inconnu.
    Avec finesse et sans jamais s’apitoyer sur le sort de son héroïne, ce roman dévoile les méandres de la psychologie humaine. La personnalité de Jeanne est à jamais changée par cette rencontre qui la fait passer par tous les sentiments possibles, du doute à l’espoir, de l’acceptation au rejet, du bonheur au désespoir. Un changement progressif et irréversible décrit avec subtilité au fil des pages par Andrea Novick.

  • narbaleth
    narbaleth
    juriste
    • Posté à 21h20 le 21/07/2011
    • Expert 98511
      juriste

    Roger ZELAZNY - Le Maître des Ombres.

    PLATON - La République.

    Bonne lecture...

  • lolo-java
    lolo-java
    charcutier-zingueur
    • Posté à 22h38 le 21/07/2011
    • Internaute 81093
      charcutier-zingueur

    Autrement, je ne saurais trop vous conseiller l’ouvrage d’un coureur cycliste amateur de petit niveau qui narre avec humour et poésie sa carrière et surtout qui donne à la plupart des non connaisseurs , l’envie « d’enfourcher la petite reine » ! (il y a du vélo de Gislain Lambert dans cette littérature )
    A découvrir ...

    Titre : Mon Vélo de Laurent Lasserre

    renseignements : editions.metaphora@free.fr

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