Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Tendances, coups de cœur et paris sur la rentrée littéraire 2011

Publié le 21/08/2011 à 11h29


Un cadet de l’armée américaine lit « Kill Bin Laden » (« Tuer Ben Laden ») en attendant un discours de Barack Obama, à West Point, le 1er décembre 2009 (Shannon Stapleton/Reuters).

De cette rentrée, nous vous avons déjà présenté Lydie Salvayre, Ida Hattemer-Higgins et Jonathan Franzen. Avant de poursuivre avec d’autres interviews, Rue89 fait la revue de tendances d’une rentrée 2011 où histoire, famille et faits divers sont les personnages principaux.

Une rentrée prudente

Crise (chez les libraires) et morosité financière (dans l’édition) obligent, la première caractéristique de cette rentrée est la prudence.

654 romans vont paraître dans cette période de deux mois précédent les prix que l’on appelle « Rentrée littéraire » – en gros, du 17 août au 31 octobre. L’an dernier, ce chiffre était de 701.

L’Histoire, éternel recommencement

Chaque année, s’ils en avaient le temps, les lycéens pourraient bien lire quelques livres de la rentrée littéraire pour compléter les cours ; la rentrée littéraire donne toujours faim d’Histoire.

La colonisation et les politiques occidentales en Afrique sont au centre des fort réussis « Vieux fous » de Mathieu Belezi (Flammarion), des nouveaux romans de Yasmina Khadra (Julliard), Patrick Deville (Le Seuil), Michel Schneider (Grasset), Marc Trillard (Actes Sud).

L’histoire du Chili est au cœur d’une belle histoire d’amour dans « Grâce leur soit rendue » de Lorette Nobécourt.


« L’Histoire de l’Histoire » d’Ida Hattemer-Higgins (Flammarion).

Celle de l’Irlande est au cœur du « Retour à Killibegs » de Sorj Chalandon (Grasset) dont nous reparlerons très bientôt.

On découvrira avec plaisir le nouveau roman d’une révélation de 2007 : Dinaw Mengestu. « Ce qu’on peut lire dans l’air » poursuit le travail sur la filiation et sur l’émigration éthiopienne en Amérique après la guerre civile des années 70.

La Shoah est au cœur du traumatisme de « L’Histoire de l’Histoire », un de nos très gros coups de cœur.

Et vous l’aurez compris, « Freedom » de Jonathan Franzen porte en fiction une histoire de la middle-class américaine.

Enfin, la politique militaire de la France est passée au crible d’un ancien maquisard et d’un homme dégoûté par l’intervention de 1991 en Irak dans un des joyaux de la rentrée : « L’Art français de la guerre » d’Alexis Jenni (Gallimard).

Fascinants faits divers

Le fait divers fascine bien évidemment les romanciers depuis toujours, et arrive en force dans vos librairies urbaines ou numériques.


« Tout, tout de suite » de Morgan Sportès (Fayard).

Au centre de « Tout, tout de suite » (Fayard), où Morgan Sportès met en fiction la torture et l’assassinat d’Ilan Halimi. Il le fait quatre ans après Thierry Jonquet, mais le recul et l’enquête en font un œuvre à étudier de près. C’est un grand roman de la rentrée française.

Pour son – réussi – deuxième roman, « L’Ange noir » (Verticales), François Beaune offre un faux polar à base de faits divers lyonnais et de morale démocratique.

Pour son premier roman (« La Répétition », Denoël), la Néo-Zélandaise Eleanor Catton fait d’une histoire entre une prof et son élève une très belle composition sur l’identité sexuelle à l’adolescence. Enfance violée et enfance séquestrée sont au centre du saisissant « Room » de l’Américaine Emma Donoghue (Stock).

Jeunesse toujours pour Vanessa Schneider qui imagine le témoignage de quatre des 17 lycéennes tombées enceintes au même moment, dans un lycée de Gloucester (Etats-Unis) pour un très bon « Pacte des vierges » (Stock). Disparition d’adolescents dans une ville à l’abandon sont ce qui porte la « Scintillation » du superbe écrivain écossais John Burnside (Métailié).

Des personnages icônes rock et people

Quelque part entre le récit trash et le fait divers, certains romanciers ont pris des icônes rock ou people non seulement pour guest stars, mais pour sujet : Britney Spears pour Jean Rolin (chez P.O.L.), Jimi Hendrix chez Lydie Salvayre, Jayne Mansfield pour Simon Liberati (Grasset).

Emmanuel Carrère, dans son « Limonov » (P.O.L.) dresse une biographie de la Russie moderne à travers le personnage de l’écrivain Edouard Limonov, dont Albin Michel ressort le « Journal d’un raté ».

Histoires de familles


« Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan (Lattès).

Il s’agit ici d’un personnage habituel. Deux romans se détachent. « La Confusion des peines » de Laurence Tardieu (Stock) traite de la figure du père, et le très beau « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan (Lattès), évoque un drame réellement arrivé à l’auteur : la mort de sa mère, au moment précis où elle-même devenait une romancière reconnue. Deux temps forts de cette rentrée française.

Nos paris sur les prix

Pour les « grands » prix, on peut déjà parier que David Foenkinos en aura un : « La Délicatesse » s’est vendu à plus de 300 000 exemplaires en poche, il en a réalisé lui-même l’adaptation qui sortira à noël (avec Audrey Tautou), et ses « Souvenirs » donnent son livre le plus personnel.

Son lectorat correspond pile au public des librairies (essentiellement féminin, branché mais pas trop, pluri-générationnel sachant plaire aux personnes âgées). Il est très en vue depuis 2009, et accessoirement ses deux derniers livres sont de bien bons livres.

Depuis le mois de juin, il semble le favori, et aurait l’avantage d’être un Goncourt à la fois grand public et de qualité.

Emmanuel Carrère, Véronique Ovaldé, Delphine de Vigan et Philippe Lançon devraient aussi être sur les podiums cette année.

Nos coups de cœur

Cette année, les TTGC (très très gros coups de cœur) du Cabinet de lecture sont :

  • « L’Art français de la guerre » d’Alexis Jenni (Gallimard).
  • « La Tristesse des anges » de l’Islandais Jon Kalman Stefansson (Gallimard).
  • « Désolations » de l’Américain David Vann (Gallmeister).
  • « Bienvenue à Oackland » de l’Américain Eric Miles Williamson (Fayard).
  • « L’Evaporation de l’oncle » de Christine Montalbeti (P.O.L.).
  • « Brut » de Dalibor Frioux (Le Seuil).
  • « Scintillation » de John Burnside (Métailié).
  • « Mondial Nomade » de Philippe Pollet-Villard (Flammarion).

On reparlera également des nouveaux romans de Véronique Ovaldé, Céline Minard, Alessandro Piperno, Lyonel Trouillot, Patrice Pluyette, Sorj Chalandon, James Frey.

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  • thierry reboud
    • Posté à 11h54 le 21/08/2011
    • Internaute 20923

    L’Art français de la guerre, évidemment.

    Si je dois prendre un seul pari, ce sera sur ce premier roman : à la fois pour l’ampleur de son propos, la qualité générale de son écriture et l’acuité de son intelligence au sens de la compréhension qu’il manifeste.

    Comme souvent, je trouve que ce sont les romans qui aident le mieux à comprendre les enjeux politiques du moment, parce qu’ils permettent une réflexion polyphonique. Ce qui est en cause, c’est notre difficulté à nous sortir du bourbier mental des guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie. Jenni pose le doigt exactement où cela nous fait mal, en saisit les contours avec une fermeté subtile qui fait plaisir à lire. Son roman aurait pu s’appeler L’Art français de la défaite, celle que (paradoxalement) nous semblons rechercher avec entêtement. Passionnant.

    Depuis quelques années, il me semble que la littérature française sort de son nombrilisme (Zone d’Enard, Naissance d’un pont de Kérangal l’année dernière), et je dois dire que ça n’est pas dommage.

    Sinon, j’ai lu (pour le boulot, d’accord, ça frise le conflit d’intérêt) le premier roman d’Anne Maro, Solution terminale (aux éditions Champ Vallon) et je trouve qu’elle aussi met le doigt sur une vraie question, notre quête bien française de la vieillesse perpétuelle. D’une certaine manière, j’ai l’impression que Jenni et Maro pointent dans la même direction.

  • alabergerie
    alabergerie
    http://alabergerie.wordpress. (...)
    • Posté à 12h04 le 21/08/2011
    • Internaute 81339
      http://alabergerie.wordpress. (...)

    Et sinon, en epub en pdf, pas de gros truc qui décoiffe ? J’avais pourtant cru lire des gens en causer de trois ou quatre, et francophones.

  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 13h11 le 21/08/2011
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    Ouais l’intégralité des sujets cent fois rebattus habituels quoi ..

    « Enfin, la politique militaire de la France est passée au crible d’un ancien maquisard et d’un homme dégoûté par l’intervention de 1991 en Irak dans un des joyaux de la rentrée : “ L’Art français de la guerre ” d’Alexis Jenni (Gallimard) ».

    Ha ! Tiens, non . Ça, c’est peut être intéressant..

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à DiaboloSatanas
      Fonctionnaire. A voté!
      • Posté à 10h38 le 22/08/2011
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire. A voté!

      En tout cas il semble qu’on y échappe aux récit des courses au supermarché de l’auteur, peines de coeur de l’auteur et week-ends en amoureux ratés de l’auteur, ce qui est presque en soi un mérite, au regard de ce que l’on met habituellement sur le devant de la scène en termes de littérature française (et qui ne correspond pas nécessairement à ce qui se publie réellement, et qui vaut souvent mieux).

      Reste à voir comment c’est écrit. Un lecteur des plus aimables en a transcrit quelques passages. L’auteur a l’air d’un peu trop se regarder écrire pour mon goût, mais ce n’est que mon goût : Lien

      • DiaboloSatanas
        DiaboloSatanas répond à We want a shrubbery
        Fou du volant
        • Posté à 10h44 le 22/08/2011
        • Internaute 79165
          Fou du volant

        Peut être, mais au moins ça change agréablement d’Amélie Nothomb.
        Y va marcher à mort ce bouquin, vu que même moi je vais l’acheter aussi malgré que je suis snob et que je n’aime pas acheter ce que tout le monde achète : -)

         
        • pelicano
          pelicano répond à DiaboloSatanas
          intermittent
          • Posté à 11h47 le 22/08/2011
          • Internaute 156246
            intermittent

          « L’engueulade fusait, avec les mêmes phrases pour tout le monde, déjà formées avant qu’ils n’ouvrent la bouche. L’engueulade de couple est aussi codifiée que les danses symboliques de l’Inde : mêmes poses, mêmes gestes, mêmes mots qui font signe Tout renvoie à des habitudes de représentation, et tout est dit sans qu’on ai besoin de le dire. Cela se déroule ainsi, nous ne faisions pas exception. Seulement entre nous le conflit n’explosait pas, il suintait comme une sueur car nous n’avions pas d’enfants pour le mettre “

          tu vas lire ça pendant deux cent pages ! ! !

          • We want a shrubbery
            We want a shrubbery répond à pelicano
            Fonctionnaire. A voté!
            • Posté à 11h50 le 22/08/2011
            • Internaute 100046
              Fonctionnaire. A voté!

            Six cents !

            • pelicano
              pelicano répond à We want a shrubbery
              intermittent
              • Posté à 14h09 le 22/08/2011
              • Internaute 156246
                intermittent

              C’est du pur charabia. ces phrases n’ont aucun sens, en plus c’est môche « l’engueulade fusait » j’ai ri :) après le coup de la danse indienne considérée comme l’art de la dispute (ou l’inverse, pas grave), puis les phrases toutes faites qui sont dites sans le dire, avant d’être prononcées( ?), et eux mêmes ne faisant pas exception sauf que si parce que l’engueulade ne fusait pas mais puer la sueur...oh, ptin, c’est illisible.

          • DiaboloSatanas
            DiaboloSatanas répond à pelicano
            Fou du volant
            • Posté à 12h13 le 22/08/2011
            • Internaute 79165
              Fou du volant

            600 pages.
            Ben oui, je ne trouve pas ça si mal .
            Je ne suis pas juste un rigolo, mon vieux..J’ai un cœur d’artichaut, comme tout l’monde.

            EDIT
            Bon j’avoue après réflexion que c’est peut être un peu pompeux comme style juste pour indiquer que son couple battait de l’aile et qu’ils passaient leur temps à se tirer la gueule : -)

            • pelicano
              pelicano répond à DiaboloSatanas
              intermittent
              • Posté à 14h13 le 22/08/2011
              • Internaute 156246
                intermittent

              t’as voulu y croire, je comprends ça, on veut toujours y croire, en plus va savoir ptét que sur la longueur c’est une révélation l’auteur étant d’une rare intelligence...toute façon reste plus que l’espoir hein...

              • DiaboloSatanas
                DiaboloSatanas répond à pelicano
                Fou du volant
                • Posté à 14h46 le 22/08/2011
                • Internaute 79165
                  Fou du volant

                C’est sur que contrairement à nous les amateurs, le plus grand problème des critiques professionnels, littéraires ou de cinéma, c’est que, quand bien ce serait, ils ne sont pas payés pour écrire que l’ensemble de la production de la semaine ou du mois ou de la saison de rentrée n’est que de la merde, sinon ils seraient virés, ils ne seraient plus invités dans les cocktails et ils ne se feraient plus sucer la bite.
                En plus qu’ils n’ont pas le droit d’écrire des trucs lourds comme« en plus que », « c’est sur », « c’est que », « quand ce serait » et « sucer la bite ». Faut ki chiadent leur texte, les pauvres..

                • pelicano
                  pelicano répond à DiaboloSatanas
                  intermittent
                  • Posté à 15h27 le 22/08/2011
                  • Internaute 156246
                    intermittent

                  « L’engueulade fusait, avec les mêmes phrases pour tout le monde, déjà formées avant qu’ils n’ouvrent la bouche. L’engueulade de couple est aussi codifiée que les danses symboliques de l’Inde : mêmes poses, mêmes gestes, mêmes mots qui font signe Tout renvoie à des habitudes de représentation, et tout est dit sans qu’on ai besoin de le dire. Cela se déroule ainsi, nous ne faisions pas exception. Seulement entre nous le conflit n’explosait pas, il suintait comme une sueur car nous n’avions pas d’enfants pour le mettre “

                  C’est pas difficille de rewritter et d’enlever 300 pages quand même, tout en respectant l’absurdité de la description voulu par l’auteur kamém

                  ‘l’engueulade, sans mots, ouvrait les bouches tout en imitant silencieusement les poses impuissantes au contrôle de la gestuelle des corps transitant sous un orage. Exception à la règle, quand le conflit n’explosait pas, était de ne pouvoir interposer entre nos regards d’enfants rompus, la distance supposée impassible du sous-continent indien.’

        7 autres commentaires
  • A_déménagé_le_2_septembre
    • Posté à 15h50 le 21/08/2011
    • Internaute 165743

    Mais où est cet apprenti historien d’Harryposter ?

    D’habitude nous avons droit à sa pseudo-sagesse politique distillée à coup de clichés du niveau de la terminale redoublante...

    Le besoin de reconnaissance fait parfois dire des choses convenues pour être sûr d’être accepté.

    Sauf que c’est le recul par rapport à la « mode » du moment qui seul permet de dégager la signification profonde des choses.

  • Fantomax
    Fantomax
    escroc
    • Posté à 16h42 le 21/08/2011
    • Internaute 157606
      escroc

    Oh l’ autre, hé, il parle même pas du Eric Reinhardt !
    Et il aime bien David Foenkinos ! !

    Mmpffrrrt. Discrédité à vie.

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à Fantomax
      Fonctionnaire. A voté!
      • Posté à 10h58 le 22/08/2011
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire. A voté!

      J’ai remarqué qu’on ne peut pas faire trois pas ou se retourner dans la rayon littérature d’une librairie sans tomber sur Foenkinos. Ce n’est pas bon signe.

      • Fantomax
        Fantomax répond à We want a shrubbery
        escroc
        • Posté à 11h20 le 22/08/2011
        • Internaute 157606
          escroc

        Un imposteur signé chez Gallimard a toujours plus de chances qu’ un imposteur signé chez Lambda.

  • El Houlqo-
    El Houlqo-
    Gros con de droite
    • Posté à 16h47 le 21/08/2011
    • Internaute 164683
      Gros con de droite

    On n’a pas commencé à lire le tombereau de nullités navrantes de l’an dernier ni des années précédentes, et voilà une nouvelle brouette de 654 romans dont au moins 652 sont sans intérêt. Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux attendre vingt ans, et voir en 2031 ce qui aura survécu de la rentrée littéraire 2011 ?

    Ce qui nous permettrait aujourd’hui d’attaquer 1991. Qu’est-ce qui a survécu de la rentrée littéraire de 1991 ?

    • Fantomax
      Fantomax répond à El Houlqo-
      escroc
      • Posté à 17h15 le 21/08/2011
      • Internaute 157606
        escroc

      C’ est du populisme, ça. Pas étonnant de la part d’ un client d’ Amazon.

      • El Houlqo-
        El Houlqo- répond à Fantomax
        Gros con de droite
        • Posté à 17h38 le 21/08/2011
        • Internaute 164683
          Gros con de droite

        Je ne vois pas ce qu’il y a de populiste à moquer l’attrait de la nouveauté annuelle en matière culturelle. De plus, 654 romans en langue française qui sortent en septembre, c’est ridicule. Il y a combien de bons romans en langue française depuis le 16è siècle ? Certainement pas 654 par an, ni même 20. Et qui en a lu plus de 10% ?
        Il reste tellement de romans de qualité à lire qui ont été publiés dans le passé que je ne vois pas l’intérêt de se précipiter sur le médiocre contemporain.

         
        • thierry reboud
          • Posté à 18h21 le 21/08/2011
          • Internaute 20923

          Heureusement qu’à partir d’octobre 1856 Léon Laurent-Pichat, gérant de la Revue de Paris, a jugé opportun de publier un nouveau roman sobrement intitulé Madame Bovary, moeurs de province. Ou Robert Denoël Le Voyage au bout de la nuit pour la rentrée littéraire de 1932.

          Sinon on se demande bien comment nous pourrions lire aujourd’hui encore ces chefs-d’oeuvre. Non ?

          • El Houlqo-
            El Houlqo- répond à thierry reboud
            Gros con de droite
            • Posté à 20h35 le 21/08/2011
            • Internaute 164683
              Gros con de droite

            Quel rapport avec la discussion ?

            • thierry reboud
              • Posté à 00h18 le 23/08/2011
              • Internaute 20923

              Pfff...

              De temps à autre, ce ne serait tout de même pas du luxe que vous vous efforciez de comprendre le sens de vos commentaires.

              • El Houlqo-
                El Houlqo- répond à thierry reboud
                Gros con de droite
                • Posté à 00h35 le 23/08/2011
                • Internaute 164683
                  Gros con de droite

                Je ne vois pas comment, ce n’est pas moi qui les écris.

                Et j’ai relu, et je confirme. Je ne vois pas le rapport. Vous nous avez fait une réponse dépourvue de sens logique sur ce coup ; il n’y a aucune relation d’implication entre ce que j’ai dit et la négation de ce que vous illustrez en réponse.

                • thierry reboud
                  • Posté à 00h48 le 23/08/2011
                  • Internaute 20923

                  Bon, on va détailler...

                  J’imagine qu’en 1856 il devait bien aussi exister un vicomte de Houllequeau qui pestait contre les nouveautés de l’automne alors qu’il restait tant de chefs-d’oeuvre à lire. Je présume de même qu’en 1932 il a dû se trouver un père Houlquot qui fulminait de même.

                  Bref : s’il se trouve de futurs chefs-d’oeuvre dans les livres de cet automne, vous n’en savez rien (ni moi non plus, d’ailleurs). Et si les descendants de nos progénitures respectives (qu’on pourrait peut-être croiser) veulent en savoir quelque chose, il faut bien que ces livres soient publiés à un moment ou à un autre.

                  En outre, de la part de quelqu’un qui se pique d’économie et quelles que soient mes préventions sur vos conceptions à ce sujet, laissez-moi vous dire que le livre n’échappe pas aux impératifs de rentabilité : la rentrée littéraire a certes un côté un peu artificiel, mais c’est beaucoup elle qui rend possible l’édition (sans doute plus discrète) de rééditions de chefs-d’oeuvre pas encore traduits, ou plus disponibles, ou carrément inédits... lesquels sont à peu près à tous les coups déficitaires.

                  • El Houlqo-
                    El Houlqo- répond à thierry reboud
                    Gros con de droite
                    • Posté à 00h58 le 23/08/2011
                    • Internaute 164683
                      Gros con de droite

                    Je n’ai pas dit le contraire, vous m’avez mal lu il faut croire.

                    Je proteste contre le fait que tout ça implique qu’il faut qu’un tas de gens se tapent les merdes de la rentrée chaque année, pour qu’économiquement le système surnage.

                    Un peu comme si les éditeurs ne se fiaient plus à leur jugement, et publiaient tout « au cas où ». Eh bien non, avec une édition compétente et sûre d’elle, on pourrait publier seulement 100 nouveaux romans à chaque rentrée et ne pas louper les chefs-d’œuvres. Et même si on en loupe un, on finira par reconnaître l’auteur sur une future publication et on reviendra sur ses œuvres antérieures.

                    Votre position « économique », en fait, reflète un véritable mépris du public : il faut que le public achète les 640 merdes de la rentrée pour que les 14 romans de qualité aient leur chance auprès du public lettré.

                    Et dire que c’est moi qui dis cela. On est vraiment à fronts renversés là. Ce qui est souvent le cas sur les sujets culturels et d’exception culturelle, où la gauche est totalement à côté de ses pompes ; -)

                    • thierry reboud
                      • Posté à 01h01 le 23/08/2011
                      • Internaute 20923

                      Sinon qu’une édition compétente et sûre d’elle qui publier[ait] seulement 100 nouveaux romans à chaque rentrée serait tout simplement morte économiquement : c’est vrai que ça me fait bizarre de vous dire ça : -))).

                      Et en plus elle louperait de la même manière les chefs-d’oeuvre : à l’époque de Proust (publié initialement à compte d’auteur chez Grasset), celui qui était considéré comme le grand écrivain, celui dont tout le monde était certain qu’il passerait à la postérité, c’était Paul Bourget. reconnaissez que ça laisse songeur. Et je n’ai pas besoin de vous rappeler que ce n’est pas Céline qui a eu le Goncourt en 1932, mais... qui, au fait ?

                      Enfin, et croyez bien que je le déplore peut-être autant que vous, je ne méprise pas le public, je constate qu’il préfère lire Marc Lévy ou Guillaume Musso que la réédition des Liaisons dangereuses, ce n’est tout de même pas de ma faute !

                      Bonne nuit, je vais lire un peu ; -).

                      • El Houlqo-
                        El Houlqo- répond à thierry reboud
                        Gros con de droite
                        • Posté à 01h31 le 23/08/2011
                        • Internaute 164683
                          Gros con de droite

                        Ce n’est pas une raison pour avoir une approche soviétique productiviste, du type : si je publie 600 merdes, j’ai moins de risque de louper Proust une fois tous les trente ans que si je publie 100 merdes. Et le public sera prié d’agir citoyennement en achetant les 600 merdes (mais il n’est pas obligé de les lire).

                        De plus, les grands artistes méconnus de leur vivant et reconnus après leur mort, c’est commun. C’est dommage pour eux, et encore, est-on sûr que la gloire et le pognon leur auraient permis de produire leurs chefs-d’œuvre ?

                        Non. Une édition qui publie 654 romans par an, c’est du business, ce n’est plus de la culture. Je n’ai rien contre, mais appelons les choses par leur nom.

                        Edit : et si c’est la seule manière d’éditer du non rentable, comme des cahiers de Barrès ou de nouvelles traductions d’auteurs médiévaux, eh bien c’est qu’il y a une couille dans le système. De tous temps, le réseau des bibliothèques universitaires, des librairies publiques, du public lettré et des mécènes ont permis la rentabilité de telles production, au prix peut-être d’une faible rémunération de leurs auteurs, rémunérés par ailleurs. Si ce système est cassé, c’est là qu’il y a une question. Et le résoudre par la taxe sur le populo consistant à publier 650 merdes pas an, ce n’est pas très honorable. C’est comme si je finançais mes grands crus par les ventes de la Villageoise.

                        • Fantomax
                          Fantomax répond à El Houlqo-
                          escroc
                          • Posté à 13h58 le 23/08/2011
                          • Internaute 157606
                            escroc

                          Pas d’ inquiétude, « les gens » n’ achètent pas les 600 merdes, la plupart terminent à moins de 1000 exemplaires.

                          Ils achètent les 30 ou 40 favoris dont tout le monde parle, plus 10 à 15 outsiders surprise ( et je compte large ).

                          Le reste passe à la trappe, ça coûte pas cher à produire de toute façon, un livre.

                          Quant aux bibliothèques dont vous suggérez qu’ elles pourraient faire vivre les ouvrages pointus, c’ est la meilleure : leurs crédits sont de plus en plus amputés par qui vous savez au nom d’ une politique qui ne semble pas vous choquer outre mesure, hé hé.

                          • El Houlqo-
                            El Houlqo- répond à Fantomax
                            Gros con de droite
                            • Posté à 20h37 le 23/08/2011
                            • Internaute 164683
                              Gros con de droite

                            Les bibliothèques n’ont qu’à pas acheter les livres que les gens achètent par ailleurs, en particulier les merdes. Ça leur libérera des fonds pour ce genre d’achat.

                        • thierry reboud
                          • Posté à 20h53 le 23/08/2011
                          • Internaute 20923

                          Mais évidemment que c’est un business ! N’empêche que vous vous trompez du tout au tour ! Ce n’est en rien une approche soviétique, ce serait bien plutôt une caricature de marché qui trouve son auto-régulation (ça va vous plaire, ça : la main invisible, et tout et tout...).

                          D’une part, l’édition est un ensemble d’entreprises privées (pour l’immense majorité) : vous n’ignorez pas (j’espère !) que les entreprises privées sont libres de développer leur activité comme elles l’entendent à condition qu’elles respectent la loi. C’est le cas. Ce sont des entreprises qui opèrent dans un secteur particulier, celui de la culture. Donc c’est aussi culturel. Mozart ou Rembrandt, c’était aussi du business (et pas qu’un peu !), ça n’a jamais empêché qu’ils aient produit des chefs-d’oeuvre.

                          D’autre part, le fonctionnement de l’édition serait de type soviétique si tout le monde payait, sauf les consommateurs. Ce n’est pas le cas. Rien n’oblige personne à acheter tel livre plutôt que tel autre, rien et surtout pas la pénurie comme vous le faites remarquer. C’est un marché. Je ne vois pas où existerait une taxe sur les acheteurs de nouveautés en librairie : si vous avez plus d’information là-dessus, je suis preneur.

                          Enfin, j’adore positivement votre observation finale : le seul moyen pour que les Cahiers de Barrès soient rentables pour l’éditeur, c’est qu’il touche une subvention et que les bibliothèques (universitaires ou autres) en achètent une part significative, ce qui arrive d’ailleurs assez souvent pour ce type de publication. Personnellement, je trouve d’ailleurs ça très bien. Mais vous ! ? Vous trouvez ça très bien aussi ? Mais je tombe des nues ! Quant au bibliothèques, le problème vient plutôt de l’érosion de leurs dotations, notamment pour ce qui concerne les bibliothèques universitaires : si vous pouviez en toucher un mot à votre favori élyséen...

                          (De là à classer les Cahiers de Barrès parmi les chefs-d’oeuvre, il y a un pas que je vous laisserai franchir tout seul, mais c’est une autre question.)

                      • Homere elmero
                        Homere elmero répond à thierry reboud
                        communiste primitif
                        • Posté à 03h46 le 23/08/2011
                        • Internaute 87706
                          communiste primitif

                        en meme temps, ça prendrait 5mn, pas une de plus, pour balancer la moitié de ces 650 volumes à la poubelle pour manque absolu d’intérêt et de qualité littéraire.
                        Marc Levy est au livre ce que Sardou est a la chanson. Inutile.

                        • thierry reboud
                          • Posté à 20h54 le 23/08/2011
                          • Internaute 20923

                          Ouh là, si tu savais le temps que prennent aux libraires les retours d’invendus et combien ça coûte à l’éditeur de pilonner les bouquins qui ne se vendent pas ! Au moins, Lévy rapporte à l’éditeur et au libraire.

                    • DiaboloSatanas
                      DiaboloSatanas répond à El Houlqo-
                      Fou du volant
                      • Posté à 08h52 le 23/08/2011
                      • Internaute 79165
                        Fou du volant

                      67000 livres , 600 films , 3 500 magazines, 300 chaines de télé..
                      Et toujours le même président.

        • Fantomax
          Fantomax répond à El Houlqo-
          escroc
          • Posté à 19h11 le 21/08/2011
          • Internaute 157606
            escroc

          1/ Ce chiffre de 654 romans englobe les Français et les étrangers ( environ 2/3 1/3, de mémoire )

          2/ Il provient d’ une source unique, le magazine professionnel Livres Hebdo, et est repris stupidement par la totalité de la presse qui ne comprend même pas ce que ça englobe en disant chaque année « oh la la comment va t on lire tout cela les éditeurs sont vraiment stupides ».

          3/ Ce comptage absurde englobe toute la production romanesque des mois d’ aout, septembre et octobre, sous prétexte que les prix littéraires arrivent derrière en novembre.

          4/ Si l’ on comptait - ce qu’ on ne fait jamais, du coup - la production des mois de janvier/février/mars on obtiendrait un chiffre à peu près équivalent, genre 512, c’ est dire la bêtise du truc.

          5/ Cette production pléthorique se fait forcément un peu sur le modèle des spermatozoïdes, on en sort plein pour qu’ il y en quelques uns qui marchent.

          6/ Les gens ne sont pas forcément obligés de lire tous les mêmes, mais malheureusement c’ est ce qu’ ils font. Seulement à l’ exception d’ une trentaine de favoris on ne sait pas à l’ avance lesquels ce sera.

          • Hubert Artus
            Hubert Artus répond à Fantomax
            Rue89
            • Posté à 00h45 le 22/08/2011
              rédacteur
            • Journaliste 56
              Rue89

            Concernant votre point N°2, il faut préciser ceci. Ce n’est pas le chiffre du magazine Livres Hebdo que les journalistes, dont moi, reprennent. C’est le chiffre tel qu’établi par Electre, base de donnée de toutes les parutions. Seule du genre en France. Livre hebdo est le magazine d’Electre, donc reprend ce chiffre. Il n’y a donc aucune stupidité.

        • mr_megot
          mr_megot répond à El Houlqo-
          .
          • Posté à 20h20 le 21/08/2011
          • Internaute 53015
            .

          On pourrait faire pareil pour les films, on arrête d’aller au ciné, on attend 20 ans et on regarde que les bons en DVD. Mais si tout le monde fait ca, les salles vont fermer les unes après les autres et il n’y aura plus de nouveaux films, c’est con...

          • El Houlqo-
            El Houlqo- répond à mr_megot
            Gros con de droite
            • Posté à 20h42 le 21/08/2011
            • Internaute 164683
              Gros con de droite

            Ce n’est pas parce que le cinéma est un art dont la production coûte cher, et même très cher, que cela justifie que le public en absorbe une quantité importante au motif qu’il faut lui permettre de se financer.

            D’autre part, le succès profitable des séries télévisées montre bien que le cinéma peut être rentable et se financer sans salles.

            Et sinon, c’est précisément ce que pas mal de gens font : découvrir davantage chaque année de films anciens que de films très récents, et ne jamais aller au cinéma, endroit barbare par excellence (ou très exceptionnellement, pour accompagner des enfants voir une connerie pour mômes).

            • DiaboloSatanas
              DiaboloSatanas répond à El Houlqo-
              Fou du volant
              • Posté à 21h22 le 21/08/2011
              • Internaute 79165
                Fou du volant

              Il faut urgemment faire une révolution très violente avec des tas de massacres et foutre en l’air définitivement cette société hyperlibérale avancée qui a tellement perverti et abruti les gens qu’ils n’ont plus rien a dire, écrire ou filmer !
              A se demander s’ils pensent encore..

              • AshleyRiot
                AshleyRiot répond à DiaboloSatanas
                http://goo.gl/sFpG
                • Posté à 22h16 le 21/08/2011
                • Internaute 166586
                  http://goo.gl/sFpG

                Est ce que le vomi gauchiste-boboquiporteuntshirtché-naif que tu gerbes à longueur de journée sur les commentaires tu pouvais nous l’éviter au moins quand il s’agit de livre ?

                • DiaboloSatanas
                  DiaboloSatanas répond à AshleyRiot
                  Fou du volant
                  • Posté à 22h24 le 21/08/2011
                  • Internaute 79165
                    Fou du volant

                  Ha ! Ha ! Je vois que j’ai visé juste.

                  • AshleyRiot
                    AshleyRiot répond à DiaboloSatanas
                    http://goo.gl/sFpG
                    • Posté à 22h33 le 21/08/2011
                    • Internaute 166586
                      http://goo.gl/sFpG

                    « Ha ! Ha ! “ ? ? ?
                    J’ai pas compris, c’est le signe que tu te trouve drôle ?

                    • DiaboloSatanas
                      DiaboloSatanas répond à AshleyRiot
                      Fou du volant
                      • Posté à 22h35 le 21/08/2011
                      • Internaute 79165
                        Fou du volant

                      Pauv’ troll . tu me fais pitié.

                      Fin de la discussion

                      • AshleyRiot
                        AshleyRiot répond à DiaboloSatanas
                        http://goo.gl/sFpG
                        • Posté à 22h37 le 21/08/2011
                        • Internaute 166586
                          http://goo.gl/sFpG

                        « Fin de la discussion »

                        ça par contre je comprend tout à fait. Ça c’est le signe que tu as atteint les limites de ton cerveau de loutre trisomique passé au micro-onde.
                        Que c’est triste de manquer d’intelligence et de répondant, mais bon il faut bien des gens comme toi pour servir les gens comme moi.

                        • Homere elmero
                          Homere elmero répond à AshleyRiot
                          communiste primitif
                          • Posté à 04h10 le 23/08/2011
                          • Internaute 87706
                            communiste primitif

                          tu te sens pas pisser. Fais donc un noeud à ta bite.

            • Cannibal Ferox-
              Cannibal Ferox- répond à El Houlqo-
              mangeur de chouineur
              • Posté à 21h45 le 21/08/2011
              • Internaute 159072
                mangeur de chouineur

              N’importe quoi !

            • mr_megot
              mr_megot répond à El Houlqo-
              .
              • Posté à 23h06 le 21/08/2011
              • Internaute 53015
                .

              Les... séries télé ? C’est ca votre exemple de culture de haut vol et rentable ?

              Ce qui est marrant c’est qu’en fait je suis plutôt d’accord avec vous, j’aurais plus tendance à relire un Céline ou à entamer un nouveau chef d’oeuvre plutôt que de perdre mon temps à lire le dernier foenkinos, mais encore une fois si tout le monde fait comme moi les maisons d’édition mettent la clef sous la porte.

              La rentrée littéraire, les bouses qui s’enchainent, les prix littéraires, les émissions TV et tout le toutim, c’est ce qui fait que les gens achètent des livres et c’est ce qui permet au secteur du livre de survivre - à défaut de prospérer- dans un système capitaliste marchand. Au fond vous êtes un anticapitaliste dans l’âme, je l’ai toujours su.

              • DiaboloSatanas
                DiaboloSatanas répond à mr_megot
                Fou du volant
                • Posté à 23h13 le 21/08/2011
                • Internaute 79165
                  Fou du volant

                Hulk est un moyennageux, en fait..

                Hélas ! tout ça, c’est des chansons.
                Il faut se faire une raison.
                Les choux-fleurs poussent à présent
                Sur le charnier des Innocents.
                Le Trou de la pomme de pin
                N’est plus qu’un bar américain.
                Y a quelque chose de pourri
                Au royaum’ de truanderie.

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