Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Au procès de « Camino 999 », roman « diffamatoire » selon l'Opus Dei

Publié le 08/11/2007 à 17h47

Le 21 novembre, à 13h15, on connaîtra l’issue du procès en diffamation qu’intente l’Opus Dei à Jean-Jacques Reboux, patron des éditions Après la Lune, et à la romancière Catherine Fradier, auteur du roman « Camino 999 » . C’est à cette date qu’a été mise en délibéré la décision des magistrats, à l’issue de l’audience de mercredi. Devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, qui traite ce qui attrait aux affaires de presse et d’édition.

Me Emmanuel Pierrat, avocat de l’éditeur, a plaidé en premier. Il expliqué en quoi la plainte était irrecevable sur la forme : la jurisprudence impose selon lui au plaignant de déterminer précisément les passages estimés diffamatoires.

Si tout le livre est suspect, même les descriptions de personnages le sont, s’est amusé l’avocat. Il a donc demandé en quoi les vêtements de l’enquêtrice, le personnage principal, pouvait offenser l’Opus Dei… Me Pierrat a aussi argué qu’ « en n’identifiant pas les passages incriminés, le plaignant ne [nous] permet pas de nous défendre » . Pour lui, l’Opus « s’est trompé de machine » en formulant ce type de plainte, et en sollicitant ce tribunal.

Pour l’avocat de l’éditeur, l’Opus Dei aurait du attaquer le « Da Vinci Code »

Fidèle à ses effets de manche bien connus dans l’édition, l’avocat a ironiquement suggéré au plaignant d’attaquer le « Da Vinci Code » , son éditeur (Lattès) et le propriétaire de ce dernier (Lagardère), plutôt que de s’en prendre à un éditeur qu’une telle procédure peut ruiner.

A l’époque de la parution du livre de Dan Brown, l’association catholique n’avait pas fanfaronné, ni osé s’attaquer à aussi riche et puissant qu’elle, se contentant d’un bref communiqué et non d’une action en justice. Me Pierrat, également auteur et éditeur, a tenu à conclure sa plaidoirie en évoquant la difficulté d’attaquer un roman, qui par définition est œuvre de l’imaginaire, pour une diffamation dans le monde réel.

C’est ensuite Me Alexandre Varaut, pour l’Opus, qui plaidait. L’homme a représenté Philippe de Villiers, dans une autre affaire. Il fut aussi député européen du Mouvement pour la France de 1999 à 2004. Son père, Jean-Marc Varaut, fut l’avocat de Maurice Papon en 1997. Il ne se départit pas de l’assignation, visant l’intégralité du roman.

« Un ouvage entièrement diffamatoire de la première à la dernière page »

« Cet ouvrage est entièrement diffamatoire de la première à la dernière page. Un roman est un tout cohérent, on ne peut en isoler des morceaux » , a-t-il expliqué, rappelant que le personnage principal est un membre de l’Opus Dei qui assassine afin de protéger le trésor de guerre issu de l’affaire Matesa. Reprenant également les termes de la plainte, il a reproché à l’auteur de constamment « mêler le vrai au faux » .

L’affaire a donc été mise en délibéré au 21 novembre. Soit l’Opus Dei est déboutée, soit le juge renvoie l’affaire devant la même chambre, mais cette fois-ci pour étudier le fond, et non plus seulement la procédure. L’affaire suivante concernant une plainte en diffamation de Gérard Depardieu et Carole Bouquet contre la presse people. Un autre roman, donc…

Hubert Artus

Contacté, le service communication de l’Opus Dei s’est dit trop « débordé actuellement » pour prendre le temps d’évoquer l’affaire avec nous.


Article suivi : L’Opus Dei s’en prend à un éditeur indépendant

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  • 20 réactions
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  • Pierre-Grenoble
    • Posté à 21h24 le 08/11/2007
    • Internaute 16598

    Une seule chose à dire
    A BAS LA CALOTTE

    • le-vilain-petit-canard
      • Posté à 05h35 le 09/11/2007
      • Internaute 19295

      Je dirais même plus, mille sabords ! ! !

      A bas toutes les calottes....

      Ce retour en force de tous les obscurantismes fait vraiment peur !

      les ultras-bible,les ultras-thora,les ultras-coran,les ultra-capitalistes (si si,ça a quelque chose à voir).

      Au secour ! pas le moindre ultra-républicain à l’horizon pour contre-balancer tout ça !

    • Anonyme répond à Pierre-Grenoble

      Une seule chose à répondre
      A BAS LA CAPOTE

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 22h03 le 08/11/2007
    • Internaute 7659
      oiseau

    Si le procès est gagné par l’opus dei, cela signifiera que tout roman peut être potentiellement mis à l’index. En effet, à la moindre parcelle de vérité ou de référence véritable, il pourra être condamnnable pour tout l’imaginaire qui y fut acoler. Hors, c’est bien le propre du roman de composer de l’imaginaire dans du référentiel réaliste. Si tel n’était pas le cas, cela s’appellerait un ouvrage historique.

  • Anonyme

    Pourquoi vous attarder sur l’historique de l’avocat de l’Opus Dei et pas de l’autre ? Les affaires que l’on a défendues dans la passé jugent-elles de celle que l’on défend à présent ?

    • Hubert Artus
      Hubert Artus
      Rue89
      • Posté à 22h43 le 08/11/2007
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

       J’ai présenté les deux. Me Pierrat, avocat bien connu dans le milieu du livre, est éditeur et auteur. De plus, j’ai cité des propos qu’il m’a rapportés.

      • le-vilain-petit-canard
        • Posté à 06h18 le 09/11/2007
        • Internaute 19295

        C’est vraiment sympa de vous justifier face à cette question faussement naïve avec gros procès d’ intention,à peine dissimulé, mais bon,vous êtes un peu obligé.
        Alors,c’est vrai,vous n’êtes pas un agent infiltré du Komintern qui fait son rapport hebdomadaire à Moscou ? ?

        OUF les court-à-je-Zanonymes respirent,

        Et ce livre qui touche à l’Opus Dei ce gentil club d’innocents communiants,
        A l’Index ! ! !

  • Motus1400
    Motus1400
    Etudiant
    • Posté à 22h37 le 08/11/2007
    • Internaute 14217
      Etudiant

    L’opus dei, quelle bande de clowns. Surtout que ça leur fait de la mauvaise pub, je ne connaissais pas du tout ce livre, maintenant je vais m’empresser d’aller l’acheter. Tous les extremismes sont condamnables, l’extremisme catholique aussi...

  • Anonyme

    « il a reproché à l’auteur de constamment “mêler le vrai au faux”. »

    L’accusation est plus grave qu’il n’y parait, puisque c’est le simple fait de mettre en fiction qui est reproché. C’est une conception archaïque de ce qu’on à le droit de publier ou pas. L’accusation fleure le délit de blasphème qu’elle n’ose assumer parce que l’Opus Dei n’est que para-religieuse. Bien évidemment ce délit n’existe pas (ou ne devrait plus existé) dans une démocratie laïque, mais...

    • Anonyme

      Attention, le délit de blasphème à déjà été condamné dans un tribunal il n’y a pas si longtemps que ça (l’affaire d’une pub reprenant le tableau de Da Vinci sur « la Scène »).
      L’Opus Dei est une organisation qui permet aux laïques de s’impliquer dans la vie religieuse.
      Le fondateur, Balaguer, à été béatifié en 1992 par JPII, était de mêche avec son grand ami Franco, le général des armées de dieu envoyé pour pourfendre les forces de satan (les républicains).
      Pourquoi alors s’étonner de leur action en justice ?

  • Anonyme

    Si une organisation comme l’Opus Dei ne trouve pas le bouquin a son gout, et bien qu’il ne l’achète pas.

    En faisant un procès, ils se couvrent de ridicule, et ils font une publicité gratuite au bouquin.

    Pour Noel, offrez le « Camino 999 ».............

  • Anonyme

    J’aime beaucoup la petite note en bas de l’article.

    Merci Monsieur Artus

    A bas la calotte

  • moguerou
    • Posté à 11h16 le 10/11/2007
    • Internaute 12815

    Je reprends les termes entre guillemets de l’article « mêler le faux et le vrai ». Si l’opus dei veut attaquer tout l’ouvrage il attaque non seulement ce qu’il estime faux et l’imaginaire mais aussi « ce qu’il estime le vrai ». Bravo

    • Anonyme répond à moguerou

      C’est justement parce qu’il y a un fond de vérité que la radasse prend la mouche.

      S’il ceux qui ont porté au pouvoir les Franco, Pinochet et autres Salazar n’avaient jamais versé dans les magouilles politico-financière, l’Eglise aurait presque raison de les canoniser.

    • Anonyme répond à moguerou

      C’est justement parce que c’est vrai que l’octopus déi, cette vieille radasse, prend la mouche.

    • Anonyme répond à moguerou

      C’est justement parce que c’est vrai que l’octopus déi, cette vieille radasse, prend la mouche.

  • Anonyme

    Je réïtère : la religion rend c... ! MDR

    • Anonyme

      Une insulte n’est jamais un argument !
      L’Opus Dei, tous les catholiques progressistes (eh oui, ça existe !)savent que c’est une secte dangereuse et s’en méfient. L’approbation par Rome et la béatification de son fondateur sont pour nous un pur scandale.. ; mais ce qui arrive du Vatican nous révolte mais ne nous étonne plus : depuis la fin du règne de Paul VI et encore plus sous ses successeurs, les avancées formidables du Concile Vatican II sont de plus en plus enterrées !
      Nous, nous faisons Eglise autrement !
      Edith Kuropatwa,
      membre du Réseau « Pavés » (Pour un Autre Visage d’Eglise et de Société), affilié au Réseau européen « Eglises et Libertés » et au Réseau international « IMWAC » (International Movement We Are Church).

  • Anonyme

    L’issue de ce procès en dira long sur la liberté d’expression en France. A savoir si les membres cooptés d’un cercle d’influence d’obédience intégriste et outrancier peuvent toujours intimider les gens pour les contraindre à penser « comme il faut ». Et si le spectre d’un nouvel ordre moral risque de nous ramener aux pages les p lus sombres de l’histoire, quand des salopards ont encouragé le recours à la torture contre des civils innocents. Tout ça pour assouvir leur soif de domination.
    Et qu’on ne vienne pas me dire que la secte est désormais inoffensive au seul prétexte qu’elle ne fait plus l’apologie du fascisme, et que ses membres - des notables - sont des gens « bien comme il fazut ». La bête immonde est toujours là, tapie dans l’ombre. Que revienne un régime d’exception, en profitant de la frénésie causée par une guerre ou par le terrorisme, et la secte montrera encore une fois de quoi elle est capable.
    A ce qu’il parait, ils ont des appuis très haut placés. On verra bien si la justice française aime se faire noyeauter. En tous cas, l’absurdité de cette assignation dénote de leur fatuité. Je trouve vraiment très osé le fait qu’ils n’aient pas pris la peine d’identifier les passages incriminés. Peut-être parce qu’ils savent que l’ouvrage, tout en étant de la fiction, est bien documenté. Il n’y a que la vérité qui blesse. Surtout les gros hypocrites !

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