Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Bénier-Bürckel : « Ecrivain. Pas chanteur ni playmate »

Publié le 02/09/2008 à 15h07

En 2005, il avait subi les affres d’un procès, de la calomnie et du scandale général. C’était pour « Pogrom ». Maudit, grillé, Bénier-Bürckel ? Avec « Le Messager », un de nos coups de cœurs de cette rentrée, il prouve que non. Il prouve aussi qu’il est un des jeunes romanciers français les plus philosophiquement brillants.

Rappelez-vous, c’étaient les années 2002-2005. Le pouvoir français se piquait d’être en mesure d’intervenir sur la fiction que la société générait. C’était le temps de Dominique Perben et les livres des anciens taulards. Le temps où Nicolas Sarkozy, durant son premier séjour place Beauvau, s’était demandé s’il ne fallait pas intervenir sur « Rose Bonbon », coupable d’apologie de pédophilie. Avant de reculer.

Plus tard, en 2005, après deux romans déjà bien corrosifs sur l’inconscient français, Eric Bénier-Bürckel se verrait poursuivre par le ministère public pour « pour provocation à la haine raciale et religieuse, injure publique à caractère racial, atteinte à la dignité humaine et diffusion d’un message pornographique susceptible d’être vu par des mineurs ».

Débusquer l’antisémite, l’homophobe et le sexiste

Dans un roman au titre salé, « Pogrom », publié chez Flammarion, il campait un personnage comme il y en a, malheureusement, en France : homophobe, sexiste, antisémitisme et antirépublicain. Mais, ce faisant, il le traquait, il le débusquait. Fort étrangement, des hommes aussi lettrés que Olivier Rolin ou Bernard Comment (éditeur au Seuil) avaient lancé un appel contre le texte. Le buzz négatif était parti, la calomnie lancée.

L’auteur, provocateur littéraire revendiqué, allait être grillé. On se demandait bien, alors, pourquoi Houellebecq, puis plus tard Littell, n’étaient pas, eux, juridiquement attaqués. Mais bon. Dans la vidéo ci-dessous, Bénier-Bürckel, totalement relaxé en novembre 2006, rappelle, et commente. (Voir la vidéo)



Le livre des Livres

Depuis, Bénier-Bürckel est parti vivre à Nice, où il est prof de philosophie, entre autres dans un lycée technique. L’éditeur Eric Naulleau, qui l’avait soutenu lors du procès, le publie maintenant à L’Esprit des Péninsules –on précisera que Flammarion n’a en aucune façon congédié Bénier-Bürckel.


Jaquette du ’Messager’ (DR).

Après un plaidoyer plein de colère (« Un peu d’abîme sur vos lèvres » en 2007), le jeune (né en 1971) romancier revient avec ce qu’il qualifie lui-même de « première incursion dans l’imaginaire » : « Le messager ». Un des romans les plus singuliers de cette rentrée littéraire française.

Il s’agit d’un conte. Il s’agit d’une errance. Une quête de sens et d’absolu. Celle d’un homme qui « émerge de l’ombre, une pile de gros livre sous chaque bras », « vêtu d’un costume sombre », « il a l’air d’un fonctionnaire sans âge égaré et anachronique ». Le paysage semble détruit, et seule la nature y survit : plantes, eau, arbres semblent avoir gagné le combat entre l’homme et la nature.

Et la Culture cherche sa voie. L’homme (il en reste, semble-t-il, quelques-uns) est un rampant, un « mollusque ». Ici, tout est « chagrin, fatigue et souffrance ». L’errance dure des années, que Bénier-Bürckel reconstitue en un livre. Un livre sans histoire, mais avec un thème. En littérature, le thème emmène l’histoire, de même que les personnages font l’histoire -et non l’inverse.

Notre « mollusque » est quelqu’un qui a oublié qu’il avait su parler, lire. « Il a atteint les limites du langage que rejoint une terre sans définition où parler ne sert plus à rien », « prendre la parole dans cette solitude serait aussi dérisoire et insensé que de vouloir poser du papier peint sur le néant ». Il a « le regard sans aucun contact avec l’intelligence ou la pensée ». Mais il arrive qu’il croise « un homme ou quelque chose d’approchant, et il ne connaissait pas son nom pas plus qu’il ne connaissait le nom des choses ». Ce sera alors la prédation, la baston, la lutte pour survivre. Et protéger ce qu’il porte. Des livres.

Le livre justement, c’est l’objet de la quête. Pour le « mollusque » comme pour l’auteur. Lorsque le « mollusque » veut se poser, il ouvre ses livres. Et il y découvre, sans même s’en apercevoir,… ses propres pérégrinations. Comme une parodie d’auto-fiction française…

D’autre fois, notre homme… plante ses livres, et des arbres en naissent, qui eux-mêmes portent d’autres livres ! Plus loin, ses livres lui serviront de pont, de missiles. Plus tard, il construira une tour et s’en proclamera l’empereur.

C’est alors que, chemin faisant, le conte de Bénier-Bürckel prend tout son sens. Voici un livre qui veut montrer tous les sens du livre : violence, délire psychique, Tour de Babel, pont entre les cultures, détruction, cultures incessantes de connaissances, utopie, inconnu, le Mal, le Bien.



Un texte bienvenu à l’heure du Kindle

« Le Messager » est assez sec, assez tendre et assez court pour trouver un public chez les passionnés de littérature mais aussi chez tous les amoureux du livre. L’histoire n’a pas de sens rationnel, pas plus que lire ou écrire un livre n’a, en soi, d’utilité rationnelle. C’est pourquoi « Le Messager » est plein de signifiants.

Le « Mollusque » est un être qui est en pleine « rebirth », au sens « new age » du terme. Cette « renaissance », c’est peut-être celle qu’a vécue Bénier-Bürckel. C’est peut-être la nôtre, quand, demain, nous lirons les romans non plus sur un livre mais sur un e-book. Une nouvelle appréhension.

C’est, d’ailleurs, ici que le livre de Bénier-Bürckel trouve sa direction ultime, et qu’il emporte les suffrages : avoir composé un livre sur toutes les utilisations du Livre, à l’époque où arrive un Kindle que peu d’entre nous maîtrisent, voilà qui vaut son pesant de signifié.

D’une certaine façon, « le Mollusque », c’est nous. Comme, dans « Pogrom », « l’Inqualifiable », c’était nous. En lisant « Le Messager », on en peut que penser à Beckett et à « La Route » de McCarthy. A Pink Flyod et à « Stalker ». Aux Residents et à Buster Keaton.



Le Messager d’Eric Bénier-Bürckel - L’Esprit des Péninsules - 219p. - 19,90€ - tirage à 5000 ex. - en librairie le 4 septembre.

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  • Naïva
    • Posté à 18h37 le 02/09/2008
    • Internaute 36074

    Bénier-Bürckel m’était jusqu’à présent inconnu mais je vais courir acheter son livre. Il devrait tenir une chronique dans Siné Hebdo.
    Notre pays est vraiment gangréné : notre liberté de parole, de penser et même notre imaginaire, tout doit être censuré, formaté. Comment se fait-il que personne ne se révolte et pire que beaucoup approuvent tous ces contrôles permanents au nom d’une sécurité imaginaire.
    On peut toujours nous parler du manque de liberté en Chine !

  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 18h45 le 02/09/2008
    • Internaute 29241
      Observateur.

    Je suis perplexe. D’ abord par le choix d’ E. Naulleau d’ éditer Bénier-Bürckel : on pourrait citer en vrac nombre de phrases prononcées ici gravement par l’ auteur du Messager tout aussi creuses et pleines d’ apories que celles des auteurs démontés et moqués par Naulleau dans ses pamphlets. Mais il y a bénéfice du doute puisqu’ il s’ agit de paroles et non d’ écrits (que Bénier-Bürckel semble mettre sur le même plan si on l’ écoute attentivement : l’ écrit est de la parole et inversement, ce qui est plutôt étrange pour quelqu’ un qui se soucie DU livres ). Ce qui m’ amène au second point : il est de plus en plus fréquent qu’ un auteur nous parle de son oeuvre non pas comme un faiseur (comme Flaubert dans sa correspondance) mais comme un exégète qui est à la fois juge et partie de ce qu’ il écrit, auteur et critique, écrivain et récepteur. Après tout, pourquoi pas ce dédoublement : sauf que bien souvent, le livre vient après le beau projet théorisé sous le fardeau des références (lisons directement Beckett en ne touchant pas aux Fleurs de tarbe) comme une démonstration pénible qui n’ est pas de la littérature tout simplement parce que le livre se réduit à un habillage laborieux et artificiel d’ une thèse préconçue en dehors de la forme littéraire : les années 50 et 60 nous ont abreuvées de ce genre de littérature souvent métaphorique et souvent le fait de philosophe (comme le théâtre oublié et lourdingue de Sartre) Et puisqu’ on se plaint du nombre des livres, si on ignorait les livres inutiles en allant directement à l’ essentiel ? Ici, à Maurice Blanchot qui a tout dit et bien dit ce que Bénier-Bürckel peine à nous expliquer et sûrement à écrire.

  • Wiecha
    • Posté à 19h40 le 02/09/2008
    • Internaute 29218

    Je ne vois pas le rapport avec l’affaire Sine, et cette propension à tout classer sous l’angle « atteinte à la liberté d’expression “, est malsain, et dangereux pour ses véritables défenseurs.

    Ici, si je ne m’abuse, on parle d’un personnage de roman, qui est antisémite et raciste, et d’un auteur poursuivi pour avoir crée ce personnage. Un peu comme si on avait interdit ‘La Mort est mon métier de Merle.

    Sine n’est pas un personnage de roman, que je sache et ses propos, c’est lui qui les tient. On peut en penser ce qu’on veut, je n’engagerai pas le débat dans la mesure ou cela entrainerait huit pages de commentaires, la défense de ce mec même pas drôle étant apparemment la mode du moment.

    A la limite, la comparaison avec Dieudonné et son sketche pourrait tenir, dans la mesure ou il mettait en scène un personnage. Reste que Dieudonné s’est aussi exprimé de manière clairement antisémite en disant je’.

    Le seule comparaison avec Sine, finalement, c’est cette bien étrange propension, ces derniers temps à courir acheter les bouquins ou les journaux dès lors qu’ils sont soupçonnés à tort ou à raison d’antisémitisme ou de racisme,. C’était déjà le cas avec Houellebecq, d’ailleurs.Drôle de critère, mais enfin, l’odeur du souffre à peu de frais j’imagine...

    • totolehéros
      totolehéros répond à Wiecha
      prof
      • Posté à 21h27 le 02/09/2008
      • Internaute 52046
        prof

      Dieudonné ne s’ est jamais exprimé clairement antisémite puisqu’ il ne l’ est pas, comment peut on mentir aussi délibérément ? !

      • zecky
        zecky répond à totolehéros
        • Posté à 09h57 le 03/09/2008
        • Internaute 3976

        Les mêmes qui ont étiqueté Dieudonné anti-sémite, ont visiblement autant de mal avec un spectacle caustique qu’avec un roman, qui dénoncent tous 2 les extrémismes.
        Messieurs les censeurs, si vous souhaitez protéger la population juive de France, poursuivez les anti-sémites, pas les anti-sionistes. Ce grossier amalgame rend votre action ( partie d’une bonne intention j’imagine) contre-productive.
        Ecoutez ceci : Lien

        Totolehéros, ils pensent pas mentir, il répètent en toute bonne fois ce que les médias ressassent.

        Parlez plutôt de la tribune de Redeker dans le Figaro...

        Journalistes français, vous êtes la honte de la France. Du troufion au rédac-chef prenez vous responsabilités. Votre personne et votre confort est négligeable face aux inepties distillées dans la société.
        Mimez Emmanuel Todd ou Serge Garde, si vous avez oublié en quoi consiste votre travail.
        Ne soyez plus complices...

        La démocratie n’a plus aucun sens si l’information est homogène et tronquée. Comme toutes les conclusions basées sur des faits inexactes.

         
        • totolehéros
          totolehéros répond à zecky
          prof
          • Posté à 10h29 le 03/09/2008
          • Internaute 52046
            prof

          d’ accord mais parfois il faut secouer fort pour faire réagir, de plus accuser qq de racisme c est grave, cela suppose un minimum de vérifications personnelles.
          Or le ton du texte laissait entendre une capacité de recul, visiblement pas vis à vis de Dieudonné...

          Or ce dernier est tout sauf un raciste, et j’ avoue j ’ en ai assez que les gens, particulièrement en France se laissent enfumer par la clique pseudo-intellectuao-mediatico-politique qui dicte une morale à géométrie variable..

        1 autres commentaires
      • raskolnikov
        raskolnikov répond à totolehéros
        simple citoyen
        • Posté à 11h44 le 09/09/2008
        • Internaute 51929
          simple citoyen

        DieuDonné n’a même pas eu l’occasion de s’exprimer alors que tout le monde s’exprime raciste ou pas et que le lecteur tire lui même les conclusions .Pourquoi doit-on décider à la place du lecteur qui est qui .Dan ce cas on n’a plus qu’a voter à ma place .La liberté d’expression est justement là pour permettre au public de comprendre et de se fairte une idée

  • sam09
    • Posté à 20h45 le 02/09/2008
    • Internaute 783

    Quant des cathos prétendent que Marie était Vierge, on leur rit au nez, et on a raison.
    Quand on lit les recommandations des ayatollahs en matière de sexualité, c’est à se pisser dessus.
    Quand des juifs revendiquent une terre sous prétexte que Dieu leur a promise, il ne faut plus s’insurger ni se foutre de leur gueule sous-peine d’être taxé d’antisémitisme et de se faire envoyer aux tribunaux. Pourtant, l’argument est du même acabit : une couillonnade religieuse visant à servir certains intérêts.

    C’est devenu de l’inquisition. Mais les inquisiteurs devraient se méfier, ils trouveront des gens de bonne foi et de culture juive au bout de leurs index.

  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 20h50 le 02/09/2008
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    j’aime bien ta chronique, hubert, peut-être bien qu’un jour j’arriverai à relire de la littérature française...

  • Wiecha
    • Posté à 23h27 le 02/09/2008
    • Internaute 29218

    « Quand des juifs revendiquent une terre sous prétexte que Dieu leur a promise, il ne faut plus s’insurger ni se foutre de leur gueule sous-peine d’être taxé d’antisémitisme et de se faire envoyer aux tribunaux. Pourtant, l’argument est du même acabit : une couillonnade religieuse visant à servir certains intérêts. »

    Auriez vous l’obligeance de me dire le rapport entre cette phrase, l’article et les commentaires ?

    J’entends souvent en ce moment qu’on ne peut plus parler d’Israel, sans être taxé d’antisémitisme, bizarrement sur le net j’ai plutôt l’impression du contraire. Plus possible de parler d’antisémitisme sans avoir droit au couplet sur Israel, et l’« inquisition “.

    Cher Monsieur l’‘Inquisition , c’est quand le moindre propos vous vaut la torture et le bucher, un peu de retenue dans le délire de persécution. Quand on se prétend antisioniste, on pense à ce que vivent les déserteurs de l’armée israelienne, ou les Palestiniens qui manifestent contre le Mur, et on garde raison quand on pianote peinard sur son ordi et qu’on risque tout au plus un proçès même quand on est clairement antisémite ( comme le dit Dieudonné lui même, ça lui fait d’ailleurs une pub incoyable et ça remplit la salle, comme quoi l’Inquisition...).

    A part ça on parle d’une réalité : le fait que désormais des romans soient attaqués pour leur contenu. Bref que désormais non seulement l’imagination ne soit plus au pouvoir mais qu’elle soit réprimée par le pouvoir.

  • Rastakouer
    • Posté à 02h04 le 03/09/2008
    • Internaute 18978

    De plus, interrogez-vous sur ce qui justifie l’appartenance d’une terre à une communauté particulière.

    Dieu ? L’Histoire ?

    Non, à mes yeux, la seule chose qui garantit l’appartenance d’une terre à un peuple en particulier, c’est la volonté de ce peuple de se battre pour se l’accaparer et la garder. Les frontières se dessine dans le sang ou dans la négociation. Pas besoin d’exemple j’imagine...

    En cela Israël existe puisque Israël a fini par conquérir ses terres. En cela la Palestine existe, puisque les palestiniens se battent pour avoir un pays aux frontières cohérentes et respectées.

    Les religieux qui invoquent la bible pour justifier de l’existence nécessaire d’ Israël sont des cons finis. Les antisionistes qui invoquent l’injustice de la situation vis à vis des palestiniens pour appeler à la dissolution de l’Israël, sont tout aussi cons. Je le redis, les frontières sont à ceux qui les font. Israël a été attaqué au lendemain de sa création par une coalition de cinq pays. Elle a gagné la guerre avec le soutien des USA. En gagnant cette guerre, elle a gagné le droit d’exister.
    A la Palestine maintenant d’utiliser toute forme de pression pour arriver à la création d’un véritable état palestinien. A la Palestine de forger ses frontières. Je pense qu’elle le pourra dés qu’elle cessera d’attaquer des civils. Une résistance organisée contre l’armée israëlienne (et uniquement contre l’armée) est la seule manière de finir par être respecté.

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Rastakouer
      Rue89
      • Posté à 02h53 le 03/09/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      @TOUS : s’il vous plait, recentrons les débats. Pour opportun que soit celui que vous vous faîtes, il ne concerne pas le sujet de l’article...
      merci de votre attention.

  • marta
    marta
    luciole
    • Posté à 08h07 le 03/09/2008
    • Internaute 48283
      luciole

    en lisant les commentaires je me demande si leurs auteurs ont lu le livre de Eric Bérnier-Bürckel, s’ils ont lu attentivement l’article de Hubert Artus et bien visionné et écouté les vidéos qui le complètent ; personnellement, je ne connais pas cet auteur mais j’ai bien l’intention de le connaître après avoir lu l’article et entendu ce que l’écrivain dit au cours de l’entretien vidéo

    pourquoi chercher tout de suite, et avant tout, à l’attaquer et à le démolir, au lieu de trouver d’abord ce qui est positif et intéressant dans sa manière d’exposer et de dire ce qu’il à dire au moyen de l’écriture ?

    pourquoi se lancer tout de suite dans des commentaires qui se veulent, ou parfois sont, du domaine de la politique teintée des remarques tout à fait personnelles et souvent sujettes à caution ?

    ici, il n’est question que de littérature, du travail d’un écrivain qui plaît ou ne plaît pas, chacun a ses goûts et ses préférences dont il répond lui-même, et il me semble qu’il faudrait qu’il les laisse en sourdine pour pouvoir s’exprimer objectivement sur le sujet ici présenté : un livre, son auteur, son cheminement, sa quête de la parole et de l’écrit

    dans les vidéos, Eric Bérnier-Bürckel me fait l’agréable impression d’un homme lettré dont les goûts littéraires relèvent de ce que l’on pourrait appeler « des livres graves », de la famille de ceux qui incitent à la réflexion et au questionnement une fois après avoir été lus ; le silence qui parle auquel, si je ne me trompe pas, se refère Eric Bérnier-Bürckel ; et, j’ajouterai aussi, que cet écrivain est bien quelqu’un avec qui j’aimerais passer un long moment de discussion sur les livres et sur le travail de l’écrivain

    merci Hubert Artus

  • zecky
    • Posté à 11h19 le 03/09/2008
    • Internaute 3976

    Le licenciement de Richard Labévière, rédacteur-en-chef à Radio France Internationale (RFI) est’il hors sujet (si on considère que ce n’est pas de la censure), symptomatique (si l’on connaît son esprit critique), diagnostic (si l’on connaît ses positions) d’une politisation de l’audiovisuel ?

    Tout acteur médiatique ne chantant pas en choeur la manichéenne pensée unique a la « langue coupée ». C’est la raison pour laquelle 47% des américains n’avaient jamais entendu parlé de la WTC7 et qu’en France encore moins.
    Je vous invite à contredire ces informations avec des faits, merci.

  • zecky
    • Posté à 11h37 le 03/09/2008
    • Internaute 3976

    Marta et Wiecha : ce « jeune » auteur nous est présenté pour la qualité de ses ouvrages ET aussi parce je cite H.Artus : « En 2005, il avait subi les affres d’un procès, de la calomnie et du scandale général. C’était pour “ Pogrom ”. ».
    Qu’est ce ? Une tentative de rendre justice ? De la censure ? De l’OBSCURANTISME ?

    Discuter du livre en éludant cet aspect c’est (à mon sens) nier « un livre, son auteur, son cheminement, sa quête de la parole et de l’écrit ».

    2 questions : -Wiecha qui parle de risquer « tout au plus un procès », a t’il déjà été poursuivi en justice ? Si non, Bénier-Bürckel pourrait lui en parler.
    -les intellos riverains connaissent’ils « l’affaire Vervloesem », le gendarme Roussel, Serge Garde ? Leurs livres ? La pression qu’ils subissent ?

    NB : Excusez moi d’avance si le contenu de mes posts vous semble hors-sujet.

  • Wiecha
    • Posté à 13h04 le 03/09/2008
    • Internaute 29218

    Pour en finir et puisqu’il faut désormais un pedigree de « repris de justice “ pour pouvoir parler, oui j’ai déjà été poursuivie en justice, et on n’est pas totalement dans le hors sujet, puisqu’il s’agit effectivement d’une atteinte à la liberté d’expression, en l’occurence un procès toujours encours intenté par François Chérèque et la CFDT , pour avoir qualifié la CFDT de ‘vendus au MEDEF’ lors d’une manifestation publique”.

    Je n’en fais pas tout un plat, c’est grave, mais c’est après tout une tradition bien française, qui n’a rien à voir avec Israel, ou je ne sais quoi.

    Faudra-t-il rappeler Baudelaire, et Flaubert, et tant d’autres ? La France bien pensante a toujours eu cette minable réaction devant l’imagination talentueuse, devant la fiction si bien écrite qu’elle devient réelle parce que chacun peut s’identifier, reconnaitre sa propre médiocrité, ses petites lâchetés et trahisons mise à nu par un personnage fantôme.

    Quant à être trainés dans la boue par la critique, éreintés par des ministres, tout romancier sincère s’en félicité, c’est la preuve qu’il a touché juste, quand les critiques lénifiantes des “professionnels de la littérature ‘ sont généralement le signe qu’on ne dépassera pas ce cercle de lecteurs là

    Le scandale est au moins une forme de reconnaissance pour le romancier : je pense qu’il est encore plus difficile d’être simplement ignoré, je pense notamment à des très grands comme Andrevon et les autres représentants d’un courant qu’on a commodément classés sous la rubrique science fiction : comme ça on réserve à un pan entier de la littérature de critique sociale, les rayons jeunesse ou ados attardés des bibliothèques, un ghetto dont la plupart ne parviennent pas à sortir. Le silence médiatique est bien souvent une arme plus efficace que le scandale pour désarmer la critique.

    • zecky
      zecky répond à Wiecha
      • Posté à 15h13 le 03/09/2008
      • Internaute 3976

      Relis mon message, je n’ai jamais déclaré : « qu’il faut désormais un pedigree de “ repris de justice ‘ pour pouvoir parler’.
      J’ai simplement repris ta minimisation du fait judiciaire(‘qu’on risque tout au plus un proçès’ ce sont tes mots). Le pire étant le procès d’un innocent, le temps judiciaire de l’acquittement (quand il a lieu) ne se superposant pas forcément avec le temps médiatique et l’opinion publique.

      1) Ne mélange pas tes attaques, (qui sont peut-être fondées) avec un roman ou un sketch !

      2) De toutes les accusions contre Dieudonné portées par les extrémistes de tous poils (dont le FN), lesquels ont retenu l’attention des français ? Ceci est du à quoi ? Pourquoi H.Artus ouvre t’il son article comme ça et poursuit il en gras : ‘Débusquer l’antisémite, l’homophobe et le sexiste’ ?

      3) La relecture de Baudelaire, Voltaire devrait te permettre de t’indigner quand un romancier,(ou un comique) est trainé dans la boue non pas par les critiques littéraires mais judiciaires.

      4) Tu parles de ‘reconnaissance’ ? J’ose espérer que les écrivains passés, présents et futurs écrivent pour autre chose.

      Sous couvert de cette tradition française devons nous participer au lynchage, ou détourner les yeux ?
      Visiblement ‘le silence médiatique’ autour de Dieudonné n’a pas ‘désarmé(er) la critique’...

      PS : Intéressez vous à Vervloesem, le gendarme Roussel, Serge Garde,Diane et Charles Roche, WTC7, Jean-Charles de Menezes etc... Combler l’ignorance est le premier pas contre l’obscurantisme.
      Bonne chance pour ton procès Wiecha, ce n’est jamais agréable.

  • Pouffpouff
    Pouffpouff
    En activité
    • Posté à 13h43 le 03/09/2008
    • Internaute 27937
      En activité

    J’avais acheté en son temps Pogrom et avoue n’avoir jamais pu le lire jusqu’au bout. Trop répugnant.

  • zerbihancok
    zerbihancok
    sans emploi
    • Posté à 18h16 le 03/09/2008
    • Internaute 52130
      sans emploi

    C’est qui le parrain du fils de Dieudonné déjà ?

    • zecky
      zecky répond à zerbihancok
      • Posté à 19h27 le 03/09/2008
      • Internaute 3976

      Du fils, je ne sais pas.
      Mais le parrain de sa fille c’est Jean-Marie Le Pen, un homme à l’idéologie politique aussi haineuse que détestable à mon sens.

      Pousser des cris de vierges effarouchées ne nous dispense pas d’analyser un coup de provoc d’une personne rayée du paysage audiovisuel français. Dieudonné s’est opposé physiquement au FN et racistes de tous bords.

      Attention à la confusion entre le personnage et l’auteur. (comme pour « Pogrom », voila la boucle est bouclée)
      Attention aux propos rapportés ou prêtés.

  • Wiecha
    • Posté à 19h30 le 03/09/2008
    • Internaute 29218

    Relisez mes messages

    J’ai réagi suite à un message qui évoquait l’affaire Siné en l’assimilant à celle-ci : et j’ai dit qu’il y avait une différence entre attaquer le contenu d’un discours tenu par une personne REELLE et vouloir interdire une oeuvre d’imagination pure, pour les propos tenus par ses personnages.

    Je n’ai pas minimisé les conséquences d’un proçès : je les ai ramenés à leur juste mesure, parce que les références à l’« Inquisition “ me font bien rigoler et qu’il faut savoir raison garder. Personnellement je n’estime pas que la justice soit une manière de régler les débats dans un sens ou dans l’autre. Par contre, la défense de la Liberté d’Expression tant en vogue en ce moment me parait une forme d’ultra libéralisme : on fait comme si tout le monde était égal devant cette liberté,comme si les mots n’étaient pas une arme de destruction massive. Sauf que l’extrême droite, notamment a les moyens de ses proçès, les moyens d’envahir l’internet aussi, et que les appels à la haine ont des effets bien concrets qui réduisent la liberté de ceux qui en sont victimes

    Moi, ce que je vois, c’est que les Juifs s’en prennent plein la poire sur le net, et que le déferle ment de commentaires antisémites ou ‘antisionistes de pacotille sur le grand Complot sont au moins aussi douloureux qu’un proçès à vivre au quotidien.

    Quand à la reconnaissance, beaucoup d’écrivains des plus talentueux n’en font pas leur priorité, cela dit écrire dans le silence et la précarité est un exercice dont ils se passeraient bien.

    Quant à Dieudonné, je n’engagerai pas le débat ici, chacun peut se faire une idée de son antisémitisme en lisant ses textes et ses interventions, et après ses petits canulars’ avec Jean Marie Le Pen, Alain Soral et consorts, chacun peut aussi juger de la sincérité de son engagement aux côté des ex colonisés .

    • zecky
      zecky répond à Wiecha
      • Posté à 01h50 le 04/09/2008
      • Internaute 3976

      Critiquer la politique du gouvernement :

      -Français ne fait pas de moi un anti-Français ou anti-patriote

      -Américain : ne me transforme pas en anti-américain primaire

      -Turc : peut se faire sans être un xénophobe islamophobe

      -Chinois : sans aucun ressentiments envers les chinois

      -Israélien sans avoir la moindre haine envers les Israéliens.
      TOUJOURS DISTINGUER POPULATION ET GOUVERNEMENTS
      ET CE QUELQUE SOIT LA RELIGION.

      L’ anti-sionisme, ou l’anti-colonialisme israélien est une position politique manichéenne mais pas illégale. Condamnable quand elle conduit à l’amalgame juif/colons. Mais je suis désolé de te rappeler qu’il existe des Israéliens qui critiquent la politique sioniste menée depuis 15 ans et qu’on peut difficilement les taxer d’être anti-sémites.

      Les artistes sont sensés avoir plus de libertés dans leurs fictions que nous dans nos propos réels.

      Je regrette comme toi de voir les internautes faire un déni d’intelligence et de mémoire en tenant des propos haineux et stupides, mélange de l’antisémitisme du début du XXe siècle et de l’anti-sionisme primaire moderne (qui cherche une justification politique à sa haine tout aussi primaire).

      L’opposition des hommes sur des bases religieuses est la plus grande manipulation de l’humanité.

      Veuillez excusez le fait que mes commentaires soient tout simplement hors sujet.

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 02h36 le 04/09/2008
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    Je n’ai pas tout lu, je ne le connais pas mais j’en profite pour dire mon sentiment d’exaspération concernant l’antisémisitisme. On en a tout le temps, à tous les coins de rue. On nous ausculte, on scrute nos sourires au sketchs de Dieudonné, bref on nous formate suivant la pensée unique et j’ai horreur de ça !

    Je précise que je ne suis pas anti-humain mais comme Dieudonné, anti-communautariste. Je défends la notion d’humanité comme lui. Tien sje vais aller me faire un sketch sur le ouéb. A+

    Et merci pour cette chronique de lecture qui est indispensable. Pour les non culturés comme moi,et qui aime lire pourtant , il est indispensable que je connaisse les nouveautés, les auteurs et les philosophes du moment. Et puis j’aime bien les billets du chroniqueur de ce blog : o)

  • 2eme-round
    2eme-round
    consultant en stratégie et (...)
    • Posté à 21h12 le 07/09/2008
    • Internaute 12221
      consultant en stratégie et (...)

    Vous achetez des livres, répondez à mes 6 questions

    Si vous achetez des livres, peu importe le nombre et l’endroit où vous effectuez vos achats, prenez une minute de votre temps pour répondre aux 6 questions de mon enquête. Bien sûr tout ceci est anonyme et parfaitement indolore.
    Pour le faire, ayez la gentillesse de recopier l’adresse suivante dans la barre de votre navigateur : Lien

    Je publierai les premiers résultats sur ce blog dès la fin de la semaine prochaine. N’hésitez pas à solliciter vos amis et les amis...

    Merci.

  • suissa
    suissa
    lyonnais
    • Posté à 23h40 le 09/09/2008
    • Internaute 51574
      lyonnais

    slt à tous

    Je viens de créer un blog :
    Lien
    Bonnes lectures

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