Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Booker Prize 2008 : les Anglais osent ce que n'ose le Goncourt

Publié le 10/09/2008 à 11h45

Le Booker Prize est le prix littéraire le plus côté outre-Manche, et son lauréat est assuré de confortables ventes et d’une bonne dose de renommée internationale.

Crée en 1969, de son vrai nom Man Booker Prize for Fiction, il récompense les romans rédigés en Anglais par un auteur issu du Commonwealth, de l’Irlande, de L’Afrique du Sud ou du Pakistan.

L’auteur le plus récompensé à ce jour est Salman Rushdie : Lauréat du Prix en 1981 pour « Les Enfants de minuit », il le remporta ensuite à trois autres reprises (« La Honte », « Les Versets sataniques », « Le Dernier Soupir du Maure »). « Les Enfants de minuit » remportait le Booker of Booker en 1993, puis le Best of the Booker (le superbanco) en juillet dernier.

Mais Rushdie n’aura pas le Booker 2008. Son nouveau roman, « L’enchanteresse de Florence » (parution le 2 octobre en France ; nous avions rencontré Rushdie, à Londres, en juillet dernier, et vous en parlerons alors) a été évincé de la deuxième sélection, annoncée hier. Une sélection qui fait la part belle aux auteurs très peu connus, et a sorti deux stars britanniques : Rushdie, donc, et Tom Rob Smith. A noter également qu’aucun éditeur ne se détache vraiment.

Il se passe donc au Booker l’inverse de ce qui s’est passé au Goncourt hier.

Le Booker 2008 sera décerné le 14 octobre.

La deuxième sélection :

  • Le tigre blanc (The White Tiger), de l’Indien Aravind Adiga (Atlantic ; traduction française à paraître le 11 septembre chez Buchet-Chastel).

  • The Secret Scripture, de l’Irlandais Sebastian Barry (Faber)

  • Sea of Poppies, de l’Indien Amitav Ghosh (John Murray)

  • The Clothes on their Backs, de la Britannique Linda Grant (Virago)

  • The Northern Clemency, duy Britannique Philip Hensher (Fourth Estate)

  • A Fraction of the Whole, du Britannique Steve Toltz (Hamish Hamilton)
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  • le soudanais
    le soudanais
    ici et là
    • Posté à 18h09 le 10/09/2008
    • Internaute 16438
      ici et là

    Le Goncourt ne veut strictement plus rien dire, alors que le Booker, souvent est gage de qualité.

    La mention « short-listed for the Booker Price » attire systématiquement mon œil et ma dernière et heureuse surprise a été « The reluctant Fundamentalist », un petit roman qui se déroule entre le Pakistan et New-York.

    La littérature anglophone a réussi à englober l’ensemble des auteurs qui écrivent en Anglais et leur permet une diffusion considérable, qui va bien au delà des frontières Indiennes, Pakistanaises, Nigérianes ou même Japonaises !

    La littérature francophone me semble-t-il manque d’audace, d’originalité et les thèmes traités sont souvent les mêmes... Il faut sortir du carcan Parisien, s’ouvrir plus au monde... J’ai bien peur qu’un Rusdhie n’ait pas réussi à se faire publier à Paris... Vivement que son dernier roman sorte en paper back... Début 2009 d’après mon libraire...

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à le soudanais
      Rue89
      • Posté à 20h28 le 10/09/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Vos propos sont justes, mais un peu défaitistes non ? Que faites-vous de l’entreprise de « Littérature-Monde en Français » lancée aux Etonnants Voyageurs en 2007 ?
      En outre, comme je l’écris ici, le prochain Rushdie, édité sans problème en France, paraît le 2 octobre chez Plon, cinq mois après sa parution dans les pays anglophones. Et non le 9 octobre.
      Pour les non anglophones, « paperback » signifie « poche ».

      • le soudanais
        le soudanais répond à Hubert Artus
        ici et là
        • Posté à 10h05 le 11/09/2008
        • Internaute 16438
          ici et là

        Je suis un peu défaitiste certainement ;) Seulement, rares sont les romans français qui ont une portée internationale, je trouve que bcp ont perdu ce côté universel qui fait passer un bon livre dans la catégorie chef d’œuvre ! Une grande partie de la production contemporaine doit être hermétique pour un lecteur non averti, trop de références sans doute.

        Sans doute également que les prix Français doivent changer la conception même de leur être. Je m’explique, ici et comme vous l’avez indirectement souligné, dès qu’une liste est publiée, on s’empresse de comptabiliser le nombre de lauréats par maison d’édition, comme si c’était là l’important ! Ce genre de vision est totalement réductrice et montre bien le poids de ces maisons d’édition et la vacuité de certains prix...

        Je ne connais pas l’entreprise dont vous parlez et je vais me renseigner, j’aime être surpris, et je dois avouer qu’en littérature francophone, les chocs sont moins fréquents qu’avec la littérature anglo-saxonne, qui traite une large palette de sujets et rares sont les livres qui se ressemblent, contrairement à une certaine tendance en France à ne montrer que certaines productions, on a eu la mode du « Je », et je ne sais quoi... Yasmina Khadra a eu des débuts intéressants, a réussi à s’extirper de la problématique algérienne, est passé à l’islamisme en général, au terrorisme, mais son revirement et son poste d’attaché culturel à l’ambassade d’Algérie à Paris m’a un peu déçu je dois avouer...

        Rushdie est publié en France bien entendu, je voulais juste dire que Salman aurait été Français, il aurait peut être eu plus de mal à avoir son second roman (Midnight Children/Les enfants de minuit) nominé pour le Booker Prize ou équivalent ! Son style de narration est tout simplement remarquable et sort du lot. Un des auteurs français qui a eu la même tendance à dynamiter l’ordre établi (de la narration), c’est Céline, et on se souvient de l’histoire du Goncourt justement pour Voyage au bout de la nuit ! Déjà en 1936 les prix manquaient d’audace... !

        C’est peut être stupide, mais il suffit de regarder les jaquettes des livres français et anglophones pour voir la différence, je trouve que ces derniers sont plus agréables à l’œil (sans parler du contenu bien entendu), surtout les poches, plus marketing sans doute mais plus beau (je sais que c’est strictement subjectif !), on a visiblement passé plus de temps à penser sa conception qu’ici. Les origines de ces différences de présentation sont-elles connues d’ailleurs, ça m’intéresserait !

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