Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

La revue Bordel et la rentrée littéraire : nouvelles de voyous

Publié le 17/08/2007 à 15h50


« hspace=

Parlons d’un genre peu prisé en France : la nouvelle. Qui, en cette rentrée, a voix au chapitre. Il convenait de faire le point sur une revue littéraire, qui cache en fait un recueil de nouvelles collectif : Bordel. Le thème unitaire de ce recueil sied parfaitement à cette rentrée 2007 : les voyous.

La nouvelle, c’est comme la poésie : tout le monde aime ça, mais bien peu en lisent. Plus exactement : on lit des nouvelles “ classiques” (par exemple, Maupassant, Carver ou Hemingway. Des maîtres. Certes, mais on lit peu de “ shorts stories” contemporaines. Cela paraîtrait presque élitiste. Tout comme pourrait paraître élitiste une revue de nouvelles, d’ailleurs.

Imaginez : une revue composée uniquement de nouvelles inédites. Nouvelles françaises. Une revue qui a un format (et donc un prix) de livre. Une revue vendue en librairie. Qui aurait été co-créée par Frédéric Beigbeder, à l’époque responsable éditorial chez Flammarion. Et qui, comble de l’inutile, s’appellerait “ Bordel” . Si cette revue existait, elle serait branchouille, snob, incompréhensible.

Cette revue existe.

Cette revue, c’est comme si la Star’Ac rencontrait l’Oulipo et les Beaux-Arts, avec de vrais tatoués par la vie et des rejetons un peu nantis de Paris. Bordel est certes branchouille, mais n’est ni snob ni inutile. Et constitue, avec la revue Inculte, le thermomètre expérimental d’une certaine jeune génération littéraire française.

Bordel, c’est trois ou quatre numéros, thématiques, par an. Et, un an avant la sortie au cinéma du film de Jean-François Richet sur Jacques Mesrine ( » L’ennemi public n°1 » , avec un casting titanesque), il est question de faire le point sur une figure devenue peu courante dans la fiction française : le voyou, donc.

Bordel, c’est une bande (plusieurs auteurs participent à chaque numéro, quel que soit le thème) et un ouvroir. Nous en parlons parce que, créée chez Flammarion, la revue est à présent publiée par un éditeur indépendant (qui n’est pas pour autant un « petit éditeur » ) : Scali. Et que le directeur de la revue est un énervé : Stéphane Million.

Nous en parlons aussi parce que certains auteurs de cette rentrée littéraire se trouvent dans le numéro voyou de cette revue : la jeune Barbara Israël et l’ex-Trust Bernie Bonvoisin, par exemple. Nous en parlons parce que la nouvelle du journaliste Denis Robert est un portrait au vitriol du milliardaire russe propriétaire du club anglais de Chelsea (on pourra lire en complément, sur Rue89, Secret, silence, solidarité : les trois piliers du foot business).

Parce que le texte « Le regard du voyou dans les films noirs » est une histoire politique de la figure du voyou, mais aussi du détective (figure trop solitaire pour être honnête, on le sait) dans les films et les romans noirs. Parce que le romancier-chanteur Jérôme Attal évoque la relation entre Mesrine et la chanteuse Barbara. Parce que Bonvoisin arrive à expliquer avec rage et précision la délinquance en col blanc à l’œuvre dans la politique irakienne de Bush.

Parce que, après les ennuis qu’a eu Eric Bénier-Bürckel pour « Pogrom » (procès pour un antisémitisme imaginaire intenté par Raffarin himself ; le Premier ministre fût débouté en 2006, mais l’affaire flingua la carrière du jeune auteur à son troisième roman), ce genre de revue est le meilleur moyen d’avoir de ses nouvelles, lui qui aurait dû devenir le meilleur antidote français à l’angélisme fréquent de la littérature française.

Nous en parlons même si ce numéro spécial voyous est légèrement racaille dans le prix : 24€. C’est que cet opus contient des histoires graphiques de Charles Berbérian (et son premier concert de David Bowie, pardon : de Ziggy Stardust) et de Castelbajac, ainsi que des photos de Philippe Perrin. Et qu’en parler revient aussi à évoquer le prix élevé du livre en France. Et du prix de la nouvelle.

Nous en parlons dans une interview de Stéphane Million : jeune éditeur chez Scali, il avait crée la revue avec Beigbeder chez Flammarion. Et est un des jeunes éditeurs parisiens à suivre :

Comment se fait le choix des auteurs, et des thèmes, pour chaque numéro ?

Il y a des auteurs qui sont là depuis le début de la revue : Jérôme Attal, Régis Clinquart et Bénédicte Martin, mais aussi Christophe Rioux et Louis Lanher. Des auteurs que je sollicite, parce que j’aime leur plume, parce qu’ils peuvent se retrouver dans le thème choisi, et il y a des découvertes via revuebordel.com (Roxane Duru). Il y a aussi les auteurs que je publie chez Scali : Matthieu Jung, Barbara Israël, Christian Rol et Bernie Bonvoisin. Par exemple, Philippe Perrin, artiste sculpteur influencé par l’esthétique gangster s’imposait dans ce numéro (par une série de photos), tout comme Roger Knobelspiess, un braqueur qui a fait vingt-six ans de taule et qui écrit désormais d’excellents romans... Et que dire de la présence de Denis Robert, qui connaît bien de gros gros voyous...

Une bio des auteurs s’impose, dans ce genre de revue, et ici il n’y en a pas...

Le numéro était fort dans la diversité, avec des collages de Jean-Charles de Castelbajac, une bande dessinée de Charles Berberian et les photos de Philippe Perrin, la revue se concluant sur une photo de la BM de Mesrine, et une chanson poésie de Barbara Israël. Je ne voulais pas de bios formelles. D’ailleurs j’étais pas chaud pour écrire ce texte-édito, je voulais commencer directement par l’entretien de Roger Knobelspiess par Philippe Perrin, mais l’éditeur m’a conseillé d’écrire cet édito (pour marquer que j’étais là, aussi).

La nouvelle est, en France, un genre qui ne marche pas. Quelle est votre relation (lecteur et éditeur) avec ce format ?

J’en reçois cinquante par semaine, j’en ai un dossier, des centaines, de nouvelles... Il est vrai que les éditeurs conseillent de publier un roman, ou plus, avant de se lancer dans un recueil. Bordel, c’est différent, le but est de créer de l’émulation, de se faire plaisir, de découvrir de nouvelles têtes, c’est une revue, mais sans les trucs chiants (commentaires, bavardages et babillages), ça écrit, ça expose, ça explose, c’est tout.

La revue a été crée avec Frédéric Beigbeder. Y intervient-il toujours ?

Frédéric a énormément aidé la revue, en arrivant chez Flammarion, il l’a proposée avec enthousiasme. Il a participé aux quatre premiers numéros. Il m’a toujours laissé une grande liberté, de la confiance. Il n’y écrit plus pour le moment, mais je lui propose à chaque fois. J’espère pour le prochain, début 2008.

Auriez-vous envie d’une fiction française plus vouyoute, moins globalement politiquement correcte ?

Elle existe : Eric Bénier-Bürckel, Régis Clinquart, Thibault Lang-Willar, par exemple... Il y a encore du ventre ! Ca me dérange vraiment pas que l’industrie du livre soit cloisonnée dans des best-sellers insipides, vraiment pas, tant que je peux découvrir une Roxane Duru ou un Matthieu Jung.

Les vrais voyous de la revue ne sont-ils pas Bénier-Bürckel et Denis Robert ?

Ce sont des hussards. Il y a une grande force en eux, ils ont souffert… Ils ont ça dans le bide, ils lâchent rien, ne se laissent pas avoir par « un système » qui flanche toujours du côté des lâchetés.

Ces nouvelles sont toujours écrites de façon bénévole. Où va l’argent des ventes ?

En réalité, les auteurs confient leurs textes à la revue gratuitement et en gardent la propriété. Ils peuvent s’en servir pour leurs romans, ou la publier ailleurs, ou la vendre à des traductions. Pour le moment, il n’y a pas suffisamment de ventes, mais si ça marchait commercialement, les auteurs pourraient se partager les 10 % allant aux auteurs. La seule chose que je ne maîtrise pas c’est le prix des livres publiés, et de Bordel donc...

A mes yeux, c’est un levier essentiel, le prix. Après, comme je disais, c’est un facteur que l’éditeur contrôle. Vendre un livre est une tâche ardue (et les droits d’auteur n’ont pas un rôle prééminent), c’est une équation entre la mise en place (trouve-t-on facilement le livre ?), le prix, et la promotion (diversité des articles et concentration dans un temps serré), et évidemment la qualité littéraire… Mais un bon plan promo, sans une bonne mise en place, ça sert à rien. C’est compliqué. Je préfère me concentrer sur les textes...

Bordel n°7, Edition Scali, 270 pages, 24 €, en librairie

  • 14648 visites
  • 30 réactions
TAGS
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Anonyme

    Mettre en avant-propos, une citation de Drieu de La Rochelle,
    donne un ton nauséeux à ce site internet.
    (Drieu de La Rochelle, auto-proclamé fasciste notamment).
    sans compter ses positions politiques pendant la seconde guerre mondiale étaient plus que tendancieuses).
    Et la littérature ? « Bordel » !
    Vive la France décomplexée sur tous les plans !
    (haussement d’épaules, tristement ironique)

    • Zineb Dryef
      Zineb Dryef
      Journaliste Rue89
      • Posté à 16h21 le 17/08/2007
        rédacteur
      • Journaliste 24
        Journaliste

      Bonjour,

      Personnage odieux certes, Pierre Drieu La Rochelle était un écrivain génial : « Le Feu Follet », le sublime « Adieu à Gonzague », « Gilles » ou « Beloukia ».

      • Subutextes
        Subutextes répond à Zineb Dryef
        • Posté à 10h59 le 18/08/2007
        • Internaute 14633

        Le mot « odieux » n’est pas raccord avec le personnage de Drieu.
        Limite déplacé comme adjectif. Je dirai plutôt exécrable !

    • Anonyme

      il y a de la censure quand on publie un commentaire désobligeant ? ou ce n’est que mésaventures informatiques fortuites ? .... hum .....

  • pikasso02
    • Posté à 21h46 le 17/08/2007
    • Internaute 10134

    Ils étaient 7 au départ dans « Le Bordel ».
    Ils terminèrent à 5.
    « Le Bordel » changea de nom.
    Ce fut « Les Demoiselles d’Avignon » fêtées au musée Picasso à Paris.
    Juste un clin d’oeil.
    Et si vous cherchez des idées pour vos prochains numéros, allez donc jeter un oeil sur mon site.
    Mon langage est celui des signes, du dessin si vous préférez.

    Lien

    • Anonyme répond à pikasso02

      Ouais ! ... MC en miroir, une image sur deux ! merci pour l’intox, et le principe de l’image subliminale ! ... ça va le nombril, il tourne dans le bon sens ?
      Il faudrait y comprendre quelque chose ?

      Il ya tellement de belles choses, ou de redire des choses horribles en prose, en vers, en peinture, ou par la voix...

      Certains se complaisent dans ce genre de « m.... », pour se faire un nom, ou un peu de pognons...

      Honnêtement, rien à apprendre... ça n’égalera jamais la revue « Autrement » (sujet unique, et poly-auteurs)...

      Il ne me reste qu’à faire une grose connerie, aller 15 ans en taule et de faire un mémoire avec toutes les amertumes, colères, frustrations, phantasmes, et hop le tour est joué ! ...

      • pikasso02
        • Posté à 10h37 le 18/08/2007
        • Internaute 10134

        Et comment que je vais répondre à ce « Courageux anonyme » ! Je vais me priver !
        Tout d’abord libre à vous de ne plus me lire !
        Mon nombril va bien !
        Pour comprendre, il faut accepter d’envisager possible ce que l’autre à trouver. A condition, que ce sujet vous intéresse.
        Ce « m » est de trop ! Mais le temps dira si cette thèse, ma thèse, mérite cet adjectif gras.
        Me faire un nom ! ! ! pikasso02, vous en avez entendu parler sur les médias ? Si oui, merci de me dire quand !
        Rassurez-vous, ce n’est qu’une thèse ! Mais j’y crois.
        Rien à apprendre ? Si vous trouvez ailleurs que sur ma thèse, ce que j’y montre, je vous couvre d’or ! Quand l’info est connue, je le dis. La majorité de ce que je donne à voir, n’a jamais été montré avec explications. Le dessin est un langage muet. C’est de cela qu’il est question dans mon travail ! Ne vous déplaise.
        Quand au pognon ! Laissez moi rire !
        Je donne, JE DONNE, ce que je trouve.
        Evitez les grosses conneries ! et comme l’a dit votre suivant, merci pour la pub !
        NOTA : Une nouvelle séquence fait l’objet de l’article 50. Les « Arlequins » de Picasso de 1916.

        Lien

  • Anonyme

    c’est une pub ? c’est subtil ...

  • Anonyme

    j’avais l’anné dernière acquis cette revue littéraire consacrée à Patrick Deweare, j’ai adoré,
    le theme des voyous me parait excellent, vivement que mon libraire me le vende

  • Anonyme

    Allez !

    prépare vous pour le « big-bang » artistique du 20eme siècle grâce à internet et à la mort des majeurs.
    Ça nous changera du désert du 20eme qui était le règne des ringards, avec Vivendique Universale
    en tête et autre parasites. Les Idoles des vieux c’est fini. Ouf !

  • Anonyme

    Sur le thème « voyou » (et accessoirement « bordel ») : espérons juste que l’éditeur Scali respecte désormais le droit du travail pour les graphistes et correcteurs, paie à un tarif décent, à livraison et sans qu’il soit nécessaire de le supplier 5 fois, en salaire et non en droit d’auteur ce qui est illégal, et cesse « d’utiliser » des brochettes de gamins stagiaires et autres précaires.
    Merci messieurs (and ladies) de la gauche de bien vouloir vous préoccuper outre de littérature, mais aussi de ces basses questions sociales dont l’ignorance est entre autres à l’origine des échecs de ladite gauche.

    • Hubert Artus
      Hubert Artus
      Rue89
      • Posté à 11h39 le 18/08/2007
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

       Je vous comprend. Pour cela, voir la dernière question de l’interview, dans cet article...

  • Subutextes
    • Posté à 11h38 le 18/08/2007
    • Internaute 14633

    Ah bon ? Il y a que des stagiaires et des précaires uniquement chez Scali ?
    Il y en a aussi chez « Minute », « Warner », « Yves Rocher », « Sacem », « Libé »...

    Le monde de l’édition va mal, c’est pas un scoop.
    L’édition ne paie pas, et entube les correcteurs, les auteurs, et photographes.
    Les éditeurs véreux datent depuis les calandes grecques.
    Pour les notes d’auteurs, il n’y a pas que Scali qui utilise ce système...

    Le système capitaliste est en place, mais de là tous mettre sur le dos de la gauche...

    Va demander à Wonder-Sarko de supprimer les conventions de stages (esclavagisme larvé), et au passage dis-lui de nous filer une bio construite des lectures de droite, histoire de nous refaire une pensée conventionnelle.

    Au fait... il n’y a pas que des « gamins » qui effectuent des stages... il y a aussi des adultes : Lien

  • Anonyme

    article consternant ! Même dans Technikart, ils n’osent pas s’aplatir autant ....

    • Hubert Artus
      Hubert Artus
      Rue89
      • Posté à 18h30 le 18/08/2007
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

       Je veux bien accepter toute critique. Mais, argumentons. Où diable avez-vous lu ici quelconque « aplatissement » ? ! ! ...

  • Anonyme

    difficile de ne chasser cette pensée après avoir lu cet article de complaisance pure !

    • Hubert Artus
      Hubert Artus
      Rue89
      • Posté à 13h53 le 19/08/2007
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

       Mais où diable voyez-vous de la complaisance ? Pourquoi diable envisagez-vous, dans un papier qui ne vous plait pas (c’est votre droit le plus strict, par ailleurs) le possible « début de la fin » d’un média ?

  • Anonyme

    Je trouve cela très bien que Ru89 s’attarde sur les revues, mais j’avoue ne pas trop comprendre que votre premier choix se porte sur Bordel, qui est un « spin-off » indirect de la clique Beigbederienne, avec des options esthétiques assez peu existantes (ou alors, politiquement, franchement réactionnaires) et un niveau littéraire léger-léger-léger comme dirait l’autre !
    Je préfère des revues comme la Revue Inculte par exemple, avec des auteurs comme Bégaudeau, Bertina, Rohé, Claro, Bégout, et plein d’autres, qui développent des objets beaucoup plus intéressants et pertinents, novateurs et toujours intelligents. Il y a aussi des revues comme Le Tigre en moins littéraire et Vacarme qui se tiennent pas mal du tout. Bref, bravo pour votre ouverture mais peut-être faut-il aller chercher ailleurs !
    Cordialement
    Dominique

    • Hubert Artus
      Hubert Artus
      Rue89
      • Posté à 13h50 le 19/08/2007
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

       Le choix de Bordel est dû à son thème, à son actualité (base de mon métier) en cette rentrée, à la présence d’auteurs pour certains exigeants (Bénier-Bürckel, Joncour, par exemple). Je cite la belle revue Inculte dans mon sujet, et dans d’autres sujets j’ai évoqués Bertina, Bégaudeau, etc. Et continuerai à les citer, eux et la revue Inculte... Merci pour votre lecture. ;

      • Anonyme répond à Hubert Artus

        Merci pour votre réponse. Je ne veux surtout pas me poser en ayatollah du bon goût littéraire, mais j’aimerais revenir sur le supposé antisémitisme du livre « Pogrom » d’Erice Bégnier Burckel. J’ai lu ce livre (comme tout le monde, je suppose) et j’avoue être contre (par principe, vieux réflexe de post-68arde) toute censure, encore plus quand elle vient du gouvernement. Mais, à part cet argument, je dois dire que je n’ai pas trouvé les clés pour défendre son auteur, dont la scène centrale frise le mauvais goût le plus absolu, et qui se défend bien mal dans son livre paru par la suite chez Nauleau et Jourde. Je ne crais que ce soit une provocation vaine, alimentée par une haine personnelle, qui ait dépassé le cadre de la provocation pure et adolescente quand elle est devenue publique. Dommage car j’aimais bien cet auteur...
        Cordialement
        Dominique

         
        • Hubert Artus
          Hubert Artus
          Rue89
          • Posté à 14h34 le 19/08/2007
            rédacteur
          • Journaliste 56
            Rue89

           Dominique, Pour ma part, j’ai trouvé UN PEU D’ABIME SUR VOS LEVRES (L’Esprit des Péninsules, janvier 2007) encore plus rageur que POGROM (Flammarion, 2003). On peut penser, ce n’est pas mon cas mais on peut le penser, que l’intrigue de Pogrom pêche, par rapport au projet politique et littéraire. Mais j’ai trouvé l’aboutissement de ce projet dans le livre suivant : une voix qui incarne une France et l’anti-France, l’humain et l’anti-humain, une voix qui serait à la fois nietzschéenne et sociale, qui englobe et qui exclue. Si je parle de cet auteur, c’est parce que je trouve le roman français en général bien angélique, et que Bénier-Bürckel ne relève pas de cet angélisme. Et qu’il a une voix. Merci de vos contributions.

        1 autres commentaires
      • Anonyme répond à Hubert Artus

        Merci pour votre réponse. Je ne veux surtout pas me poser en ayatollah du bon goût littéraire, mais j’aimerais revenir sur le supposé antisémitisme du livre « Pogrom » d’Erice Bégnier Burckel. J’ai lu ce livre (comme tout le monde, je suppose) et j’avoue être contre (par principe, vieux réflexe de post-68arde) toute censure, encore plus quand elle vient du gouvernement. Mais, à part cet argument, je dois dire que je n’ai pas trouvé les clés pour défendre son auteur, dont la scène centrale frise le mauvais goût le plus absolu, et qui se défend bien mal dans son livre paru par la suite chez Nauleau et Jourde. Je ne crais que ce soit une provocation vaine, alimentée par une haine personnelle, qui ait dépassé le cadre de la provocation pure et adolescente quand elle est devenue publique. Dommage car j’aimais bien cet auteur...
        Cordialement
        Dominique

      • Anonyme répond à Hubert Artus

        Merci pour votre réponse. Je ne veux surtout pas me poser en ayatollah du bon goût littéraire, mais j’aimerais revenir sur le supposé antisémitisme du livre « Pogrom » d’Erice Bégnier Burckel. J’ai lu ce livre (comme tout le monde, je suppose) et j’avoue être contre (par principe, vieux réflexe de post-68arde) toute censure, encore plus quand elle vient du gouvernement. Mais, à part cet argument, je dois dire que je n’ai pas trouvé les clés pour défendre son auteur, dont la scène centrale frise le mauvais goût le plus absolu, et qui se défend bien mal dans son livre paru par la suite chez Nauleau et Jourde. Je ne crais que ce soit une provocation vaine, alimentée par une haine personnelle, qui ait dépassé le cadre de la provocation pure et adolescente quand elle est devenue publique. Dommage car j’aimais bien cet auteur...
        Cordialement
        Dominique

    • Anonyme

      Merci pour votre réponse. Je ne veux surtout pas me poser en ayatollah du bon goût littéraire, mais j’aimerais revenir sur le supposé antisémitisme du livre « Pogrom » d’Erice Bégnier Burckel. J’ai lu ce livre (comme tout le monde, je suppose) et j’avoue être contre (par principe, vieux réflexe de post-68arde) toute censure, encore plus quand elle vient du gouvernement. Mais, à part cet argument, je dois dire que je n’ai pas trouvé les clés pour défendre son auteur, dont la scène centrale frise le mauvais goût le plus absolu, et qui se défend bien mal dans son livre paru par la suite chez Nauleau et Jourde. Je ne crais que ce soit une provocation vaine, alimentée par une haine personnelle, qui ait dépassé le cadre de la provocation pure et adolescente quand elle est devenue publique. Dommage car j’aimais bien cet auteur...
      Cordialement
      Dominique

  • Anonyme

    Merci pour votre réponse. Je ne veux surtout pas me poser en ayatollah du bon goût littéraire, mais j’aimerais revenir sur le supposé antisémitisme du livre « Pogrom » d’Erice Bégnier Burckel. J’ai lu ce livre (comme tout le monde, je suppose) et j’avoue être contre (par principe, vieux réflexe de post-68arde) toute censure, encore plus quand elle vient du gouvernement. Mais, à part cet argument, je dois dire que je n’ai pas trouvé les clés pour défendre son auteur, dont la scène centrale frise le mauvais goût le plus absolu, et qui se défend bien mal dans son livre paru par la suite chez Nauleau et Jourde. Je ne crais que ce soit une provocation vaine, alimentée par une haine personnelle, qui ait dépassé le cadre de la provocation pure et adolescente quand elle est devenue publique. Dommage car j’aimais bien cet auteur...
    Cordialement
    Dominique

  • Anonyme

    Oui, la nouvelle en France, c’est comme la poésie, « tout le monde aime et personne n’en lit »... Tropisme purement français qui sacralise le sacré-saint roman. Dans la littérature japonaise, hispanique, anglo-saxonne, la nouvelle est considérée comme une forme littéraire valable... voire plus exigeante que le roman ! L’espace du texte est plus étroit, l’écriture doit être serrée au maximum...
    Il est un renouveau de la nouvelle en France... Mais ce sont, souvent, de vrais romans déguisés sous forme de recueil (la recette : une nouvelle = la vision singulière d’un des personnages sur un même fait, ça marche !), ou des recueils dont le seul principe tient au poids (un auteur écrit 4-5 nouvelles de mauvaise qualité pour justifier la parution d’un recueil au sein duquel seule une nouvelle a de l’intérêt, mais qui ne piuvait être publiée isolément étant donné le paysage éditorial français).
    Qu’est-ce qui reste ? Les revues, Bordel et Monsieur Toussaint Louverture, et quelques éditeurs courageux qui font le choix de publier des nouvelles à l’unité (voir, par exemple, Cheyne, Bleu autour ou la géniale collection La Porte à côté de l’Atelier In8). Courageux ? Oui, parce que ce n’est pas l’entreprise ne relève pas d’un modèle économique très lucratif...
    Autre paradoxe : les lecteurs de textes courts, en France, ce sont de gros lecteurs, ceux qui lisent de tout, ceux qui lisent beaucoup, romans, théâtre, poésie... A croire que ceux qui souffrent le plus du dogme roman-roman sont ceux qui consacrent le moins de temps à la lecture...

  • pikasso02
    • Posté à 14h30 le 22/08/2007
    • Internaute 10134

    Chapitre 1 – François et Nicolas

    - Boujou Nicolas !
    - Boujou Franssouais, t’chi tu racontes de bio ?
    - Paraitré qu’Picasso, l’avait un truc pour pinturlurer !
    - Pour t’chifère ?
    - Pour pinturlurer ! pour peindre ! Mais t’es bouché !
    - Mé, j’m’en t’emponne ! j’en né ri n’a foutre !
    - C’est pas ta petiote qui fait les beauzarts ?
    - T’chi ki t’la dit ?
    - C’est mon n’veu !
    - C’est son affaire ! Mé, cha m’intéresse pas.
    - Picasso c’est pas ri ! C’est l’bon dieu pour les artistes.
    - T’chi qui la d’plus qu’nous’autres ?
    - Tu te mets d’vant lui et y t’métamorphose en t’chaire ou en guitare !
    - Té tombé su la tête !
    - D’après Matthieu, mon n’veu, cé prouvé ! Ce s’rait même la découverte du siècle !
    - Mé, m’transformé en guitare ! Tu ma bi vu !
    - Pas té grand sot ! ton image ! Attends, j’té pas tout dit. Paraîtré que tout c’qui la peint et scuplté, ressemblerait à une femme assise.
    - Et t’chi qué fait ?
    - La femme ?
    - Bi sûre !
    - Ri ! Elle est assise. Regarde tantot à gaoche, tantôt à droète.
    - T’y cré à ces sornettes ?
    - Mé, je d’mande à vée ! Si ça te dit, demain, Matthieu passera à la maison. Ch’té pas dit, mais ché li qu’a trouvé !
    - Ton n’veu ! mais ça change tout ! J’vas en parler à la petiote.
    - Tu l’aimes ta petiote ! A demain Nicolas !
    - Bon sé Franssouais ! (à suivre)
    (Extrait d’une fiction de pikasso02)

    Lien

  • Anonyme

    article confondant de complaisance. C’est des potes de l’auteur à Bordel ? Franchement, si ce n’est pas le cas, c’est presque plus inquiétant !

  • Anonyme

    article confondant de complaisance, connivence etc ....

  • Anonyme

    Pour tous ceux qui s’intéressent à la nouvelle :
    Lien

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.