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L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Pourquoi le pouvoir italien a lâché Aldo Moro, exécuté en 1978

Publié le 06/02/2008 à 22h26

Alors que l’Italie se prépare à de nouvelles élections, voici la preuve que l’on attendait sur la mort d’Aldo Moro. Trente ans après. Ce samedi, France 5 diffuse un documentaire où, pour la toute première fois, est révélé officiellement que le gouvernement italien avait sacrifié l’ancien premier ministre, séquestré par les Brigades rouges en 1978. Extraits.

16 mars 1978. Italie. Depuis neuf ans, un mouvement social de grande ampleur secoue l’Italie. Quelques groupes sont déjà passés à la lutte armée. Après cette date vont commencer les « années de plomb », ce que les historiens qualifieront de « guerre civile de basse intensité ».

Aldo Moro fut Président du Conseil à cinq reprises, entre 1963 et 1976. En 1978, il est le chef de la Démocratie Chrétienne, et son parti est arrivé juste devant le Parti communiste italien d’Enrico Berlinguer aux dernières élections. En fait, les deux partis ont gagné. Sans une coalition entre les deux forces, le pays est ingouvernable.

Ce jour-là doit être signé le « Compromesso storico ». Un compromis historique qui, même si le PCI de dissocie alors de l’URSS, est tout simplement impensable pour la majorité de la classe politique italienne.

Cinquante-cinq jours de prise d’otage et une exécution

Via Fani, en plein Rome, quelques heures avant la signature. Un commando de cinq membres tuent les gardes du corps de Moro, qu’ils enlèvent. Les cinq sont des Brigades rouges, le plus connu des groupes d’extrême-gauche de l’Italie en feu. Qui exige, contre la libération de Moro, celle de treize des leurs. C’est le traumatisme. Giulio Andreotti succède à Aldo Moro. Il nomme à l’Intérieur le « Monsieur sécurité » de la Démocratie chrétienne, l’implacable Francesco Cossiga.

L’enlèvement d’Aldo Moro fera trembler l’Italie cinquante-cinq jours durant. Le 9 mai, son corps sans vie fut retrouvé dans le coffre d’une automobile, à Rome. Via certini… soit à mi-chemin des sièges de la DC et du PCI. Il a été exécuté par les Brigades rouges.

En fait, avant d’être exécuté, Moro avait été lâché. Par les siens. Durant toute sa détention, Moro écrit des lettres. A sa famille. A ses compagnons de DC. Il les implore, fin négociateur qu’il est, de libérer des Brigades rouges. Mais pour le gouvernement, tout comme d’ailleurs pour le PC, c’est impensable. Ses lettres sont fausses, pensent-ils. Négocier laisserait le champ libre aux communistes, pensent-ils surtout. Moro ira jusqu’à écrire au pape Paul VI. Mais, pour tous, le même constat : plutôt que les cocos, abandonner Moro.

Sur ces cinquante-cinq jours, toutes sortes d’interprétations fumeuses sont apparues : il a été suggéré que certains dans les services d’état savaient où se situait le lieu de détention (un appartement romain) ; Romano Prodi (qui sera bientôt ministre d’Andreotti) parla lui-même d’une séance de spiritisme pendant laquelle les esprits lui indiquèrent le lieu de détention...

Ce que la classe politique craint : que Moro révèle à ses ravisseurs les énormes intérêts que les Etats-Unis ont sur le sol transalpin. La plus importante base de l’Otan est là. Mais surtout, il y a cette structure secrète : Gladio. Une branche de l’armée italienne, entièrement vouée à une guerre secrète et sans merci contre le communisme.

Moro lâché par le pouvoir, une thèse confirmée par deux témoins-clé

C’est là que le film d’Emmanuel Amara frappe très fort. Entre divers témoins (dont Adriana Faranda et Valerio Morucci, deux des membres du commando, dont il convient cependant de préciser qu’il s’agit de repentis), il apporte les témoignages qui manquaient à l’Histoire.

D’une part, Steve Pieczenik, ancien membre du département d’Etat américain. Alors envoyé par le président Jimmy Carter comme « expert psychologique » pour intégrer la cellule secrète du ministre Cossiga : « Il fallait qu’Aldo Moro reste en vie suffisamment longtemps pour permettre à Cossiga de reprendre ses services en main », dit l’agent yankee dans le film. Le reste se passe de commentaire. (Voir la vidéo.)



(Réal. E. Amara - Sunset presse/France 5.)

Beaucoup savaient le rôle joué par les services américains dans les années de plomb, et en particulier dans cet enlèvement. Mais, ici, trente ans après les faits, l’agent avoue, et signe. Dans le film, il retrace toute la stratégie mise en place par lui, Cossiga et Andreotti. Pour sacrifier Moro.

Certes, comme l’avoue Amara, Steve Pieczeik « brasse parfois du vent » :

« Il s’agit d’un type qui a gravité dans le pouvoir américain jusqu’à l’arrivée de Bush père au pouvoir. Entendre sa version de la guerre des étoiles ou du Nicaragua vaut le détour. »

La rencontre avec Pieczenik, c’est le heureux hasard du journaliste, comme l’explique le réalisateur :

Une fois obtenu les aveux de l’agent, Amara est alors aller trouver Cossiga. Qui avait accepté de témoigner, sans penser qu’Amara savait tout. Quand le réalisateur lui montre le témoignage de l’agent, Cossiga confirme. Tout. L’ancien ministre, qui deviendra plus tard le chef du gouvernement, valide. C’est le clou du film. (Voir la vidéo.)



(Réal. E. Amara - Sunset presse/France 5.)

Sollicitée, Paola de Luca, ancienne militante autonome à présent réfugiée en France, n’est pas étonnée, même si elle apprécie l’info. Pour autant, elle n’est pas dupe de la peur des communistes. Pour elle, « le PCI avait donné suffisamment de gages -de sécurité et de police- pour ne plus effrayer personne. Celui que tout le monde voulait alors écarter, les Américains comme les Italiens, c’était avant tout Bettino Craxi ». Craxi, chef de file des socialistes italiens d’alors qui voulait, en effet, supplanter Enrico Berlinguer comme force principale de la gauche italienne. Il y parviendra, devenant chef du gouvernement de 1983 à 1987. A la fin des années de plomb.

Chronique de la défaite des Brigades Rouges -empêtrées dans leur propre logique- autant que du tournant fatal de la crise italienne, le film d’Amara éclaire la seule ombre qui restait autour de la mort d’Aldo Moro. Une révélation indispensable.

Les Derniers jours d’Aldo Moro documentaire d’Emmanuel Amara - samedi 9 à 13h55 - France 5.
Nous avons tué Aldo Morto d’Emmanuel Amara - Patrick Robin Editions - 175p., 18€.

Troisième paragraphe modifié : Aldo Moro n’était pas président du conseil au moment des faits.

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  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 22h36 le 06/02/2008
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    Et pour un peu plus d’infos sur Gladio, parce que c’est quand même une page importante de l’histoire européenne récente :

    Lien
    Lien

    Les pages françaises sont bizarrement beaucoup moins complètes...

    • thierry reboud
      thierry reboud répond à Tyb
      • Posté à 00h04 le 07/02/2008
      • Internaute 20923

      Bonsoir Tyb, j’avais également lu de très nombreuses pages extrêmement instructives sur Gladio, P2 et tutti sur le site Lien (piloté par d’anciens militants italiens et copieusement abondé par Daeninckx).

    • Chele
      Chele répond à Tyb
      • Posté à 02h45 le 07/02/2008
      • Internaute 15104

      Scuzes, je ne sais toujours pas où appuyer pour initier un post donc je clique sur le message de mon collègue auquel pourtant je ne réponds pas. Scuzes.

      C’est bizarre, j’ai comme l’impression que les gens découvre aujourd’hui la très forte implication de la CIA dans les troubles très graves qui ont secoué l’Europe depuis l’après-guerre. Il y a pourtant plus de 15 ans, j’ai enregistré un documentaire en plusieurs parties montré sur une chaîne de la télévision française qui exposait de façon très complète tout ce qui concernait Gladio. C’était d’ailleurs son titre me semble-t-il. Mes souvenirs et ma connaissance de l’histoire italienne se sont un peu érodés mais le doc commençait sur l’élection italienne de 1948 que le parti communiste avait toutes les chances de gagner du fait de son « activité glorieuse » dans la résistance. Ça faisait quand même une bonne pub pour le PC. Le gouvernement américain avait paniqué à l’idée de voir des rouges, même non alignés sur Moscou, à la tête d’un des pays d’Europe occidentale. Le doc montrait qu’à l’époque, la CIA s’était contentée de déverser des tombereaux de fric sur la Démocratie Chrétienne pour qu’elle se retaille un costume à la hauteur. Et ça avait marché.
      Après ces élections, ça avait cogité ferme chez les américains et Gladio ainsi que d’autres groupes d’extrême droite avaient été montés en Europe. Le documentaire montrait bien l’activité de Gladio en Italie et d’autres groupes en Belgique.
      Le truc qui m’avait bien sciée à l’époque, c’était que les pays participant à l’OTAN étaient parfaitement au courant puisqu’un président ou chef de gouvernement (suivant l’état de la constitution du pays) devait, dès son élection, signer un article de l’OTAN qui garantissait qu’aucune poursuite ne serait engagée contre les agissements des organisations d’extrême droite et/ou émanant des services secrets américains sur son territoire. Les victimes de la gare de Bologne, entr’autre, peuvent se dire que leur propre gouvernement les a laissés se faire déchiqueter en étant parfaitement au courant. Youpi.
      Ça laisse songeur.
      Bref, à part la confirmation de Cossigna, tout était déjà parfaitement établi à l’époque et expliqué en détail à la télé à une heure non tardive.
      Dans mon jeune âge naïf, j’avais fini par me dire que vu le comportement stupide des groupes gauchistes (et hop un petit attentat ou un meurtre juste au moment où les partis de gauche gagnaient des points dans l’opinion et risquaient de gagner une élection), il ne pouvaient qu’être noyautés et complètement manipulés par la CIA (ce qui ne les excuse en rien). Mais j’étais naïve, des choses aussi affreuses ne peuvent pas s’être déroulées dans nos démocraties avancées...

  • karlM
    karlM
    Précaire
    • Posté à 22h44 le 06/02/2008
    • Internaute 21378
      Précaire

    le pouvoir corrompt ... c’est implacable ?

    • bloozmarch
      bloozmarch répond à karlM
      indocile heureux
      • Posté à 23h32 le 06/02/2008
      • Internaute 15731
        indocile heureux

      De haut en bas de l’ échelle, des « puissants » aux pouvoirs, (politiques, financiers, militaires, etc...), aux petites bandes d’ ados, le pouvoir est une drogue. Tous n’ y succombent pas, heureusement, mais le pourcentage doit être comparable. Les uns servent à affoler la population quand ils ont recours à la violence, et à la pousser à mettre au pouvoir les autres, qui eux savent se fondre dans l’ ombre, et qui ont tous le moyens pour que leus actes soient invisibles. Les deux sont condamnables, évidemment, mais inégaux devant la Loi, les projecteurs, les deux sont nuisibles, les deux détruisent le tissu social, qur faire sinon rester le plus vigilants possible, et cgercher partout la vérité au milieu des mensonges, des dissimulations, des truquages !

  • riverain désinscrit
    • Posté à 22h53 le 06/02/2008
    • Internaute 24295

    Aldo Moro a rencontré le « cher Henri » (Kissinger) en novembre 74. Henri opposa son veto à l’entrée de la gauche au gouvernement italien.
    Plus de trois ans après, avec ce ’compromesso storico’ qui doit intégrer les communistes au gouvernement, il outrepasse « l’interdiction » étatsunienne...

    les Brigades rouges n’ont été que l’instrument d’un plan bien plus vaste qui les dépassait.

    Gladio (Stay Behind), propaganda due (P2), cia, encore beaucoup de choses à écrire...

    • cooper59
      cooper59 répond à riverain désinscrit
      entre deux zoo
      • Posté à 23h04 le 06/02/2008
      • Internaute 18535
        entre deux zoo

      oui Kissinger voyait les communistes prendrent le pouvoir .

  • cooper59
    cooper59
    entre deux zoo
    • Posté à 22h56 le 06/02/2008
    • Internaute 18535
      entre deux zoo

    ce que beaucoup d’anciens brigadistes ont compris , finalement assez vite , et ont ecrit , pour certain , c’est que l’extreme droite italienne , aidée par les services secrets americains ont noyauté la DC et le PCI et ont essayé de declencher une guerre civile en Italie , qui etait le maillon faible de l’Europe et qui pouvait devenir pratiquement un pays satellite de l’URSS ! l’extreme droite a fait beaucoup plus de victimes que la mouvance brigadiste , de memoire 85 morts a Bologne ,une vingtaine pour le train milan naples , les executions style escadron de la mort : 20 executions rien que pour les noyaux armés revolutionnaires etc etc etc et on rajoutera tous les attentats d’extreme droite maquillés en attentats d’extreme gauche ; et bien sur les eliminations de syndicalistes et de gauchistes lamda , au tout debut des années de plomb et qui ont provoqué une reponse de ceux ci et une radicalisation d’une partie des etudiants et des jeunes ouvriers . Bravo , au passage a Sarko qui livre pieds et poings liés des anciens militants de gauche aux italiens , les barbouzeries continuent !

    • benjamin1980
      benjamin1980 répond à cooper59
      • Posté à 10h47 le 07/02/2008
      • Internaute 31225

      C’est quand même extraordinaire de sympatiser autant avec les assasins et d’imputer au même temps à leur adversaire tous les maux !

      • thierry reboud
        • Posté à 11h01 le 07/02/2008
        • Internaute 20923

        Dans le cas précis qui nous occupe, je ne comprends pas très exactement à qui vous faites allusion lorsque vous parlez d’assassins.

         
        • cooper59
          cooper59 répond à thierry reboud
          entre deux zoo
          • Posté à 23h17 le 07/02/2008
          • Internaute 18535
            entre deux zoo

          j’adore les mecs comme Benjamin qui balancent des trucs juste pour se faire plaisir et etre en adequation avec eux meme ! il n’a peut etre jamais lu un seul bouquin sur le sujet mais c’est pas grave , ça fait du bien de le dire !

        1 autres commentaires
  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 23h03 le 06/02/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Enquete sur des citoyens au dessus de tout soupçons ?

  • jac le rat
    jac le rat
    aventurier
    • Posté à 23h12 le 06/02/2008
    • Internaute 29819
      aventurier

    Des hiènes, pour l’argent, le pouvoir...
    Quelle gueule ils ont, tous ces vieux ?

  • capdom
    • Posté à 23h59 le 06/02/2008
    • Internaute 19994

    ortograffe svp ! ! !

  • thierry reboud
    • Posté à 00h13 le 07/02/2008
    • Internaute 20923

    J’avais acheté le livre d’E. Amara il y a à peu près un an et, après l’avoir lu, je m’étais demandé quelle était sa fiabilité.
    Parce que, si ce qu’il rapportait était exact, ça aurait dû faire un foin de tous les diables ; en revanche, si ce qu’il rapportait était faux, cela tenait alors de la diffamation pure et simple.
    Or il n’y a rien eu : un silence assourdissant. Le simple fait qu’il ait paru chez un éditeur de second plan (sans faire injure à Patrick Robin) me titillait également la curiosité.
    Aujourd’hui, la confirmation qu’en donne Cossiga nous éclaire singulièrement sur les nouvelles formes de la censure aux pays du libéralisme réellement existant.

  • ivano sartori
    ivano sartori
    Journaliste a Milan
    • Posté à 00h14 le 07/02/2008
    • Journaliste 31197
      Journaliste a Milan

    Quand il a eté enlevé par les Brigades Rouges, M. Aldo Moro n’était pas premier ministre mais president de la Democratie Chretienne (Dc). Le premier ministre c’était M. Andreotti

  • Anonyme

    Il existe un reportage en trois parties ici bien plus complet mais en anglais

    Lien

  • Daniel R
    Daniel R
    Visiteur d'entreprise
    • Posté à 08h08 le 07/02/2008
    • Internaute 6667
      Visiteur d'entreprise

    Etonnant qu’aucun commentaire n’ait encore moqué cette version des faits en dénonçant la théorie du complot.

    Conspirationnisme, c’est en effet le mot qui permet de disqualifier ce genre de révélations et d’évacuer sans discussion des faits troublants.

    Evidemment, c’est plus difficile lorsque les anciens ministres, agents secrets et témoins dévoilent la machination 30 ans après. Et c’est encore pire que ce qui avait transpiré à l’époque. En fait, d’abord un complot US contre la démocratie italienne mais surtout une lutte au couteau afin d’accéder au pouvoir pour le pouvoir.

    Et qu’en est-il de la collusion mafia-Andréoti-CIA évoquée dans un film, dans l’organisation de l’enlèvement et l’assassinat d’Aldo Moro ?

    • Anonyme répond à Daniel R

      Absolument,il suffit de constater le silence assoursissants des media quand le meme cossiga déclare dans la presse italienne que le 11 septembre était un coup« c.i.a, mossad » pas un mot nulle part

  • jtombeur
    jtombeur
    pamphlétaire-chômiste banato- (...)
    • Posté à 09h07 le 07/02/2008
    • Internaute 31209
      pamphlétaire-chômiste banato- (...)

    Et c’est à ces gens et à leurs séides que N. Sarkozy a livré Battesti et d’autres anciens clandestins italiens.

  • Tophee
    Tophee
    en haut a gauche
    • Posté à 09h46 le 07/02/2008
    • Internaute 2159
      en haut a gauche

    Psss, vous etes tous des antiamericain primaire. ´Vous ne voyez donc pas que nos amis se depenssent sans compter pour notre bien a tous, comme pour celui des irakiens etc...

    Qu’est que la vie de quelques milliers de personne quand si c’est pour defendre le liberalisme ?

    Bande D’ingrat !

  • breddtype
    • Posté à 10h21 le 07/02/2008
    • Internaute 19190

    Un tres bon film a voir sur cette affaire « Five moons square “

    Un film totalement passé inapercu !

  • Alexandre Aublanc
    • Posté à 11h54 le 07/02/2008
    • Internaute 923

    A côté des travaux d’Amara, il est juste et important de citer le livre de Léonardo Sciascia, « L’Affaire Moro », publié en 1978, quelques mois à peine après l’assassinat du leader de la DC.
    A l’époque, Sciascia a le nez fin. En à peine cent pages, et à partir des journaux de l’époque, des lettres de Moro et des prises de position des acteurs politiques et religieux, il dresse un tableau effarant de la vie politique italienne de la fin des années 70.
    Tous les tenants et les aboutissants de l’enlèvement sont là. Certes, Sciascia n’évoque pas l’implication américaine. Mais sur tout le reste, il a vu juste... trente ans avant.

  • Anonyme

    L’enlévement d’aldo moro était une véritable opération millitaire et ,ho, surprise, la rapport officiel stipule que l’on a retrouvé sur place des munitions sans aucunes marques que seuls les forces spéciales italiennes utilisaient, je n’ai aucuns gout pour les terroristes de gauche comme de droite mais les leaders des brigades rouges étaient deja en prison au moment de l’enlévement le chef militaire des B R était un agent infiltré ! et ,contrairement a la « légende » des B R que l’on nous a vendu, ils étaient loin d’étre capable d’une telle opération ! . false flag as usual : -( Le personnage principale de cette période et pas seulement celle la d’ailleurs est D’amatto,éminence grise de la « sécurité “ cherchez qui il était, et vous allez comprendre beaucoup de chose

    • armorik
      • Posté à 15h20 le 10/02/2008
      • Internaute 27324

      Pas grand chose sur le Net concernant D’Amatto. Pouvez-vous nous en dire plus ?
      Merci et cordialement

  • V comme vendetta
    V comme vendetta
    Ecrivain
    • Posté à 14h55 le 07/02/2008
    • Internaute 24299
      Ecrivain

    Rien n’est plus facile à manipuler qu’un bon groupe d’extrémiste bien violent, sûr de leur métaphysique et de leur justice. Les Conspirateurs, de droite et de gauche, ne méritent que ça, être entraînés dans les boues de l’Histoire. Un Grand Sacrificateur, Italien au nerf solide, lecteur de Machiavel, de Plutarque, de Tite-Live et des Évangiles, avait le devoir de se servir de toutes les forces en présence pour se débarrasser de ces Possédés, et suivre à la lettre les recommandations de Dostoïevski et de sa lecture du miracle de Gérasa, « Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux », pour les aider à se précipiter d’eux mêmes des hauteurs de la falaise. L’organisation ponctuelle de cette manipulation pourrait même devenir un modèle du genre. Il est dommage que ce genre de vérités essentielles ne peut malheureusement être dites comme il le devrait au moment où elles sont mises en application, ça éviterait à l’avenir les faux-habiles de se targuer de leur morale nauséeuse et de designer facilement quelques bouc-émissaires à l’exécration.

  • MéKésKiPuDoncTan
    • Posté à 15h10 le 07/02/2008
    • Internaute 30849

    Amara a publié son enquête en 2006, vous êtes les champions du scoop. Sous-titrée : « 30 ans après un ancien membre du département d’état américain nous révèle un terrible secret. »
    Par ailleurs Cossiga, qui connait bien les services US, P2, Gladio, etc., a récemment indiqué que le 11 septembre était une opération US interne. De la stratégie de la tension à usage externe à la stratégie de la tension à usage interne ! Ne ratez pas pas ce scoop là ! Il n’a été demandé officiellement, à ce jour, aucune enquête policière et aucune instruction judiciaire (seule une commission d’enquête « parlementaire » qui n’a pas eu accès aux documents qu’elle demandait). Du nanan pour les journalistes, non ? N’attendez pas 30 ans avant pour re-crédibiliser la presse !

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à MéKésKiPuDoncTan
      Rue89
      • Posté à 15h23 le 07/02/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Scoop, oui : le livre dont vous parlez n’était pas du tout aussi précis, validable et informé que le film... Pourquoi croyez-vous qu’on n’en avait pas parlé alors ?

      • riverain désinscrit
        • Posté à 16h27 le 07/02/2008
        • Internaute 24295

        un livre : « les armées secrètes de l’Otan - Réseaux Stay Behind, Gladio et terrorisme en Europe de l’ouest » de Daniele Ganser, editions Demi-Lune, collection Résistances. août 2007.

  • Perplex
    • Posté à 16h09 le 07/02/2008
    • Internaute 31259

    « Nous subissons dans le monde entier l’opposition d’une conspiration monolithique et sans pitié, qui étend sa sphère d’influence par des moyens dissimulés — qui préfère l’infiltration à l’invasion, la subversion aux élections, l’intimidation au libre-arbitre, la guérilla nocturne aux armées en plein jour. Il s’agit d’un système ayant consacré d’immenses ressources humaines et matérielles à l’élaboration d’une machine bien huilée, d’une grande efficacité, combinant des opérations militaires, diplomatiques, secrètes, économiques, scientifiques et politiques. Ses préparatifs sont dissimulés, jamais publiés. Ses erreurs sont tues, plutôt qu’en première page. Ses dissidents sont réduits au silence, plutôt que complimentés. Aucune dépense n’est remise en question, aucune rumeur n’est imprimée, aucun secret n’est révélé.

    La simple mention du “ secret ” est répugnante pour une société libre et ouverte. Nous sommes, en tant que peuple, historiquement et intrinsèquement opposés aux sociétés secrètes, aux serments secrets, et aux cérémonies secrètes. Nous avons décidé il y a longtemps que les dangers représentés par la dissimulation abusive et incontrôlée de faits importants sont largement plus graves que ceux évoqués pour la justifier. »

    — John F. Kennedy, Président des États-Unis
    New York, 27 avril 1961
    Lien

  • Perplex
    • Posté à 16h14 le 07/02/2008
    • Internaute 31259

    Ce discours a été prononcé :
    • Dix jours après l’invasion ratée de Cuba par la CIA désobéissant à ses ordres (Playa Giron)
    • Deux mois avant qu’il n’interdise toute action paramilitaire à la CIA (National Security Action Memoranda 57)
    • Quatre mois avant qu’il ne mette à la porte toute la direction de la CIA, dont son directeur, Allen Dulles, et promette de la démanteler entièrement et de répandre ses cendres aux quatre vents
    • Un an avant son refus d’un affrontement nucléaire contre Cuba (crise des missiles)
    • Deux ans avant son refus catégorique d’une escalade au Viêt Nam
    • Deux ans avant son traité avec l’URSS pour limiter les armes nucléaires (Partial Test Ban Treaty -5 août 1963 )
    • Deux ans et demi avant son assassinat à Dallas, (le 22 novembre 1963)

    Épilogue
    Le 29 novembre 1963, son grand ennemi Allen Dulles est nommé à la commission d’enquête sur son assassinat. Les livres d’histoire officielle qualifient ce fait d’« ironique ».

  • La Grenouille
    • Posté à 18h59 le 07/02/2008
    • Internaute 30444

    Tiens cette histoire sombre me rappelle l’histoire des tueries du Brabant en Belgique...
    Lien

    Une thèse parle de l’implication du service Gladio en vue de déstabiliser le pouvoir en place en Belgique.

    Une autre théorie évoque celle des Cellules communistes combattantes (CCC)...

    Bref encore un point noir de l’histoire européenne.

  • cooper59
    cooper59
    entre deux zoo
    • Posté à 23h49 le 07/02/2008
    • Internaute 18535
      entre deux zoo

    aucun doute n’est permis sur le role de la CIA et de l’OTAN dans l’enlevement d’Aldo Moro , Corrado Simioni avait installé son propre groupe au sein meme des BR , un groupe independant et autonome assez peu controlé finalement par la direction BR . quand les BR ont eté emprisonnés ( une bonne partie ) c’est Mario Moretti quien a pris la tete et a organisé l’enlevement de Moro , avec son commando , puis l’a executé ; Moretti travaillait POUR LE COMPTE de la CIA et de l’OTAN ! pas de doutes là dessus ! donc tout cela etait connu , la « bonne surprise » c’est que des personnages importants et officiels temoignent aujourdhui , quand c’etait les brigadistes qui temoignaient , beaucoup , par ideologie , ricanaient , là au moins on les entends plus ! Voir le livre de Franceschini ,co createur des BR sur le sujet .

    • thierry reboud
      • Posté à 00h01 le 08/02/2008
      • Internaute 20923

      Très opportune, l’invitation à lire ce livre.
      Les références :
      Alberto Franceschini (entretien avec Giovanni Fasanella), « Brigades rouges », Editions Panama.

      (Pas de doute, à deux on bosse mieux !)

      • cooper59
        cooper59 répond à thierry reboud
        entre deux zoo
        • Posté à 10h01 le 08/02/2008
        • Internaute 18535
          entre deux zoo

        merci Thierry de completer ainsi ! me rappelais plus du titre exact !

  • mechante langue
    • Posté à 01h42 le 08/02/2008
    • Internaute 28480

    Ah non , pas ce Steve Pieczenik !
    C’est un gros mytho .
    Il ne raconte que des conneries !
    Il faut l’avoir entendu raconter comment Rockfeller lui aurait annoncé l’attaque du 11 septembre : a mourir de rire .

  • Honoré DeMarseille
    • Posté à 10h40 le 08/02/2008
    • Internaute 11351

    Il me souvient, comme si le temps s’étant fait immuable, de l’assassinat d’Aldo Moro. Je ne suis pas italien, donc, peut-être, pas directement impliqué, mais sa mort m’avait à l’époque profondément marqué. J’étais un jeune adolescent au lycée, et tous les jours, je suivais à travers les médias, avec une attention soutenue, les moindres détails de cette affaire. Ce que j’en garde, trente ans plus tard, c’est cette insupportable image d’un corps sans vie, ligoté comme pour souligner l’abject symbolique d’un acte barbare, dans le coffre d’une voiture. Cette image m’a boulversé.
    Alors, confondre sans distinction celles et ceux ayant une main dans cet horrible assassinat, me semble être la moindre des justices à rendre à la mémoire de cet homme et à sa famille.

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