Quand Philippe Sollers fait de l'autopromo sans le dire
Il y a des gens bien prévisibles. Par exemple, Philippe Sollers, quand il s’y met. Ainsi, dans la chronique régulière qu’il tient dans le Journal du dimanche, nous conseillait-il, ce dimanche 19 août, deux romans que « vous devez lire impérativement », oubliant de préciser qu’il entretient des liens directs avec ces deux ouvrages.
En cette rentrée littéraire, rien de plus normal que de dire vers quels romans vont ses premières préférences. Dans son dernier « Journal du mois », l’auteur de « Femmes » et d’« Eloge de l’infini » nous indique donc subrepticement que l’on devra (les livres en questions paraissant le 23 août, ils ne sont pas encore disponibles) lire « Cercle » de Yannick Haenel, « qui surplombe, de loin, tous les romans de la rentrée, et, dans la foulée, ’De l’extermination considérée comme un des beaux-arts’, de François Meyronnis, étourdissant démontage du nihilisme de notre temps à travers, par exemple, les livres de Houellebecq. »
Ce qu’il « oublie » de dire, c’est que ces deux romans sont publiés aux éditions Gallimard, dans la collection « L’Infini ». Philippe Sollers est membre du comité de lecture des éditions Gallimard. Où il dirige ladite collection « L’Infini » (du nom d’une revue qu’il a lui-même créée aux éditions Denoël, qu’il a gardée lorsqu’il fut engagé aux éditions Gallimard).
C’est que les deux auteurs conseillés, Yannick Haenel et François Meyronnis, par ailleurs auteurs dans la revue Ligne de risque, ont co-écrit avec Sollers un ouvrage intitulé « Poker », en 2005, aux éditions Gallimard. Dans la collection « L’Infini ». L’ouvrage reprenait les entretiens que, depuis huit ans, Sollers avait accordés à la revue.
Philippe Sollers en fait trop. Le problème n’est même pas tant que Philippe Sollers fasse de l’autopromo et du retour sur investissements en parlant innocemment d’ouvrages édités dans la collection qu’il dirige. Le problème est, aussi, qu’il ait cherché à devancer l’avis des journalistes sur les livres édités chez lui.
Le Cabinet de lecture de Rue89 disait dès le 16 août tout le bien qu’il pensait de « Cercle ». C’est effectivement un des romans français qui bénéficient d’un des meilleurs « buzz » en cette rentrée : c’est mérité.
C’est précisément parce que c’est mérité que Philippe Sollers doit laisser les journalistes parler du livre. Et les lecteurs le lire. Le blog de lecture traitera le roman, comme prévu. Mais de grâce, Monsieur Sollers, laissez les journalistes faire leur travail !
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Monsieur Artus, j’imagine que je ferai injure à votre intelligence et votre sagacité, de vous dire que je m’étonne que vous paraissiez étonné de la façon de faire de Sollers !
Je vous cite, tel un écrivain que vous êtes probablement quelque peu :
« Il y a des gens bien prévisibles ».
Cela fait une éternité qu’il l’est .
« Philippe Sollers en fait trop ».
Vous l’avez connu différent ?
« Le problème est, aussi, qu’il ait cherché à devancer l’avis des journalistes sur les livres édités chez lui. »
J’achète le JDD depuis ...au moins.. et il fait ça tous les dimanches, même quand il est à Venise où dans l’ile de Ré.
« Mais de grâce, Monsieur Sollers, laissez les journalistes faire leur travail ! ».
Monsieur Artus, mais il se prend pour un « journaliste », un critique, un écrivain, un polémiste, un homme de Tv.....tout quoi.
Enfin, « “Cercle” (Gallimard) est l’histoire d’un type qui, subitement, décide de ne plus jamais aller à son travail. Il (et nous) entre dans une vision poétique de l’errance moderne, du sexe, du voyage. De l’odyssée comme forme de résistance moderne. »
Cette simple approche de ce roman, de votre part le 16 de ce mois, par contre, m’incitera à acheter ce livre si j’en ai les moyens.
Au plaisir de vous lire sur rue89.




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