California dreamin'

Le regard de la journaliste française Armelle Vincent sur la Californie et le Mexique.

L'écopsychologie, pour soulager ceux qui souffrent de la planète

Armelle Vincent
Journaliste
Publié le 06/10/2008 à 13h27

Une trentaine de femmes sont réunies dans une salle de la cathédrale Sainte Marie of the Assumption de San Francisco. Elles sont venues écouter une prêtresse de l’écologie, Kimberly Pinkson.

Très jolie brune, une silhouette de danseuse, Kim a renoncé au maquillage, au vernis à ongle et à tous les artifices d’une beauté travaillée. Bien qu’elle appartienne à la bourgeoisie de San Francisco, elle porte des vêtements d’occasion car elle s’est aussi détournée de la consommation.

Il y a quelques années, Kim a lancé une organisation à but non lucratif, Ecomom Alliance, avec l’objectif d’informer les mères des dangers du réchauffement climatique et de la pollution, invisible, inodore, et pourtant si dangereuse pour la santé, de leurs foyers.

- « Savez-vous qu’on trouve la trace de 287 produits chimiques dans le cordon ombilical d’un bébé ? Ou encore que 150 d’entre eux en moyenne sont présents dans l’air que vous et vos enfants respirez chez vous ? Le sofa sur lequel vous regardez la télé, le rideau de douche, les coussins, les draps, ils ont tous imbibés de substances toxiques. »

- « Mais qu’est-ce qu’on peut faire ? , demandent en chœur les membres du public. Comment protéger nos enfants ? »

Guérir de la consommation à outrance et de ses pièges

Dire que ces femmes paraissent consternées est peu dire. Il y a celles qui connaissaient déjà le phénomène. Et d’autres qui viennent de prendre conscience de l’énormité du problème. Ce sont des candidates à l’écothérapie.

Ce nouveau courant de psychologie préconise la viabilité et la guérison d’une longue maladie : la consommation à outrance et ses pièges. Il a pris racine à Santa Barbara, l’une des villes les plus écolos de Californie, grâce aux efforts de la psychologue Linda Buzzell, qui m’explique au téléphone :

« Je voyais de plus en plus de patients angoissés par les conséquences du réchauffement climatique. J’en ai déduit qu’il fallait inventer une thérapie spéciale pour ces gens qui souffrent de pathologies liées à l’état de la planète. »

C’est ainsi que Linda a lancé l’écopsychologie, une discipline récente, mais aujourd’hui inscrite dans le programme de l’Université de Santa Barbara. Linda a fait des adeptes. Un nombre croissant de psychologues se spécialisent dans l’écothérapie, plus que partout ailleurs dans la région de San Francisco, toujours à l’avant-garde de la défense de la planète. Pour les Californiens du Nord, l’écoconscience est en passe de se transformer en éconévrose. Récit de Linda :

« Une patiente arrive l’autre jour dans mon cabinet en pleurs, raconte Linda. “C’est à cause des ours polaires. Ils sont en train de se noyer et je ne supporte pas cette idée”, se lamente-t-elle. Cette jeune femme a un vrai chagrin et une vraie angoisse. Nous vivons dans un monde où nous sommes totalement déconnectés de la nature. Il est normal que ça crée des pathologies. »

L’angoisse nait souvent chez les mères, inquiètes des aliments qu’elles mettent dans la bouche de leurs enfants ou des jouets qu’ils mâchonnent. Elles se mettent à enquêter et sont bientôt totalement stressées par leurs découvertes.

La peur de l’extinction de notre espèce

Deuxième étape : elles ralentissent leur consommation, non seulement de choses, mais aussi d’eau ou d’électricité. Et si leurs maris ne se mettent pas au diapason, les tensions ne tardent pas à faire surface, explique la thérapeute :

« J’ai des couples qui viennent me consulter pour se plaindre de leur vie sexuelle. En fait, ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la façon d’appréhender la protection de l’environnement et ils s’en veulent mutuellement. »

Lorsque Larry David, co-créateur de la série « Seinfeld » s’est séparé de sa femme Laurie, il s’est écrié : « Génial ! Je vais enfin pouvoir allumer toutes les lumières de la maison ! » Laurie David est une écolo forcenée. C’est elle qui, après avoir assisté à la conférence d’Al Gore, a décidé d’en faire un documentaire et de le produire. Conclusion de Linda :

« La dépression, l’angoisse, le sentiment de panique et de désespoir sont les symptômes d’un monde incontrôlable. Après tout, ce à quoi nous faisons face n’est ni plus ni moins que la peur de l’extinction de notre espèce. Ce sont les gens qui n’ont pas peur qui m’inquiètent le plus. »

  • 8981 visites
  • 34 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Wendy
    Wendy
    éco-chomeuse
    • Posté à 14h00 le 06/10/2008
    • Internaute 55150
      éco-chomeuse

    Impossible de choisir entre l’hyper-information et le manque d’information... Dans les deux cas, la névrose guette le quidam médiaphage... On nous manipule, on nous ment, on nous prend pour des idiots... Ne nous surestime-t-on pas parfois aussi ? Sommes nous aptes à faire le tri dans le flot incessant et contradictoire en matière de risques environnementaux ? je pense que ce concept d’éco-thérapie va vite s’exporter sur notre cher continent.. Dès que celui d’écono-thérapie limite bêtifiante que l’on nous sert jusqu’ à la nausée dans les médias en ce moment sera passé de mode..

    • kawouede
      kawouede répond à Wendy
      • Posté à 19h45 le 06/10/2008
      • Internaute 27995

      Pour faire de l’écologie politique, il y a d’autres voies - les partis politiques justement !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 14h21 le 06/10/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Oui , hé bien le probleme c’est eux memes ! Si leurs ancètres avaient pas exterminé à coups de fusils, d’ alcool , de Coca Cola et de couvertures empoisonnées les indiens , les civilisations les plus écolos de la planete bien avant l’ heure , ils en seraient pas la !

    • Keldan
      Keldan répond à Numerosix
      Now future & karpe diem
      • Posté à 18h24 le 06/10/2008
      • Internaute 5164
        Now future & karpe diem

      Quant tu dis « leurs » ancêtres, tu voulais surement dire « nos ancêtres communs »...

      • Numerosix
        Numerosix répond à Keldan
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 19h20 le 06/10/2008
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Oui, mais bon .

  • A.V.
    • Posté à 14h28 le 06/10/2008
    • Internaute 24685

    « Santa Barbara qui me dira pourquoi j’ai le mal de vivre » (générique de la célèbre série télévisée).

    Extrait de l’épisode 128 :

    Wendy : « Mais pourquoi me quittes-tu, Michael ? »

    Michael : « Chérie, tu ne t’es pas épilée depuis des mois. Ta peau ressemble à du parchemin et tu ne te maquilles plus jamais. Tu ressembles à mon cousin John, celui qui a le garage sur la 12e avenue. Et j’en ai marre de m’éclairer à la bougie et de me laver avec des feuilles. »

    Wendy : « Mais Michael, je ne supporte plus cette pollution, j’ai peur du cancer, de la disparition de l’humanité. Tu ne veux pas que les enfants aient un avenir ? »

    Michael : « Quand tout le monde te ressemblera, l’humanité aura disparu. J’ai l’impression de vivre avec le yéti dans une caverne. »

    Wendy : « Je te préviens, Michael ! Si tu demandes le divorce, je réclamerai le yacht et le chalet à Aspen. Mes séances d’écopsychologie me coûtent une fortune. »

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 14h31 le 06/10/2008
    • Internaute 29846
      menuisier

    On traite les désordres psychologiques liés à la dégradation de notre éco-système, ce faisant on invente de nouvelles dépenses et de nouveaux besoins. et du coup, de manière induite on augmente la pression sur le même éco système.
    Désespérant.

    • pablico
      pablico répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h34 le 06/10/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      est-ce aussi sérieux et du même tonneau ceci ? :
      Lien

      (inconscient collectif sur le net)

      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        • Posté à 21h02 le 06/10/2008
        • Internaute 29846
          menuisier

        Harry Seldon et la psycho histoire !

        J’ai pas tout lu ( ! !) mais je le mets au chaud pour demain.

      • solstice
        solstice répond à pablico
        pigiste
        • Posté à 16h25 le 07/10/2008
        • Internaute 38451
          pigiste

        Ouais, bon, Nostradamus avait d’autres moyens mais cela relève du même bazar, madame Irma !

        J’ai pas lu jusqu’au bout mais :
        20% naturel,
        40% militaire,
        40% terroriste :

        c’est une équation qui nous régit depuis 10 ans, non ?

        On aurait pu dire cela de bien des dates, depuis 2001, non ?

        Dormez, bonnes gens, Madame Irma va tout vous expliquer.

  • paradoxe
    • Posté à 14h39 le 06/10/2008
    • Internaute 14804

    la solution est pourtant simple
    accepter que nous sommes en décroissance
    c’est bon pour l’écologie, l’économie,la démographie,bref nos sociètés ; -)
    Continuer à lutter contre cette tendance, c’est la crise financière, qui precède la sociale, la lutte armée entre pays et la catastrophe écologique qui deviendra ineluctable
    est ce si difficile que d’accepter que nous sommes à la fin d’un cycle et qu’il faut arreter de croitre, faut il une thérapie pour cela ? ; -)

    • Numerosix
      Numerosix répond à paradoxe
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 15h04 le 06/10/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Vous commencez à nous les briser menu , à ramener votre décroissance à tout bout de champs (..de culture bio)
      Ceci dit,à la réflexion, ce n’est pas impossible que vous ayez raison .
      Mais arretez de marteler que c’est une solution SIMPLE , s’ il vous plait, je vous en prie . Ce n’est pas simple du tout !

      • paradoxe
        paradoxe répond à Numerosix
        • Posté à 15h58 le 06/10/2008
        • Internaute 14804

        vous avez raison numero six
        il suffit d’ailleurs de lire la réaction en dessous de la votre, pour comprendre que tout le monde est d’accord avec le principe de décroissance, à condition que ça ne le touche pas ; -)

      • RETRO
        RETRO répond à Numerosix
        artiste guitariste/chanteur/ (...)
        • Posté à 08h15 le 07/10/2008
        • Internaute 50175
          artiste guitariste/chanteur/ (...)

        mais t’a mal a ton neurone,1 les produits biodegradables sont vendus,au meme prix que les autres,
        2un vrai ecolo,vis avec son temps,le but est d’avoir un impact limité sur l’environnement on te demande pas de vivre comme un vieux reac !
        3 dit pas c chere,je vis avec moins de tune qu pas de gens et en plus je suis malade ce qui ne m’empeche pas de faire des efforts,
        ONT EST DES ANIMAUX TERRIENS,PAS DES DIEUX,ALORS AGISSONS COMME DES ETRES INTELLIGENTS !

  • penny25
    penny25
    Chargé d'études
    • Posté à 15h13 le 06/10/2008
    • Internaute 48680
      Chargé d'études

    La décroissance est à mon avis obligatoire à la survie de notre plan mais elle ne doit pas être proportionnelle au revenu. On peut pas dire au Smicard qu’il va perdre 20, 30%... de ses possibilités financières et dire pareil au cadre. Le problème est que chacun voit midi à sa porte et que chacun croit mériter ce qu’il gagne (surtout les cadres, les professions libérales et les chefs d’entreprises).
    Il faut repartir sur de bases saines en ce concerne le statut des personnes et les différences de salaire entre les catégories socio-professionnelles. Et c’est sur ce point fondamental qu’une aide psychologique serait également nécessaire en plus des personnes qui ont encore peur de la réalité écologique dans laquelle on se trouve.

  • bifteack
    bifteack
    pierreux
    • Posté à 15h36 le 06/10/2008
    • Internaute 48394
      pierreux

    J’ais déjà entendue ce genre de rapprochement décroissant = gosse de riche ( égoïste ) .Pour ma part je préfère un riche qui remette en question un système lobotomisant en essayant de vivre avec véracité ces principes de ce restreindre pour que les autres puisse vivre plus dignement, qu’un Thénardier . Que je sage Gandhi faisait partie de la petite bourgeoisie indienne ce qui ne la pas empêcher d’etre la figure emblématique qu’il devins, ( de même pour Guevara ) il préconisait, comme les décroissant, que pour changer les choses il faut déjà ce changer soi même. J’ignore si ces femmes ( au faite pourquoi des femmes ? , ça sent un peux la manip cet article ) est sincère dans sa démarche, mais me refuse à l’amalgame puisque nul n’est responsable d’où il est née car il n’a pas agis pour y naître. Je précise que bien que vivant correctement aujourd’hui ( je ne parle que du coté financier, les rapports social formater pars les medias et les politiques managérial des entreprises et un autre sujet qui crée des mal étre évident chez beaucoup de gens ) chez beaucoup galère dans ma vie et m’en suis sortie un peu grâce à moi un peut grâce à certaines gens et beaucoup grâce au circonstances .

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 15h48 le 06/10/2008
    • Internaute 7659
      oiseau

    Tout individu a des souffrances psychologiques et c’est même un aspect « normal » de la personnalité. En d’autres mots, la souffrance ne fait pas une pathologie ; C’est la gestion de cette souffrance qui va caractériser ce qu’on va taxer de « normal » ou de pathologique.

    Ainsi, l’idée que « les ours polaires se noient » peut être insupportable pour beaucoup de monde, mais seulement « pathologique » pour certaines personnes qui vont gérer difficilement cette souffrance, cette idée.

    A ce moment là, qu’est-ce que l’écopsychologie ?
    Est-ce vraiment s’attaquer au problème du mode de gestion de la souffrance ou plutôt au prétexte de cette souffrance ? Après tout, s’il n’y avait pas les « ours polaires se noyant », le pathologique pourrait apparaitre sur n’importe qu’elle autre souffrance comme celle d’une vilaine comète qui peut nous tomber dessus (rien à voir avec l’écologie, mais tout aussi paniquant).

    Qu’est-ce donc que l’écopsychologie ? Est-ce une façon de calmer les angoisses par un vieux mécanisme : redonner l’illusion de contrôle sur un phénomène qui nous n’est pas (entièrement du moins) contrôlable ?
    Après tout, d’ici que les bénéfices de la réduction de consommation soient visibles, les ours seront noyés.

    Qu’est-ce donc que l’écopsychologie ? J’avoue : je ne suis pas convaincu par les fondements psychopathologiques de ce courant, mais je reconnais que l’écopsychologie semble être une bonne campagne de sensibilisation : accompagner les gens dans une conscientisation des problèmes majeurs de notre temps, et si cela permet de changer un tant soi peu les habitudes, c’est bien.

  • Gudule
    • Posté à 16h07 le 06/10/2008
    • Internaute 9720

    Ouhla ! faut prendre ses gouttes, hein !
    Si on se met à pleurer sur les nounours blancs qui se noient, où va-t-on ?
    Tiens, la madame, essaie de faire du vélo, ça détend !

  • actimem
    • Posté à 16h24 le 06/10/2008
    • Internaute 26918

    Les yankee ont foutu la pagaille partout. Maintenant, ils vont nous découvrir des concepts salvateurs qu’ils essaieront d’imposer au monde par la force si nécessaire.

    Vous verrez même « Le Monde » participera à la propagande.

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 16h25 le 06/10/2008
    • Internaute 55044
      trouveur

    Décroissance de l’économie, moins d’activités humaines polluantes : Tout cela semble aller dans le bon sens pour préserver notre petite planète.
    Diminution du nombre d’humain. Est-ce autorisé d’en parler sur ce site gauchisant du politiquement correct ? Contraception, diminution des allocations familiales, diminution des aides dans les pays qui ne contrôlent pas les naissances, ...
    Et une bonne psychothérapie pour tous les culs-bénis qui délivrent la bonne parole « croissez et multipliez.. » et qui fustigent tous les moyens contraceptifs.
    L’homme, cet animal soit disant intelligent, ne connaît il que les guerres pour limiter sa population ?
    Heureusement que la planète se défend ! Elle en éliminera quelques millions. Mais, comme toujours, ce sera les plus mauvais qui resteront...ceux qui bétonneront, bétonneront encore, et encore, pour combattre les éléments du ciel en furie... !
    Dieu reconnaîtra les siens : ceux qui seront bien à l’abri !

    • Jaycib
      Jaycib répond à Marcantoines
      Désagrégé de l'Université
      • Posté à 17h35 le 06/10/2008
      • Internaute 37053
        Désagrégé de l'Université

      La voilà, la solution toute trouvée : la croissance ZERO, entraînant la décroissance rêvée ! On est en plein mythe mathusien « appliqué », avec le désespoir suicidaire qui va avec. Halte à la vie en surface ! Tous (mais ce n’est qu’un euphémisme) à nos bunkers, comme avant tout cataclysme.

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 17h36 le 06/10/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Si l’écoconscience ne fait que susciter de l’écoculpabilité, elle n’engendrera vite que de l’écodépression, surtout chez ceux et celles qui ont cru au mythe de l’individualisme triomphant, et Dieu sait qu’ils/elles sont nombreux aux Etats-Unis ! Quel effondrement des valeurs ils/elles connaîtront alors, et tant de vies à reconstruire !

    (On voit déjà sourdre en leur sein une nouvelle « conscience » philosophique : « et si j’étais de trop, et si NOUS étions de trop », etc. Au mieux, peut-être battront-ils le rappel d’auteurs qu’on avait trop vite fait de glisser sous le tapis, ex. l’Albert Camus de « Le seul problème philosophique vraiement sérieux, c’est le suicide », et ainsi de suite, conséquence somme tout logique pour ceux qui croient que l’alternative unique se présente sous la forme de la survie « aux conditions du marché » ou du dénuement intégral, à savoir du refus absolu desdites conditions en toutes circonstances, lequel refus, sans vouloir offenser personne, me paraît conduire droit à la mort. On n’a jamais connu de société composée uniquement d’ermites.)

    Si l’écothérapie a un avenir, ce ne peut être que sous la forme d’une thérapie COLLECTIVE. Et la POLITIQUE, alors, revient au galop. Car la renonciation individuelle à la consommationite – problème au sujet duquel les Américains possédant un tant soit peu de jugeotte ont depuis longtemps mauvaise conscience –, n’est que le premier stade de l’éveil. Le second stade, seule alternative au désespoir, est celui de l’organisation sociale du refus du « marché » actuel.

    A ce point de vue, les initiatives telles que celle décrite dans la première partie de l’article ne pourront avoir de débouché positif que si elles s’incarnent dans une démarche construite et informée de quête d’un vivre autrement... à condition que ce soit vivre autrement soit collectif.

    Et les réponses toutes trouvées, comme celle d’une prétendue « décroissance » généralisée, n’aboutiront qu’à une impasse. Comment en effet convaincre des citoyens lambda ou des sous-citoyens sub-lambda qui n’ont rien ou très peu, que la solution leur sera apportée par une nouvelle renonciation QUANTITATIVE (à leur emploi agricole ou industriel, à leurs habitudes, contraintes et forcées, de sous-consommation) ? Comme s’ils ne se sentaient pas déjà privés de tout ou presque !

    La seule solution que nous impose l’écoconscience pour le bien de tous (car notre écoconscience individuelle servirait à bien peu de choses hors de ce contexte), c’est celle du choix QUALITATIF pleinement assumé, celui d’une nouvelle agriculture, d’une nouvelle industrie, d’une nouvelle gamme de services, et cela au niveau planétaire, mais sans jamais perdre de vue que la PRODUCTION de notre mode de vie ne doit nullement cesser. Toute halte ou même réduction arbitraire de cette production (et toute halte à la notion de productivité humaine qui en découle) serait nécessairement perçue comme contraire à l’intérêt collectif, avec toutes les conséquences politiques que cela implique – en bout de ligne : triomphe de l’autoritarisme anti-écologique imposé par le haut, au nom de la rationalité supérieure des « sachants » ou « experts » du marché, ou d’un fascisme – non moins anti-écologique et mortifère à long terme – venu d’en bas, au nom d’une irrationalité générale issue du refus de toute pseudo-solution de « décroissance » imposée aux gens contre leur gré.

    La création de structures politiques tout aussi nouvelles s’impose à nous. Il y faudra à la fois beaucoup d’ambition et beaucoup d’humilité, mais pas nécessairement de radicalité systématique. L’auto-destruction (ou l’auto-extinction, par déperdition du poids politico-social qu’entraîne le désengagement) des « écoconscients minoritaires » ne servirait assurément à rien du tout.

  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 17h52 le 06/10/2008
    • Internaute 45440
      Consultant
  • Millecalottes SARKASTIK
    • Posté à 18h22 le 06/10/2008
    • Internaute 44768
      Variable

    Désolé de vous plomber !

    Lien

    • Millecalottes SARKASTIK
      • Posté à 05h32 le 08/10/2008
      • Internaute 44768
        Variable

      @ rue89
      Sujet : Krach : « Les fous ont pris le contrôle de l’asile »
      La pub empêche d’accéder au contenu ! ! !
      ► »Accéder directement à Rue89.com »
      Nous « boot » sur l’accueil ! ! !

      J’aime bien Karl mais là, c’est ZERO ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

      Cordialement

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h34 le 06/10/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Arg, si les psy se mettent à l’écologie, les ours ont vraiment intérêt à apprendre à nager.

    Mais comment ose-t-on sortir des trucs pareils ? Le climat perd la boule, ça me fait flipper, aller hop, 10g de Valium et le monde va être sauvé !

    La prochaine fois que je prends une cuite, je pourrais dire à mon patron de rade préféré que lui aussi fait de l’écopsychologie.

  • antonh
    antonh
    curieux
    • Posté à 19h33 le 06/10/2008
    • Internaute 50096
      curieux

    c’est ça ouais, « croissez et multipliez vous »....
    n’empeche qu’au « grand banquet du monde », y’a pas de place pour tout le monde, y’a ceux qui sont à table et les autres...
    le ptit jesus avait pas prévu quand il a monté son commerce qu’on serait un jour trop nombreux sur terre, maltus a bien proposé une solution terre à terre, mais pas très morale semble-t-il.
    la réalité, c’est qu’on est de plus en plus nombreux sur terre et que meme si l’humain évolue vite, ça risque fort de coincer à un moment ou un autre : toutes les espèces qui prolifèrent de manière exponentielle finissent par s’auto-réguler.
    que ce soit, par une « bonne guerre » comme disez nos anciens, un virus ou encore l’empoisonement de notre environnement, l’humanité va se réguler (et je suis pas madame irma ! !).
    la décroissance semble, du coup, la solution la moins mauvaise pour réaliser ce virage, mais aux vues du comportement humain et de l’évolution de la planete, ça risque de ne pas etre la solution retenue...
    c’est cynique hein ? espérons que ce ne soit pas juste clinique...

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 20h00 le 06/10/2008
    • Internaute 55044
      trouveur

    Allocations familiales jusqu à 2 enfants : un, ça va ; deux, limite ; trois, rien de plus ; quatre, pénalité ; ...
    Immigration bien choisie et limitée.
    Afin d’obtenir dans 20 ans : 60 millions d’habitants en France ; et dans 100 ans : toujours 60 millions.
    Lorsque nous serons capable d’émigrer sur une autre planète, nous pourrons continuer à baiser comme des phoques ( sans capote), croître comme des lapins et bouffer comme des porcs...

  • sinclair
    • Posté à 21h45 le 06/10/2008
    • Internaute 2580

    Le tout est de faire du fric avec la peur et surfer sur la vague ecolocon. Un seul espoir que ces dames ne se reproduisent pas, par respect pour la nature.
    Sa commence a bien faire les ecoloconnerie bio de salon.

  • actimem
    • Posté à 08h52 le 07/10/2008
    • Internaute 26918

    il ne faut pas rêver, l’idéologie « croissance » vient des banques qui créent de l’argent-dette. Quand vous signez un crédit, le banquier vous prête de l’argent qu’il n’a pas. Cet « argent » emprunté c’est vous qui allez le produire dans l’avenir et vous devez le produire sinon saisie. Et en plus vous devez payer les intérêts qui croissent de façon exponentielle.

    Moins de dette => moins d’argent-dette => décroissance (cercle vicieux où nous sommes)

    « la stupidité de la race humaine est de ne rien comprendre à la fonction exponentielle » dixit une figure du capitalisme.

    Pour comprendre, je vous livre ce lien instructif qui dit ce qui ne se dit pas :
    Lien

    • Jaycib
      Jaycib répond à actimem
      Désagrégé de l'Université
      • Posté à 17h11 le 07/10/2008
      • Internaute 37053
        Désagrégé de l'Université

      Actimem est sans doute un apôtre qui s’ignore du fameux système du « crédit social » cher à Pie XI et toujours conforté depuis par ses successeurs. Une visite du site suivant lui paraîtrait fort instructive :

      Lien

      Même argumentation, même finalité que les arguments de Paul Grignon. (Les origines québécoises du mouvement néo-créditiste sont tout à fait intéressantes.)

      En cherchant un peu, on peut trouver sur Google un site royaliste français reprenant les mêmes arguments hostiles à l’« argent-dette », qui, comme chacun sait, a construit et est en train de détruire la République. Et vive le Roy !

  • Chou marin
    Chou marin
    sal'bête plein'd'poils
    • Posté à 12h19 le 07/10/2008
    • Internaute 12261
      sal'bête plein'd'poils

    LA SOLUTION :

    Lien

    Mouvement pour l’Extinction Volontaire de l’Humanité
    « Puissions-nous vivre longtemps et disparaître »
    –––––––––––––––––––––––––––L’extinction progressive de l’espèce humaine par l’abandon volontaire de la reproduction permettrait à la Biosphère de recouvrer une bonne santé. Le manque d’espace vital et les pénuries en ressources naturelles trouveraient leur solution si la population humaine était moins nombreuse et moins dense.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 21h08 le 07/10/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)
  • parti
    parti
    punishment park
    • Posté à 21h26 le 07/10/2008
    • Internaute 36257
      punishment park

    et encore pierrrrre, seriez-vous adepte de la néanthérapie ?

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.