California dreamin'

Le regard de la journaliste française Armelle Vincent sur la Californie et le Mexique.

A Los Angeles, personne ne connaît notre Johnny national

Armelle Vincent
Journaliste
Publié le 11/12/2009 à 10h08


« Johnny qui ? » Les petites grand-mères bénévoles qui renseignent les visiteurs à l’accueil de l’hôpital Cedar Sinai de Los Angeles sont bien en peine de me répondre. Je viens de leur demander si elles sont au courant de l’hospitalisation d’un certain Johnny Hallyday, star française de la chanson. Non vraiment, elles ont beau se creuser la tête et prendre un air désolé, elles ne savent pas qui est ce monsieur.



Audio file

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J’essaie Jean-Philippe Smet. Elles consultent leurs registres. Rien. Le rocker n’a bien évidemment pas été admis sous ce nom-là.

Je suis du reste très surprise que ces deux charmantes vieilles dames aient manifesté le désir de me renseigner. Les consignes de l’hôpital sont très strictes. Jamais il ne confirme l’hospitalisation de personne. Ni n’organise de conférences de presse. Ni ne publie des communiqués sur l’état de santé de ses patients. Elles m’ont sans doute prise pour une amie du malade.

« Je ne sais même pas si la personne dont vous parlez est ici ou non. Et même si elle l’était, je ne serais de toute façon pas en mesure de vous le dire. »

C’est ce que me répondra plus tard Nicole White, l’attachée de presse de Cedar Sinai jointe par téléphone.

Je jette un coup d’oeil autour de moi. Le grand hall principal de l’hôpital des stars est animé, mais sans plus. Des canapés en cuir fauve sont installés ici et là. Un piano à queue semble attendre que quelqu’un le remarque et tape sur les touches de son clavier.

Le décor évoque plus le salon d’un grand hôtel que l’antichambre d’un hôpital. C’est bizarre ce piano. Posé là comme dans les grands magasins de luxe, sauf que dans ces endroits, il y a toujours un type en smoking qui joue une mélodie mièvre. Au Cedar Sinai, le piano est muet. Est-il juste décoratif ?

Un groupe d’hommes sérieux en costume cravate et attaché-cases discute dans un coin. Dans un autre se tient une réunion de médecins en blouses blanches, badges pendant au cou. Et puis des gens qui attendent. Pas une seule trace d’un journaliste ou d’un paparazzi. Ni dedans, ni dehors. Ici, Johnny est dans l’anonymat le plus complet. Personne pour l’emmerder ou harceler sa famille dans ces moments difficiles.

Ca doit quand même être bien de pouvoir être malade en paix pour une fois. J’imagine le même scénario en France. Des hordes de journalistes devant un hôpital parisien. Alors qu’ici, sa présence ne provoque que l’émoi de la communauté française.

« En fait, Johnny déteste l’anonymat de Los Angeles » m’a récemment déclaré un de ses amis proches, un Français dont je préfère taire le nom. « Sans photographes pendus à ses basques, il est comme perdu ».

Il y a quelques mois, j’ai vu Johnny attablé à La Petite Porte, un restaurant branché, avec Laeticia et un ancien joueur de foot au crane chauve, paraît-il connu en France, qui essaie de se reconvertir ici dans le cinéma. Tout ce beau monde dînait tranquillement. Pas un Américain ne se savait en présence d’un rockeur légendaire en France.

Il y a eu aussi l’anecdote de mon voisin, l’Australien Mark. Son job est d’escorter les célébrités dans le dédale de l’aéroport, de leur faire éviter les longues queues et la sécurité. Il y a quelques mois, il m’a téléphoné pour me demander si je connaissais un certain Johnny Hallyday. « Je dois l’escorter aujourd’hui, me dit-il. Il parait qu’il est connu en France. C’est vrai ? ». Ca m’a fait sourire.

Pendant que je traînais dans les couloirs de l’hôpital, Johnny se faisait apparemment opérer. Le but de cette nouvelle intervention chirurgicale était de réparer des lésions causées par la précédente opération pour une hernie discale subie à la clinique Monceau le 26 novembre dernier, aux mains du très médiatique neurochirurgien Stéphane Delajoux.

Quelques heures plus tard, les médias rapportaient que Johnny était maintenu dans un coma artificiel dont il serait depuis sorti. Il est très difficile de confirmer ces informations dans un sens comme dans l’autre. Les seuls à nous dire quelque chose sont les employés de son service de presse et son producteur Jean-Claude Camus. Ici, c’est motus et bouche cousue.

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  • Majesté
    Majesté
    On respire enfin
    • Posté à 11h26 le 11/12/2009
    • Internaute 77564
      On respire enfin

    Personnellement, j’espère qu’il vivra encore de très très nombreuses années, et si possible plus longtemps que moi.

    En effet, j’imagine déjà l’annonce de son décès par Laurence Ferrari, le chagrin du Très Cher Nabot, le transfert des cendres au Panthéon, puis les hommages, les soirées spéciales, les anniversaires, les compils, les intégrales, les best-of, les coffrets collector pour les fêtes, les concours de sosies, les livres, les dvd de ses concerts, l’inauguration d’un lycée Johnny à Neuilly (bel oxymore), les ventes de produits dérivés, les voyages sur les traces de Johnny, et puis aussi, naturellement, les révélations de la presse pé-cul sur les vraies raisons mystérieuses de la mort de Johnny (vraisemblablement empoisonné par des extra-terrestres de type méditerranéen), propos aussitôt relayés par tous les média sérieux, etc. etc. etc.

    Non, sincèrement, très longue vie à Johnny.

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 11h32 le 11/12/2009
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse
  • Désabusé
    Désabusé
    desabuse.blogspot.com
    • Posté à 11h51 le 11/12/2009
    • Internaute 32800
      desabuse.blogspot.com

    Trois réflexions :

    1 - Les gens riches et célèbres ne se font pas opérer dans des hôpitaux qui accueillent la populasse.

    2 - Comme le disait le chanteur Renaud, les vedettes du showbiz français les plus connues Outre- Atlantique sont le commandant Cousteau et le mime Marceau.

    3 - Pour apporter au débat sur l’identité nationale : être français, c’est accepter de payer ses impôts en France.

  • Jo Liqueur
    Jo Liqueur répond à Charles Mouloud
    pilier de bar
    • Posté à 12h30 le 11/12/2009
    • Internaute 86549
      pilier de bar

    Comment peut-on rire alors que l’on sait le Jauni Alité ?

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