California dreamin'

Le regard de la journaliste française Armelle Vincent sur la Californie et le Mexique.

Etats-Unis, une semaine sans insultes ? C'est fucking retarded !

Armelle Vincent
Journaliste
Publié le 04/03/2010 à 12h59


Un homme avec une insulte sur la bouche (Stuart Conner/Flickr)

Imaginez une semaine de l’année durant laquelle les jurons seraient interdits. L’idée vous semble saugrenue ? Proposée par un jeune homme de 16 ans, elle a pourtant été adoptée par l’Assemblée californienne jeudi dernier, avant d’être rejetée par le Sénat quelques jours plus tard. Non que les sénateurs aient été opposés à la mesure, appelée « Cuss Free Week ». Ils avaient tout simplement d’autres lois plus importantes à examiner. Sans parler du nouveau déficit de 20 millions de dollars à gérer.

Dommage. Il aurait été marrant de voir comment cette nouvelle loi aurait été appliquée. Ou pas. On nous avait déjà annoncé qu’aucune sanction ne serait mise en place pour la faire respecter : selon ce projet, les Californiens auraient été encouragés à placer un bocal quelque part dans leur maison, une sorte de tirelire où les contrevenants à la loi auraient été tenus de mettre de l’argent à chaque gros mot prononcé.

L’argent des gros mots reversé aux bonnes œuvres

Chacun (familles, entreprises, agences gouvernementales) aurait déterminé les sommes correspondant à différents jurons. L’argent collecté aurait été reversé à des bonnes œuvres.

C’est donc un ado qui a eu l’idée de la « Cuss Free Week ». McKay Hatch en avait paraît-il marre que les élèves de son lycée de Pasadena jurent comme des charretiers. Il y a deux ans, il a donc formé un club de gens bien élevés car, explique-t-il aujourd’hui :

« la vulgarité créait un environnement d’impolitesse et de discordance sur le campus ».

Il est sûr que lorsque j’entends les adolescents dialoguer entre eux, je suis souvent sidérée de l’agressivité de leur language. Les filles se traitent familièrement de « bitches » (littéralement « chienne’ mais je pencherais plutôt pour “salope’) et de ‘puta’ (pute).

Lorsque j’exprime ma désapprobation, elles me répondent que je ne comprends rien à leur génération, que ces termes sont en fait affectueux et même tendres.

Les garçons se traitent de ‘douche bag’(une traduction est-elle nécessaire ?).

Ce qu’ils me disent à l’idée d’une ‘Cuss Free Week’ : ‘L’idée est fucking retarded’. Si la mesure ne peut pas être appliquée légalement, quel est son intérêt ? C’est vraiment n’importe quoi !”

De son côté, McKay Hatch se dit convaincu qu’il serait plus facile de repousser la drogue, la violence et la pornographie et de se consacrer à des objectifs plus positifs si on éliminait les jurons de notre vocabulaire.

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  • yoms
    • Posté à 13h09 le 04/03/2010
    • Internaute 67829

    What the fuck is going on in the united states ?

    Une semaine sans insultes, oh my god(e) !

    Un peu dingue que les parlementaires aient failli laisser passer ça...

    Ceci dit je trouve que vos considérations sur la façon dont les ados se parlent sont intéressantes, en France c’est pareil, sans compter les jeunes blacks qui s’appellent négro entre eux « à l’américaine façon ghetto » et les termes raciaux pour s’entre-désigner.

    L’appauvrissement du langage se traduit-il par une paupérisation de la pensée ? Peut-être car c’est effectivement le langage qui structure la pensée...

  • Dr Maboul
    Dr Maboul répond à Rivendell
    Développeur
    • Posté à 14h26 le 04/03/2010
    • Internaute 50987
      Développeur

    Vous avez presque entièrement raison : pour le « niggers » sachez que vous pouvez vous risquez à appeler un noir comme ça mais il faut bien prononcer « negga » et pas « nigger » ou sinon vous allez refaire la scène de combat dans un bar de rush hour (1 ou 2 je ne sais plus) qui est déclenchée par la mauvaise prononciation de Jacky Chan, mais faut bien connaitre le type avant à mon avis.

    Pour le « fags » qui vient de « faggots » = pédale, voir l’épisode de south park de la dernière saison où les adultes sont offusqués par « l’homophobie » des jeunes pour qui un « fag » est en fait un con qui emmerde le monde (et pas un gay).

    Pour le « bitch » ça se dit même entre mecs, quand j’ai eu la chance d’aller travailler un été au states et de retrouver un ami d’enfance c’est arrivé qu’un habitué du bar qu’on fréquentait assidûment (on est pas comme ça) finisse par m’appeler « my bitch ». Je me suis « énervé » avant de comprendre qu’il n’y avait pas lieu. C’est un peu comme « ma couille » c’est assez amicale quand on connait celui qui vous traite de couille.
    Mais il ne faut surtout pas confondre « bitch » et « biatch » qui pour le coup signifie exclusivement « salope ».

    Comme beaucoup, les insultes sont ce que je connais le mieux dans les langues étrangères...

  • Armelle Vincent
    Armelle Vincent répond à clement_m-
    Journaliste
    • Posté à 20h51 le 04/03/2010
    • Journaliste 36910
      Journaliste

    Qui plus est, je trouve que mes enfants et leurs copains, à dire « fuck » à toutes les sauces, sont tout aussi formatés. De nouvelles expressions font régulièrement surface et ils se mettent tous à les répéter sans se demander ce qu’elles signifient. Ne pas dire de grossièretés n’est pas cool. C’est pas du formatage, ça ?

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