Hijab and the city : quand l'« habit fait la musulmane »
Il est des apparences qui prêtent plus à penser que d’autres. Celles des femmes musulmanes portant le voile en font partie.
Le hijab divise depuis plus de vingt ans maintenant. En 1989 (on l’appelle alors « tchador »), le voile islamique fait son apparition dans les débats publics lorsque trois élèves d’un collège de Creil se voient renvoyées pour port d’insigne religieux contraire à la laïcité.
Plus récemment, la proposition de légiférer sur le port de la burqa, qui a rapidement glissé vers la question du foulard, a relancé le débat. De même que la parution dans Paris Match en octobre dernier d’une photo montrant la chanteuse Diam’s voilée. Si l’artiste ne s’est pas encore exprimée sur le sujet, beaucoup d’autres l’ont fait, comme Sihem Habchi, présidente de l’association « Ni putes, ni soumises », pour qui Diam’s « victime de son entourage » a « capitulé ».
Pour Canons de beauté, j’ai eu envie d’aller à la rencontre de Khadija et Mariame Tighanimine. Khadija et Mariame, 28 et 22 ans, sont sœurs, françaises musulmanes et portent le voile. Elles ont fondé le site Hijab and the city, webzine féminin.
« Tous les clichés sont réunis »
Mariame et Khadija ont le sentiment que « quoi qu’elles fassent », elles sont toujours confrontées au même discours : « les femmes musulmanes et notamment les femmes voilées sont soumises ». Les réactions provoquées par la fameuse photo de Diam’s les touchent, mais ne les étonnent pas. (Voir la vidéo)
« L’habit fait la musulmane »
Comment gèrent-elles elles-mêmes leur apparence et les réactions qu’elle peut provoquer ? Si Mariame et Khadija ne sont pas des victimes de la mode, elles font attention à ce qu’elles portent –comme toute femme occidentale, avec ce « plus » qu’elles essaient de faire oublier. (Voir la vidéo)
Hijab and the city
« Il est indécent de se focaliser sur le foulard et de nier la personne qui le porte. ». Mariame et Khadija ont fondé « Hijab and the city » en 2008 dans le but de faire connaître des personnes « dont on parle beaucoup, mais à qui on ne tend pas le micro ». Blog à l’origine, Hijab and the city est, selon elles, « le premier web magasine qui n’exclut pas les femmes françaises de culture musulmane ». (Voir la vidéo)
Mode occidentale et voile « ne sont pas antithétiques »
En dehors de ce qui touche à la spiritualité, les thématiques abordées dans le webzine sont sensiblement les mêmes que dans d’autres féminins : amour, cuisine, psy, société et beauté. Et une rubrique mode régulière : quel look proposer ? Pour qui ? Est ce que tout est permis ? Une première réponse : mode occidentale et voile « ne sont pas antithétiques ». (Voir la vidéo)
J’ai été interpelée par « Hijab and the city » et j’ai eu envie d’en parler parce qu’en y allant pour la première fois, j’ai découvert un espace plutôt moderne et pas moralisateur. Un lieu d’échanges d’expériences et de réflexions.
Evidemment, musulmans ou non musulmans, tout le monde ne se reconnaîtra pas dans les articles, mais il me semble que le site et les jeunes femmes qui le mènent véhiculent autre chose que « soumission » et « prosélytisme ».
- Sur hijabandthecity.comLe site Hijab and the city
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En tant qu’athée par choix délibéré et mûri, je ne pourrai pas me faire à cette idée qu’on puisse avoir un habit signifiant, quel qu’il soit, en public. Cet habit a un sens, ou il n’a pas lieu d’exister (ou il s’agit d’une excentricité passagère, et qui peut être provocatrice). Si c’est un chapeau, c’est par exemple parce que le soleil est dangereux. Si c’est une doudoune, c’est parce qu’il fait très froid. Un imperméable hermétique est logique si la pluie est au rendez-vous. Hors ces cas extrêmes, il s’agit d’une façon de se refuser au reste de la société pour des raisons ou des prétextes exagérés de pudeur. Ce peut être aussi une façon de se désigner comme appartenant à un culte en tant que ministre de celui-ci. C’est valable pour les hommes comme pour les femmes, il ne saurait y avoir de différence entre les sexes quel qu’en soit le prétexte.
Ces choses étant établies, il sera possible de discuter, sachant que dans le cadre administratif aucun manquement à la banalisation de l’apparence n’est toléré. L’école entre dans ce cadre administratif, tous les emplois de fonctionnaires également.
Les a-priori peuvent paraître drastiques, mais les lois de la République les ont conçus ainsi, et la majorité de la population (y compris des personnes dont les ancêtres vivaient ailleurs sous d’autres lois) est d’accord avec cette façon de vivre ensemble.




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