Laiterie Sainte Clotilde : une table rive droite en pleine rive gauche

Thierry Richard
Chroniqueur
Publié le 25/10/2008 à 19h09

La Laiterie Sainte Clotilde, à Paris VII (Thierry Richard)

Du tout frais, pimpant et rutilant, une table de quartier revue et corrigée, en plein VIIe plus bourgeois que bohème, ça vous dit ? Ça s’appelle la Laiterie Sainte Clotilde (ne me demandez pas pourquoi) et les tables et chaises en formica y ont fait leur rentrée des classes début septembre.

On ne devrait jamais écrire sur les restaurants dans la foulée d’une visite, l’émotion encore en bouche et les sentiments les pieds plantés dans l’immédiateté. On devrait toujours laisser le temps tamiser les opinions. Mais voilà, quand, dans une rentrée plutôt morose, on dégotte une adresse qui vaut quelques kilomètres, on veut publier les bancs le plus vite possible. Avec les risques inhérents. Et assumés.

Voilà donc une jolie petite table aux airs de cantine proprette, tables carrées sans nappe, chaises dépareillées back from the seventies, peinture mate britannique et ardoises pour seuls menus. Une ambiance très bobo sage, sauf qu’on longe ici la rue de Bellechasse et que le quartier préfère depuis toujours le Margaux au Côtes du Rhône, fut-il Gramenon (pourtant à la carte, 5 € le verre). Comme une enclave de la Rive Droite au cœur de la Gauche (de Rive)…


(Thierry Richard)

La carte, aussi courte que la cuisine est petite, 4 m2 à tout casser, change tout le temps. Ce jour-là sous ma fourchette une « Fricassée de pleurotes et œuf poché », un « Filet mignon de porc à la sauge et à la rhubarbe » et une « Tarte aux figues ».

On sent la saison, l’été qui finit dans le dessert très bien balancé avec ses figues douces à la chair craquante, l’automne qui se profile au détour de champignons croquants, bien ajustés et la tête haute. Entre les deux, la demi-saison, de l’idée (rhubarbe et sauge), une cuisson du filet mignon prédécoupé aux petits oignons, une purée maison aux morceaux légitimes, suave et parfumée. De la patate en goguette, carrée et directe. Peut-être un léger déséquilibre dans ce plat avec une acidité de la rhubarbe qui charrie trop sa puissance et balance la sauge dans le bas-côté. Mais bon, pas de quoi fouetter un chat.

Des assiettes nettes, sans bavure et sans un poil de gras inutile. C’est simple, judicieusement assemblé et quelques semaines de rodage devraient corriger les erreurs de trajectoire.


(Thierry Richard)

Ah ! J’oubliais presque l’essentiel. Que demande-t-on à une table de quartier avant tout ? De vous noyer dans le confort, la chaleur et les charentaises sentimentales. De s’y sentir bien et d’en savourer la générosité à chaque bouchée. Comptez alors sur un service en salle volontaire et chaleureux comme un manège de fête foraine, tout empli de gentillesse et de sollicitude non feinte. C’est d’ailleurs peut-être le meilleur atout qui soit.

Retenez donc ce nom, la Laiterie Sainte Clotilde, c’est une des réussites de cette rentrée et ça ne m’étonnerait pas qu’on en reparle ailleurs. Bientôt.

Laiterie Sainte Clotilde 64, rue de Bellechasse 75007 Paris. Tel : 01 45 51 74 61. Fermé le Dimanche. Le midi, menus à 20 € et 24 €. Le soir, à la carte.

Retrouvez les chroniques gastronomiques de Thierry Richard et bien d’autres menus plaisirs sur son blog : Chroniques du Plaisir (http://chroniquesduplaisir.typepad.fr/)

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  • bilqis
    bilqis
    expat
    • Posté à 07h35 le 26/10/2008
    • Internaute 16265
      expat

    Rien que le nom me hérisse : on fait vraiment dans le méga super bobo parisien, genre un peu désuet.
    Ben quoi ? ca sent la pub déguisée, désolée...

    lLaissez moi donc vous parler de la Cantine Bio à Albertville.
    On mange une super assiette bien remplie pour 10 à 12 euros, en végétarien ou pas.
    Il y a une grande table ou tous ceux qui viennent seuls mangent ensemble. C’est super, on fait toujours des rencontres très intéressantes.
    C’est sain, c’est sympa, ben oui, c’est pas à paris manque de bol. Ou plutôt non... tant mieux !

  • bilqis
    bilqis
    expat
    • Posté à 08h30 le 26/10/2008
    • Internaute 16265
      expat

    Excusez moi, j’en rajoute :

    « Voilà donc une jolie petite table aux airs de cantine proprette »
    Une cantine avec un menu à 20 euros minimum, et à midi, ca sent la « cantine » de luxe.

    Mets toi à notre place. Ce restau avec son nom pseudo n’importe quoi, réunit tout ce qui fait grincer bien des dents en ce moment : le quartier, le nom totalement artificiel, le prix.
    Ah quel pied : « Des assiettes nettes, sans bavure et sans un poil de gras inutile » : non mais excuse moi encore mais c’est totalement bobo nouvelle cuisine de merde où t’as rien dans ton assiette... que du vent et de la frime.
    Bon j’arrête, désolée, c’est dimanche et comme j’ai oublié de changer l’heure, me suis levée trop tôt...
    bon dimanche à tous

  • désenchantée
    • Posté à 11h53 le 26/10/2008
    • Internaute 43955
      aucune

    bonjour
    Ah voici un sujet qui m’intéresse bien, la cuisine c’est une passion, en effet rien de plus simple que de faire une purée, pommes de terre épuchées, lavées, coupées en gros morceaux accompagnées de son échalotte et cuites à la vapeur en cocotte minute ’ 2 verres d’eau au fond de la cocotte et un peu de gros sel), sorties de cuisson, une fourchette et zou on écrase joyeusement, on rajoute qq filet d’huile d’olive, et un soupçon de crème, goutez pour rectifier l’assaisonnement et vite on la déguste, cette recette est pour les amateurs de purée flocons ! rires
    je suis bien d’accord avec Pseudo, on va au restau pour savourer des mets infaisables à la maison !
    la cusine inventive c’est comme l’amour il faut y mettre de l’amour et de la sensualité pour obtenir un plaisir hors commun......
    bonne bouffe
    et
    joyeux dimanche

  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 13h10 le 26/10/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    Ça s’appelle la Laiterie Sainte Clotilde (ne me demandez pas pourquoi)
    La légende raconte .....
    « que les ouvriers qui travaillaient au monastère, se trouvant exténués par la chaleur et n’ayant aucune boisson pour les réconforter, s’adressèrent à Sainte Clotilde, qui se mit en prières et obtint que l’eau d’une fontaine voisine eût, pour ces ouvriers, la force et le goût du vin »
    D’où la « laiterie » CQFD !
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