A Paris, de la gastronomie à prix métro à La Table d'Eugène

Thierry Richard
Chroniqueur
Publié le 06/12/2008 à 17h05

La Table d’Eugène (Thierry Richard).


Joli départ en fanfare pour cette nouvelle adresse nichée dans un coin du XVIIIe qui a peu souvent les honneurs des tables ambitieuses et où les appétits ont malheureusement plutôt le vague à l’âme des faubourgs délaissés. C’est pourtant ici, sur les contreforts de Montmartre, du côté nord de la butte, que se niche une des plus belles découvertes de la rentrée et c’est heureux. Enfin du nouveau à la mairie du XVIIIe !

Voici donc la Table d’Eugène (Sue, comme la rue où elle s’est amarrée à côté d’un bar-tabac sans âge), une table toute pimpante, audacieuse et le sourire encore aux lèvres. Une table dont on a déjà commencé à vanter les mérites de-ci de-là. A juste titre.

Car il y a là, de l’autre côté du passe-plats, un jeune chef sorti tout droit de la brigade du Bristol (Eric Fréchon comme mentor, on a vu pire présage) qui n’a rien oublié de ses gammes classiques et de son savoir-faire de palace mais qui vous enrobe tout ça de son enthousiasme juvénile et d’une belle imagination que l’on sent dans chaque assiette. Il y conjugue de très beaux produits, une réalisation au cordeau et de petites facéties qui rendent le tout surprenant et savoureux.

Un parfum de brume de matin d’automne sur les collines du Piémont

Ce soir-là, sous la fourchette, dans l’ordre d’apparition sur notre table sans nappe, ce furent des « Ravioles de truffe blanche, Consommé de Bœuf » généreusement garnies et parfumées comme une brume de matin d’automne sur les collines du Piémont, superbes de tiédeur revigorante, suivies de « Saint Jacques poêlées » larges et souples, doucement alanguies sur leur lit de légumes crémeux aux pieds duquel se love un petit jus de viande corsé, le tout conclu par un « Baba à l’Absinthe », décalé, solide, bonhomme qui nous ramène direct au sommet de la butte. Bref, un vrai talent à l’œuvre derrière les fourneaux.


Ravioles de truffe blanche à La table d’Eugène (Thierry Richard).

Le palais encore ravi, on passera dès lors sur le décor approximatif qui semble pourtant emballer nos confrères, son vert amande et ses rayures bayadère, la grande vitrine sur la rue qui vous glace l’hiver venu, l’éclairage un peu cru (allez, please, ajoutez quelques bougies sur les tables) et les chaises à l’assise toute ronde à la longue peu confortables. Question de moyens sans doute.

Une ambiance détendue de bal musette

On fera également abstraction de la promiscuité un peu envahissante qui vous fait très vite partager la conversation de la tablée voisine (la nôtre avait le volume sonore inversement proportionnel à la profondeur de sa conversation, dommage, on aurait pu mieux tomber).

Mais bon, cela peut avoir son charme. Un côté bouillonnant et détendu de bal musette. Une camaraderie instantanée, née autour de l’assiette de Geoffroy Maillard et soudée par le plaisir de se retrouver là, bien, dans ce lieu improbable à quelques centaines de mètres du périphérique nord.

Alors ne boudons pas notre plaisir, car pour 30€, tout ceci est une très belle affaire. Une sorte de petit gastro à prix métro. Donc soyez gentils, prenez votre Vélib, vos pieds ou votre berline mais courez-y !

La Table d’Eugène 18, rue Eugène-Sue 75018 Paris - Téléphone : 01 42 55 61 64 - Ouvert du mardi au samedi, formule déjeuner autour d’un plat à 17€, le soir 25€ pour une entrée et un plat ou un plat et un dessert, menu à 30€.

Plus de photos de La Table d’Eugène, ici.

En partenariat avec :

Photos : La Table d’Eugène et ses « Ravioles de truffe blanche » (Thierry Richard).

  • 8812 visites
  • 14 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • ysengrimus
    • Posté à 17h08 le 06/12/2008
    • Internaute 12674

    Ah la France, gastronmie naturelle en tous lieux et en tous temps...

    Lien

    non, ce n’est pas une légende...
    Paul Laurendeau

  • Christo139
    Christo139
    internaute
    • Posté à 19h10 le 06/12/2008
    • Internaute 61577
      internaute

    Il est vrai que ce resto offre un rapport qualité prix quasi imbattable !
    j’ai toujours plaisir a y retourner
    je l’avais découvert grace au site « Gastronomie & Vins »
    Lien

    Lien

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 22h27 le 06/12/2008
    • Internaute 24237
      prof. en province

    En France il n’y a pas que Paris et le métro !

    • Tinhinane
      Tinhinane répond à papy55
      Médiatrice scientifique
      • Posté à 22h41 le 06/12/2008
      • Internaute 4901
        Médiatrice scientifique

      Saisissez, l’oppoutunité de ce média avec la liberté de ses commentaires pour nous parler d’une bonne adresse de là où vous êtes.
      Cordialement

  • AC-89-
    • Posté à 11h40 le 07/12/2008
    • Internaute 39476

    Pour plus de photos il faut s’inscrire sur fesse-bouc, dommage.

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à AC-89-
      journaleux - blogueur, en exil (...)
      • Posté à 19h18 le 07/12/2008
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur, en exil (...)

      Pour les raisons expliquées ici :
      Lien
      il ne faut surtout pas y aller ! ça va empirer, selon les experts qui y travaillent.

  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 14h08 le 07/12/2008
    • Internaute 29241
      Observateur.

    Merci cette « belle affaire » .... mais j’ aimerais beaucoup que vous précisiez le prix des vins et du café car les restaurateurs parisiens se font une spécialité des menus alléchants qui constituent un prix d’ appel : outre les suppléments qui foisonnent, on se retrouve souvent captif d’ une carte des vins médiocre à prix exorbitants sans parler de la bouteille d’ eau minéral à 8 euros et du café à 5 euros... J’ en profite également pour exposer un mystère : comment se fait-il que le prix des tables gastronomiques de Bruxelles équivalent aux prix des « bistrots parisiens » qui nous servent de la cuisine d’ assemblage à base de produits sous vide ? (tout est calibré au gramme près...). Comment se fait-il qu’ on puisse également y manger de la gastronomie italienne pour 25 euros alors que Paris foisonne de pizzérias de seconde zone qu’ on persiste à appeler restaurant ? Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond aux pays des restaurateurs parisiens que j’ évite autant que possible.

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Albufera
      journaleux - blogueur, en exil (...)
      • Posté à 19h19 le 07/12/2008
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur, en exil (...)

      il n’y a pas que les parisiens à se sucrer sur les boissons…

    • global
      global répond à Albufera
      dirigeant
      • Posté à 07h02 le 08/12/2008
      • Internaute 47514
        dirigeant

      Bien vrai...meme si a Paris il y a bien sur des bons et meme de tres bons restaurants, le plus grand nombre est assez terrible. Entre service pitoyable, produits de mauvaise qualite , « cuisine » mediocre ou comme vous dites sous vide fournie par des industriels quand aux pizza...c’est simple ce sont probablement les pires aux monde, les restos chinois incroyablement mauvais (aucun dim sum...a part des « bouchees insipides “congelees”) quand je vois aussi ces “japonais” qui ne sont japonais que pour quelqu’un qui n’a aucune idee de ce que la cuisine japonaise peut etre ! Maintenant ce sont les consommateurs qui mangent dans ces lieux qui font qu’ils restent ouvert...il devrait y a avoir a Paris comme ici chaque annee des best of et worst of...cela permet une concurrence plutot base sur la qualite et le service.

      Alors tres tres bien de proposer des address mais soyez plus precis sur votre critique et incluez service, confort, proprete et cartes des vins.

      • Unstern
        Unstern répond à global
        • Posté à 00h09 le 10/12/2008
        • Internaute 26295

        @ Global

        Si vous en avez marre des dim sum congelés et réchauffés à la hâte (beurk !), je me permets de vous conseiller le Tai Yen, à 50 m du métro Belleville.

        Et en plus, dans la meilleure tradition cantonaise, ils servent en continu de 10h à 24h 30, sans désemparer. Salle plutôt grande, prix très corrects et clientèle du quartier. Vous serez traité comme un mandarin si vous commandez en chinois.

        P.-S.

        Je n’ai pas d’actions chez eux, hein… Seulement mon rond de serviette.

         : -)

         
        • global
          global répond à Unstern
          dirigeant
          • Posté à 20h18 le 11/12/2008
          • Internaute 47514
            dirigeant

          Merci...lorsque je serais a Paris j’y penserais. Petite question est ce un service avec chariots ? Ici ce sont 5/6/7 chariots de dimsum frais avec une tres grande diversite qui nous sont proposes ..merci

        1 autres commentaires
      • Christo139
        Christo139 répond à global
        internaute
        • Posté à 12h14 le 12/12/2008
        • Internaute 61577
          internaute

        les 30e pour entrée plat dessert le soir (25€ le midi) incluent service impecable, propreté
        Quant à la carte des vins elle provient pour l’essentiel directement d’un des meilleuyrs cavistes indépendants du 18e : les caves du roy. Ca démarre à 20€ la bouteille et il y en a pour tous les gouts et tous les prix
        Le st joseph est excellent
        Sinèrement pour etre allé deux fois dans ce resto : ce niveau de qualité, de quantité et de créativité pour ce prix à Paris : c’est unique
        Lien

  • rigas
    rigas
    sociologue
    • Posté à 19h06 le 07/12/2008
    • Internaute 1087
      sociologue

    Les ravioles me font penser à un autre excellent petit restaurant qui s’appelle L’Enchotte, 11, Rue Chabrol
    , 75010 Paris près de la gare de l’Est (Tel : 01 48 00 05 25). Toujours délicieux, des vins très honnêtes et pas trop chers et une carte qui change souvent et suis les saisons. Et d’excellents desserts. Le tout pas très cher (autour de 20 euros incluant vins et desserts). Le rêve.

  • barney67
    barney67
    webmaster
    • Posté à 00h46 le 09/12/2008
    • Internaute 26027
      webmaster

    30€ c’ est trop cher ! !

    je préfères encore aller ailleurs , saint michel

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.