A Paris, la Family Affair, ça n'est bon que pour les yeux

Thierry Richard
Chroniqueur
Publié le 06/03/2009 à 22h43


Family Affair (Thierry Richard).

Il y a des endroits que l’on aimerait aimer. Parce que l’air y est léger, l’époque confortablement installée, les abords paisibles et les couleurs vives. Parce que le sourire qui se penche sur vous au moment de la commande respire la bonne humeur des journées d’escale , que la carte vous amuse avec ses gimmicks (salades et déclinaisons de pâtes aux saveurs du monde) dont vous n’êtes pourtant pas dupe. Parce que vous êtes là un samedi midi, sous un bref rayon de soleil, débarrassé de vos pesanteurs et prêt à l’abandon facile.


Family Affair (Thierry Richard).

Oui, il y a des endroits que l’on aimerait aimer. Puis vient le temps de la désillusion. Elle vous attend sournoisement au fond de l’assiette, tapie dans le verre de rouge, planquée dans un bol vert pomme. Elle rôde insidieusement autour d’un service escargot prenant ses aises dans une salle à moitié vide.

On aurait pourtant de la sympathie pour cette Family Affair, pas bêcheuse, un peu bobo, gentiment pop, aux sièges de cuir rouge Ferrari, distillant tranquillement une décontraction un poil branchée dans son vaste espace de lumière blanche. Mais on est là pour déjeuner et c’est sans doute là l’erreur.

Batavia et micro-pétales de jambon

On sourit au « concept » des pâtes agrémentées à toutes les sauces de la terre (Italie bien sûr, Japon et Thaïlande certes mais on y croise aussi les rivages plus incertains des Etats-Unis, du Portugal, du Mexique…).

C’est un peu gadget, c’est plutôt rigolo, on se dit, pourquoi pas ? Et on goûte. Des nouilles à l’espagnole (Fideua d’Ibiza), « Creste di gallo, cuisinés comme une paëlla avec morceaux de poulet, crevettes, moules et soupions, sauce au safran » et une salade elle aussi dite espagnole (Barcelonneta), « Batavia, jambon Serrano, gros haricots à la tomate, tomates cerise, oignons doux, croûtons, vinaigre de Xerès, huile d’olive vierge et ciboulette fraîche ».

Ouf ! On se dit qu’avec autant de précision et de mots dans l’intitulé des plats on va en avoir pour ses euros (13 pour la salade, 14 pour les pâtes tout de même).

Patatras ! La salade est une vaste escroquerie où la batavia seule fait 90% du spectacle, quelques micro-pétales de jambon (deux bouchées en viendront à bout), trois croûtons, quatre haricots (ce qui n’est finalement pas un mal vu la balourdise étouffante du légume)…


Family Affair (Thierry Richard).

Quant aux pâtes, lourdes, compactes, elles sont beaucoup trop cuites (« comme une paëlla » me revient soudainement en mémoire). Les saveurs sont éteintes, plates, la moule géante atone et les crevettes (non décortiquées) définitivement mollassonnes, comme rabougries dans des carapaces trop grandes pour elles. Seules les couleurs du plat font illusion. Jusqu’à la première fourchette.

Ajoutons simplement que le si charmant sourire a mis des heures (avec au moins trois rappels) à nous apporter une bouteille d’eau, et tout autant pour l’addition. Que voulez-vous, ici on est décontracté. Très. On se surprend alors à penser qu’il n’y a que les couleurs qui sont vives à cette adresse, ni les plats, ni le service n’ont cette qualité.

Il y a des endroits que l’on aimerait aimer. Mais voilà…

Family Affair 20, rue des Martyrs 75009 Paris - Téléphone : 01 40 16 96 44 - ouvert du mardi au samedi - à la carte, comptez une vingtaine d’euros.

► Plus de photos de Family Affair, sur Facebook.

Retrouvez les chroniques gastronomiques de Thierry Richard et bien d’autres menus plaisirs sur son blog Chroniques du Plaisir

Photos : Family Affair (Thierry Richard).

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  • 11 réactions
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  • Lidenbrock
    • Posté à 07h38 le 07/03/2009
    • Internaute 24667

    Mon dieu, mon Dieu, mon Dieu,... que de problèmes existentiels...

  • in girum
    • Posté à 09h13 le 07/03/2009
    • Internaute 8170

    rien que les chaises, dehors, sur la pelouse de plastique, ça donne envie de fuir. et puis les salades de pâtes, c’est dégueu. un resto moche avec un menu caoutchouteux, je ne vois pas l’intérêt de faire une critique. sauf à habiter la rue condorcet, juste à côté, et se plaindre que le quartier dégénère, c’est qui est exact -et sans surprise. mais c’est pas cool, ça ressemble à une attaque de clocher dont le reste du monde, d’ailleurs, se fout.
    j’ai bien plus envie qu’on me donne envie, même si je n’y vais pas.

    • dad
      dad répond à in girum
      papa ours
      • Posté à 15h25 le 09/03/2009
      • Internaute 65359
        papa ours

      ce sont des chaises de Konstantin Grcic, elles sont en alu moulé au sable et elles représentent une belle prouesse technique par leur mode de fab, leur légèreté et leur résistance. c’est sûrement la seule valeur sûre de ce restaurant d’ailleurs, au regard de la critique.

  • Juanita Pablo de Tagéno
    Juanita Pablo de Tagéno
    Epouse virtuelle de Tagada
    • Posté à 09h49 le 07/03/2009
    • Internaute 65591
      Epouse virtuelle de Tagada

    Faut être un peu couillon aussi pour aller au restaurant manger et payer un truc que n’importe qui peut réaliser dans sa petite cuisine facilement, pour peu que l’épicerie du coin ait tous les ingrédients.

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 11h50 le 07/03/2009
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    la majorité des riverains s’en tape ! ! ! !

    • Utilisateur désinscrit à sa demande
      • Posté à 12h53 le 07/03/2009
      • Internaute 70482
        nc

      Ouais : on s’en tape... la cloche.

      Mais pas dans ces infra boufferies pour bouffons maigrelets : on va s’en coller jusqu’aux dents du fond qui baignent, à l’auberge de la Poule au Pot, à Goujounac (Lot). Canard gras à toutes les sauces. Prévoir un estomac de rugbyman dégorgé une semaine au gros sel avant de se pointer, pour parvenir jusqu’au dessert. Et tout ça pour le prix d’une salade minable dans le restau pourri de l’article.

      Non, franchement, on s’en fout complètement, des critiques de restaus parisiens : rien que parmi les commentateurs, il y a une très grosse majorité de provinciaux, sur rue89. Mettez vous à notre place... Bien sûr, on peut très bien s’abstenir de lire la rubrique, mais bon...

    • marie 75
      marie 75 répond à jyeden
      • Posté à 12h56 le 07/03/2009
      • Internaute 3563

      oh que oui !

  • Lidenbrock
    • Posté à 12h11 le 07/03/2009
    • Internaute 24667

    Encore moi..., le plus drôle (involontairement, je pense) c’est, sur la même page, cette annonce google pour des recettes de salades.

    • marie 75
      marie 75 répond à Lidenbrock
      • Posté à 12h56 le 07/03/2009
      • Internaute 3563

      mauvais esprit, va ! ! ! ! !

      • Lidenbrock
        Lidenbrock répond à marie 75
        • Posté à 16h36 le 07/03/2009
        • Internaute 24667

        ... c’est rien de le dire... et j’ai encore bien pire en magasin ! ...

  • Anita1945
    Anita1945
    retraitée
    • Posté à 03h12 le 08/03/2009
    • Internaute 62171
      retraitée

    AUTRICHE : Un terrain offert contre l’engagement de procréer à
    VIENNE.

    a t s - 7.03.2009.
    Pour se repeupler, un village Autrichien va offrir des terrains à bâtir à qui s’engagera à y fonder une famille dans les dix ans.
    Quatre conditions doivent être remplies, sinon les bénéficiaires devront rendre les 12’000 Euros correspondant à la valeur du terrain.

    Pour obtenir gracieusement un lot de 800 à 900 m2 à Rappottenstein, une localité située près de la frontière Tchèque, les candidats - célibataires ou non -
    doivent s’engager par CONTRAT à vivre maritalement et à avoir au moins un enfant, dix ans plus tard.

    La maison, qui doit être appelée à devenir leur résidence principale, doit, en outre, être mise en chantier dans les TROIS ANS.
    L’offre est destinée à lutter contre la baisse constante de la population de la Commune : qui compte 1760 habitants, a précisé la Mairie.

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