Chemin du Nord

La Norvège racontée par une guide touristique, également secrétaire des Verts au conseil municipal de Bergen

Norvège : mes nuits polaires au festival du film de Tromsø (réservez-vite)

Diane Berbain
Blogueuse
Publié le 06/03/2013 à 16h08

Le soleil fait une courte apparition vers 12 heures (Diane Berbain)

Un film norvégien, Kon-Tiki, a été cette année nommé aux Oscars. Mais que cache le cinéma norvégien, à quoi ressemble son industrie ? Il faut creuser, et regarder un peu plus au nord. Loin du bling-bling du festival de Cannes et autres cérémonies opulentes, il existe un festival du film à 69° nord, organisé en plein hiver.

Ce festival international du film, je n’en avais franchement jamais entendu parler. Et pourtant, il a lieu chaque année depuis vingt-trois ans, et est très vite devenu une fête populaire servant un programme de qualité, un évènement important en Norvège pour l’industrie du cinéma. Quoi de plus irrésistible que l’appel du froid, de la neige, de l’ambiance feutrée des salles de cinéma de Tromsø sous les aurores boréales, et aller en apprendre un peu plus ?


Le logo du festival

Partir pour Tromsø, c’est l’exotisme avec un grand E. J’ai embarqué bottes en peau de phoque et dessous de laine, et me suis envolée direction la porte de l’Arctique. A 1 200 kilomètres de Bergen à vol d’oiseau, et 2 500 kilomètres de Paris, on se retrouve dans une autre Norvège. La Norvège arctique, avec sa longue heure bleue hivernale, sa culture Same, ses sommets saisissants sortant de la mer, un paysage qui provoque une mélancolie attirante, méditative et addictive, au bout du monde.

CNN Travel recommandait d’ailleurs Tromsø comme destination à faire en janvier en 2013, et aurait pu citer le festival comme évènement à ne pas manquer. Tous les films sont en VO sous-titrée en anglais, et toute la ville est en mode de fête. En 2012, le festival a eu 53 488 visiteurs. Tromsø a 70 000 habitants. Le festival, TIFF pour les intimes, a eu lieu cette année du 14 au 20 janvier. A cette période, le soleil repasse juste au-dessus de l’horizon pour une bonne heure.

Le temps des aurores boréales

En arrivant en ville, je me laisse surprendre par la quantité de personnes arpentant les rues glissantes. En plus des festivaliers, on vient de novembre à mars pour les aurores boréales, et les touristes débarquent tous les jours des quatre coins du monde de l’Express Côtier et de l’aéroport (il n’y a pas de ligne de chemin de fer allant jusqu’à Tromsø).


L’Express Côtier arrive (Diane Berbain)

L’hôtel Scandic a même une chambre garantie aurores boréales si le temps est couvert, pour les Japonais qui croient au mythe que faire l’amour sous les aurores permet de concevoir des enfants beaux et heureux.


Ma photo ratée d’aurore boréale (Diane Berbain)

Tromsø s’avère être bien plus qu’une île perdue près du pôle Nord. Autrefois le point de départ stratégique de plusieurs expéditions polaires, c’est aujourd’hui une ville jeune et internationale avec son université la plus septentrionale au monde et autres centres de recherche à la pointe.

Le centre-ville est très intime, tout est à portée de main. On y croise une architecture moderne côtoyant le traditionnel, sa vie nocturne n’a rien à envier à Oslo. La ville est aussi connue pour sa scène électro, qui a vu naître de grands noms comme Bel Canto et Röyksopp.

Video du groupe local Kid Exodus présentée au festival, qui met de l’action à Tromsø

On aurait pu croire que Tromsø, surnommée « le Paris du Nord », si loin de tout, se laisserait plonger dans l’inertie au cours de cette période morne. Janvier est un mois où Tromsø a réussi à se mettre sous les feux des projecteurs, et pas seulement à cause du festival. Neuf ministres étaient attendus à Tromsø, dont huit pour participer à la grande conférence annuelle Arctic Frontiers qui a ouvert juste à la fin de TIFF.

Puis la ville enchaînait avec Nordlysfestivalen, un festival de musique classique, de jazz et autres. Et pour qui veut faire durer le plaisir et faire connaissance avec la culture Same, on a la semaine Same à Tromsø début février, avec entre autre une course de rênes en plein centre-ville.

Froid dehors, chaud dedans

Mais revenons à TIFF. La ville a eu l’idée géniale de mettre sur pied un véritable rituel marquant la fin de la nuit polaire. Pendant six jours, on se glisse de salles en salles pour se laisser éblouir par des images venant de contrées lointaines ou locales. Un marathon dans un paradis.


Tromsø, au Nord du centre ville (Diane Berbain)

Après les films on rencontre du monde, on déguste volontiers une Mack, la bière locale, au Café Sånn ou à Ølhallen, le plus vieux pub de la ville, ou encore dans l’un des nombreux autres bars bondés. On s’arrête pour admirer le cadre. On va acheter un sandwich chez les Italiens d’Helmersen. Les végétariens vont à Sivertsen, dans l’ancienne mairie. On lève le nez vers le ciel pour essayer d’apercevoir des aurores boréales.

On participe à des séminaires ou autres happenings organisés pour l’occasion, on va se déhancher à Driv, on va voir une expo dans l’un des musées de la ville. La fin du festival est marquée par la célébration du retour du soleil, finalement visible au-dessus de l’horizon. Pour fêter cela, on sert les traditionnels beignets du soleil (Solboller) dans les entreprises et les écoles.


Une lumière rare et saisissante (Diane Berbain)


Vue d’un quai (Diane Berbain)


La cathédrale Arctique de Tromsø (Diane Berbain)

TIFF s’est aujourd’hui forgé une renommée au-delà des frontières, ce que je comprend bien vite en étudiant la qualité de la programmation avec une sélection tirée à quatre épingles, tenant fermement à l’écart les grosses productions commerciales. Il y a l’embarras du choix, et pour tous les goûts.

Le but du festival est sans aucun doute d’ouvrir une porte dans cette partie retirée du monde sur le septième art avec un grand A, et sur d’autres cultures, qu’il s’agisse de pays lointains – en voyageant cette année d’Israël à la Russie, en passant par Cuba et la Corée du Nord ou à des subcultures comme le monde du skateboard.

J’arrive à décrocher une interview avec la très demandée Martha Otte, directrice du festival :

« Nous avons une approche humaniste. Nous voulons promouvoir la tolérance et la compréhension à travers notre sélection. Notre programmation est caractéristique, avec de bonnes histoires, certaines plus accessibles que d’autres. Des films qui peuvent nous apporter quelque chose. »

L’évènement est également un lieu de rencontre important pour les réalisateurs du Grand Nord. La programmation Film from the North légitime à elle seule mon voyage et fait tout l’exotisme du festival. En plus de la situation géographique, l’immersion est totale. On y présente les meilleurs court-métrages et documentaires des zones septentrionales de la Norvège, de la Suède, de Finlande, de la Russie et du Canada, qui sont en compétition dans leur catégorie respective pour la Palme de Tromsø. Cette sélection offre l’opportunité unique au monde de se plonger dans l’univers fantastique de cette partie du monde, en particulier pour moi qui n’en apprend jamais assez sur la Norvège.

D’autres prix prestigieux sont remis, comme le prix Aurora, le FIPRESCI, le FICC, le Prix norvégien du film pour la paix (NoFFA), et enfin le prix du public de Tromsø.

Une fête populaire


Le maire et la directrice du festival, à son ouverture (Ingun A. Mæhlum/Tromsø internasjonale filmfestival)

Le festival a réussi à fidéliser son public. Beaucoup refont le voyage tous les ans rien que pour le festival.

« On a tout en un. C’est une chance pour voir les aurores boréales, faire du traîneau, découvrir la culture same. Le soleil de minuit est fascinant aussi, mais la nuit polaire est beaucoup plus exaltante », confirme Martha Otte.

Le maire de Tromsø, Jens Johan Hjort, a son bureau juste au-dessus du cinéma, et ne cache pas sa fierté :

« C’est fantastique d’être maire ici. C’est à découvrir. Le festival est devenu pour les habitants de Tromsø une véritable tradition. Avant, les gens prenaient leurs vacances à cette période, mais pour partir au soleil. Maintenant c’est pour aller au festival. »


Un écran géant sous la neige, c’est possible (Diane Berbain)

« Pour ceux qui vivent dans le nord de la Norvège, TIFF marque une transition importante de la période sombre à des jours plus lumineux. Ils commencent à penser à TIFF lorsque le soleil disparaît en novembre, et l’idée que TIFF arrive en janvier leur donne l’espoir de jours meilleurs ! » déclare Martha Otte.

Les enfants ne sont pas en reste, et peuvent voir avec leur classe et leur famille des films montrés en plein air au Cinéma de neige (Snøkino), avec un écran placé au centre ville. C’est très exotique de voir des bambins rester sagement assis dans le froid.

La plupart des séances en salle sont « sold out ». Certains films sont par ailleurs montrés dans le plus ancien cinéma du pays en fonction continue depuis sa création, Verdensteatret, une institution. Il abrite aujourd’hui la cinémathèque et un bar branché très sympa, dans la grande rue piétonne au centre.


Le cinéma de neige (Snøkino) (Ingun A. Mæhlum / Tromsø internasjonale filmfestival)


Le cinéma de neige (Snøkino) (Ingun A. Mæhlum / Tromsø internasjonale filmfestival)

Je me suis fait plaisir à voir quelques films français juste pour observer la réaction du public dans cette partie du monde. « Camille redouble » et « Dans la maison » ont carrément remporté chacun un prix, et étaient accueillis par des applaudissement à la fin de chaque projection. Martha Otte, directrice du festival, parle d’une « excellente collaboration avec l’Institut français », et « regrette de ne pas avoir eu d’invités français pour cette vingt-troisième édition ».

« L’année dernière nous avions Olivier Assayas, nous espérons faire venir Michel Gondry l’année prochaine », ajoute-t-elle.

Et les Français auront de quoi aimer Tromsø en retour. Les gens sont chaleureux, leur accent vibre, ils sont plus ouverts, plus exubérants que dans le sud du pays.

Et l’industrie norvégienne du film, c’est quoi ?

Trond Brede Andersen est un réalisateur natif de Tromsø, qui a présenté au festival le documentaire « Det lengste løpet » (La course la plus longue), sélectionné pour la Palme de Tromsø, me parle un peu de son milieu. Tout est à faire. Il dit :

« La Norvège à Ibsen pour le théâtre, Grieg pour la musique, mais aucun grand nom pour le cinéma. Le cinéma norvégien n’a pas encore trouvé sa voix. Le pays doit oser montrer son originalité et ses particularités. »

Andersen est dans l’industrie depuis 1984. Il a étudié à l’école internationale du film de Londres, a travaillé dix ans à Oslo puis est retourné dans sa ville natale. Il contribue aujourd’hui à développer le milieu du film de sa région, et l’un des seuls à y vivre de son art à plein temps.

« Participer au festival de Tromsø est très prestigieux, c’est un honneur d’y participer. Les films du Nord sélectionnés sont les meilleurs produits en 2012. Le festival n’a cessé de grandir depuis sa création et est devenu une vitrine et une arène importante pour les réalisateurs du Nord de la Norvège. »

On retient dans son discours une forme de militantisme, l’idée du local contre le global, où la valorisation des particularités locales par les films est à faire.

« L’industrie cinématographique norvégienne est petite et très fragile, contrairement au film français, danois, suédois... Même à Oslo, le milieu du cinéma est très restreint. Cela peut vite devenir uniforme et donc inintéressant. Nous n’avons pas de références sur lesquelles on peut revenir, le film norvégien n’a pas confiance en lui.

C’est pour cela qu’on a une tendance à copier ce qui vient de Scandinavie ou des Etats-Unis. C’est vraiment dommage, alors que nous pourrions montrer ce qu’on a d’unique, cultiver notre propre langage. Le nord de la Norvège a pour tradition de cultiver ses différences, ce que la région a d’original. Mais on n’a pas encore eu le temps d’exploiter tout le potentiel qui s’y trouve et toutes les histoires uniques à raconter. »

Tromsø, un bel exemple de décentralisation, a réussi à mettre en valeur sa nature et ses cultures, exceptionnelles. On en tombe facilement amoureux, on y retournera.

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  • O.S.T.I.A.
    • Posté à 16h37 le 06/03/2013
    • Internaute 191710
      ZAD

    « “ Pour ceux qui vivent dans le nord de la Norvège, TIFF marque une transition importante de la période sombre à des jours plus lumineux. Ils commencent à penser à TIFF lorsque le soleil disparaît en novembre, et l’idée que TIFF arrive en janvier leur donne l’espoir de jours meilleurs !” »

    tu m’étonnes, j’y suis allé une fois à Tromsø, une semaine en octobre, c’est sympa hein... mais bon de la à y vivre... d’ailleurs j’me demande si c’est pas là qu’il y a l’un des plus grands taux de consommations d’antidépresseurs ou de suicides de Norvège non ?

    en tout cas très bel article merci : -)

    • Diane Berbain
      Diane Berbain répond à O.S.T.I.A.
      Blogueuse
      • Posté à 19h55 le 06/03/2013
      • Internaute 168268
        Blogueuse

      Merci beaucoup ! :))

    • massmon
      massmon répond à O.S.T.I.A.
      • Posté à 20h28 le 06/03/2013
      • Internaute 57297

      ayant vécu là bas 6 mois je peux confirmer que la vie n’est pas super passionnante quand le jour baisse. sinon s’il fait beau c’est super pour la nature et les aurores.
      j’ai travaillé sur storgata (la rue principale) et j’en ai vu défiler des toxicos... si t’as pas de jobs là bas, t’as du mal à survivre avec le coût de la vie.
      enfin tout ça est à nuancer car ils accueillent pas mal de réfugiés politiques dans le coin

      • O.S.T.I.A.
        O.S.T.I.A. répond à massmon
        ZAD
        • Posté à 00h16 le 07/03/2013
        • Internaute 191710
          ZAD

        Je sais pas ce que vous appelez toxicos mais si vous parlez d’héroïnomane ça ne m’étonne pas, l’héro est un vrai fléau en Norvège ça c’est sûr. A Oslo et à Bergen c’est hallucinant. Ya des parcs ou les gens se shootent en plein jours aux yeux de tous, ya des seringues partout par terre, et c’est des parcs bonne ambiance avec plein de gens et des poussettes et tout c’est hallucinant. Par contre aucun rapport avec les réfugiés politiques, les tox que j’ai vu étaient bien tous blond aux yeux bleus pus souche viking

         
        • massmon
          massmon répond à O.S.T.I.A.
          • Posté à 08h11 le 07/03/2013
          • Internaute 57297

          pour les réfugiés je voulais nuancer en disant que s’ils accueillent des réfugiés ça doit bien vouloir dire que c’est quand même viable pour des personnes en difficulté financière

        1 autres commentaires
  • Nain Glumeux
    Nain Glumeux
    Nalyseur de proximité.
    • Posté à 20h39 le 06/03/2013
    • Internaute 148099
      Nalyseur de proximité.

    ses sommets saisissants sortant de la mer, un paysage qui provoque une mélancolie attirante, méditative et addictive, au bout du monde.

    La Norvège c’est splendide,Tromsø c’est encore plus beau.
    Merci pour cet article et ce précieux moment d’évasion.

  • Diane Berbain
    Diane Berbain
    Blogueuse
    • Posté à 13h25 le 07/03/2013
    • Internaute 168268
      Blogueuse

    Toujours Tromsø. À gauche, le 13 juin 2012 à 23h49. À droite, le 3 janvier 2013 à 12h45. (Photo : Alice Polenghi)

    • Marilyn Manson
      Marilyn Manson répond à Diane Berbain
      Anticorruption
      • Posté à 13h44 le 08/03/2013
      • Internaute 199121
        Anticorruption

      Curieux, je suis allé me renseigner sur le site ephemeride.com pour connaître la durée de la nuit polaire à Tromso. C’est vraiment long, du 27/11 au 14/01 ! Du coup, je ne comprenais pas cette luminosité sur la photo de droite. Mais bon, j’imagine que c’est parce qu’il y a toujours un peu de crépuscule. Jamais de nuit noire s’étalant sur plusieurs jours.
      Sinon, vous êtes aussi photographe ? Car j’ai moi-même beaucoup aimé les photos. Cette beauté obscure donne vraiment envie d’aller y mettre les pieds.

      Edit : en cherchant sur wikipédia, j’ai effectivement trouvé la réponse

      « En raison de la position de la ville au nord du cercle arctique, le soleil ne se couche pas entre le 18 mai et le 26 juillet. En outre, il ne fait pas réellement nuit entre la fin du mois d’avril et la mi-août, le soleil ne descendant pas assez bas sous l’horizon. Le soleil reste sous l’horizon entre le 26 novembre et le 15 janvier. Il s’en approche cependant suffisamment pour donner un peu de lumière en milieu de journée même en plein hiver. Les nuits raccourcissent ensuite rapidement et, dès le 21 février, le soleil est au-dessus de l’horizon entre 7h45 et 16h10, puis entre 5h50 et 19h50 au 1er avril. En raison des conditions de lumière très différentes, les Norvégiens divisent l’hiver en mørketid (nuit polaire) et seinvinter (fin de l’hiver). »

      « En plus du marathon du soleil de minuit en juin, un semi-marathon est aussi organisé pendant la nuit permanente de janvier. »

      C’est vraiment animé alors en Janvier là-bas, il y a même le semi-marathon polaire, cool !

  • farphe
    farphe
    farfadet
    • Posté à 15h24 le 07/03/2013
    • Internaute 102340
      farfadet

    Tromsø, j’y suis alle 2 semaines en fevrier 1998 quand j’etais au lycee. Deux semaines rythmees par les cours (c’etait dans le cadre d’un echange scolaire), par les sorties en pleine nature, la beaute alentour, les aurores boreales, les jeux olympiques (de memoire, la Norvege y a cartonne), la gentillesse des gens, les 4-5h de lumiere par jour (de memoire, a verifier), les tournees entre amis au Cafe Paletten et ... les Norvegiennes ; -) on dira ce qu’on voudra, elles sont souvent fort jolies ! Je n’ai pas de mauvais souvenir la-bas, en y repensant.

    En tout cas ca m’a fait tres plaisir de lire cet article bien sympa, et merci aussi pour les photos !

  • temasek_13
    temasek_13
    Employe de bureau
    • Posté à 21h20 le 07/03/2013
    • Internaute 197059
      Employe de bureau

    Bel article, bravo.

    Ca donne envie d’y aller, meme si les conditions sont un peu rudes. Trop pour y vivre en tout cas.

    Bonne continuation.

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