La France peut battre les Blacks si elle les retrouve en finale

Clément Poitrenaud
International français de rugby
Publié le 24/09/2011 à 14h52


Israel Dagg échappe aux joueurs français lors de Nouvelle-Zélande-France le 24 septembre à Auckland (Bogdan Cristel/Reuters)

Même si le score (37-17) de la défaite du XV de France face aux All Blacks ce samedi matin est relativement lourd, ce match ne m’inquiète pas pour la suite de la compétition. On nous promettait l’enfer et je trouve que les Bleus ont bien résisté. La conquête a été bonne, la mêlée fermée a été dominatrice surtout en fin de rencontre et on a pu voir quelques phases de jeu qui ont entraîné du déséquilibre dans la défense néo-zélandaise.

Mais la grosse différence entre la France et les All Blacks, c’est que, comme on dit dans le sport, les Bleus n’ont pas su profiter de leurs temps forts et ont payé très cher leurs temps faibles.

Les All Blacks sont intraitables

A l’exception de l’essai de Trinh-Duc, ils n’ont jamais marqué de points lorsqu’ils dominaient et c’est dommage, surtout lors des dix premières minutes où la France a été vraiment excellente, avec 80% de possession de balle et une mise en place exemplaire.

Au contraire, les All Blacks sont intraitables : ils savent laisser passer l’orage, puis profiter du moindre relâchement, du moindre plaquage manqué, pour inscrire des points. Leur domination se voit toujours au tableau d’affichage.

Pour autant, je n’ai pas l’impression que l’écart entre les deux équipes soit si important. Et comme nous l’avons prouvé par le passé, en 2007 notamment, il est possible de les battre, en fermant le jeu, en étant dominateurs en conquête et surtout en occupant judicieusement le terrain.

Le problème, c’est que dès que les Blacks prennent l’avantage, cette stratégie s’effondre et il faut forcément se découvrir, ce qui est toujours favorable au jeu néo-zélandais.

Avec la pression, les All Blacks sont vulnérables

Si la France les retrouve en finale (et ce n’est pas gagné !), je pense qu’elle peut les battre. Devant leur public, lors du dernier match de leur Coupe du monde, les Néo-Zélandais auront une pression monstrueuse, renforcée par le fait que contre les Français, ils ne savent jamais à quoi s’attendre (1999 et 2007). Sauf en 1987 – le seul titre de champion du monde des Blacks – la France les a toujours battus lors des grands rendez-vous.

Il faut savoir que les joueurs néo-zélandais ont peu l’habitude des matches de phase finale, qui engendrent forcément une pression particulière. Dans leur championnat, le Super 15, il n’y a ni montée ni descente alors que nous, toutes nos rencontres ont un enjeu. Nous sommes rompus au stress de devoir finir dans les six premiers du Top 14 (pour accéder à la Coupe d’Europe), du quart de finale, de la demie...

C’est un avantage psychologique considérable et le fait que le match de ce samedi comportait peu d’enjeu a avantagé les Néo-Zélandais. Avec la pression, ils sont plus vulnérables.

Il faut féliciter Morgan Parra

Pendant la semaine, on a beaucoup parlé du replacement de Morgan Parra à l’ouverture et je trouve qu’il a bien répondu à l’impact physique qu’on annonçait si compliqué à gérer. Il faut le féliciter : pour une première à ce poste, il a prouvé qu’il pouvait assurer l’intérim en cas de pépins.

Le véritable XV de France commence à se dessiner : il ressemble, à mon avis, à quelques exceptions près, à l’équipe alignée ce samedi matin en y ajoutant François Trinh-Duc (que Marc Lièvremont a forcément voulu reposer ou sanctionner en le mettant remplaçant contre les Blacks), William Servat et Nicolas Mas.

L’équipe va devoir trouver les derniers automatismes et engranger de la confiance contre le Tonga avant le quart de finale très certainement contre les Anglais, qui ne sera vraiment pas un cadeau, contrairement à ce que certains ont pu dire. A chacun sa bête noire. Pour être champions du monde, il faut pouvoir battre toutes les équipes et n’avoir peur de personne.

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  • angus70
    • Posté à 18h26 le 24/09/2011
    • Internaute 39555

    Je suis assez d’accord avec cette analyse.
    On se prend 3 essais en 10 minutes sur de grossières erreurs de défense, qui je vous l’accorde ne sont pas acceptables à ce niveau.
    Mais si on les corrige, ce qui ne manquera pas d’être fait, les blacks ne nous passerons pas 20 points et pourraient être mis en danger sur ce qu’il ont montré.
    Physiquement on était au RDV et je dois dire que j’ai même vu plusieurs blacks faire la grimace à la fin du match.
    Bref, ces blacks sont très loin d’être inaccessibles.
    Sur ce match, j’accorderai une mention spécial à Picamoles qui a été très bon (et en tous cas meilleur que Harynordoqui). Je n’ai pas compris son remplacement à la mi-temps... lui non plus d’ailleurs à ce que j’ai lu.

    En tous cas, contrairement à ce que je lis dans les journaux « spécialisé », on est très loin d’avoir été ridicules. Les Français arriveront au top de leur préparation à partir des 1/4, si on passe les « fourbes de sa majesté » :) puis les « leprechauns enragés » on peut y croire en finale.

  • Tchoubi-Tchoub-Tchoubi
    Tchoubi-Tchoub-Tchoubi
    princesse du rugby
    • Posté à 20h27 le 24/09/2011
    • Internaute 171311
      princesse du rugby

    Analyse pertinente et très objective. rue89 a fait un très bon choix en demandant la collaboration de Clément Poitrenaud.
    Assez de critiques maintenant. Encourageons les Bleus.

  • spartak
    spartak
    (comité libertaire lyophilisé)
    • Posté à 22h17 le 24/09/2011
    • Internaute 84113
      (comité libertaire lyophilisé)

    Cher Clément Poitrenaud, je suis bien content car vous êtes un joueur exemplaire, hardi et volontaire, malin et teigneux - et je suis aussi complètement d’accord avec ce que vous dites.
    Il aurait bien sûr été souhaitable de ne pas prendre le dernier essai, vraiment con, mais dans l’ensemble c’est plutôt pas mal pour un match qu’on ne pouvait pas gagner.
    Et puis, y avait-il vraiment intérêt à jouer l’Argentine plutôt que l’Angleterre ? On perd tout le temps contre les Pumas, alors que trancher les rosbifs en quart, n’est-ce pas, ça augurerait bien de la suite.
    Et si on perd, bon, ben on rentre à la maison et Toulouse fait le doublé cette année, voilà...

  • spartak
    spartak répond à gerfaut32
    (comité libertaire lyophilisé)
    • Posté à 09h29 le 25/09/2011
    • Internaute 84113
      (comité libertaire lyophilisé)

    Vous avez la maladie de l’expertise.
    Les victoires de la France contre la NZ elles ne rentrent pas dans les colonnes des statistiques.
    Vous et la plupart des riverains du fil nous pondez des fichiers excel pour parler d’un truc insaisissable.
    En face, nous avons la chance d’avoir ce cher Poitrenaud, qui était à 1 m des Blacks pendant le haka de 2007. Vous y étiez vous ? Bon , alors s’il vous dit qu’il sent le truc, essayez d’être un peu moins péremptoire. Une victoire de l’ampleur de celle qui est à envisager va forcément avoir quelque chose d’indicible, d’irrationnel.
    Le 43-31 de 1999, il était prévu, prévisible ?
    Et en foot, en 1998, entre le Paraguay en 1/8e et la Croatie et le Brésil ensuite ? Ils avaient l’air malin, le 12 juillet au soir, tous les abonnés à l’Equipe, les férus de la possession de balle et de l’occupation de terrain.

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