Panamericana

L'actualité des Amériques de Valparaiso à Tijuana.

Contre le « terrorisme médiatique », les lois liberticides de Chavez

Michel Faure
Journaliste
Publié le 12/08/2009 à 11h31

La constitution « bolivarienne » du Venezuela va célébrer en décembre de cette année ses dix ans d’existence et son inspirateur, le président Hugo Chavez, promet sous son égide l’avènement du « socialisme du XXIe siècle ».

Il s’agit d’une proposition intellectuellement excitante quand on se souvient des tristes résultats obtenus par celui du XXe. Voyons voir, pensent les esprits curieux, si ce nouvel avatar du socialisme saura dans ce siècle éviter les erreurs (et les crimes) du siècle dernier.

Hélas, les premiers signes observés au Venezuela rappellent des caractéristiques habituelles des régimes socialistes passés. L’une d’elles est de traiter l’opposition comme une trahison nationale. La Révolution, qui à cet égard ressemble à la religion, a toujours raison. Elle connaît la voie du bonheur.

L’adversaire politique est un terroriste potentiel

Dès lors le désaccord est un crime. Il freine la marche du progrès. Etre en dissidence, c’est entrer en guerre. On l’a vu avec les dissidents soviétiques, on l’a vu avec les journalistes indépendants cubains, on l’a vu en Chine, au Vietnam... On va le voir bientôt, j’en ai peur, au Venezuela où l’opposant n’est plus un simple adversaire politique, mais un terroriste potentiel.

Et dès lors la prison est son destin. Ainsi, dans le quotidien espagnol El Pais du 9 août, un député nommé Manuel Villalba, Président de la Commission Permanente de la Science, de la Technologie et de la Communication sociale de l’Assemblée Nationale de la République Bolivarienne, assimile la presse privée vénézuélienne au groupe terroriste basque ETA.

Ce monsieur est à la tête d’une commission chargée de rédiger les textes d’une série de projets de loi, certains approuvés, d’autres sur le point de l’être, tout aussi inquiétants les uns que les autres :

  • Une loi sur la propriété sociale, qui autorise l’expropriation d’entreprises privées
  • La réforme de la loi de l’éducation, qui devrait renforcer le système éducatif dans un sens socialiste, c’est-à-dire réduire le nombre et l’influence des établissements privés
  • La réforme du code pénal qui permet de légaliser les écoutes de communications privées pour des raisons de sécurité
  • La loi électorale, adoptée le 31 juillet et qui réforme les règles du scrutin proportionnel pour l’Assemblée Nationale (la seule chambre parlementaire fédérale) et permet à un parti ayant obtenu au moins 60 % des voix d’occuper jusqu’à 90 % des sièges
  • La loi dite des « délits médiatiques » qui prévoit des peines de quatre ans de prison pour quiconque divulguerait des nouvelles contre l’Etat.

Pour ce député Villalba, la comparaison se justifie :

« Le terrorisme médiatique est une action violente de nature politique qui a pour finalité de porter atteinte aux institutions légalement constituées. Dans le cas de l’Espagne, le gouvernement qualifie ETA de terroriste, poursuit ses membres et les emprisonne parce qu’ils ont pour but de semer la peur et la terreur a des fins politiques.

Bien sûr, certains utilisent des armes, des balles, des fusils, des mitraillettes, des tanks, mais il est tout aussi certain que le pouvoir de pénétration des médias dans n’importe quelle partie du monde est aujourd’hui infini, avec une capacité de destruction immense et incalculable. »

Des stations de radios ont été fermées

Les journalistes du monde entier seront peut-être flattés de voir qu’on leur attribue encore à Caracas un pouvoir de destruction massive, mais il est extravagant que de tels propos, et de tels projets, ne provoquent aucun émoi -aucun effroi- dans les démocraties européennes.

Le 2 août, 34 stations de radios ont été fermées au Venezuela par la commission nationale des télécommunications (Conatel) sous le prétexte qu’elles n’avaient pas demandé le renouvellement de leur autorisation d’émettre ou, pour certaines, qu’elles avaient perdu cette autorisation en raison de la mort de leur propriétaire.

Heureusement, le président de cette commission, Diosdado Cabello, qui est également ministre des Travaux Publics, a remis les pendules à l’heure. Ces radios n’ont pas été fermées pour des broutilles administratives, mais pour des raisons politiques. Cabello a annoncé :

« Ce sont les 34 premières stations », suggérant ainsi que d’autres allaient suivre. « Quand nous avons pris la décision, au sein du gouvernement national et révolutionnaire, de démocratiser le spectre radioélectrique, d’en finir avec le latifundisme médiatique (sic), nous le faisons vraiment, nous ne sommes pas en train de jouer. »

« Globoterror », l’ennemi politico-médiatique de Chavez

Le 9 juillet, le même Cabello déclarait devant l’assemblée avoir reçu l’ordre du « commandante (Chavez) d’en finir avec le latifundisme radioélectrique et le latifundisme médiatique » (en Amérique latine, le latifundio est une grande propriété rurale).

La chaîne de télévision d’information continue Globovision, elle-même menacée de fermeture et dont les studios ont été attaqués par des militants chavistes le 3 août, a été rebaptisée dans les discours officiels « Globoterror ». Chavez est « un policier de la pensée », déclarait le 2 août un journaliste d’une radio de Caracas, William Echeverria, président de l’association des journalistes vénézuéliens, juste avant de fermer définitivement son micro.

Sa radio, la CNB, transmettait une émission intitulée « Allo, Citoyen », que diffuse Globovision, référence ironique à l’interminable show télévisé hebdomadaire de Chavez, « Allo, Présidente », et fort critique à l’égard du gouvernement. Le socialisme du XXIe siècle est mal parti pour nous étonner.

Aller plus loin
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  • I.P
    I.P
    Flat4
    • Posté à 11h46 le 12/08/2009
    • Internaute 25391
      Flat4

    Il bricole les lois électorales pour rester au pouvoir, il use de son influence pour brider les media, ça a quoi de spécifiquement socialiste au juste ?

    Au passage elle a quoi d’inquiétant la réforme de l’éducation ? C’est mal de limiter les écoles privées ?

  • jack burton
    • Posté à 11h47 le 12/08/2009
    • Internaute 7040

    Au Venezuela, 80% des radios et télévisions appartiennent au domaine privé, 9% se trouvent dans le domaine public, le reste étant dévolu aux secteurs associatif et communautaire.

    Quand à Globovision, la chaine d’information continue, elle a apporté son soutien à la junte putschiste du Honduras qui a renversé le Président démocratiquement élu José Manuel Zelaya, unanimement condamnée par la communauté internationale.
    Le propriétaire de la chaîne Guillermo Zuloaga Núñez a ainsi reconnu le gouvernement illégal de Micheletti tout en lançant un appel au coup d’Etat : « Le gouvernement auto-proclamé de Micheletti respecte la Constitution et nous aimerions, nous aimerions vraiment qu’ici au Venezuela on respecte la Constitution comme on est en train de la respecter au Honduras »

  • General Subverciòn
    General Subverciòn
    viva Makhnovchtchina
    • Posté à 11h55 le 12/08/2009
    • Internaute 47117
      viva Makhnovchtchina

    y en a des qui regrettent le bon vieux temps des dictatures en Amérique centrale avec médias à la botte,sabre et goupillon en prime...ça vous fait tellement chier que ça que les Vénézuéliens essaient un autre système que celui d’une droite capitaliste et ultra-réactionnaire ? Visiblement vu que c’est le deuxième article qui va dans le même sens en très peu de temps.....Dis-moi qui sont tes amis....

    • spartak
      spartak répond à General Subverciòn
      (comité libertaire lyophilisé)
      • Posté à 15h25 le 12/08/2009
      • Internaute 84113
        (comité libertaire lyophilisé)

      Bien d’accord.
      Je crois que notre journaliste niera farouchement toute proximité avec les dictatures réactionnaires dont tu parles (réécouter « La Junte » de Trust grande époque...).
      Par contre je parie volontiers trois images de BHL qu’il a un faible affirmé pour les bons sociaux-démocrates type Lula, qui font un peu de social sympa tout en ne dérangeant pas les règles fixées par l’Occident, ni ses intérêts.
      Ses amalgames sont saisissants : rapprocher les écoles privées et les écoutes (que tout pays civilisé utilise tous les jours), on dirait du Philippe Val.
      Le problème, ce sont les expropriations : ça c’est insupportable, à croire que le capitalisme n’a toujours pas digéré le coup des emprunts russes de Lénine.
      Il faut voir que pour les américano-occidentalistes, Chavez est un dangereux salopard, il a même osé faire des livraisons de mazout à des familles pauvres du Massachusetts. L’embêtant, c’est que l’ère est passée des arrangements façon Allende, c’est trop voyant.
      Alors on transforme en dictateur un type qui n’est même pas aussi à gauche qu’un gouverneur du Texas (n’importe lequel) est à droite. La CIA finance des associations, des radios : Chavez se défend, et cela nous est rapporté comme « persécutions et atteintes à la liberté d’opinion »...

      Ceci dit, je ne me compte pas pour un soutien dudit Chavez, qui reste un chef d’Etat, et moi un bakouniniste. Mais les critiques de ce tonneau à son encontre reniflent tellement mauvais....

      Lien

      • General Subverciòn
        General Subverciòn répond à spartak
        viva Makhnovchtchina
        • Posté à 19h22 le 12/08/2009
        • Internaute 47117
          viva Makhnovchtchina

        farpaitement ! ! ! en plus l’auteur fait juste du tapissage sans répondre,comme si la contradiction n’existait pas...ce sont des méthodes de propagandiste néo-révisionniste de nous étaler ses glaires d’une façon aussi méprisante.Je pense la même chose que toi à propos de Chavez,mais au moins,il fait quelque chose d’autre que les enfoirés d’en face.
        un lien en vaut un autre : Lien

    • Yawn
      Yawn répond à General Subverciòn
      amateur d'eau
      • Posté à 18h08 le 13/08/2009
      • Internaute 35717
        amateur d'eau

      « Médias à la botte, sabre et goupillon en prime... »
      C’est du régime du colonel Chavez dont vous parlez ?

  • Hatamoto
    Hatamoto
    Vendeur de temps de cerveau (...)
    • Posté à 12h09 le 12/08/2009
    • Internaute 29766
      Vendeur de temps de cerveau (...)

    # Une loi sur la propriété sociale, qui autorise l’expropriation d’entreprises privées

    En quoi est-ce un problème ? Techniquement, c’est possible en france (enfin surtout pour les particuliers) et ensuite moralement, c’est bon de savoir qu’une entreprise ne sera pas toute puissante et peut se voir remettre en question par l’état, seule émanation du pouvoir du peuple ...

    # La réforme de la loi de l’éducation, qui devrait renforcer le système éducatif dans un sens socialiste, c’est-à-dire réduire le nombre et l’influence des établissements privés

    C’est pas bien ça ? ah non, il faut aussi subventionner et aider les écoles des riches c’est vrai.

    # La réforme du code pénal qui permet de légaliser les écoutes de communications privées pour des raisons de sécurité

    Là je vous le concède, c’est inquiétant, et c’est clairement une mesure liberticide : ( (mais rien de nouveau par rapport à l’occident).

    # La loi électorale, adoptée le 31 juillet et qui réforme les règles du scrutin proportionnel pour l’Assemblée Nationale (la seule chambre parlementaire fédérale) et permet à un parti ayant obtenu au moins 60 % des voix d’occuper jusqu’à 90 % des sièges

    Bof. nous avec 30% un partit rafle 60% des sièges alors ... Puis en plus les médias bien-pensants nous assure que c’est démocratique et que sinon on retournerai avec l’immobilisme de la 4ème république. Je n’aime pas ce mode de scrutin, mais on a pas de leçons à donner au Venezuela sur le sujet.

    # La loi dite des « délits médiatiques »

    Mouais j’aimerai voir le contenu de cette loi ... Au Venezuela, la quasi totalité des médias roulent pour l’opposition, pour la simple et bonne raison que ces médias appartiennent à l’opposition. Comment faire pour contrecarrer l’influence des barons des médias sur le débat politique ? Ce n’est ni démocratique ni « moral » que d’avoir une poignée d’individus contrôler l’accès aux informations. Encore une fois on a pas mieux en France.

    • Veum
      Veum répond à Hatamoto
      doctorant
      • Posté à 12h47 le 12/08/2009
      • Internaute 23064
        doctorant

      J’allais faire le même commentaire, donc je ne vais pas ajouter grand chose. Simplement je suis pour retirer la licence d’émettre de TF1, qui ne respecte pas l’esprit initial du « mieux disant culturel », je suis pour arrêter le financement public des écoles privées, je suis contre un mode de scrutin qui ne soit pas fidèle à l’opinion exprimée par les citoyens (en France aussi donc), je suis contre les lois sécuritaires sous prétexte de délire terroriste (en France la LOPPSI 1 et 2), et quant aux délis médiatiques... Il faudra voir quels sont les critères et quels sont les usages de cette loi. Personnellement j’étais en faveur de la plainte de Larrouturou contre Fillon pour « diffusion de fausses nouvelles de nature à fausser le résultat d’un scrutin », et je suis pour mettre en taule les républicains qui disent que la réforme Obama va faire ouvrir des tribunaux de la mort.

    • karlM
      karlM répond à Hatamoto
      Précaire
      • Posté à 13h31 le 12/08/2009
      • Internaute 21378
        Précaire

      très juste.
      j adore cet élite journaleuse qui donne des leçons les pieds dans des pantoufles dorées.
      Ces français donneurs de leçons qui vivent dans un pays qui à une armée en Afganistan, a aboudabbi, au tchad, au niger, un kosovo, a djibouti.
      Qui pille la planète pour notre confort, qui utilise des cobayes africains pour ses vaccins, et qui exportent massivement sa pollution et ses armes.
      et son argent roi...

      t’as pas vu la poutre que tu as dans l’oeil, M. le journaleux parisien.

      • Yawn
        Yawn répond à karlM
        amateur d'eau
        • Posté à 18h20 le 13/08/2009
        • Internaute 35717
          amateur d'eau

        En quoi le fait que la France a une politique que vous désapprouvez interdirait à un français de condamner ce qui se passe dans un autre pays ?
        C’est une curieuse conception de la liberté d’expression que vous avez là.
        Est-ce qu’au moins vous avez quelque chose à reprocher au comportement personnel de l’auteur de l’article ? Là, ça serait normal (genre il a défendu le régime de Pinochet ou tel coup d’état).
        Ce que j’adore, c’est ces français qui critiquent les mesures liberticides de Sarkozy et qui sont émerveillés par le régime de Chavez. Quand on veut critiquer les gouvernements qui prennent des mesures liberticides, on enlève ses oeillères et on regarde partout : en France, au Venezuela, aux USA, en Russie, en Palestine... Un peu de cohérence !

  • nestor38
    nestor38
    inséré ?
    • Posté à 12h11 le 12/08/2009
    • Internaute 60788
      inséré ?

    Je n’ai pas de sympathie pour Chavez, je préfère quand la révolution vient d’en bas et non d’en haut, de plus ce côté grand parleur mégalo est gonflant mais il me semble que vous mélangez beaucoup de choses.
    Si effectivement la polarisation sur Chavez fait qu’on devient pro ou anti Chavez ce qui n’aide pas au débat démocratique, pour l’heure, il a été réélue sans contestation, il n’a pas fait un coup de force quand il a perdu son référendum, il a accepté les résultats.
    Je vois effectivement dans les mesures que vous citez certaines mesures policières (sur les écoutes par exemple, mais c’est vrai qu’en France cela n’existe pas), d’autres sociales qui me semblent aller dans le bon sens, ce que vous dites sur le parlement est amusant, sachant que nous sommes dans un pays où les deux grand parties représentent moins de la moitié des électeurs et trustent une écrasante majorité au parlement.

    De plus il ne faut pas oublier que les opposants de droite ont tenter de prendre le pouvoir par un coup d’état, qu’auraient fait nos démocraties occidentales dans ce cas là ? Quelle répression ensuite ?

    Bref je ne pense pas qu’il faut glorifier Chavez mais cette façon de le présenter comme un dictateur, ou un dictateur potentiel me semble plus idéologique que réelle aujourd’hui.
    Ce qu’on peut espérer c’est que le peuple prenne de plus en plus le pouvoir pour ensuite se gérer eux-mêmes sans Chavez ni un autre.

    • LienRag
      LienRag répond à nestor38
      • Posté à 10h23 le 14/08/2009
      • Internaute 34767

      Cet article est effectivement très malhonnête (le terme de latifundium médiatique est très juste et sa liquidation est vitale pour la démocratie dans toute l’amérique du sud, sans même parler de Bouygues), cependant j’aimerais comprendre mieux la nouvelle loi électorale, car s’il est vrai qu’elle renforce les pouvoirs du parti arrivé en tête, c’est assez peu démocratique, notamment en ce qu’elle empêchera concrètement toute opposition de gauche ou tout soutien critique à Chavez.

  • Arnaud
    Arnaud
    lalala~
    • Posté à 12h35 le 12/08/2009
    • Internaute 2987
      lalala~

    On entend toujours la même critique libérale, basée sur un langage-épouvantail.
    Et les mêmes médias pro-Chavez qui n’y voient que des bienfaits.

    Mais jamais, ici, comme là-bas (où il y a une certaine implantation), la critique anti-étatique, en particulier dans les milieux les plus abandonnés qui avaient, à un certain moment, cru dans les « communes » qui ont permis l’arrivée au pouvoir de Chavez.

    Une interview fort intéressante, recueillie par Charles Reeve (China Blues) sur les coopératives vénézuelienne, le chavisme et son mélange idéologique trostko-situ-chomskien-negriste (intéressant de voir que T. Negri se fait, avec son capitalisme cognitif, le défenseur du chavisme, lui qui est la tête pensante du modèle altermondialiste italien (les tutte bianche et la disobediente) qui se repaissent de leur image médiatique, tout en étant pote avec des ministres berlusconiens et appelant à voter oui au TCE ; Negri d’ailleurs fortement critiqué par les tiqqun il y a quelque temps dans un texte qui reparaîtra à la Fabrique en septembre) :

    Lien

    Et sur le terrorisme et l’Etat :

    « La Terreur en France a été l’œuvre d’un Etat né lors d’une Révolution. Pour justifier le sens actuel du concept de terrorisme, l’idéologie dominante a du intervertir les sujets et attribuer à la Révolution la responsabilité qui appartenait en réalité à l’Etat. Ainsi, on nous enseigne aujourd’hui que la Terreur est l’œuvre de la Révolution qui, en ce lointain contexte historique, s’était incarnée dans l’Etat. La Terreur serait donc synonyme de violence révolutionnaire. Un saut acrobatique de la logique qui continue à enchanter les parterres de spectateurs du monde entier, qui ne semblent pas se rendre compte de l’arnaque plus qu’évidente.

    En réalité, on ne peut attribuer la Terreur à la Révolution, au peuple insurgé, parce que ce n’est que lorsque la Révolution s’est faite Etat que la Terreur est apparue. C’est un énorme mensonge idéologique et un faux historique grossier que de faire de la Terreur l’expression même de la violence révolutionnaire “massacrante”, celle des rues, des journées sur les barricades, de la vengeance populaire. Avant le 17 avril 1793 (jour de la fondation du tribunal révolutionnaire), la violence exercée contre le pouvoir, même celle particulièrement cruelle, n’avait jamais recouvert le nom de terrorisme. Ni les sanglantes Jacqueries du XIVe siècle, ni les excès qui se sont déroulés lors de la Grande Révolution (comme par exemple la manifestation des femmes de Marseille qui portaient à la ronde, au bout d’une pique, les viscères du major De Beausset au cri de “qui veut des tripes ?”) n’ont été considérés comme des actes de terrorisme. Ce terme n’indiquait que la violence répressive de l’appareil étatique au moment où il devait se défendre – pour la première fois dans l’histoire – d’un assaut révolutionnaire. En somme, l’aspect historique du terme montre comment le terrorisme est la violence du pouvoir qui se défend de la Révolution, non pas la Révolution qui attaque le pouvoir. »

    Extrait d’un texte italien sur la notion de terrorisme : Lien

    • LienRag
      LienRag répond à Arnaud
      • Posté à 12h48 le 14/08/2009
      • Internaute 34767

      Vraiment trés intéressant, le premier lien, surtout la première partie...
      Sa conclusion explique assez bien l’origine du malaise que je ressens en lisant les articles du Monde Diplomatique consacré au Vénézuéla :
      « Je répète, dans le passé, au Venezuela, les groupes de gauche ont rarement eu du pouvoir et ont toujours manqué d’une “ tribune de masse ”. Or, tout d’un coup, ils vivent une situation où on parle de “ socialisme ”, où il y a une figure charismatique capable de “ mobiliser le peuple ”. Ces politiciens de gauche se trouvent actuellement en syntonie [harmonie] avec ces mobilisations. Ils font partie du pouvoir et ils ont une tribune populaire qui leur est offerte par Chavez. Pour ces groupes, ce changement est vécu comme un “ acquis ”. Alors, il n’est pas question de quitter “ le processus ” ! On s’y accroche et on continue à tout justifier au nom de telle ou telle tactique. Il ne faut surtout pas perdre la tribune que le régime leur offre. Ces groupes sont prêts à tout, à tout justifier, à tout légitimer. »

      Il y a un point tout de même qui me gêne en ce qu’il révèle un certain manicheisme politique des intetviewés :
      « Enfin, j’insisterai sur le fait que, en reprenant la carte de l’activité politique à Caracas, on constate que les expériences collectives qui se sont renforcées pendant le régime, sont précisément celles qui existaient déjà avant l’arrivée de Chavez au pouvoir ! Qui avaient déjà une histoire. C’est le cas, par exemple, avec les mobilisations du quartier “ 23 janvier ” à Caracas où existait un grand nombre de comités actifs depuis 1989. Ces mouvements, dont l’action est mise au crédit du chavisme, n’ont fait que poursuivre leur propre dynamique. »
      L’information est intéressante, et permet effectivement de mieux comprendre et analyser la « révolution bolivarienne » ; mais oublier que les dynamiques propres des mouvements sont fortement dépendantes de l’environnement global, notamment créé par l’Etat, est plus un tropisme anarchiste mal digéré qu’une analyse pertinente. Si l’on peut critiquer le chavisme, il ne faut pas oublier de porter à son crédit qu’il aie permis le développement des dynamiques propres des mouvements sociaux qui lui préexistaient...

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 12h38 le 12/08/2009
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    La différence de Chavez avec le socialisme soviétique : sauf erreur de ma part, Chavez est toujours passé par la consultation démocratique pour légaliser son pouvoir et ses décisions.

    La différence entre Chavez et la démocratie française : sauf erreur de ma part, Chavez respecte les résultats des consultations électorales, ce qui n’est pas toujours le cas chez nous (référendum européen) ; et Chavez n’est pas le « frère » ou le « cousin » de tous ceux qui dirigent les grands médias privés de son pays (Bouygues, Lagardère...).

    Je me demande comment réagiraient notre Foutriquet et son pouvoir si une de nos chaînes privées nationales soutenait ouvertement les nationalistes corses, basques ou les indépendantistes antillais et kanaks.

    NB : ça ne m’empêche pas d’être fortement agacé par certaines des prises de position provocatrices de Chavez (le soutien à Ahmadinejad, qui vaut bien, soit dit en passant, les félicitations précipitées du président français à l’élection humoristiquement démocratique de Poutine).

    • mass0
      mass0 répond à Le Yéti
      athée et citoyen du monde
      • Posté à 13h05 le 12/08/2009
      • Internaute 21240
        athée et citoyen du monde

      Je ne peux être que d’accord et aussi avec votre nota bene bien sur.

    • Gotch
      Gotch répond à Le Yéti
      • Posté à 14h51 le 12/08/2009
      • Internaute 15306

      Parfaitement d’accord, moi aussi. Une chose gêne profondément : au Venezuela, la presse et les télévisions sont le plus souvent sous la coupe de personnages très riches et amis des USA, comme en France. Le fait qu’ils pratiquent l’appel au meurtre envers le gouvernement démocratiquement mis en place ET renouvelé sans contrainte plusieurs fois est très grave. La mise au pas de certains par une simple suspension de droit d’émettre est donc parfaitement logique, et très mesurée.

      Chez nous, ô honte, les mêmes médias louent l’homme providentiel qui s’assoit tranquillement sur les voeux des citoyens, afin d’étendre sur eux un régime de plus en plus glauque. Rares sont les journaux qui critiquent cet homme intègre et soucieux d’honorer la confiance de ses compatriotes. Il n’est pas certain que la presse tant papier qu’audiovisuelle en sorte grandie, face aux citoyens et aux autres pays du monde.

  • Utilisateur désinscrit à sa demande
    • Posté à 12h39 le 12/08/2009
    • Internaute 70482
      nc

    C’est rigolo : tout un tas de monde avait trouvé Chavez sympatoche pendant longtemps. Pas moi. Non que je lui aie dégobillé dessus, mais j’attendais sagement en fermant ma gueule que l’inévitable se produise.

    Et ça s’est produit.

    Chavez, c’est assez exactement le Mussolini moderne. De la gueule, des programmes sociaux plutôt intéressants et efficaces – du moins au tout début – et puis le dictateur qui pointe le bout de son gros nez.

    Ils n’ont pas fini d’en baver, les Vénézuéliens.

    • umff
      • Posté à 13h02 le 12/08/2009
      • Internaute 83477
        ...

      Exacte. Il suffit d’attendre, au fil du temps les choses vont se clarifier, c’est triste pour les Vénézueliens. Et ce n’est que le début de leurs ennuis.

      • mass0
        mass0 répond à umff
        athée et citoyen du monde
        • Posté à 13h04 le 12/08/2009
        • Internaute 21240
          athée et citoyen du monde

        La majorité des vénézueliens (je ne parle pas de ceux qui achètent des hélico au supermarché) pour l’instant sont bien content d’avoir Chavez comme président, d’ailleurs il gagne toute les élections. Mais c’est vrai que ce n’est pas une vrai démocratie à la française. Il n’y a cas regarder la télé en France.

         
        • dulconte
          dulconte répond à mass0
          Mordu par un fachogarou
          • Posté à 14h11 le 12/08/2009
          • Internaute 250
            Mordu par un fachogarou

          la comparaison avec la France n’a pas lieu d’être.

          • mass0
            mass0 répond à dulconte
            athée et citoyen du monde
            • Posté à 14h34 le 12/08/2009
            • Internaute 21240
              athée et citoyen du monde

            Et pourquoi ?

            • dulconte
              dulconte répond à mass0
              Mordu par un fachogarou
              • Posté à 14h59 le 12/08/2009
              • Internaute 250
                Mordu par un fachogarou

              La France est :
              1- une démocratie stable, avec de nombreux garde-fou

              2- la classe moyenne est très largement majoritaire

              3- la classe moyenne est éduquée

              4- On sait que la démocratie fonctionne, on oublie juste qu’il a fallu 100 ans pour la mettre en place.

              rien de tout cela n’est en place au Venezuela. Je dirai que le Venezuela avance doucement sur le chemin de la démocratie(comme le reste du continent, Colombie inclue) et est en train de découvrir ce qui est gravé en nous depuis de nombreuses générations. Nous par contre probablement par paresse on se laisse entrainer sur un chemin qui perd peu à peu de sa bele liberté démocratique. On recommence à oublier que le pilier est la politique, les idées et que la démocratie n’est pas naturelle et qu’ele a donc besoin de l’effort de tous pour vivre.

              voilà pourquoi je pense que la comparaison n’est pas fondée.

              • Gotch
                Gotch répond à dulconte
                • Posté à 16h47 le 12/08/2009
                • Internaute 15306

                Reprenons vos arguments :
                1 - Les garde-fous de la république française sont bien ébranlés, pour ne pas dire plus. La police sait que dans les faits elle a tous les droits. La justice croule sous les dossiers, et qu’on ne me dise pas que c’est involontaire : c’est la meilleure façon de la discréditer, en l’induisant à commettre de plus en plus d’erreurs par surmenage. Les lois liberticides ou anti-égalitaires s’entassent. La compétition est vivement favorisée, pour tuer la fraternité et l’entraide.

                2 - La classe moyenne est en train de se précariser, de se paupériser, de se prolétariser à toute allure. Même des médecins, s’ils ne sont pas « de grands spécialistes », je tiens aux guillemets, deviennent des pions au même titre que les « cols blancs » des services et de l’administration de base. De ce fait, la classe moyenne telle qu’on pouvait la comprendre il y a peu n’est plus représentée que par ses représentants les plus haïssables, publicitaires, fils de familles ignares, traders de banques d’affaires, « “chanteurs” » (doubles guillemets) fabriqués, politiciens... la racaille en somme.

                3 - la classe moyenne, ce qui en reste, est de moins en moins éduquée, elle est façonnée de l’extérieur, ou du haut si l’on préfère, pour encadrer sans comprendre le reste de la population à coups de marketing, de managing, etc (des termes anglais, en général).

                4 - la démocratie, c’est patent, est bafouée, annihilée, contournée, détournée de ses buts et de ses fondements populaires. Il aura suffi que certains mettent aux postes clés leurs amis, avec constance, pour que tout le processus démocratique se casse les dents sur les desiderata d’une ou deux personnes. Les conseillers remplacent les élus. La Constitution peine à contenir toutes les dérives volontaires pour tenter de la contourner ou de la pervertir.

                Chávez a raison de s’en prendre à certaines chaînes de télévision : l’exemple de la plus vue chez nous nous donne une idée du bourrage de crânes qui tend à transformer des citoyens en éponges à propagande. La publicité n’est que la version la plus anodine de celle-ci. Et pourtant....

                • dulconte
                  dulconte répond à Gotch
                  Mordu par un fachogarou
                  • Posté à 16h56 le 12/08/2009
                  • Internaute 250
                    Mordu par un fachogarou

                  on voit bien que vous n’avez aucune idée du gigantesque gap qui existe entre le France et ici (Argentine). Votre réponse montre que vous ne savez absolument pas de quoi vous parlez.

                  Si vous voulez savoir ce que je pense de Chavez je me suis suffisamment étendu ailleurs sur ce fils à son sujet.

                  Pour ce que j’ai à dire sur la France et notre merveilleux pitre de chef de l’état ou sur le capitalisme ce n’est guère difficile à trouver sur Rue89.

                  Je le redis la comparaison n’a pas lieu d’être !

                  • Gotch
                    Gotch répond à dulconte
                    • Posté à 17h21 le 12/08/2009
                    • Internaute 15306

                    L’Argentine est un très mauvais exemple. Le néolibéralisme y coule à flots. Quelqu’un que je connais bien y est allé récemment : édifié.

                    Que Chavéz tente autre chose, je ne peux que l’approuver à deux mains.

                    • dulconte
                      dulconte répond à Gotch
                      Mordu par un fachogarou
                      • Posté à 17h32 le 12/08/2009
                      • Internaute 250
                        Mordu par un fachogarou

                      Mouias ok j’abandonne. Vous y avez passé combien de temps pour avancer de telles certitudes ?

                      Faudrait p’tre prendre conscience d’un détail il y a une classe moyenne en Argentine, pas ou peu au Venezuela.

                      Je n’ai rien contre le chemin de Chavez, je préfère 1000 fois celui de Morales...

                      • LienRag
                        LienRag répond à dulconte
                        • Posté à 11h00 le 14/08/2009
                        • Internaute 34767

                        Personnellement, moi aussi, mais une amie assez engagée partie six mois en Bolivie était revenue assez désenchantée par la corruption ambiante et le fractionnement total des luttes dans ce pays. Comme je ne l’ai vue qu’entre deux portes je n’ai pas eu le temps d’en savoir beaucoup plus, mais depuis je m’interroge fortement sur l’avenir des révolutions démocratiques latinas.

    • mass0
      mass0 répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
      athée et citoyen du monde
      • Posté à 13h02 le 12/08/2009
      • Internaute 21240
        athée et citoyen du monde

      Si ce mauvais article vous fait penser que le Venezuela et une dictature , alors nous vivons nous même en dictature.

    • dulconte
      dulconte répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
      Mordu par un fachogarou
      • Posté à 14h21 le 12/08/2009
      • Internaute 250
        Mordu par un fachogarou

      La base électorale de Chavez s’est beaucoup réduite ses derniers temps, il n’a pas encore passé le pas d’enfreindre la constitution, ce qu’a largement fait l’opposition. Rien ne dit qu’il le fera, même si il y a des signes qui vont dans ce sens qui sont inquiétant.

      Pour moi la comparaison a plus à voir avec Peron que Mussolini. Certains, dont je ne fais pas parti, te diront d’ailleurs que Peron était un fasciste.

      Les Vénézuéliens n’ont pas pour le moment à se plaindre de Chavez, sauf et avant tout sur le problème de la sécurité, il a bien du mal à réformer les bordels des polices du pays, corps que sa formation de militaire lui rend incompréhensible.

      Ces décisions récentes sur la presse sont inquiétantes, mais il faut aussi comprendre ce qu’est la presse en Amérique latine, d’ailleurs le classement de RESF est assez symptomatique de cela avec un continent aujourd’hui constitué des démocraties avec la plus faible liberté de la presse.

      Pour moi une chose importante c’est pour le moment l’absence de l’usage de la force par son régime. Il y a une focalisation très énervante sur le Venezuela alors que le grand voisin à un régime moins démocratique, ou le terreur régne toujours et pas majoritairement celle des FARCs et où le président cherche tous les moyens pour rester au pouvoir. Deux coqs pour une même basse cour ceux là !

      Dans ce pays il n’y a aucune nécessité de contrôler la presse qui est entre les mains de la très hautes bourgeoisie et qui bien sur ferme largement les yeux sur les actions du pouvoir, tout en diabolisant l’opposition de centre gauche toujours relié aux FARCs alors qu’il n’en est rien.

      Chavez n’a pas de sang sur les mains, même si je crains qu’il soit aujourd’hui incapable de quitter le pouvoir. C’est un très grave problème pour le reste du continent à cause le l’espoir qu’il avait fait naitre, tout comme Castro qui a été porteur de ce même espoir, la fin de la domination de l’étranger et de ses entreprises qu’il soit espagnol, anglais, français ou américain. Il est en fait avant tout nationnaliste on a tendance à l’oublier un peu vite.

      Sinon c’est un gaudillo comme un autre, comme l’est un Uribe ni plus ni moins. J’espère que la marque de Chavez sera aussi fondamental que celle de Peron, c’est à dire la naissance d’une classe moyenne forte et éduquée, classe moyenne que toute les dictatures argentines ont depuis 56 tentée d’effacer et ce avec un certain succès mais qui est toujours debout.

      Il est vraiment regrettable que le monde soit tant focalisé sur Chavez et son socialisme, alors qu’en dehors de la Colombie et le Pérou tout le reste du continent est sur des voies intéressantes à suivre. Après tout ce que réclament les Chavez, Morales, Lugo, Correa, mais aussi les Kirchner, Vasquez et même lulla c’est l’émergence de ces classes moyennes éduquées dont le continent à besoin pour sortir de ses travers traditionnel, populisme, coup d’état, violence, monopole, domination de l’étranger etc.

      Chavez comme les autres passeront mais on ne passe pas de régimes féodaux et coloniaux à des démocraties épanouies juste d’un coup de baguette magique.

      • mass0
        mass0 répond à dulconte
        athée et citoyen du monde
        • Posté à 14h38 le 12/08/2009
        • Internaute 21240
          athée et citoyen du monde

        Je trouve votre analyse très juste , même si je pense que l’essor des classes moyennes n’est pas encore près à arriver, surtout qu’elles vont décliner en occident par exemple.

         
        • dulconte
          dulconte répond à mass0
          Mordu par un fachogarou
          • Posté à 14h45 le 12/08/2009
          • Internaute 250
            Mordu par un fachogarou

          elles sont en train inexorablement de croitre sur tous le continent, sauf en Argentine, qui est plus occidentalisé et à beaucoup de mal à se remettre de ses dictatures, mais aussi de la catastrophe Menen.

          Mais en Argentine la classe moyenne reste forte et surtout éduquée.

          Il y a beaucoup de chemin à faire. Je pense personnellement que la voix la plus intéressante est celle de Morales, mais c’est aussi la plus dure.

          D’ailleurs l’ombre de Chavez peut devenir très pesante pour la Bolivie.

          • mass0
            mass0 répond à dulconte
            athée et citoyen du monde
            • Posté à 14h55 le 12/08/2009
            • Internaute 21240
              athée et citoyen du monde

            la dernière crise économique a eu aussi un effet terrible en argentine.

            Il n’empêche que les classes moyennes dans ces pays sont minoritaire , même en argentine, non ?

            • dulconte
              dulconte répond à mass0
              Mordu par un fachogarou
              • Posté à 15h04 le 12/08/2009
              • Internaute 250
                Mordu par un fachogarou

              La classe moyenne a été majoritaire en Argentine, elle ne l’est plus vraiment. Mais c’est vraiment complexe l’Argentine je dois dire, même y vivant depuis plus de 3 ans maintenant j’ai beaucoup de mal à comprendre son fonctionnement. Un pays totalement paradoxal.

              les dictatures qui ont suivit la mal nommée revolucion libertadora puis celle de 76, pis les présidence de Mennen ont mis à bas beaucoup de ce qu’avait construit de bien Peron. Mais l’héritage de Peron reste fort, mais entaché d’un libéralisme mal sain.

              Le pays des paradoxes, je peux en parler pendant des heures, mais ce n’est pas le sujet.

        3 autres commentaires
    • Un compte supprime
      • Posté à 17h09 le 12/08/2009
      • Internaute 21837
        nc

      mouais... t’es sur de tes sources sur ce coup la. On sent que tu ne regardes pas assez la teloche et ne mesures pas assez son cote detergent anti-neurones.

      Moi itou j’observe. Pour l’instant, Chavez a fait moins de mal que Michael Jakson. Enfin, verremos...

  • mass0
    mass0
    athée et citoyen du monde
    • Posté à 13h01 le 12/08/2009
    • Internaute 21240
      athée et citoyen du monde

    * Une loi sur la propriété sociale, qui autorise l’expropriation d’entreprises privées

    C’est très bien , je crois que dans socialisme , il y a une vision plus communautaire de la propriété privée, ce qui me parait allez donc dans le sens socialiste.

    * La réforme de la loi de l’éducation, qui devrait renforcer le système éducatif dans un sens socialiste, c’est-à-dire réduire le nombre et l’influence des établissements privés

    Je vois que du bien la dedans , on devrait faire la même chose en France.

    * La réforme du code pénal qui permet de légaliser les écoutes de communications privées pour des raisons de sécurité

    Comme dans presque toute l’Europe, alors. Vous pensez vivre en dictature socialiste Mr Faure ?

    * La loi électorale, adoptée le 31 juillet et qui réforme les règles du scrutin proportionnel pour l’Assemblée Nationale (la seule chambre parlementaire fédérale) et permet à un parti ayant obtenu au moins 60 % des voix d’occuper jusqu’à 90 % des sièges

    Bienvenue en France.

    * La loi dite des « délits médiatiques » qui prévoit des peines de quatre ans de prison pour quiconque divulguerait des nouvelles contre l’Etat.

    Vous voulez dire qu’au Venezuela on ne pourra plus demander de tuer le président à une heure de grande écoute. Vraiment c’est une honte et la liberté d’expression dans tout cela.

  • Ishtar
    Ishtar
     ? ?
    • Posté à 13h10 le 12/08/2009
    • Internaute 26226
       ? ?

    Les médias privés du Venezuela appartiennent à 32 grandes familles du pays.On ne peut en dire de même en France où l’essentiel de notre presse est entre les mains des amis du président qui sont bien moins nombreux.

    Globovision que vous citez dans l’article a soutenu le putsch qui a eu lieu au Honduras forçant à l’exil de manière peu orthodoxe le président du pays.
    Globovision n’aime pas Hugo Chavez,c’est le moins qu’on puisse dire mais ses méthodes qui consistent à soutenir un sabotage pétrolier et à vouloir renverser le gouvernement ne seraient pas supporter longtemps dans toute autre pays du monde.

    Chavez est vilipendé par les médias occidentaux mais s’est soumis à un referendum il y a quelques mois et s’est conformé au résultat.La France a au passage supprimé la possibilité d’en organiser d’autres grâce au traité de Lisbonne.
    De toute façon lors du dernier réferendum il n’a pas été tenu compte du résultat et le soir même l’Union Européenne balayait avec le plus grand mépris le verdict des urnes,et récidivait plus tard quand l’Irlande a eu l’audace de voter non à leur traité.Qu’importe puisque ces messieurs (Baroso et les autres)qui ne seront quant à eux jamais comparés à des politiques liberticides comme c’est régulièrement le cas pour Chavez,ont décidé de concert qu’une nouvelle élection serait organisée pour qu’enfin le peuple irlandais vote comme il faut.

    A quant un article sur le Venezuela qui ,une fois n’est pas coutume,sera un peu plus objectif et ne reprendra pas sans changer une virgule les critiques de RSF.

  • umff
    umff
    ...
    • Posté à 13h15 le 12/08/2009
    • Internaute 83477
      ...

    Et pour une fois je vais allez dans le sens des pro Chavez. La loi dite des « délits médiatiques » à été rejetée par le parlement. M. Michel Faure c’est une précision qui aurait du être donnée.

  • Fidelista
    Fidelista
    En colère
    • Posté à 13h36 le 12/08/2009
    • Internaute 66951
      En colère

    « Hugo Chávez s’est soumis à quinze processus électoraux depuis son accession au pouvoir en 1998 et en a remporté quatorze lors de scrutins salués par l’ensemble de la communauté internationale pour leur transparence »

    Mossieur le « journaliste », je vous laisse le soin de lire la suite :

    Lien

  • JP_JP
    • Posté à 13h39 le 12/08/2009
    • Internaute 18274

    je n’ose pas imaginer la société idéale selon Michel Faure ...
    ça doit être quelque chose !

  • affreuxjojo
    • Posté à 13h46 le 12/08/2009
    • Internaute 29421

    Je republie cette contribution.
    Ce problème de la liberté totale d’expression et du maintien des libertés individuelles est un des plus sérieux défi lancé aux gouvernements ayant de véritables projets de transformation sociale. Le fait qu’un gouvernement utilise les richesses d’un pays (cuivre pour Allende au Chili, gaz pour Morales en Bolivie, pétrole pour Chavez au Vénézuéla) pour satisfaire les besoins fondamentaux de la population (logement,santé, éducation) plutôt que pour s’enrichir par la corruption, enrichir une oligarchie influente ou des multinationales, dérange beaucoup de monde.
    Systématiquement dans une telle situation les milieux réactionnaires locaux ou des puissances étrangères mettent en oeuvre d’importants moyens de déstabilisation pour faire échouer toute avancée sociale : propagande, sabotage de l’économie, assassinats politiques, coups d’états, création d’une situation de chaos et de terreur. Tous les gouvernements d’Amérique Latine, d’Asie ou d’Afrique qui ont étés démocratiquement élus pour la réalisation de programmes sociaux ont étés confrontés à ce genre de problème. Toute nationalisation portant atteinte aux intérêts d’une entreprise privée Etat-Unienne est considérée comme une déclaration de guerre contre les Etats-Unis tout entiers qui, dès lors, ne sont plus vraiment regardant sur les moyens employés. Au Nicaragua des groupes para-militaires illégaux d’extrême-droite ont été financées et armés par le trafic de crack dans les ghettos noirs des États-Unis (les service secrets américains laissaient faire les narco-trafiquants colombiens en contrepartie de ce financement des groupes d’extrême-droite d’Amériique Latine). En finançant la grève des camionneurs Chiliens les Etats-Unis on rapidement paralysé l’économie Chilienne pour préparer l’opinion publique au coup d’état qui allait suivre. Le financement, le soutien logistique et la protection judiciaire de groupes terroristes d’extrême-droite créant la peur en Italie pour stopper l’avancée de la gauche (années de plomb) relève de la même stratégie. On peut évoquer également l’assasinat de Lumumba au Congo. On pourrait ainsi multiplier les exemples historiques de cas démontrant que tout est fait pour que les gouvernements ayant des ambitions sociales soient placés devant cette alternative terrible : soit maintenir la démocratie et voir leur projets sabotés par les formes les plus graves de subversion, soit durcir progressivement le régime et devenir finalement des dictatures pour se maintenir à tout prix et pour réaliser le programme pour lequel ils ont été élus (Cuba). L’histoire est pleine d’exemples.
    L’amertume de l’affaire étant d’entendre les opinions publiques de bourgeoisies occidentales aux indignations à géométrie variable et à la mémoire aussi courte que sélective affirmer leur convictions pro-démocratique en oubliant que leurs propres gouvernements démocratiquement élus financent des coups d’états antidémocratique, reconnaissent valides des élections grossièrement truquées, envoie la troupe soutenir des dictatures, etc, etc.
    La fermeture de quelques organes propagandiste réactionnaires au Vénézuéla est de toute évidence une restriction critiquable de la démocratie. Il y a fort a parier que cette fermeture anecdotique créera plus de réactions et de commentaires que, par exemple, le massacre, l’emprisonnement, et la torture des opposants Birmans. Les Français grands donneurs de leçons en matière de démocratie voient la paille mais pas la poutre.

    • éternellerebelle
      éternellerebelle répond à affreuxjojo
      enragée !
      • Posté à 15h38 le 12/08/2009
      • Internaute 22982
        enragée !

      D’accord avec votre com affreuxjojo , ce spécialiste des Amériques ferait mieux de de nous informer sur les dictatures qui subsistent en Amérique du sud dont la Colombie soutenue par les Etats -Unis et les démocraties européennes,alors même que ses dirigeants ont du sang sur les mains eux !

      Marre de cette désinformation sur le Vénézuela et son président réguliérement réélu en dépit du forcing des E-unis qui font le maximum pour s’en débarrasser ,comme ils l’ont fait pour Allende et
      tant d’autres ,
      et notre pays qui a toujours soutenu les dictatures notamment en Afrique est quand même mal placé pour s’acharner sur Chavez ,
      Ce qui me dégôute un max ,c’est l’attitude des médias en France tous plus ou moins à la solde du pouvoir et qui ne manquent pas une occasion de trainer Chavez dans la boue

      Si rue 89 participe à ce lynchage c’est affligeant !

      • Job
        Job répond à éternellerebelle
        • Posté à 16h01 le 12/08/2009
        • Internaute 9860

        « les dictatures qui subsistent en Amérique du sud, dont la Colombie »

        Dites, faudrait etre un peu coherent. La Colombie, tout comme le Venezuela, a un president qui a ete elu (et re-elu) par son peuple. Qu’il ne nous plaise pas en France n’enleve rien au statut democratique de la Colombie.

  • marie 75
    • Posté à 13h49 le 12/08/2009
    • Internaute 3563

    demandez à la CIA
    Faites votre enequete !
    Et après revenez discuter des vénézuéliens de droite ! ! ! !

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