Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Thierry Jonquet, mort d'un très grand romancier engagé

Publié le 10/08/2009 à 17h11

Souvent, un auteur de polar est un vrai dur à cuire. Ce n’est qu’après un combat de deux semaines avec la mort que Thierry Jonquet s’en est allé. Victime d’une crise d’épilepsie mardi 28 juillet, Thierry « Moloch » Jonquet avait été admis à la Pitié Salpetrière.

Depuis deux semaines, son cerveau était privé d’oxygène. Ce dimanche soir, Thierry Jonquet s’est éteint.


Thierry Jonquet (DR)

Quinze mois après Frédéric Fajardie, un autre très grand nom du polar français disparaît donc. Un autre grand nom de cette fameuse génération « néo-polar ». J’avais pour ma part connu l’auteur de par ma profession et la sienne, mais je l’avais auparavant croisé dans des circuits exclusivement militants : Jonquet, comme de nombreux « néo-polardeux » avait beaucoup accompagné le réseau anti-fasciste Ras l’Front, où j’étais alors.

Des débuts militants, médicaux et sociaux

Car la carrière de Jonquet, fils d’ouvriers, est d’abord militante. En 1968, il milite du côté trotskiste. En 1970, il s’inscrit à Lutte ouvrière, sous le pseudonyme de Daumier, célèbre caricaturiste du XIXe siècle. Ce sera ensuite la Ligue communiste révolutionnaire en 1972. Il racontera cette expérience dans le récit « Rouge, c’est la vie » (1998).

En 1982, dans la si scintillante collection « Sanguine », ce vivier du néo-polar français que tient alors Patrick Mosconi chez Albin Michel, sort un brûlot signé Ramon Mercader : « Du passé faisons table rase ». Aujourd’hui disponible en Folio, ce livre est le tout premier pavé de Jonquet, qui fut d’abord communiste et qui en jettera d’autres.

Il a pris le nom du meurtrier de Trotski pour se payer le PCF d’alors, et surtout Georges Marchais et ses zones d’ombre…

Né en 1954, Jonquet a étudié la philosophie, puis l’ergothérapie. Il sera ensuite marchand de lessive, peintre de bandes sur les routes et livreur de chapeaux de mariée. Puis ergothérapeute dans un centre de gériatrie à Draveil, en région parisienne.

C’est là que, au contact de la vieillesse, des vies saccagées et de la mort, il commence à écrire. « Le bal des débris », tiré de cette expérience, paraîtra en 1984. Après un court passage en psychiatrie en tant que soignant, Thierry Jonquet aboutit à l’hôpital de Saint-Maurice, où l’on rééduque notamment les bébés amputés congénitaux.

Lessivé, Thierry Jonquet cherche alors à devenir enseignant. Il sera affecté à un centre de neuropsychiatrie infantile. Puis direction la banlieue nord parisienne, où il a en charge une classe de section d’éducation spécialisée. Il donna des cours de français dans le cadre d’éducation surveillée de jeunes délinquants.

Un des meilleurs mixeurs de sa génération

Tous ces métiers l’ont mis en contact avec des destins cassés, des vies lessivées. Lorsqu’il découvre assez tardivement les romans noirs, la Série noire, il peut faire le lien entre la violence du réel et la violence littéraire.

Il entre dans la prestigieuse collection avec « Mygale » (1984) qui, comme le roman précédent (« Mémoire en cage ») porte sur l’enfermement, les médecins, la vengeance, avec en plus le thème de la transformation physique forcée et de la transexualité.

Pas étonnant que Pedro Almodovar ait acheté les droits il y a quelques années (on attend toujours…). « La Bête et la belle » (1985) aura les honneurs d’être le n°2000 de la Série Noire. On y trouve ce qui fait la force de Jonquet : un regard social dénué de tout angélisme, savamment mixé à une dimension fantastique nette et à un grand humour. Noir.

Durant toute la suite de sa carrière littéraire, cette réussite dans les mixes sera sa marque, et sa façon à lui de ne pas faire que du roman noir, tout en en faisant.

Polémiques et faits divers

« La Vie de ma mère ! » (1994) traduit l’inquiétude de Thierry Jonquet face à la montée de l’insécurité dans les banlieues et les quartiers dits populaires. Le livre, qui existe aussi en BD, est dénué de toute idéologie, et Jonquet s’y paye autant le pouvoir que la jeunesse. Jonquet était un des premiers, dans la veine de la littérature politique, à refuser d’adopter un discours de gauche angélique.

« Moloch » (1998) est peut-être le roman le plus fort de Jonquet. C’est la suite des « Orpailleurs » (1993). L’auteur y revient sur ce qui a décidé de son engagement militant : le nazisme.

Jonquet se retrouva au cœur d’une polémique car, pour ce roman, il s’était fortement inspiré de trois faits divers tournant autour de l’enfance, du viol, de la prostitution, de la persécution, de la souffrance et du syndrome de Münchhausen.

Les similitudes de certains faits avec l’affaire Kazkaz (quand, en 1990, une mère est accusée d’avoir empoisonné sa fille) l’amèneront devant les tribunaux pour violation du secret d’instruction. Le livre étant paru avant le rendu du jugement.

Cette façon de s’inspirer d’un fait divers, d’une actualité politique, de la lier avec l’Histoire ou avec le contexte politique, d’y ajouter du suspense, c’est ce que fera Jonquet dans ce qui restera son dernier roman : « Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte » (2006), qui n’était pas sans rappeler le meurtre d’Ilan Halimi…

Entre temps, Jonquet sera revenu sur le terrain du troisième âge avec « Mon vieux » (2005) et sur le statut du corps dans nos société avec le superbe « Ad vitam aeternam » (2002).

Activités parallèles

Jonquet avait deux pseudonymes en plus de son nom. Ramon Mercader (trois romans) et Martin Eden (deux novelisations de la série « David Lansky », cette série eighties où jouait… Johnny Halliday).

Pour l’histoire, la série télé « Boulevard du Palais » est une adaptation palote des « Orpailleurs ». Pour l’Histoire, Thierry Jonquet est un très grand du roman noir.

Aller plus loin
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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 17h29 le 10/08/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ha ben chiotte alors.Les livres de Jonquet , j’étais à peu près persuadé de les avoir tous lus, je suis sur que c’est vrai, maintenant ..

    • PIT LE CHIEN
      PIT LE CHIEN répond à Numerosix
      Wouaooouh!
      • Posté à 17h58 le 10/08/2009
      • Internaute 25924
        Wouaooouh!

      Thierry a débuté grâce à Alex Varoux, dans la Collection ENGRENAGE (Jean Goujon/Hachette) avec le puissant récit
      « MEMOIRE EN CAGE » puis, avec Patrick Mosconi dans la collection SANGUINE.
      J’ai été son Agent... Encore un de moins ....

      • Aldric
        Aldric répond à PIT LE CHIEN
        lutte desesperement contre la (...)
        • Posté à 01h15 le 11/08/2009
        • Internaute 64379
          lutte desesperement contre la (...)

        Ce n’est même pas la peine de se fatiguer les yeux à lire l’article, tout est dit dans le titre...
        je préfère commenter

        « écrivain engagé » en langage de journaliste de rue89 équivaut à citoyen de gauche ?
        On aurait aussi pu lire « écrivain de gauche combattant le mal »..

        Car d’écrivain « extrémiste, ou égoïste “ équivaut à écrivain de droite dans la bouche de ces gens-la.

        C’est tout de même amusant les expression, adjectifs ou qualificatif utilisés par ces partisans de la pensée ‘intello de gauche’ (sic)..
        J’aime bien aussi ‘jeunes’, ‘ouverture’, ‘mixité’....adjectifs adorés par tous les journalistes (sic) de france television...

        Je parie aussi que si un journaliste ou un blogueur bien pensant de gauche utilisait ce qualificatif, ce serait évidement dans un sens négatif : raciste, facho, patriote, affreux ultralibéral, etc...

        Tout cela est tellement risible et pathétique....
        Mais heureusement que je fais parti de ces gens qui ne partagent pas cette ligne de pensé de millions de moutons francais..

        J’essaie de profiter du peu de liberté qu’il me reste dans cet état français bureaucratique, fascisant, étouffant, sclérosé et vieillissant...

        Ce fut surement un grand écrivain de polar ce monsieur...

         
        • dulconte
          dulconte répond à Aldric
          Mordu par un fachogarou
          • Posté à 02h38 le 11/08/2009
          • Internaute 250
            Mordu par un fachogarou

          tagada ?

          et dire qu’Aldric est le nom de mon arrière grand père, dur de voir de telles ânerie signées de son nom.

          • Cirdec
            Cirdec répond à dulconte
            Cadre qui commence à comprendre (...)
            • Posté à 13h40 le 11/08/2009
            • Internaute 8798
              Cadre qui commence à comprendre (...)

            C’est oukon, pas tagada. l’un est un troll bete, l’autre un troll méchant.

        • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
          • Posté à 02h51 le 11/08/2009
          • Internaute 71957
            nc

          Je suis assez d’accord avec votre commentaire, mais cependant, je crois que c’est a minima un faute de goût que de le faire sur le corps encore chaud d’un homme qui ne semble pas avoir fait de mal à grand-monde dans sa vie...

        • thierry reboud
          thierry reboud répond à Aldric
          • Posté à 12h02 le 11/08/2009
          • Internaute 20923

          Vraiment très con, votre commentaire : parce que, si vous aviez lu l’article, vous auriez appris que, précisément, Jonquet ne rentre pas vraiment dans votre petit cadre douillet de « pensée ». En particulier, ses livres ne sont pas, mais alors pas du tout, manichéens.

        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          Adéménagé le 3 janvier 2011 répond à Aldric
          menuisier
          • Posté à 12h40 le 11/08/2009
          • Internaute 29846
            menuisier

          C’est assez pénible à lire votre tissus d’ineptie.

          En plus d’être odieux, vous faites montre d’un gout assez répugnant à étaler votre sottise et votre ignorance avec une arogance qui serait blessante si elle n’était pas si ridicule.

        • claudere
          claudere répond à Aldric
          • Posté à 18h10 le 11/08/2009
          • Internaute 6584

          Je ne comprends rien à votre charabia. Aussi n’est-ce pas vraiment à vous que je m’adresse. Mais je souhaite exprimer mon chagrin à l’annonce de la mort de cet être exceptionnel que fut Thierry Jonquet. Je l’ai assez bien connu, il y a longtemps. J’ai été l’un de ses formateurs au métier d’enseignant. Et je veux dire sur ce forum qu’au-delà de la qualité de ses romans, il y avait d’énormes qualités humaines. Il y avait quelqu’un qui connaissait à peu près toutes les misères de notre monde, pour les avoir matériellement assumées. Quelqu’un d’engagé, certes, de politisé à coup sûr, mais qui jamais n’en faisait état car avant tout il avait le respect d’autrui. Quelqu’un de modeste, qui ne faisait nullement étalage de son savoir et de ses compétences qui pourtant étaient grands. Et c’est tout cela qui passe dans ses romans et en fait la force, car si même le propos est sans fard, voire violent, il y a toujours un fonds d’humanité profonde, sincère et lucide, qui transparait si l’on sait lire entre les lignes...J’aimerais si possible que soient transmises à sa femme mes amitiés et mes condoléances... et mes profonds regrets.

        6 autres commentaires
  • nestor38
    nestor38
    inséré ?
    • Posté à 17h29 le 10/08/2009
    • Internaute 60788
      inséré ?

    Mygale est un vrai grand roman noir. Les derniers étaient plus faibles, mais il a écrit des livres importants du polar français (avec aussi La Belle et la Bête, Les Orpailleurs...), j’aurais aimé qu’ils en écrivent d’autres aussi bons que cela, c’est triste pour le roman noir qu’il s’arrête là.

  • zorgg
    zorgg
    lecteur
    • Posté à 17h43 le 10/08/2009
    • Internaute 57999
      lecteur

    « Du passé faisons table rase » et « les orpailleurs » , deux très grands livres.« du passé faisons table rage » m’avait amusé et fait réfléchir j’avais admiré la pugnacité et le non conformisme de l’auteur.« les orpailleurs » m’avaient marqué.Il avait écrit une autobiographie très intéressante( « rouge cerise », mais je ne suis pas sûr du titre) vous avez raison ,un grand du roman noir disparait

    • Rana
      Rana répond à zorgg
      Electron libre
      • Posté à 12h44 le 11/08/2009
      • Internaute 78360
        Electron libre

      Zorgg, je crois que le récit autobiographique que vous évoquez s’intitule « Rouge c’est la vie ».

      Cordialement.

  • Francis Mizio
    Francis Mizio
    Ecrivain
    • Posté à 17h58 le 10/08/2009
    • Internaute 29599
      Ecrivain

    Mon premier texte édité le fut en 96 dans un livre à 2 auteurs (2 textes différents), au sein des défuntes « Editions de la Loupiote ». Principe de la collection : un auteur célèbre poussant ainsi un inconnu. Il était le célèbre. J’étais l’inconnu (pas beaucoup progressé depuis, mais bon). Salutations émues à Jonquet même si des points de vue différents sur bien des choses ne nous ont pas vraiment rapprochés...
    Les premières pages de « Moloch » (des flics pataugeant dans la boue avant de parvenir à un endroit où ils trouvent l’horreur) sont sans doute des plus impressionnantes en matière d’ouverture d’un polar français.
    Respect et R.I.P.

  • Radiolo
    Radiolo
    célibataire
    • Posté à 18h15 le 10/08/2009
    • Internaute 11099
      célibataire

    Thierry Jonquet manquera également aux habitants du quartier du Bas-Belleville à Paris. On se souviendra de ses prises de positions efficaces durant les réunions de Conseil de quartier. Salut Thierry.

  • gropl
    • Posté à 18h25 le 10/08/2009
    • Internaute 25566

    Je crois que le premier Pavé de Feu Thierry Jonquet, c’est mémoire en cage (anterieur à « du passé faisons table rase »)

  • Tilda
    Tilda
    (...)
    • Posté à 18h26 le 10/08/2009
    • Internaute 69250
      (...)

    Il y a quelques années de cela, devant « Boulevard du Palais » me prend un immense sentiment de gratitude : dans une cave, totalement bourré, le héros récite à son voisin qui s’en bat l’aile un drôle de poème sur le cadavre d’une jeune fille, mangé par les rats... J’en reste sans voix : qui, à heure de grande écoute France 2, a osé glisser un poème du très contesté Gottfried Benn, médecin légiste et poète expressionniste allemand de grande valeur, oublié parce que passé par la case nazi pendant la guerre sans jamais s’en excuser, s’en expliquer, rien.
    J’ai écrit pour remercier « le scénariste ». Thierry Jonquet me téléphona, qui fut bien content je crois que quelqu’un ait reconnu l’auteur de ce clin d’œil. Puis nous avons compris que nous avions eu le même professeur de philosophie et d’esthétique : Jean-Michel Palmier. Notre conversation fut longue et joyeuse, et je suis bien triste aujourd’hui d’être sûre que ça ne se reproduira plus.

    • GWERN
      GWERN répond à Tilda
      Ex militant du vaste mouvement (...)
      • Posté à 19h03 le 10/08/2009
      • Internaute 60684
        Ex militant du vaste mouvement (...)

      Palmier : trop tôt disparu lui aussi ! Juillet 1998 à 53 ans !
      Allez salut camarades ! Adieu nobles coeurs !
      On boira un coup ce soir à la santé des « enfants du prophète » et comme on n’est pas sectaire on boira aussi à la santé de Fajardie l’ex pro chinois !
      Lui s’est tiré pile pour le 40 ème anniversiare de Mai 68 !
      Quelle classe !

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Tilda
      journaleux - blogueur
      • Posté à 22h48 le 10/08/2009
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      Boulevard du Palais reprend en septembre. j’en touche deux mots ici :
      Lien
      où j’aborde spécifiquement le côté Belleville et Paris Est de Jonquet.
      Lors des obsèques de Philippe Khorsand, JF Balmer m’avait annoncé des choses assez succulentes prochainement.

      @Hubert,
      Tu parles de Ah que Johnny. Il y avait Fajardie aussi dedans me semble-t-il…

  • gehu
    gehu
    ailleurs
    • Posté à 18h42 le 10/08/2009
    • Internaute 87457
      ailleurs

    La mort de Jonquet, drôle de motif d’inscription à Rue 89....Pffff
    « Rouge c’est la vie », c’était un plaisir de le lire. Je vais le relire...

  • SAMSA
    SAMSA
    Ecrivain (inutile de le (...)
    • Posté à 19h11 le 10/08/2009
    • Internaute 25010
      Ecrivain (inutile de le (...)

    Salut Thierry,
    Salut Camarade,
    C’est la première fois que je lis de toi une mauvaise « nouvelle ».
    La pire que tu pouvais imaginer.

    Fraternellement
    Jean-François V.

    • thierry reboud
      thierry reboud répond à SAMSA
      • Posté à 13h01 le 11/08/2009
      • Internaute 20923

      Vilar ! ?

    • pascaldoc
      pascaldoc répond à SAMSA
      medecin
      • Posté à 10h52 le 12/08/2009
      • Internaute 87566
        medecin

      triste nouvelle
      jonquet était un auteur majeur de la seconde vague néo polar, j’ai lu tous ses romans et m’en suis toujours senti proche : même parcours trotskard de jeunesse, vie professionnelle proche du bal des débris, bonheur d’avoir grandi dans un lycée de banlieue rouge qui nous a donné pouy et benaquista pour le meilleur (et dantec pour le moins bon)
      rouge c’est la vie reste un immense roman-récit d’une époque commune
      j’adresse toute ma sympathie à sa famille et ses proches

      et je profite de ce post pour dire à jean françois v que ses romans brillent d’une singularité et d’une qualité sans équivalent (les exagérés, passage des singes et Nous cheminons entourés de fantômes aux front troués, bien sûr). Votre silence prolongé n’en est que plus cruel, mais le fait de vous savoir vivant, pas loin de nous, adoucit la tristesse de la nouvelle dela disparition de thierry jonquet

    • pascaldoc
      pascaldoc répond à SAMSA
      medecin
      • Posté à 10h53 le 12/08/2009
      • Internaute 87566
        medecin

      triste nouvelle
      jonquet était un auteur majeur de la seconde vague néo polar, j’ai lu tous ses romans et m’en suis toujours senti proche : même parcours trotskard de jeunesse, vie professionnelle proche du bal des débris, bonheur d’avoir grandi dans un lycée de banlieue rouge qui nous a donné pouy et benaquista pour le meilleur (et dantec pour le moins bon)
      rouge c’est la vie reste un immense roman-récit d’une époque commune
      j’adresse toute ma sympathie à sa famille et ses proches

      et je profite de ce post pour dire à jean françois v que ses romans brillent d’une singularité et d’une qualité sans équivalent (les exagérés, passage des singes et Nous cheminons entourés de fantômes aux front troués, bien sûr). Votre silence prolongé n’en est que plus cruel, mais le fait de vous savoir vivant, pas loin de nous, adoucit la tristesse de la nouvelle dela disparition de thierry jonquet

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 19h15 le 10/08/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Un ami m’avait fait découvrir Thierry Jonquet il y a un peu plus d’un an avec « Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ». Je suis sortie de la lecture sidérée par la violence dégagée par ce livre, pas de place pour une quelconque mièvrerie et en même temps accro, j’en ai lu d’autres.
    J’ai trouvé un bel hommage de La Paix Maintenant :

    Thierry Jonquet est mort cette nuit.Il etait notre ami. Venu de l’extrême gauche, il avait montré une profonde empathie et une compréhension acérée, aussi bien pour les problématiques juives que pour les tenants et aboutissants du conflit israélo-palestinien. Il avait toujours été à nos côtés dans nos initiatives et nos manifestations.

    Dans ses livres, il avait eu le courage de nous faire regarder en face les dérives et les conséquences du communautarisme et du sectarisme. Il était resté un militant de gauche lucide et courageux, défenseur de la laïcité et pourfendeur des complaisances coupables vis-a-vis des extrémismes religieux et identitaires.

    Il était talentueux, courageux, modeste et discret. C’était un mensch. Nous l’aimions.

    Nos pensées vont à ses proches frappés par la douleur de la perte.

    Il nous reste à continuer ses combats, à préserver sa mémoire.

    La Paix Maintenant

    Je suis très triste de la disparition de Thierry Jonquet. Restent ses livres.

    • nestor38
      nestor38 répond à caro
      inséré ?
      • Posté à 09h14 le 11/08/2009
      • Internaute 60788
        inséré ?

      Tu as de la chance, tu as commencé par le moins bon (il faut honnête, « ils sont votre épouvantes... » étaient au mieux maladroit, au pire réac), tu vas pouvoir découvrir les autres livres de cet auteur, des livres sombres, malsains, remuants, tristes (essais Mygale par exemple)... Tu as de la chance de pouvoir découvrir parmi les meilleurs polars de la vague néopolar des années 70/80.
      Bonne lecture

  • freakfeatherfall
    freakfeatherfall
    moonchild
    • Posté à 20h17 le 10/08/2009
    • Internaute 21024
      moonchild

    merde je venais juste de découvrir son nom au détour de discussions avec cyp et ben85...
    pas eu le temps de le lire de son vivant fais chier..

    • A déménagé le 1-6
      • Posté à 20h34 le 10/08/2009
      • Internaute 61755

      au fait...je viens de finir pimp du slim...bon conseil ! un libraire de mes connaissances m’affirme qu’il est question d’éditer en français d’autres ouvrages en novembre...
      bises à gg...merde...encore un de kaputt !
      edit : oups ! salut jonquet...

      • freakfeatherfall
        freakfeatherfall répond à A déménagé le 1-6
        moonchild
        • Posté à 21h04 le 10/08/2009
        • Internaute 21024
          moonchild

        content que ça t’ait plu !
        je savais pas qu’il était pas beaucoup traduit, je l’avais lu in english in ze text...
        la biz

    • Ben85
      Ben85 répond à freakfeatherfall
      ramoneur
      • Posté à 20h45 le 10/08/2009
      • Internaute 75415
        ramoneur

      J’avais lu la rumeur qu’il était dans le coma il y a trois jours, au détour d’un commentaire de riverain. Ca fait chier, parce que cétait vraiment un super auteur de polars.

      En fait, dire qu’il écrivait des polars est même réducteur, parce que ses bouquins débordaient largement le cadre du roman noir.

      Je ne reprendrai pas des moules ce soir...

      • Numerosix
        Numerosix répond à Ben85
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 20h57 le 10/08/2009
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Moi non plus..

      • freakfeatherfall
        freakfeatherfall répond à Ben85
        moonchild
        • Posté à 21h05 le 10/08/2009
        • Internaute 21024
          moonchild

        yep un écrivain est un écrivain, la classification on s’en bat les couilles sur la table !
        j’essayerai de le lire quand je repasserai en france...

  • kk
    kk
    au vert
    • Posté à 21h03 le 10/08/2009
    • Internaute 13480
      au vert

    Pas grand chose à dire de plus.
    De grands moments de lecture
    J’ai du temps, je vais m’y replonger
    Fajardie, Jonquet, sale temps.

  • gilda
    • Posté à 23h31 le 10/08/2009
    • Internaute 7660

    Merci pour cet article. C’est toujours un peu de réconfort quand on reconnaît le disparu dans son évocation.
    J’ignorais qu’il était malade récemment, c’est d’autant plus un choc.
    Et puis oui, « 15 mois à peine après Fajardie ».

  • Sergio-Bak
    Sergio-Bak
    Gribouilleur
    • Posté à 00h01 le 11/08/2009
    • Internaute 83730
      Gribouilleur

    Et merde ! Encore un...
    Ce n’est pourtant pas le moment !
    Après tout le reste,« Ils sont votre épouvante... » m’avait pas mal déçu, j’espérais qu’il aurait eu le temps de se refaire, c’est foutu.
    Vous avez oublié au passage l’hilarant pamphlet contre-abbépierriste « Le pauvre nouveau est arrivé », chez Librio (je ne l’ai pas sous la main pour la référence, désolé).
    Bon, et bien on va te relire, alors...

  • Hélène Crié-Wiesner
    • Posté à 01h02 le 11/08/2009
    • Internaute 57
      Binationale

    Triste ! Néo ou pas, il fait partie des grands du polar. Pourtant, celui d’entre tous ses bouquins que j’ai préféré fut encore « Rouge c’est la vie ». Tellement de connexions avec la mienne, de vie, entre rouge et verte ! Je ne sais pas comment on dit « condoléances » à ceux qui l’aimaient, en langue néo-pol...

    • tobernite
      • Posté à 14h10 le 11/08/2009
      • Internaute 13822

      @H. C.-W.
      Vous aussi, vous écrivez des polars qui font du bien en râclant par ousque ça passe. J’ai surtout aimé Autant en rapporte le vent. Continuez à nous donner de la lecture qui vaille le coup et prenez bien soin de vous !

  • Le requin rouge
    • Posté à 10h23 le 11/08/2009
    • Internaute 28023

    J’ai découvert Thierry Jonquet en lisant Mygale. Les mois qui suivirent, j’avais lu toute son oeuvre en adhérant totalement à son style. Le dernier livre m’a un peu déçu mais il reste un de mes auteurs préférés en matière de polar français.
    Ce sont des bouquins qui se lisent d’une seule traite, tant ils sont passionnants. Adieu Thierry, et merci encore.

  • shantaram
    shantaram
    étudiant
    • Posté à 10h50 le 11/08/2009
    • Internaute 57389
      étudiant

    Une question me taraude, sur différents médias, au premier rang desquels Marianne2.fr on parle de « gauche angélique » ; le magazine Télérama, lui, préfére parler de « bien-pensant » ; Rue 89, par la plume de Hubert Artus parle de « gauche angélique ». D’où ma question, quelle est cette gauche angélique ? des noms, des prénoms !
    Il suffit de lire l’essai de Loïc Wacquant, « Les prisons de la misère », ou le livre de Laurent Bonelli, « La france a peur », pour voir que la gauche dite angélique est un mythe ; et qu’au contraire, la gauche insititutionnelle - depuis Jospin notamment - a troqué son discours social contre un discours sécuritaire voire pénal, et ce, en coupant la main gauche de l’Etat (service public, education...) pour pouvoir armer la main droite de l’Etat (le pénal).
    Je chicane, je sais. Mais les mots ont du sens, et certains termes -mots-valises - à force d’être mésusés tronquent la réalité et le débat. « Gauche angélique », terme qu’on lit partout : Le Figaro, Libé, Charlie hebdo, Marianne, Rue89, qu’on entend et voit sur pratiquement tous les médias audiovisuels, n’a aucun sens !
    Condamner la violence sans chercher à la comprendre, si c’est cela ne pas adopter le discours angélique, alors, moi, je me proclame « gauchi-bobo-angélique » : car je condamne la violence (toutes les violences, y compris les violences symboliques, judiciaires, et surtout, policières), mais je cherche à comprendre (non pour dédouaner) la nature de la violence.

  • meiganga
    meiganga
    pompiste
    • Posté à 11h09 le 11/08/2009
    • Internaute 62589
      pompiste

    Une plume nous quitte, Paix à ton âme thierry. je t’ai découvert par « Mygale » que j’ai dévoré puis « la vie de ma mère “ qui m’a fait rire et m’a ému, suivirent ‘Moloch’ et les autres ....que je vais relire en ta mémoire. Merci.

  • Volodia
    Volodia
    ex
    • Posté à 18h50 le 11/08/2009
    • Internaute 46042
      ex

    Bon sang, il faut que se type meurre pour que je le découvre ! Allez, je commande tous ses bouquins, j’ai hâte de lire un type pareil.... Quand je pense que je venais juste de découvrir Izzo ! Marre d’être en retard et de rater des types pareils... En fait,en voyant ses photos,je me souviens que je l’ai cotoyé à la Ligue des années 70....

    Salut Camarade !

  • patoche39
    patoche39
    enseignant
    • Posté à 21h22 le 11/08/2009
    • Expert 51573
      enseignant

    L’ultralibéralisme frappe encore

    Le romancier Thierry Jonquet est mort. Il mêlait avec bonheur ambiances polar, militantisme social et vision critique de notre société. Meilleur écrivain que Guy Môquet, on n’envisage pourtant pas de le faire lire dans les classes. Interrogé sur ce décès, Nicolas 1er se déclare très touché par la disparition d’Aimé Jonquet qui avait su redonner une âme à un pays moribond. Nous lui conseillerons, dès qu’il en aura terminé avec ses albums à colorier, la lecture des « Orpailleurs » et de « La bête et la belle »...

    Lien

  • menzao
    menzao
    Touriste breton
    • Posté à 01h48 le 12/08/2009
    • Internaute 86963
      Touriste breton

    Bonjour,
    je ne suis pas superstitieux mais quand même : j’ai fait signé quelques gars sur les pages de garde et voilà le résultat ! Michel Lebrun, Jean-Claude Izzo, James Crumley, Thierry Jonquet et même Cesare Battisti (mais bon lui il est toujours dans ce monde, quelque part). Serait-ce moral de dire ici quels sont ceux dont je n’ai pas aimé la prose et qui sévissent encore aujourd’hui ? Il n’y a pas de justice.
    Je n’ai pas tout lu de TJ. C’était jusque là mon préféré parmi les polars de langue française. Un grand. Bon, bougon dans les festivals, c’est vrai ! Nous n’avons pas tous du talent pour sympathiser trente secondes et passer au suivant. Il faut savoir être mondain pour ça, peut-être. Il m’en reste quelques uns à découvrir de Jonquet, dont Moloch. Je faisais durer le plaisir. Maintenant, la liste est fermée. Dommage.
    Promis, si je croise Camilleri, je m’écarte.

  • Lenzo
    Lenzo
    Hustler
    • Posté à 19h23 le 13/08/2009
    • Internaute 87649
      Hustler

    Je me sens tout con...il y a douze/treize ans de cela Mr Jonquet donnait des cours d’écriture dans un IUT de Com où j’étais inscrit...
    Quel plaisir d’avoir un personnage comme lui donner le goût de l’écriture à de jeunes gens destinés à être cadres sup (il prenait son rôle très au sérieux). On peut y voir une certaine ironie pour un ancien de la LCR, mais je crois qu’il avait avant tout la passion des gens.
    C’était un personnage affable, discret et d’une grande gentillesse.
    Malgré tout je n’étais pas le mec le plus sérieux en cours (il nous surnommait, moi et un copain de classe déconneur, ses « joyeux drilles »)…bref… Mr Jonquet (me sachant faucher et partageant avec lui une extraction modeste) lorsqu’il eût terminé sa session de cours m’a fait don de son premier ordinateur (un antique Mac) pour que le « joyeux drille » ait un instrument de travail. Je ne suis pas devenu écrivain mais j’ai contracté le goût de ces machines et je bosse depuis dix ans dans le web.
    Il y a quelques années, j’ai recroisé Mr Jonquet par hasard au détour d’une rue du xème à Paris.
    Je l’ai à nouveau remercié pour l’ordinateur qui était encore dans un placard à la maison : des textes à lui se trouvent dans la mémoire du disque dur (des travaux publiés ou non). Il m’a dit de m’en débarrasser. Je ne l’ai pas écouté. Aujourd’hui, ce Mac ne parvient plus à se mettre en route, mais il conserve dans les entrailles de son disque dur les mots d’un écrivain et d’un homme de valeur.
    Je me sens donc tout con avec ce vieil ordi aujourd’hui…c’est une relique précieuse que j’avais conservé…je vais entreprendre de le restituer à sa famille.

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