Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Eléphanteaux du PS, parlez projets, pas alliances !

Jean Matouk
Economiste
Publié le 26/08/2009 à 15h48

Quand il a fait voter l’élection du président de la République au suffrage universel, de Gaulle visait surtout la stabilité des institutions. Il ne mesurait sans doute pas la nocivité du virus qu’il inoculait à toute opposition future, et évidemment à la gauche.

La droite est caporaliste, opportuniste. Mises à part les baisses d’impôts, elle n’a finalement pas de vrais critères idéologiques d’adhésion à un homme. Elle ralliera celui qui, au moment précis, lui semblera avoir le plus de chances de l’emporter et ses concurrents moins prometteurs seront vite ramenés dans le rang, ou abandonnés, comme de Villepin, par la foule des hommes pressés de pouvoir.

Si certaines des composantes de la droite ont des préférences dans tel ou tel domaine, les mœurs, la politique pénale, l’Europe, elles en font facilement litière pour rallier la future majorité présidentielle. On en a eu l’illustration avec la naissance inopinée du Nouveau centre entre les deux tours de l’élection présidentielle, abandonnant brusquement tout ce qui séparait les propositions de François Bayrou de celles de Nicolas Sarkozy ; on vient encore d’en avoir un bel exemple avec les ralliements discrets de Philippe de Villiers et des « chasseurs » à l’UMP.

Les socialistes englués dans le « tout à l’égo »

La gauche, elle, n’est pas disciplinée. Dès l’élection présidentielle passée, et perdue, éclosent les ambitions. A l’américaine, on écarte d’emblée le perdant, mais chaque candidat à la candidature commence à « marquer » les autres. L’un fait-il une proposition, que les autres sont contre.

Aujourd’hui deux leviers de discorde : les primaires et les alliances. De projet ou plutôt de « contre-projet » à opposer -sans systématisme- à la politique de Sarkozy, rien, en tous cas rien qui ressorte dans les médias, ce qui est aujourd’hui la seule voie d’un éventuel succès politique futur.

Je sais bien, pour les avoir entendus, en tendant l’oreille, que nombre d’élus, notamment Jean-Marc Ayrault interviennent pertinemment lors des débats parlementaires. Mais sans la médiatisation qu’il faut et surtout la synthèse qui « organise » un projet politique. Espérons que Pierre Moscowici, chargé justement de bâtir un tel projet par Martine Aubry, ne sera pas englué dans le « tout à l’égo ».

Dites-nous quelles mesures vous prendriez si vous étiez au pouvoir

Messieurs Peillon, Montebourg, Vals, et de leur côté, Mélenchon, mais aussi les dirigeants des Verts et des Radicaux de gauche s’il vous plait, pourriez-vous, cesser de parler alliances, de vous agonir sur de fausses questions, de vous jeter le Modem à la figure, mais nous entretenir des mesures que vous prendriez si vous étiez aujourd’hui au pouvoir. La question s’adresse aussi à Ségolène Royal, que je ne tiens pas du tout pour écartée de la course. C’est par le projet que vous convaincrez les Verts et leurs électeurs. C’est par lui que vous rallierez ceux qui ont voté Bayrou au premier tour de 2007. Pas en créant une zizanie artificielle sur les alliances !

Nicolas Sarkozy a creusé l’endettement de la France, qui était déjà excessif, par sa loi fiscale de juillet 2007. Elle est aujourd’hui plus endettée encore (80% du PIB) .

Que proposez vous pour réduire la dette ? Quelles mesures fiscales ? Sur les contribuables de quelles tranches ?

Quelle position allez vous adopter pour la taxe carbone ? 15€ ou 32€ ? Avec ou sans reversement et à qui ?

Allez-vous encore laisser l’initiative à Sarkozy et vous laisser réduire à une opposition stérile ?

Que proposez-vous pour combler le déficit de l’assurance maladie ? Plus de CSG ? Plus -beaucoup plus- de discipline imposée aux professionnels de santé ? Ayez le courage de le dire ! Comment renverser l’évolution vers un système de santé à plusieurs vitesses ? Quelle politique du médicament allez-vous mettre en œuvre pour ramener leurs prix à un niveau acceptable et pas à celui que fixent les labos ?

Comment allez vous équilibrer le système de retraite par répartition, le seul solidaire, et éviter une capitalisation qui s’avère aujourd’hui désastreuse. Quel allongement de la durée de cotisation ? Avec quelles corrections pour la pénibilité ?

Dans un pays qui, il faut l’admettre, n’a pas l’esprit d’entreprise des anglo-saxons, comment l’Etat, si vous le dirigiez, impulserait-il une « politique » de recherche et de développement vers les créneaux que nous laissent la mondialisation ? Allez-vous, là encore, vous contenter de contredire le plan que Nicolas Sarkozy présentera dans deux mois pour justifier son grand emprunt ?

Quel vrai programme de logements sociaux donc de politique foncière allez-vous adopter ? Quelle contre-proposition concrète allez-vous faire au projet de réforme des collectivités territoriales de Nicolas Sarkozy qui est une nécessité mais que l’on peut mener autrement ?

Je me limite volontairement aux sujets économiques sans avoir la prétention d’être exhaustif ni directif. Mais sur eux, comme sur les sujets de justice, de sécurité, de police, d’affaires étrangères nous aimerions bien vous entendre AVANT que vous ne repreniez vos débats favoris sur les alliances et les primaires, qu’un vrai projet rendrait d’ailleurs inutiles.

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  • papy38
    papy38
    retraité
    • Posté à 15h56 le 26/08/2009
    • Internaute 69081
      retraité

    L’élection présidentielle au suffrage universel est un piège. C’est la personnalisation à outrance d’un candidat obligé de faire de la communication plus que de l’information.
    C’est pour celui qui est élu un pouvoir pratiquement absolu. Il faut voir comme Nicolas Sarkozy traite son propre gouvernement et ne laisse qu’une place croupion au parlement.
    C’est aussi la tentation pour celui qui est placé au sommet de l’Etat de faire ce qui lui plait et d’avoir des leviers suffisants pour « faire dire » aux médias et aux statistiques ce qu’il convient aux citoyens...
    A moins que la colère ne l’emporte sur la réflexion.
    C’est moins de République, c’est moins de démocratie.
    Je pense qu’il faut réformer cela. Dans sa première version de la 6ème République, Arnaud Montebourg estimait qu’il fallait revenir sur cette désignation. Puis il s’est laissé circonvenir...

    • duarn
      duarn répond à papy38
      • Posté à 18h29 le 26/08/2009
      • Internaute 17322

      C’est pire que cela. Car les institutions mais surtout les pratiques de la V°, on déteint sur tout le mille feuilles politique et administratif : Députés, sénateurs, présidents de régions, présidents de conseils régionaux, présidents de communautés urbaines, maires petits et grands qui se prennent pour des potentats locaux, de vrais petits seigneurs plus de deux siècles après la Révolution avec leur cour, leurs prébendes. Tout ce système gangrène la République, la vraie, celle des principes fondateurs. Je suis par exemple frappé par la mauvaise réputation de la France dans les autres pays développés. Le mot qui revient le plus dans la presse étrangère à l’encontre de notre système politique est : corruption. Nos institutions actuelles ne sont sans doute pas étrangères à cela...

      • TAZeur
        TAZeur répond à duarn
        • Posté à 20h25 le 26/08/2009
        • Internaute 82780

        ... Rappelons, en passant, que la République Ultime sera anarchiste - ou ne sera pas.

         
        • christobal0094
          christobal0094 répond à TAZeur
          citoyen du monde
          • Posté à 04h56 le 27/08/2009
          • Internaute 77671
            citoyen du monde

          en attendant l’ultime perfection...

          essayons de faire quelques pas vers une societe batie sur quelques idees anarchistes (non violentes).

          - definition du role de l’etat et de ses domaines et de ses limites, pour que chacun puisse comme Proudhon, dire « l’etat c’est moi “.

          - propriete individuelle, propriete collective et solidaire : cooperatives, mutuelles, cogestion par opposition a la confiscation des fruits du travail des salaries ( c’est la ou la propriete devient le vol par manque de redistribution).

          - liberte et responsabilite, ca veut dire societe d’individus respectant les autres.

        1 autres commentaires
  • Sei
    Sei
    Infographiste 3d
    • Posté à 16h12 le 26/08/2009
    • Internaute 79103
      Infographiste 3d

    Il leur manque un programme et ils ne se rendent pas compte que c’est le plus important. j’ai voter Verts aux européennes parce que sur les flyers c’ étaient les seuls à avoir fait des propositions un peu concrètes.
    Tant qu’ils ne se mettront pas vraiment au travail, ils peuvent oublier ma voix.

    • christobal0094
      christobal0094 répond à Sei
      citoyen du monde
      • Posté à 05h04 le 27/08/2009
      • Internaute 77671
        citoyen du monde

      Oui, mais...

      un programme peut vite ressembler a un catalogue demagogique et sans service apres-vente.

      tout en etant d’accord avec l’article je pense que cette union en gestation implique un programme ou au moins des intentions. Ca doit etre precise.

      et pour preciser ces intentions et d’une certaine facon limiter la voracite des egos, un ministere-type ( comme le shadow cabinet UK) montrerait le respect de chaque parti pour les autres et reciproquement.
      chaque ministre pourrait alors exposer ses intentions, ses plans, etc...

      et cumulerait les potentiels de seduction vis-a-vis de l’electorat.

  • Servais-Jean
    • Posté à 16h34 le 26/08/2009
    • Internaute 4591
      43

    Quelques réflexions en vrac

    Le problème du PS c’est d’être trop démocratique et donc à vouloir faire plaisir à tout le monde ou du moins à ne fâcher personne.
    A l’UMP ils n’ont pas ce problème car le pouvoir appartient à celui qui, par tous les moyens, arrive à s’en emparer à force de magouilles et de coups tordus.
    Ayant à désigner un leader et ne pouvant pas y arriver vu qu’il y a trop de candidats valables le PS n’a plus qu’à s’occuper avec des problèmes secondaires comme les alliances.
    Actuellement le PS n’a pas de dirigeant de combat à sa tête, Martine Aubry n’est que le plus grand commun diviseur de toutes ses composantes, c’était la seule à pouvoir éviter l’éclatement du parti et elle remplit parfaitement cette tâche mais ce ne peut être que temporaire.
    Les médias, en présentant Strauss Kahn, essaient de biaiser le choix à venir des socialistes en sortant de leur chapeau le candidat qu’ils pensent idéal ou qu’ils aimeraient bien voir.

    • spleenlancien
      spleenlancien répond à Servais-Jean
      Manant, de passage sous le (...)
      • Posté à 19h56 le 26/08/2009
      • Internaute 78672
        Manant, de passage sous le (...)

      « Les médias, en présentant Strauss Kahn, essaient de biaiser le choix à venir des socialistes en sortant de leur chapeau le candidat qu’ils pensent idéal ou qu’ils aimeraient bien voir. »

      Je crois me souvenir que c’est ainsi, par dessus le Parti, que Notre-Dame-de-Melle s’est vue confier les clés de l’investiture PS en 2006, avec le succès que l’on sait...

      • shillom
        shillom répond à spleenlancien
        • Posté à 14h07 le 28/08/2009
        • Internaute 22134

        J’abonde dans votre sens, Miss Poitou a été un pur produit électoral généré par les médias.

  • Duc du Granlac
    Duc du Granlac
    Républicain
    • Posté à 16h56 le 26/08/2009
    • Internaute 86373
      Républicain

    Excellent article ! !

    C’est ce qui manque actuellement à la gauche, un vrai contre-projet.

    Il fait d’abord parler du fond, des idées, et ensuite on trouvera bien quelqu’un pour l’incarner (en général ce n’est pas ce qui manque).

    Il faut montrer au peuple que si demain le PS arrive au pouvoir il agira, et il agira dans le bon sens.

    Faire des propositions, implique de trancher entre différents courants au sein du PS et ça sa risque d’être douloureux mais ce sera toujours mieux que l’infâme consensus mou à la Hollande.

    Au niveau économique au sein du PS je perçois trois grands courants, les corporatistes, les libéraux et les sociaux-démocrates ; et il faut bien reconnaitre qu’on entend surtout les libéraux et les corporatistes.

    C’est terrible que les sociaux-démocrates n’arrivent plus à avancer tétanisé qu’ils sont par le risque de se faire traiter de passéistes par les libéraux et de social-traitre par les corporatistes.

    Si je devais définir ce qu’est une société social-démocrate je dirais que c’est une économie de marché où l’état à le rôle de stratège, de pionnier, de régulateur.

    Hors depuis de nombreuses années le PS n’envisage pour l’état qu’un rôle secondaire, celui de simple filet de sécurité du capitalisme .C’est une sorte d’arbitre dans un match de boxe qui empêche le compétiteur à terre de se faire encore plus massacré.

    Regardez les derniers programmes du PS, des pages et des pages sur les aides aux plus pauvres ,les aides aux associations ,les avancées sociétales etc
    Et rien sur une politique industrielle ,rien sur la recherche (a part l’économie verte qui est en grande partie une illusion),rien sur l’objectif qu’on fixe a l’université ,rien sur le rôle de stratège que doit avoir l’état.

    Et bien moi je ne veux pas avoir à choisir entre une droite arrogante qui sert les riches ,qui mène une politique conservatrice sur tout les points (ils sont bien plus conservateur que libéraux) et une gauche corporatiste qui ne pense qu’a faire de l’assistanat .

    Il ne s’agit pas de revenir à la politique du plan mais faut quand même que l’état soit capable de regarder plus loin que le chef d’entreprise ou le français moyen.

    • Gotch
      Gotch répond à Duc du Granlac
      • Posté à 19h59 le 26/08/2009
      • Internaute 15306

      D’accord sur pratiquement tout, excepté un détail qui me paraît compter. Ce n’est pas un contre projet qu’il faut, mais un projet tout court, qui ne soit pas l’antithèse de ce qui se passe maintenant, mais plus encore.

      Sarkozy mis sur la touche avec tous ses relais à la tête de l’Etat, il va falloir reconstruire tout ce qu’il a démoli, voilà la première évidence. Mais il va falloir reconstruire en mieux, et surtout en refusant d’être l’esclave du marché, et du système de Bruxelles qui le protège, et que les parlementaires français ont entériné malgré l’opposition de la majorité de la population. Tout sera à revisiter.

      Il n’est pas du tout certain que cette remise en place d’un système juste coûte si cher, tant les fonds disponibles sont actuellement happés par des actionnaires anonymes et lointains. Une redirection de ces fonds vers les vrais investissements et vers une relance par les salaires fera la différence, avec l’abrogation d’une mesure qui nous coûte si cher : le bouclier fiscal.

  • fdrebin
    fdrebin
    Dilettante doué
    • Posté à 17h12 le 26/08/2009
    • Internaute 78377
      Dilettante doué

    Plus que le mode de scrutin, c’est le déséquilibre de nos institutions qui est à l’origine des difficultés. Et c’est la gauche qui a encore compliqué le mikado gaulliste initial en inversant les élections de 2002 et en instituant le quinquennat. Merci Lionel !

    Le président de la République n’est responsable devant personne alors qu’il peut dissoudre l’Assemblée nationale quand bon lui semble et qu’il nomme certains membres et le président de la juridiction constitutionnelle suprême.

    L’importance des pouvoirs présidentiels peut être acceptable si elle est compensée par une possibilité d’intervention du législatif sur l’exécutif qui aille au-delà de la seule censure du gouvernement. Une sorte d’équilibre de la terreur constitutionnel qui nous fait cruellement défaut. Il manque un « impeachment » à la française qu’il soit parlementaire ou, mieux, par un référendum d’initiative populaire lui permettant ou non de continuer son action (un rêve de constitutionnaliste, je sais...).

    C’est l’irresponsabilité juridique présidentielle, le seul à pouvoir attaquer sans l’être (un fantasme de cour de récré), qui crée une figure intouchable, quelque part entre le président de droit divin et la figure messianique dont notre histoire regorge, de Jeanne d’Arc à De Gaulle

    Quant au vide du « programme commun » de l’opposition, quelle qu’elle soit, je ne peux que vous rejoindre. A quand un « shadow cabinet » qui répondrait aux projets du gouvernement par des contre-projets argumentés et immédiatement publiables ? Mais pour financer un tel gouvernement-bis, il faudrait arrêter d’aller se montrer à Porto Alegre ou La Rochelle ou d’organiser des cirques médiatiques de la fra-ter-ni-tude...

  • pinpinblanc
    pinpinblanc
    assis devant mon bureau
    • Posté à 17h26 le 26/08/2009
    • Internaute 50836
      assis devant mon bureau

    Rha ça fait du bien de lire ça !
    Merci.
    @ Duc du Granlac : et pourquoi pas le plan ? Enfin, ce n’est que rendre officiel ce qui existe déjà d’une part et le renforcer à l’échelon national.
    En effet, qu’est ce qu’un Contrat de Plan État-Région si ce n’est un plan ? La planification existe partout, c’est la base. Gouverner c’est prévoir.

    @ Jean Matouk : le problème réside aussi dans les médias, même ici parfois. Heureusement vous venez de relever le niveau.

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 18h17 le 26/08/2009
    • Internaute 55044
      trouveur

    Enfin quelqu’un d’intelligent.
    Des propositions concrètes en tenant compte de nos insuffisances en terme d’emplois, d’élévation de la dette, du manque d’ascenseur social, etc...
    La poudre aux yeux, çà suffit. Les alliances électorales pour obtenir le pouvoir dans un pays en récession, çà suffit.
    Un vrai contre projet. Contre dans le sens positif du terme. Pas contre tout, pas contre Sarkozy systématiquement.
    Le tout sauf Sarkozy est la plus grosse connerie qui puisse exister. On a déjà eu le tout sauf Le Pen. Et on a pu observer un état d’immobilisme catastrophique pour le pays.
    Certaines idées de la droite ne doivent pas être enterrées mais reformulées dans un langage humain et social à long terme.
    C’est possible, encore faut-il imaginer- penser avec son époque- au lieu de répéter inlassablement les versets d’un socialisme archaïque.

    • pinpinblanc
      pinpinblanc répond à Marcantoines
      assis devant mon bureau
      • Posté à 14h41 le 27/08/2009
      • Internaute 50836
        assis devant mon bureau

      Pourquoi Archaïque ?
      C’est archaïque la solidarité et la redistribution ?
      C’est parce que les solutions proposées n’ont soit-disant pas fonctionné à l’époque ?
      Elle ne l’on pas été assez parce que lorsque la gauche arrive au pouvoir, contrairement à la droite, elle ne fait pas le ménage dans les services au niveau de la roue de transmission de l’appareil d’état : la très haute fonction publique, ni dans les médias.
      Sans aller jusqu’à une bonne vieille chasse aux sorcières, il y a un peu de travail à faire de ce côté là.

      Il y a des solutions de 1998 ou d’avant qui sont encore valables aujourd’hui, il suffit de les mettre mieux en œuvre, d’arrêter l’hypocrisie et la traduction en demie teinte des programmes.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h27 le 26/08/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Un projet, ça sert à rien.

    Personne ne comprend rien aux propositions trop techniques et tout le monde sait très bien que les promesses sont des paroles en l’air.
    Et puis on ne vote pas pour quelqu’un selon un programme. On vote pour quelqu’un selon l’image qu’il donne dans les médias.

    A la rigueur il peut se faire un plan politique qu’il sortira s’il est élu, mais avant l’élection il faut seulement une campagne de communication.

    Le jour où les gens voteront en réfléchissant un peu et pas comme des gros veaux se basant sur les apparences, ça pourra être utile.
    En attendant, c’est juste des gentilles paroles en l’air et au final on sait tous comment ça va se passer.

    • pinpinblanc
      pinpinblanc répond à Keldan
      assis devant mon bureau
      • Posté à 14h47 le 27/08/2009
      • Internaute 50836
        assis devant mon bureau

      Sarko à gauche quoi.
      Ségolène a essayé. Elle était pas mauvaise dans son genre, mais pas de programme et ça s’est vu. Ajoutez à cela une voix et des attitude spas toujours heureuses et paf...

      Perso, je ne vote pas pour une campagne de pub, c’est pas de la pub une élection. C’est un programme, du militantisme, du terrain, une personnalité, de la communication.

      Jospin s’est planté, car il a fait sa campagne sans les militants, ni pour créer son programme, ni pour le promouvoir (« ce n’est pas un programme socialiste » avit il dit avant même le 1er tour !).

      • Keldan
        Keldan répond à pinpinblanc
        Now future & karpe diem
        • Posté à 16h21 le 27/08/2009
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        La démagogie n’est pas l’exclusivité de la droite, tous les partis sans exception s’y adonne.
        Il suffit de voir les affiches électorales avec leur slogan publicitaire, c’est mensonge contre mensonge.
        La seule question, c’est de savoir lequel nous fait le plus rêver...

         
        • pinpinblanc
          pinpinblanc répond à Keldan
          assis devant mon bureau
          • Posté à 16h43 le 27/08/2009
          • Internaute 50836
            assis devant mon bureau

          Bref, vous êtes pour continuer la démagogie. C’est votre choix.

          • Keldan
            Keldan répond à pinpinblanc
            Now future & karpe diem
            • Posté à 17h43 le 27/08/2009
            • Internaute 5164
              Now future & karpe diem

            Je ne suis ni pour ni contre. C’est simplement nécessaire, pour que la masse puisse comprendre.
            Les belles phrases pour les gens qui ont envie de passer leur soirée à en parler, les slogans pour les autres, mais au final ça ne changera rien que d’expliquer sur cent pages le super plan pour arrêter le chôme ou écrire en gros « halte au chômage ».

            De toutes façons, mon slogan préféré c’est « voter bien, voter rien ! »

            • pinpinblanc
              pinpinblanc répond à Keldan
              assis devant mon bureau
              • Posté à 17h49 le 27/08/2009
              • Internaute 50836
                assis devant mon bureau

              « ni pour ni contre » (bien au contraire), « la masse puisse comprendre » : c’est faire grand cas de vos semblables et faire preuve d’une bien haute opinion de vous même.

              « voter bien, voter rien », ça aussi c’est constructif.

              Mais concrètement vous faites quoi pour que ça change ?

              • Keldan
                Keldan répond à pinpinblanc
                Now future & karpe diem
                • Posté à 18h47 le 27/08/2009
                • Internaute 5164
                  Now future & karpe diem

                Mais pourquoi ferais-je le moindre effort pour que ça change ?
                Je te l’ai dit, j’en ai un peu rien à foutre, je m’en amuse. Alors je n’ai rien à y gagner de changer quoi que ce soit, et inversement je ne vais pas lutter contre le changement puisque je n’ai non plus rien à y perdre.

                Constructif... quel joli mot... sauf qu’on parle de politique, mettez donc un autre parti au pouvoir, admirez le non changement, et retournez voter. La machine continuera de tourner dans tous les cas, elle n’a pas besoin des politiciens.

                En attendant, moi je fais du constructif pour ma gueule et celle de mes potes, et si j’ai cinq minutes dans l’année je les accorderai peut être au reste du monde.

                • pinpinblanc
                  pinpinblanc répond à Keldan
                  assis devant mon bureau
                  • Posté à 09h57 le 28/08/2009
                  • Internaute 50836
                    assis devant mon bureau

                  Bref, individualiste...
                  Lâche nous les basques.

                  • Keldan
                    Keldan répond à pinpinblanc
                    Now future & karpe diem
                    • Posté à 16h28 le 28/08/2009
                    • Internaute 5164
                      Now future & karpe diem

                    A toi l’honneur, après tout c’est toi qui a eu la drôle d’idée de me répondre...

                    L’individualisme est une vertu !

        6 autres commentaires
    • medicago
      medicago répond à Keldan
      Plante cultivée
      • Posté à 06h37 le 28/08/2009
      • Internaute 58931
        Plante cultivée

      Sans projet, no future. Sans futur, quel espoir ? Sans espoir, combien d’abstentions ? Sans vote, combien de sondages ?
      Avec les sondages, le marketing prend la place de la politique et la démagogie celle de la démocratie. je rêve un peu...Mais il y a aussi des bons produits qui se vendent sans marketing (ou presque) et des mauvais produits qui se vendent avec (Sarko). J’avais presque oublié que la politique, ce n’est pas un produit...

  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 18h41 le 26/08/2009
    • Internaute 9562
      alchimiste

    L’alliance, c’est ce que n’est pas l’union.

    - Des cahiers de doléances.
    - Une convention primo-législative.
    - Une majorité forte et un gouvernement unitaire.
    - Déprésidentialisation du régime, séparation des pouvoirs, laïcité et droits de l’homme.

  • Jean de Lille
    • Posté à 18h59 le 26/08/2009
    • Internaute 21670
      psy

    J’applaudis cet article, que j’aurais aimé écrire. Puissiez vous être lu par les socialiste et la première d’entre eux ce Week end à La Rochelle.
    On espère...

  • jma14
    • Posté à 19h21 le 26/08/2009
    • Internaute 31729

    Il est vrai que le silence du PS est assourdissant.

    Nous vivons la plus grande crise mondiale de l’humanité et le PS ne propose rien depuis le G20 dont on sait qu’il va accoucher d’une souris.

    Ils pourraient repenser le système boursier et les deux plus grands fléaux de la bourse : vente à découvert et taux de couverture, pour en faire un débat national économique. Même cela, ils n’en sont pas capables.

    Les gens de gauche se sont des gens de droite qui ne veulent pas l’avouer.

    • Gotch
      Gotch répond à jma14
      • Posté à 20h03 le 26/08/2009
      • Internaute 15306

      Si tant est que la majorité des gens du PS soient à gauche. A la base, c’est possible, mais plus on monte, plus cette impression d’un biaisage des forces vers la droite se ressent péniblement.

    • Gotch
      Gotch répond à jma14
      • Posté à 23h56 le 26/08/2009
      • Internaute 15306

      Précision utile : les gens du PS sont majoritairement à droite. Le PS n’est pas la gauche.

      • medicago
        medicago répond à Gotch
        Plante cultivée
        • Posté à 06h46 le 28/08/2009
        • Internaute 58931
          Plante cultivée

        Pour faire de la « politique », il faut des idées et un ego, un gros ego. Au PS, il y a beaucoup d’egos (chez les verts aussi). Tellement d’egos que ça cache les idées.

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 20h03 le 26/08/2009
    • Internaute 55044
      trouveur

    « Que proposez-vous pour combler le déficit de l’assurance maladie ? Plus de CSG ? Plus -beaucoup plus- de discipline imposée aux professionnels de santé ? Ayez le courage de le dire ! Comment renverser l’évolution vers un système de santé à plusieurs vitesses ? Quelle politique du médicament allez-vous mettre en œuvre pour ramener leurs prix à un niveau acceptable et pas à celui que fixent les labos ? ».
    Enfin quelqu’un qui se penche sur le difficile problème du gouffre de la sécurité sociale.
    Bien sûr qu’il faut : Plus - beaucoup plus- de discipline imposée aux professionnels de santé. Et sans doute aussi de la discipline imposée aux « patients » . Ne sommes nous pas de gros consommateurs de médicaments avec à la clef des intoxications médicamenteuses et des effets secondaires nocifs. Une bonne hygiène de vie et une fréquentation moins assidue des centres de soins seraient excellentes pour notre santé.
    La recherche médicale doit être valorisée. Recherches publiques universitaires associées aux laboratoires privés. Diagnostic précoce, nouvelles thérapies s’attaquant aux causes et non pas aux conséquences, développement d’appareils d’imagerie, analyses de biologie cellulaire et moléculaire. Il y a plein d’emplois nouveaux à pourvoir. Cessons de regarder le médical sous l’angle étroit des prescripteurs distributeurs de substances organiques peu spécifiques ou inactives.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Marcantoines
      In enculo cum vibro
      • Posté à 13h14 le 27/08/2009
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      L’Etat fait cadeau à certains emplois du devoir de payer des cotisations sociales à la Sécu, et ce depuis 1991.

      C’est comme si la Sécu disait à certains assurés sociaux, « je vous dispense de TVA ».

      Le fait est que l’Etat doit des centaines de milliards à la Sécu.

      Lien

      Téléchargez les chiffres officiels !

      • pinpinblanc
        pinpinblanc répond à Autist Reading -
        assis devant mon bureau
        • Posté à 14h50 le 27/08/2009
        • Internaute 50836
          assis devant mon bureau

        C’est complètement exact. Mais ça dans les médias, on n’en parle pas, ou à peine.
        Là où l’opposition devrait « taper », elle ne le fait pas.

  • Pierre Polard
    Pierre Polard
    ConvictionsPolitiques.midiblogs (...)
    • Posté à 20h16 le 26/08/2009
    • Internaute 83546
      ConvictionsPolitiques.midiblogs (...)

    En tant que militant socialiste, je ne peux qu’applaudir à cet article... Tout est dit !

    Le PS est devenu un syndicat d’élus, sans souffle. N’étant ni élu, ni syndicaliste, j’avoue avoir du mal a y trouver ma place...mais c’est une autre histoire.

    Aujourd’hui, LE sujet, ce sont les fameuses primaires ouvertes. Elles mobilisent toutes les énergies, sont au centre de tous les débats. On pourrait rappeler à leurs promoteurs, qu’en Italie, elles n’ont pas permis à Walter Veltroni de gagner face à l’inoxydable Berlusconi...

    Et si, finalement, le projet était primordial ?
    Et c’est bien là que le bât blesse. Les « projets » du PS ressemblent plus à des catalogues de mesures techniques. Comme si la recherche de l’exhaustivité pouvait masquer l’absence de vision d’ensemble.

    Il me semble que le PS pourrait utilement s’inspire du programme du Conseil National de la Résistance (CNR), rédigé en mars 1944.

    L’évocation du programme du CNR n’est pas la manifestation d’une nostalgie déplacée ! Il s’agit de souligner la force mobilisatrice de ce programme, plus particulièrement la deuxième partie de ce programme intitulée « MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE ». En effet, en deux pages seulement, sont tracées les grandes lignes de ce qui structure ce qu’il est convenu d’appeler le « modèle français ».

    Citons quelques points, d’une brûlante d’actualité :
     le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
     un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
     une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
     La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

    Certes, la société française a évolué depuis mars 1944, mais c’est ce principe que devrait reprendre le Parti Socialiste. Il faut abandonner cet esprit de catalogue qui préside habituellement à l’élaboration de nos projets. Il faudrait d’abord définir un cadre précis sur des thèmes fondamentaux :
     Emploi
     Santé
     Education
     Logement
     Fiscalité
     Protection sociale
     Justice
     Construction européenne
     Mondialisation
     …

    Ce « document cadre » devrait tenir sur une ou deux pages. Il serait le cadre de référence et devrait être largement approuvé par les militants. Ensuite, des réunions thématiques ouvertes à tous (élus, experts, militants, associatifs, citoyens…) devraient permettre de décliner les différents thèmes du cadre de référence en propositions concrètes. Ce travail pourrait s’étaler sur un an, ponctué par des votes des militants à chaque étape.
    Le but est d’avoir un plan d’action évolutif quant à son contenu, mais ferme sur les principes directeurs…

    • Marcantoines
      Marcantoines répond à Pierre Polard
      trouveur
      • Posté à 11h15 le 27/08/2009
      • Internaute 55044
        trouveur

      Vos principes directeurs risquent fort d’être des évidences. Et donc ne pas servir à grand chose.
      En effet, comme le souligne l’auteur à l’origine de ce commentaire, les propositions à des problèmes concrets ne sont jamais parfaites. Il faut faire des choix. Long terme, court terme, hauteur des déficits, hauteur des aides...Rien n’est simple. Et finalement trop de social provoque une décroissance économique générale.
      Votre idée de réunions thématiques ouvertes à tous est très judicieuse. Il faut commencer par cela en élaborant des solutions concrètes. Simuler ces conditions dans un système expert en modifiant de nombreux paramètres. Et analyser les résultats.
      Vous observerez alors l’imperfection de tous les modèles. On a un excellent exemple avec les 35 heures. Mesure justifiée au départ afin de mieux répartir le travail. Inadaptation vis à vis de la compétition internationale, diminution de la productivité, baisse du pouvoir d’achat et perte d’emplois. Puis crise économique actuelle : et les 35 h se justifient à nouveau en limitant le chômage technique. La détaxation des heures sup instituée par Sarkozy avec de bonnes intentions au départ devient alors une parfaite ânerie.
      Alors, Oui au plan d’action évolutif : très bonne idée. Sarkozy devrait s’en inspirer pour modifier certaines de ses mesures devenues contre productive en temps de crise.

    • pinpinblanc
      pinpinblanc répond à Pierre Polard
      assis devant mon bureau
      • Posté à 15h17 le 27/08/2009
      • Internaute 50836
        assis devant mon bureau

      Je suis assez d’accord là dessus, une ligne politique fondée sur des valeurs, dans un objectif général clair, un projet de société, doit d’abord être élaborer.
      Certes, comme le dit Marcantoines, cela risque d’être un ensemble de bonnes intentions. Mais les bonnes intentions affichées clairement remises au cœur du débat, redonneront un élan, mettront en évidence les défaut de l’idéologie de la droite.
      (petite disgrétion sur l’idéologie : lire ici : Lien ).
      Ensuite proposer quelques solutions techniques, deux ou trois grand maxi par grand thème. Faire quelque chose de cohérent et de simple (pas simpliste, nuance), pour « passer » dans les médias.
      Et refuser la dictature de ces médias qui veulent tout résumer un projet politique en 2,5 minutes au 20h (cf le film « vive la république », je vous le conseille).

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 22h40 le 26/08/2009
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    <

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 13h00 le 27/08/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Le seul projet, c’est de foutre une branlée aux décideurs économiques et à leurs valets politiques, malgré leurs flics, leurs armées, leurs mercenaires.

    Après, on pourra se comporter comme des gens bien élevés.

  • shillom
    • Posté à 14h23 le 28/08/2009
    • Internaute 22134

    Tellement peu de projet au PS que si l’on tape « projet PS » sur google on a, je vous le donne en mille, 3 résultats :

    - Un blog dont le dernier message date du 2 janvier 2007
    - Le site officiel (ouf), mais en fait on ne trouve qu’une mention concernant l’université d’été : « L’université d’été des socialistes à La Rochelle lancera une démarche de réflexion et de débats avec les Français sur notre projet. »
    - Un article des echos, « Le projet du PS pour 2007 passé au crible »

    Et le plus drôle, c’est qu’après google propose une recherche « projet petite section » ! C’est le retour en maternelle ?

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