Chez Philippe Madelin

Les questions de sécurité analysées par un expert, Philippe Madelin, ancien journaliste et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet.

Secret bancaire : quelles sont les prochaines cibles ?

Philippe Madelin
Journaliste
Publié le 26/08/2009 à 17h01


Le patron d’UBS Kaspar Villiger à une réunion avec les actionnaires en avril 2009 à Zurich (Arnd Wiegmann/Reuters).

Après l’UBS quelles seront les prochaines cibles de l’administration fiscale américaine (et européennes par la même occasion) ? Très probablement le Crédit suisse, et la floppée de banques locales qui maillent le territoire de la Confédération.

Toutefois, il est évident qu’aucune action nouvelle ne sera engagée contre les petits établissements, car ils auront à cœur de se mettre en règle, et au cordeau, avec les nouvelles « coutumes internationales ».

On apprend que le Canada va emboîter le pas des Etats-Unis. Tout comme l’ensemble des pays membres de la Communauté européenne, à commencer par l’Allemagne qui, soit dit en passant, a été la première à demander et obtenir des poursuites contre ses fraudeurs fiscaux, la fraude fiscale étant un sport plus que pratiqué Outre-Rhin.

Certains comme l’Autriche, le Luxembourg, la Belgique, Andorre et Monaco sont loin d’être exempts de toute critique. Il leur faudra rapidement passer sous les « fourches caudines » des accords bilatéraux imposés par l’OCDE, les obligeant à lever peu ou prou le secret bancaire.

Il apparaît même que comme en Suisse la fin de l’opacité bancaire institutionnelle est considérée à Monaco comme une vraie catastrophe économique. Qu’allons-nous devenir sans les bling bling qui hantaient les palaces de la Côte ?

La position des banques privées

En revanche, mon petit doigt (et un bon informateur) suggère que les « banques privées », ces établissements très « cozy » installés pour la plupart à Genève, échapperont à la pression. « Pour une bonne raison », m’indique mon informateur :

« Une disposition fondamentale régissant les banques privées les conduit à la plus grande prudence : les actionnaires sont responsables des dérapages financiers sur leurs propres deniers. D’où la nécessité d’éviter les situations crapoteuses. »

En vérité, les banques privées ne gèrent qu’une clientèle plus que sélectionnée : les plus riches parmi les plus riches. Elles assurent dans la discrétion absolue la gestion de fortune. Et le « service après vente » des titulaires de comptes. Jusqu’à accompagner ces messieurs et ces dames dans leur shopping !

La Suisse serait-elle donc privée de son sacro-saint (et hyper légal) secret bancaire ? Pas si sûr. D’abord parce que la loi n’a pas été abolie. Et les termes de l’accord passé entre l’UBS et le tribunal de Miami maintient le principe du secret bancaire, même s’il peut être à l’occasion limité.

Une loi fédérale

En Suisse, le secret bancaire est réglé par l’article 47 de la Loi fédérale sur les banques et les caisses d’épargne. Cet article, entré en vigueur le 8 novembre 1934, révisé depuis, prévoit l’emprisonnement pour trois ans au plus en cas violation volontaire du secret bancaire et d’une amende de 250 000 francs suisses au plus si la violation du secret bancaire a été commise par négligence.

Selon Philippe de Weck, ancien président de l’UBS, la loi de 1934, qui l’a inscrit pour la première fois dans un texte législatif fédéral, visait à éviter que des indications sur les émigrés juifs fuyant l’Allemagne tombent entre les mains d’émissaires des organismes nazis qui les auraient utilisées pour pratiquer un chantage sur leurs familles restées au pays.

Cette position a longtemps été article de foi, y compris par de nombreuses publications internationales parfois critiques quant à l’attitude des banques suisses durant la Seconde Guerre mondiale.

Mais elle relève de la légende dorée. Cette vision a été remise en cause en mettant en évidence l’intérêt des banques suisses dans un contexte économique européen difficile.

Un scandale franco-suisse, déjà en 1932 

Ce « contexte économique difficile » recouvre un scandale qui a éclaté en 1932, quand -selon l’historien Peter Hug- le directeur et le sous-directeur de la Basler Handelsbank ont été interceptés par des policiers français, qui ont découvert dans leurs bagages une liste de 2000 titulaires français de comptes ouverts en Suisse.

Ils représentent toute la bonne société française : quelques sénateurs, un ancien ministre, des évêques ( !), des généraux et des industriels.

A la chambre des députés, le socialiste Fabien Albertin dénonce le capitalisme et les déserteurs de l’impôt. Proche de l’administration centrale des douanes, il réussit à obtenir une copie de cette fameuse liste et en révèle le contenu au mépris du secret d’instruction. Il évalue le montant des pertes subies par le fisc à 9 millions de francs.

Le ministre des Finances reprend la balle au bond et annonce qu’il va négocier auprès du gouvernement suisse un droit de regard dans les comptes des citoyens français.

Sommés d’ouvrir leurs registres de la Handelsbank, les Suisses se retranchent derrière la jurisprudence du Tribunal fédéral qui appelle les banques à conserver une discrétion absolue sur les dossiers de leurs clients.

L’élaboration de la loi sur le secret bancaire va suivre. Elle permettra en effet la sauvegarde d’un certain nombre de biens juifs pendant la guerre. Et de comptes ouverts par les Nazis : une première fois, le gouvernement américain obtiendra la levée sur secret bancaires pour identifier les « biens nazis en fuite ».

Photo : le patron d’UBS Kaspar Villiger à une réunion avec les actionnaires en avril 2009 à Zurich (Arnd Wiegmann/Reuters).

  • 6732 visites
  • 19 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • parousnik
    • Posté à 17h50 le 26/08/2009
    • Internaute 18991

    Et les paradis fiscaux de l’empire britannique ? Iles Caïmans, les Iles Vierges ou les Bermudes. etc Pourquoi n’osent on pas abordé ce sujet qui fait trembler la couronne impériale... ?

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à parousnik
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 22h47 le 26/08/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Parce que pour le moment, ces lieux n’intéressent que les juges et pas le grand public. Et que les communiquants de nos puissants ont avec la suisse trouvé le grand satan médiatique de l’évasion fiscal et des fonds douteux. Un pays qui cacherait des choses et n’obéirait pas aux règles (lesquelles d’ailleurs ?) sans être suffisement puissant pour échapper à la vindicte organisée.
      En cela, ils ne font que prendre le train (mais très partiellement) que leur proposent nombres d’ONG qui font un travail admirable par ailleurs.

      Faut-il rappeler que la notion d’évasion fiscale ne fait l’objet que de recommandations et ou de conventions qui ne sont pas appliquées loin s’en faut ! Et c’est pas faute aux suisses... De là à dire qu’il y a manipulation médiatique et bouc émissaire, le pas est largement franchit.

      Maintenant, au débit de la Suisse, il y a un point que l’honnêteté oblige de citer : la Suisse est le seul pays qui dispose d’une banque (UBS) et plus largement d’une administration (y compris judiciaire) qui ai fait de l’évasion fiscale et de la rétention de fonds un sport organisé à une telle échelle. Ils ont agis en vrais allémaniques : industriel ! A côté, même le Delaware, c’est des amateurs ! Je parle pas des rigolos des caraïbes. Ce sont des artisans...

      Passé ce point, on est aussi forcé à leur crédit de reconnaître deux trois choses :

      - personnellement, je sais pas mais les Kerguelen, c’est français et c’est aussi un paradis fiscal. De même que la Polynésie française (revoir les règles locales d’imposition des sociétés c’est grandiose !), Monaco et Andorre. C’est bien aussi la France dans une TRES large mesure ! On a d’ailleurs Saint-Bart pour faire bien dans les caraïbes...

      Bon, j’accorde, la Suisse a le Liechtenstein. Mais l’Italie a San-Marin (et le Vatican...) et la Chine dispose de Hong-Kong et Macao. Les Etats-Unis ont le Delaware. Les britanniques ont la City ! (oui, je laisse Iles Vierges, Bermudes, Caïmans au rang de jeu pour petits débutants. Il y a des montages superbes à faire depuis Londres et sans douleur. Dans la plus grand légalité d’ailleurs...)

      Maintenant, tous les grands pays ont dans leur périphérie immédiate des paradis fiscaux. La suisse est le seul grand pays financier qui n’est pas aussi une puissance commerciale et militaire (c’est uniquement une puissance diplomatique). Donc, il est pratique de lui taper dessus (en plus qu’elle ai industrialisée la notion d’hébergement de fonds douteux). Pour information, on aurait pu choisir la France comme grand satan de l’évasion fiscale et des paradis en tout genre. C’était aussi honnête et intelligent que de taper sur la Suisse ( les banques françaises connaissent très bien le droit suisse !). Sauf que la Suisse ne siège pas en tant que membre permanent du G8, ni du G20...

      CQFD (suivant que vous serez puissant ou misérable...)

      PS : Je ne fais aucune apologie de l’évasion fiscale ou de l’hébergement de fonds douteux mais ça m’énerve de voir un pays qui obéit aux règles internationales dans l’esprit du temps présent (et donc s’asseoit comme les autres sur celles qui le dérangent le plus) et aux règles qu’il s’est donné se faire prendre pour le grand méchant quand ceux qui l’accusent font BIEN pire dans les mêmes domaines !

      • Ph.Madelin
        Ph.Madelin répond à Sid_Mo
        écrivain
        • Posté à 22h57 le 26/08/2009
        • Internaute 61629
          écrivain

        Vous avez tout à fait raison. Sauf qu’en matière de fraude fiscale, les champions toute catégories sont les Allemands. Eh oui, les braves gens avec leur Mercedes et leurs excès de vitesse

         
        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant répond à Ph.Madelin
          journaleux - blogueur
          • Posté à 23h24 le 26/08/2009
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          Tu n’évoques pas du tout la France, qui viole l’Article 111-1 du Code monétaire et financier
          Lien
          Notamment via la SocGen et sa filiale en Polynésie, puisque l’euro n’y a pas cours,…
          Si tu souhaites que je te connecte à des gens, n’hésite pas !

        1 autres commentaires
  • Servais-Jean
    • Posté à 17h52 le 26/08/2009
    • Internaute 4591
      43

    Philippe Madelin devrait aussi fouiner dans les archives de la TSR

    Lien

  • Amphigourique
    • Posté à 17h58 le 26/08/2009
    • Internaute 78427
      1959

    Bizarre, que depuis 1932 le fisc suisse ne se soit pas rendu compte que ses propres citoyens ont eux aussi droit au secret bancaire.

    Par quel tour de passe-passe arrive-il à encaisser des impôts ?

    Le Suisse serait-il plus honnête que les autres ou sa fiscalité mieux adaptée ?

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à Amphigourique
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 22h25 le 26/08/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Le fisc suisse est extrêmement bien organisé et, il est vrai, les suisses sont aussi des citoyens très soucieux de leur environnement, fiscal y compris. Maintenant, sachant que, si vous êtes salarié en Suisse, l’impôt est prélevé par l’employeur à la source, la fraude massive est déjà bien réduite !

      Ensuite, échapper au fisc en suisse est au mieux une idée idiote, au pire, une grosse bêtise qui peut coûter TRES cher. La loi suisse est comme le pays : dure, sévère et efficace ! En gros, on paie ce que l’on doit et on ne fait pas l’idiot ! Cela, dans une certaine mesure je pourrait le dire aussi pour l’ensemble des pays de l’Union Européenne que je connais (avec une nuance pour la Grèce et le sud de l’Italie). Par contre, comme dans tout pays, il y a des gens honnêtes et les autres. Il y a aussi des métiers qui permettent de ne pas tout déclarer et les autres. Mais le fonctionnement allémanique pousse tout de même à une forte honnêteté de ce point de vue. Je connaîs pas d’interlocuteur suisse qui se soit vanté devant moi de gruger les impôts, alors que des français (ou des italiens), je ne fais plus le décompte !

      Personnellement, je connaîs des suisses qui vivent en France pour échapper à la pression fiscale de leur pays. Les frontaliers fiscaux existent dans les deux sens en fonction de la façon dont on gagne son argent (salarié ou pas, quelle part des revenus en salaire etc.). De ce point vue, la fiscalité française (et la méthode de prélèvement) ont leurs avantages.

      Le secret bancaire comme les arrangements fiscaux (le forfait fiscal pour être précis) visent exclusivement les citoyens riches de l’extérieur (exactement comme la Belgique depuis maintenant une vingtaine d’années) et non pas les citoyens de l’intérieur du pays. Il s’agit d’amener de l’argent de l’extérieur vers l’intérieur. Mais ce qui est à l’intérieur doit y rester (là encore, l’exemple de la fiscalité belge est à la limite de l’absurde dans ce qu’elle est un délire de taxation pour les locaux. Au point que ceux-ci planquent massivement leur argent au... Luxembourg !).

      Quand on vient de l’extérieur, en tant que personne physique, on négocie avec l’administration fiscale suisse un arrangement (qui obéit à des règles précises) contre une présence effective (résidence principale). C’est le forfait fiscal. Mais il faut être... riche !

      Ensuite, la fiscalité est avant tout une affaire de cantons. Il y a bien un impôt communal et un impôt fédéral mais comme tout ou presque en Suisse, le canton est l’échelle de référence. Il y a des cantons avec une fiscalité douce et d’autres. C’est particulièrement vrai pour la fiscalité des personnes morales avec des cantons allémaniques (Zoug en particulier) qui ne taxent pas les bénéfices. De même, beaucoup de politiques sociales sont cantonales. Donc avant de vous dire qu’un canton est plus dur fiscalement qu’un autre, vérifiez bien quelle ville est implantée et quelle politique sociale lui est liée. Ca vous expliquera bien des choses en terme de fiscalité.

      Voici un lien pour ceux qui voudraient calculer leur pression fiscale version suisse : Lien. Je n’ose vous rappeler de vérifier la conversion des devises avant de tester ce charmant jouet. En plus, pour vous donner une idée de la pression fiscale : pour les personnes physiques, la TVA est au maximum à 7,6% (trois taux différents -avec un minima à 2,4% - faut-il rappeler) et l’impôt sur la fortune existe mais uniquement sur les biens fonciers et commerciaux.

      (1) Je fais une différence entre personne physique (un particulier, vous, moi...) et personne morale (une société, association etc.).

      (2) Je suis français, mais pas francophone, et une partie de ma famille réside en Suisse allémanique.

      • tlaloc
        tlaloc répond à Sid_Mo
        Retraité
        • Posté à 18h45 le 29/08/2009
        • Internaute 47359
          Retraité

        les suisses payent beaucoup d’impôts et commencent à e avoir assez des facilités données aux étrangers

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h09 le 26/08/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Pauvres Suisses, ça servira plus à rien leur chocolat.
    En effet, les deux spécialités suisses c’était le chocolat et l’évasion fiscale. Mais le chocolat c’était seulement pour attirer les bourgeoises. Alors sans évasion, personne ne mangera de chocolat...

    (Ok, j’admets avoir taxé sans honte la blague de « In Bruges » : les deux spécialités belges sont le chocolat et les pédophiles, mais le chocolat c’est seulement pour attirer les enfants : D)

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à Keldan
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 22h27 le 26/08/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Oh, vous êtes méchant pour les suisses !

      Que faites-vous des fromages AOC, de l’horlogerie, des pièces de précision pour la mécanique (y compris le nucléaire !)... et d’une certaine vision de l’hospitalité (on remercie chaudement les khadaffi pour nous l’avoir rappelé ces derniers temps)...

      PS : Votre version est moins dure que celle que vous avez prise au film que vous citez !

      • Ph.Madelin
        Ph.Madelin répond à Sid_Mo
        écrivain
        • Posté à 22h59 le 26/08/2009
        • Internaute 61629
          écrivain

        Et les vaches dans le Vaalais, j’aime.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 19h37 le 26/08/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Moi j’attends avec impatience la sortie du dernier Jack Palmer, de Petillon :
    « Enquête au Paradis »

  • Sid_Mo
    Sid_Mo
    Cadre dirigeant de PME
    • Posté à 22h57 le 26/08/2009
    • Internaute 59795
      Cadre dirigeant de PME

    En terme de cibles en Suisse, une fois passée l’épisode actuel, il y a fort à parier que l’on en reste à ce qui fait le fond des questions de gestion de la finance internationale : des mots, des grandes phrases et rien d’autre.

    Il n’y a pas la volonté politique (nationale, européenne ou mondiale - G8, G20 ou autre) de remettre à plat les relations entre la sphère financière, les états et la production réelle. Un peu de paillettes et d’esbrouffe semblent suffisant aux acteurs de cette sphère.

    La Suisse et UBS, c’est un cosby-show américain, intérieur autant qu’extérieur, pour récupérer quelques évadés fiscaux, amuser la gallerie et affaiblir un concurrent en affaires (UBS versus les banques de Wall Street). Rien de plus. Ca ne change pas les règles du jeu mais ça occupe l’espace médiatique en faisant croire qu’on a trouvé le coupable et que l’on va le punir. De ce point de vue là, la position suisse très feutrée est excellente. (bien plus que la connerie diplomatique avec la Lybie... Mais bon, on est pas face à un adversaire rationnel dans ce cas précis !)

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 02h40 le 27/08/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Eh oui l’euro député Eva Joly demande des comptes à la Société Générale. Ce genre de transparence n’est pas une tradition en France où l’état lui-même tient sa comptabilité comme « secret d’état ».

  • dulconte
    dulconte
    Mordu par un fachogarou
    • Posté à 05h23 le 27/08/2009
    • Internaute 250
      Mordu par un fachogarou

    brrrrr le mur en fond c’est affreux ! ! ! ! ! ! ! ! !

  • Hedoniste
    Hedoniste
    Agitateur social
    • Posté à 09h21 le 27/08/2009
    • Internaute 51866
      Agitateur social

    Ayant quelques doutes sur le sérieux du contenu des fameuses listes que la Suisse s’est engagé à communiquer, j’ai réussi à trouver un discret informateur ... et ainsi obtenir un extrait d’une des fameuses listes de fraudeurs fiscaux.

    En exclusivité pour Rue89, je vais donc vous livrer quelques uns des noms de cette liste :

    - Oncle Picsou
    - Peter Pan
    - Cosette
    - Goldorack
    - Albator
    - Le petit Nicolas
    - Harry Potter
    - Lassie

    Évidemment, vous comprendrez que je ne peux pas indiquer ici ni les coordonnées bancaires, ni les adresses précises de ces personnes.

    Me voila rassuré sur le fait que je peux faire confiance à notre systéme financier et à nos banques, ouf ! ... un peu plus ... et j’avais des doutes ! ...

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 09h29 le 27/08/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    Secret bancaire : quelles sont les prochaines cibles ?

    c tout bète, ceux qui n’ont pas le bras long

  • evaleto
    evaleto
    grub
    • Posté à 15h08 le 27/08/2009
    • Internaute 42700
      grub

    La Suisse est un pays particulier qui ne peut pas être résumé du point de vue uniquement national. Sa grande particularité vient du fait que le pays s’est constitué en partant de la volonté populaire pour former des communes et cantons. Il n’y a jamais eu de Roi, tout comme maintenant il n’y a pas un unique exécutif tout puissant. C’est un pays très fortement décentralisé, très mondialisé, très fier de ses ~2700 communes et très respectueux de sa diversité culturelle, sociale et économique.

    Le secret bancaire dans ce contexte, même s’il est largement instrumentalisé par le milieu des affaires, est aussi une réelle métaphore de la responsabilité individuelle (constituante de la société). En Suisse tout, politiquement, converge vers la responsabilisation individuelle. Il y a peu de loi, le droit du travail est simpliste, le peuple peut s’exprimer sur chaque nouvelle loi, nouveau budget, nouvel amendement, etc. C’est un quatrième pouvoir avec comme garde fou, le respect des valeurs démocratiques. Dans ce contexte on peut imaginer que le respect de la vie privée est suffisamment fort pour qu’une loi comme le secret bancaire y trouve un écho favorable. En effet, on imagine mal le fisc avoir le droit de fouiller nos comptes sans raison *pénale*, juste par suspicion... ( on rappel que le secret tombe dès qu’il y a une infraction d’ordre pénale)

    Mais voilà, qui dit grande liberté, dit grande responsabilité et l’UBS n’a pas été assez ... responsable pour utiliser ici un sophisme. L’UBS à clairement joué avec le respect et la liberté qui lui a été donné au point de déstabiliser tout le pays. Et Grâce ou à Cause de ça, la Suisse s’en prend plein la gueule.

    Les modalités du secret bancaire avec son article ne pénalisant pas l’évasion en prend un sacré coup. Et quelque part tant mieux, cet article sur la distinction entre évasion et fraude est très hypocrite.

    Cela dit, là ou c’est totalement hypocrite c’est qu’au sein de la communauté Européenne il y déjà plusieurs pays qui bénéficie des même conditions cadres que la Suisse en matière de secret bancaire et d’évasion fiscale. La Suisse n’a rien inventé, elle exploite un cadre légal existant.

  • gossipor
    • Posté à 01h59 le 28/08/2009
    • Internaute 25329

    Le vrai « scandale » c’est que de nombreux citoyens sont ponctionnés dans le monde par des système fiscaux de type confiscatoire. Les plus novateurs, les entrepreneurs, ceux qui prennent des risques pour lancer une société et la faire prospérer, générant ainsi emplois et richesses, ont de bonnes raisons de mettre leurs économies à l’abri dans des pays stables, discrets, dont la monnaie ne sert pas de yo-yo à ses dirigeants.

    Il se trouve que la Suisse est un pays stable, quasiment sans grèves, sans émeutes de banlieues, oÙ le citoyen dispose de droits très étendus. On y est pas ministre ou notaire de père en fils et il y règne une sécurité juridique.

    Certes, jadis, le système bancaire a servi à protéger les biens mal acquis de tyrans d’Etats-voyous. Depuis plus de deux décennies, ces pratiques abusives ont cessé sans pression extérieure sur les autorités helvétiques.

    Le secret bancaire reste désormais intact pour les citoyens et les citoyennes suisses demeurant dans le pays mais aussi pour ceux des étrangers bénéficiant d’un droit de séjour sous permis dit « C ». Dans ce cas, ils ne doivent pas tirer de revenu d’un travail . D’innombrables rentiers et chefs d’entreprises viennent s’établir en Suisse - avec leur fortune - le plus légalement du monde.

    Nous sommes très heureux d’avoir Johnny, Charles et les autres sur notre territoire. Ils échappent ainsi aux tracasseries de systèmes fiscaux tracassiers et abusifs, malgré le mythique et incantatoire « bouclier fiscal ».

    En Suisse, le bouclier, ce sont les droits démocratiques exercés par tous les citoyens. Un contrôle permanent des élus et non pas une oligarchie d’« Enarques » exploitant leur rente de situation et modifiant les lois selon les propres besoin de leur classe.

    A l’instant, je découvre un site intéressant :

    Lien

    Chers voisins français, encore un effort et vos concitoyens n’éprouveront nul besoin d’aller s’établir là où l’herbe est plus verte et la démocratie plus réelle.

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.