Chez Mouloud Akkouche

Le blog de l'écrivain Mouloud Akkouche sur Rue89.

Poètes, malgré l'indifférence, ne lâchez pas votre plume !

Publié le 28/08/2009 à 12h23

Ce mercredi 26 août 2009, Camilo Ospina, poète et barman à Montreuil (93) au « 8 Bar », n’a pas lu son poème. Ses proches ont pris la parole et la plume pour lui adresser un dernier hommage au Père-Lachaise. Un poème dont il ne signera pas non plus le Bon à Tirer. La mort des poètes passe souvent inaperçue, comme leur existence. Combien de poètes vivent encore en France ?

Je le connaissais peu mais comme disent certains jeunes : « total respect » pour ceux qui, contre vents et marées, ne lâchent jamais la plume. Une plume qui laissera des traces dans la mémoire de certains leveurs de coudes et d’utopistes montreuillois, Guatémaltèques... et d’ailleurs.

Un poète meurt, la poésie continue. Pourtant, au seuil de la rentrée littéraire, quel chroniqueur prendra le risque de défendre un poète vivant ? Ils sont nombreux, pourtant. Il suffit de fréquenter les festivals en province et le salon de la poésie dans la capitale.

Un nombre incroyable de poètes, autoédités ou pas, restent seuls des heures durant derrière leur table -rarement dérangés par les lecteurs et les micros. Certains de ces femmes et de ces hommes, assez fêlés pour continuer d’écrire de la poésie sont bons, d’autres mauvais.

Exactement comme les romanciers déferlant par vague chaque septembre dans les librairies. Et qui attirent plus la presse que les lecteurs.

Beaucoup d’auteurs se précipitent sur le slam, la poésie urbaine

La poésie est-elle condamnée à ne vivre ou survivre que dans les bars -même plus enfumés. Aujourd’hui, le slam, souvent chanté par des poètes urbains revendiquant leur absence de culture littéraire, semble avoir le haut du pavé. Beaucoup d’auteurs se précipitent avec plus ou moins de bonheur sur cette nouvelle forme d’expression. Pourquoi pas ?

Revenons au problème de l’édition de textes poétiques. Effectivement, rares sont les éditeurs ayant pignon sur rue qui publient de la poésie, encore plus rares les journaux qui en font l’écho. Pourquoi ce silence des médias ? Sans doute n’ont-ils pas envie de faire un bide avec un article sur ce genre.

Plus facile de parler du rail de Coke de Beigbeder -dont je dois avouer n’avoir jamais rien lu- que du dernier texte de Thierry Renard publié au Bruit des autres. J’imagine la tête du chef de rubrique si on vient lui proposer un papier sur cet auteur et cette maison d’édition : « Ton article est vraiment super mais fais-moi d’abord l’interview du dernier... ».

Le chroniqueur littéraire, malgré sa bonne volonté, enfourchera son scooter pour pondre quelques milliers de signes sur un auteur à fort tirage. Le succès n’étant pas l’ennemi du talent, il aura parfois la chance d’écrire sur un excellent écrivain en tête des ventes.

Et ce journaliste, après avoir balancé son papier sur un poète inconnu dans la poubelle de son ordinateur portable, lira de la poésie en cachette. Peut-être même en écrira.

Sortir les poètes de la nuit médiatique

Le lecteur a aussi sa part de responsabilité. Combien sommes-nous à ouvrir chaque année le recueil d’un poète contemporain ? Trêve de « blabla » et, pour donner l’exemple, je me replonge dans la lecture des textes de Thierry Metz.

« Pan sur le bec », selon l’expression d’un canard connu. Je critique, ratiocine diraient certains, n’évoque un poète que le jour de son dernier poème et, pour couronner le tout, ne réussis à mettre en avant qu’un auteur, certes excellent... mais mort depuis dix ans.

Quelles solutions pour sortir les poètes actuels de la nuit médiatique ? A nous, lecteurs, de faire preuve de plus de curiosité dans nos choix de lecture, aux éditeurs de prendre plus de risques, et aux libraires de faire un peu plus de place aux plaquettes de poésie « réputées » invendables.

L’encre est aussi dans votre camp, chroniqueurs de presse écrite et audiovisuelle, pour nous informer sur les poètes vivants d’ici et d’ailleurs.

Aller plus loin
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  • Acte Gratuit
    Acte Gratuit
    capitaine englouti
    • Posté à 12h56 le 28/08/2009
    • Internaute 88692
      capitaine englouti

    quelque part, la poésie va très bien : les chansons qui nous restent en tête au long des décennies, ce sont celles qui ont les paroles les plus puissantes... et le slam a si joliment bouclé la boucle !

    j’ai eu un recueil de textes qui a eu quelques honneurs et deux éditeurs successifs - mais tout cela était totalement vain, bien évidemment, sauf pour quelques lecteurs... alors maintenant je le donne gratuitement, ici :
    Lien

    la poésie n’est pas une denrée ( ?) compatible avec le libéralisme, ni avec la recherche égotiste de la célébrité... heureusement !

    • Unknown
      Unknown répond à Acte Gratuit
      boiseux
      • Posté à 13h48 le 28/08/2009
      • Internaute 78653
        boiseux

      Merci pour ce lien, merci pour votre générosité, merci pour votre poésie. J’ai eu beaucoup de plaisir à vous lire, en silence.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Acte Gratuit
      In enculo cum vibro
      • Posté à 15h13 le 28/08/2009
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro
  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 13h35 le 28/08/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    A l’époque où la moindre recherche sur Gogol renvoie à des milliers de pages « pertinentes », pas moyen d’avoir un poème de Camilo Ospina sur le net.

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 13h46 le 28/08/2009
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Merci Mouloud de tenir la main de la poésie et de rester à son chevet.

    C’est vrai, elle est quand même là, elle sait se montrer discrète, pas tapageuse pour deux sous...

    On la verra peut être refleurir sur les murs, quand la pub, les graf et les tags auront regagné les égouts de l’imposture...

  • Lephauste
    Lephauste
    hautetfort.humeurnoirte.fr
    • Posté à 13h52 le 28/08/2009
    • Internaute 29119
      hautetfort.humeurnoirte.fr

    Mouloud, un coup de rapière dans l’étang glauque de l’édition vaut toujours pour les noms de poètes qui étoilent votre article. Qui connait Alain Borne ? Par exemple. Et ce n’est qu’un exemple. Qui en veut de la poésie (La possibilité d’inventer le réel) ? Personne et tous, tout à la fois. « C’est dans la rue qu’on la veut la musique ! » chantait Ferré. Oui c’est dans la rue qu’on la veut la poésie, sous sa forme la plus primitive, en lieu et place des sempiternels prospectus distribués au sortir des bouches de métro : Retour de l’être aimé ! Fortune assurée ! Achetez moi, nom de Dieu !
    Quelques invendus font-ils l’éternité ? Un auteur qui passe dans les médias est un auteur qui a échoué, un salarié, un ersatz, un fantasme de lycéen corrompu par l’œil de la caméra. Un slammer qui accepte de se faire rémunérer au demi de mauvaise bière est une capote sur la pine du tiroir-caisse. C’est parce qu’elle s’est fait foutre sans broncher la poésie qu’elle claque au mitard de la palabre promotionnelle. « Les poètes finissent tous trafiquants d’armes », chantait Capdevielle, du temps d’Actuel. Non ! Les poètes finissent tous dans les agences de com’... Quand ils ont enfin compris qu’il faut la gagner cette vie, cette vie rugueuse d’enragé, que par mégarde on nous a donné, sans le mode d’emplois. Aller Mouloud soyons toujours prêts d’exploser à la gueule de ceux qui sans ça passent, un bouquin de Marc Lévy sous le réhausseur du siège Bébé.
    Un petit poème ? D’accord :

    Que disent-elles mes mains ?
    Prenez ! Prenez encore ! Prenez toujours ! ! !
    Ou alors ... Fermez-la,
    Avant qu’elles ne se referment.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 14h20 le 28/08/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro
  • compte supprimé 23
    • Posté à 15h40 le 28/08/2009
    • Internaute 59139
      ...

    Un poète vivant de mes amis , d’ici et d’ailleurs ,
    à lire ici entre autre :
    Lien

  • Camille
    Camille
    Mauvais genre
    • Posté à 17h10 le 28/08/2009
    • Internaute 48427
      Mauvais genre

    Cher Mouloud,

    Il est une poésie qui marche plutôt pas mal et qui a d’ailleurs toujours tenu le haut du pavé (ça c’est pour alerte cliché). C’est la poésie érotique.

    De Lafontaine à Pierre Louys en passant par les 10000 verges d’Appolinaire, le mot et la chose ont incité beaucoup de gens à retenir en vers ce qui ne se disait que par derrière même lorsqu’on le faisait par devant.

    En poetesse/écrivaine érotique contemporaine, j’avoue un faible pour Nadine Monfils.

    Camille

    • TAZeur
      TAZeur répond à Camille
      • Posté à 17h17 le 28/08/2009
      • Internaute 82780

      Onze mille.

      Apollinaire.

      Prose.

      • Camille
        Camille répond à TAZeur
        Mauvais genre
        • Posté à 18h05 le 28/08/2009
        • Internaute 48427
          Mauvais genre

        Merci pour les corrections.
        Oui la poésie peut aussi être en prose comme le disait Beaudelaire, qui n’était pas en manque de sensualité et d’érotisme dans ses écrits.

         
        • TAZeur
          TAZeur répond à Camille
          • Posté à 21h05 le 28/08/2009
          • Internaute 82780

          Une belle jeune femme

          Il est une femme qui, par sa beauté, l’emporte sur les générations passées, comme sur la génération présente ;
          Elle vit dans la solitude, au fond d’une vallée déserte.
          Elle se dit : Je suis fille d’une maison illustre ;
          Tombée dans le malheur, c’est aux lieux sauvages que je demande un asile.

          De grands désastres ont ensanglanté ma patrie,
          Mes frères aînés et mes frères cadets sont morts égorgés ;
          Ils étaient grands, ils étaient puissants parmi les hommes,
          Et je n’ai pas même pu recueillir leur chair et leurs os pour les ensevelir.

          Les sentiments du siècle sont de fuir et de haïr tout ce qui tombe,
          Se croire assuré de quelque chose, c’est compter sur la flamme d’une lampe qu’on promène au vent.
          Mon époux n’a ni force ni grandeur ; il est comme les gens du siècle ;
          Que sa nouvelle épouse soit belle comme le jade, et cela lui suffit.

          L’oiseau Youèn n’abandonne jamais sa compagne :
          La fleur du soir est toujours fidèle à la nuit.
          Mon époux ! Il a devant les yeux le sourire de sa nouvelle femme ;
          Est-ce qu’il entendrait les pleurs de celle qu’il ne voit pas ?

          L’eau de source se maintient pure, tant qu’elle demeure dans la montagne ;
          Mais qu’elle s’épanche au-dehors, elle perd bientôt sa limpidité.
          J’envoie mes femmes vendre au loin les perles de ma parure,
          Et ne m’adresse qu’aux plantes grimpantes, pour réparer ma maison de roseaux.

          Mes femmes m’apportent des fleurs, je refuse d’en orner ma chevelure ;
          Ce que je prends à pleines mains ce sont des branches de cyprès.
          Le ciel est froid. Les manches de ma robe bleue sont légères.
          Quand le soleil se couche, je cherche un abri sous les grands bambous.

          Du Fu, VIIIème siècle.

          • TAZeur
            TAZeur répond à TAZeur
            • Posté à 21h42 le 28/08/2009
            • Internaute 82780

            [ Ah, TAZeur, ton hypocrisie... ]

        • C. Creseveur
          C. Creseveur répond à Camille
          D'actualité, de dessin surtout
          • Posté à 13h47 le 29/08/2009
          • Internaute 7715
            D'actualité, de dessin surtout

          Il y en a même qui font de la prose sans le savoir !

        3 autres commentaires
  • PhiPoePsy
    PhiPoePsy
    Etudiant-Chercheur
    • Posté à 17h41 le 28/08/2009
    • Expert 41171
      Etudiant-Chercheur

    Des « poètes vivants, absolument vivants, donc dans la merde » (Charles Pennequin), il y en a plein.

    Beaucoup ne sont pas édités sur papiers, ou à quelques dizaines d’exemplaires à peine. Beaucoup publient dans des revues, souvent éphémères, mais souvent passionnantes. Mais beaucoup publient sur le net et lisent dans la rue, ou ailleurs, n’importe où, là où le quotidien nous prend ou nous lâche.

    Néanmoins, il existe quelques maisons d’éditions qui croient encore à la poésie : POL, Al Dante, Cadex, le Bleu du Ciel, Ragage, Leo Scheer, etc.

    Parmi les plus novateurs et les plus bouleversants de nos poètes contemporains et VIVANTS, je vous conseille l’Armée Noire, avec Pennequin, Sidoli et Boute, en particulier :
    Lien

    (je fais moi-même parti de l’Armée Noire et j’ai commencé l’écriture d’un mémoire sur la poésie contemporaine -à vivre plus qu’à comprendre-, celle du « désastre » -au sens blanchotien)

    • Mouloud Akkouche
      Mouloud Akkouche répond à PhiPoePsy
      Ecrivain
      • Posté à 18h08 le 28/08/2009
      • Internaute 49213
        Ecrivain

      Bonjour,

      Effectivement, de nombreux poètes publiés à très peu d’exemplaires ou dans des revues continuent - même dans de mauvaises conditions -d’écrire. Et tant mieux. Camille a aussi raison : la poésie érotique plante toujours allégrement ses talons d’encre dans la chair du haut du pavé ...
      En ce moment, j’aime beaucoup une poésie - un chantier noir -vraiment hors des pavés battus et rebattus qui se trouve sur ce site : Lien

      Cordialement.
      Mouloud
      ps) Pour saluer en mots le départ d’un barman-poète, pourquoi pas déposer un ou deux poèmes, un dernier vers....

      Voici donc pour la route deux petits textes de Raymond Carver qui avait écrit le très beau « La où les eaux se mêlent “ :

      ‘ Il commença le poème à la table de la cuisine,
      une jambe croisée par-dessus l’autre.
      Pendant un temps, il écrivit comme si
      le résultat ne l’intéressait qu’à moitié. Ce n’était pas
      comme s’il n’y avait pas eu assez de poèmes dans le monde.
      Le monde avait des poèmes à foison. En outre,
      il avait été absent plusieurs mois.
      Il n’avait même pas lu un poème depuis des mois.
      C’était quoi, cette vie ? Une vie
      où un homme est trop occupé même pour lire des poèmes ?
      Pas une vie. ’
      ⎯ extrait de ‘Un récit’

      Nous avons échangé quelques mots.
      Je ne me rappelle plus lesquels. Le genre
      de choses rassurantes que les gens
      qui s’aiment se disent l’un à l’autre
      à une heure pareille dans une situation aussi
      étrange. Je me rappelle en revanche
      que tu as dit qu’il faisait assez
      clair dans la chambre pour voir
      les cernes sous mes yeux. ”
      ⎯ extrait de “Circulation”

  • Eric Dubois
    Eric Dubois
    auteur
    • Posté à 17h55 le 28/08/2009
    • Internaute 41076
      auteur

    poete vivvant

  • Eric Dubois
    Eric Dubois
    auteur
    • Posté à 17h58 le 28/08/2009
    • Internaute 41076
      auteur

    Je dis la même chose :

    Lien

    Lien

    Lien

  • gouin
    gouin
    journaliste
    • Posté à 19h22 le 28/08/2009
    • Journaliste 88762
      journaliste

    poètes, vos papiers !
    Rendons à Ferré ce qui lui appartient, ce sens poétique tant foulé aux pieds aujourd’hui. La poésie ne se vend pas parce qu’elle n’est pas à vendre et ceux qui l’éditent( hormis quelques courageux petits éditeurs de province) ne savent pas ce que c’est.
    On nous annonce encore près de 700 livres pour cette rentrée littéraire. Combien de Rimbaud parmi eux ? Sans doute aucun.La faute à cette époque épique qui n’a plus rien d’épique...

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 19h45 le 28/08/2009
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    « Les poètes » par Léo Ferré :

    Ce sont de drôles de types qui vivent de leur plume
    Ou qui ne vivent pas c’est selon la saison
    Ce sont de drôles de types qui traversent la brume
    Avec des pas d’oiseaux sous l’aile des chansons

    Leur âme est en carafe sous les ponts de la Seine
    Les sous dans les bouquins qu’ils n’ont jamais vendus
    Leur femme est quelque part au bout d’une rengaine
    Qui nous parle d’amour et de fruit défendu

    Ils mettent des couleurs sur le gris des pavés
    Quand ils marchent dessus ils se croient sur la mer
    Ils mettent des rubans autour de l’alphabet
    Et sortent dans la rue leurs mots pour prendre l’air

    Ils ont des chiens parfois compagnons de misère
    Et qui lèchent leurs mains de plume et d’amitié
    Avec dans le museau la fidèle lumière
    Qui les conduit vers les pays d’absurdité

    Ce sont des drôles de types qui regardent les fleurs
    Et qui voient dans leurs plis des sourires de femme
    Ce sont de drôles de types qui chantent le malheur
    Sur les pianos du c ? ur et les violons de l’âme

    Leurs bras tout déplumés se souviennent des ailes
    Que la littérature accrochera plus tard
    A leur spectre gelé au-dessus des poubelles
    Où remourront leurs vers comme un effet de l’Art

    Ils marchent dans l’azur la tête dans les villes
    Et savent s’arrêter pour bénir les chevaux
    Ils marchent dans l’horreur la tête dans des îles
    Où n’abordent jamais les âmes des bourreaux

    Ils ont des paradis que l’on dit d’artifice
    Et l’on met en prison leurs quatrains de dix sous
    Comme si l’on mettait aux fers un édifice
    Sous prétexte que les bourgeois sont dans l’égout

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 23h41 le 28/08/2009
    • Internaute 73621
      (...)

    Quelles solutions pour sortir les poètes actuels de la nuit médiatique ?

    Ben
    a) re-programmer « Poésie ininterrompue »
    sur France Culture.

    b) Et les programmer aussi sur les chaines télé de service public.
    (2 minutes à une heure de grande écoute)

    c) à la radio juste avant les courses de la bourse.

    d) en haîku floqué sur la chemisette des joueurs de foot

    e) sur les cahiers d’écoliers

    f) sur les feuilles des arbres

    ET SUR RUE 89
    ne jamais oublier
    de glisser un poème dans le flot prosaïque des posts qui pavent la rue

    donc pour ce soir :

    Mémoires de Benjamin Peret

    Benjamin Péret : (poésie Gallimard)

    Un ours mangeait des seins
    Le canapé mangé lours cracha les seins
    Des seins sortit une vache
    La vache pissa des chats
    Les chats firent une échelle
    La vache gravit l’échelle
    Les chats gravirent l’échelle
    En haut l’échelle se brisa
    L’échelle devint un gros facteur
    La vache tomba en cour d’assises
    Les chats jouèrent la Madelon
    et le reste fit un journal pour les demoiselles enceintes.

    Péret est un poète qui n’est plus vivant direz vous ;
    D’accord
    mais ses poèmes le sont

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 23h52 le 28/08/2009
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout
  • pikasso02
    • Posté à 09h43 le 29/08/2009
    • Internaute 10134

    Nous sommes des milliers à écrire des poèmes sur nos blogs ou ailleurs. Nous ne cherchons pas tous la célébrité. Si un poème se fait remarquer c’est qu’il correspond, qu’il est en osmose avec le présent. Sinon, il reste un poème. Tout poème ou écrit qui lui ressemble est toujours bon pour celui qui l’écrit. Il n’existe pas de mauvais poème à partir du moment où celui qui l’écrit ne s’impose pas poète et veuille être reconnu comme tel. Ecrire soigne, écrire soulage, écrire nous accompagne.

  • calam
    calam
    poussière parmi tant d'autres
    • Posté à 10h16 le 29/08/2009
    • Internaute 34507
      poussière parmi tant d'autres

    A ceux qui prétendent vouloir défendre la création, quelques mots pris au vol pour dire que le plaisir de créer du poète ne réside pas dans l’interminable attente d’un quelconque à-valoir.Car s’il était édité, le plus souvent, c’est à compte d’auteur.

    Les mots qui blessent,
    Qui caressent,
    Qui se dressent
    Contre ceux qui l’oppressent.
    Les mots qui grognent,
    Qui cognent,
    Qui se renfrognent,
    Contre les sans vergogne.
    Les mots qui tentent,
    Qui chantent la détente,
    Qui remontent
    L’incessante pente.
    Les mots qui privent
    Le convive,
    D’atteindre la rive.
    Qui dans le tumulte dérive.
    Les mots qui gloussent
    Sans frousse,
    Qui moussent la bourse
    Qui nous détrousse.
    Les mots qui se déchaînent
    Contre toutes les haines,
    Qui fondent les chaînes.
    Les mots qui promettent
    A l’oiseau son envol.
    Qui prêtent l’oreille
    Au chant du rossignol.
    Les mots qui fleurissent
    Qui s’animent,
    Magnanimes s’expriment,
    En prime se déclinent en rime.

    merci Mouloud pour cette attention.

  • Edwy Pêle-mêle
    Edwy Pêle-mêle
    Calibreur de moules à gauffres
    • Posté à 10h20 le 29/08/2009
    • Internaute 88808
      Calibreur de moules à gauffres

    On se demandait qui succèderait à Libé, qui d’ailleurs décède en même temps que le PS (alleluia), dans la posture de la haute culture à deux balles, eh bien on a trouvé, c’est Rue89 :

    « poètes urbains revendiquant leur absence de culture littéraire »

    dit le primesautier copain Mouloud, eh bien je sens que c’est très Rue89 ce genre de déclaration. Le Slam c’est la non-inexistence littéraire caractérisée, le néant, le trou noir de la création et des lettres :

    A Frédéric II de Prusse

    Yo, je slam glam dans le toc
    Et votre altesse trucide l’anglais par l’estoc
    Pas d’intérférence entre nous
    ces deux plus grands phares de l’époque
    J’entre par force dans vos goûts
    Yo, Ton Altesse
    mais c’est parce que j’ai plus d’malabars bi-goût

    Ca slam grave sur Rue 89

  • Christophe Sims
    Christophe Sims
    Ecrivain
    • Posté à 16h37 le 31/08/2009
    • Internaute 88939
      Ecrivain

    Salut,

    Bien vu l’article.
    Bonne nouvelle : Je ne suis pas (encore) mort.
    On peut trouver ma poésie en cherchant un peu sur Google du côté de Lulu.

    Merci

    Christophe Sims,
    Ecrivain, poète

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