Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Banques : qui bénéficie des opérations sur les marchés ?

Jean Matouk
Economiste
Publié le 31/08/2009 à 10h24


Un trader à la bourse de Chicago en août 2009 (John Gress/Reuters).

Les banquiers français ont été tancés par Nicolas Sarkozy et se sont engagés à modifier la rémunération des « traders ». Le public a été soigneusement pris à témoin de ce sursaut de sévérité de l’exécutif. Désormais les opérateurs de marché ne seront rémunérés que sur les gains nets consolidés sur une certaine période. Les pertes éventuelles succédant à ces gains viendront réduire leurs rémunérations variables.

Bien entendu, les banquiers français soulignent qu’appliquant ces règles, ils vont se trouver désavantagé dans le recrutement des traders vis-à-vis des banques anglaises, américaines. Ils souhaitent, sans trop y croire, que Nicolas Sarkozy parvienne à convaincre les dirigeants anglo-saxons, de la nécessité de telles mesures de rigueur sur les revenus de « leurs » banquiers afin de rééquilibrer la situation.

Les banques tirent des marchés le plus gros de leurs bénéfices

Mais, bizarrement, personne ne pose la seule vraie question, que je n’avais que très partiellement abordée précédemment : les opérations sur marché sont-elles utiles aux banques seules ou à l’économie ?

Une banque reçoit des dépôts. Elle prête ensuite ces fonds aux ménages (habitat, consommation) ou aux entreprises (trésorerie, investissement), et, éventuellement, aux autres banques, sur le marché monétaire, l’excédent de trésorerie dont elle dispose. Normalement, les banques ne tiraient leurs bénéfices que de cette activité d’intermédiation ; les intérêts qu’elles tiraient des prêts, aussi bien aux ménages et aux entreprises, que sur le marché monétaire, couvraient leurs frais (personnel, informatique...), et, ajoutés aux commissions -alors modestes- de gestion des comptes, généraient des bénéfices raisonnables.

Mais à partir des années 90, ces revenus sont apparus trop faibles pour des banques qui, entre temps, avaient fusionné pour donner naissance à des groupes de plus en plus grands : aujourd’hui cinq seulement en France. Pour se donner les moyens de grossir, comme d’autres entreprises, donc disposer de plus de capitaux, elles se sont engagées sur les marchés financiers et en ont tiré une part de plus en plus grande de leurs bénéfices. Elles le pouvaient car des lois, votées en France et en Grande-Bretagne, comme aux Etats-Unis, avaient supprimé la « spécialisation » bancaire et autorisé les banques de dépôts à opérer pour leur compte sur les marché.

Du coup, bénéficiant notamment des flambées successives des marchés, la part de leurs bénéfices tirée de ceux-ci en vint à représenter 75% à 80%. Et c’est là qu’il faut poser la question : pour quel avantage en termes de croissance réelle de l’économie, de l’emploi dans chacun de leurs pays d’origine ? A quoi servent « ici » ces bénéfices générés sur les marchés financiers ? A rémunérer un peu mieux les actionnaires, auxquels ils octroient en moyenne 40% des revenus de la banque (environ 3,5% à 4% de la capitalisation) mais surtout à grossir et grossir encore leurs réserves et à garantir, à leurs « technostructures » de direction et aux traders, des salaires élevés et des bonus encore plus élevés.

A quoi devrait servir l’activité financière ?

Si l’on veut bien ramener l’économie à son seul objectif légitime : l’augmentation du niveau de vie de tous, l’activité financière n’a qu’un rôle : transférer l’épargne, les capacités de financement des uns vers les besoins de financement des autres. Par deux voies ! Par le canal bancaire classique : les dépôts financent des crédits, avec une banque « écran » qui mutualise le risque.

Ensuite, par le canal des marchés : les banques associées aux sociétés de bourse, achètent et vendent des titres, principalement pour le compte de leurs clients et, marginalement, pour placer leurs propres excédents de trésorerie, dans les obligations des Etats et des grandes entreprises. Même avec le droit qu’elles ont acquis de détenir des titres pour elles, leur rôle devrait se limiter à acheter pour détention longue, des actions des diverses entreprises, et, notamment des grosses PME. C’est ce que faisaient fort bien les banques allemandes (« hausbanken ») avant de se lancer elles aussi follement sur les marchés. Dans ce système remis sur ses pieds, les marchés primaires des actions et des obligations joueraient vraiment un rôle « productif », le marché secondaire assurant la liquidité nécessaire au bon déroulement de ces émissions sur les marché primaires.

Mais dans ce système « moral » les banques n’auraient plus besoin des ces petits génies du « trading » qui ne se servent du marché financier que pour générer des marges journalières sans impact réel. On pourrait souhaiter que cette intelligence plurielle soit plutôt mise au service direct du développement des entreprises dans les secteurs que nous attribue la mondialisation.

Je le répète : accompagner une entreprise, en « sentir » l’avenir, lui bâtir les financements dont elle a besoin, éventuellement entrer à son capital, puisque les banques le peuvent aujourd’hui, l’aider, quand elle a grossi, à chercher ces capitaux en bourse, mais aussi pousser les dirigeants au changement si nécessaire, voila le rôle premier des banques, celui pour lequel leur rémunération, et celle de leurs actionnaires, sont légitimes. Ces « métiers » là sont certainement plus difficiles à pratiquer sur le long terme, dans leur variété, que de faire chaque jour des allers et retours sur des marchés dénués de tout lien avec le réel.

Pourquoi donc ne pas imaginer plutôt des bonus pour les employés et cadres de la banque classique, au prorata du développement des entreprises qu’ils financent, lequel soutient ensuite l’activité de la banque.

Photo : un trader à la bourse de Chicago en août 2009 (John Gress/Reuters).

  • 9597 visites
  • 57 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 10h58 le 31/08/2009
    • Internaute 24237
      prof. en province

    La question est : « Les banques doivent-elles fonctionner sur la base de l’économie réelle ou celle de l’économie virtuelle ? “ ou encore ‘Les Banques doivent-elles fonctionner sur le principe du casino ou celui d’une société financière ?

    • Cinsault
      Cinsault répond à papy55
      Graine de rosé
      • Posté à 14h24 le 31/08/2009
      • Internaute 24720
        Graine de rosé

      Et aussi à quoi a servi l’argent que l’état a confié à la BNP : à se refaire au casino, ou à financer l’économie réelle ?
      Vu la vitesse à laquelle la BNP s’est refait une santé , j’ai l’impression que c’est plutôt la première hypothèse.
      En gros, on a donné aux banques les moyens de continuer le petit jeu qui nous vaut la crise économique actuelle.
      Les bonus, differrés ou pas, c’est la prime à la casse .

      • Michel-Petit
        Michel-Petit répond à Cinsault
        Retraité
        • Posté à 09h17 le 01/09/2009
        • Internaute 62964
          Retraité

        Les vraies règles du jeu financier sont totalement méconnues et planquées dans des cercles pourris et mafieux.
        La BNP, puisque vous en parlez, se fiche complétement de la gueule des Français et sait par avance que les gesticulations sarkoziennes seront sans effet sur ses habitudes, et ses pratiques.
        D’ailleurs ses dirigeants ne sont-ils pas les plus fidèles conseillers de madame Lagarde et de son cabinet ?
        Comment peut-on oser encaisser 5 milliards d’aide de l’Etat Français et provisionner 1 ou peut-être même selon les sources 1,5 millard d’euros, pour récompenser des traders irresponsables ? La vraie question est de savoir comment une telle démarche est seulement possible ! Qui sont ces gens pour oser provoquer aussi scandaleusement les gouvernants et l’opinion ?
        L’excuse avancée par Baudouin Prot est du niveau d’une classe de maternelle, grosso modo : « Si on ne les paie pas assez ils vont partir ailleurs » ! Ben voyons, et si on interdisait tout simplement ce métier en France ? Si on prenait des participations au capital quand on envoie du blé aux banques ? Si on demandait tout de suite à la BNBP ce qu’elle compte demander à l’Etat quand ses 8,9 milliards d’euros de créances « LBO » vont devoir passer dans la colonne des pertes du bilan ?

         
        • Ellington
          Ellington répond à Michel-Petit
          • Posté à 09h32 le 02/09/2009
          • Internaute 27898

          Nous autres petits « clients » avons toujours une ressource, le boycott de ces grandes banques amorales pour les petites mutualistes.

        1 autres commentaires
    • pablico
      pablico répond à papy55
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h35 le 31/08/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      malus/bonus c’est bidon.

      leur primes devraient être investies en bourse pendant 3 ans..

      ils devraient jouer leur prime en même temps que le jeu qu’ils font avec l’argent de la banque.

      ce qui les empêcherait de ne pas déconner...ou pas trop.

      • didier1
        didier1 répond à pablico
        retraité
        • Posté à 18h18 le 01/09/2009
        • Internaute 66204
          retraité

        On pourrait aussi taxer leurs bonus à 80% ? 90%...allez j’me lance 100%

    • ysengrimus
      ysengrimus répond à papy55
      • Posté à 02h51 le 01/09/2009
      • Internaute 12674

      L’économie virtuelle est une fadaise. L’heure juste de la spéculation viendra

      Lien

      et le virtuel aura bien peu a y faire...
      Paul Laurendeau

  • sinclair
    • Posté à 11h51 le 31/08/2009
    • Internaute 2580

    Là j’ai du mal a comprendre les banques ne sont ni des philanthropes ni des services publiques. Elles sont là pour faire le maximum d’argent pour elles mêmes et leurs actionnaires.

    Tout comme une entreprise de fabrication de ce que vous voudrez. L’utilité de leur action n’est pas une priorité seulement un justificatif d’existence.

    Les comptes courants sont soumis a des frais bancaires exorbitants tandis que les prêts sont fait a risque minimal a des taux usuraires en regard des taux du marche qui tendent vers 0 prêts qui ne sont même pas lies directement aux montants des avoirs.

    La spéculation est autrement plus attractive.

    Nous sommes en économie capitaliste libérale basée sur le profit.

    • A-A
      A-A répond à sinclair
      En perdition (comme la planète)
      • Posté à 19h33 le 31/08/2009
      • Internaute 48720
        En perdition (comme la planète)

      « Les comptes courants sont soumis a des frais bancaires exorbitants “
      merci pour l info, je vais retirer toutes mes billes pour que ces pauvres petits ne soient pas trop endettés (franchement, qu est ce qu il ne faut pas lire parfois ! ! ! !)
      Et tu t es jamais demandé ce qu ils faisaient de l argent déposé sur ces comptes courant ? ca ne leur rapporterait pas de l argent par hasard ? de l argent qui compenserait allègrement les frais de gestion.....

      Je conseille à tous le livre de Montaldo ‘Lettre aux bandits de la finance’, qui explique bien les subprimes et la titrisation, et qui se permet aussi de tailler un énorme short à Jean Marie Messier (et aussi à Alain Minc, Daniel Bouton et les pdg des autres banques Fr.....)
      Plutot jouissif à lire......

      • sinclair
        sinclair répond à A-A
        • Posté à 21h40 le 31/08/2009
        • Internaute 2580

        Effectivement qu’est ce qu’il ne faut pas lire parfois.

  • onapatouvu
    onapatouvu
    perdu pour la science
    • Posté à 11h55 le 31/08/2009
    • Internaute 85117
      perdu pour la science

    Cet article souligne parfaitement le problème de fond : la spéculation outrancière dans laquelle se sont engouffrées les banques.
    Il confirme que l’acharnement de Sarkozy et de ses carpettes, contre la rémunération des traders n’est que de la démagogie et de la poudre aux yeux qui ne résout rien.
    Si les banques étaient contraintes, par l’Etat, de jouer leur rôle de financeurs de l’économie, et non de parasites, la question des traders ne se poserait même plus. Mais ce n’est bien sûr pas le projet de Sarkozy qui n’en a certainement pas la volonté ni le courage.
    Merci pour cet article qui renouvelle un débat qui finissait par devenir lassant.

    • didier1
      didier1 répond à onapatouvu
      retraité
      • Posté à 18h02 le 01/09/2009
      • Internaute 66204
        retraité

      « La spéculation outrancière » autrement dit il y aurait la bonne spéculation et la spéculation outrancière...

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 12h38 le 31/08/2009
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    Plus grave encore, de mon point de vue, que la déconnexion de l’économie réelle, c’est que cette partie se joue plus à la façon d’un « poker menteur » avec -sinon la complicité- la négligence des agences de cotation.
    J’ai la vague impression que les salles de marché fabriquent de fausses tendances (à partir de fausses rumeurs) pour activer un yoyo sur le mouvement duquel elles prélèvent des commissions.
    On a vu ces derniers mois que l’aboutissement ultime de ce jeu dangereux et stupide, après avoir plumé quelques pigeons qui se croyaient capables de s’asseoir à la table, était de faire payer celui qui n’a rien demandé, l’éternel dindon de la farce : le contribuable.

    • legrinchhhh
      legrinchhhh répond à Boutauvent
      Critique
      • Posté à 23h31 le 31/08/2009
      • Internaute 88465
        Critique

      Les agences de cotation semblent effectivement négliger de plus en plus la cotation pour la notation. Mais est-ce une réelle complicité ?

      • Boutauvent
        Boutauvent répond à legrinchhhh
        Testeur de temps libre
        • Posté à 00h18 le 01/09/2009
        • Internaute 45018
          Testeur de temps libre

        Oups !

      • didier1
        didier1 répond à legrinchhhh
        retraité
        • Posté à 18h03 le 01/09/2009
        • Internaute 66204
          retraité

        Les agences de cotation (ou de notation) sont payées par les entreprises qu’elles notent or en système capitaliste : « qui paye commande »...

  • Lurker
    Lurker
    Neant
    • Posté à 14h54 le 31/08/2009
    • Internaute 43564
      Neant

    « Une banque reçoit des dépôts. Elle prête ensuite ces fonds [...] »

    J’étais persuadé que la banque recevait des dépôts, les remunérait, et c’est tout. Que l’argent qu’elle prête est créé pour l’occasion, dans les limites de N fois ses fonds propres.

  • Ellington
    • Posté à 15h13 le 31/08/2009
    • Internaute 27898

    Une analyse simple et lucide. Efficace. Malheureusement, nous ne vivons plus dans ce monde là, les sociétés « multi-nationales » ou plutôt « a-nationales » n’obéissent plus à aucun gouvernement (même pas à l’administration américaine). Le marché global des capitaux s’auto-alimente et brasse à l’infini des milliards virtuels, mais la rémunération des opérateurs et des actionnaires est bien réelle.

    Que les traders de la BNP ou de la Société Générale se barrent à Londres ou ailleurs, on s’en fout, grand bien leur fasse. Ces individus ne sont que des parasites de l’économie réelle et ne créent aucune valeur concrète. Ils ne nous manqueront pas.

    PS : Qu’ils se barrent avec leur Posche et leur 4x4, ça ne nous manquera pas non plus.

    • shpov
      shpov répond à Ellington
      trader
      • Posté à 17h14 le 31/08/2009
      • Internaute 88977
        trader

      Les banques, c’est 5% de l’emploi et 16% de la valeur ajoutée...

      • didier1
        didier1 répond à shpov
        retraité
        • Posté à 18h05 le 01/09/2009
        • Internaute 66204
          retraité

        Les banques produisent de la valeur ajoutée ? ? ? ? ?

  • Giorgio
    Giorgio
    Cinéaste
    • Posté à 15h18 le 31/08/2009
    • Internaute 8133
      Cinéaste

    Pour « niquer » votre banquier, retirez votre pognon de la banque, vivez avec du cash dans les fouilles, ne laissez sur votre compte que le strict minimum....vous allez voir, si on est de plus en plus nombreux à le faire, ils vont être beaucoup moins arrogants...

  • philipp
    philipp
    « La voix de son maître »
    • Posté à 16h17 le 31/08/2009
    • Internaute 48057
      « La voix de son maître »

    Gros bonus pour attirer les meilleurs traders . Grace à eux Lehman Brothers a fait faillite . Tant que ces joueurs de poker travailleront pour leur mégas bonus , c’est à dire pour leur propre compte, en risquant l’argent des autres, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Puisque la banque universelle (banque de dépots + banque de marché) est devenu le « modèle » passe partout, Il serait logique que ces bonus soient non seulement maitrisés mais également mutualisés avec les collaborateurs de la banque de détail. D’abord parce que c’est elle qui a doté en capital sa filiale de marché .Ensuite parce que c’est encore elle qui apporte à cette filiale une part non négligeable de son volume d’affaires .

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 16h58 le 31/08/2009
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Cette focalisation sur les banques ne doit pas masquer la lune aux idiots que nous sommes.

    Tous les organismes privés et quelques publics et pas seulement de crédit ont sombré dans la tentation de l’argent facile, ce sont Lien, Lien, Lien qui ont servi à acheter des faux jetons aux casinos des bourses privées.

    Cette pression sur les banques, est la conséquence de leur mollesse actuelle à contribuer à l’endettement des ménages, garant de la paix sociale et grand créateur de PIB.

    • didier1
      didier1 répond à Anastaze
      retraité
      • Posté à 18h12 le 01/09/2009
      • Internaute 66204
        retraité

      Les dits organismes privés aussi bien que publics gèrent des portefeuilles d’actions qui leurs sont confiés par des clients (vous ? d’autres... pas moi...) qui veulent du rapport...c’est ce qui fait que ces établissements prennent des risques...le titulaire d’un fond de pension, d’une assurance vie, d’un plan d’épargne en action d’une assurance médicale privée veut du rendement...les banques le lui donnent par la spéculation. Pour empêcher la spéculation : promouvoir la mutualisation....

      • Anastaze
        Anastaze répond à didier1
        inconsolable
        • Posté à 18h54 le 01/09/2009
        • Internaute 53186
          inconsolable

        Les banques touchent des commissions sur les portefeuilles qui leurs sont confiés, mais ce n’est pas ce qui fait leurs profits.

        Si vous lisez l’article ci-dessus, vous verrez que c’est l’argent des dépots qui est utilisé pour faire de le gros des bénéfices : « Pour se donner les moyens de grossir, comme d’autres entreprises, donc disposer de plus de capitaux, elles se sont engagées sur les marchés financiers et en ont tiré une part de plus en plus grande de leurs bénéfices. Elles le pouvaient car des lois, votées en France et en Grande-Bretagne, comme aux Etats-Unis, avaient supprimé la “ spécialisation ” bancaire et autorisé les banques de dépôts à opérer pour leur compte sur les marché. »

        L’expérience NATIXIS montre que si Lien, elles ne sont pas épargnées, la crise ayant pour objectif de capter, par l’introduction massive de risques titrisés dans les produits financiers, les trésoreries des caisses collectives, qu’elles soient publiques ou privées, indépendamment de leur activité. De plus les mutuelles font parties de ces gros clients des banques, qui ont suffisamment de poid financier pour pouvoir exiger des résultats.

         
        • didier1
          didier1 répond à Anastaze
          retraité
          • Posté à 13h58 le 02/09/2009
          • Internaute 66204
            retraité

          Oh ! ! ! ! ! ! ! ! quand je parle de promouvoir la mutualisation c’est d’un concept dont il s’agit et d’un concept économique... ce que je voulais dire, c’est que j’en ai ras le bonbon d’entendre parler de la : « responsabilité des banques » par-ci, de la « spéculation outrancière » des traders par-là...y compris par es gens qui remettent en cause le modèle économique mutualiste (sécurité sociale)...La responsabilité des banques, c’est du pipeau...c’est un argument utilisé par ceux qui veulent des actions (rémunérées)... des assurances santé ou vieillesse basées sur la capitalisation et non pas sur la mutualisation...autrement dit la responsabilité appartient à tous ceux qui (petits ou gros)possèdent du capital sous forme de portefeuille boursier, de plan d’épargne en action...etc, la responsabilité, elle incombe à ceux qui essayent d’obtenir des revenus grâce au travail des autres(exploitation)...

        1 autres commentaires
  • michel 13
    • Posté à 16h46 le 31/08/2009
    • Internaute 49378

    Article qui permet mieux de voir son banquier tel qu’il est vraiment : un rapace. Si j’ai bien compris les banques spéculent à outrance sur tout ( métaux, blé, pétrole, etc.) et participent donc grandement à la flambée des prix au niveau mondial.
    Nos (petits) dépôts en banque sont donc superflus pour le banquier, par contre les frais de gestion de nos comptes, cartes et autres sont élevés, et ce, sans aucune justification si ce n’est celle d’un profit maximum pour engraisser un peu plus ce banquier.
    Nous, clients de la banque, nous ne sommes que des proies sur lesquelles tous ces rapaces ont imposé leurs lois.

    • Ellington
      Ellington répond à michel 13
      • Posté à 09h36 le 02/09/2009
      • Internaute 27898

      Oui, l’essentiel de la marge d’une banque de dépot (celle où vous avez votre compte courant) provient des commissions perçues sur les « produits » (cartes, assurances....) mais aussi des « pénalités » et agios appliqués sur les comptes négatifs. En tout cas, pas du produit du placement de vos excédents de trésorerie.

  • shpov
    shpov
    trader
    • Posté à 17h25 le 31/08/2009
    • Internaute 88977
      trader

    Il fut un temps ou les journalistes de R89 reflechissaient avant de prendre la plume... et parlaient de choses qu’ils connaissaient.
    Mais j’ai confiance, c’est la crise pour tout le monde - tout va rentrer dans l’ordre bientot !

    ps : viens de noter le CV de l’auteur... etrange...

    • didier1
      didier1 répond à shpov
      retraité
      • Posté à 18h17 le 01/09/2009
      • Internaute 66204
        retraité

      C’est tout...pas d’explications...juste un peu « d’humour » hautain...du style école de commerce.. ?

      • shpov
        shpov répond à didier1
        trader
        • Posté à 01h27 le 03/09/2009
        • Internaute 88977
          trader

        Je pensais simplement tout haut... Trop de points de désaccord pour m’expliquer

        Didier, si je peux vous recommander un article qui semble tout de même un peu plus posé, prenez Hyperfiance sur slate.fr :

        Lien

        ps : et vous aurez le plaisir de lire de vrais commentaires...

  • Lugi
    • Posté à 17h21 le 31/08/2009
    • Internaute 28945

    La rémunération des traders est un faux débat. C’est pas elles qui ont causé la crise, c’est la manière qu’on les traders de « créer » de la richesse qui pose problème.

    Puisqu’en vrai ils ne créent aucunes richesse, ils ne sont qu’en train de produire une nouvelle bulle économique, qui emportera ce qui reste de l’économie capitaliste en Europe d’ici 4-5 ans.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 18h15 le 31/08/2009
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Sursaut de sévérité de la part de l’exécutif, tu parles. La presse helvétique rappelle que le secret bancaire suisse existe toujours et que la liste de Woerth n’est qu’un « coup de bluff »... !

    Lien

  • brazz
    • Posté à 18h23 le 31/08/2009
    • Internaute 40271

    Effectivement, c’est une question : à quoi sert le profit financier ? Aujourd’hui, dans sa plus grande partie, à créer encore du profit financier, l’économie « réelle » n’étant plus qu’un sous produit si l’on peut dire. On est donc devant un système presque parfaitement autonome, presque parfaitement indépendant de la réalité, dont la seule finalité est sa propre expansion, éventuellement au détriment de tout le reste.
    Beaucoup ont pronostiqué sa fin avec la crise, mais pour ma part, je serais tenté de pensé qu’au contraire, cet épisode va l’amener à dépendre de moins en moins de l’économie réelle. Et ainsi arriver à se pérenniser : une spéculation en monnaie de singe, pourrait on dire, peut importe du moment que tous les joueurs acceptent cette monnaie.
    Ceci, en passant, à un avantage, c’est de mettre totalement hors circuit les pouvoirs politiques quels qu’ils soient. Cette spéculation virtuelle devient ainsi toute puissante autour de sa table de jeu. Le seul problème, c’est que de plus en plus de monde veut entrer dans le jeu, quitte pour cela à sacrifier justement du réel pour de la monnaie de singe.
    Par exemple sacrifier les investissements au profit de la spéculation. Ce n’est pas nouveau bien sur, mais c’est l’énorme extension de la démarche qui met en péril l’économie réelle. Et l’attrait magique de cette spéculation financière est tel qu’il masque même cette évidence.
    Mais après tout, ce n’est pas plus déraisonnable que de gaspiller l’économique au profit de divinités, ou de s’exterminer pour elles, comme on l’a fait pendant plus de 2000 ans.
    Ensuite, et toujours à postériori, on va trouver des explications et des justifications à tout ce qui s’est passé ; aussi bien, actuellement, on ne compte plus les économistes qui théorisent doctement sur une crise qu’ils n’ont su ni voir, ni prévoir, tout aussi bien que par le passé, les philosophes, les astrologues ou les liseurs d’avenir dans les entrailles des animaux.

  • sarahappy
    • Posté à 18h33 le 31/08/2009
    • Internaute 9117

    effets d’annonce, JAMAIS suivi de l’action implicite de l’annonce, mais, à son contraire. il n’y a que regarder les autres annonces, triomphants (pour la galerie), « regardez moi, je suis nabot, petit d’esprit, et méchant avec les banquiers (qui m’ont choisit) ! »... pendant qu’il rince sa bouche au coke et fait le contraire.

  • zorbeck
    • Posté à 19h43 le 31/08/2009
    • Internaute 9110

    Au risque de me faire passer pour plus libéral que je ne le suis, le problème vient de ce que les états sont intervenus massivement pour recapitaliser les banques. En d’autres termes, celles qui avaient pris des risques se sont retrouvées financées par le contribuable une fois leurs bilans désastreux rendus publics. Et donc, en toute logique, elles continuent à le faire puisque si ca tourne mal ce ne sont pas elles qui en subiront les conséquences par une faillite, et donc les traders ont encore beaucoup de beaux jours devant eux...

    Cela dit, les mesures de Sarko vont dans le bon sens, on pourrait espérer que les anglo-saxons en fassent autant...

  • Ano-Nyme
    Ano-Nyme
    delateur privé
    • Posté à 20h02 le 31/08/2009
    • Internaute 24343
      delateur privé

    On fait comment pour faire notre banque alors ? ? ?
    Moi je suis partant.
    Est ce que c’est possible de créer une banque solidaire simple et surtout juste de dépôt ...
    pour une population qui n a guère qu un salaire un pécule a déposer .....

    Une banque qui fasse la nique a ces usuriers tel cofidis et autres ...
    Qui vous explique que pour acheter il faut pouvoir ...
    Que le crédit c est pour un projet et non une pulsion ....
    et autres et autres

    Quand est ce que notre président impose aux banque de passe tout les endettés a un taux zéro afin qu ils puissent un peu vivre
    malgré les dettes

    quand est ce que mr le professeur ....

    possible ?

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à Ano-Nyme
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 21h49 le 31/08/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Il y a des projets de ce type qui existent. Sauf que pour obtenir une licence bancaire en France, il faut remplir un certains nombre de conditions qu’une « association » d’individus lambdas ne peut facilement remplir.

      Maintenant, à ceux qui veulent vraiment, rien d’impossible. Sauf qu’il va falloir un brin habiller l’idée !

      Au fait : ne rien espérer des politiques... C’est pas eux qui feront bouger l’économie !

  • fonzibrain
    fonzibrain
    célibataire
    • Posté à 20h02 le 31/08/2009
    • Internaute 35255
      célibataire

    le système est foutu,cassé,définitivement,
    Max Keiser : » le dollar est la plus grande menace terroriste sur la planète,il ne vaut plus rien » !

    comme souvent c’est sur le site de Jovanovic qui l’on apprend ce genre de chose ,voyez par vous même :

    « La Vérité pourrait détruire le système économique américain », c’est ainsi que les avocats de la FED argumentent auprès de la juge de Manhattan qui doit trancher si, oui ou non, au nom de la loi donnant une liberté d’accès aux documents publics, le dossier des banques sauvées en 2008 peut être consultable par le public. STOP. Refléchissez une seconde et regardez ce que veut réellement dire cette opposition de l’avocat : « La Vérité pourrait détruire le système économique américain ». Rien que ça ! Je croyais justement que La Vérité rendait libre… LA FED NE VEUT PAS QUE LES NOMS DE TOUTES LES BANQUES US QUI ONT ETE SAUVEES EN 2008 SOIT REVELE, PAS PLUS QUE LES MONTANTS (donc les vrais, pas ceux qui ont été donnés) SOIENT VUS PAR LA PRESSE. Voici ce qu’a écrit le journaliste de Reuters : « Immediate release of these documents will cause irreparable harm to these institutions and to the board’s ability to effectively manage the current, and any future, financial crisis, » the central bank argued (…) It added that the public interest favors a delay, citing a potential for « ’significant harms that could befall not only private companies, but the economy as a whole » if the information were disclosed.. ». Conclusion, le monde entier a été mené en bateau. Le système américain s’est bien effondré en septembre 2008, et tout ce que nous vivons en ce moment n’est que la prologation d’une agonie invisible. Revue de Presse par Pierre Jovanovic © Lien 2008-2009
    jovanovic

    Qu’en penser,honnêtement que penser de cette demande de veto ?

    Qu »ont-ils fait qu’ils n’osent pas nous dire ? vous ne trouvez pas que c’est incroyable,la raison est incroyable : « »Immediate release of these documents will cause irreparable harm to these institutions and to the board’s ability to effectively manage the current, and any future, financial crisis, »

    Mais qu’ont-ils fait ?
    Cela est surement lié aux 9 000 milliards,une somme dont ils n’ont pas voulu dire les bénéficiares,c’est une sacrée somme quand même,et ce n’est pas parceque c’est dure d’imaginer à quoi correspond autant d’argent que nous ne pouvons pas tenter de comprendre,pour information,le budget de la france s’établie à 37O milliards,celui des USA 3500 milliards,vous comprenez le délire.

    Enfin bref,sortez votre argent des banques,achetez de l’or,de l’argent,des terres,transformez votre argent en quelque chose qui a de la valeur.Nos monnaies ne sont que du papier,comprenez le.

    Lien

  • Sid_Mo
    Sid_Mo
    Cadre dirigeant de PME
    • Posté à 21h32 le 31/08/2009
    • Internaute 59795
      Cadre dirigeant de PME

    En lisant les commentaires, je sens qu’il y a quelque chose qu’il faut préciser : il est impossible en France de gérer dans la durée de l’argent et/ou une personne morale sans faire appel de manière nécessaire et obligatoire à une banque.

    Pourquoi ?
    0 - Le paiement. Il est pratiquement impossible, sauf dans les métiers du commerce de détail et de la restauration, et encore, de tout faire payer en liquide. Tous les autres moyens de paiement (papiers ou électronique, automatisés ou non), personne physique ou moral, nécessitent l’intervention d’un agent bancaire (paypal faut-il le préciser en est un aussi. Installé au Luxembourg si mes souvenirs sont bons).
    1 - Le fisc. Il est nécessaire de pouvoir justiifer, y compris de manière contradictoire les flux financiers qui ont cours. La seule contradiction admise est celle d’un établissement bancaire. Le tout liquide est automatiquement source de soupçons, si ce n’est purement et simplement la preuve que vous fraudez !
    2 - Les biens durables. L’achat d’un bien durable (mobilier ou industriel - y compris un moyen de locomotion) demande une mobilisation financière qui passe nécessairement par un établissement bancaire. Si ce n’est pas le cas, on vous soupçonnera, certainement à raison, de chercher à frauder au moins le fisc, si ce n’est de vouloir cacher une provenance douteuse. Le vendeur est alors tenu de refuser votre paiement et de vous dénoncer.
    3 - Le système social. Si vous êtes trop pauvre pour entrer dans les trois premières catégories, ne pensez pas échapper au système bancaire. Il est impossible aujourd’hui de pouvoir percevoir les minima sociaux sans disposer d’un compte en banque. La loi s’est d’ailleurs organisée pour que toute personne, même sans domicile fixe, puisse disposer d’un compte bancaire. On a pas dit que c’était facile. C’est prévu par la loi et possible !

    Donc, pas de flux financiers sans banques !

    Depuis la fin des années 70, le système bancaire est incontournable en France. Ce n’est pas forcément le cas partout en Europe ou dans le monde. Bien au contraire. Essayez par exemple de payer en carte bleue dans un petit magasin en Suisse allémanique (y compris Mac Do !) ou en Allemagne et vous risquez régulièrement des surprises (le Mc Do où je vais régulièrement près de Berne pendant mes déplacements accepte la carte bleue en interne depuis seulement quelques mois !). Ou encore, regardez le taux de pénétration bancaire au Mexique.

    La diffusion massive des moyens de paiement électronique (carte de débit, carte de crédit) a beaucoup à voir avec cette volonté d’être incontournable de la part des acteurs bancaires nationaux. En cela, le législateur les a fort bien aidé. Et bien peu encadré. On ne fait que payer une volonté farouche d’un métier d’être incontournable. Un fois fait, il est logique qu’il transforme ses obligés en vaches à lait !

  • Sid_Mo
    Sid_Mo
    Cadre dirigeant de PME
    • Posté à 21h23 le 31/08/2009
    • Internaute 59795
      Cadre dirigeant de PME

    Tout d’abord en réaction à cette article, une première évidence me vient à l’esprit : la moralité de la notion de casino dans laquelle sont toutes les banques est comme le dit bien l’auteur : nulle. Mais comme il le montre lui-même, le métier entier est pourri. Pour autant, qui est prêt à prendre le risque de le changer ? Les gains actuels sont bien trop élevés pour que quelqu’un remette en cause le système ! Et il est désormais généralisé.

    Il y a bien deux modèles, non anglo-saxons qui sont très intéressants et pas encore complétement pervertis (attention, prudence néanmoins, les contre-exemples existent) : les banques régionales allemandes dont certaines restent des outils au service de l’industrie et les conglomérats japonais et coréens qui sont des systèmes financiers intégrés à de l’industrie. Mais bon, même eux spéculent ! (voir la faillite d’une des banques régionales allemandes dans le cadre des subprimes).

    Le seul moyen d’arrêter ce délire est une question de réglementation du métier bancaire et non une démagogie sur les rémunérations de quelques centaines à quelques milliers de personnes. Mais ça demande une vision économique et politique que visiblement nos élus et élites actuels n’ont pas. Et étrangement une part non négligeable des opérations purement fiduciaires et non-réelles disparaitront. Mais c’est une décision politique et d’ordre réglementaire. Soit dit en passant, appliquer simplement ce que propose cet article peut se faire au niveau français sans que l’attractivité de la place de Paris en soit bouleversée, sauf dans les cafés du commerce. Et c’est nettement moins révolutionnaire que la position très iconoclaste de notre ami britannique (voir autre article de Rue 89).

    • TheBanker
      TheBanker répond à Sid_Mo
      banquier en perdition
      • Posté à 21h47 le 31/08/2009
      • Internaute 88993
        banquier en perdition

      Que lis-je ? Encore un article qui n’a aucun fondement realiste et denue de toute realite economique. Posez-vous la question de vos retraites ou de vos placements financiers. Les traders sont des regulateurs de marches, sans leur presence, nous aurions un marche autoreguler par les Etats avec des reminiscenes de Gosplan et d’organisation sovietique.
      Les revenus issus de la BFI (Banque de Financement et d’Investissement) sont les plus remunerateurs et les plus volatiles par essence. Le debat ne doit pas etre pose sur la necessite ou pas d’avoir des traders mais plutot ne doit-on pas penaliser davantage la pure speculation ou surtout le levier...
      Il existe aujourd’hui des produits financiers qui permettent a quiconque d’accumules des gains / pertes collossales avec des mises de fonds reduites. Merci Black-and-Scholes et les produits optionnels.
      Se demander a quoi servent les traders ou les salles de marches, c’est se demander a qui sert l’industrie du luxe !

      Voici quelques exemples concrets de produits financiers qui ne pourraient pas susbsister sans une activites de banque d’investissement :
      - protection contre la hausse des taux pour un pret immobilier
      - possibilite de profiter de la baisse des taux pour n’importe quel pret
      - achat ou vente d« ETF (Exchange Trade Futures)
      - ...si vous souhaitez d’autres exemples, n’hesitez pas, j’en ai plein la besace.

      Donc, arretez donc d’etre demago et revenons a la realite qui fera que Sarko et ses sbires du Minefi feront machine arriere sur la proposition de limitation sur les bonus des banquiers lorsque Londres leur dira...Merci, c’est interessant mais c’est sans nous...car pour nous, l’industrie financiere represente 25% de notre PIB et que perdre les emplois de la City n’est pas acceptable.
      Si Paris et Berlin demeurent campes sur leurs decisions, elles perdront les emplois bancaires de haute valeur ajoutee qu’il leur reste au profit de Londres, NY, Hong Kong... et ce sont ces derniers qui riront.

      • Sid_Mo
        Sid_Mo répond à TheBanker
        Cadre dirigeant de PME
        • Posté à 22h14 le 31/08/2009
        • Internaute 59795
          Cadre dirigeant de PME

        « Le debat ne doit pas etre posé sur la necessité ou pas d’avoir des traders mais plutôt ne doit-on pas pénaliser davantage la pure spéculation ou surtout le levier… »

        Enfin les bonnes questions. Ce à quoi répond notre camarade britannique dans l’autre article par un oui franc et massif.

        « Se demander a quoi servent les traders ou les salles de marches, c’est se demander a qui sert l’industrie du luxe ! “

        Ouch ! Le poids relatif pris par les mouvements financiers spéculatifs dans l’économie globale est un brin plus lourd que le poids relatif du luxe dans l’économie réelle.

        ‘Voici quelques exemples concrets de produits financiers qui ne pourraient pas susbsister sans une activites de banque d’investissement :’

        Euhhh... Je ne crois pas avoir écrit qu’il faille arrêter la banque d’investissement. Mais par contre, je suis partisan d’un retour à la séparation stricte entre les métiers de dépôts et d’investissement. On peut aménager. On peut regarder s’il y a du bon à garder mais en tout cas le modèle actuel est définitivement trop pourri pour être conservé.

        ‘Donc, arretez donc d’etre demago et revenons a la realite qui fera que Sarko et ses sbires du Minefi feront machine arriere sur la proposition de limitation sur les bonus des banquiers’

        Pour moi, le texte actuel des politiques est de la pure démagogie. Pire, il est irréaliste car lesdits bonus sont pris dans un cadre contractuel. Tant que ce cadre n’est pas modifé par les parties (toutes les parties) volontairement, toute modification unilatérale ménera directement au procès.

        Ensuite, on parle d’un mouvement national. Sur ce point, je suis tout à fait d’accord que les britanniques ne suivront pas. Pour moi, la question n’est pas de l’ordre de la rémunération. C’est de l’esbrouffe pour occuper l’espace médiatique. Si les politiques, pour des raisons d’affichage, devaient aller jusqu’au bout de cette stigmatisation d’un métier, alors , vous aurez raison sur la fin de votre commentaire.

        Parler rémunération, c’est faire dans la paillette alors qu’il y a le feu et que le prochain dérapage est déjà en marche. Il faut bien comprendre que les banques ont littéralement abandonné l’accompagnement des ménages et de l’entreprise. Ca, c’est une réalité. Hors la poursuite d’une économie ne se fait pas sur des échanges virtuels. En cela, je rejoins complétement l’auteur sur l’urgence des mesures de bon sens qu’il propose. Mais ça demande de revoir complétement le métier de banquier et la méthologie professionnelle. Et ça ne signifie pas la mort de Banque de Financement et d’Investissement. Juste qu’elle revienne à ce qu’elle doit être. Et non le coeur du système.

         
        • xaxa
          xaxa répond à Sid_Mo
          • Posté à 12h19 le 01/09/2009
          • Internaute 88669

          « Mais par contre, je suis partisan d’un retour à la séparation stricte entre les métiers de dépôts et d’investissement. »

          Attention. C’est justement la séparation stricte entre la banque de dépot et la banque d’investissement qui pose problème aux US. Les américains réflechissent à revenir sur cette séparation stricte pour avoir des banques plus solides, vivant de leur partie dépot lorsque la crise financière limite l’activité banque d’investissement et inversement.

          Note sur la carte bleue en Suisse : ce n’est pas une limitation de l’utilisation de la carte électronique. La maestro est extrémement courante, et peu de magasins la refusent. Les cartes internationales, c’est différent : des frais élevés pour le commercant, et pour le détenteur suisse d’une telle carte, ce qui rend son utilisation plus rare ne interne à la confédération.

        1 autres commentaires
  • affreuxjojo
    • Posté à 22h08 le 31/08/2009
    • Internaute 29421

    Les banques sont entrées progressivement dans le domaine de la spéculation tous simplement parce que les marchés financiers spéculatifs brassent beaucoup plus d’argent que les échanges traditionnels de bien et de services. Le total des échanges spéculatifs représente, parait-il, 26 fois le montant des échanges de biens et services (économie réelle). Certains objets ou certains services ne sont vendu qu’une seule fois dans leur durée de vie. A l’inverse, un produit financier peut être échangé plusieurs fois par jour. Sur chaque échange, la banque prélève sa marge.
    Dans de telles conditions le banquier et le trader se moquent bien de brasser du vent, de l’air, de l’utile ou de l’inutile, des produits financiers toxiques ou des fonds provenant des trafics les plus douteux. L’important, c’est de brasser.

  • charlik
    charlik
    employé
    • Posté à 22h19 le 31/08/2009
    • Internaute 87403
      employé

    A quoi devraient servir les banques ? …Question éminemment légitime. Réponse simple : financer l’économie. Certes, c’est un système « moral », presque idyllique, dont l’auteur parle. C’est le défunt capitalisme rhénan des années 70. Mais plutôt que de critiquer ce système, il faut se concentrer sur ce qui nous force à prendre ce détour de l’idéalisation de la banque pour ne l’évoquer qu’en creux : l’absurdité, l’éclatante, obscène et monstrueuse vérité du trading et sa consubstantielle passion du gain le plus rapide, le plus intense et le plus violent possible.
    Il ne faut pas renverser la charge de la preuve. Oui, nous sentons confusément qu’il faudra créer une régulation plus juste, plus près de l’économie, plus harmonieuse, et que nous nous battrons peut-etre un jour pour savoir de quelle société cette finance devra etre le reflet et le serviteur. Mais tout cela viendra plus tard. Pour l’instant il faut mettre la main au collet de ces jeunes drogués qui se sont bourré les poches de fric et qui sont en train de so******ser allègrement notre économie.
    Je ne propose pas de répartir les bonus des banquiers , je propose donc d’arracher les bonus aux traders !

  • legrinchhhh
    legrinchhhh
    Critique
    • Posté à 23h24 le 31/08/2009
    • Internaute 88465
      Critique

    Le question principale qui n’est pas évoqué dans cet article est celui du rôle du marché secondaire sur la formation des prix. Le rôle principal du marché secondaire (obligataire ou actions) n’est pas d’assurer une liquidité pour les détenteurs de titres après leur émission sur le marché. Le marché secondaire est surtout là pour fixer le prix à chaque instant d’un actif quel qu’il soit. Et ce prix est le reflet de la confiance qu’ont les acteurs du marché dans la solidité financière d’une entreprise ou d’un état à un instant donné. Le marché secondaire renvoie donc dans le prix de chaque actif la confiance qu’ont les investisseurs dans la capacité de tel ou tel société à générer une activité pérenne et rentable.

    Investir dans le titre d’une société est une chose. Pouvoir sortir de son investissement en cas de doute en est une autre. Et cette liberté est offerte par le secondaire qui permet à chacun de récupérer son investissements (avec un gain ou une perte).

    Personne ne peut être certain qu’un investissement sera rentable à long terme. D’où un arbitrage permanent des établissements bancaires entre les différents investissements qu’elle peuvent effectuer. Certes la logique est poussée à l’extrême depuis quelques années, mais elle reflète la liberté qu’a chacun de pouvoir investir là il lui semble bon d’investir son argent ou celui qui lui a été confié.

    • Otreman
      Otreman répond à legrinchhhh
      • Posté à 10h05 le 01/09/2009
      • Internaute 45643

      Le rendement sur le long terme, à mon avis c’est, une notion traditionnelle et de moins en moins crédible Vu les révolutions-mutations qui se préparent :
      1) épuisement de l’OR noir sous 30 à 40 ans,
      2) échauffement et niveau des océans,
      3) remise en question de la suprématie du Dollar sous influence de la Chine,
      4) etc, etc... (’espace’ pour les économistes patentés...)

  • fritonpie
    fritonpie
    En construction
    • Posté à 23h52 le 31/08/2009
    • Internaute 59874
      En construction

    Si le trader fait des gains alors bonus en rapport !
    Si le trader cause des pertes alors malus de sa poche ! (il sera aussi obligé de jouer avec son argent en mème temps qu’avec le notre...).
    Si le trader n’accepte ces règles élémentaires alors aller simple pour la City ou Wall Street et bon vent.....et il vera si il y gagne au change.....« sweet dreams are madoff this »......

  • barcelona
    barcelona
    designer
    • Posté à 08h02 le 01/09/2009
    • Internaute 89011
      designer

    Même sur les marchés, s’il y a gagnant il y a un perdant, ça c’est pa du virtuel.
    Comme les banques ne perdent jamais vu les bénéfices publiés ( sauf grosses catastrophe : Kerviel et autres), qui perd tout le temps ? Qui gère cet argent perdu ? C’est surtout de eux dont on devrait parler.
    La réponse me fait peur.

  • Go to the page
  • 1
  • 2
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.