Panamericana

L'actualité des Amériques de Valparaiso à Tijuana.

Contre l'impérialisme yankee, libérons le commerce !

Michel Faure
Journaliste
Publié le 02/09/2009 à 17h18


Manifestation contre l’utilisation américaine prévue de bases militaires colombiennes en août 2009 (Enrique Marcarian/Reuters).

Les militaires ne sont pas très diplomates. Les américains ne font pas exception à la règle et le document du Pentagone dont a eu connaissance l’Associated Press selon lequel la moitié de l’Amérique latine serait à la portée d’un avion C-17 de transport de troupes sans nécessité de refaire le plein de kérosène à la base de Palanquero, en Colombie, en est l’illustration.

Est-ce à dire que cette réflexion logistique révèle une arrière-pensée stratégique de nature impériale de la part des Etats-Unis ?

Il est possible que le Pentagone et Hugo Chavez aient en commun la même nostalgie de la guerre froide, mais j’ai tout de même du mal à imaginer les Etats-Unis de Barak Obama se lancer dans de nouvelles aventures coloniales au Sud du Rio Grande. Par contre, les adversaires traditionnels de Washington, depuis Caracas jusqu’à Quito en passant par La Paz ou Buenos Aires, imaginent très bien, eux, de telles arrière-pensées.

Les bases US en Colombie, une menace directe selon la gauche

Dès lors la gauche latino-américaine dénonce l’accord, négocié entre Bogota -le seul et unique allié des Etats-Unis en Amérique du Sud- et Washington qui offre à l’armée américaine un bail de dix ans sur sept bases militaires dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogues et la guérilla. La gauche voit dans ces bases une menace directe de l’impérialisme yankee à l’encontre de l’indépendance des Etats d’Amérique latine, même si les Etats-Unis affirment que les troupes américaines ne franchiraient les frontières de la Colombie que si elles y étaient invitées par les pays concernés.

La vérité, c’est que l’indépendance de l’Amérique latine à l’égard de Washington se porte très bien dans les pays qui ne cultivent pas la paranoïa à l’égard des Etats-Unis et qui sont ouverts au commerce et aux investissements étrangers.

Les pays qui s’affranchissent véritablement de leur dépendance commerciale avec Washington sont ceux qui ont joué le jeu de l’ouverture des frontières et du commerce mondial, affirme une récente étude de la Fondation brésilienne Getulio Vargas et de l’institut allemand IFO que cite Breakingviews.com, dans un article paru dans le quotidien espagnol El Pais. A l’aube de ce XXIe siècle, une économie prospère et ouverte constitue un meilleur rempart contre l’impérialisme yankee que l’autarcie et les nationalisations d’entreprises étrangères.

De l’ouverture aux Etats-Unis à l’ouverture au monde

Au cours de ces dernières années, des pays comme le Pérou, le Brésil, le Chili ou la Colombie ont bénéficié des prix élevés des matières premières et de l’augmentation de la demande d’énergie et de minéraux de la part de la Chine, de l’Inde et d’autres pays émergents dont les économies ont connu une croissance rapide. Ces pays importateurs continuent pour la plupart à croitre, à un rythme moins soutenu, certes, mais toujours positif, malgré la crise.

Si celle-ci touchait à sa fin, ce qui est possible mais pas encore certain, les pays « ouverts » d’Amérique latine seraient en meilleure position que les pays « fermés » pour profiter de la reprise de l’économie mondiale et consolider ainsi leur avance.

Et plus intéressant encore : la propre croissance de ces pays « ouverts » dépend de moins en moins, au fil des années, de leurs échanges avec les Etats-Unis, traditionnellement dominants dans l’ensemble de l’Amérique latine. Comme souvent, la gauche brésilienne montre la voie, et la gauche bolivarienne regarde ailleurs : le premier partenaire commercial du Brésil, aujourd’hui, n’est plus Washington, mais Pékin.

Le paradoxe de ce discours sur l’indépendance, dès lors, c’est qu’il est émis par les dirigeants des pays les moins aptes à le mettre en pratique, tels le Venezuela, l’Argentine, la Bolivie ou l’Equateur. Ils sont si rétifs à l’égard des échanges et si méfiants à l’encontre des investissements étrangers que leurs économies sont affaiblies et donc plus dépendantes que d’autres des revenus de leurs exportations vers les Etats-Unis.

Photo : manifestation contre l’utilisation américaine prévue de bases militaires colombiennes en août 2009 (Enrique Marcarian/Reuters).

  • 4969 visites
  • 71 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Waldeck
    Waldeck répond à Keldan
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 13h05 le 03/09/2009
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    -« Pour preuve, les Californiens peuvent voter librement et avoir recours à la justice, mais leur état est le premier producteur mondial de marijuana et le trafic des drogues leur posent énormément de problèmes … »

    La Californie 1er producteur mondial de Marijuana ?

    Les Californiens, 1ers consommateurs, peut être, ce sont des gosses friqués, des enfants gâtés, peu soucieux que leur « gourmandise » provoque dans le monde les ravages que l’on connait, chez les pauvres...

    La production se développe surtout dans les pays pauvres, où l’état et la démocratie sont absents, ou fortement corrompus ( ce qui revient au même ) . Exemple : l’opium en Afghanistan, le kif au Maroc, la coca en Colombie...

    Pour la consommation, elle est plus développée dans les pays du même nom, les pays nantis, avec d’autres ravages...

    • Keldan
      Keldan répond à Waldeck
      Now future & karpe diem
      • Posté à 14h41 le 03/09/2009
      • Internaute 5164
        Now future & karpe diem

      Oui, la Californie est un des plus gros producteurs d’herbe, souvent considéré comme le plus important, même si l’on doit se contenter d’estimation.
      Premier consommateur, peut être, car de toutes façons sa production n’alimente que le marché local, et de plus il absorbe la grande majorité de la production mexicaine.

      Je précise bien d’herbe, car le premier producteur de haschisch est le Maroc, qui eux ont la gentillesse d’alimenter le marché français :)
      Le kif, c’est un mélange de tabac et de haschisch, ce n’est pas le produit qui est tant vendu au marché noir.

      La coca est certainement une des raisons des problèmes colombiens, mais ce n’est pas le seul. La Bolivie en cultive beaucoup aussi, mais même si c’est pas la joie, c’est nettement moins le bordel.
      Et de toutes façons, si la coca pousse là bas, ce n’est pas pour faire plaisir à la criminalité, c’est simplement parce qu’elle y pousse naturellement depuis vachement longtemps.

      Et surtout les plantations de chanvre, de coca ou d’opium n’ont pas attendu les cartels, les trafiquants, les espions et autres paramilitaires pour être cultivées.

      • chris 2
        chris 2 répond à Keldan
        Artiste
        • Posté à 20h52 le 03/09/2009
        • Internaute 87831
          Artiste

        « La Bolivie en cultive beaucoup aussi, mais même si c’est pas la joie, c’est nettement moins le bordel. Et de toutes façons, si la coca pousse là bas, ce n’est pas pour faire plaisir à la criminalité, c’est simplement parce qu’elle y pousse naturellement depuis vachement longtemps. »

        Oui, effectivement mais n’oublions pas que la coca en feuille est une base de l’alimentation des Boliviens depuis des millénaires.
        C’est un coupe -faim et un énergisant. Pour travailler dans les mines Boliviennes appartenant hier à l’Oncle Sam, il fallait en manger pour se donner de la force et parce qu’en bon super -exploité grâce à la générosité de l’Oncle Sam, on pouvait aussi se passer de manger ce qui faisait des économies.

        Cette précision culturelle est bien aussi politique puisque le Président de la République de Bolivie E.Morales , était un petit producteur pauvre de Coca autrefois. Il s’est battu pour en défendre culturellement le droit ; à la production et à la consommation. On le faisait depuis l’empire Inca et bien avant , c’était pas l’ignare G.WBush qui allait en empêcher l’exploitation et la consommation !

        Ceci n’est pas une histoire drôle parce que dans ce combat beaucoup ont été assassiné par l’ancien gouvernement de droite en Bolivie qui faisait tirer sur la foule lorsque les petits commerçants pauvres de Coca manifestaient contre la guerre Américaine « contre la drogue “.
        E.Morales fut un grand défenseur de ces petits commerçants et producteur de Coca.
        Pendant ce temps là, l’armée Américaine se croyait chez elle comme d’habitude, et à coup de bombes dévastait la forêt amazonnienne et les peuplades indigènes qui y habitaient.
        Sous prétexte de pourchasser les trafiquants qui transformaient la feuille coupe -faim en produit stupéfiant, les Américains entretenaient une présence militaire criminelle et douteuse.
        Certains pensaient ainsi que ça garantissait qu’aucune transformation politique & sociale ne voit jamais le jour.
        La peur est aussi un bon stupéfiant pour en finir avec les militants de tous ordres.
        C’est vraiment toute une histoire la Coca !

    • zorbeck
      zorbeck répond à Waldeck
      • Posté à 18h13 le 04/09/2009
      • Internaute 9110

      ...sauf que les ravages provoqués par la consommation dans les pays consommateurs sont bien moins graves que ceux provoqués par les narco-mafias dans les pays producteurs, aussi bien en termes humains que financiers.

      Et la seule solution est un moindre mal qui s’appelle la legalisation (et pas la depenalisation).

  • Bad Time For Human Kind
    Bad Time For Human Kind
    Chieur Public
    • Posté à 09h02 le 03/09/2009
    • Internaute 53377
      Chieur Public

    « La vérité, c’est que l’indépendance de l’Amérique latine à l’égard de Washington se porte très bien dans les pays qui ne cultivent pas la paranoïa à l’égard des Etats-Unis et qui sont ouverts au commerce et aux investissements étrangers. »

    Encore un qui détient la vérité... Va falloir faire un club avec pierre « onsaike » Haski !

    Un bien bel exemple d’article « propagande » ; c’est une commande d’état ?

    • starsss
      • Posté à 09h45 le 03/09/2009
      • Internaute 24513

      Y’a qu’a voir le Costa Rica, south of the rio del grande ! no arboles frente de mi balcone dixit los gringos ! et comme ça on ravage les cotes, but money is money, what the fuck we’re talking about !

  • Lugi
    • Posté à 09h49 le 03/09/2009
    • Internaute 28945

    Les pays d’Amérique latine se sont jamais aussi bien portés depuis qu’ils ont fait un doigt aux Etats-Unis d’Amérique.
    J’aurais tendance à dire que les fait sont contre vous.

    Je m’en contre-tape qu’Hugo Chavez soit pas moins autocrate que Sarko, la vérité c’est qu’il est meilleurs pour le Venezuala que n’importe lequel de ses prédécesseurs et meilleurs que n’importe lequel de ses potentiels successeurs.

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 10h10 le 03/09/2009
    • Internaute 73621
      (...)

    « et je songe très sérieusement à en écrire un autre sur les années heureuses du Brésil des années 50 et 60 à travers l’histoire du quartier d’Ipanema, à Rio de Janeiro. »

    va falloir bosser un peu plus pour se mettre au niveau de J.Amado.

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à leo s
      Journaliste
      • Posté à 11h36 le 03/09/2009
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Ha oui, ça c’est vrai !

      • leo s
        leo s répond à Michel Faure
        (...)
        • Posté à 19h40 le 03/09/2009
        • Internaute 73621
          (...)

        -Commerce
        -armes
        -commerce des armes
        –le commerce ne mène pas à la guerre

        quelques pistes de travail
        ...

        à titre gracieux...

        reste plus qu’à creuser la chose.

        La campagne « Armes : un commerce qui tue ! » relaie la campagne mondiale « Contrôlez les armes » .
        Cette campagne a été lancée en octobre 2003 par Amnesty International, Oxfam International et le RAIAL
        (Réseau d’action international sur les armes légères).

        Elle est relayée dans une vingtaine de pays au Nord et au Sud.

        En France, c’est la plate-forme Contrôlez les armes, co-pilotée par Agir ici – membre observateur d’Oxfam
        International, Amnesty International France et le Secours Catholique-Caritas France et soutenue par de
        nombreuses organisations qui appelle à mobilisation.

  • Le Putsch
    Le Putsch
    Konopsoproctotrype putatif
    • Posté à 10h24 le 03/09/2009
    • Internaute 76118
      Konopsoproctotrype putatif

    BreakingViews. <3

    Ah, et sinon :

    « le premier partenaire commercial du Brésil, aujourd’hui, n’est plus Washington, mais Pékin. »

    Ok.
    On est sensés penser que c’est mieux pour le Brésil qu’il commerce avec le Parti qu’avec les précédents, c’est ça ?

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 11h05 le 03/09/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Il n’y a rien de surprenant, et encore moins choquant, qu’un document du Pentagone détaille la portée d’un C17. Au contraire, ça veut dire que les mecs font leur boulot : connaitre les capacités dont ils disposent.
    Je suis sur que dans leurs disques durs ils ont des plans d’invasion pour n’importe quel pays du monde, juste pour extrapoler, entrainer leur sens de la stratégie et ne jamais être pris au dépourvu.

    En tout cas j’abonde dans le sens de l’article.
    Je rigole quand je vois le diang vénézuelien en pleine action sur ce site et que le nan frappe tout ceux qui ne portent pas un tshirt du Che, comme quoi le wao bolivarien a la côte (j’avais dit que ces mots étaient faciles à replacer : D).

    Chavez fait le malin face aux gringos del norte, mais il n’empêche que le Vénézuela tire un bonne part de son pognon du pétrole qu’il exporte vers l’ennemi officiel. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
    Certes les Chnois seront surement preneur de tout le pétrole qu’on leur propose, mais le problème est la situation du Vénézuela, pratiquement aux antipodes de la Chine, qui devra emprunter soit la route altlantique et océan indien, soit passer par le canal de Panama contrôlé par les méchants Yankees...
    Sans compter que le pétrole vénézuélien est spécial, bien lourd et bien épais, et nécessite des raffineries spécifiques, et donc des investissements qui le rendent moins attractifs.

    Et quitte à faire dans le dicton, ce n’est plus un secret que ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier est un des clefs pour pas se faire niquer. Même si certains s’imaginent qu’il vaut mieux garder tous ses œufs pour soi et ne surtout pas échanger ses œufs de poule contre les œufs de caille du voisin.

    L’Amérique du Sud possède une bonne situation pour le commerce internationale. Une grande façade pacifique pour atteindre facilement l’Asie Orientale et l’IAustralie, un façade Atlantique pour atteindre l’Europe et l’Inde sans devoir contourner l’Afrique.
    Et pour l’avenir, un certaine proximité avec l’Afrique, idéal quand à leur tour ils auront besoin d’extraire des ressources ailleurs que chez eux ou de vendre en Afrique du Sud.

    Par contre, mieux vaut pour eux qu’ils ne se limitent pas à vendre leurs ressources, car les matières premières ça rapporte, mais les produits manufacturés ça rapporte encore plus.
    Surtout que sur le plan marketing, un produit « made in bragile » ne pose aucun problème d’éthique aux gentils consommateurs, au contraire cela fait exotique et révolutionnaire.

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 11h16 le 03/09/2009
    • Internaute 24252
      卑語

    Amérique Latine : réactivation de la politique de la canonnière…

    Nous relations dans le numéro 6 de l’arme et la Paix un important débat organisé par ICD sur les évolutions récentes en Amérique Latine et les interrogations militaires sous-jacentes. Une question y avait été naturellement soulevée par les participants : quid de la réaction des USA - en regard notamment des très nombreuses ingérences ou interventions militaires US déclenchées, par le passé, pour bien moins que ça ?

    Des éléments de réponse ont été apportés depuis, renforçant le bien fondé de ces interrogations. L’instrumentalisation massive de la Colombie comme tête de pont régionale de la lutte anti-bolivarienne, le soutien actif des USA à un processus de désintégration de la Bolivie, etc.

    Et voici désormais la réactivation de la IVème flotte US… Depuis le premier juillet 2008, l’US Navy a réactivé sa IVème flotte, avec l’intention officielle « de combattre le terrorisme », les « activités illégales » et d’envoyer un « message » au Venezuela et au reste de la région. Il s’agit là d’une nouvelle étape militaire de la part de Washington, venant peu après l’attaque conduite en territoire équatorien par la Colombie en mars dernier (officiellement contre les FARC), et qui avait fait trembler l’échiquier régional pour marquer finalement l’isolement des alliés de Washington.
    Le communiqué du Pentagone du 25 avril 2008 fait valoir que la réactivation de la IVème flotte - créée en 1943 pour faire face à la menace des sous-marins allemands dans les Caraïbes et l’Amérique du Sud et dissoute en 1950 - servira à « démontrer l’engagement des USA auprès de leurs partenaires régionaux ». La flotte sera commandée par le contre-amiral Joseph D. Kernan (voir photo), Chef du Commandement de la Guerre spéciale navale, et aura sa base à Mayport (Floride) ; elle dépendra du Commandement Sud basé à Miami.
    Onze navires, dont un porte-avions et un sous-marin nucléaires, constitueront le noyau initial de cette flotte.
    La décision du Pentagone intervient dans un contexte de tension particulière en Amérique du Sud et d’extrême volatilité sur les marchés de matières premières. Un tiers des importations de pétrole des USA proviennent encore du Venezuela, du Mexique et de l’Équateur, ce qui fait de cette région un espace stratégique pour le maintien de la suprématie économique et militaire US.
    La création imminente du Conseil sud-américain de la Défense à la demande du Brésil et du Venezuela, la consolidation du processus conduit par Rafaël Correa en Équateur, le récent triomphe de Fernando Lugo au Paraguay, sont encore venus renforcer une tendance qui déplait beaucoup à Washington.
    Sur un plan militaire, la réactivation de la IVème flotte signifie pour les observateurs que les USA misent désormais sur un interventionnisme non plus exclusivement terrestre, mais aussi aéronaval. On se rappelle que c’est de la IVème flotte et du rôle qu’elle joua naguère en Amérique Latine qu’est venue l’expression « politique de la canonnière » (voir caricature parue dans la presse régionale). Qui ignore que c’est à coups de bâtiments d’assaut, d’avions embarqués et de missiles mer-terre qu’on lutte efficacement contre le narco-trafic, la corruption et le sous-développement ?
    Denis ANSELMET – avril 2008

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 11h42 le 03/09/2009
    • Internaute 73621
      (...)

    Mon voisin
    serait prêt à parier
    que notre pourfendeur de « l’impérialisme jyankee »
    n’apprécie pas le désormais célèbre Bosé Jové

    dont voici un édifiant fragment d’article
    à l’attention
    de Mr Faure

    « Les négociations du GATT, débutées en 1986, aboutissent à la création de l’OMC en 1995.
    Les Etats-Unis dans ce cadre attaquent immédiatement l’Europe devant l’organe de règlement des différends, l’instrument judiciaire de l’OMC.
    L’Europe est condamnée par l’OMC sous le motif que la question sanitaire n’est pas une raison suffisante pour interdire le commerce. Cela aboutit, en 1999, au fait que l’OMC tranche en faveur des Etats-Unis et du Canada et autorise les Etats-Unis à surtaxer 60 produits européens pour compenser le manque de marché.

    Malgré la pression des Etats-Unis, l’Europe résiste, elle a pris une législation de protection de santé publique contre les hormones à risque cancérigène. C’est en ce sens là que la décision est prise même si c’est interdit par les règles de commerce international. L’Europe condamnée, les Etats-Unis décident cette sur-taxation des 60 produits européens, dont le roquefort. Un symbole, parce que ce produit est la plus vieille AOC au monde, (appellation d’origine contrôlée), avec le champagne. L’AOC est née à Roquefort et en Champagne en 1925. Nous assistons donc à la prise en otage d’un produit le plus localisé possible, qu’on ne peut faire nulle part ailleurs puisque l’AOC protège une zone, une pratique, une transformation.

    C’est vraiment la représentation de l’agriculture industrielle et de la standardisation de la bouffe d’un côté, face à l’appellation d’origine, protection des pratiques locales les plus anciennes. Suite à cette décision américaine nous allons au Ministère de l’Agriculture et à Bruxelles où l’on se voit expliquer qu’il n’y a aucun recours possible face à cette situation.

    En décembre 1999, j’amène du roquefort à la réunion de l’OMC à Seattle ; et le roquefort devient le symbole de cette lutte contre la marchandisation... Quelques mois avant, le démontage du Mac Do - action elle aussi symbolique - avait marqué le début de cette lutte pour dénoncer la prise d’otage dont les producteurs sont les victimes. Je suis à cette occasion arrêté : en juin 2000, le procès du Mac Do réuni 100 000 personnes à Millau. Suite à ça, j’ai fait 3 mois de prison. Et pendant 10 ans la sur-taxation a continué.

    En janvier 2009, les Etats-Unis décident de remettre la pression car l’Europe continue à tenir, malgré les 10 ans de sur-taxation du roquefort et des 59 autres produits et menace l’Europe de faire passer la taxe à 300% : “ 100% vous avez tenu, alors on va passer à 300% ” ; ça devait tomber ces jours-ci… Et là , un accord est trouvé.
    L’accord est intervenu ce mercredi, entre les Etats-Unis et l’Union Européenne et stipule que les Etats-Unis renoncent à exporter du boeuf aux hormones. En compensation, on importera de la viande normale dans le cadre du marché. Ce qui est négocié c’est le passage de 5 000 à 20 000 tonnes d’importation de viande bovine des Etats-Unis non “ hormonée ”.

    Le problème que ça pose. On a gagné la bataille de fond, sur le fait que la santé passe avant le marché ; et ce qu’on a gagné là est une jurisprudence pour l’ensemble des citoyens de la planète.

    C’est l’Europe qui a gagné cette jurisprudence, en résistant ; à la fois les institutions européennes, mais aussi les producteurs qui n’ont pas cédé et qui malgré les manques à gagner ont décidé de tenir et de ne pas faire pression sur l’Europe pour qu’elle lève les interdictions… Et ça, c’est important.
    Le problème que nous avons maintenant c’est qu’en contrepartie de cette victoire indiscutable, les éleveurs bovins européens vont se retrouver en concurrence avec ces importations en hausse. L’Europe doit donc absolument leur garantir qu’ils ne seront pas victimes d’une baisse des prix : il faut garantir l’élevage. De plus, cela implique de changer les règles de l’OMC et de son organe de règlement des différends. Ces règles sont obsolètes, le fait qu’on puisse prendre en otage des productions dans un conflit entre deux Etats et inacceptable. “

    • unagi-
      unagi- répond à leo s
      卑語
      • Posté à 12h48 le 03/09/2009
      • Internaute 24252
        卑語

      Les prophètes ne se trompent jamais

      « Quand la prophétie échoue, les croyants n’abandonnent donc pas forcément leurs croyances invalidées : le renoncement à leur foi étant trop coûteux, ils réagissent au contraire par un surcroît d’engagement. Ils peuvent alors inventer toutes sortes de subterfuges concernant la date de l’événement — leurs estimations étaient erronées —, s’en persuader, et redoubler de piété en tentant plus que jamais de convaincre les autres. Selon Festinger, cette conduite paradoxale, pour ne pas dire irrationnelle, s’explique par la “ dissonance cognitive ”, un inconfort moral et intellectuel si douloureux que la réalité doit céder devant la croyance.

      L’analyse des religions séculières aurait pourtant gagné en universalité si elle avait été appliquée à d’autres ; mais il aurait alors fallu critiquer son propre camp, à un moment où ses idéologues ne brillaient guère. Cette faiblesse procédait directement de la récente déconfiture infligée par la crise de 1929 et de la Grande Dépression des années 1930. Quelle fut la réaction des libéraux à cet échec du marché autorégulateur ? Ils eurent des attitudes de sectateurs déniant la réalité, illustrées par la fameuse déclaration du président américain Herbert Hoover, qui assurait contre l’évidence, au cœur même de la dépression, que “ la prospérité [était] au coin de la rue ”.

      Il y eut aussi des croyants, comme Claude Gignoux, directeur de La Journée industrielle, en 1936, pour soutenir que ce n’était pas la faute des marchés, mais celle de l’Etat trop interventionniste : “ Ce qu’on appelle chaos capitaliste n’est que le mauvais rendement d’un organisme faussé depuis vingt ans par des interventions étatistes incohérentes (4). ”

      Face au démenti cinglant apporté par la réalité, l’obstination libérale millénariste nourrit donc un regain de prosélytisme, les croyants s’en prenant au New Deal et à toutes les politiques sociales. La seconde guerre mondiale, pourtant issue de la crise, leur donna des raisons supplémentaires de dénoncer l’intervention étatique en assimilant opportunément nazisme et communisme. La guerre n’était pas encore finie que Friedrich Hayek ignorait déjà le premier pour se consacrer à la critique de l’Etat-providence, dans lequel il voyait rien de moins — autre erreur — que le spectre du communisme. En 1946, il créait la Société du Mont-Pèlerin pour unir les efforts des vaincus. Mais qui connaissait ce club confidentiel rassemblant les rares économistes réfractaires au keynésianisme dominant ?

      Il fallut plusieurs décennies pour faire triompher à nouveau la foi libérale, notamment grâce au prix d’économie, faux Nobel et vrai prix, fondé en 1968 par la Banque de Suède et octroyé en l’honneur d’Alfred Nobel : il permit de couronner dès 1974, à la suite d’Hayek, les économistes libéraux. “ Nous avons gagné (5) ”, triomphaient alors benoîtement les héritiers, auxquels l’expérience n’avait pas appris la modestie.

      Avant leur récent et finalement bref triomphe, il était difficile de voir combien les chantres du libéralisme nourrissaient une croyance fanatique, qui n’avait rien à envier aux lendemains qui chantent des marxistes. Le providentialisme du marché est sans doute un pâle substitut du paradis sur terre, et plus encore du paradis céleste ; mais il suffit à nourrir les démissions de la raison et les délires prophétiques. Il n’est pas sans expliquer cette curieuse alliance conservatrice entre fondamentalistes chrétiens et évangélistes du marché qui a dominé la politique américaine jusqu’à la fin de la présidence de M. George W. Bush (6), et qui a servi de modèle, en France, à l’alliance des catholiques traditionalistes et des libéraux autour de M. Nicolas Sarkozy. Comment comprendre que les adeptes du profit aient fait si bon ménage avec les adeptes de la rédemption, sinon par une affinité de croyants qui avaient, en outre, le bon goût de ne pas empiéter sur leurs royaumes respectifs ? “
      Alain Garrigou.

      Lien

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 12h25 le 03/09/2009
    • Internaute 24252
      卑語

    « Le coup d’Etat du 28 juin 2009 contre le président élu du Honduras, Manuel Zelaya, a fait de ce petit pays centraméricain la ligne de front du combat pour la démocratie en Amérique latine. Les putschistes civils et militaires, véritable concentré de l’oligarchie locale, sont en train d’installer une dictature dont la région a une tragique expérience : assassinats (déjà au moins une dizaine), disparitions, tortures - notamment par le sinistre Bataillon 3-16 créé par la CIA dans les années 1980 -, arrestations par milliers, contrôle absolu des médias, etc.

    On sait en effet que les conseillers militaires et les diplomates américains en poste à Tegucigalpa étaient parfaitement au courant du coup d’État en préparation, et que, dans l’hypothèse la plus optimiste, ils n’ont rien fait pour le prévenir. Ce qui explique les premières déclarations embarrassées du département d’État renvoyant dos à dos Manuel Zelaya et les auteurs du putsch. Si ces derniers ont ensuite fait l’objet d’une condamnation, rapidement expédiée, de Barack Obama, il est patent que le gouvernement américain n’utilise pas les moyens dont il dispose pour faire pression sur les putschistes. Il s’est contenté de “ suspendre ” sa coopération militaire avec eux, alors qu’un blocage de leurs comptes en banque aux États-Unis et un refus de tout visa d’entrée dans ce pays serait d’une immédiate efficacité.

    Le double discours de l’administration américaine sur le Honduras obéit à une politique en parfaite continuité avec celle de George Bush, mais avec un degré de sophistication nettement supérieur. Il s’agit pour elle de tenter – jusqu’à présent sans succès – de freiner, voire faire échouer un processus d’unification de l’Amérique latine qui, comme dans l’UNASUR, se fait sans les États-Unis. Plus spécifiquement, il s’agit d’endiguer le succès croissant de l’Alliance bolivarienne des peuples d’Amérique (ALBA), à laquelle Manuel Zelaya avait fait adhérer le Honduras et qui compte désormais neuf Etats membres [1].

    Enfin, dans la plus classique tradition impériale, il s’agit pour elle de disposer de nouvelles bases militaires pour mieux contrôler la région, voire y intervenir. À cet égard, la décision du président Alvaro Uribe d’autoriser le Pentagone à déployer des effectifs dans sept bases situées en territoire colombien apparaît comme une véritable provocation à l’égard des autres pays d’Amérique du Sud, et tout particulièrement de l’Equateur et du Venezuela. Sans compter celles de Porto Rico, ces bases s’ajouteront à celles de Guantanamo (Cuba), Soto Cano (Honduras) et Comalapa (El Salvador).

    Derrière l’obamania qui déferle sur le monde entier, se dissimule une stratégie inchangée de domination des États-Unis sur ce qu’ils désignaient autrefois comme leur “ arrière-cour ” : l’Amérique latine. Au Honduras, l’enjeu est double. D’abord, l’avenir des gouvernements engagés dans des transformations sociales en profondeur et qui, sur le “ modèle ” de Tegucigalpa, peuvent faire l’objet de tentatives de déstabilisation par les oligarchies locales. Ensuite, alors que commencent les commémorations du bicentenaire des indépendances latino-américaines contre les puissances européennes, l’impératif de la conquête d’une seconde indépendance, celle-ci à l’égard des États-Unis. »

    Lien

    • chris 2
      chris 2 répond à unagi-
      Artiste
      • Posté à 16h50 le 03/09/2009
      • Internaute 87831
        Artiste

      Michel Faure a dit :

      « La liberté et le commerce entre les hommes, ça m’a toujours semblé à gauche »

      Qu’est -ce qu’il ne faut pas entendre comme conneries !
      La liberté ? la liberté ? mais de la liberté de qui parlez-vous à la fin ! Cela commence à bien faire vos conneries sur la liberté. Vous parlez de la liberté des femmes des maquiladoras qui se font assassiner en masse à la frontière du Mexique à tel point que l’on a forgé un terme pour cela :
      le « féminicide “ ........
      Vous parlez de la liberté de qui tandis que la paupérisation des populations sacrifiées sur l’autel du ‘libre- échange’ s’accentuent en Europe, que l’Islande, l’ Irlande et la Grande Bretagne sont en banqueroute pour avoir pratiqué la politique que vous préconisez de façon immodérée. Toutes ces personnes qui vont devoir trimer demain encore plus qu’hier , sans plus aucun droits sociaux, sans perspective de pouvoir s’arrêter et prendre leur retraite ils vont être ‘ libres ces gens là ? Quand eux et les générations futures seront revenus un siècle en arrière pour engraisser les 15 % de nantis et rembourser les dettes contractées par les financiers fous et autres politiciens corrompus, ils vont la gouter votre fameuse liberté vous croyez ?

      Vous avez de la merde dans les yeux ou quoi ? Vous n ’êtes pas au courant que cette politique économique, cet acide qui corrode tout, les psychées jusqu’à l’écosystème lui-même, vient de propulser 48 États américains sur 50 dans la faillite accomplie ?
      Les administrations publiques ferment, les écoles publiques ferment etc... Que croyez-vous ? Qui va donc payé pour renflouer les banques et les banquiers de Wall Street ? Et bien le Peuple libre’ d’ Amérique bien évidemment ! Pendant que Madoff après avoir bien joui sur le dos de gros et petits porteurs va crever maintenant de son cancer, combien de Madoff en ‘liberté ?
      Tout le monde sait que la FED elle-même est basée sur un schéma de Ponzi. Tout le système est corrompu. On écrase les personnes comme le peuple : Baisse de salaires, politiques d’austérité à tire- la-rigot sans sortie - jamais - du fameux tunnel !
      Abrogation des droits sociaux chèrement gagnés dans l’ Histoire ; Régression globale : travail le dimanche ( !), taxes nouvelles sur le peuple proportionnelles à celles que l’on retire sur les hauts revenus et les entreprises. Délocalisation, désindustrialisation, salaires de merde dans le tertiaire, contrats jetables, foutage de gueule tous azimut.

      Tu parles d’une politique de Gauche ! La bonne blague !

      Après il y a des connards qui viennent à la télévision nous vomir au visage :
      Si t’as pas une rolex à 50 ans, c’est que t’as raté ta vie ... non, mais vous vous rendez-compte de ces merdes humaines ?

      Il y a un impensé de la théorie libérale :

      C’est tout l’appareil militaire qui l’accompagne à sa suite. Hier comme aujourd’hui. Pour contraindre les États à ouvrir la plupart du temps à leur dépens, via des biais ou des contrats pourris, leurs dits marchés on leur fait la guerre. La guerre et encore la guerre. hier comme aujourd’hui. Regardez l’ Histoire Américaine ou Britannique qui partage en commun l’idéologie libérale, qu’elle soit rétro’ ou ‘ néo’ : La guerre à toute la planète pour l’enrichissement des ‘tout puissants’ -

      Pour mémoire et pour bien situer le départ exact de cette idéologie libérale dans les faits et pas en théorie ; parce que la théorie c’est vachement sympa mais toujours idéalisée ... Que l’on se souvienne des écrits toujours glorifiés par M.A.G.Slama de cet inénarrable vicomte de Tocqueville à leurs justes valeurs.
      Ce cher Vicomte était un farouche colonialiste et préconisait les massacres de populations civiles en Afrique du Nord et ailleurs. Pour lui cela ne faisait aucune doute. Il faut lire ses textes ignobles sur la soi disante justesse des politiques coloniales, sur la légitimation des massacres des populations civiles lors de la colonisation Française. Encore un putain de ‘ libéral celui- là ! La liberté ! la liberté ! la liberté !
      Ah oui mais de qui ? D’une poignée d’humains sur 6 milliards d’ habitants ? Dont certains n’ont qu’un dollar par jour pour vivre du fait que les politiques libérales interdisent les politiques sociales dans les textes et les Traités !

      Allez pour mémoire et pour finir : voilà comment tout a commencé entre autre chose bien sûr. Derrière tout libéralisme économique se cache le colonialisme du moment. La paupérisation des peuples à plus ou moins long terme si cela n’est pas déjà fait à la base et bien sûr : La Guerre. toujours La Guerre. hier les Britanniques et aujourd’hui les USA.
      Le libéralisme économique tue non seulement le libéralisme politique puisque le premier annule le second en lui interdisant toute politique économique dissidente, mais il orchestre des conflits éternels pour arriver à ses fins. La puissance totale.

      Donc pour mémoire :

      Les guerres de l’opium sont des conflits motivés par des raisons commerciales qui opposèrent la Chine de la dynastie Qing (voulant interdire le commerce de l’opium sur son territoire) à plusieurs pays occidentaux (voulant le continuer) au XIXe siècle.Le conflit émergea des tensions provoquées par le renforcement des lois anti-opium du gouvernement Qing, alors que les Britanniques tentaient d’exporter l’opium de l’Inde Britannique en Chine.

      La Chine perdit les deux guerres, et fut contrainte d’autoriser le commerce de l’opium, et de signer des traités inégaux, ayant pour conséquences l’ouverture de certains ports et le legs de Hong Kong à la Grande Bretagne. Plusieurs autres pays occidentaux en profitèrent pour signer des traités inégaux avec la Chine, forçant ainsi son ouverture au commerce’.

      Alors le commerce, les échanges oui, bien évidement mais pas à coup de bombes dans la gueule, ni par Coup d’ État interposé et avec le consentement démocratique. Il n’ y a que la démocratie qui pourra contraindre les marchés à accepter des règles qui ne viendront pas de leurs cénacles. La Démocratie à l’inverse des politiques impérialistes, colonialistes qui meurtrissent les êtres et les peuples mais empêche précisément LA LIBERTE de s’exprimer réellement.
      La liberté ce n’est pas un concept pour une poignée de puissants, ça c’est la barbarie.

      Car oui, effectivement :

      ‘ Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le Maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. ’ (Henri Lacordaire).

      • Michel Faure
        Michel Faure répond à chris 2
        Journaliste
        • Posté à 18h15 le 03/09/2009
        • Journaliste 82928
          Journaliste

        La liberté et le commerce entre les hommes supposent des regles de droit, et donc oui, la loi qui affranchit. L’Etat de droit est cosubstanciel à la liberté et je n’ai jamais défendu la liberté des seuls nantis, c’est un minable procès que vous me faites. Il n’est fondé sur rien de ce j’ai écrit ni dans ce blog ni ailleurs, sinon sur vos propres préjugés. Et pas la peine de me faire la leçon sur la guerre de l’opium. Nous sommes au 21eme siècle, maintenant, et l’Europe reste toujours fermée aux produits agricoles des pays pauvres et je n’ai pas entendu grand monde protester contre la politique agricole commune, alors que pourtant c’était un beau combat pour aider l’Afrique et commercer avec elle de façon équitable. Le commerce, que ça vous plaise ou non, ne conduit pas à la guerre. Il a été le moteur de la prospérité du monde depuis l’aube du 19 eme et la révolution industrielle. La guerre, ce ne sont pas les commerçants qui la font. Ce sont les politiques. Les commerçants, les vrais, ceux qui travaillent et produisent et cherchent des marchés, la guerre les ruine. Je ne pense pas avoir de la merde dans les yeux, comme vous le dites avec tant de courtoisie, mais vous, vous avez sans doute des oeillères. C’est génant pour bien penser.

         
        • leo s
          leo s répond à Michel Faure
          (...)
          • Posté à 18h54 le 03/09/2009
          • Internaute 73621
            (...)

          « l’Europe reste toujours fermée aux produits agricoles des pays pauvres “

          non, vraiment, là
          tu y vas fort Faure
          t’es pas dans ton assiette

          faut te renseigner
          par ex :
          Au cours des dernières années, l’ Union Européenne a augmenté largement l’import de fruits et légumes frais provenant d’Afrique. Les pays en voie de développement ont un rôle majeur dans l’approvisionnement. Ainsi, les pays d’Amérique Latine dominent l’import de fruits dans l’ Union Européenne, alors que les pays d’Afrique sont d’importants fournisseurs de légumes. Les conditions de travail varient considérablement d’un fournisseur à un autre.

          Comment peut on se proclamer journaliste et être à ce point partiel et partial ?

          Tu entres en concurrence avec Serraf pour baisser le niveau qu’a tenu si haut Albert Londres.

        • chris 2
          chris 2 répond à Michel Faure
          Artiste
          • Posté à 20h16 le 03/09/2009
          • Internaute 87831
            Artiste

          En ce qui concerne la critique de la P.A.C ...
          Si ! Il y en avait un et il s’appelait M.J.Bové !

          J’ai soutenu sa campagne électorale et j’en suis fier , oui très fier même si je ne suis pas d’accord avec le chemin qu’il emprunte dorénavant, mais je n’ai pas de ressentiment vis à vis de sa personne. Il est libre et moi aussi.
          M. Bové dans la critique de la P.A.Q n’oublaient ni les paysans Africains ni les paysans Français. Il a toujours combattu pour
          l ’agriculture saine, locale et vivrière.
          Son principal combat étaient contre les Agromanagers et les firmes multinationales ; ces mastodontes sans foi ni loi qui sont en train de prendre le pouvoir sur les peuples et les États.

          Demain la démocratie sera vidée de son sens parce que l’on aura laissé le pouvoir total à ces organisme capitalistes hyper-puissants qui s’affranchissent des lois comme de la morale. Quelle fusse chrétienne, républicaine ou autre.
          La démocratie ne voudra plus rien dire. Elle est déjà en crise puisque le pouvoir de décision se passe de plus en plus ailleurs ; quand en plus les pouvoirs politiques ne sont pas eux-mêmes complices des intérêts de ces firmes plutôt que de celui de leurs peuples.

          Quand à la guerre de l’ opium ce sont les commerçant qui ont instrumentaliser la Couronne Britannique et je sais que je ne vous apprends rien. Vous le savez comme moi que ce sont les commerçants qui sont allé à la chambre des lords pour se plaindre de la fermeture des marchés en Chine et qui ont demandé aux politiques de faire la guerre à la Chine dont le gouvernement lui, refusait le commerce de l’opium, sachant ce que ce commerce occasionnait comme troubles sociaux dans le pays et entraînait comme risque de division du territoire du fait de l’exacerbation des rivalités et de la cupidité lié à ce commerce.

          Les Britanniques ont réussit à brisé l’ Empire Chinois, je ne vous apprends rien. L’ opium ensuite a été un bon produit à tous les sens du terme pour endormir tout le monde et envahir le pays. Vous connaissez la suite. Des ravages sans nom occasionnés au cours du XIX ° et du XX° siècle. Je n’en parle pas.

          De la guerre de l’ opium sous Empire Britannique à la guerre d’ Afghanistan sous Empire Américain il y aurait beaucoup à voir il
          me semble lorsque l’on sait que l’économie de pavot a explosé depuis l’invasion Américaine. Aux dernières nouvelles, M.Ben Laden prétexte à la guerre reste toujours introuvable.

          La guerre pour l’accaparement des matières premières d’ Irak et l’ ouverture des marchés Pétrolifères, devrait vous renseigner sur la réalité véritablement économiquement politique sous couvert de « démocratie “ - La guerre civile qui va ravager le peuple Irakien ces mois futurs sera à mettre aussi sur le compte déjà lourdement chargé des USA. Nous en reparlerons sans doute le moment venu.

          Les agents du libéralisme n’aime pas que les matières premières d’un territoire appartienne au peuple qui l’habite. Il fera tout pour ‘ ouvrir les marchés’ , c’est à dire pour détourner la richesse d’une nation vers des actionnaires étrangers ou voire pour certains locaux, déjà richissimes et intéressés eux aussi par l’appat du gain. La guerre sera le moyen ultime pour s’accaparer ces biens coûte que coûte.

          Accuser les politiques comme vous le faites et blanchir ‘les commerçants’ m’apparait bien désuet comme vision du problème et ne me parait pas très sérieux lorsque M.R.Micheletti nouveau dictateur du Honduras vient directement de la direction de la Chambre du Commerce de Tegucigalpa.
          A l’heure actuelle R. Micheletti nomme un à un dans son gouvernement d’anciens membres de l’escadron de la mort Battalion 316 qui a écumé le pays dans les années 80.
          M.Micheletti n’est pas une exception.

          Le libéralisme est précisément - non pas la philosophie de la Liberté - mais bien l’idéologie de sa réduction. De son rabougrissement comptable et toute entière résumée ‘aux affaires’ et à ‘ l’économisme total’ jusqu’à la rationalisation forcé des êtres & des choses.

          Le libéralisme est l’idéologie qui consubstantialise l’économie et le politique au détriment du second.
          Car à partir du moment où ‘ il n’ y a pas d’alternative comme le disait si bien MadameThatcher ( TINA : There is no alternative ) il est clair que nous ne sommes plus libres précisément, puisqu’il n’ y a plus de possibilités autres, ni pour agir ni pour changer quoi que ce soit. Dans ce cas là, il y a bien dissolution du politique au profit des lobbies les plus puissants.
          Ne me dites pas que cela n’est pas propice à la guerre éternelle. C’est bien d’ailleurs ce que l’on voit lorsque cette idéologie devenu planétaire arrive à ses fins et n’est arrêtée par rien, ni personne. M.Bush nous l’a bien montré :
          Partiot Act et restriction des libertés publiques ; encadrement des libertés privées qui sont vues de plus en plus comme des parasitages de la performance et de l’ordre économique nouveau ; fin de l’ Habéas Corpus ; abolition de valeurs autrefois défendues et fondamentales : Acceptation des goulags américains, de la torture , déni total à l’égard des Terroristes désignés comme hors combattant c’est à dire ne faisant pas partie des lois humaines ni de celles de la guerre et donc à qui nous pouvons faire ce que nous voulons.
          M. Cheney ne renie rien d’ailleurs, il le referait s’il était au pouvoir.
          Gageons oui que M.Obama réussisse sa politique afin que ces fous d’extrême -droite ne reprennent jamais le pouvoir car sinon ils iront encore plus loin que là où ils sont déjà allés.

          Bref, vous m’aurez compris, le libéralisme poussée à ses extrêmes a tendance comme toute idéologie à abolir l’ État de Droit.

          En 1930 les juristes Allemands dits libéraux à l’époque n’ont eu aucun mal pour la plupart à réviser leurs vues et à trouver toutes sortes d’alibis juridiques pour légaliser soudainement l’illégalisable.

          Je sais que vous ne me suivrez pas dans ma démonstration. Je vous laisse le loisir de la rejeter. Je suis un démocrate. Ce que je conteste à cet ordre c’est de devenir oui , osons le mot : Totalitaire. Et ayant de plus en plus tendance à se comporter comme tel. Peut -être pas ici ( quoi que ... ) mais dans certains pays, assurément.
          Avez -vous oublier ce que disait déjà en son temps Ana Arendt ? Non bien sûr. Pour elle le totalitarisme, la matrice du totalitarisme ce sont les idéologies coloniales occidentales.
          Le libéralisme économique les a accompagné à l’ époque, il ne s’y est jamais opposé. Bien au contraire. Qu’importait la couleur de la peau et les mauvais traitements pour les armées de réserve du Capital. L’esclavage économique faisait partie de la panoplie d’alors. Il est vrai que l ’uniforme a quelque peu changé mais demain à la vitesse où nos libertés collectives sont mises à mal , ainsi que celles individuelles qui en partie directement en découle, nul doute que nous devrons nous aussi de nouveau le réenfiler cet uniforme si nous ne réagissons pas à temps.
          Bleu de chauffe ou rayé, cela change effectivement cependant pas mal de chose je vous l’accorde.

          PS : merci de m’avoir répondu. Que voulez-vous nous parlons. Le ton est parfois vif. je vous l’accorde. A vous relire.

        2 autres commentaires
  • livoun
    livoun
    consultant
    • Posté à 16h35 le 03/09/2009
    • Internaute 50463
      consultant

    BRAVO MICHEL ! ! ! !
    Tu as remis ça avec toujours autant de profondeur dans ton analyse. On n’a de cesse de sentir le travail d’investigation acharné pour écrire cet article de fond...et quel fond ! ! ! Attention tout de même à ne pas trop creuser, le lumbago intellectuel pourrait te guetter.
    J’ai hâte de lire les nouvelles aventures du Capitaine Michel dans les méandres de l’idéologie politique, sociale et économique latino-américaine.
    MERCI MICHEL.

  • Go to the page
  • 1
  • 2
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.