Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Niches fiscales contre comptes en Suisse

Jean Matouk
Economiste
Publié le 02/09/2009 à 16h15

Bien qu’elles représentent, 70 milliards d’euros, soit 25% des recettes de l’Etat, le gouvernement vient de renoncer à s’en prendre aux « niches » fiscales. Par contre, Eric Woerth, ministre des Finances publiques, a annoncé le weekend dernier, repris en boucle aux heures de grande écoute, que le gouvernement détenait une première liste de plus de 3 000 détenteurs de comptes en Suisse.

Il attend que ceux-ci se dénoncent eux-mêmes, pour négocier le rapatriement des fonds et/ou le paiement de l’impôt dû, sur les intérêts et dividendes de ces placements helvétiques.

Si ces deux décisions gouvernementales sont ici rapprochées, c’est parce qu’elles illustrent assez parfaitement l’électoralisme habile des décisions de politique économique.

La plupart des niches concernent des contribuables aisés

Passons en revue quelques-unes de ces niches. Elles sont 469 en 2009 (contre 418 en 2003) et les analyser toutes ici est impossible. C’est toutefois une tâche à laquelle devraient se consacrer quelques experts de l’opposition.

Pour être clairs, nous reprenons ici le tableau des dix premières qui figuraient dans le Rapport d’information de la Commission des finances, de l’économie générale du Plan du 5 juin 2008. Elles sont classées par montants globaux décroissants pour les finances publiques. (Voir le tableau ci-dessous)

Voir le document

(PDF file)

Prenons la TVA réduite pour les travaux sur les logements et les crédits d’impôts pour les dépenses en faveur des économies d’énergie, pour un total de 7,8 milliards d’euros.

Ces dépenses fiscales ont certainement eu un impact positif sur l’activité économique. Même si, pour une part importante, la première a constitué une « aubaine » pour nombre de contribuables aisés qui auraient, de toutes façon fait faire les travaux, considérons-les comme « légitimes » par leurs effets induits sur l’emploi ; la baisse de TVA a sans doute permis, en outre, de « révéler », donc d’imposer, des travaux qui étaient antérieurement exécutés au noir.

Même diagnostic bien entendu, pour la prime pour l’emploi, comme pour l’abattement de 10% sur les pensions et retraites, l’exonération des prestations familiales, de l’allocation aux adultes handicapés... pour un total de 8,5 milliards d’euros environ.

Par contre, les autres « dépenses fiscales » -car tel est le nom technique des « niches »- indiquées dans le tableau concernent certainement, pour la plus grande part, des contribuables aisés.

On sait, par ailleurs, que 37 de ces dépenses fiscales concernent l’impôt sur le revenu, lequel n’est payé que par la moitié la plus aisée des français ! Parmi elles, 2,5 milliards proviennent de l’emploi d’un salarié à domicile. Sans doute y-a-t-il là encore, un effet d’aubaine non négligeable, même si la mesure est favorable à l’emploi. On pourrait tout de même imaginer des plafonnements selon les emplois. Comme d’ailleurs pour les allocations familiales !

Pour les 100 000 plus gros contribuables français, quatre dispositifs représentent plus de 80% du montant des niches :

  • la réduction d’impôt pour investissement productif ou le logement outre mer (qui n’a entraîné que fort peu d’investissements productifs porteurs d’avenir pour les DOM-TOM, hors hôtellerie, mais seulement de l’activité temporaire de construction) ;
  • celle pour l’emploi d’un salarié à domicile ;
  • les crédits d’impôts au titre des conventions internationales pour double imposition.

Au total, il ne s’agit peut-être que de 1 ou 2 milliards d’euros mais qui sont les plus iniques qui soient.

Accordons au gouvernement que la réduction de ces niches n’était pas tâche facile ; le Conseil constitutionnel a retoqué en décembre 2005, un article du projet de loi de finances relatif au « plafonnement de certains avantages fiscaux » c’est-à-dire ces « niches », pour complexité excessive.

Mais l’on ne peut s’empêcher de penser que, pour une part majeure de leurs montants, les bénéficiaires de toutes ces niches constituent la base de son électorat, tout comme les vrais bénéficiaires nouveaux de la suppression des droits de succession, ou du bouclier fiscal, de juillet 2007. Il était donc important, en vue des régionales de 2010, tremplin pour la présidentielle de 2012, de « ménager » ces contribuables.

Les 3000 comptes en Suisse, une broutille en comparaison

Par contre, dès le G20 de Londres en avril, et sans doute un peu avant, quand on a commencé à évoquer des mesures sur les paradis fiscaux, nombre de détenteurs de comptes en Suisse, notamment les plus gros, ont dû prudemment transférer leurs avoirs de notre voisine, comme du Liechtenstein et de Monaco, vers des places moins exposées, en Asie ou dans les Caraïbes.

Les 3000 détenteurs de comptes en Suisse auxquels Eric Woerth demande aujourd’hui de se dénoncer en passant par la cellule dite de « dégrisement » de Bercy, ne sont certainement pas les plus gros « évadés » fiscaux. Qu’ils n’aient pas réagi à temps, ou pas su où transférer leur argent, ou qu’ils aient été trop crédules quant à la pérennité de la « cachette » suisse, ils ne sont qu’un gibier marginal. Et de poids électoral négligeable !

Leur mise en pâture publique ces derniers jours est donc une manière habile de faire oublier les immunités dont vont continuer à bénéficier la masse des bénéficiaires aisés des niches fiscales.

Aller plus loin
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  • Lugi
    • Posté à 16h42 le 02/09/2009
    • Internaute 28945

    « Leur mise en pâture publique ces derniers jours est donc une manière habile de faire oublier les immunités dont vont continuer à bénéficier la masse des bénéficiaires aisés des niches fiscales »
    Je dirais pas tout à fait ça.
    On lance le pavé dans la marre comme effet d’annonce pour faire croire qu’on va faire quelque chose mais en fait comme pour les niches fiscales il ne va rien se passer.

    En vrai le but n’est pas de faire oublier les niches fiscales, puisque de fait tout le monde les a oublié ou presque. Au contraire ça risque de les remettre sur le tapis (comme preuve je n’ai qu’à prendre votre article).

    Non l’objectif est une fois de plus de donner l’impression que le gouvernement se soucis de justice fiscale et sociale en ces temps de crise, alors qu’il s’en carre.
    Ca et pour inscrire dans les consciences que le gouvernement va agir pour récupérer les sous que des riches lui doivent. Mais la suite de l’épisode c’est qu’on va éviter d’en parler pendant trop longtemps et qu’on va laisser courir jusqu’à classer l’affaire sans suite.
    Il sort quand le prochain album de Carla ?

    En gros c’est juste la répétition d’un coup que la Sarkozye nous a fait et refait.

  • inuit
    inuit
    grand nord
    • Posté à 16h46 le 02/09/2009
    • Internaute 82484
      grand nord

    peur de perdre son électorat ? les 100 000 bénéficiaires ?
    en se prononçant et agissant contre ces niches fiscales « injustes » ne peuvent-ils pas récupérer ce manque d’électeur dans la couche moins aisée qui en profitera indirectement ?
    je ne crois pas en cet argument ; je crois plus qu’ils protègent le milieu dans lequel ils naviguent, où se brassent les intérêts mutuels, les magouilles, les passe-droits, où ils ont beaucoup d’« amis »...

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 18h09 le 02/09/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    comme dit le proverbe :

    on ne prête qu’aux riches..

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 18h42 le 02/09/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Défiscalisez plus pour gagner plus !

    Ça a toujours été le slogan de la droite. Que croyait-on ?

    C’est comme demander à la gauche de baisser le SMIC.

  • A déménagé le 2 mai 2011
    A déménagé le 2 mai 2011
    Délinquante au coin de la rue
    • Posté à 19h57 le 02/09/2009
    • Internaute 26137
      Délinquante au coin de la rue

    « S’il y en a qu’ça démange d’augmenter les impôts, y z’oublient qu’on est dans une compétition. Mon but, c’est d’ faire venir en France, faire investir en France des gens qu’ont de l’argent dans nos usines et dans nos entreprises, c’est pas d’les faire partir. »

    Rajoutez l’accent et le ton méprisant de chouchou...

    Mais bon, c’est pas tout ça ; en 2012 la mémoire doit rester vive !
    S’il ne lui reste que les riches (s’ils ne sont pas morts de l’agippA) pour faire son électorat...

  • balala
    • Posté à 20h55 le 02/09/2009
    • Internaute 3552

    « les crédits d’impôts au titre des conventions internationales pour double imposition. »
    En quoi s’agit-il d’une niche fiscale ? La double imposition vous paraît-elle juste ? nécessaire ?

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 21h00 le 02/09/2009
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    je me demande comment la prime pour l’emploi joue contre le travail au noir

    c’est obscur (ouarff)
    la prime pour l’emploi est une réponse légale a l’exonération de csg des salariés qu’avait retoqué le conseil constitutionnel un jour ou ses membres s’étaient bourrés la gueule

    la plus honteuse des niches fiscales est celle de l’employé a domicile
    grace a elle vous payez moitié prix la femme de ménage (l’etat rembourse 50% du salaire)

    c’est acceptable pour une personne agée qui a besoin d’aide

    ce l’est moins pour un bourge qui ne veut pas se fatiguer

    si la baisse du chomage passe une hausse de l’emploi servile....

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 11h04 le 03/09/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    la liste des tricheurs :

    il n’y a rien de pire, que ce genre de liste.
    Non officielle, piratée, on peut lui faire dire ce qu’on veut, on peut la trafiquer, enlever des noms etc...

    du boulot de rigolos...où les copains seront cachés et les ennemis mis en exergue.

    On est en train de cautionner n’importe quoi, l’immoralité, dans l’amoralité...

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 11h28 le 03/09/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    C’est clair que sur l’emploi du personnel de maison, c’est abusé.
    Une copine qui a embauché une nourrice/femme de ménage s’est vu remis un bon de 300€ pour le paiement de son employée.
    Je ne sais pas trop combien de gens emploient un salarié à domicile, mais même avec l’estimation basse de 10 000, ça fait tout de même une facture de 3M€ pour des gens qui majoritairement n’en ont pas vraiment besoin.

    En tout cas quand je vois comment sont chouchoutés ceux qui embauchent des gens pour leur maison, et que cela va encore durer huit ans, j’ai trop envie d’embaucher une femme de ménage pour toucher ma part du gâteau. Le problème c’est d’en trouver une en qui j’ai confiance...

  • aurel93
    aurel93
    artiste lyrique ; intermittent (...)
    • Posté à 11h34 le 03/09/2009
    • Internaute 32529
      artiste lyrique ; intermittent (...)

    Question aux spécialistes : c’est quoi ce crédit d’impôt au titre des conventions internationales pour double imposition ?

    • Jean Robert
      Jean Robert répond à aurel93
      • Posté à 19h49 le 03/09/2009
      • Internaute 31289

      Cela concerne les revenus perçus et taxés hors de France par une retenue automatique à la source. L’état français récupère par convention l’argent perçu, mais du coup, accepte de déduire la somme correspondante si le contribuable concerné en fait la demande. Formalité assez courante pour certaines actions achetées en bourse étrangère par exemple. Mais comme on l’a fait remarquer plus haut, est-ce une « dépense fiscale » ?

  • aurel93
    aurel93
    artiste lyrique ; intermittent (...)
    • Posté à 11h38 le 03/09/2009
    • Internaute 32529
      artiste lyrique ; intermittent (...)

    Question aux spécialistes : c’est quoi ce crédit d’impôt au titre des conventions internationales pour double imposition ?

  • aurel93
    aurel93
    artiste lyrique ; intermittent (...)
    • Posté à 11h56 le 03/09/2009
    • Internaute 32529
      artiste lyrique ; intermittent (...)

    Pendant qu’on parle des niches fiscales on ne parle pas de la gestion inepte du budget de l’état. L’argument devra devenir une super arme de guerre contre nos dirigeants actuels ; le marteler jusqu’à ce que chaque français interrogé au hasard soit capable de répondre immédiatement.

    Je parle de l’endettement systématique ou même systémique ; la solution idéale dise même certains esprits avisés quand c’est pour investir.

    Moi je suis sidéré par la vitesse avec laquelle l’endettement s’accroît.

    Rappel : avant la crise, le déficit de l’état représentait en gros 50 milliards (environ 15% du budget !). C’était pour la réforme ; en rupture avec les pratiques d’avant « tellement que je vais rendre l’argent aux français » « tellement que les gens n’y comprennent rien ».

    Maintenant on nous annonce 120 ou 130 mrds d’€, voire plus soit environ 40-45% du budget ! ! ! Mais tout va bien on a fait les bons choix économiques et « je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts ».

    Conclusion : l’ardoise augmente de manière vertigineuse et sans aucun plan pour contrarier cette tendance. Juste le vieux crédo néo libéral qui veut que plus on laisse les contribuables tranquille et plus la richesse s’accroît. J’aimerais savoir qui peut encore croire à cette fable. Qu’on nous montre au moins un petit tableau pour nous expliquer comment en appauvrissant l’état (baisse des recettes hausse des dépenses (de crise)) on va réduire ou éliminer cette dette.

    Dernière mention : le coût de la dette était avant la crise à peu près égale au montant du déficit.

    Quelqu’un a une solution ?

  • El doctor
    El doctor
    Citoyen errant
    • Posté à 12h16 le 03/09/2009
    • Internaute 67679
      Citoyen errant

    Une histoire de roses épineuses : Lien

  • marie 75
    • Posté à 14h40 le 03/09/2009
    • Internaute 3563

    Fraude fiscale : le dentiste de Carpentras et les multinationales

    de Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

    02.09.2009

    Fraude fiscale : la France condamne le dentiste de Carpentras en épargnant les multinationales

    Sur ordre de Nicolas Sarkozy, le ministre du budget Eric Woerth a donc brandi une liste de 3000 supposés fraudeurs fiscaux français qui auraient planqué leur gros sous en Suisse. Le conditionnel reste de mise, car même en France, des doutes commencent à s’insinuer à la suite de cette fracassante annonce : ne serait-ce qu’un coup de poker menteur ?

    Quoi qu’il en soit, la somme totale que ces réfugiés fiscaux détiendraient en Suisse représenterait 3 milliards d’euros. Ce qui nous met le fraudeur à un million l’unité. C’est cossu, certes. Mais enfin, nous restons très loin des sommes faramineuses engrangées par les multinationales et même par les courtiers à bonus en platine.

    Pas malins, les fraudeurs !

    De plus, ces fraudeurs façon Woerth ne sont pas très malins. De l’avis général, s’ils ont été véritablement repérés par le fisc hexagonal, c’est que ces écureuils à béret ont placé leurs noisettes, soit dans des banques françaises établies en Suisse, comme le suppose – sans doute avec raison – Me Dominique Warluzel, soit dans des banques suisses établies en France, comme le hasarde – avec moins de vraisemblance - le « Canard Enchaîné ». Or, jamais un financier averti aurait choisi une méthode aussi fiscalement suicidaire. Comme nous le verrons, il existe des moyens beaucoup plus sûrs et plus rentables pour échapper au fisc français.

    Portrait robot

    Dès lors, on peut dresser le portrait-robot du vilain fraudeur : il s’agit du dentiste de Carpentras en passe de remettre son cabinet la soixantaine venue et qui, au fil des ans, a « oublié » de déclarer une partie de ses honoraires. Ou du patron d’une plomberie-zinguerie à La Garenne-Colombes qui a occulté certains chantiers. Ou de la veuve qui a hérité du compte suisse de son mari, feu l’expert-comptable de Périgueux.

    Le ministre Woerth va donc prendre pour fretins émissaires une poignée de contribuables au pouvoir de nuisance limité afin de montrer que le gouvernement frappe aussi les riches, mais sans prendre le risque de fâcher les véritables décideurs de l’économie française. Car les vrais requins continueront à se goinfrer en eaux troubles. Eux savent, depuis belles lurettes, qu’il ne faut pas cacher son magot en Suisse mais dans des lieux protégés par la puissance américaine.

    God bless you, Delaware !

    En effet, si le secret bancaire n’existera bientôt plus en Suisse et dans les autres pays de l’Europe continentale, il restera à l’honneur dans plusieurs paradis fiscaux, au cœur même des Etats-Unis. Le Delaware, notamment, qui accueille déjà plus de la moitié des 500 plus grosses fortunes et 43 % des sociétés cotées à la Bourse de New-York.

    Le site Lien nous détaille tous les avantages recelés – c’est bien le mot – par cet Etat qui ne risque en aucun cas de figurer sur une liste noire ou grise de l’OCDE :

    pas d’impôt sur les bénéfices ;
    pas d’impôt sur les sociétés ;
    pas de droits de succession sur les actions détenues par des non-résidents ;
    pas d’obligation de tenir une comptabilité ;
    une taxe unique de 200 euros ;
    le nom des associés ne figure pas au Registre du Commerce.

    Dès lors, tant que des situations de ce genre perdurent, toutes les prétendues luttes contre les paradis fiscaux relèvent de la fumisterie.

    Jean-Noël Cuénod

  • Jean Robert
    • Posté à 19h37 le 03/09/2009
    • Internaute 31289

    Démonstration douteuse, reposant sur des prémisses gratuites. D’abord, la fameuse liste n’a pas été publiée, mais d’après les déclarations de Woerth confirmées par Didier Migaud, qui l’a vue, certains comptes atteignent le million d’euros. Je n’appelle pas cela un petit montant. À supposer que ces gros comptes relèvent de la fraude, leurs titulaires sont à priori des clients pour les « niches de riches » dont vous parlez. Contradiction. De plus, Woerth n’a pas du tout lâché prise sur certaines « niches », dont la choquante défiscalisation dans les Dom-Tom. Pour l’instant les lobbies d’Outre-mer ont réussi à contrer ses ardeurs (ce petit jeu dure depuis la création de ces mesures adoptées comme toutes les autres niches, faut-il le rappeler, par le Parlement). Ça ne durera peut-être pas.
    D’autre part, il est bien rapide de soutenir que le coup médiatique des « 3000 fraudeurs » a été joué pour faire oublier les niches fiscales, et continuer de dorloter le « coeur de l’électorat » sarkozien. La bourgeoisie aisée est de plus en plus déçue par la politique économique de Sarkozy, et des déclarations comme celles de Woerth l’exaspèrent, d’autant que la fiscalité de l’épargne change constamment. Quant aux vrais gros riches, ou bien ils fraudent, et ce n’est pas avec ses petites ficelles que Woerth les attrapera, ou bien s’ils paient les impôts qu’ils doivent, il leur en reste bien assez pour ne pas s’émouvoir. Dans cette histoire, seuls les imprudents seront attrapés.
    Selon moi, le coup des « 3000 fraudeurs » a d’abord été joué dans la perspective du G20, afin de renforcer la pression pour décrocher des mesures plus concrètes contre les dits « paradis fiscaux ». Il visait à susciter des commentaires dans la presse anglo-saxonne et à semer le trouble à Genève, et de ce point de vue, il a réussi. Que ce haro sur de nouveaux boucs émissaires plaise aux puritains et aux imbéciles qui croient que la crise est due à la fraude fiscale, c’était autant de gagné électoralement parlant. Mais en prime, si l’on peut dire. Sarkozy ne pourra pas esquiver longtemps la remise en cause des niches les moins défendables. En attendant, il joue contre les paradis fiscaux et les bonus pour asseoir son autorité internationale.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 09h29 le 04/09/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    ne m’dites pas que vous y avez crus ! ! ! !

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