Paristanbul

L'actualité turque commentée, depuis Paris, par Marie Antide, ex-Stanbouliote.

Et si Washington reconnaissait le génocide arménien ?

Marie Antide
www.turquieeuropeenne.com
Publié le 09/10/2007 à 17h28

L’euphorie de la victoire n’aura pas duré très longtemps au sein de l’AKP, après sa victoire à l’Assemblée nationale et la désignation d’Abdullah Gül à la fonction présidentielle cet été.

Le projet de réforme de la Constitution s’est enlisé sur un débat, passionné mais stérile, sur le port du voile à l’Université et n’aborde que timidement les réformes sur la liberté d’expression, les libertés religieuses…

Les violences dans le Sud-Est kurde anatolien, en recrudescence depuis plusieurs mois, ont pris ce week-end un tour dramatique avec la mort de quinze soldats au cours d’attaques menées par le PKK. Le plus lourd bilan depuis 1995.

Mais la tension va monter d’un sérieux cran mercredi 10 octobre lorsque sera présentée à Washington par la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants une résolution pour la reconnaissance du caractère génocidaire des massacres d’Arméniens entre 1915 et 1917. Si cette résolution est discutée puis adoptée par le Chambre des représentants, elle sera soumise au vote en Chambre plénière du Congrès des Etats-Unis dans les semaines ou les mois à venir.

La Turquie ne reconnait en effet pas le caractère systématique et organisé des massacres, condition pour la qualification de génocide, mais considère que les Arméniens ont été victimes, ainsi que les Turcs, du chaos qui a résulté de l’effondrement de l’empire ottoman.

Ce n’est pas l’avis des démocrates américains, qui ont porté cette résolution et mettent en avant leur volonté de reconnaître les souffrances des victimes arméniennes.

Cette action de la Commission a suscité et suscite une intense activité diplomatique.

Aux Etats-Unis, huit anciens secrétaires d’Etat, dont Colin Powell et Madeleine Albright ont appelé Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, à ne pas mettre cette résolution à l’ordre du jour. Ils soulignent l’importance du partenariat privilégié avec la Turquie, membre de l’Otan et allié régional important sur les conflits irakiens et afghans. Mais la résolution a déjà été signée par 225 représentants et a reçu le soutien de personnalités démocrates telles Hillary Clinton. Le président Bush s’est opposé à cette résolution. Mais ira-t-il jusqu’à mettre son veto si elle est adoptée par les deux Chambres ? En Turquie, le gouvernement, le Premier ministre Recep Tayip Erdogan en tête, a multiplié actions de lobbying, déplacements et avertissements sur la forte dégradation des relations entre les deux pays. Ce week-end, c’est le président de l’Assemblée nationale turque qui mettait en garde Washington. Mais avec peu de chances d’aboutir.

Si, mercredi, cette résolution est adoptée, le gouvernement AKP aura deux options, que détaillait Mehmet Ali Birand, éditorialiste connu, dans un article du Turkish Daily News publié le 25 août dernier.

La première est de changer radicalement de politique, c’est-à-dire « d’établir des relations diplomatiques avec l’Arménie et ouvrir les frontières entre les deux pays et d’avancer à partir de là. La seconde est accepter qu’on ne peut pas changer et en souffrir les conséquences : être isolé sur la scène internationale et vivre avec l’étiquette d’un génocide ».

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  • Anonyme

    Et avec un peu de chances les Turques reconnaîtront le génocide des amérindiens.
    Le génocide des arméniens est une atrocité, mais quel est le sens d’une reconnaissance politique ?
    On sait que l’histoire est écrite par les vainqueurs, mais de là à donner aux politiques le droit de reconnaitre un fait historique à la place des historiens ...
    (J’éspères ne pas heurter des victimes de ce génocide par ces propos, je conteste juste les méthodes employés pour utiliser ce drame à des fins politiques)

    • Anonyme

      Les hommes politiques doivent ils écrire l’histoire ? Quelle question et que de certitude dans toutes ces réponses négatives. Il convient en premier lieu de s’interroger sur le rôle de l’homme politique et, en second lieu, sur le sens d’un génocide.
      Le rôle de l’homme politique est évidemment de contribuer à l’amélioration des règles qui régissent la vie des hommes. S’il n’en reste pas moins un homme faillible avec ses turpitudes, c’est vers cette excellence qu’il doit tendre. Dès lors, il lui appartient de dénoncer les comportements contraire à la vie sociale, au premier rang desquels figure le génocide, quels qu’en soient les victimes. Reconnaître légalement un génocide ce n’est pas condamner ou jeter l’opprobre sur un peuple dont les dirigeants furent génocidaire, c’est crier à la face du monde que jamais nous n’accepterons qu’un peuple soit systématiquement exterminé en raison de sa race ou de sa religion. Reconnaître un génocide c’est défendre l’idée selon laquelle les hommes naissent libres et égaux en droit.
      Reconnaitre un génocide c’est également reconnaître la souffrance des victimes et apaiser les survivants et leurs descendants. Oui leurs descendants, car le traumatisme du génocide se transmet. Même près d’un siècle plus tard certains cherchent une explication rationnelle à une extermination qui n’est autre que la négation de l’humanité.
      Le génocide n’est pas un crime comme les autres, il ne peut être simplement rangé dans la catégorie des crimes odieux. Il est avant tout la négation de l’humanité de l’homme, de son sens moral, de son libre arbitre.
      Aucune démocratie ne peut l’accepter. Seule reste alors les sempiternelles questions de savoir si tel génocide est bien une génocide ou si la reconnaissance de tel génocide doit être privilégiée à la reconnaissance de tel autre génocide. Sur la seconde question, la réponse est évidente : aucun génocide ne prime sur les autres. Reconnaître un génocide (celui des juifs, celui des arméniens, celui des amérindiens et tellement d’autres que j’oublie) c’est aider à la reconnaissance de tous les génocides. Oui il faut légalement reconnaître le génocide arménien car c’est la voie vers la reconnaissance des autres génocides. Le génocide juif n’a pas été le premier génocide mais sa reconnaissance a permis à l’humanité de prendre conscience de l’horreur de ce crime inhumain. Sur la première question, je ne peut que constater que le débat historique n’est pas réel. Oui il y a eu une volonté systématique d’extermination et aucun historien ne la remet en cause. Evidemment, des négationnistes de tout bord le conteste, comme ils contestent, d’une manière générale, tous les génocides.
      Poser le débat sur le plan historique c’est donner raison aux négationnistes, à ceux qui, fondamentalement, nie le concept même de génocide. Je crois trop en l’homme pour ne pas le savoir capable du pire en étant capable d’en tirer les leçons qui le feront avancer sur le chemin de l’humanisme et de la liberté.

      • Borderie
        • Posté à 19h12 le 09/10/2007
        • Internaute 14126

        Sujet sensible, certes... Génocide (ne parlons que des Arméniens, par mesure de prudence) : pour une communauté rayée de la planète (voir l’étymologie de « génocide »...), la communauté arménienne semble s’en être pas mal tirée... Je pense que l’utilisation du mot « massacres » correspond beaucoup mieux à ce type d’événement historique.

         
        • Anonyme répond à Borderie

          c’est tres bete comme reflexion ! il y a bien encore des juifs sur terre ; allez vous pourtant nier qu’il y ait eu genocide par les nazis ? le genocide n’est pas la finalité de l’extermination, mais la volonté et les moyens mis en place par un groupe, un Etat.

          • Anonyme

            Au moins 90 % des Polonais juifs ont péri assassinés par les nazis. Tous les Juifs de Serbie ont connu le même sort. Le pourcentage de survivants arméniens dans n’importe quelle province de l’est anatolien est bien supérieur, et tant mieux d’ailleurs.
            Les Arméniens d’Istanbul (jusqu’à 160 000 personnes), de Smyrne (13 000), d’Alep (25 000), de Marach (6 000), la majorité des Arméniens fonctionnaires, un bon nombre d’Arméniens de confession catholique ou protestantes... n’ont pas été concernés par les déportations. Ce seul fait suffirait à prouver qu’il n’y a pas eu génocide mais autre chose, quelque chose d’horrible, d’atroce, à n’en pas douter, mais non génocidaire.

            • Alain Colbert
              • Posté à 19h42 le 11/10/2007
              • Internaute 2215

              Les Arméniens d’istanbul ont été protégés par la présence d’observateurs étrangers (notamment les alliés allemands qui auraient désapprouvé une telle guerre intérieure). Beaucoup d’Arméniens ont eu la vie sauve parce qu’ils ont fui la Turquie. C’est pour cela qu’il ya une diaspora arménienne inportante.

        • Anonyme répond à Borderie

          A l’époque ou ces évènements se sont déroulés , le terme « génocide » n’existait pas , il l’a été , en 1944 , pour qualifier ce que les nazis ont fait subir au peuple juif.....
          Ce terme signifie la destruction d’une nation ou d’un groupe ethnique , et se prête donc bien à ce qu’ont subi les arméniens de l’Empire Ottoman ....même si cela a l’air de vous déranger , il s’agit là bien d’un génocide et non d’un massacre...d’ailleurs , ceci est reconnu pas les instances juridiques internationales dépendant de l’ONU , de même que la Shoa et le génocide du Rwanda.
          Quand à dire , je vous cite »...pour une communauté rayée de la planète , la communauté arménienne semble s’en être pas mal tirée... » , cela me laisse sans voix , carrement dégoutée par ce cynisme à la limite du négationnisme...abject quoi !

          • Anonyme

            Pour qu’il y ait génocide, et reconnaissance du génocide, et repentance (indispensable la repentance...), il faut qu’existe un puissant groupe de pression. Dès que la communauté cambodgienne représentera un lobby suffisamment influent, gageons que l’Assemblée Nationale votera à la majoité absolue la « Reconnaissance du génocide perpétré par les Khmers Rouges entre 1975 et 1979 », et l’incontournable « Journée nationale de la commémoration dudit génocide »...

            • Anonyme

              tous le monde est d’accord, y a juste les chinois qui coincent.

          • Anonyme

            Je confirme, pour y appartenir, que la diaspora arménienne se porte bien, et que même chez nous, nombreux sont ceux qui pensent que cette page devrait être tournée. A quoi sert cette compétition victimaire ? A des politiques comme M. Devedjian, qui en ont fait un fonds de commerce, comme d’autres ont dragué il y a trente ans l’électorat pied-noir.

            • Marie Antide
              Marie Antide
              www.turquieeuropeenne.com
              • Posté à 23h38 le 09/10/2007
              • Internaute 12080
                www.turquieeuropeenne.com

              Merci pour votre témoignage,

              Marie

          • Anonyme

            C’est donc une sorte de rétroactivité des termes ? C’est assez commode...

        • Anonyme répond à Borderie

          L’éthymologie au service du négationnaisme ! Il fallait y penser...

          C’est vrai, ça. Ce n’était pas un vrai bon génocide puisque certains ont pu en réchapper ! Non seulement ils ne sont pas tous morts, mais en plus certains « s’en sont bien tirés ». Alors ils vont pas en plus se plaindre !

          Je rappelle à la bonne âme derrière ces quelques lignes qu’un génocide se caractérise par la volonté d’organiser de manière systématiquement l’extermination d’une population en fonction d’une appartenance ethnique, religieuse... et pas nécessairement d’y parvenir.

          • Anonyme

            Alors, à vous entendre, je suis moi-même, en tant que Protestant, le représentant d’une communauté victime d’un « génocide » ? Dois-je demander des réparations financières, me joindre au choeur de la « pleurniche internationale », faire des procès chaque fois que je soupçonne une intention malveillante à l’égard de ceux de ma communauté ? J’ajouterai que je suis doublement victime : originaire de l’Aude (de Saint-Papoul plus précisemment), mes ancêtres ont été « génocidés » lors de la Croisade contre les Albigeois. Devrais-je à ce titre réclamer des dommages et intérêt à l’Etat français... exiger la restitution des biens qui leur ont été certainement confisqués au XIII° siècle ? Après le lobby juif, le lobby arménien, organisons le lobby parpaillot et le lobby cathare ! ! ! Tout cela est grotesque, ne vous en déplaise.

            • Thierry75
              • Posté à 07h38 le 10/10/2007
              • Internaute 12958

              Un puissant groupe de pression cathare, l’idée est excellente ! Mais fera-t-il le poids, cher voisin (je suis né à Bellegarde-du-Razès !), face aux lobbies mieux organisés tels que ceux que vous citez ? ... J’en doute...

            • Anonyme

              le grotesque, c’est vous, regardez vous dans un miroir

          • Anonyme

            Alors, à vous entendre, je suis moi-même, en tant que Protestant, le représentant d’une communauté victime d’un « génocide » ? Dois-je demander des réparations financières, me joindre au choeur de la « pleurniche internationale », faire des procès chaque fois que je soupçonne une intention malveillante à l’égard de ceux de ma communauté ? J’ajouterai que je suis doublement victime : originaire de l’Aude (de Saint-Papoul plus précisemment), mes ancêtres ont été « génocidés » lors de la Croisade contre les Albigeois. Devrais-je à ce titre réclamer des dommages et intérêt à l’Etat français... exiger la restitution des biens qui leur ont été certainement confisqués au XIII° siècle ? Après le lobby juif, le lobby arménien, organisons le lobby parpaillot et le lobby cathare ! ! ! Tout cela est grotesque, ne vous en déplaise.

            • Anonyme

              déplaisant, on attend nananère...
              mais c’est un mode de vie, et je ne vous l’envie pas.

        • Anonyme répond à Borderie

          Les Turcs sont certainement moins niais que bien d’autres... Ils se doutent qu’en cas de reconnaissance de ce « génocide », viendront ensuite les demandes de compensations financières, indispensables comme chacun sait pour mener à terme le « travail de deuil » de pauvres gens massacrés il y a quatre-vingt dix ans...

          • Marie Antide
            Marie Antide
            www.turquieeuropeenne.com
            • Posté à 23h46 le 09/10/2007
            • Internaute 12080
              www.turquieeuropeenne.com

            Cette exigence sur les compensations ne viendrait pas de l’Etat arménien, autant que je sache. Les pourparlers en ce moment tournent plutôt autour de l’ouverture de la frontière et du statut du Nagorno Karabakh.

            Marie

          • Anonyme

            et aussi il faudra que les Turcs s’oocupent de Chypre... non ils ne sont pas niais : ils ont torts et ils le savent.

        • Anonyme répond à Borderie

          « pour une communauté rayée de la planète (voir l’étymologie de “génocide”...), la communauté arménienne semble s’en être pas mal tirée... “

          Comme dit l’intervenant suivant, c’est très bête comme remarque, mais admettons la perspective que vous adoptez. Comptons alors le nombre d’Arméniens qui vivent aujourd’hui sur leur terres ancestrales...

          Si je prend le confetti qu’est la République d’Arménie arrachée aux outrages des temps et au naufrage national, on trouve 3 Millions d’Arméniens 90 ans après les faits...

          Si 90 ans après les faits, on ne trouve que 3 millions de personnes, vous pouvez déduire combien il y en avait en 1915, je veux dire que vous pouvez déduire l’importance du nombre des ceux qui au sortir de 1915 ont effectivement réussi à échapper à la mort et effecivement trouvé refuge à l’Est dans ce qui allait devenir le Confetti : tout au plus quelques centaines de mille (desquels vous retrancherez les centaines de cents, qui habitaient déjà là.)

          Ca fait peu de rescapés. En outre, un Confetti excentré aux confins caucasiens et quelques centaines d’orphelins bouseux et misérables, pour reconstituer un pays et continuer la vie d’une nation, c’est moche.

          Les terres du coeur de l’Arménie se trouvent toutes pour l’essentiel en Turquie. Notamment l’Est de la Turquie aujourd’hui uniquement peuplées de Kurdes et de Turcs.

          Dans ces régions vous ne trouverez aucun Arménien. C’est pourtant là l’Arménie, l’essentiel de l’Arménie, autrement dit, l’essentiel vidée de l’essentiel : son peuplement. C’est l’Arménie vidée de tous ses Arméniens.

          Autrement c’est là l’Arménie morte, dont vous cherchez le cadavre sans voir qu’il est sous votre nez quand vous vous mouchez ou que vos enfants se promènent du côté de Mouch ou de Van, pendant leurs vacances d’été.

          Je suis l’enfant de rescapés de ces zones dépeuplées de leurs pères. Je suis l’enfant de ces terres dépeuplées de moi-même.

          Ils étaient quelques centaines de milles qui ont échoué à Paris, New York ou Sao Paulo, et là où ils se sont trouvés, ils ont fait des enfants comme moi. Mais si des comme moi il y en a 3 Millions à travers le monde, qu’on appelle la diaspora, à tort ou à raison, sans jamais quiconque pour aller voir ce que cela recouvre de vérité ou de mensonge... donc disais-je, c’est bien qu’ils n’étaient pas si nombreux que ça les rescapés de 1915 qui ont réussi à fuir à l’Ouest ! ! ! Car en 90 ans aboutir à 3M , c’est qu’on est parti d’à peine 1M de survivants.

          En 1915, le peuple arménien a perdu les 2/3 de sa population. Le tiers restant a été dispersé comme de la vulgaire volaille : un peu moins de la moitié du tiers disons dans le Confetti, l’autre bonne moitié disons dans le reste du monde.

          Si ce n’est pas une belle réussite, cher monsieur, mais qu’est-ce que c’est ! ? Une belle réussite criminelle je veux dire, une belle réussite en terme de génocide, si l’on considère que le but d’un génocide est bien de faire disparaître un ensemble, une entité, une collectivité, une histoire, un devenir, à travers l’élimination des membres. Alors que quelques un réchappent, quelle importance ? On s’en fout. Ce qui compte c’est que l’ensemble en tant qu’ensemble, en tant que mémoire, et corps vivant, en tant que promesse, langue, langage et rires et sueurs, disparaisse à jamais.

          Je milite pour la reconnaissance du génocide de mes pères, après mon père.

          Je le fais pour lui, ce père, cet homme que j’ai aimé, dont enfant j’ai compris la fragilité. Supporté la fragilité. Endossé la fragilité. Un survivant qui s’est acharné à survivre en s’imaginant que ses enfants allaient faire revivre ses rêves d’Arménie retrouvée...

          Or on ne retrouve jamais que ce que l’on a ... perdu. Etait-ce à moi de le lui dire ? Qu’en savais-je donc quand j’avais 5 ans ? D’ailleurs fallait-il seulement lui dire ?

          Ce qui est perdu ne se retrouve donc jamais. En tous les cas, jamais à l’identique. On est jamais après comme on était avant. Je crois que mon père l’a toujours su, mais il a toujours feint de l’ignorer. Mais jusque dans cette illusion, il aura eu raison. Il aura montré son grand coeur et la grandeur de son sang. Il faut savoir se battre. On n’est pas des chiens. (Quoi que les hommes n’arrivent souvent même pas la hauteur du chien...)

          Mais je le fais aussi pour moi, pour ma propre dignité et celle de l’enfant qui naîtra de mon ventre, Arménien ou pas, pour qu’il ne soit pas dit que sa mère était lâche et sans âme.

          Et je le fais pour Vous. Pour qu’il ne soit pas dit que vous êtes lâches et sans âme.

          Et sans doute enfin de compte, pour les Turcs pour qu’il ne soit pas dit qu’ils sont condamnés à rester lâches et sans âme.

          Pour les Tutsis, les indiens d’Amérique, les noirs, les jaunes, les blancs ... mon tribut à la lutte contre le crime et la haine généralisée, contre l’exploitation et le mensonge,

          Pour l’Humanité, mon tribut à la vérité, à l’honneur, et à la justice.

          Alors à tous ceux qui comme vous ne savent pas de quoi ils parlent je dis qu’ils feraient mieux de se taire et d’apprendre.

          Oui en 1915 un peuple est mort, une nation est morte. Oui il reste un reliquat qui d’ailleurs n’est pas assuré de demeurer.

          Non ceux qui d’Amérique, de Boston ou de Paris (la soit-disant diaspora) croient qu’ils sont encore Arméniens, parlent, posent, mangent des dolmas, apprennent des récitations, militent pour la reconnaissance du génocide ou du Karabagh, non ces gens là ne sont pas a proprement parler Arméniens. En tant qu’Arméniens, ils et leur parents avant eux, sont passés dans la trappe de la fosse et s’ils sont aujourd’=hui ‘quelque chose’, ils sont le ‘quelque chose’ du pays où ils vivent. Ils sont le pays qui les a vu naître, et leur culture est désormais celle de leur Nation adoptive.

          En cela oui les Turcs ont bel et bien réussi leur coup (& entre nous soit dit, bien mieux que ces gros ballourds d’Allemands qui tout à leur folle illusion de supériorité raciale, se sont fait piquer la main dans le sac et le sac dans la poche.) Les Turcs bien plus subtils quoique moins raisonneurs, et bien plus prudents quoique très audacieux, après avoir pris soin de faire disparaitre le Corps, sont en passe de faire disparaitre le Crime lui-même.

          Circulez il n’y a rien à VOIR puisqu’il n’y a RIEN à voir.

          Alors cher ami comptable, ayant tenté de satisfaire à vos attentes arithmétiques, souffrez que je vous laisse à vos considérations. Espérant ne pas vous avoir gâché l’appetit. Cordialement, etc...

          • Anonyme

            Bien entendu, ce que vous écrivez est la vérité, mon père était gendarme en Cilicie en 1919 dans la zone d’occupation Française.
            Il est ensuite passé en Syrie avec Gouraud, au moment du retrait des troupes Françaises.
            Ce qui s’est passé là-bas défie l’imagination.
            Le problème des Arméniens, c’est que de nos jours, le mot génocide implique un schéma mental de la deuxième guerre mondiale : chambres à gaz, crématoires etc...
            Comme si le fait de faire partir à pied, sans eau, sans vivres, sur des centaines de kilomètres d’un désert impitoyable, à grand renfort de massacres par les pillards kurdes, tout un peuple d’hommes de femmes et d’enfants ne revenait pas au même.
            Oui, il serait grand temps que les Turcs reconnaissent ce que Mustafa Kémal lui-même qualifiait de tragédie, mais que son nationalisme empechait de reconnaitre.
            Alviano

          • Anonyme

            Quel pathos ! ! ! « Je suis l’enfant de rescapés de ces zones dépeuplées de leurs pères. Je suis l’enfant de ces terres dépeuplées de moi-même. » Toujours ces poncifs, ces phrases prétentieuses et incantatoires... interchangeables...

            • Anonyme

              C’est un très beau texte qui explique vraiment bien la situtation.
              Les arméniens aujourd’hui éparpillés dans le monde entier risquent de s’assimiler aux différentes nations dans lesquelles ils vivent. Mais notre force est justement de pouvoir s’intégrer et de pouvoir vivre avec cette double identité sans jamais réellement s’assimiler, ce qui donnerait la victoire aux TURCS, HORS DE L’UNION.

            • Anonyme

              C’est un très beau texte qui explique vraiment bien la situtation.
              Les arméniens aujourd’hui éparpillés dans le monde entier risquent de s’assimiler aux différentes nations dans lesquelles ils vivent. Mais notre force est justement de pouvoir s’intégrer et de pouvoir vivre avec cette double identité sans jamais réellement s’assimiler, ce qui donnerait la victoire aux TURCS, HORS DE L’UNION.

            • Anonyme

              C’est un très beau texte qui explique vraiment bien la situtation.
              Les arméniens aujourd’hui éparpillés dans le monde entier risquent de s’assimiler aux différentes nations dans lesquelles ils vivent. Mais notre force est justement de pouvoir s’intégrer et de pouvoir vivre avec cette double identité sans jamais réellement s’assimiler, ce qui donnerait la victoire aux TURCS, HORS DE L’UNION.

            • Anonyme

              je ne comprend pas le courageux anonyme,
              certains envisagent d’inviter la Turquie en Europe, mais la Turquie refuse l’un des membre de l’union, la Turquie tolérante, celle où cohabitaient des communautés multiples n’est plus. Je me demande même s’il existe un pays de plus de 5 millions d’habitants en Europe aussi mono-religieux, avec des variantes soit, mais... un pays où les assassinats de la minuscule minorité continuent aujourd’hui même. Alors, laissons faire les historiens mais exigeons comme préalable la reconnaissance de Chypre et de tous les génocides qui ont conduit à la quasi disparition des chrétiens de Turquie, Arménient, Assyro-chaldéens... C’est un service à rendre aux turcs eux-mêmes.

          • Anonyme

            cest sur, et comme c’est dit dans l’article si les intérêts économiques et stratégiques n’était pas dans la balance les états unis auraient depuis longtemps reconnus légalement le génocide arménien.
            La question est peut être plus profonde, pourquoi aucune nation n’est intervenu pour défendre les arméniens à l’époque du génocide ? par convoitise ? par alliance ?

            • Gwillhem
              • Posté à 16h43 le 10/10/2007
              • Internaute 527

              c’etait la 1ere guerre mondiale ! ! ! DUH ! !

              Tt le monde etait bien trop occupe a defonce les allemands puis les turques (les francais, les anglais, les italiens, les russes et les tt nouveau grecques voulaient tous un ptit bout de l’empire, normal)
              Mais just for the record :
              les turques ont autorise l’equivalent americain de la croix rouge de l’epoque pour qu’ils soignent et s’occupent des armeniens qui avaient survecut a l’exode... [sarcasm]Ils sont vraiment cons ces turques, pour faire un vrai genocide digne de ce nom, ils auraient du commencer par ceux habitant Istanbul et ils n’auraient jamais du accepter qu’une aide etrangere s’occupe des survivants[/sarcasm]

          • Gwillhem
            • Posté à 16h36 le 10/10/2007
            • Internaute 527

            Ca c un roman qu’il est long...
            Mtn il me faudrait 4 pages pour pouvoir te contredir proprement mais personne ne prendrait le temps de lire mon commentaire donc en qq lignes :
            1-Pkoi les turques ont-ils organise cette marche force des armeniens ?
            2-Combien y avait-il vraiment d’armeniens ds la « Grande » Armenie en 1915 ?
            3-qu’est ce que tu connais reellement de cette histoire a part la propaganda armenienne a laquelle les francais (et la majorite du reste du monde) ont le droit en regardant TF1 et autres chaines occidentales ?

            1-ca c tres mal explique ds l’article : « victime du chaos qui a résulté de l’effondrement de l’empire ottoman » MON CUL. La raison etait que les armeniens ont trahis les turques pdt la 1ere guerre mondiale en attaquant les lignes turques par derriere pdt que les russes frappaient devant ! ! !
            Bien que faisant parti de l’empire ottomans les nationalistes armeniens avaient passe un accord secret avec les russes pour obtenir un gros morceau de la turquie (le grande armenie) en cas de defaite de ces derniers. Donc cette grande marche a ete organisee pour proteger les soldats turques qui se battaient sur le front russe. D’apres toi, pkoi les armeniens habitant a Istanbul n’ont pas participe a cette marche et ne se sont pas fait massacre ? ? ?

            2-d’apres les archives ottomanes, il n’y avait mm pas 1,5 millions d’armeniens en 1910 en Turquie et les chiffres francais d’apres guerre font etat de 500 000 armeniens morts et de 700 000 expatrie. (les chiffres anglais de l’epoque, encore plus pro-armenien que les francais, font etat de 600 000 morts). Mais en 3 generations, ce chiffre a triple... comme par miracle... ou pe du a la propagande de la diaspora armenienne ?

            3-Tu dois pas connaitre gd chose d’autre a ce que je vois. T au courant au moins que les armeniens ne sont pas les 1er habitants de la Turquie ? D’apres les plus recentes etudes, les armeniens seraient originaires des balkans. De plus, il n’y a jamais eu d’armenie : avant les ottomans, ils etaient byzantins et apres, ils sont devenus russes.
            j’ai eu la chance d’entendre les 2 versions de l’histoire et de me faire ma propre opinion... Tt comme pour la 1ere guerre du golfe... cette guerre raconte par des afghans et des irakiens n’a vraiment rien a voir avec la version TF1 (AFP, francais de base koi...)

            Juste pour terminer :
            -ceux sont les armeniens qui ont tjr ete retissent a ouvrir leurs archives pour les comparees aux archives turques.. un peu comme si ils veulent que tout le monde reconnaisse ce genocide mais sans qu’ils n’aient besoin de prouver ce qu’il c reellement passe.
            -il y a eu tellement de soi-disant « preuves » armeniennes concernant ce genocide qui se sont revelees etre falsifiees par des groupuscules nationalistes armeniens, que cela devient vraiment dur de croire a tout ce que la propaganda armenienne raconte

            Et pour ceux qui parlaient de Chypre : sachez que ceux sont les chypriotes grecques qui ont refuse le plan de reunification de l’Ile propose par les nations Unies, pas les turques...

            Voila, merci a ceux qui ont lu jusqu’a la fin, je pourrais encore parle pdt des heures de la Turquie mais je veux pas vous embetter plus lgt.
            Enfin bon, si rue89 pouvait mener une enquete sur le sujet et compare la version turque a la version armenienne, cela ferait vraiment une bombe d’article.

        • Anonyme répond à Borderie

          Fallait il que la « communauté arménienne » soit totalement anéantie pour que le génocide soit reconnu ?
          Qu’entendez-vous par « les Arméniens ne s’en sont pas si mal sortis » ?
          On peut échapper à un massacre, pas à un génocide... Je ne crois pas qu’il y ait une seule famille aujourd’hui au monde d’origine arménienne qui ne porte en elle dans sa chair, son histoire, ces « massacres ». Elle est ce qu’elle est aujourd’hui parce qu’il y a eu cette volonté de destruction systématique entre 1915 et 1917.
          N’oubliez pas les arguments d’Hitler auprès de ceux qui craignaient l’indignation du monde quand il préparait son oeuvre funeste : « Qui se souvient des Arméniens ? » La reconnaissance d’un génocide passé doit pouvoir servir l’avenir.

          • Gwillhem
            • Posté à 16h47 le 10/10/2007
            • Internaute 527

            La propagande armenienne est en marche :
            « N’oubliez pas les arguments d’Hitler auprès de ceux qui craignaient l’indignation du monde quand il préparait son oeuvre funeste : “Qui se souvient des Arméniens ?” »

            Hitler n’a JAMAIS dıt ca, je vous met au defi de me trouver ce discours... Ceci n’est qu’une des nombreuses fausses preuves armenienne qui me font douter de ce genocide...

            au suivant..

            • Anonyme répond à Gwillhem

              Par simple curiosité ,quelles sont vos motivations et vos intérêts à distiller un discours aussi inquisiteur et haineux.

              Vous affirmez ,ne prouvez rien, j’aimerais que vous nous donniez connaissance de vos sources (écrites j’entends bien).
              Il est tellement rare de trouver un véritable spécialiste de la question , qu’il serait dommage de se priver d’une telle aubaine.
              Je ne doute point qu’un personnage aussi imprégné des écrits et non écrits ,des dits et non dits de l’auteur de « mein kampf » soit une référence pour la qualification d’un génocide .

        • Anonyme répond à Borderie

          Cher Borderie,
          Vous semblez invoquer la prudence pour évoquer le génocide arménien, comme si vous saviez que la comparaison avec la Shoah était inévitable...Malgré votre prudence, je ne vous épargnerais pas une réfutation nette de vos propos. La comparaison avec l’horreur du génocide juif ne peut donc être mise de côté. Je crois savoir que la communauté juive existe toujours, n’est-ce pas ? Cette commuanuté possède de la même manière un Etat, il me semble...Pour autant, malgré l’étymologie que vous mettez en avant, le terme de « génocide » est attribué sans hésitation à cet épisode cauchemardesque de la Seconde Guerre mondiale. Pourriez-vous décemment appeler cela des « massacres », sous le pretexte que cette communauté a heureusement survécu ? Pensez-vous que ce terme de « massacres » correspond beaucoup mieux à ce type d’évènement historique ?

          Je vous pose alors la question suivante : qu’est ce qui différencie le cas arménien du cas juif ?
          Le nombre de morts ? Je vous l’accorde, il n’y a eu que un million et demi de morts contre six millions pour la Shoah. Les méthodes employées ? Là encore,je vous l’accorde les arméniens ont évité une certaine boucherie industrielle, et n’ont subi que les mauvais traitements et les déportations sauvages. Dans les deux cas, la folie des hommes est manifeste, et je doute que le terme de « massacre » ne corresponde jamais à de telles intensités d’horreur.

        • Anonyme répond à Borderie

          bordere ? ? ?
          comment vous vous permettez après un GENOCIDE ou MASSACRE de 150000 Arméniens morts en 1915 de dire : « la COMMUNAUTE ARMENIENNE SEMBLE S’EN ETRE PAS MAL TIREE » c’est INFAME. Votre ignorance de l’Histoire, vous suggerez la prudence.
          ce n’est pas Bush le gendarme du monde, c’est un despope, un violeur de la liberté, il se permet d’occuper des territoires et de massacrer des innocents, il salit le drapeau Américain.
          Les Arméniens, Chrétiens entourés de peuples Islamiques, ont luttés pour garder leurs Dignitès, la Fiereté d’etre ARMENIEN.
          Megurditch Edouard Tateossian
          ITALARMENA

        • Anonyme répond à Borderie

          Bravo pour cette rigueur éthymologique mais alors, en suivant cete logique, pendant ce siècle particulèrement tendre, il n’y a pas eu de génocide du tout ? Car il reste des arméniens bien vivants, c’est vrai, mais aussi des tutsi, des juifs, des cambodgiens, et même des amérindiens !
          Un peu court, comme réaction, non ? vous ètes turc ou votre ex femme est arménienne ?
          IG

    • Anonyme

      ben moi, cela me choque ! Il va de la dignité d’un pays qui se veut démocratique et qui cherche à entrer dans l’Union Européenne de reconnaItre le massacre orchestré de millions de personnes innocentes, je souligne... Cela ne se marchande pas.

    • Anonyme

      Le moins que l’on doive aux victimes de ce génocide est la reconnaissance politique. Le débat historique sur cette question est clos. les faits sont avérés. Vouloir en débattre à l’infini, c’est tenter d’éviter qu’a travers une reconnaissance officielle des faits, justice soit rendue aux victime de ce génocide occulté, oublié et nié.
      La question n’est que politique. Le négationnisme turc est politique. Et la reconnaissance doit être politique.
      Mais rien n’empêche par ailleurs les historiens de faire des études sur le sujets. Les archives ne manquent pas.

    • Arminé
      • Posté à 15h57 le 10/10/2007
      • Internaute 19007

      Il n’y a pas d’autre solution. Nous, les victimes, avons besoins de cette reonnaissance. Comme L’Allemagne a fait pour l’Holocost, la Turquie doit le faire aussi pour le Génocide des Arméniens. Malheureusement, ce qu’on voit c’est la négation de la part des Turcs. Même ils enseignent à leurs enfans que les Arméiens ont massacré les Turcs. Nous voulons que la justice soit faite et qu’enfin nos enceitres puissent reposer en paix.

      • Anonyme répond à Arminé

        Il faut comprendre que les massacres ont eu lieu sous l’empire Ottoman, et que la République Turque a été instituée à sa suite. La toute jeune république turque a jugé des responsables (enfin certains) et ils ont été exécutés. Simplement, les turcs d’aujourd’hui ne se considèrent pas comme les heritiers de cette époque. Leur histoire commence en 1923.

        D’autre part, les Arméniens et surtout la diaspora ont une attitude raciste envers la Turquie et les Turcs. Ils vivent dans le trauma et devraient rencontrer les quelques 60,000 arméniens qui vivent en Turquie, surtout à Istanbul.

        Pour revenir au roman d’Elif Shafak, un de ses personnages, Arménien d’Istanbul confie à une Arménienne des USA qu’il ne supporterait de vivre en dehors de Turquie, et que contrairement a son (à la fille) entourage, il a des amis Turcs.

        Pour info dans Midnight Express, tous les acteurs « Turcs » sont Arméniens... !

        Ensuite, il y a effectivement eu des massacres de Turcs par des Arméniens, de bien moindre importance, mais ils existent.

        Il faut également juger les terroristes de l’ASALA et leurs amis, Devedjian en premier :)

        Si on reste dans le trauma, rien de serieux n’en sortira. L’histoire n’a pas besoin de pathos, ni de larmes, ni de personnes bercées dans l’horreur et la haine mais de faits et d’historiens. Point.

        A tous ces Arméniens de la diaspora je conseille d’aller faire un tour en Turquie et de constater de leurs propres yeux que les Turcs dans l’ensemble sont des gens comme les autres, peut etre meme plus sympas et acceuillants que la moyenne. On est en 2007

  • Anonyme

    en quoi cela les a-t-il dérangés jusqu’à présent ?
    Ils sont alliés aux EU, ils commercent avec tout le monde, ils seront au pire « partenaires privilégiés » de l’UE, je ne vois pas où est (sera) l’isolement !

  • Anonyme

    Encore une fois, il est contre productif pour 1 pays quel qu’il soit (France en 2000...) de légiférer à la place d’un autre, en l’occurence la Turquie.

    La société turque va probablement réagir en boycotant les produits américains, des drapeaux vont etre brulés, la cote de popularité va descendre au deça des 11%, de grands discours vont être prononcés et... ? Oui et... ? Bein rien, les mêmes hommes politiques vont ressortir le couplet du complot, les turcs sont mal aimés, mal compris, c’est du racisme, regardez Midnight Express... ! Est ce que cela va forcer les turcs à se pencher sur l’histoire de l’empire ottoman moribond ? J’en doute fort. Est ce que la dispora arménienne va être contente. Sans doute.

    Je ne nie pas l’ampleur des massacres, je pense que 100 ans après les faits il est grand temps que la société turque apprenne a accepter ce qui s’est passé avant l’avènement de la république si chere à kemal atatürk, mais c’est sans tenir compte du degré de propagande (école, media...) qui lie ces hommes et femmes, il faut que les historiens s’asseyent ensemblent et en viennent a des conclusions similaires, mais voter ce genre de lois est inutile et ne fait que conforter une communauté dont l’histoire s’est arretée en 1915 et qui vit dans le souvenir des massacres.

    les turcs contrairement aux arméniens de la diaspora n’ont pas été berçés d’histoires de cette époque, leur histoire commence quelques années plus tard en 1923, et la est le gouffre, l’incomprehension.

    Je conseille la lecture du roman de Elif Shafak : « la batarde d’istanbul » pour ceux qui voudraient avoir une approche de l’intérieur de ce génocide.

    Bush a beau jeu de s’y opposer, ceux qui se souviennent du vote du parlement turc qui avait refusé que les soldats US passent par la Turquie pour envahir l’Irak en sourieront surement. C’est par la Turquie que passent le ravitaillement pour les activités non combattantes ! « Savas Yok ! » qu’ils criaient...

    Plutot que d’écouter les cris a venir des ultranationalistes, penchons nos oreilles vers les Semih Vaner, les Stephane Yerasimos (RIP), les Ahmet Insel qui tout en gardant leur identité turque (et plurielle), n’en acceptent pas moins les erreurs de leurs ancetres et souhaitent que leur pays aille de l’avant. Rares sont les forces veritablement progressistes dans ce pays ou le nationalisme transcende les parties et les courants.

    • Anonyme

      bonne question : qu’à fait Atatürk pendant le génocide ? n’a t-il pas joué les ponce pilates ?
      A l’époque, c’est un jeune officier qui monte : en 1915 il combat aux Dardannelles (il y deviendra général et commandera le front avec un général allemand). En 1916 il commande l’armée du Caucase (où se trouve l’armée russe...et l’Arménie), et en 1917 il reprend les provinces chrétiennes en rébellion.

      Est ce le risque d’égratigner le mythe qui pose problème aux turcs actuellement ?

      quelqu’un a de l’info la dessus ? difficile à trouver...

      • Anonyme

        C’est le mouvement « Jeune Turc » qui a commis ces atrocités, Kémal Ataturk s’en était déjà éloigné politiquement avant guerre, pendant la guerre il a combattu jusqu’à l’armistice.
        Par contre en 1919, la guerre s’est déclenchée avec les Grecs qui voulaient annexer la côte occidentale de la Turquie, le problème d’Ataturk (en tout cas tel que je le comprends) c’est qu’il lui était difficile de reconnaitre le génocide Arménien dans la mesure ou lui-même avait fait ou laisser faire l’expulsion de la communauté Grecque - à grand renfort de massacres - soit environ un à deux millions de Grecs.
        Parler des Arméniens c’était parler des Grecs...
        Par parenthèse, environ un million de Turcs vivant en Grèce ont été expulsé vers la Turquie dans les mêmes conditions.
        Alviano

         
        • Anonyme

          Moralité : nous avons tous un génocide à notre actif, et seuls les mieux organisés et les plus braillards font entendre leur voix en couvrant du même coup les plaintes des autres.

          • Anonyme

            cela n’exonere pas la turquie de parler et d’accepter une version finale des faits, l’ideal serait que des historiens turcs et armeniens, hors de toute pression politique s’attellent a la tache.

            le fameux article 301 interdit toute incrimination de la turquie dans un quelquonque massacre d’armeniens ne parlons meme pas de genocide (insulte faite la « turquitude »). la turquie doit aller de l’avant et ceder le pas par rapport a ce nationalisme qui s’il a été vital en 1923, est plus un frain qu’autre chose en 2007. Atatürk (que je considere comme l’un des hommes politiques majeurs du 20eme siecle) est mort en 1938, le kémalisme n’a plus lieu d’etre.

        2 autres commentaires
  • Anonyme

    Et si, dans notre élan, la France reconnaissait aussi le génocide des amérindiens ? (Avec les Hollandais, on a pas été mauvais dans le genre). Et si la France reconnaissait les exactions commises à Madagascar pendant la deuxième guerre mondiale ? et le rôle de la France au Rwanda ? Et en Côte d’Ivoire ? Et sur l’ensemble de la Françafrique ? Et si la France reconnaissait sa passivité par rapport à certains comportements douteux en Albanie ? Et si, et si, et si ?

    • Anonyme

      hors sujet

    • Alain Colbert
      • Posté à 18h39 le 09/10/2007
      • Internaute 2215

      Historiquement la France au Canada n’a pas été génocidaire : les Amérindiens lui fournissaient à bon compte la matière première qu’elle était venue chercher, à savoir les fourrures en particulier celle de castor dont la fourrure adaptée à l’eau permettait de confectionner un bonnet chaud, résistant à la pluie. Evidemment, on ne tue pas ses fournisseurs !
      Très vite au contraire, loin de haïr et mépriser les « indigènes », des Français se sont mis à copier leur mode de vie et ... à frayer avec les Indiennes païennes, au grand dam de l’Eglise ! On les appelait « coureurs des bois ».
      En ce qui concerne les massacres de Madagascar, ils n’ont jamais été niés par les historiens français alors que les « historiens » turcs ont accepté de falsifier la vérité. Ce qui est le plus grand déshonneur pour un historien.
      Loin d’être un accident de l’histoire, le désir des « vrais » Turcs de se débarrasser des Arméniens était ressassé dans les milieux dirigeants bien avant le début de la Grande Guerre et le plan d’une déportation en zone désertique pour tuer loin des regards occidentaux (y compris des alliés allemands), autant par la soif que par l’épée, avait été préétabli bien avant le conflit qui fut une occasion rêvée de le mettre -enfin- en oeuvre.
      La soi-disant complicité entre les Arméniens, traités d’ennemis de l’intérieur, avec les Russes permit d’entreprendre le massacre dès 1915 alors que la Turquie ne connaissait pas de « chaos ». Celui-ci surviendra tardivement avec la défaite de 1918.

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