Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Richard Price, de Balzac à Hollywood via « The Wire »

Publié le 06/09/2009 à 21h58

Longtemps, on a cru que Price était noir. Pourquoi ? Parce qu’il parle des Noirs, des défavorisés et des ghettos urbains. Et qu’il est de ceux qui poussent le degré de réalisme au plus fort. Scénariste et romancier aux dialogues d’or, Price fait partie des écrivains de la série culte « The Wire ». Price serait-il le Balzac new-yorkais ? Rencontre.

Chez Price, les titres sont déterminants : « Clockers » (adapté au cinéma par Spike Lee), « Seigneurs », « Samaritain », ou encore « Ville noire, ville blanche ».

« Souvenez-vous de moi », sa dernière œuvre, est un des romans forts de cette rentrée. Le titre français est bien moins brillant que le titre original, « Lush Life » (« vie luxuriante »), mais le livre est une nouveauté dans le travail de Richard Price. Si les thèmes habituels du racisme et des communautés sont bien présents ici, il s’attaque également ici à une catégorie socio-professionnelle née avec le XXIe siècle : les bobos.

Un angle inédit

« Souvenez-vous de moi » est une histoire de crime, comme toujours, mais c’est aussi une lettre d’amour à un quartier de New York, le Lower East Side. Ce « quartier juif doté d’une forte identité dans les années 30 », dit-il.

« Des vagues de Noirs et de Portoricains sont venus s’y installer dans les années 50-60. Puis c’est devenu la capitale de l’héroïne. Puis est arrivé Giuliani et sa politique de la tolérance zéro. Le quartier est devenu fréquentable… pour que les barrières entre les communautés se brisent. »

Pour Price, les bobos sont des symboles de la « transition, mais aussi de la violence permanente » que subissent les grandes villes. (Voir la vidéo.)

L’utilité transversale du crime

Au début, la patrouille d’une unité de police, le « groupe d’intervention Qualité de la Vie ». Leur mantra : « la dope, les flingues, les heures sup ». Leur devise : « Tout le monde a quelque chose à perdre. » Le livre s’ouvre avec un meurtre et se clôt sur les aveux d’un tueur. Entre temps : un flot d’histoires et de portraits.

A travers la vision kaléidoscopique du meurtre, une vision kaléidoscopique du quartier et de la ville. D’Eric Cash (le tueur ? un menteur ?), serveur et aspirant écrivain, à Ike (la victime), au policier brutal Matty Clark en passant par un Israélien qui prend la tête d’une bodega, le livre est une galerie de portraits. Une balade dans la vie des personnages.

Pour Price, la vie des gens s’écrit comme le coin de la rue. Cette simplicité -apparente- a rendu son style unique : des romanciers américains urbains (Pelecanos, Lehane, Shannon Burke, McInerney, etc.), il est celui qui désire le plus le réalisme. Price est un écrivain de la digression, un conteur de la rue. Ses personnages violents cherchent -aussi- à retisser le lien social, à prendre soin des autres. Entre rédemption et damnation, l’Amérique de Price est une société où le fait social (pré)figure rapidement le fait divers.

L’orfèvre des dialogues

Price est ce genre d’écrivain qui écrit, d’abord, en traînant, en prenant des notes, en écoutant. C’est pourquoi, depuis toujours, il est reconnu pour ses dialogues. De vrais dialogues littéraires : qui font avancer l’histoire et peignent directement un personnage (exactement comme Barry Gifford).

C’est pour cette qualité que Price fut remarqué par l’industrie du cinéma et devint scénariste. S’il est resté romancier et professeur de « creature writing », c’est aujourd’hui un de ses métiers. On lui doit les scénarios de « La Couleur de l’argent » de Scorsese, de « Sea of Love » de Harold Becker, de « Mad Dog and Glory » de John McNaughton. Pas étonnant.

Ce qui est étonnant, c’est que Price survive à Hollywood, où, de son propre aveu, tout n’a pour but que le décervelage à grande échelle :

« Tout est fait pour la recherche du profit, il n’y a rien à en tirer, d’Hollywood. Rien d’intelligent ne sort de là. La consigne est sortie récemment que, quelle que soit la teneur d’un scénario, même une comédie dramatique, ce scénario doit devenir un film d’action... »

Tout est dit… (Voir la vidéo)

De Hollywood à « The Wire »

Avec Dennis Lehane et George Pelecanos, Price fait partie des écrivains de la sublime série « The Wire » (« Sur écoute » en français). Une série où, en cinq saisons, on voit la ville de Baltimore sous tous les angles :

« Cette série a poussé plus loin mon travail sur “Clockers”, qui se passait entièrement dans la rue autour des réseaux de drogue. “The Wire” s’attaque à tout le système, toute la machine. C’est phénoménal d’intelligence et de connaissance du terrain. »

Pour autant, un peu pessimiste là encore :

« Il a fallu se battre pour que HBO diffuse les deux dernières saisons car ça ne marchait pas. »

Aux Etats-Unis comme en France (où la série avait été diffusée, puis arrêtée, sur Canal Jimmy), il a fallu attendre la sortie en DVD pour que la série marche. Littérairement, télévisuellement, artistiquement et politiquement, « The Wire » est probablement ce qui s’est fait de mieux en fictions TV ces dernières années. Le genre de séries qui élargissent les angles. (Voir la vidéo)

Elargir son angle et pousser plus loin, c’est exactement ce qu’a fait Richard Price pour que, cette fois, on s’en rappelle.


« Souvenez-vous de moi » - de Richard Price - trad. Jacques Martinache - Presses de la Cité - 535 pp., 21,50 €.
Reparution en poche de « Ville noire ville blanche » et du « Samaritain » (Eds 10-18).
Nos remerciements à l’interprète mobilisée en ce jour de juin 2009 par les Editions des Presses de la Cité.

Aller plus loin
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  • 22 réactions
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  • clark kent
    • Posté à 22h47 le 06/09/2009
    • Internaute 16327

    ca me donne envie de lire le bouquin... allez hop demain je vais à la fnac.
    Faut dire aussi que « the wire » est la meilleure serie de ces dernières années. Et « the shield » est la meilleure serie... policière.

    • BrunoC
      BrunoC répond à clark kent
      ( ° ) ( ° )
      • Posté à 13h29 le 07/09/2009
      • Internaute 49016
        ( ° ) ( ° )

      Le bouquin doit aussi être en vente dans les bonnes librairies, superman.

  • SupercalifragilistiC
    SupercalifragilistiC
    J'représente mon cul pas un (...)
    • Posté à 23h05 le 06/09/2009
    • Internaute 62369
      J'représente mon cul pas un (...)

    Merci Rue89 de mettre en avant cet homme...j’ai maintenant de la lecture et des films à voir.

    J’adore The Wire, c’est une série de très bon niveau cinématographique...et en plus j’ai vécu 2 ans à Baltimore étant plus jeune, donc je me régale, héhé, surtout avec leur accent (pour ceux qui regarde en VO).

  • Pierre Serisier
    Pierre Serisier
    Journaliste
    • Posté à 23h38 le 06/09/2009
    • Journaliste 19811
      Journaliste

    The Wire est certainement la plus importante série qui ait jamais été produite. A noter, pour les fans, que son créateur David Simon travaille actuellement sur une série intitulée Treme et qui se situe à la Nouvelle-Orleans après le passage de l’ouragan Katrina.
    The Wire s’est achevé l’an passé sur le HBO. Si vous ne l’avez pas vue, jetez-vous dessus. En VO obligatoirement et les sous-titres seront nécessaires car l’argot de Baltimore n’est pas facile à suivre.

    • BrunoC
      BrunoC répond à Pierre Serisier
      ( ° ) ( ° )
      • Posté à 13h30 le 07/09/2009
      • Internaute 49016
        ( ° ) ( ° )

      Si ça peut rassurer, même les britanniques ont besoin des sous-titres.

  • Kekevara
    • Posté à 10h51 le 07/09/2009
    • Internaute 54906

    Le Balzac new-yorkais ? Vous voulez dire qu’il est autant conservateur, anti-peuple et anti-libéral (au sens du 19e siècle) que notre Balzac bien de chez nous ? Si c’est le cas, ça promet.

    Quant à dire que rien ne sort d’intelligent d’Hollywood, c’est une immense ânerie. On ne va pas faire une liste des grands, beaux et bons films qu’Hollywood a faits.
    Il est toujours facile de dire : « Eux, là-bas, ils veulent nous rendre bêtes, mais moi je ne marche pas ». Ca permet de se présenter comme quelqu’un d’intelligent et de « rebelle » à peu de frais.

    • Bakounet
      Bakounet répond à Kekevara
      lecteur
      • Posté à 11h50 le 07/09/2009
      • Internaute 87622
        lecteur

      Et bien si faudrait la faire cette liste (si c’est possible).

      • jujuairplane
        jujuairplane répond à Bakounet
        étudiant en archeologie
        • Posté à 12h17 le 07/09/2009
        • Internaute 46987
          étudiant en archeologie

        Chaplin, Hitchcock, Peckinpah, Scorcese, Tarantino, le reste je suis paresseux.

      • Kekevara
        Kekevara répond à Bakounet
        • Posté à 13h11 le 07/09/2009
        • Internaute 54906

        Que je sache, La couleur pourpre, Empire du Soleil, There will be blood, American beauty, Casino, Raging Bull, Will Hunting, Né un 4 juillet, The Dark Knight, Heat, Collatéral, Le dernier des Mohicans, Des hommes d’influence, La ligne rouge, Impitoyable, Midnight Express, sont des films hollywoodiens. Par exemple.

        Lister les grands films est toujours un peu ridicule.Il y aura toujours quelqu’un pour dire : « Mais non, ce film était nul » (cela dit, on peut trouver un film bien et ne pas l’aimer). Mais dire qu’Hollywood ne fait rien d’intelligent, c’est tout aussi ridicule et stupide. Le gars se donne une certaine image, un truc du genre : « Moi, je fais pas ce genre de trucs débiles et commerciaux » et les gens qui lisent ses livres ont l’impression de s’élever au-dessus de la masse des imbéciles. Flatter son public, c’est une stratégie comme une autre.

         
        • SupercalifragilistiC
          SupercalifragilistiC répond à Kekevara
          J'représente mon cul pas un (...)
          • Posté à 22h59 le 07/09/2009
          • Internaute 62369
            J'représente mon cul pas un (...)

          Moi ce qui me fait marrer c’est que ça reste tout de même un pourcentage assez faible de la production totale d’hollywood.

          Et c’est ça le problème ! C’est pas parce qu’ils sortent un film bien tout les 500 films qu’il faut dire qu’ils font des trucs bien. Non, ils font 1/500ème de trucs bien. Et heureusement les 499 autres n’arrivent pas tous en Europe !

          Inversement, Hollywood est totalement hermétique à tout ce qui n’est pas produit ou contrôlé par eux (on sait jamais !).

          Tenez récemment...Tavarnier veut tourner un film aux États-Unis se déroulant aux États-Unis et veut aussi le sortir aux États-Unis. Il décide de mettre toute ses chances de son côté en trouvant dès le début un distributeur...qui lui met tellement la pression et refuse le scénar de Tavernier que ce dernier est obligé de rentrer en France pour terminer son film comme il en a envie.

          Et puis on peut aussi se rappeler la superbe bande son d’Emilie Simon dans la Marche de l’empereur...transformée en un scénario nanar pour une fois de plus...faire plus d’entrée !

          Et puis...

          Bref vous arriverez pas à me faire dire que sans « la machine Hollywood » le cinéma se porterait moins bien...à mon humble avis il s’en porterait bien mieux.

          • Kekevara
            • Posté à 18h05 le 08/09/2009
            • Internaute 54906

            La bande son de La marche de l’empereur par Emilie Simon, « super » ? C’est un gag ? Quitte à écouter de la musique faite pour illustrer l’Antarctique, mieux vaut écouter Antarctica de Vangelis.

            Et à la même période, Hollywood sortait le film de Michael Moore.

            Et dire qu’Hollywood fait 1/500 de films biens, c’est totalement mensonger. Ou alors, il faut préciser que c’est dans tous les pays pareils. Il faut choisir. D’autant que c’est souvent grâce aux films commerciaux que certains studios peuvent financer des films plus ambitieux.

        2 autres commentaires
  • Tangrob
    Tangrob
    Avocat
    • Posté à 11h30 le 07/09/2009
    • Expert 89514
      Avocat

    Jusque-là (250 pages lues), un très bon bouquin.

    Sans oublier un sacré boulot du traducteur, Jacques Martinache...

    Juste une coquille dans votre papier : il me semble que c’est professeur de « creative writing » et non « creature writing ».

    C’était d’ailleurs la professsion de Ray Mitchell, le personnage principal du Samaritain.

    • getzo-
      getzo- répond à Tangrob
      Bukowski, Jazz et Werder Bremen
      • Posté à 12h22 le 07/09/2009
      • Internaute 78744
        Bukowski, Jazz et Werder Bremen

      Autre erreur de traduction : « lush life » signifie « vie de luxe ». Rien à voir avec « luxuriante » !

    • BrunoC
      BrunoC répond à Tangrob
      ( ° ) ( ° )
      • Posté à 13h31 le 07/09/2009
      • Internaute 49016
        ( ° ) ( ° )

      Je pense aussi qu’il s’agit de creative writing, sauf si le lapsus vient de Price. Ce qui expliquerait les guillemets.

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Tangrob
      Rue89
      • Posté à 01h59 le 08/09/2009
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Merci d’avoir signalé la coquille !

  • BrunoC
    BrunoC
    ( ° ) ( ° )
    • Posté à 13h28 le 07/09/2009
    • Internaute 49016
      ( ° ) ( ° )

    La contribution de cet auteur à l’immense série qu’est The Wire, prouve sans doute qu’il est doté d’un sens de l’observation et de capacité de retranscription au delà de la normale. Je n’ai rien lu de lui, mais j’ai vraiment apprécié « Sea of Love », polar sympathique et sans prétention en décalage avec les productions habituelles.
    Aussi je m’interroge sur ce qu’il entend par « bobo ». A-t-il utilisé ce terme ou un terme approchant qui a été traduit ainsi ? Que regroupe ce terme pour lui. Depuis que j’attends une définition claire qui m’expliquera tout ce qu’on reproche à ces salauds, je ne peux pas rater l’occasion de demander des précisions.

    • Kekevara
      Kekevara répond à BrunoC
      • Posté à 14h57 le 07/09/2009
      • Internaute 54906

      Bah les bobos, ça n’existe pas. C’est un truc qui a été inventé par on ne sait qui pour reprocher tout et n’importe quoi à à peu près tout le monde, à créer de nouvelles « cibles » pour des « marchés », etc.

      C’est du flan total. Renaud en a fait une chanson dans laquelle il met judicieusement pas mal de monde dans la catégorie « bobo » histoire de bien montrer que c’est du vent, que ça n’existe pas.

      Pour le dire autrement, on est toujours le bobo de quelqu’un. Et les dénonciateurs sauvages, les rebelles absolus balancent à tour de bras dès qu’un truc ne leur plaît pas : « Ca, c’est un machin pour les bobos », « c’est les bobos qui pensent ça ». En inventant les bobos, on a inventé l’ennemi qu’on ne peut identifier et donc sur lequel on peut taper à tout bout de champ.

      • BrunoC
        BrunoC répond à Kekevara
        ( ° ) ( ° )
        • Posté à 15h59 le 07/09/2009
        • Internaute 49016
          ( ° ) ( ° )

        C’est plutôt mon point de vue aussi, mais si un auteur pareil qui doit constamment s’interroger sur la signification de ce qu’il raconte et choisir ses mots avec précision parle des bobos, il doit avoir une raison particulière.
        J’aimerais bien savoir de quoi/qui il parlait. Dans la vidéo, il n’emploie pas de terme tel que bobo ou équivalent... d’où mon interrogation.

  • batila-
    • Posté à 14h50 le 07/09/2009
    • Internaute 34191

    « All in the game »

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 16h10 le 07/09/2009
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    The Wire est LA série emblématique de ces 5 dernières années, si vous voulez avoir une idée de ce que peut être la « fracture sociale » aux USA, jetez vous dessus ! ! !
    Le fait que Price s’attaque à une nouvelle catégorie, « les bobos » montre qu’il veut pousser son analyse plus loin et peut être montrer comment on éjecte les plus vulnérables de certains quartiers laissés pendant des années à l’abandon pour y placer des populations plus aisées.
    C’est ce qui se passe dans les centre-ville de nombreuses agglomérations de la côte est. Manifestement, la méthode Giuliani a fait école.

    Juste une dernière chose, Price est plus facilement comparable à Zola qu’à Balzac car il n’affiche ni compassion, ni mépris à ses personnages. Ce qui n’est pas le cas de Balzac...

  • Arni
    Arni
    lectrice
    • Posté à 16h33 le 07/09/2009
    • Internaute 88071
      lectrice

    The Wire est excellent, il n’y a pas de doute. Mais n’oublions pas les autres créations US des dernières années : la TV a le vent en poupe ! Entre John from Cincinnati (arrêté après la première saison), Battlestar Galactica, Deadwood et biensur Mad Men, il est difficile d’établir une hiérarchie, sauf naturellement si le réalisme est la mesure de toute chose, auquel cas Balzac n’est peut être pas le meilleur comparatif.

  • karlsquell
    karlsquell
    légèrement décalé
    • Posté à 22h52 le 10/09/2009
    • Internaute 82948
      légèrement décalé

    Un conseil a ceux qui ne l’on pas encore visionné,regardez « the Wire ».

    Personnellement, j’ai trouvé que cette série se méritait, c’est à dire qu’il faut rentrer dedans.
    Ce n’est pas forcément facile et personnellement la révélation et l« accroche à la série s“est faite à partir du troisième voire du quatrième épisode de la série 1.

    A partir de ce moment je me suis retrouvé dans le même cas qu’un toxicomane en manque, j‘étais accro.

    Les Blacks, la dope, les gangs, les flics désabusés et alcooliques tout va vous ravir .
    La politique, les magouilles en tout genre les rivalités et prises de pouvoir, les changements de situations, les rebondissements vont vous émerveiller.

    En ce qui me concerne, c’est la meilleure série que j’ai vu et Dieu sait si j’en ai vu.

    Dernier détail et non des moindre, a regarder en VO ( c’est un ordre).

    Merci.

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