Chez Mouloud Akkouche

Le blog de l'écrivain Mouloud Akkouche sur Rue89.

Dans le bus, une jeune fille et son regard voilé

Publié le 06/09/2009 à 14h58

Dans le bus, j’ai croisé le regard d’une lycéenne voilée. Un regard soumis et chargé d’une inconsolable tristesse. Aussitôt l’athée -ancien athégriste- que je suis a pesté intérieurement contre cette religion qui avilit les femmes.

Un grand nombre de féministes pensent à juste titre que toutes les religions, pas seulement celle qui défraie ou plutôt effraie la chronique, ont une grande tendance à réduire la femme à un rôle subalterne. En tout cas dans les pratiques et interprétations stricto sensu de textes issus d’une ère très lointaine. Comme beaucoup de citoyens, je suis contre le port des signes religieux ostentatoires dans les lieux publics (la rue et les transports en commun : lieux publics ou pas ?), pas contre la pratique de tel ou tel culte si celui-ci ne bouffe pas le territoire des agnostiques et athées les plus nombreux sur la planète. Cohabiter sous des cieux différents.

Assis dans le même bus qu’elle, j’interrogeais du regard cette jeune fille voilée avec un mélange de compassion et de révolte. Pourquoi ne réagissait-elle pas ? Une gamine -blonde, brune ou rousse ? - recroquevillée sur son siège, les épaules écrasées par un poids séculaire. Un poids sans doute accentué par la pression familiale. Elle semblait souffrir en silence. Planqué courageusement derrière mon Libération, je me contentais d’assister sans un mot à un micro drame humain se déroulant sous mes yeux. Non assistance à personne en danger d’obscurantisme.

Et si mon regard compassé était lourd ? Porter le voile pouvait être son choix. De quel droit penser à une décision dictée uniquement par son entourage familial ou d’hommes de son quartier ? Sans m’en rendre compte, mes yeux d’athée et laïcard enfermaient cette gamine déjà envoilée dans une autre toile invisible. Encore une couche. Peu à peu, ma tête ploya sous le poids du doute.

Nous, auteurs, intellectuels, artistes, citoyens ayant accès à une certaine culture et savoir, pensons « bien » souvent à la place des autres... sans se soucier réellement des autres. Une forme de terrorisme intellectuel qui prévalait dans certaines idéologies en 70 et prévaut maintenant notamment chez ceux (aujourd’hui plutôt écolos ou altermondialistes) de tous bords qui, souvent avec un désir réel de progrès humain, veulent le bien d’autrui malgré lui. Et nient l’aspect individuel.

Pierre Le Coz, poète, romancier et essayiste, explique parfaitement cette problématique du « Nous savons pour tous » dans le deuxième tome intitulé « Traité du même » de sa trilogie -une somme passée totalement inaperçue- parue aux éditions Loubatière. Quand nous échangeons sur les certitudes tyranniques de tout un chacun, cet érudit et croyant discret me tanne amicalement pour que je me plonge dans « Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable » publié à « L’encyclopédie des nouvelles nuisances. ». Encore une lacune à combler...

Trêve de digressions pour noyer mon regard dégoulinant de bons sentiments. Aurais-je réagi d’une manière identique face à une Lolita-Bimbo élevée par TF1 et le magazine Jeune et Jolie, fardée jusqu’au cœur, nombril épinglé, string débordant et décolleté abyssal ? Sans doute pas eu le réflexe de pester contre les publicitaires colonisant esprit et corps d’enfants dès leur plus jeune âge. Et me serais-je autant interrogé devant un ado porteur d’une kippa, d’une croix, le crâne rasé d’un bouddhiste, ou les poignets scarifiés d’un jeune paumé ? Pourquoi alors une telle réaction face à un voile ?

Après réflexion, je pense ne pas avoir vu uniquement cette lycéenne avec mes yeux d’athée, mais avec ceux aussi de la revue de presse du 7/9 de France Inter et des infos quotidiennes en flux continu. Un regard habité par les médias. Pas un jour sans entendre parler de l’islam -en bien ou en mal- et des aventures de Nicolas et Carla Sarkozy. Coincé. Personne ne peut rester insensible à un tel matraquage. A moins de vivre sans radio, presse écrite et en ligne, ne jamais passer devant des kiosques à journaux et éviter de boire des pot dans des bistrots pour la plupart équipés de télé. Pas facile de réussir à faire un tri sélectif dans l’info.

Bref : si j’avais commis une erreur de jugement ? Ce regard croisé hier pouvait être le reflet d’un échec amoureux ou la tristesse de ne pas être dans la même classe qu’une copine ? Ou encore l’absence de piles pour un MP3 assigné à résidence dans son sac ? Des préoccupations communes à des millions d’ados.

Malgré ces interrogations sur la pertinence de mon regard, je demeure contre le port du voile et autres signes religieux ostentatoires dans les lieux publics. Une loi ou pas ? J’avoue ne pas avoir de solutions clefs en mains à cette question récurrente de société, une question sous tension à cause d’ une recrudescence des intégrismes religieux de tout poil. Un problème aussi, avec un mauvais jeu de mots, pour les nombreux croyants de bonne foi. Cela dit, si l’on propose à une petite fille de décrire son rêve d’avenir, pas sûr du tout qu’elle réponde spontanément : porter le voile. Gageons que les responsables chargés de ce sujet trouveront les réponses les plus appropriées.

Pour finir ce billet, j’aimerais évoquer les vieux immigrée(e)s qui fulminent contre les jeunes filles voilées cherchant à être plus royalistes que le roi. Beaucoup de mères et grands-mères voient d’un mauvais œil cette vague de voiles. Pourquoi pas inviter ces femmes à participer au débat ?

A quoi pensait cette gamine du bus ? Après tout, cela ne regarde qu’elle. Laissons-la naviguer dans ses pensées. Mais empêchons quiconque de lui voler ses rêves de gosse.

PS : N’hésitez pas à lire ce très beau papier teinté d’humour noir (un genre à défendre) de Pierrette Fleutiaux : « La dignité de l’homme exige qu’il porte la burqa », sur LeMonde.fr

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 19h27 le 06/09/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    les femmes voilées ont un voile physique, qui prévient l’autre d’un voile idéologique.

    Ne sommes nous pas tous voilés de nos voiles idéologiques, philosophiques, religieux, culturels et aussi le pire : nous nous voilons la face au lieu de réagir.
    le summum sont les « militants » qui portent la burqa idéologique avec vision intégrée très étroite.

    qu’est le pire du pire, le voile qui se voit ou celui qui est intellectuel (caché et rampant) ? ?

    mais ce qui est sûr c’est qu’on voit la vie, en regardant en transparence à travers nos voiles..(quand on a la chance qu’ils ne soient pas opaques)

    • mamane
      mamane répond à pablico
      le futur c'était mieux avant
      • Posté à 11h56 le 07/09/2009
      • Internaute 44657
        le futur c'était mieux avant

      Pour complément d’info, un papier des blédardes intitulé « Des amis qui nous veulent du bien »

      Lien

  • yacinus
    yacinus
    en levitation
    • Posté à 15h35 le 06/09/2009
    • Internaute 43834
      en levitation

    « Pas un jour sans entendre parler de l’islam -en bien ou en mal- et des aventures de Nicolas et Carla Sarkozy. Coincé. Personne ne peut rester insensible à un tel matraquage. A moins de vivre sans radio, presse écrite et en ligne, ne jamais passer devant des kiosques à journaux et éviter de boire des pot dans des bistrots pour la plupart équipés de télé. Pas facile de réussir à faire un tri sélectif dans l’info. »

    Parfais monsieur Akkouche ! ! ! Vous avez apporteé votre contribution à ce matraquage. Les autres vont suivre....Et les femmes vont se voiler de plus en plus.....bizarre...non ? ? ?

  • A déménagé le 2 mai 2011
    A déménagé le 2 mai 2011
    Délinquante au coin de la rue
    • Posté à 16h06 le 06/09/2009
    • Internaute 26137
      Délinquante au coin de la rue

    J’ai rencontré, dans mon petit supermarché, une jeune fille portant le niqab ;
    son regard était celui de toute jeune fille de son âge, elle faisait des courses avec une copine non voilée, et en apparence, ses préoccupations du moment ressemblaient aux miennes : faire des courses...

    Ah, j’oubliais, le regard des autres : indifférent. Personne n’avait l’air choqué... et moi non plus.
    Peut-être mon impression première était de la plaindre, mais comme je ne sais pas sa vie, je ne sais rien de ces femmes, de ces jeunes filles, de leur choix, de leur envie, je ne suis pas apte à juger.
    Elle avait l’air tout à fait heureuse dans son habit noir ; sortirait-elle avec des amies non voilées si elle était obligée de se vêtir ainsi ?

    Est-ce qu’on en fait pas trop ?

    Vous dites :
    « Aurais-je réagi d’une manière identique face à une Lolita-Bimbo élevée par TF1 et le magazine Jeune et Jolie, fardée jusqu’au cœur, nombril épinglé, string débordant et décolleté abyssal ? Sans doute pas eu le réflexe de pester contre les publicitaires colonisant esprit et corps d’enfants dès leur plus jeune âge. Et me serais-je autant interrogé devant un ado porteur d’une kippa, d’une croix, le crâne rasé d’un bouddhiste, ou les poignets scarifiés d’un jeune paumé ? Pourquoi alors une telle réaction face à un voile ? »

    Là, je vous suis...et aussi quand vous dites :
    « Cela dit, si l’on propose à une petite fille de décrire son rêve d’avenir, pas sûr du tout qu’elle réponde spontanément : porter le voile. Gageons que les responsables chargés de ce sujet trouveront les réponses les plus appropriées. »

    En fin de compte, elles seules ont la réponse.
    Mais je pense qu’à force nous aussi, de vouloir leur dicter notre pensée, nous allons à l’inverse de ce que nous désirons pour toutes les femmes : la liberté.

  • Lephauste
    Lephauste
    hautetfort.humeurnoirte.fr
    • Posté à 16h11 le 06/09/2009
    • Internaute 29119
      hautetfort.humeurnoirte.fr

    Mouloud, me permettez vous un contre-pied ? Un « fichu » débat semble opposer la laïcité, souveraine déchue, frangine repassée de la République, vieille planche à billets usée, à l’exercice consentit des pratiques d’une religion (n’importe laquelle, dans l’ordre, le désordre) qui impose des protocoles sociaux. Le débat n’a pas lieu, n’aura pas lieu car les participants sont dans l’ornière calcaire de la calcification disqualifiante des poncifs. Je ponce donc je suis ! dit la pierre.

    Une amie me faisait remarquer qu’elle en avait assez des affiches de publicité qui pour nous vanter les mérites d’une quelconque poudre à récurer, exhibaient systématiquement des volumes mammaires, des décolletés si vertigineux, des culs faits pour damner Galilée, qu’elle se sentait écrasée par le format des sus-dits... La femme occidentales à qui l’on a fait prendre la liberté d’être pour une marque de mascara est toute offerte, partout, blonde, brune, rousse, châtain, à la concupiscence du mâle qui parfois, c’est mon cas, préférerait rêver les yeux fermés, à ces beautés, dont Charles dit : Ce ne sont pas là des beautés de vignette.

    Ces femmes, ces musulmanes encagées par le respect, peut-être mal compris, pour un dogme aussi ancien que l’idée de Dieu (les maisons de retraite pour dieux n’existent pas ?), sont l’avers exact de ce que la société de consommation nous somme de penser des femmes. Soit elles sont putes et libres de l’être, soit elles sont malheureuses et brimées. Qu’y a-t-il sous le voile ? Quel esprit se cache sous la Burka ? Une poétesse, une rêveuse, une épouse, une aimée, une femme battue, une adultère ayant eu des enfants avec un homme qui ne la faisait pas jouir, une chômeuse sans papier, une jeune fille mariée de force à un garçon marié sans qu’il y ait consentit ? Un homme ? Aux cils bordés de Kohol ?

    Qu’y a-t-il sous les affiches de la propagande du ministère du bonheur ? Rien.

    Et dans nos crânes en forme d’ogives à charge creuse, qu’y a-t-il d’encore défendable ? Un rêve ? Un souhait ? Un vœux ? Un vœux, je le fais ici : Que toutes et tous arrivions un jour à nous parler en sautant pardessus la burka de la misère sociale.

    • Anonyme répond à Lephauste

      Bonjour Lephauste, j’aime beaucoup votre texte, très bien écrit, ça change de beaucoup de bêtises qu’on peut lire par ici, mais pourriez-vous m’ expliquer en quoi il prend tellement le contrepied de celui de Mr Akkouche, merci.

      Loubna

      • Lephauste
        Lephauste
        hautetfort.humeurnoirte.fr
        • Posté à 16h52 le 06/09/2009
        • Internaute 29119
          hautetfort.humeurnoirte.fr

        Vous avez raison Loubna (Dixit Rank Xerox ? L’héroïne s’appelle ainsi dans cette BD), le contre pied ressemble plutôt à une contre-marche. Je voulais surtout insister, idée fixe chez moi, sur la consommation de l’homme par l’homme qui est le dernier fleuron de la civilisation anthropophage dans laquelle nous involuons, avant qu’elle ne se foute en l’air, la « civilisation occidentale ».

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 18h56 le 06/09/2009
      • Internaute 41144

      « ce que la société de consommation nous somme de penser des femmes. Soit elles sont putes et libres de l’être, soit elles sont malheureuses et brimées. »

      Qu’est-ce que c’est que cette monstrueuse ânerie ? C’est exactement la thèse des islamistes, que vous soutenez là ! Les femmes occidentales ont justement le bonheur de ne pas (plus) être enfermées dans cette épouvantable alternative - la pute ou la sainte : ça c’est au contraire le sort qui leur est réservé dans les sociétés patriarcales obscurantistes dont nous avons eu tant de mal à sortir. C’est chez les intégristes qu’une femme non-voilée est une « pute » - qu’elle est donc forcément brimée et condamnée à se bâcher.

      « Un vœux, je le fais ici : Que toutes et tous arrivions un jour à nous parler en sautant pardessus la burka de la misère sociale. »

      Une femme en burqa n’a PAS le droit de vous parler, c’est même précisément la signification de cet accoûtrement : il est l’affichage de l’apartheid sexuel auquelles ces malheureuses sont condamnées. Votre voeu est donc nul et non avenu.

      • Alain Pacifique
        Alain Pacifique répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
        enfin!! ça marche !
        • Posté à 22h47 le 06/09/2009
        • Internaute 24637
          enfin!! ça marche !

        Juste une question :
        dans cette phrase « ce que la société de consommation nous somme de penser des femmes. »
        qui est ce qui « nous somme de penser des femmes. » ?
        c’est bien « la société de consommation “, non ?

  • hestiamarie - fermé le 17-09_09
    • Posté à 16h30 le 06/09/2009
    • Internaute 85333
      on s'en fiche

    Merci pour votre billet qui va au delà du « ressenti ».

    Pourquoi vous opposez vous au port des signes religieux dans un lieu public ?

    Pour tout vous dire : je n’ai aucune opinion et n’arrive pas à en avoir dans ce domaine.

    • Mouloud Akkouche
      • Posté à 17h04 le 06/09/2009
      • Internaute 49213
        Ecrivain

      Bonjour,

      Pan sur le bec comme on dit au Canard Enchaîné. Certains appelleraient ça un « lapsus calami ’’ - peut-être inventer un terme pour les “ lapsus de clavier ’’ ? -, d’autres une erreur... mais je voulais écrire : ‘ Signes ostentatoires religieux ’’. Désolé pour ce mot en moins qui revêt une importance plus qu’ostentatore...

      Cordialement,

      Mouloud

      ps) Je vais demander à l’équipe de Rue 89 si elle peut corriger mon erreur.

      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à Mouloud Akkouche
        In enculo cum vibro
        • Posté à 17h19 le 06/09/2009
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        Un signe non-ostentatoire ne signifie pas, et n’est donc pas un signe.

        Un signe est par définition ostentatoire.

        Signe ostentatoire est un concept jésuitique pour signifier qu’une croix en pendantif, c’est acceptable à l’école, mais une kippa ou un tchador, c’est ostentatoire.

      • hestiamarie - fermé le 17-09_09
        • Posté à 17h50 le 06/09/2009
        • Internaute 85333
          on s'en fiche

        Mais non laissez ce lapsus !

        Quelqu’un va nous aider à le décrypter ! Il doit vouloir dire beaucoup de votre regard : allo Freud !

        ––––––-

        Je n’arrive pas à comprendre le sens de la gêne que renvoie ces signes.Je suis incapable de me positionner quand je croise une jeune femme voilée , un moine tibétain, une bonne sœur, un chanoine etc.
        D’ailleurs, contrairement à vous, je ne les remarque pas comme signe ostentatoire.

        ––––––

        D’ailleurs je me demande si « me positionner » n’est pas une commande de la société .Parce que dans le fond en quoi cela nous concerne ?
        Qu’est ce qui VOUS gêne dans ce voile ?

        Je ne saisis toujours pas en quoi il est gênant dans l’espace public de porter un signe montrant son appartenance à une communauté religieuse.

        ––––

        Il y a 30 ans quand on croisait des pensionnaires en uniforme bleu marine , des scouts est ce que cela nous dérangeait ? non.
        Et pourtant ça se voyait : nom de D !

         
        • Compte supprimé le 4 janvier 3
          • Posté à 19h09 le 06/09/2009
          • Internaute 41144

          « Je suis incapable de me positionner quand je croise une jeune femme voilée , un moine tibétain, une bonne sœur, un chanoine etc. »

          Il y a une grosse différence entre un « professionnel » homme ou femme d’une religion qui en porte l’uniforme, et l’obligation faite à la moitié de la population de porter comme emblême de sa prétendue infériorité un accoûtrement qui l’empêche de mener une vie normale (c’est le but recherché).

          Ca n’a rien à voir avec l’uniforme des pensionnaires (ou des écoliers encore aujourd’hui dans de nombreux pays) ou celui des scouts : on cesse un jour d’être pensionnaire ou écolier, on peut quitter les scouts (donc leur uniforme), on ne cesse jamais d’être une femme, donc « inférieure » à ’homme et « soumise » à celui-ci. C’est en cela que le voile est choquant, particulièrement le voile intégral qui est en plus handicapant.

          « D’ailleurs je me demande si “ me positionner ” n’est pas une commande de la société . »

          C’est quoi, la « société » ? Personne ne vous oblige à vous « positionner » au sujet de quoi que ce soit, c’est justement tout l’intérêt de vivre dans une société démocratique.

          « Parce que dans le fond en quoi cela nous concerne ?
          Qu’est ce qui VOUS gêne dans ce voile ? »

          En quoi l’apartheid en Afrique du Sud me concernait-il, moi qui suis française et blanche ? Pourtant, en tant qu’être humain, il me concernait au premier chef. C’est pareil pour le voile (je ne parle pas du simple petit fichu) : la condition des femmes me concerne d’autant plus que la nôtre s’est améliorée il y a relativement très peu de temps.

          • hestiamarie - fermé le 17-09_09
            • Posté à 21h30 le 06/09/2009
            • Internaute 85333
              on s'en fiche

            S’il suffisait d’un bout de tissu en plus ou en moins sur des cheveux pour se sentir libre ça se saurait.
            Osez dire que ce qui vous gêne c’est le symbole religieux de ce tissu et là nous pourrons alors commencer un débat sur la différence religieuse dans une démocratie.

            ––––
            Vous éluder joyeusement la question de base : Pourquoi ces jeunes femmes portent t-elles ces symboles ?
            ––––-

            En formulant les bonnes questions de façon dépassionnée on peut ainsi cheminer paisiblement vers la compréhension .

            –––––––
            Beaucoup de ces jeunes femmes ont choisi de porter ce foulard pour dire leur attachement à une religion et à des traditions.
            nous n’avons pas à juger en terme de bien ou mal.

            Nous nous devons d’essayer de comprendre ce qui a échoué dans les politiques(sociales/urbaines) pour amener un repli communautaire.
            La question de base est donc à mon avis politique.
            ––––-
            A qui profite cette cabale contre le voile ?
            A qui a profité l’arrivée progressive de ces voiles dans les années 2000 dans les cités ?
            Qui a proposé de porter le voile à ces jeunes femmes ?
            Pourquoi l’ont elles accepté ?

            • Compte supprimé le 4 janvier 3
              • Posté à 17h41 le 07/09/2009
              • Internaute 41144

              Vous êtes franchement impayable !

              « Osez dire que ce qui vous gêne c’est le symbole religieux de ce tissu et là nous pourrons alors commencer un débat sur la différence religieuse dans une démocratie. »

              Je ne vois pas pourquoi j’« oserais » dire une chose qui est complètement fausse ! Car les symboles religieux ne me dérangent absolument pas, quels qu’ils soient (sauf à l’école, bien entendu, et chez les fonctionnaires de l’Etat). Vous êtes donc en train de me faire un procès d’intention.

              Ce qui fait plus que me « gêner », c’est l’étalage d’une idéologie politique qui affirme l’infériorité et l’assujetissement des femmes.

              « Vous éluder joyeusement la question de base : Pourquoi ces jeunes femmes portent t-elles ces symboles ? »

              Je n’élude rien du tout, et je ne trouve rien de « joyeux » à ce sujet. Pour avoir enseigné en ZEP pendant des années et des années, je peux apporter un début de réponse à votre question ! Dans ce qu’on appelle pudiquement les « quartiers » (sans qualificatif), les jeunes filles sont soumises à une pression sociale intense, non pas tant de la part de leurs parents que de la part de leurs frères et des copains de ceux-ci : en d’autres termes des petits caïds.

              Nombre de gamines se voient confisquer tous leurs vêtements le weekend : on est sûr qu’elles ne sortiront pas en pyjama... et en particulier qu’elles n’iront pas se livrer à des activités absolument dégoûtantes comme le sport, par exemple.

              Les filles qui ne se conforment pas au strict code vestimentaire imposé par les garçons sont immédiatement classées dans la catégorie des « putes », ce qui signifie qu’on peut faire ce qu’on veut avec elles, y compris les violer, puisque par définition elles seront « consentantes ».

              Je vous conseille « La journée de la jupe », excellent téléfilm que j’ai vu pas plus tard qu’hier soir, tiens !

              « En formulant les bonnes questions de façon dépassionnée on peut ainsi cheminer paisiblement vers la compréhension . »

              C’est beau, l’angélisme ! Qui va décider de ce que sont les « bonnes » questions ? Ca implique qu’il y en ait de « mauvaises » ? La compréhension de quoi ? D’un phénomène d’aliénation d’une partie de la population ? Vous avez besoin de poser les « bonnes » questions pour comprendre ce qui est vieux comme le monde ?

              « Beaucoup de ces jeunes femmes ont choisi de porter ce foulard pour dire leur attachement à une religion et à des traditions.
              nous n’avons pas à juger en terme de bien ou mal. »

              Comment le savez-vous ? De quel « foulard » parlez-vous ? Du petit fichu joliment seyant qui fait ressortir l’arrondi du visage et fait le plus grand effet aux garçons au-dessus de grands yeux bien maquillés, ou du voile intégral qui transforme les malheureuses qui le portent en fantômes dénués d’existence ? Pourquoi n’aurions-nous pas à juger en termes de bien ou de mal ? Qui êtes-vous pour nous interdire de le faire ? Pouvez-vous svp m’indiquer quels sont les domaines dans lesquels nous aurions le droit de juger en terme de bien ou de mal ?

              « Nous nous devons d’essayer de comprendre ce qui a échoué dans les politiques(sociales/urbaines) pour amener un repli communautaire. »

              Vous êtes très contradictoire : vous commencez par dire que vous ne vous êtes pas « positionnée » au sujet du voile, puis qu’il ne faut pas le juger en terme de bien ou de mal, et voilà maintenant que vous avouez du bout des lèvres y voir un « échec » dans les politiques sociales/urbaines... Faudrait savoir...

              Votre erreur de base, c’est de considérer qu’il s’agit d’une question franco-française, alors que c’est tout sauf ça. Le voile intégral se répand partout en Europe, quelles qu’aient été les diverses politiques sociales et urbaines des différents pays - et elles sont nombreuses et variées. Il se répand également dans tous les pays musulmans, y compris ceux dans lesquels il n’a jamais fait partie de la tradition ni vestimentaire ne religieuse.

              « La question de base est donc à mon avis politique. »

              C’est exactement ce que je m’échine à répéter ! Le voile intégral est l’étendard d’une sorte de fascisme : le totalitarisme islamiste, qui est bel et bien un projet politique. La question que je me pose est la suivante : les « belles âmes » de votre genre, qui prétendent ne pas avoir de position, tout en en défendant une, tout en la condamnant, nous autorisent-elle à juger le fascisme en terme de bien ou de mal ? Ou bien n’aurait-on le droit de condamner le fascisme QUE sous sa forme européenne ?

              « A qui profite cette cabale contre le voile ? »

              Il y a une « cabale » contre le voile intégral ? C’est très mal, une « cabale » : ça signifie qu’il s’agit d’attaques parfaitement injustifiées contre quelque chose de tout à fait innocent...

              Diriez-vous qu’il y a une « cabale » contre la peine de mort et les injustices sociales, par exemple ? Ou bien parleriez-vous alors d’un « juste combat » ? Que signifient pour vous les questions suivantes : « A qui profite la cabale contre la peine de mort », « A qui profite la cabale contre l’inégalité des droits ? », « A qui a profité la cabale contre l’apartheid ? »

              C’est ce que vous appelez une « question dépassionnée » ? ? ?

              Ce qu’il y a en réalité, ce n’est pas une « cabale », mais un grand mouvement d’indignation devant la multiplication de ces accoûtrements de Belphégor, qui représente un bond en arrière de plusieurs siècles en matière de droits des femmes - droits durement acquis.

              « A qui a profité l’arrivée progressive de ces voiles dans les années 2000 dans les cités ? »

              Celle-là, elle est fastoche : aux machistes en général et aux machistes islamistes en particulier.

              « Qui a proposé de porter le voile à ces jeunes femmes ? »

              Les islamistes qui ont déboulé dans les « quartiers » (sans qualificatif) dans les années 90, et les jeunes caïds qu’ils ont aisément ralliés à leur cause (au moment même où ils égorgeaient des villages entiers en Algérie).

              « Pourquoi l’ont elles accepté ? »

              Pour la plupart : parce qu’elles n’avaient pas le choix, sous peine de passer de très mauvais quarts d’heures, comme Sohanne ou Shéhérazade, par exemple.

              Toutes vos questions ptétendument « dépassionnées » trouvent leurs réponses sur le site d’une organisation qui a été créée dans les cités peu après l’arrivée des islamistes, et à cause des conséquences de leur arrivée en termes de régression spectaculaire de la condition féminine : Ni Putes Ni Soumises.

              Vous représentez parfaitement une certaine fraction de la « gauche » qui ne supportait pas les curés mais qui est prête à baisser son froc devant les imams, sous prétexte que les « damnés de la terre » sont forcément des anges et ne sauraient avoir de noirs desseins envers la moitié de l’humanité. C’est une attitude totalement paternaliste et néo-coloniale. L’égalité des droits est un principe universel : des hommes qui prétendent imposer un système d’oppression aux femmes ne sont que des fascistes machos (pléonasme), et doivent être jugés en termes de bien ou de mal exactement de la même façon, qu’ils soient islamistes ou bien intégristes occidentaux. Les femmes qui sont soumises à l’oppression de fascistes obscurantistes (pléonasme) méritent notre soutien autant que les Noirs en Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid.

              Ce qui est bon pour les occidentales - à moins d’être d’un racisme ignominieux - est bon pour les orientales. Un salaud est un salaud, sous toutes les lattitudes.

              • Jean-Luc LUMEN
                • Posté à 23h31 le 07/09/2009
                • Internaute 47198
                  en invalidité

                je vous en ais mis 5 

                mais…

                « Un salaud est un salaud, sous toutes les latitudes. » – tout à fait d’accord.
                Un salaud qu’il soit de droite du centre ou de gauche et sous toutes latitudes est toujours un salaud

                « certaine fraction de la “ gauche ”“– pourquoi ce clivage, ne pensez vous pas qu’il y a de même ‘certaine fraction de la droite’.

                • Compte supprimé le 4 janvier 3
                  • Posté à 00h02 le 08/09/2009
                  • Internaute 41144

                  Merci.

                  Il doit aussi y avoir « une certaine fraction de la droite qui »... mais contrairement à la gauche, ce n’est pas ma famille politique, donc je ne m’en étonne pas.

              • Homere elmero
                Homere elmero répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
                communiste primitif
                • Posté à 11h51 le 09/09/2009
                • Internaute 87706
                  communiste primitif

                Moi, ce qui me derange un peu dans cette histoire, c’est que si on interdit niqab et burqa dans les lieux publics, il faudra bien se resoudre a interdire l’etui pelvien aux papous de nouvelle-guinee. Voyez la gueule de la postiere ! Et je ne sais pas si vous avez remarque, mais il y en a de plus en plus des papous a paris....

              • yacinus
                yacinus répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
                en levitation
                • Posté à 13h10 le 09/09/2009
                • Internaute 43834
                  en levitation

                « Comment le savez-vous ? De quel “ foulard ” parlez-vous ? Du petit fichu joliment seyant qui fait ressortir l’arrondi du visage et fait le plus grand effet aux garçons au-dessus de grands yeux bien maquillés, ou du voile intégral qui transforme les malheureuses qui le portent en fantômes dénués d’existence ? »

                Si je comprends bien, le voile simple ne vous dérange pas tant que cela. Vous lui trouvez même des vertus séductrices....un accessoire de mode parmi d’autre.
                Lui reconnaissez vous une signification religieuse, spirituelle ? ? ?
                Les gens des quartiers( pour ne pas dire ...de la -bas) ont ils le droit d’avoir de la spiritualité , exprimable,ou sont ils ,forcement,par nature / culture,les vecteurs d’une idéologie fascisante et totalitaire ? ?

                • Compte supprimé le 4 janvier 3
                  • Posté à 17h24 le 09/09/2009
                  • Internaute 41144

                  « Si je comprends bien, le voile simple ne vous dérange pas tant que cela. »

                  Il ne me dérange pas du tout, sauf à l’école ou chez les fonctionnaires, qui ont un devoir de neutralité. Les femmes qui le portent ne sont pas du tout handicapées et peuvent mener une vie pargaitement normale - conduire une voiture, aller chercher leurs enfants à l’école, avoir un emploi, traverser la rue, avoir une vie sociale... Ca n’a strictement rien à voir avec le voile intégral qui empêche celles qui le portent de VIVRE.

                  « Vous lui trouvez même des vertus séductrices….un accessoire de mode parmi d’autre. »

                  Je constate qu’un certain nombre des jeunes filles qui le portent l’utilisent comme un accessoire de mode, puisque tout le reste de leur tenue est aguichante et coquette. Ceci n’est absolument pas un jugement de valeur : je n’ai rien non plus contre la coquetterie.

                  « Lui reconnaissez vous une signification religieuse, spirituelle ? ? ? »

                  Je ne lui reconnais rien du tout, pas plus qu’aux cornettes des bonnes soeurs (s’il en existe encore), aux soutanes des curés, aux barbes des imams, aux robes et aux crânes rasés des moines bouddhistes, aux papillottes des rabbins orthodoxes, etc. : je ne me sens pas concernée. En tant que mécréante, je rigole quand je vois certains croyants affirmer leur prétendue « spiritualité » par des manifestations aussi triviales (un bout de tissu, un crâne rasé, une mèche de cheveux...).

                  « Les gens des quartiers( pour ne pas dire …de la -bas) ont ils le droit d’avoir de la spiritualité , exprimable ? ? »

                  Quel joli procès d’intention... Figurez-vous que dans mon enfance, j’enviais les « gens des quartiers » - qui étaient déjà d’origines très diverses - parce que contrairement à moi ils avaient dans leurs logements HLM tous neufs l’eau chaude et l’eau froide au robinet, une salle de bain (quel rêve !) et le chauffage central. Autant dire qu’ils vivaient plus confortablement que le roi à Versailles... Comme quoi tout est relatif ! Chez nous on allait tirer l’eau froide dans la cour à la pompe qu’on partageait avec les voisins, on se baignait tous les samedis dans un tub devant la cuisinière à charbon dans la cuisine et on allait se coucher avec une brique chauffée au four et enveloppée dans du papier journal. Quand j’ai pu accéder à un petit appartement HLM, j’ai eu l’impression de me vautrer dans le luxe et la volupté...

                  Ca c’était pour les quartiers.

                  Les gens des quartiers ont-ils le droit à une spiritualité ? Ben oui, comme tout le monde : je m’esquinte à répéter que je suis TRES attachée à la liberté de conscience, c’est la raison pour laquelle je viens de signer une pétition de soutien présentée par des témoins de Jéhovah, que j’estime injustement persécutés en France. Pourtant, je suis en désaccord total avec leur histoire de transfusion sanguine, et je suis très contente que les médecins français passent outre dans les hôpitaux quand un ENFANT a besoin d’une transfusion sanguine (les adultes font ce qu’ils veulent), mais j’estime que chacun a le droit de croire aux conneries qu’il veut.

                  Je suis totalement athée, et convaincue que la religion c’est l’opium du peuple, rien d’autre qu’un ensemble de superstitions pour obsessionnels compulsifs, au mieux une mythologie - toutes les religions. A ce titre, je ne vois pas pourquoi la scientologie est davantage traînée en justice que les cathos ou les musulmans : quelle différence ? Dès l’instant où on reconnaît à tout le monde le droit de croire en ce qu’il veut, pourquoi désigner une de ces « croyances » à la vindicte populaire ?

                  Personnellement, la « spiritualié » des scientologues me fait marrer, mais pas plus que celle des cathos ou des musulmans.

                  Dans une démocratie, toutes les idéologies (dont les religions font partie) ont droit de cité - ainsi que (c’est TRES important) la CRITIQUE de ces idéologies. Toutes les religions présentent le danger de devenir totalitaires si on n’y prend pas garde. Nous vivons dans un pays qui a eu le plus grand mal à se libérer du joug des curés : il n’est pas question qu’on accepte de tolérer le joug de n’importe qui d’autre prétendrait qu’une fantasmatique « loi de dieu » serait supérieure à la loi humaine.

                  Car dans nos belles démocraties, seule la loi humaine vaut - elle est votée dans des parlements composés d’hommes et de femmes élus par des hommes et des femmes.

                  La religion prétend imposer une fantasmagorique « loi divine » dans de nombreux pays, même européens : le pape fait encore quasiment la loi en République d’Irlande, bien que de plus en plus d’Irlandais ruent dans les bracards, ce qui fait que le parlement vient tout de même d’autoriser le divorce, pape ou pas pape...

                  Mais force est de constater qu’aujourd’hui, de toutes les religions, celle qui représente la plus grande menace de totalitarisme, c’est l’islam : il n’existe aucune « République Catholique » au monde (avec la Bible comme constitution), alors que les pays officiellement « islamiques » sont légion (avec le Coran comme constitution).

                  Il y a donc un gouffre entre les gens qui croient à telle mythologie - chrétiens, juifs, scientologues, témoins de Jéhovah, musulmans, adorateurs de l’oignon - et qui pratiquent leur culte tout en respectant la loi humaine, et ceux pour qui cette mythologie, avec sa prétendue « parole divine », est un projet politique : ceux-là doivent être combattus, comme tous les totalitaires.

                  Le petit fichu sur la tête est un signe religieux, qui n’a pas plus d’importance qu’une kippa ou une croix. Ca n’a rien à voir avec le voile intégral qui n’a rien à voir avec une signification « spirituelle ». C’est un affichage politique aussi intolérable dans nos contrées que la croix gammée. C’est l’étendard d’une idéologie fasciste, qui établit une hiérarchie dans l’espèce humaine (comme le faisait le nazisme). Cette idéologie politique prône le renversement des valeurs démocratiques et les principes inaliénables d’égalité entre les humains.

                  « sont ils ,forcement,par nature / culture,les vecteurs d’une idéologie fascisante et totalitaire ? ? »

                  Pourquoi cette étrange question ? Les Allemands sont-ils forcément, par nature / culture, les vecteurs du nazisme, ou les Italiens du fascisme ? La connerie, l’appêtit de pouvoir et la tentation de la barbarie sont les choses au monde les mieux partagées.

                  Je trouve très inquiétant de devoir rappeler le B A BA de la démocratie comme s’il s’agissait de quelque chose d’extraordinaire.

                  • yacinus
                    yacinus répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
                    en levitation
                    • Posté à 00h04 le 11/09/2009
                    • Internaute 43834
                      en levitation

                    « Quel joli procès d’intention… Figurez-vous que dans mon enfance, j’enviais les “ gens des quartiers ” - qui étaient déjà d’origines très diverses - parce que contrairement à moi ils avaient dans leurs logements HLM tous neufs l’eau chaude et l’eau froide au robinet, une salle de bain (quel rêve !) et le chauffage central. Autant dire qu’ils vivaient plus confortablement que le roi à Versailles… Comme quoi tout est relatif ! Chez nous on allait tirer l’eau froide dans la cour à la pompe qu’on partageait avec les voisins, on se baignait tous les samedis dans un tub devant la cuisinière à charbon dans la cuisine et on allait se coucher avec une brique chauffée au four et enveloppée dans du papier journal. Quand j’ai pu accéder à un petit appartement HLM, j’ai eu l’impression de me vautrer dans le luxe et la volupté… »

                    Mais de qui parlez vous ? La population des quartiers d’aujourdh’ui (je parle de celle issue de l’immigration) habitait à l’epoque de votre enfance des logements insalubres voire dans des bidonvilles..Renseignez vous sur la comosotion sociologique des premiers habitants des banlieues avant de de vous exprimer de maniere erronéee. Nous n’allons pas nous lancer dans la surenchere miserabiliste mais je pense que ceux qui ont connu les bidonvilles devaient , peut etre, envier votre inconfort temporaire.

                    Vous devriez lire le gone du chaaba, c’est très instructif.

                    « Je suis totalement athée, et convaincue que la religion c’est l’opium du peuple, rien d’autre qu’un ensemble de superstitions pour obsessionnels compulsifs, au mieux une mythologie - toutes les religions. »

                    Ce genre de formulation à l’emporte-pieces ne peut qu’epater les ignorants. Etes vous devenue psychiatre, entre deux post ?
                    Vous manipulez des notions qui vous sont totalement etrangeres.Quid de l’obsession compulsive ? ?
                    Si je comprends bien 80% des habitants de la terre ( c’est plus ou moins la proportion des croyants sur cette planete, toutes religions , tradtions et spiritualités confondues) sont des malades mentaux ! ! ! ! Quel respect d’autrui.Je ne savais pas que l’atheisme pouvait nous rendre aussi philantrope ! ! !

                    « Mais force est de constater qu’aujourd’hui, de toutes les religions, celle qui représente la plus grande menace de totalitarisme, c’est l’islam : il n’existe aucune “ République Catholique ” au monde (avec la Bible comme constitution), alors que les pays officiellement “ islamiques ” sont légion (avec le Coran comme constitution). »

                    Arretez d’essentialiser l’islam, essayer d’etre dans la nuance. Lisez par exemple Bruno Etienne. Il y en a pleins d’autres qui vous eclaireront et vous eviterons d’avoir des conceptions simplistes sur l’islam.A moins que l’ideologie l’emporte ......
                    Pour info, les Etats unis qui sont la plus grande democratie du monde, on envahit l’ Irak au nom de la democratie et au nom du christianisme messianique.Faites des recherches sur le net. La colusion entre la democratie et la religion est souvent un fait.

                    « Je trouve très inquiétant de devoir rappeler le B A BA de la démocratie comme s’il s’agissait de quelque chose d’extraordinaire. »

                    Rien ne vous obligeait à tenir ce genre d’exercice. En tous cas, je ne le prends pas pour moi, loin s’en faut. Par contre, relisez la declaration universelle des droits de l’homme. Jamais il n’y est mention de maladie mentale pour les croyants.

                    Votre irrespect me revulse ! ! !

          • A_déménagé_le_1_septembre
            • Posté à 06h23 le 07/09/2009
            • Internaute 87710
              iconoclaste

            Beatrice, votre réponse est excellente je trouve, et j’ai du mal à saisir la notation aussi faible des internautes, comme pour beaucoup de commentaires d’ailleurs. J’ai l’impression d’être sur un blog de la pensée unique, encore un... en ce qui me concerne, je suis d’accord avec vous.

  • hestiamarie - fermé le 17-09_09
    • Posté à 16h44 le 06/09/2009
    • Internaute 85333
      on s'en fiche

    La soupe à la laïcité

    La soupe à la laïcité. L’hiver approche, et rien de tel qu’une bonne soupe à la laïcité pour passer une agréable soirée entre amis. En France, cette soupe est devenue un mythe. Chacun a sa recette, sûr que c’est la seule et la meilleure. Voici donc comment s’y prendre.

    Achats. Par un temps béni des dieux, se rendre au marché. Pour une soupe à la laïcité réussie, il faut de bons ingrédients. Ne mégotez pas la dépense, Dieu vous la rendra au centuple. Si voulez que votre soupe ait du succès, il vous faudra la défendre comme une denrée pleine d’avenir. Aussi, choisir des produits très frais. En fait, l’essentiel est qu’ils en aient l’air, et entre nous, le congelé a fait ses preuves.

    Ingrédients. Pas de soupe à la laïcité sans un bon gros morceau de loi du 9 décembre 1905. L’achat est délicat. La religion est faite de passions, et votre morceau de loi doit être de belle consistance. On trouve encore des morceaux d’origine chez quelques antiquaires, la pauvre loi ayant été modifiée treize fois depuis sa publication au Journal officiel de la cuisine française. Méfiez vous des marlous qui veulent vous refiler la loi de 1905 dans la version de 2008 : aucun rapport entre les deux. A défaut d’un vrai morceau de loi de 1905, très rare, on trouve d’excellentes imitations. Et comme dirait mon curé, mon iman, mon rabbin, mon pasteur, mon moine, ma sœur, mon ayatollah, mon pape, mon mufti, mon prédicateur, mon Nicolas, l’essentiel, c’est d’y croire.

    Conseil du chef. Pour que la soupe soit goûteuse, vous ajouterez aussi d’autres morceaux de lois, taillés dans les parties nobles. L’idéal est de trouver un peu de la loi du 29 mars 1882 instaurant la dualité d’enseignement public et privé, dont le fumet est sans comparaison. Mais, vous trouverez de quoi diversifier le goût : concordat maintenu en Alsace-Moselle, statut social des ecclésiastiques, aumôneries dans les services publics, émissions religieuses sur le service public de l’audiovisuel, évêque aux armées, calendrier officiel à Mayotte calé sur les fêtes musulmanes,… Evitez les circulaires, certes nombreuses, mais qui n’ont pas beaucoup de goût. Pour relever le tout, vous pouvez ajouter une petite jurisprudence. Il en existe de très bonnes et pour pas cher. Un arrêt du Conseil d’Etat statuant sur les sonneries de cloches garantira le succès de votre soupe. legumes.jpg

    Attention. Lors de vos achats, évitez surtout de vous faire refiler par un commerçant indélicat l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui définit la liberté de religion. Ce serait la fin de la soupe. Cet article 9 est un poison mortel, et il casserait l’ambiance de votre soirée. Ecoutez bien : le coquin article crée un modèle pour la liberté de croyance dans les 47 Etats du Conseil de l’Europe, si différents, qui pratiquent tous les statuts religieux, et connaissent toutes les religions. Un modèle imbattable : croire ou ne pas croire, croire en ce que l’on veut, et pouvoir changer de croyance. Autant dire qu’avec cet article 9 notre bonne vielle laïcité à la française passe du registre de modèle mondial, à celui de modalité d’application. Vous imaginez la tête de vos convives... Ne vous laissez pas attendrir. Cet œcuménisme du droit européen est notre perte.

    Ingrédients, suite. Indispensable pour la réussite votre soupe, une grosse dose d’incompréhension. Ne faites pas dans la demi-mesure. Les vendeurs sont nombreux, et leurs produits excellents. L’incompréhension est indispensable pour que la soupe à la laïcité prenne sa saveur. Et la magie du plat est qu’il y a tellement de sources d’incompréhension, que votre recette sera toujours renouvelée. Ne changez rien, c’est l’incompréhension qui changera tout.

    Cuisson. Je déconseille le barbecue et les grillades en général, qui ravivent trop de mauvais souvenirs. Dans l’idéal, la soupe à la laïcité dégage tous ses fumets avec des cuissons lentes. La cuisson centenaire est excellente, mais vos invités risquent de se lasser, et la réincarnation reste une hypothèse minoritaire. Aussi, le feu vif convient très bien.

    Service. Servir la soupe dans une soupière républicaine, si possible rehaussée de bleu, blanc, rouge. Si l’ambiance est trop molle, sortez du congélateur un nouveau morceau d’incompréhension, et jetez-le dans la soupe bouillante. Si ça ne suffit pas, ajoutez une à deux heures de TF1. Vous pouvez plonger dans la soupe quelques vieux croutons. Le fromage est inutile, car de toute façon la discussion sera gratinée.

    BLOG DE MAITRE GILLES DEVERS LE 14/09/2008

    • far niente
      far niente répond à hestiamarie - fermé le 17-09_09
      l'art du bien vivre
      • Posté à 23h14 le 06/09/2009
      • Internaute 87351
        l'art du bien vivre

      Gilles Devers, ce n’est pas l’avocat de la mosquée de Lyon ?
      Je trouve ce texte drôle, certes, mais vraiment orienté contre la laïcité, celle-ci étant considérée comme une « soupe »

      • hestiamarie - fermé le 17-09_09
        hestiamarie - fermé le 17-09_09 répond à far niente
        on s'en fiche
        • Posté à 07h55 le 07/09/2009
        • Internaute 85333
          on s'en fiche

        bonjour
        En effet, Gilles Devers est l’avocat de la mosquée de Lyon et plaide à la CPI de la Haye pour faire reconnaitre les crimes commis à GAZA.

        Il est en effet « orienté » !
        Ce qui nous permet de débattre !

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 17h13 le 06/09/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    « Il est indéniable que le port imposé de la burqa ou du niqab est un symbole de l’oppression. Mais en quoi le port de la soutane pour les prêtres, de la robe de bure pour les moines, de la robe et de la cornette pour les religieuses, du schtreimel, du spodik ou du caftan pour certains juifs est-il moins oppressif que le port de la burqa pour certaines musulmanes ?

    Rappelons que ce sont toujours les dictatures qui ont voulu imposer un mode de vie et des modes vestimentaires. En 1872, le tsar Alexandre II a interdit, en Pologne, alors sous occupation russe, le port des papillotes et des longs manteaux (costume traditionnel) pour les juifs. Le Code civil de Napoléon Ier interdisait le port du pantalon pour les femmes. De 1967 à 1974, la Grèce des colonels a interdit les cheveux longs et la minijupe. L’Histoire regorge de ces tentatives totalitaires de vouloir régenter la vie des gens.

    “ Lorsque le fanatisme est mis au service d’une cause ignoble, on peut le regretter, on doit le combattre, mais on peut le comprendre – intellectuellement –, car on est dans un système cohérent où les causes et les effets, les objectifs et les moyens, correspondent comme dans un puzzle parfaitement ajusté. Mais lorsque le fanatisme est mis au service d’une cause, la plus noble soit-elle, il dégrade et disqualifie ipso facto cette cause dont il prétend servir la promotion. Pourquoi ? Parce que l’être humain est un être complexe, capable de massacrer ses contemporains au nom de l’amour, de les enchaîner au nom de la liberté, de les rendre fous au nom de la raison et, en somme, de faire régner la terreur au nom de la vertu ” (Alain Graesel, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France).

    La burqa, la soutane, le caftan, sont des tenues imposées pour uniformiser la vie de ceux qui les portent, et “ tout uniforme est une livrée ” (Ferdinand Buisson). Pourquoi, dès lors, distinguer entre les oppressions vestimentaires ? Pourquoi interdire l’une et autoriser les autres ? “

    Extrait du communiqué adopté à l’unanimité des 200 délégués des 81 groupements fédérés représentés au Congrès national de la Libre-Pensée (24-26 août 2009).

    Lien

  • André Lugardon
    André Lugardon
    Enseignant
    • Posté à 17h24 le 06/09/2009
    • Expert 23561
      Enseignant

    Histoire Belge

    Petite sœur aux yeux de gazelle… L’autre jour tu revenais de l’école avec tes copines. Jolies, espiègles, maquillées. Deux voilées, deux cheveux au vent. Toi, tu portais le foulard et tu marchais à petits pas, sur tes premiers « talons ». Couverte et coquette. Une Maroxelloise. A cloche-pied entre deux cultures. Sur la marelle de la société multiculturelle. Entre traditions et émancipation. Tu m’as confié tes rêves : entrer à l’université, faire ta vie, choisir ton mari. Avec ton franc-parler et ta rage d’apprendre, réussis tes études soeurette. Ton émancipation passe par l’école. Je ne veux pas qu’en t’interdisant le foulard, on te renvoie à la maison torcher les petits frères, subir les pressions parentales. Je refuse qu’on te refoule dans une école musulmane, qu’on te coince dans le repli, qu’on réduise les chances qu’un jour tu décides toi-même de te dévoiler. Tout ce qui ne tourne pas rond dans cette société doit-il être, une fois encore, la faute des femmes ? D’une minorité de femmes, stigmatisées, culpabilisées, bafouées par le regard public ? Soeurettes beurettes, je vous ai croisées dans des manifs contre la guerre. Vous étiez excédées par l’assimilation de votre culture au terrorisme, de votre foi à l’intégrisme. Vous disiez qu’on peut prier Allah en refusant la loi des barbus. Toi, tu portais le foulard, et tu disais : « Je suis fière d’être Belge. Je suis fière de notre politique étrangère. L’Europe ne doit pas s’aligner sur les Etats-Unis. » Khadidja, Aïcha, Latifa, vous m’avez expliqué. A l’école, on porte le foulard pour des tas de raisons. Par effet de groupe et crise ado, comme d’autres adoptent le piercing et le nombril à l’air. Pour être respectées par les garçons, s’afficher sexy en rusant avec un bout de tissu. Pour faire la paix avec les parents, et tracer son propre chemin dans la vie. Le voile, signe de soumission, est, parfois, une escale vers l’émancipation. Vous, à l’université, vous portez le foulard pour affirmer votre identité culturelle et spirituelle. Comme, avant vous, Nabela Benaïssa, dont le courage a ému tout le pays. Vous m’avez dit : « Pourquoi cette fixation sur le voile ? Il y a urgence ? Le chômage, les discriminations, les écoles surpeuplées, les quartiers délabrés, ça ne vous intéresse pas ? » Le voile, c’est bien commode pour tirer le rideau. Et se rendormir.

    Bénédicte Vaes.

    Publié dans le journal belge « Le Soir » le 9 janvier 2004

  • lally
    lally
    professeur
    • Posté à 17h25 le 06/09/2009
    • Expert 51226
      professeur

    J’aime beaucoup vos interrogations et la qualité de votre regard.
    La complexité et la contradiction sont tellement balayées médiatiquement, politiquement qu’il est bien de montrer les doutes, les contradictions qu’on porte en soi...ça rend la vie humaine plus humaine.

    Pour autant, je crois que quels que soient les codes qu’affichent un ou une ado, j’ai souvent une réaction assez attristée.
    Qu’il s’agisse de mômes portant kippa ou adoptant un look bcbg à outrance ou encore le total look punk ou encore gothique ou encore chaines or et sportswear ou encore le voile ou encore le piercing et les tenues très dénudées et provocs, je ressens une tristesse profonde. Parce que leur enfermement respectif me rappelle sans doute un moment de la vie où tout est si compliqué et difficile pour arriver à trouver qui l’on est vraiment et où on ne se sent pas spécialement bien dans sa peau...et où le code vestimentaire devient à cette époque de la vie une façon artificielle de s’affirmer, parfois en contradiction totale avec qui l’on est intimement. C’est plus une forme de carapace qu’autre chose avec finalement plus de douleur intérieure, de doutes et de ressentis paroxystiques (de joie ou de douleur) que de réel bien-être.
    Et je crois que c’est pour ça que ça me rend triste.
    Ca me renvoie à ma propre mélancolie adolescente.

    Réaction attristée que j’essaie de relativiser en me disant que ces codes vestimentaires ostensiblement affichés ne sont que transitoires parce que ces jeunes évolueront le plus souvent d’une façon très différente de leur exhibition du moment lorsqu’ils deviendront adultes. Et c’est d’ailleurs rassurant.

    Souvent, le look des ados correspond à un rituel de passage avant l’âge adulte. Une forme d’affirmation suprême d’existence et de revendication d’existence.
    Il s’agit pour eux de se montrer en tant que sujet pour pouvoir après le devenir.

    Dans le cas du voile, il s’agit plus pour les jeunes filles de se montrer que de se cacher. Parce que souvent le milieu dans lequel elles évoluent les nie totalement. Le voile leur permet de devenir enfin visibles socialement.
    Problème : elles ne réalisent pas du tout à quel point, en voulant s’extraire justement avec d’une forme de non-existence, leur costume les enterre socialement et physiquement parce qu’il est un symbole de soumission au patriarcat. Elles n’en mesurent pas les conséquences, ne font pas le lien. Et souvent ont des désirs de liberté très contradictoires avec leur tenue.

    Dans une forme de parallèle, le look bcbg des jeunes filles en lycée affiche à l’insu des ados qui le portent, leur propension à devenir des bourgeoises soumises à un destin de mère au foyer bien sage, oeuvrant au bien-être des enfants et du mari dont la carrière passe avant tout. Voilà ce que ces jeunes filles affichent par leur code vestimentaire, alors même que leur désir intérieur est souvent très différent.

    Idem pour les jeunes filles adoptant des tenues provocantes, cela affiche leur soumission au diktat de la séduction. Elles disent par ce code vestimentaire qu’elles n’existent que par la provocation du désir, provoc telle que la publicité, les émissions de tv ou les journaux la proclament. Alors que parfois, ces jeunes filles d’apparence provocante sont dans une volonté très différente de construction intérieure au plan personnel et voudraient être vues pour qu’elles sont intérieurement et pas simplement extérieurement.

    Ca fait partie des méandres et des contradictions intimes, des tiraillements auxquels nous sommes tous confrontés je crois tant à l’adolescence que par la suite dans notre vie.

    Ce qui devrait nous rassurer, c’est qu’à l’adolescence tout est si mouvant qu’il parait présomptueux de se dire qu’un comportement qu’il soit vestimentaire ou autre sera gravé dans le marbre par la suite.
    Nous changeons tous tellement et en permanence...

    Bien sûr le religieux quel qu’il soit et d’autant plus en cette période de revival intégriste, pèse très fortement sur la population et tente de la maintenir dans des conduites prédéterminées.
    Mais ce n’est pas une fatalité (d’autant moins grâce à une éducation scolaire poussée et mixte) et d’autant plus quand on a quinze-seize ans. En quelques années parfois, le changement peut être radicalement différent. Ceux qui se retrouvent après l’adolescence ont parfois du mal à reconnaître celui ou celle qu’ils cotoyaient au collège ou au lycée. Parce que la personne a évolué d’une façon complètement différente de ce qu’elle montrait à l’époque de son adolescence.

    C’est ce qui est assez surprenant, déroutant, parfois décevant ou alors complètement enthousiasmant chez nous autres humains.

  • blablablaetblablabli
    blablablaetblablabli
    patati et patata
    • Posté à 17h59 le 06/09/2009
    • Internaute 38523
      patati et patata

    Moi j’ai eu les meme interrogations mais sur un jeune barbu en djellaba dans le tramway !

  • papy38
    papy38
    retraité
    • Posté à 18h00 le 06/09/2009
    • Internaute 69081
      retraité

    Très heureux que cette réaction provienne d’un citoyen d’origine maghrébine (alors que je suis citoyen d’origine dauphino-savoyarde, avec mes préjugés). Comme vous je souhaiterais que les signes ostentatoires des religions ne soient pas ostentatoires en public (bijoux en forme de croix, kippas, voile... et d’autres) - et soient portés dans le cadre familial.
    Je suis aussi un laique et je dois aussi dire que chacun est libre de s’habiller et de se présenter comme il l’entend... Libre, j’ai dit libre.
    Cette jeune fille était-elle libre ? Vous-même, vous avez un doute. « Et si je me trompais ». Et si elle voulait afficher sa croyance ?
    Etait-elle libre, c’est bien la question.

  • Compte supprimé le 4 janvier 3
    • Posté à 18h07 le 06/09/2009
    • Internaute 41144

    « Malgré ces interrogations sur la pertinence de mon regard, je demeure contre le port du voile et autres signes religieux dans les lieux publics. »

    Je partage absolument toutes vos interrogations, mais pas du tout cette conclusion : comment, dans une démocratie, peut-on seulement envisager d’interdire le port des signes religieux en public ? Il est évident que la rue et les transports en commun sont bel et bien des lieux publics.

    Vous voulez interdire aux curés en soutane de traverser la rue ? C’est vraiment contraire à tous les principes des libertés fondamentales.

    Et si vous interdisez les signes religieux, pourquoi pas interdire les signes politiques ? Vous allez interdire les drapeaux rouges lors des manifs ? Les T-shirts Che Guevara ? Les crânes rasés ?

    Et quid des églises, cathédrales, statues, calvaires, etc... qui parsèment notre territoire ? Ce sont des signes religieux : faudrait-il les détruire ?

    Je me fais régulièrement traiter de « laïcarde » sur ce site parce que je suis extrêmement attachée à la laïcité, mais ce n’est pas du tout en ça qu’elle consiste : c’est au contraire le respect de la liberté d’expression, d’opinion et de conscience. Un Etat qui prétend dicter à la population en quoi elle a le droit de croire n’est pas une démocratie mais une dictature.

    Je suis très contente de la loi contre les signes religieux ostensibles (qui ne concernent pas un petit bijou, par exemple) à l’école, et de l’obligation de neutralité des fonctionnaires (neutralité autant religieuse que politique), mais si on vous suit bien, nos concitoyens devraient se cacher pour célébrer une cérémonie religieuse ? C’est très grave.

    La question de l’interdiction dans les lieux publics ne peut à mon avis se poser QUE pour le voile intégral - la burqa ou le niqab - car il ne s’agit plus là d’un signe religieux mais d’une maltraitance faite aux femmes, exactement du même ordre que l’excision qui est aussi interdite.

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