Chez Mouloud Akkouche

Le blog de l'écrivain Mouloud Akkouche sur Rue89.

Combien coûte un intellectuel assis ?

Publié le 10/09/2009 à 12h06

Traqué à ses débuts dans les cours de collège, il doit fermer sa bouche, baisser la tête et raser les murs. Au lycée, ça va un peu mieux. Parfois, il se fait remarquer avec un mégaphone pendant des luttes politiques, durant le cours de philo et lors de débats avec des intervenants invités par les profs. Puis, le bac en poche, il décide d’entrer à l’université, Sciences Po, Normal Sup ou dans d’autres grandes écoles de la République.

A ce moment là s’opère un changement car les cartes sont redistribuées.

N’en déplaise à ceux qui occultent l’existence de classes sociales, il y a l’étudiant obligé de trimer pour remplir le frigo et l’autre, débarrassé de toute contingence matérielle. Celui concentré sur un cours passionnant autour de l’œuvre de Deleuze et son voisin de banc qui, de temps en temps, se laisse distraire par sa facture d’électricité impayée planant au-dessus de l’amphi. Même sans empêcher les relations humaines, les barrières sociales n’ont pas disparu, juste devenues moins visibles. Surtout dans les sphères intellectuelles, artistiques et politiques.

Un savoir peu monnayable qui fait honte

Des années plus tard, ce brillant étudiant se retrouve sur le marché du travail. Tant de labeur enfin récompensé. Pas du tout ! Il est montré du doigt comme dans la cour du collège. Improductif ! Pourquoi avoir perdu autant de temps sur les bancs de la fac. Fallait prendre une filière plus courte et efficace sur le plan professionnel. Et toujours quelqu’un lors d’une soirée pour balancer la fameuse phrase -citée de mémoire- d’Audiard :

« Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche. »

Qui dénigre cet étudiant à peine sorti de l’université ? Le citoyen lambda, la classe politique, les journalistes, les humoristes, certains slammers se targuant de ne jamais ouvrir de livres, les trolls frustrés agrippés à leur clavier... D’un seul coup, cet étudiant sérieux et ayant dédié une grande partie de sa jeunesse à des études très poussées se retrouve démuni. Un énorme travail réduit à néant.

Peu à peu, il va rejoindre la cohorte -nommée ainsi par deux auteurs- des « intellos précaires ». Souvent honteux de posséder tant de savoir, un savoir plus tellement monnayable à l’heure actuelle. Pas le seul dans son cas. De plus en plus rares, les diplômés en sciences humaines trouvant une place à la hauteur des recherches effectuées. Que deviennent-ils ?

Aigris ou -et- confinés dans un rôle sans aucun rapport avec leurs études. Par dépit, quelques-uns passeront de la matière grise à grisée... et finiront poète ou alcoolique. Ou les deux. Aimeraient-ils troquer tout leur savoir contre un dixième de reconnaissance public d’un Cauet ou Arthur ? Cela dit, le tableau n’est pas si noir car un certain nombre d’entre eux dégotent des boulots dans l’édition ou la presse audiovisuelle. Pas mal aussi sur Internet. Tout n’est pas perdu pour tout le monde.

Force est de reconnaître que les intellos issus de ces « usines à penser » sont parfois caricaturaux et frôle même le pathétique. Un chroniqueur de France Culture, évoquant un débat filmé à Beaubourg, avait dit : « Il y a donc eu une captation de cet événement. » Captation est sans doute le terme adéquat mais pourquoi ne pas être plus simple. D’autres chroniqueurs parlent de commettre un livre ou encore pire : un opus. Voilà que je me mets aussi à les dénigrer !

Sans doute suis-je aussi perméable que la plupart d’entre nous à la simplification à outrance du langage. Après tout, chaque corps de métier possède sa terminologie spécifique. Pourquoi pas les milieux culturels ? Quand un auteur ou un journaliste -souvent à la bourre- lâche « Faut que je ponde 8000 signes pour demain ! », le néophyte ouvre des yeux ronds.

Un investissement à long terme

Même si le ton de quelques chroniqueurs m’agace, je reste persuadé que France Culture est une radio vraiment importante, une radio enviée par nombre de pays. En espérant que la direction de Radio France, malgré le diktat des impératifs financiers, lui accordera toujours une grande attention. Nous avons besoin d’elle et des autres radios publiques qui peuvent d’ailleurs allier populaire et qualité. Gosse, mon père m’obligeait à écouter Radioscopie de Jacques Chancel sur France Inter en affirmant :

« Je comprends presque rien de ce qui se dit mais je suis sûr que c’est bon pour toi. »

Pourtant l’ouvrier analphabète aurait pu décréter que ces blablas radiophoniques n’avaient aucun intérêt concret. Pas des paroles qui remplissent un caddie au supermarché. Cette émission de Jacques Chancel serait aujourd’hui taxée d’intello et reléguée au cœur de la nuit. Grâce à ce rendez-vous quotidien, j’ai pu écouter Jacques Brel, Yehudi Menuhin, le professeur Barnard... La liste est longue. Chaque jour, un univers inconnu se glissait dans mon oreille. Combien d’autres élevés aussi en partie par la radio publique ?

Bien sûr, certains rétorqueront que les intellos dans leur tour d’ivoire sont loin des préoccupations des vrais gens. Qui sont d’ailleurs ces vrais gens ? Existent-ils des fausses gens ? Ce discours tendant à ridiculiser le moindre penseur, où toute tentative de réflexion approfondie, est extrêmement dangereux. Comme beaucoup d’entre nous, je sombre aussi de temps en temps dans cette facilité. Pourquoi ? Paresse intellectuelle ou manque de curiosité ? A cause de la fatigue du boulot, la famille, les soucis... Ou de plus en plus écrasés par le discours ambiant cherchant à tout niveler.

Evidemment, il ne s’agit pas de rejeter toute la culture de divertissement, le foot -que j’aime bien suivre- ni d’obliger qui que ce soit à lire en boucle « La Société du spectacle ». La culture, comme l’amour et l’amitié, ne doit pas être imposée. Certains ne manqueront pas de répliquer : chacun est libre de lire ce qu’il veut ou regarder le film de son choix, appuyer ou pas sur le bouton de la télé. Avons-nous tous la même liberté de choix ?

Combien rapporte donc un intello assis ? Beaucoup plus qu’on ne peut imaginer, de plus un excellent investissement à long terme. Ce collégien, vanné car intello binoclard et ayant plus de trois mots de vocabulaire, mettra au point la voiture du futur, un vaccin contre le sida ou un traitement révolutionnaire de la maladie d’Alzheimer. Et l’étudiant penché des années durant sur ses cours obtiendra un prix Nobel dont tout le monde sera fier. Ce jour là, ces « p’tits copains » d’école et les décisionnaires le dénigrant car non rentable salueront sa force de travail.

Les intellos assis font avancer la société tout entière.

Aller plus loin
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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 12h15 le 10/09/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    un intellectuel assis est-il plus efficace qu’un intellectuel debout ?

  • Sylvain85
    • Posté à 12h19 le 10/09/2009
    • Internaute 49955

    Bien vu, la galère du prolétarien qui arrive à faire les mêmes études que le fils de bonne famille.
    Il ne fait plus partie du monde d’où il vient mais ne sera pas intégré au monde vers lequel il va avant d’avoir sa rolex.

  • Servais-Jean
    • Posté à 12h50 le 10/09/2009
    • Internaute 4591
      43

    Je ne sais pas si on doit coller l’étiquette « intellectuel » sur sarkho mais depuis deux ans il nous coute sacrément cher.
    Il a bien essayé de se faire aider par quelques conseillés qu’il considérait comme étant des intellectuels mais manifestement il a fait une mauvaise « pioche ».

    En tout(s) cas merci pour vos articles.

  • marie 75
    • Posté à 13h15 le 10/09/2009
    • Internaute 3563

    un intello ca coûte tjrs trop !
    la recherche théorique ... ca ne sert à rien....
    Regardez-moi ! J’ai l’air d’un intello ?

    signé le petit

  • JJ Reboux outrageur de poulets
    • Posté à 13h23 le 10/09/2009
    • Internaute 41591

    Salut Mouloud,
    Je pense que nous sommes très nombreux à avoir été élevés par la radio publique. Moi, c’était « Les Tréteaux de la nuit » sur France Inter, avec mon père (paysan), dans le fond de la cuisine en terre battue. Quand je me fais mon petit quart d’heure de « névrose sociale » (environ tous les 3 jours !), je pense à ça et ça me regonfle !
    NB. A quand une chronique sur les « intellectuels couchés » ?

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 13h41 le 10/09/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Je profite du sujet pour parler de la fonction de chercheur.

    « Un chercheur, ça doit trouver. » C’est ainsi que le commun des mortels l’entend.

    J’ai eu un prof assez brillant (ingénieur + médecin + biologiste moléculaire + divers...) qui nous disait, en gros, ceci :
    La fonction première d’un chercheur, quel que soit le domaine, n’est pas de trouver, ni même de chercher, mais de savoir et de comprendre.
    Car ce qui différencie un pays développé d’un autre, c’est la capacité de ce pays à comprendre, simplement comprendre, une découverte. Que celle-ci provienne ou non du pays n’a aucune importance. Mais le jour où une découverte majeure ne trouvera, en France, personne pour en interpréter la valeur, eh bien ce jour là nous serons sous-développés.

    Que les politiques s’en inspirent. Car juger le CNRS, ou autres, sur le seul fait d’obtenir des brevets ou des prix Nobel, est la preuve d’une méconnaissance totale des enjeux.

    • pikasso02
      • Posté à 14h08 le 10/09/2009
      • Internaute 10134

      bonjour et merci Liger. Si vous connaissez des chercheurs qui ont trouvé du compréhensible par tous, pourriez-vous nous les faire connaître ? Je suis chercheur et comme vous le dites, bien que ma découverte ne soit peut-être pas majeure, personne aujourd’hui pour en interpréter la valeur... Tant que les chercheurs ne vulgariseront pas leurs trouvailles, le sous-développement dont vous parlez continuera d’exister. Je suis pour la vulgarisation des découvertes donc je donne le lieu où vous pouvez reconnaître ou non mes trouvailles.

      Lien

    • Lurker
      • Posté à 19h00 le 10/09/2009
      • Internaute 43564
        Neant

      « Que les politiques s’en inspirent. Car juger le CNRS, ou autres, sur le seul fait d’obtenir des brevets ou des prix Nobel, est la preuve d’une méconnaissance totale des enjeux. »

      Et cela vaut pour les diplômes, les titres, et un tas de choses qui permettent de mettre les gens dans des cases. L’argent, aussi.

      Je m’éloigne de votre point de vue lorsque vous parlez (ou citez quelqu’un qui parle) d’enjeux. Les enjeux ne sont pas forcément connus du vivant du decouvreur, et peut-être n’existeront-ils jamais (combien de découvertes de Tesla sont elles encore dans les placards, faute d’y avoir trouvé un enjeu ?). La Science se justifie à elle même, elle fait de nous des être humains. Je ne vois par exemple pas l’intêret de l’Art en termes d’enjeux. Une « découverte majeure » n’est majeure que pour certains. Quand bien même vous trouveriez le vaccin contre le VIH, il n’aurait pas d’intérêt pour tout le monde (entre autres, les gens ayant déjà le SIDA, les gens immunisés génétiquement, les bigots-qui-ne-baisent-pas, etc).
      L’enjeu ne doit pas être la (seule) raison de chercher. Chercher pour chercher, c’est de là que tout vient. Après, trouver, ça peut motiver, soi-même ou les autres, mais en aucun cas les enjeux ne doivent piloter les sciences. Quel enjeu Galilée aurait-il pu mettre en avant pour qu’on le paye à regarder les étoiles ?

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Lurker
        non connue
        • Posté à 19h26 le 10/09/2009
        • Internaute 82025
          non connue

        J’aurais du mal à ne pas être d’accord.
        Mais il faut bien reconnaitre aux politiques la mission qui leur est confiée, avec des choix budgétaires à faire, forcément.
        Alors parler de l’enjeu consistant à ne pas être sous-développé me semble approprié. Il ne sous-entendait pas une utilité à court terme.
        Au fond, c’est la vision à court terme qui est vraiment dangereuse. Et aujourd’hui, on est servi.

      • pikasso02
        pikasso02 répond à Lurker
        • Posté à 19h29 le 11/09/2009
        • Internaute 10134

        Bonsoir, mais qui vous parle d’argent ? A l’époque de Galilée auriez-vous cru ce qu’il disait ? A moins que d’être savant comme lui, vous auriez comme moi d’ailleurs sans doute répondu non à ses propos. Trop de choses étaient remises en question. Et bien aujourd’hui où nous pouvons reconnaître le vrai du faux avec des explications, le public se comporte comme celui de Galilée. Tout le public, y compris les historiens et spécialistes de Picasso. Si vous pouvez m’expliquer celà, chapeau bas ! Le public n’a pas changer, et ceux qui passent me voir sur mon blog, ne laissent ni oui ni non. Ce blog ne me rapporte rien. La recherche est vraiment mal barrée. Contrairement à ce que vous dites il existe des enjeux à connaître le vrai du faux sur Picasso. N’oubliez pas que Picasso est aujourd’hui devenu une référence, remplie d’erreurs que tous les écoliers vont ingurgiter. Et vous voudriez que je n’insiste pas ! Que je n’essaie pas de le faire savoir ? Détrompez-vous ! Un jour viendra où les « Picasso » à l’envers, seront remis dans le bon sens. Quand ? J’en sais rien, mais ils le seront par une génération plus curieuse du passé.

  • Lephauste
    Lephauste
    hautetfort.humeurnoirte.fr
    • Posté à 14h11 le 10/09/2009
    • Internaute 29119
      hautetfort.humeurnoirte.fr

    Je vous lis, comme on peut dire, dans les grandes longueurs. Votre article est touffu, plein comme un œuf, et vous commenter c’est automatiquement avoir envie d’un débat, coude au zinc. Je pourrais dire des âneries du genre : très bien ! Excellent ! Bien vu ! Et caltera ... Et caltera ... Mais le sujet, avant tout le sujet et cette phrase : « je ne sais pas ce que ça raconte mais c’est sûrement bon pour toi ! »

    Intellectuel ? L’est celui qui fait tourner sa tête comme un véhicule où le carbure n’est rien sans l’ignition, l’étincelle de la nécessité, le besoin impérieux de comprendre pour affirmer, de chercher pour proposer, de trouver pour faire avancer. Qu’il y ait des volières pour ça, des batteries de poulets essoufflés à force de poulopper (LFC) sur des tapis roulant, pas de doute, il faut un format et des OS de la pensée collective j’en ai croisé, plein, désapprouvés par le mirage de la pensée appointée. Qu’il y ait parmi eux une quantité industrielle de « ravis » amers, bien entendu, la République est ainsi qu’elle fait croire à un taux de réussite de 80% au bacalauréat, ce pendant que le corps enseignant convulsionne et s’en remet à l’avis des syndicats.

    De la pensée ? Mais il y en a, partout, et qui s’occupe de rendre évidente sa présence quotidienne au sein de la population ? Personne. Les mots d’ordre suffisent au Vulgus Pecum. Alors l’intellectuel, celui qui prêche l’universel se tient en son cénacle et du haut de la petite fenêtre au dessus des chiottes il contemple le monde grouillant de ses semblables, incrédule il pond des opus, des essais, des je ne sais quoi que jamais personne ne transforme. Y a pas de botteurs dans cette équipe ? Il n’ y a pas d’équipe.

    Mon père, comme le vôtre Mouloud, était un intellectuel, quand il se penchait sur un rang à désherber, son regard était bon et aiguisé à déceler ce qui empêchait les fleurs de pousser. Alors il y allait de ses doigts fins et ôtait juste ce qui retenait la fleur de son monde d’éclore. Ce faisant comme rien n’est simple, il disait : Putain, que la terre est basse !

    • Homere elmero
      Homere elmero répond à Lephauste
      communiste primitif
      • Posté à 17h04 le 10/09/2009
      • Internaute 87706
        communiste primitif

      J’avoue ne pas comprendre non plus ou l’auteur veut en venir.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h28 le 10/09/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    La fin ça va pas du tout. Tout le long de l’argumentaire on parle de l’intello qui sert à rien, le mec qui fait docteur en littérature et autres études de philosophies, et après on dit qu’il invente la voiture du futur et le vaccin contre le sida...
    Sauf que ça n’a pas vraiment de rapport !

    Chercheurs, ingénieurs, théoriciens, ce sont certes des boulots intellectuels. Mais je n’oserai jamais insulter ces métiers en les traitant d’intello.

    L’intello dans toute sa splendeur, c’est le mec qui raconte des trucs, qui veut expliquer au monde comment penser, mais qui à côté ne fait rien de bien concret. Un grand pratiquant de la branlette cérébrale.

    C’est bien gentil de dire que c’est génial de choisir la philo, l’art ou l’histoire en fac, mais pour un type qui trouve un boulot dans sa branche, combien de centaines finissent dans un autre domaine pour lesquels ils ne sont que peu formés et donc se galèrent, quand ils ne crèvent tout simplement pas la dalle au chomedu ?

    On peut se la jouer grand philosophe, c’est comme jouer au foot ou à CS, ça occupe les soirées, mais faut faire autre chose de sa journée.
    Descartes c’est un bel exemple : d’un côté il sort des belles phrases du genre « je pense donc je suis », mais son truc le plus utile reste ses équations horaires et autres études de la physique.
    Autres exemples moins loitain, Einstein, Reeves ou Hawkings sont de putains de savants, des véritables génies qui révolutionne la science, ce qui ne les empêche pas d’être aussi de grands philosophes.
    Mais des mecs comme BHL, on se demande bien à quoi ils servent et comment ils font pour vivre. Et pour un Finkelkraut qui vend des livres, combien de centaines sont dépriment à la caisse chez Carrouf ?

    Il y a des filières qui sont limites incestueuses : on étudie pour au final enseigner dans cette même branche.
    Quand je vois ma gonzesse et ses camarades qui malgré leur doctorat se retrouvent à faire assistant de prof payé au lance-pierres, j’hésite entre l’hilarité et la pitié.
    Certes ils écrivent, manière enjolivée de dire qu’ils occupent leur chômage... et dans dix ans, certains arriveront peut être à vendre quelques livres, les autres auront tous échoué dans la pub, le commerce ou la traduction, larbin de type qui connaitront nettement moins les subtilités de l’anglais mais auront attaqué tout de suite dans ces domaines avec les armes adéquats.

    Enfin, si ça les amuse, même si ça coûte du pognon à l’état que d’entretenir cette illusion, ce n’est pas le gaspillage le plus cher qui soi.
    Au moins les gens qui entrent en fac de lettres ou de sciences humaines sont conscient qu’ils n’ont aucun avenir, et ça fait de la place en plus pour les domaines qui rapportent vraiment du pognon.

    • Homere elmero
      Homere elmero répond à Keldan
      communiste primitif
      • Posté à 17h45 le 10/09/2009
      • Internaute 87706
        communiste primitif

      euh... un peu caricatural non ?

      La philosophie, ca sert a etre moins con, donc a moins travailler. CQFD

      Par ailleurs, les sciences humaines et ce qu’on en voit a la tele ou sur les etals de la FNAC (Finkel, BHL, etc.), ca n’a qu’un lointain rapport. Mais ca c’est pas la faute des vrais historiens, anthropologues ou philosophes... croyez pas ? Faudrait pas etre poujadiste.

      • Keldan
        Keldan répond à Homere elmero
        Now future & karpe diem
        • Posté à 17h48 le 10/09/2009
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        On va oublier la philo et savoir si ça a la moindre utilité, ça va forcément finir à l’insulte : D

        Je suis d’accord, l’histoire c’est cool, ça sert non seulement à satisfaire sa curiosité et aussi éviter de faire les mêmes conneries, sans compter que ça meuble les discussions.
        Mais étudier l’histoire et rien d’autre, c’est suicidaire. Parce que les historiens, archéologues, conservateurs et profs d’histoire représente qu’un très faible pourcentage des étudiants en histoire...
        Au mieux, ils finissent gardien de musée, et même si c’est plus gratifiant que vigile chez Intermaché, je suis pas sur que ça soit beaucoup mieux...

        Par contre, ça serait bien que dans les filières techniques on ait des cours d’histoire, déjà pour commencer l’histoire des techniques qu’on est amené à étudier. J’ai eu la chance d’avoir un prof qui le faisait pendant ses cours, mais j’ai un collègue qui a eu son DUT sans jamais avoir entendu parler de Babage ou de Djikstra...

         
        • Hemenate
          Hemenate répond à Keldan
          • Posté à 17h55 le 10/09/2009
          • Internaute 856

          Par contre c’est pas pas Babage et Djikstra mais Babbage et Dijkstra. ; -)

          • Keldan
            Keldan répond à Hemenate
            Now future & karpe diem
            • Posté à 18h07 le 10/09/2009
            • Internaute 5164
              Now future & karpe diem

            Désolé, 18h, dernières minutes avant le we, j’ai déjà le goût de ma première bière en tête, alors j’ai du mal à écrire correctement. Je vais aller me fouetter avec des orties fraiches pour expier mon hérésie : D

            Et vive Byron ! Pas le père, la fille ! : D

        2 autres commentaires
      • K2R
        K2R répond à Homere elmero
        • Posté à 18h51 le 10/09/2009
        • Internaute 89510

        Il était une fois un « philosophe » :

        Lien

    • Au sud de nul part-
      Au sud de nul part- répond à Keldan
      Situation
      • Posté à 00h31 le 11/09/2009
      • Internaute 57434
        Situation

      Bien. Un exemple de haine. Un exemple splendide...

      Todeti

    • Spool
      Spool répond à Keldan
      ici
      • Posté à 17h59 le 11/09/2009
      • Internaute 52054
        ici

      ils écrivent, manière enjolivée de dire qu’ils occupent leur chômage

      vous respirez, manière enjolivée de dire que vous occupez votre vie...

    • Shaggy
      Shaggy répond à Keldan
      Scientifique
      • Posté à 21h42 le 11/09/2009
      • Internaute 89884
        Scientifique

      Déjà, le fait qu’ « intello » soit une insulte est un peu curieux, « intello » étant un raccourci pour « intellectuel »... Aurait-on l’idée d’insulter quelqu’un en lui disant « Wah l’autre il utilise son cerveau ! ! ? »... roahh l’insulte de la mort qui tue... Hé bien pourtant c’est le cas. C’est ça l’héritage des Lumières ?

      Ensuite, la philo ça sert à rien... mais bien sûr... Bon, je n’ai fait de la philo qu’un an au lycée, comme beaucoup de monde. Voyons voir les sujets étudiés cette année-là... allez, un au hasard : comment décide-t-on de la valeur d’un travail, sur quoi est fondé sa rémunération ? (ce ne serait pas un sujet d’actualité par hasard ? le salaire de ceux qui magouillent dans la finance sans rien créer ? et celui des chercheurs ou thésards qui font avancer le schmilblik ?)

      La philo ça sert à mieux comprendre le monde. Comprendre le monde, à quoi ça sert ? Bon, un exemple : savez-vous *pourquoi* vous travaillez ? Je vois d’ici arriver la réponse, évidente pour tous : pour avoir de l’argent, afin de se nourir, se loger, etc. Ah oui, vraiment ? Il n’est pas censé y avoir une notion d’utilité quelque part ? Du moment que vous êtes payé vous ne vous souciez pas de la moralité de ce que l’on vous demande de faire ou de la qualité du service rendu ? Bravo. Et avez-vous besoin d’autant d’argent pour vivre ? Besoin de consommer autant (et de polluer, tiens) ? De perdre le plus gros de sa vie (5 journées sur 7) à « travailler » au lieu de passer du bon temps, de faire ce dont on a envie, ou de faire des choses que l’on pense utiles ? Ensuite, pensez-vous vraiment que le système économique actuel soit le seul possible ?

      La philo ça sert à imaginer d’autres façons de faire tourner le monde. Sans cette imagination, sans recul sur le monde actuel, on n’a même pas l’idée qu’on puisse changer quelque chose, d’ailleurs on ne remarque même pas que des choses ne tournent pas rond. Par exemple : si l’on invente un nouveau moyen de produire de la nourriture ou de faire le ménage qui soit automatique (moins de main d’oeuvre) et moins coûteux, on devrait tous être contents : moins besoin de travailler pour produire cette nourriture, moins d’effort à faire pour faire le ménage, donc des gens plus heureux ! Alors que non, la conséquence actuelle c’est : des chomeurs en plus, donc des gens malheureux en plus. Y’a pas quelque chose qui cloche, des fois, dans le système économique actuel ? Ah, vous ne vous êtes jamais posé la question, parce que c’est de la philo, et franchement, améliorer le monde, nos conditions de vie, on a autre chose à faire ? Par exemple, travailler ?

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 18h34 le 10/09/2009
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Merci Mouloud pour vos articles limpides et lucides, (à l’opposé des exposés pédants souvent rencontrés dans ces colonnes).

    Mais combien s’auto-proclament intellectuels pour la simple raison qu’ils sont « inaptes manuels » ?

    On rencontre ça dans l’orientation scolaire où les filières « techniques » sont embrassées « par défaut ».

    Dans la vie professionnelle, combien d’employés « de bureau » sont persuadés être des intellectuels au prétexte qu’ils travaillent sur un pupitre, un clavier, devant un écran, alors qu’ils ne développent pas 1/10ème de l’énergie cérébrale dépensée par certains travailleurs manuels oeuvrant dans des domaines où l’intellect est très souvent sollicité !

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 19h25 le 10/09/2009
    • Internaute 47198
      en invalidité

    « Combien coûte un intellectuel assis ? »

    Un jour j’ais eu l’idée de demander à Insee, s’il y avait une étude sur les coûts engendré par les incompétences des hauts fonctionnaires.

    la réponse : nous n’avons pas.

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 22h53 le 10/09/2009
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout
  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 18h00 le 12/09/2009
    • Internaute 9562
      alchimiste

    @ Mouloud Akkouche

    heu...

    Merci !

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 10h33 le 13/09/2009
    • Internaute 29846
      menuisier

    Je comprends le désaroi de l’étudiant qui se retrouve démuni dès lors qu’il s’agit de « monnayer » son diplôme sur le marché du travail.

    Mais très sincèrement, en faisant une maitrise, puis un doctorat en philosophie de l’art sur « Esthétisme dans l’art contemporain et son rapport à la mort », je ne suis pas certain que l’étudiant alors visa particulièrement le marché du travail, .

    Je ne critique pas (je me suis arrêté à la licence d’Esthétique).

    Seulement je crois que l’Université (pour désigner tout ce qui n’est pas école spécialisée commerce, marketing, finances internationales, etc) n’a rien à voir avec le marché du travail.

    Et c’est tant mieux.

    Elle date d’un temps où l’on considérait que le but des études, les « humanités » pour bien les nommer, consistait à faire d’un jeune un être accompli, apte à comprendre le monde dans sa complexité, pour qu’il soit d’autant plus libre.

    Alors que maintenant, après études prospectives, mouillage de doigt au vent et consultation des oracles du CIO, on cherche la filière qui assurera les meilleurs débouchés sur le marché du travail, qui de ce fait est le vrai maître de la destiné du futur étudiant.

    Et malheur aux inutiles, aux rêveurs, aux chercheurs, aux poètes, aux originaux qui n’ont pas leur place dans la machine.

    L’intelligence et la culture sont devenues des valeurs dissidentes dans une époque où les avocats d’affaire et les diplomés en marquéting ont pris le pouvoir.

    La dissidence est la liberté mais se paye par la relégation sociale.

    Il suffit juste de le savoir avant de faire ses délices d’Adorno, Benjamin ou Deleuze..

  • eden-saga.com
    eden-saga.com
    webmestre
    • Posté à 14h08 le 14/09/2009
    • Internaute 89905
      webmestre

    Nous y voilà ! Des intellos assis ! Moi le premier, mon cher Mouloud, et vous, et elle, et celui-là, aussi ! Des intellos assis ! Les bras m’en tombent. (Sur le clavier ? ?) Dire qu’il n’y a pas si longtemps, disons à peine 10.000 ans,(voir Lien ) nous étions des dieux, des fées et des chamanes ! Peinards au doux soleil ! Avec des bonnes bouffes qui poussaient toutes seules, y avait qu’à se baisser pour ramasser ! (voir Lien ) Jésus-Marie, quelle décadence ! Des intellos (r)assis ! ! ! En attendant, je suppose, d’être des ex-intellos couchés. Puis des feux-intellos en cendres…

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