Europe, terre d'innovation

Le groupe Desir est un collectif réunissant chercheurs du public et du privé, consultants spécialisés sur les questions d'innovation, hauts fonctionnaires ayant l'expérience de la conception et de la mise en œuvre de politiques publiques, acteurs du financement de la R&D ou encore spécialistes du lien entre science, société et opinion publique. Interprètes diplômés ès langue de bois de notre système public de recherche, ils poussent parfois des coups de gueule. Incurables optimistes, ils pensent que des points de vue synthétiques et novateurs sur le lien entre universités, entreprises et secteur public, ainsi qu'un environnement favorable à la créativité individuelle peuvent contribuer à la (re)construction de l'Europe comme terre d'innovation.

Les grandes vacances, cause de retard pour les élèves pauvres

Adrien Matray
Etudiant à l'Ecole d'économie de Paris
Publié le 10/09/2009 à 17h51


« Karate kids » (David Mathieu/Flickr).

C’est la rentrée ! Les petits Français viennent tout juste de profiter des vacances d’été parmi les plus longues des pays développés et s’apprêtent à entamer des journées de travail les plus chargées des jeunes écoliers. Car là aussi, la France détient le record du nombre d’heures travaillées, avec selon les âges entre 131 et 61 heures supplémentaires par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE.

Serait-il préférable de réduire le rythme scolaire en allongeant le nombre de jours travaillés ? Face à ce traditionnel débat, une étude récente de trois chercheurs de l’Université de Johns Hopkins apporte un éclairage surprenant. Celui-ci a pu comparer les résultats à un test standard des jeunes écoliers américains juste avant et juste après les grandes vacances et décomposer les résultats par catégorie sociale des parents.

Le premier résultat, largement observé dans d’autres études, est que, si les différences sont modestes à la fin du CP, l’écart de points obtenus au test entre les enfants venant de foyers riches et ceux de foyers pauvres a plus que doublé à la fin du CM2.


2009_09_10_Desir_ecole.jpg

Faut-il accuser l’école d’accroître les inégalités ? Etonnamment non. Le gain de points entre le test effectué en septembre et celui en juin est plus grand pour les enfants défavorisés que pour les autres. L’école joue donc son rôle dans la réduction des inégalités scolaires. Voilà de quoi espérer !

Mais les choses sont nettement moins roses si l’on regarde l’évolution entre juin et septembre. Alors que les scores progressent pour les enfants venant de foyers aisés, les enfants défavorisés perdent des points entre juin et septembre. En quatre ans, l’écart se creuse, au point que plus de la moitié des écarts entre les enfants de foyers aisés et les enfants défavorisés peut s’expliquer par ce phénomène ! Sur l’ensemble des années, les enfants aisés auront gagné plus de 52 points, tandis que les enfants défavorisés n’en auront pas gagné.

Les enfants défavorisés auront beau rattraper le retard pris sur leurs petits camarades durant l’année, les vacances d’été viennent largement annuler cet effort. La raison est simple. Alors que les enfants vivant dans des milieux aisés sont régulièrement stimulés, encouragés à lire, peuvent accéder facilement à une bibliothèque, ou sont envoyés dans différents camps d’été, ce n’est pas le cas des enfants défavorisés.

Leurs vacances n’en sont pas moins désagréables pour autant, mais le retard s’accentue, d’année en année. Dommage que l’école gâche son travail réussi de la sorte...

Photo : « Karate kids » (David Mathieu/Flickr).

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  • mauser
    • Posté à 18h05 le 10/09/2009
    • Internaute 4683

    Une idée supprimer les vacances de tous les enfants et des profs ils travailleront plus et ne seront pas payés plus .

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 18h08 le 10/09/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    « Dommage que l’école gâche son travail réussi de la sorte… »

    Qui est la cause du gachis ? Les « connards de profs » ?
    Ceux qui résistent à la politique de démantèlement des services publics ?

    Communiqué de Presse, le 10 septembre 2009

    Erwan Redon : non à l’acharnement académique !

    Convoqué le 7 juillet dernier devant une commission disciplinaire de l’Inspection d’académie des Bouches-du-Rhône, Erwan Redon, professeur des écoles désobeisseur en poste à Marseille, devait répondre « d’insuffisance professionnelle ».

    Cette première convocation, qui n’a débouché sur aucune sanction, s’inscrivait dans un large mouvement de soutien aux enseignants désobéisseurs qui, un peu partout en France, avaient engagé des actions de résistance contre les réformes en cours dans l’Education nationale.

    Réunis à Marseille autour d’Erwan, puis à Toulouse quelques jours plus tard autour d’Alain Refalo, les instituteurs avaient parallèlement engagé des actions en justice pour dénoncer les sanctions financières prises à leur encontre par leur hiérarchie. A plusieurs reprises, les tribunaux administratifs leur ont donnés raison. A chaque fois cependant, l’Education nationale en a remis une couche en appliquant de nouvelles sanctions.

    Le jeudi 27 août par exemple, l’Inspecteur d’académie de l’Hérault a retiré leur emploi de direction à Isabelle Huchard et Bastien Cazals. Suite à la commission disciplinaire du 31 août, François de Lillo a appris par huissier sa mutation d’office !

    Erwan Redon, lui, a été convoqué une nouvelle fois le 27 août dernier. Le motif de convocation ayant été requalifié en « faute professionnelle ». Etant absent ce jour-là, les syndicats membres de la commission paritaire ont alors refusé de siéger. Qu’à cela ne tienne, l’Inspection d’académie a repoussé la commission disciplinaire au 17 septembre prochain à 15 heures et les sanctions encourues vont aujourd’hui du blâme à la révocation !

    L’IA qui se défendait de reprocher à Erwan Redon ses positionnements politiques se contredit ici puisque c’est bien la désobéissance de cet enseignant en résistance qui constitue le motif de cette nouvelle CAPD. Alors même que le tribunal administratif de Marseille a sommé l’administration de rembourser à Erwan Redon les prélèvements de salaires subis pour non-respect du cadre de l’aide personnalisée.

    L’acharnement de l’Inspection Académique des Bouches-du-Rhône à l’encontre d’Erwan Redon a assez duré !

    - Pour contacter Erwan Redon avant le jeudi 17 septembre : 06 32 70 91 89

    - Pour rencontrer Erwan Redon et les enseignants désobéisseurs des Bouches-du-Rhône, une conférence de presse est organisée mercredi 16 septembre à 15 heures devant l’Inspection académique.

    - Enfin, un rassemblement du comité de soutien se tiendra le jeudi 17 septembre, jour de la commission disciplinaire à 17 heures, toujours devant l’inspection académique.
    Lien
    soutienerwanredon@gmail.com
    Erwan Redon : 06 32 70 91 89

  • lifka
    • Posté à 18h33 le 10/09/2009
    • Internaute 37623

    Le critère « pauvreté » est-il le bon critère ? Ne confond-on pas pauvreté avec niveau scolaire des parents (il ne faut pas être très riche pour acheter un cahier de vacances) ?

    Et avec celui des choix liés aux différents milieux sociaux... Surtout aux USA où le critère pour obtenir une bourse reste bien souvent... les résultats sportifs. Ce qui doit accroitre les écarts entre ceux qui misent sur l’école pour réussir et ceux qui misent sur le sport (ou sur autre chose).

    • yalienx
      yalienx répond à lifka
      • Posté à 19h46 le 10/09/2009
      • Internaute 66859

      Le critère « pauvreté » est souvent lié au niveau scolaire des parents, ce qui explique les raccourcis (honteux je l’admet) de cet article. L’article est en effet bâclé, pas travaillé, et aurait mérité un zéro pointé dans n’importe quelle école de journalisme j’imagine (encore que...). Mais il a au moins le mérite de susciter le débat !

  • kubilai
    kubilai
    en vacances
    • Posté à 18h37 le 10/09/2009
    • Internaute 78391
      en vacances

    Honnetement je n’ai pas saisi les données des documents mais ce n’est pas grave mais quel triste bilan. Moralité, pas de chance pour les enfants défavorisés. Heureusement, je n’y crois pas ...

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 18h54 le 10/09/2009
    • Internaute 66286
       : -\

    ...une étude récente de trois chercheurs de l’Université de Johns Hopkins apporte un éclairage surprenant. Celui-ci a pu comparer les résultats à un test standard des jeunes écoliers américains juste avant et juste après les grandes vacances...

    Combien d’enfants ? test fait en quel annee ? quels questions ? depuis combien d’annees fait on ce test ? foyer riche (a combien evalue t’on la richesse dans ce test ?), foyer pauvre (meme questions) ?

    Bref, encore du travail pour faire un article correct/complet/serieux.
    Cela dit vous etes encore a l’ecole (Etudiant à l’Ecole Economique de Paris).

    • Adrien Matray
      Adrien Matray répond à obey-
      Etudiant à l'Ecole d'économie (...)
      • Posté à 10h39 le 11/09/2009
      • Internaute 44509
        Etudiant à l'Ecole d'économie (...)

      Bonjour,

      il y a eu un petit problème lors du portage sur le site web. Normalement, l’article contenait un lien hypertexte vers l’étude citée, ce qui explique qu’il ne donne pas plus de détail afin d’alléger le texte.

      Vous trouverez l’étude en question ici : Lien

  • Lucius Sergius
    Lucius Sergius
    Citoyen
    • Posté à 19h07 le 10/09/2009
    • Internaute 28239
      Citoyen

    Très très très gros biais : cette étude est faite aux Etats Unis, donc dans un système scolaire et une société très très différents des nôtres... Valider ces résultats pour en tirer des conclusions qui seraient valables pour un autre système dans un autre contexte me semble particulièrement hasardeux, tout juste décrivent-ils un problème propre à la situation de l’éducation Outre-Atlantique (ou par ailleurs, justement, les vacances sont plus « étalées » et ne durent pas de juin à septembre comme dit dans l’article)...

    Il faut éviter de faire abstraction du contexte et de trop vite établir des théorèmes en sciences sociales. Enfin, ce que j’en dis...

    • texiste mal
      texiste mal répond à Lucius Sergius
      sidéré
      • Posté à 22h59 le 10/09/2009
      • Internaute 70995
        sidéré

      Même les médecins constatent que la semaine des 4 jours est plus fatigante pour les enfants.
      Il faudrait faire comme en Allemagne, école le matin, sport l’après-midi, les élèves seraient moins fatigués.

      • Lictor
        Lictor répond à texiste mal
        informaticien
        • Posté à 11h08 le 11/09/2009
        • Internaute 68450
          informaticien

        Sauf que si on fait ça en France, on ne va surtout pas toucher au Programme ou risquer de faire baisser le Niveau. Résultat : les élèves auront à faire en une demi-journée ce qu’ils faisaient en une journée...
        Au lieu d’avoir des élèves simplement fatigués, on aura des élèves au bord du burn-out....

        Accessoirement, la semaine de 4 jours, je la faisais quand j’étais en primaire : ma mère avait expliqué à l’instit que j’étais trop fatigué le samedi matin pour aller en cours. Je n’en suis pas mort - et j’étais effectivement plus reposé en semaine...

         
        • texiste mal
          texiste mal répond à Lictor
          sidéré
          • Posté à 20h47 le 11/09/2009
          • Internaute 70995
            sidéré

          Pas du tout, il est évident que le programme serait étalé sur l’année, dans ce cas les vacances d’été seraient plus courtes et mieux réparties elles aussi sur l’année, trois mois l’été c’est beaucoup trop long.

        1 autres commentaires
      • marabbeh
        marabbeh répond à texiste mal
        au comptoir du café du commerce
        • Posté à 18h58 le 11/09/2009
        • Internaute 20412
          au comptoir du café du commerce

        En réalité, en Allemagne l’après-midi les parents se débrouillent pour occuper leurs enfants à faire du sport, en général. Ou ne rien faire. Ce n’est pas forcément un bon exemple. Sinon qu’il faudrait effectivement faire faire du sport l’apm au sein de l’Education Nationale.

    • balala
      balala répond à Lucius Sergius
      • Posté à 08h53 le 11/09/2009
      • Internaute 3552

      Biais peut-être, mais conclusion logique, pour les élèves français comme américains ou martiens !

      A l’école, les enseignants se donnent du mal à essayer de faire apprendre un certain nombre de choses à nos chères têtes blondes ou brunes (ou vertes ?) mais quelques bribes restent, même chez les plus récalcitrants.

      Pendant les vacances, les plus favorisés (résumés sous le vocable « riches » ici) partent avec leurs parents au bord de la mer, découvrent des horizons nouveaux, vont visiter des lieux instructifs avec des parents d’autant plus attentifs et concernés qu’ils culpabilisent généralement d’avoir si peu de temps à consacrer à leurs rejetons pendant l’année scolaire. Ils partent aussi dans des colonies ou camps de vacances souvent coûteux (stages sportifs, linguistiques, découverte).

      Les autres (« pauvres » dans l’article) partent,au mieux quelques jours dans les colos municipales (mais pas dans les plus chères) où, le plus souvent restent dans leur quartier, avec des parents qui n’ont en général pas bénéficié des mêmes possibilités d’épanouissement intellectuel que les premiers et qui s’évertuent à améliorer l’ordinaire, soit en prenant un petit job en plus pendant leurs vacances, soit en faisant des petits travaux chez eux pour améliorer le confort ordinaire.

      Les enfants sont donc davantage livrés à eux-mêmes : TV, console de jeux, oisiveté entre copains, au mieux, un peu d’encadrement sportif.

      Il ne fait ainsi aucun doute que cette simple constatation explique les éléments rapportés dans l’article.

      Par ailleurs, lorsque des chercheurs de John Hopkins, publient une étude, il est parfaitement déplacé de demander « quel est l’échantillon ? combien d’enfants ? etc »

      John Hopkins n’est pas un cul de basse fosse, et les journaux scientifiques américains qui publient ces recherches ont examiné ces questions en détail et n’auraient évidemment pas publié si l’étude n’avait pas répondu aux critères usuels.

  • green pupuce
    green pupuce
    insecte
    • Posté à 19h29 le 10/09/2009
    • Internaute 85038
      insecte

    Pourriez-vous commenter plus précisément le tableau : qu’est-ce que 55 / 461 ? à quoi ces chiffres correspondent-ils ? Les enfants ont eu 55 en CP et 461 en CM2 ? Il y en a 55 qui ont eu bon en CP et 461 en CM2 ? Sur combien ? Je ne vois pas en quoi ces chiffres montrent un écart qui se creuserait entre juin et septembre d’une part, et entre pauvres et riches d’autre part ? En plus, on dirait que c’est une étude faite sur des gamins US, et qu’elle est utilisée pour commenter la situation française ? ? ?

    C’est vrai, je suis d’accord avec les riverains qui se sont exprimés avant moi, parfois, sur rue89, vous publiez des articles pas parfaits.

  • Calel
    Calel
    Jeune Travailleur Sur Diplômé
    • Posté à 19h41 le 10/09/2009
    • Internaute 31134
      Jeune Travailleur Sur Diplômé

    Je ne sais pas si c’est parce que c’est la fin de ma première journée de travail après mes vacances au bureau mais le lien logique entre les trois premiers paragraphes, voire avec le quatrième premier, a malgré tout tendance à m’échapper.

    On saute du coca light, certains éléments semblent contradictoires en apparence.

    Même la légende la photo : Karaté Kids ? Vacances à Massada plutôt...

    • Marie-Sophie Keller
      Marie-Sophie Keller répond à Calel
      Ex-Rue89 mais toujours fan
      • Posté à 22h20 le 10/09/2009
      • Internaute 26936
        Ex-Rue89 mais toujours fan

      Pour la légende photo : lorsque nous empruntons des œuvres à des particuliers sur Flickr (avec leur accord), nous conservons le titre qu’ils ont donné à leur photo. Par courtoisie vis-à-vis de la personne qui nous autorise à les publier gracieusement, et parce que ces photos-là servent le plus souvent de simple illustration, contrairement aux photos Reuters qui sont informatives. Garder les titres originaux permet en outre aux lecteurs de retrouver plus facilement ces images s’ils le veulent.

  • psych0Dad
    psych0Dad
    sociopathe
    • Posté à 19h43 le 10/09/2009
    • Internaute 81504
      sociopathe

    Je suis fils de profs et particulierement remonte contre l’ecole a la francaise en general. Bien qu’ayant ete bon eleve, j’ai des souvenirs largement negatifs de ma scolarite, surtout au lycee. Les rythmes etaient infernaux et concus en depit du bon sens. Des journees de dix heures (8h-18h) avec un trou de presque 2h au milieu. Je rentrais chez moi vers 19h. Une demi-heure pour manger, 1h de pause (regarder les infos a la TV) et c’etait reparti pour 1 a 2h de devoirs (plus proche de 2h que de 1h). Le demi-journee libre du mercredi (defendue becs et ongles par le lobby cureton pour embrigader les jeunes ames) etait compensee par les cours du samedi matin, ce qui ne laissait en fait que le dimanche matin pour recuperer un peu de sommeil. Le pire dans tout ca c’etait le stop-and-go impose par les « petites » vacances (defendues elles aussi becs et ongles par le lobby touristique). Six semaines de stakanovisme, suivies de deux a ne rien foutre. Incroyable !

    On pourrait facilement supprimer les vacances de Toussaint et les vacances de Fevrier, et ramener la pause du midi a 1h maximum. Rien qu’avec ces changements on pourrait liberer les eleves a 15h30 ou 16h sans affecter le volume annuel des cours. Le rythme serait moins soutenu mais plus regulier. L’annees scolaire ressemblerait plus a un marathon qu’a une serie de sprints.

    Mes enfants sont scolarises aux Etats-Unis et c’est peu ou prou le systeme ici. Ils ont 2 mois de grandes vacances en ete, mais tres peu d’interruptions dans l’annee (vacances de Noel et vacances de printemps). Ils sortent a 15h30. Meme avec les devoirs du soir ils ont le temps de jouer avec leurs copains et copines, de regarder la television, tout en gardant la possibilite de se coucher tot. Les eleves du lycee ont la possibilite d’avoir un petit boulot apres les cours, ce qui favorise le sens des responsabilites. C’est autrement plus formateur qu’un stage pipeau de 3 jours en fin de seconde.

    • Marie-Sophie Keller
      Marie-Sophie Keller répond à psych0Dad
      Ex-Rue89 mais toujours fan
      • Posté à 22h35 le 10/09/2009
      • Internaute 26936
        Ex-Rue89 mais toujours fan

      Bonsoir,
      je n’ai pas vraiment d’avis sur les horaires à la française pour ne pas en avoir souffert particulièrement. En revanche, je suis assez partagée sur le système que vous prônez, qui ressemble à celui en vigueur en Allemagne que je connais bien : les enfants sont dans la rue à 14 heures. Alors au lycée, pourquoi pas... Au collège, ça me parait jeune.

      La propagande dit que c’est bien, ils peuvent faire du sport et des activités. En théorie oui.
      Dans les faits : seuls ceux qui ont un parent disponible pour faire le taxi ont des activités extra scolaires - autant dire une mère au foyer. Ça tombe bien, en Allemagne, elles sont légion car justement outre-Rhin la vie professionnelle est peu compatible avec la maternité... Mais en France, comment ferait-on ?

      Seuls aussi ont des activités ceux qui peuvent se le permettre financièrement ; ça exclut une autre bonne part des élèves.

      Que font les autres ?
      SI vous avez du bol et que votre enfant est sérieux, il rentre à la maison ou va faire ses devoirs chez un copain.

      Sinon, ben, il glande « en ville ». Et glander, c’est la façon polie de dire il boit des bières et fume des joints dans un parc avec ses potes. Jusqu’au retour des parents à 19 heures à la maison.

      En France au moins, les gamins sont « à l’abri » et gardés toute la journée, les parents peuvent aller au boulot tranquilles. Et les heures d’étude servent à ne pas avoir trop de devoirs à faire le soir une fois rentré.

      • texiste mal
        texiste mal répond à Marie-Sophie Keller
        sidéré
        • Posté à 23h06 le 10/09/2009
        • Internaute 70995
          sidéré

        L’école devrait prendre en charge les scolaires, l’idéal est école le matin, sport et activités culturelles l’après-midi.

      • psych0Dad
        psych0Dad répond à Marie-Sophie Keller
        sociopathe
        • Posté à 23h25 le 10/09/2009
        • Internaute 81504
          sociopathe

        Votre reponse est revelatrice. L’ecole francaise est en effet concue pour repondre aux besoins des adultes, pas aux besoins des enfants qui la frequentent (et c’est un probleme qui ne se limite pas aux horaires !)
        On envoie ses enfants a l’ecole pour qu’ils apprennent, pas juste parce qu’on doit aller bosser et qu’il faut bien les mettre quelque part. L’environnement scolaire et ses rythmes doivent etre concus pour favoriser l’apprentissage. Les problemes d’horaires des parents sont regles par une autre institution qui s’appelle la garderie. L’ecole n’a pas a etre une garderie.

         
        • Marie-Sophie Keller
          Marie-Sophie Keller répond à psych0Dad
          Ex-Rue89 mais toujours fan
          • Posté à 10h45 le 11/09/2009
          • Internaute 26936
            Ex-Rue89 mais toujours fan

          Bonjour
          je ne crois pas qu’il y ait de garderie après le primaire.
          Et les efforts entrepris par les « bureaux des temps » de certaines mairies, pour mieux concilier les horaires de la vie professionnelle des parents avec ceux des institutions chargées des enfants ne seront qu’une goutte d’eau tant qu’une politique nationale d’envergure ne sera pas imposée par l’Etat aux entreprises.
          Non, bien sûr, idéalement l’école ne doit pas pas être une garderie. Je me plaçais juste du côté du parent qui ne peut pas organiser son travail en fonction des rythmes idéaux de l’enfant, hélas, et qui trouve que c’est quand même bien pratique d’avoir l’esprit tranquille jusqu’à 17 heures en moyenne à partir du collège.

        • Lictor
          Lictor répond à psych0Dad
          informaticien
          • Posté à 12h16 le 11/09/2009
          • Internaute 68450
            informaticien

          « Les problemes d’horaires des parents sont regles par une autre institution qui s’appelle la garderie. L’ecole n’a pas a etre une garderie. »

          Quelle horreur ! Autant j’adorais aller à l’école, autant aller en garderie (ou permanence quand on est plus grand), c’était l’horreur absolue... Entre apprendre des choses c’est motivant, autant rester à glander des heures (ou pire, faire semblant de faire des devoirs qu’on a finit depuis longtemps), c’est un tue l’intelligence...

          Et là, au niveau discrimination, c’est encore pire.... Les enfants de riches ou de parents chomeurs passeront leur après-midi à faire des activités qui les aideront (cours particuliers, loisirs, visites d’expo, sport) pendant que les enfants de travailleurs pauvres les passeront à tenir les murs...
          Vous semblez croire qu’on n’apprend qu’à l’école. En fait, l’école actuelle se comporte plus comme un lieu de validation des connaissances acquises à l’extérieur (par les parents, les cours particuliers, l’introspection) que comme un véritable lieu d’apprentissage... Votre mécanisme, dans le contexte actuel, ne ferait qu’empirer cet état de fait...

        2 autres commentaires
      • Crepitus
        Crepitus répond à Marie-Sophie Keller
        Retraité
        • Posté à 09h34 le 11/09/2009
        • Internaute 85789
          Retraité

        Pour mémoire, la raison originelle des « grandes vacances » est rurale, lorsque fut créée l’école publique la majorité de la population française était paysanne, c’est vacances permettaient que les enfants participassent aux travaux agricoles estivaux.

      • Atalante
        Atalante répond à Marie-Sophie Keller
        Illusionnée
        • Posté à 10h02 le 11/09/2009
        • Internaute 24533
          Illusionnée

        Je vis à Hambourg, et les enfants que je connais ont la possibilité de faire des activités après l´école, dans le cadre de l´école (un peu dans l´esprit des « clubs » théatre, photo, foot, chorale, etc... qui existent en france mais qu´on case sur l´heure du déjeuner, soit une heure pour manger et faire une activité !)

        De plus ils finissent rarement à 14h, plutôt vers 15h, ce qui ne fait pas grande différence avec ma soeur, collégienne en France, qui finit les cours à 15h30 trois fois par semaine cette année (ce qui l´a ravie, soit dit en passant).

        Cela dit vous avez raison, la proportion de méres au foyer en allemagne est bien plus grande qu´en france mais cela tient à la perception de ce statut : en france, être mére au foyer est dévalorisant socialement, tandis qu´en allemagne, laisser son bébé à une nounou pour aller bosser fait crier d´effroi tout l´entourage. La pression exercée sur les femmes est inversée : travailler en « délaissant » son enfant est trés mal percu, surtout lorsque le salaire du conjoint pourrait suffire. L´épanouissement par le travail, le développement de sa propre vie professionnelle, etc.. doivent passer aprés le bien être de ses rejetons.

        Mais ca a aussi ses avantages : moi qui me suis toujours dit que je recommencerai à travailler directement aprés mon congé maternité , j´apprécie l´idée que celui est d´un an en allemagne et non de trois mois.

  • yalienx
    • Posté à 19h43 le 10/09/2009
    • Internaute 66859

    Ces résultats sont un peu logiques, en tout cas pas du tout surprenant ! Et ils ne s’agit pas seulement d’une différence de moyens financiers.

    Les parents des enfants aisés sont souvent des personnes qui ont fait des études supérieures, ont des métiers enrichissants, qui lisent beaucoup, vont au musée, etc. en tout cas plus que les parents des enfants moins favorisés.

    Et forcément, ça se ressent sur l’éducation ! Tel parent donnera des livres à lire à ses enfants pendant que tel autre lui allumera la télévision, lui fera faire des exercices pendant les vacances pendant que tel autre le fera jouer au ballon dans le jardin, etc.

    Je caricature un peu bien entendu, mais dans le fond c’est ce qui se passe. Et on peut faire ce que l’on veut, changer notre système éducatif de n’importe quelle façon, l’enfant qui aura à la maison des parents à Bac+5 et un peu intello aura toujours de meilleurs résultats que celui dont les parents auront arrêté leurs études au collège.

    C’est bien plus une question de stimulation intellectuelle que de moyens. Bien entendu, les moyens aident, mais lire, accéder à une bibliothèque publique ou visiter des musées, c’est a priori peu onéreux, voire parfois gratuit !

    • Ishtar
      Ishtar répond à yalienx
       ? ?
      • Posté à 04h00 le 11/09/2009
      • Internaute 26226
         ? ?

      Je suis d’accord avec vous sur la stimulation apportée par des parents instruits.
      La question des moyens est toutefois plus qu’un simple plus.
      Un enfant qui peut pousser la porte de la bibliothèque familiale et y explorer à loisir les bouquins à n’importe quelle heure sans avoir à se déplacer à la bibliothèque municipale,a un avantage certain sur celui qui n’a aucun livre à dispo à la maison.Un exposé à rendre et il peut consulter aussitôt chez lui.
      Un jeune enfant sans aucun goût pour la lecture ne se rendra sans doute jamais en bibliothèque mais ira peut être regarder les livres des parents.

  • PAC_
    • Posté à 20h14 le 10/09/2009
    • Internaute 37521

    Pas d’écart type, rien sur la taille de l’échantillon, rien sur la définition des groupes (milieu favorisé et défavorisé), pas de référence exacte au papier cité …

  • stirner
    stirner
    enseignant
    • Posté à 20h22 le 10/09/2009
    • Expert 54549
      enseignant

    La semaine de 4 jours pour des gamins de zep c’est déjà une erreur... on les reprend lundi comme on les a laissé vendredi, et peut-être même jeudi.
    Pareil pour les vacances intermédiaires, trop longue pour des enfants qui n’auront que peu ou prou d’apports culturels et langagiers durant ces deux semaines de repos pour nous.
    Alors les grandes vacances ? Un trou noir pour certains, c’est sur...

    • Lucius Sergius
      Lucius Sergius répond à stirner
      Citoyen
      • Posté à 01h21 le 12/09/2009
      • Internaute 28239
        Citoyen

      Cela voudrait-il donc dire qu’il faut supprimer les week-ends, les vacances, etc... Les nuits en dehors de l’école, peut-être aussi ? Parce que si les chers petits traînent dans la rue et font la fiesta jusqu’à pas d’heure, le lendemain, avec les valises sous les yeux ça ne le fait pas bien avec les notions de la vielle qui risquent d’être vite oubliées... Comme si les écarts socio-culturel n’étaient qu’une question d’emploi du temps scolaire !

      De plus enfermez au maximum les gosses de ZEP ou d’ailleurs dans des structures autour de l’école, c’est à dire dans un lieu certes symbolique mais aussi nécessairement bien délimité, voire confiné, où l’intimité n’existe pas, sous toutes sortes de prétextes (peut-être tous très bons pris séparément) pour essayer d’en faire des Einstein si vous voulez, mais alors prévoyez d’embaucher de solides mâtons pour qu’ils les y tiennent malgré l’extrême lassitude ou la révolte qui sera inévitable, parce que dans le genre cocotte-minute qui risque de péter, ça risque d’être dantesque dans certaines zones...

      Ca devient un peu n’importe quoi : l’école devrait faire du soutien à midi, distribuer les repas, faire faire du sport l’après midi, des arts en soirée... Tous les enfants ensemble au même moment. Bref, il n’est plus question de transmettre un savoir à des enfants, mais, quitte à ce que ce soit à grand renfort d’animations plus ou moins à la mode sous prétexte de culture ou de santé, de garder du môme dont le reste de la société ne veut surtout pas s’« embarrasser ».
      Rappelez-vous des régimes qui prenaient toute l’année et tous les jours les enfants « en charge » pour leur donner des « ouvertures » bien évidemment formatées et uniformisées, dans des sociétés où les responsabilités étaient systématiquement déléguées à la collectivité, cela vous ouvrira peut-être un peu les yeux : « jeunesses machin », « pionniers truc », etc... C’était tellement confortable...

      Il me semble aussi avoir lu en outre quelque part que des théoriciens en pédagogie et des neuro-psy affirmaient depuis peu que l’« ennui » si combattu jusqu’à présent n’est finalement pas si néfaste, voire est sans doute bénéfique (stimule une certaine rêverie, pousse à s’inventer des passe-temps, à l’autonomie, etc...)
      Et des enfants qui ne font rien de bien culturel ou épanouissant, même en dehors des vacances, ça existe aussi chez les « riches », ce n’est pas tant une question de moyens ou de capacités intellectuelles que d’intérêt porté aux enfants dans les familles (autrefois les grands-parents des familles modestes s’occupaient de leurs petits-enfants en leur transmettant souvent un autre savoir que celui de l’école, ils sont maintenant comme les parents, bien trop « occupés »). Et de même les familles « pauvres » n’ont pas toujours produit que des petits sauvages dégénérés ou abrutis, même en zone urbaine, il faut arrêter les clichés à la Oliver Twist...

      Quand le stakhanovisme « écolier » se révèlera incapable de réduire les inégalités, après avoir accusé le temps libre on accusera l’école, les profs (facile, ça marche à tout les coups quoi qu’elle/ils fasse(nt))), la forme des tables et des chaises ou la couleur des murs plus adaptés aux uns qu’aux autres ?

      Et il faudra plus de RTT ou de temps partiels pour les parents, pour qu’ils fassent autre chose librement, ou supprimer tout ça et les enchaîner aussi, même le dimanche, à leurs lieux de travail suivant le même principe ? (Z’ont du mal à se remettre dans l’ambiance et à être productifs comme en plein coup de collier en revenant de congés... Ah non, ça ne marche plus, là ?)...

      Derrière des vérités plus ou moins scientifiques ou pourquoi pas des propositions ou des observations de bon sens, on sent quand-même comme une vague manipulation hypocrite de l’opinion, quand-même...
      Mais bon, ça n’a pas l’air de gêner le grand monde qui semble y voir un intérêt immédiat... Pauvres mômes...

      Delenda Carthago

  • nicogé
    nicogé
    walz
    • Posté à 22h22 le 10/09/2009
    • Internaute 4892
      walz

    l’article est intéressant et mesuré, mais sa conclusion trop hâtive.

    affirmer d’après une étude qu’il faut raccourcir les vacances, me semble un peu léger, et surtout bien dans l’air du temps : moins de vacances pour les enfants qui prépareront plus de travail pour leurs parents ?

    je n’oublie pas le lobby touristique ceci dit.

    la piste est à creuser, mais une longue pause fait du bien (ou en tout cas ça à l’air) à beaucoup d’enfants, notamment ceux qui supportent mal l’école.

    on n’oublie trop souvent une chose (mais PAS ici !) : que deviendraient les « inégalités » SANS l’école ? elle se creuseraient davantage !

    quant aux commentaires sur les qualités de l’école américaine, là non, on marche sur la tête. et les ressentis de chacun ne font pas un état des lieux sérieux de l’école française : à un certains âge, on s’ennuie de toute façon etc. et on pourrait faire sauter tel vacances, et faire sauter la pause de midi...
    et faire l’école directement dans une usine, être productif, avoir des diplômes EDF, PSA etc. ? ? !

    je suis d’accord cependant : les journées d’école sont longues, et les semaines de lycées grotesques avec beaucoup trop de travail le soir.

    mais on n’est pas obligé de tout changer pour changer, ça devient lassant et un peu ridicule.

    ça ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire : c’est le fondement capitaliste de la société imposés à l’école qu’il faut éliminer : tu liras à 6 ans, tu feras des divisions à 7 etc.

    ne préparons pas de futurs travailleurs !

    pourquoi ne parlent-on que de temps et de bonnes vieilles méthodes quand on parle d’école ?

    on entend jamais parler de Montessori, Steiner, des MOYENS qu’il faut pour qu’un enfant se sentent bien et apprennent (à 30, certains décrochent d’office ! ! !).

    vive l’école française et vivement une évolution progressiste et centré sur l’enfant,

    bien @ vous,

    nicogé
    Lien

    • daniel
      daniel répond à nicogé
      daniel
      • Posté à 11h05 le 11/09/2009
      • Internaute 5273
        daniel

      Pas de conclusions hâtives certes, mais il est indéniable que les vacances sont trop longues en France.

      Deux mois et demi, voire trois si par malheur l’établissement est centre d’examen, on a largement le temps de tout oublier.

      Un mois, allez un mois et demi, suffit largement. Une année scolaire plus longue : des journées plus courtes, tout cela me semble relever du bon sens au lieu de « refléchir » à la semaine des 4 jours.

      Mais quelles ont les réticences : le lobby touristique ? Le refus de certains enseignants d’avoir dix semaines de vacances au lieu de 5 comme tout le monde (la compensation se ferait par une charge hebdomadaire allégée) ? Parmi les réticences, où se trouvent l’intérêt de l’enseignement et surtout des enfants ?

  • Marie-Hélène
    Marie-Hélène
    fout rien al païs
    • Posté à 22h24 le 10/09/2009
    • Internaute 74251
      fout rien al païs

    Je n’aime pas ce genre de classification, pauvre d’un côté, et forcement ignare, illettré, etc... et riche, donc forcément curieux de tout, très cultivé, etc...
    Ne pensez-vous pas que c’est un peu simpliste tout celà ?
    Je pense que la société est bien plus complexe, d’autant plus qu’il y a, avec le chômage de masse, des gens qui perdent leur emploi, n’en retrouvent pas ou ne retrouvent que des emplois précaires, et donc sont catégorisés comme « pauvres » alors qu’il peuvent avoir un haut niveau culturel....
    d’autre part, je pense que c’est bon pour des enfants de passer des vacances insouciantes : jouer dans la rue ou dans les bois, construire des cabanes, faire du vélo... Tout celà fait partie de son apprentissage de la vie et les vacances sont faites pour ça.
    Lisez ou relisez les Souvenirs d’Enfance de Pagnol : il passait ses vacances dans la campagne,à jouer dehors, et il a bien réussi sa vie !
    Je pense que s’il y a un fossé entre riches et pauvres, c’est bel et bien dans les différents niveaux des écoles qu’ils peuvent fréquenter ainsi que de pouvoir bénéficier d’un soutien scolaire de qualité ou non...

    • Marie-Sophie Keller
      Marie-Sophie Keller répond à Marie-Hélène
      Ex-Rue89 mais toujours fan
      • Posté à 22h47 le 10/09/2009
      • Internaute 26936
        Ex-Rue89 mais toujours fan

      Marcel Pagnol vivait dans une petite ville de Provence et partait dans la maison de famille à la campagne. Il était fils de classe moyenne et c’étaient des vraies vacances. Les enfants pauvres dont parle cet article me font plus penser à ces gamins qui vont passer tout l’été dans leur cité à s’ennuyer. Ils n’ont pas de « dehors » où s’amuser, où apprendre les scarabées et les abeilles, les rivières et les pibales, les lance-pierres et les cabanes... Où s’enrichir et se cultiver, quoi.

      • Marie-Hélène
        Marie-Hélène répond à Marie-Sophie Keller
        fout rien al païs
        • Posté à 22h55 le 10/09/2009
        • Internaute 74251
          fout rien al païs

        C’est vrai ce que vous dites au sujet des gamins des cités et même certains gamins de mon village qui ne s’interessent à rien car leur parents ne s’interessent pas à grand-chose non-plus... Et ne sont pas forcément très pauvres.
        Ce que je voulais dire, c’est dans la catégorie des « pauvres », il y a plusieurs sortes de milieux culturels, et les aléas professionnels que l’on peut voir de nos jours (perte d’emploi par exemple) vous précipite dans la pauvreté même si vous étes issus d’un milieu relativement favorisé d’un point de vue culturel.
        Je voulais dire aussi que Marcel Pagnol (ou bien d’autres), ont enrichi leur personnalité avec des jeux très simples et je ne pense pas que des enfants qui sont constamment poussés à potasser leur cours sans pouvoir s’aérer sont les mieux armés à affronter l’existence...

         
        • Ishtar
          Ishtar répond à Marie-Hélène
           ? ?
          • Posté à 03h40 le 11/09/2009
          • Internaute 26226
             ? ?

          Les vacances sont faites pour s’aérer,c’est incontournable.Mais l’ambiance dans laquelle évolue l’enfant se révèle aussi importante que l’activité.
          Que dire d’un enfant qui serait contraint par ses parents à potasser seul des manuels de vacances sans pouvoir poser des questions ?
          Sûrement défavorisé par rapport à celui qui pourra interroger des parents disponibles et attentionnés au cours de vacances où les bouquins n’auront pourtant qu’une place modérée.
          Le manque de disponibilité des parents en difficulté a sûrement un impact non négligeable sur la scolarité des enfants mais aussi sur leur épanouissement personnel et leur culture générale,deux concepts qui ont perdu prestige et importance dans une société avide de compétences essentiellement professionnelles.

        1 autres commentaires
      • tweesty
        tweesty répond à Marie-Sophie Keller
        Gaucher et contrarié
        • Posté à 02h24 le 11/09/2009
        • Internaute 83901
          Gaucher et contrarié

        C’est pas toujours vrai. Moi j’ai appris le motocross....

      • balala
        • Posté à 09h17 le 11/09/2009
        • Internaute 3552

        Je raconterai à cet égard une anecdote personnelle qui m’a profondément surprise. J’ai passé mon enfance dans une famille aisée et l’été nous partions à la campagne. Mes cousins, mes soeurs et moi passions notre temps à « explorer » les environs. Notre « territoire » s’élargissait de jour en jour, et je croyais que c’était normal, instinctif.

        Mon fils, qui faisait du cirque dans une activité de loisir est allé, avec son cirque faire de l’animation un été dans une cité de la « banlieue » d’une ville si petite que je ne savais même pas qu’elle pouvait avoir une banlieue ! Le quartier en question était en arc de cercle, avec une grande étendue au milieu où le cirque était dressé.

        Les immeubles étaient coquets, 3 étages, séparés par des rues n’allant nulle part mais probablement prévues pour une extension du quartier. Au bout de ces rues, à 50 m les champs et la forêt. Lors d’une de mes visites, je parlais avec plusieurs adolescents et demandant s’ils allaient souvent en forêt,ils m’ont tous regardé comme si je disais une incongruité... ça leur semblait aussi incroyable que de leur demander s’ils allaient en week-end sur la Lune. Je leur ai aussi demandé s’ils allaient « en ville » (à 2km, et avec des bus toutes les 1/2 heures) il y a une belle piscine et quelques chefs d’oeuvre architecturaux... ils ne connaissaient pas.

        J’étais effarée par ce que je considérais alors comme une perte de « l’instinct des enfants à explorer leur territoire » avant de réaliser que pour que cet instinct s’épanouisse des conditions sont nécessaires... des parents qui ont suffisamment confiance parce que ce monde ne leur est pas étranger, qui vous poussent et vous rassurent.

        Or je comprends maintenant que ces mômes, intrépides par ailleurs dans certains de leurs jeux, aient été paralysé devant cet inconnu là. Comment une Maman, elle même élevée au bled, pourrait-elle se sentir assez en confiance devant nos forêts, pour pousser ses enfants à aller les explorer ? Est-ce que moi, dans un territoire totalement étranger, j’aurais laissé mes enfants partir seuls à la découverte ? sûrement pas !

         
        • Marie-Hélène
          Marie-Hélène répond à balala
          fout rien al païs
          • Posté à 15h16 le 11/09/2009
          • Internaute 74251
            fout rien al païs

          J’habite dans un petit village et je peux vous assurer que bien des gamins ne vont pas non-plus dans la campagne alentour, ils n’ont absolument aucune curiosité et leurs parents non-plus... Parents qui sont du coin et non pas du bled comme vous dîtes, je suis désolée il y a des gens qui sont d’une pauvreté intellectuelle et culturelle absolument désolante. Il y a quelques temps, j’ai entendu l’une d’elle s’extasier car le vétérinaire lui avait appris que les chiens aiment ronger les os !
          Et là, pas d’immigrés ne parlant pas ou mal le français, pas de décor sordide faite de barre en béton armé, même pas de pauvreté matérielle évidente...

        • Lictor
          Lictor répond à balala
          informaticien
          • Posté à 15h18 le 11/09/2009
          • Internaute 68450
            informaticien

          Oui, j’ai connu aussi...

          Par exemple, au collège avec une camarade qu’on a amené pour la première fois de sa vie voir les grands magasins. Pourtant, notre collège était à Anvers, pas vraiment très loins...

          Ou le frère de ma compagne, qui a fait une partie de son collège à Bondy dans le 9-3. Là, il avait des camarades de classe qui n’avaient jamais mis les pieds à Paris. Et pour les plus aventureux qui poussent jusqu’à la capitale, ça se résume souvent aux stations de RER : les Champs-Elysées, les Halles...

          C’est peut-être une différence essentielle. A ce même âge, je connaissais Paris de fond en comble. J’allais me promener dans pleins de quartiers avec mon père ou ma mère. Voire, en fin de collège ou au lycée, j’allais trainer un peu partout dans la capitale pendant mon temps libre.

          Quand un gamin n’a même plus la curiosité ou les moyens d’aller voir ce qui se passe à 5 minutes de son école, il y a un vrai problème... En plus, il y a actuellement un délire sécuritaire de la part des parents qui n’aide vraiment pas...

        2 autres commentaires
      • yalienx
        • Posté à 15h41 le 11/09/2009
        • Internaute 66859

        Exact ! Concernant Pagnol, j’ajouterais que son père est instituteur. Il baignait donc dans une stimulation perpétuelle avec un papa qui ne manquait pas l’occasion de lui apprendre des choses.

        Sur les enfants pauvres, c’est vrai. Mais pas seulement de ceux qui restent dans leur cité. Il y a aussi des enfants qui partent en vacances, mais dont les parents ne s’occupent pas vraiment (les vacances c’est plage, repas, télé, et basta !). La stimulation n’est guère meilleure. Certes, il y a le dépaysement, les vacances, etc. Mais le reste (la stimulation intellectuelle) n’est pas là...

  • William Tel
    William Tel
    à Lille
    • Posté à 22h30 le 10/09/2009
    • Internaute 24846
      à Lille

    Les économistes feraient bien mieux de s’occuper d’économie, et d’en faire enfin une science (qui nous donnerait enfin un moyen d’action sur le réel au lieu de subir les crises comme des fléaux divins).
    Le Groupe DESIR quant à lui, imite ses aînés bien installés dans leur confort idéologique en apprenant à parler comme eux : « créativité individuelle », « innovation », etc.

    Mais que font-ils sur Rue 89 ?

    • Piyoun
      Piyoun répond à William Tel
      Etudiant
      • Posté à 17h41 le 11/09/2009
      • Internaute 1137
        Etudiant

      Encore faudrait-il que vous nous disiez ce qui est (ou n’est pas) une science... A en juger selon le caractère expéditif de cet éternel poncif (« Les économistes feraient bien mieux de s’occuper d’économie, et d’en faire enfin une science... »), on ne peut que se convaincre que vous ne savez même pas vous-mêmes de quoi il en retourne.

      La raison pour laquelle cet étudiant de l’Ecole d’Economie de Paris nous fait part de travaux sur la question scolaire est pourtant assez évidente (de nous jours) : l’économie ne se borne plus à étudier les phénomènes purement économique. En réalité, les économistes et les sociologues (quantitativistes) font de plus en plus de travaux communs, et ce du fait de la méthode et des concepts méthodologiques communs aux sciences sociales...

      • William Tel
        William Tel répond à Piyoun
        à Lille
        • Posté à 18h09 le 11/09/2009
        • Internaute 24846
          à Lille

        Parmi toutes les définitions que l’on peut donner au mot science, je vous propose « savoir-faire que donne la connaissance », or, à part produire un discours idéologique (qui repose sur une représentation toute faite du réel), il me semble que ceux-là ne font pas grand-chose.
        Cela dit, ce sont les économistes eux-mêmes, et non moi, qui ont des prétentions scientifiques : je me contente de les prendre au mot, et je vois que ça fait mal.

         
        • Piyoun
          Piyoun répond à William Tel
          Etudiant
          • Posté à 19h18 le 11/09/2009
          • Internaute 1137
            Etudiant

          Non, la science n’est pas un savoir-faire, elle n’est pas utilitaire. Elle est une fin en soi : elle se donne ses propres fins. Et c’est en quoi votre définition est à côté de la plaque. Par contre, je vous accorde la pertinence de votre définition de l’idéologie, et effectivement la science économique, dans certains de ses courants de pensée peut être idéologique et raisonner à partir de l’idée des faits et non des faits eux-mêmes...

          Mais, pour être un peu plus précis, la scientificité d’une discipline relève d’un critère de confrontation au réel, en tenant compte des limites méthodologiques et techniques d’une telle confrontation (« Le réel est l’incontournable. » Heidegger : nous n’en ferons jamais le tour, mais nous ne pouvons pas non plus le contourner).

          Passons, ce que j’essaye de dire c’est que les sciences (par-delà une dichotomie sciences dures/sciences molles qui perd son sens lorsqu’on prend acte du fait que la physique moderne accepte également cette incapacité à établir une fois pour toute une théorie) se trompent et c’est parce qu’elles se trompent et sont capables de l’intégrer, d’erreur en erreur qu’elles s’appellent sciences.

          Ce qu’il en est des crises économiques : hélas la science économique n’est qu’une science... ! Et pas une absolue et parfaite connaissance. Les débats sur l’efficacité du marché ne sont pas clos... et il est erroné de dire que les économistes n’avaient rien vu venir. Certains, assez nombreux même, pensaient rationnellement que le système était bancal, mais malheureusement pour eux, ils ne constituaient et constituent encore une minorité relative, ou hétérodoxe.

          • William Tel
            William Tel répond à Piyoun
            à Lille
            • Posté à 12h21 le 12/09/2009
            • Internaute 24846
              à Lille

            On peut dire que l’économie est une science au même titre que que la critique littéraire, ou la « science politique » mais pas que l’agronomie ou les sciences physiques (or c’est plutôt à ce genre de disciplines que le mot renvoie couramment)
            Pour les définitions du mot science, je vous conseille quand même d’ouvrir le dictionnaire, vous serez surpris de tout ce que vous y trouverez « d’à côté de la plaque »
            Au mieux les économistes font de la sociologie ou de la philosphie (voire F. Lordon), au pire ils se font passer pour des experts et sont des agents politiques.
            D’accord pour les différents courants donc mais le blog DESIR ne me paraît précisément pas « hétérodoxe » et c’était là ma critique.

            • Piyoun
              Piyoun répond à William Tel
              Etudiant
              • Posté à 19h53 le 12/09/2009
              • Internaute 1137
                Etudiant

              Un dictionnaire ne fait que reprendre l’usage courant... et l’usage courant n’est quasiment jamais un usage adéquat. Pour savoir ce qu’est une science lisez des épistémologues.

              • William Tel
                William Tel répond à Piyoun
                à Lille
                • Posté à 18h23 le 13/09/2009
                • Internaute 24846
                  à Lille

                Puis-je vous conseiller d’étudier un peu la lexicologie ? Qui est une science, elle aussi...

        4 autres commentaires
  • Gudule
    • Posté à 22h37 le 10/09/2009
    • Internaute 9720

    « Dommage que l’école gâche son travail réussi de la sorte… »

    moi pas comprendre le raccourci

    même absents les profs ont encore tort ?

    les profs ont trop de vacances ?

    où voulez-vous en venir ?

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 02h21 le 11/09/2009
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    « Faut-il accuser l’école d’accroître les inégalités ? Etonnamment non. “
    Ca vous étonne vous ?
    S’il y a une institution qui fait ce qu’elle peut pour combler les inégalités, c’est bien l’école et ça, c’est presqu’universel.
    Après on peut chipoter sur les différences de qualités de l’enseignement mais même dans les coins où toutes les autres institutions ont laché le morceau, l’école reste ouverte, à moins d’une volonté contraire de l’état dirigeant.
    Pour les USA, je ne connais pas la réalité des choses mais, en France, il y a des instits à la retraite dans les régions rurales où les écoles ont été fermées qui reprennent du service en aide aux devoirs.
    C’est gratuit et de meilleure qualité que les cours à domicile des grosses boites ‘spécialisées’
    L’école ne fait pas tout, on en apprend beaucoup en vacances...

  • Ishtar
    Ishtar
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    • Posté à 03h18 le 11/09/2009
    • Internaute 26226
       ? ?

    Mes parents tous deux enseignants ont toujours constaté ce phénomène.A la rentrée certains élèves avaient « perdu“une bonne partie des connaissances de l’année précédente mais cela se vérifiait aussi le lundi où les plus défavorisés passaient le week-end au mieux dans une ambiance non studieuse au pire devant la télé jusqu’à minuit le dimanche soir,pour les rendre totalement hermétiques à tout apprentissage en début de semaine.
    Le travail accompli en semaine était parfois annulé en deux jours.

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