Chez Mouloud Akkouche

Le blog de l'écrivain Mouloud Akkouche sur Rue89.

Hortefeux, Royal, Cohen Solal, Bruni, Kouchner... et nous

Publié le 13/09/2009 à 15h43

Hortefeux, Royal, Cohen Solal, Bruni-Sarkozy, Dieudonné, Besancenot, Kouchner... Quel est leur point commun ? Apparemment différents, tous les sept semblent chercher la compagnie de la même paire d’amis. Plutôt deux alliés éphémères. Deux personnes que, très souvent, ils ne voient et n’entendent pas. Trop préoccupés par leur image, discours et course quotidienne.

Mais, contrairement à ces sept acteurs influents du monde politique et du show biz, ce duo très discret ne rate absolument aucun de leurs gestes ni de leurs propos. A force, nos deux larrons fondus dans le décor deviennent presque des intimes en pointillés de ces icônes médiatiques.

Mais nous aussi ne remarquons que très rarement ce binôme pourtant très important dans nos existences au jour le jour. Qui sont-ils pour être aussi appréciés de personnalités si dissemblables ? Et si proches d’elles, presque à les toucher ? Très consciencieux, nos deux inconnus effectuent un travail à quatre mains dont la plupart d’entre nous sommes friands, et parfois même accrocs.

Qui sont-ils ? Coupez ! Il s’agit d’un(e) caméraman et d« un(e) preneur(se) de son.

Les sept personnalités nommées plus haut, très opposées sur de nombreux niveaux, ont besoin de “ vendre ” leur image au plus large public. Chacune et chacun avec certes des motivations et finalités différentes mais tous passent par le même canal.

En général, ils ont l’habitude des caméras et savent jouer leur rôle à la perfection.

Voilà pourquoi, même si une langue peut fourcher et un coup de fatigue embrouiller l“esprit, je reste souvent dubitatif sur les dérapages ou bourdes de tels professionnels. Difficile de croire à la dernière soi-disant blague improvisée du ministre de l’Intérieur.

Que peut lui rapporter cette petite scène et phrase vues et entendues par des centaines de milliers de téléspectateurs et internautes ? En quelques mots, le ministre de l’Intérieur aspire vers lui encore plus d’électeurs extrémistes d’un Le Pen prêt à céder les rênes et, dans la foulée, il orchestre en léger différé son mea-culpa en se voilant derrière la banale plaisanterie.

Puis, dans quelque temps, toujours devant nos deux compères rivés au pied du perron de l’Elysée, ce même ministre jovial embrassera longuement Fadela Amara. Pour rester dans la grivoiserie en vogue chez nos gouvernants : savez-vous comment certains surnomment Rachida Dati et Fadela Amara ? Les colla-beurettes ? Mais ce n’est qu’une blague.

Même les plus idéalistes et sincères de nos femmes et hommes politiques, les artistes, éditeurs, journalistes, savent qu’ils doivent tout à ces deux employés -souvent intermittents du spectacle- de la télé qui font le son et l’image.

Sans ces techniciens audiovisuels, ils ne pourraient transmettre le moindre message. Peut-être que, parmi ces habitués du petit écran et du Net, certains ne rêvent que de pêche à la mouche en Ariège ou de lire les œuvres
complètes de Claude Simon sur une île déserte. Qui sait : s’éclater incognito jusqu’à l’aube dans une boîte à Ibiza ? Pas facile de comprendre leur désir essentiel.

L’ambition ? Un compte à régler avec papa, maman ou la société ? Un vrai désir de défendre des valeurs et convictions ? La question reste posée. Mais les autres, nous, citoyens plus ou moins anonymes, avons aussi cette irrépressible attirance pour les caméras.

Beaucoup se précipitent sur les plateaux de télé réalité ou de jeux, font des grand signes à la plus petite caméra pointant son nez dans la rue ou laissent courir leurs doigts sur des claviers pour alimenter leur blog. Avec Internet, l’écrit semble même devenir peu à peu de l’image, et tout sert -ou dessert- l’image du blogueur.

Que veulent d’ailleurs ces trolls, parfois frustrés et haineux, qui grenouillent sur Rue89 et sur d’autres forums ? Juste apparaître ne serait-ce qu’un instant sur le miroir de l’écran, partager avec leurs proches cette brève gloire pixélisée :

‘Tu vois, regarde ce sont mes mots là ! Tu reconnais ma phrase, chérie ! Et t’as vu le nombre de connectés me lisant !’

Qui refuserait son quart d’heure de gloire cher à Andy Wharol ? Même les plus rétifs, lecteurs du Monde Diplomatique et pas dupes de ce cinéma flattant l’égo, finissent par mettre un genou à terre devant une caméra. Sur un plateau télé, les plus grands penseurs paraissent d’un seul coup paumés tels de grands enfants maquillés.

Sans doute restent-ils quelques irréductibles résistant aux sirènes de l’image qui, pour tout l’or du monde, n’iraient pas s’exprimer au JT de vingt heures.

On les compte sur les doigts du silence.

Et, quoi que j’écrive et dise, je ne fais pas partie de cette catégorie de résistants au ’’je veux en être”. Sinon, pourquoi ce blog et avoir accolé aujourd’hui ces sept noms ? Pas par hasard. “ Tout ça pour se faire mousser sur le Net !” se fâchera sans doute un troll. Tandis qu’un de ses confrères assénera : “ Plus besoin de preneurs de sons avec les caméramans !”

Puis suivront des échanges techniques à coups de citations et de Wikipédia souvent très pointus, dialogues virtuels intéressants ou pas, profonds ou légers, mais ponctués en général de la remarque acide d’un troll hurlant de son écran perdu en Ardèche ou dans une tour d’une zone urbaine : “ Eh ! J’existe moi aussi ! Regardez-moi et écoutez un peu ce que j‘ai à dire !’ Un troll avec aussi son point de vue sur la marche du monde. Et pas toujours dénué d’intérêt.

L’image aura-t-elle le dernier mot ?

  • 7101 visites
  • 31 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • framboise.
    framboise.
    incognitotte
    • Posté à 16h16 le 13/09/2009
    • Internaute 80729
      incognitotte

    78 lectures et pas encore de réactions.
    On n’ose pas être le premier(première ?) de peur de se voir ici en premier ?
    Je viens juste pour dire que les articles de Mouloud Akkouche me plaisent.
    Celui-ci aussi.
    Un peu de recul sur les choses avec humour et psychologie.

    • avanie
      avanie répond à framboise.
      mamelle du destin
      • Posté à 18h20 le 13/09/2009
      • Internaute 90002
        mamelle du destin

      Pas mieux. Du Akkouche, on en veut.

      Trop d’émanations morbifiques sur la Rue.

      Longue vie à Mouloud et à ses écrits.

      • avanie__
        avanie__ répond à avanie
        mamelle du destin
        • Posté à 21h05 le 14/09/2009
        • Internaute 90124
          mamelle du destin

        Bonjour à tous, je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai dû me réinscrire de toute urgence, mon compte ayant été bloqué sans qu’il m’ait été notifié quoique ce soit ...
        Quand je parlais de « Trop d’émanations morbifiques sur la Rue. », je ne songeais évidemment pas à la qualité des articles paraissant régulièrement sur ce site mais à certains ambianceurs de fils un peu trop « caca-prout » à mon goût, du genre de ceux que Mouloud Akkouche appelle les trolls hurlants d’Ardèche et d’ailleurs.
        Si ça peu rasséréner...

        Lien
        Je voulais mettre ici cette image trouvée sur le blog d’humour de Tata Rapporteuse, car elle me paraît bien adaptée au sujet.

    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à framboise.
      43
      • Posté à 18h32 le 13/09/2009
      • Internaute 4591
        43

      Le chemin étant ouvert il ne me reste plus qu’à approuver les propos de Framboise qui approuvent les propos de Mouloud Akkouche.

      Mais dans cette approbation générale j’ai une petite pensée pour notre « vaccinateur » Serraf qui n’a pas la même chance, à moins que ce ne soit le même talent ou même le même mérite si bien définit par Nestor Roméro.

    • marie 75
      marie 75 répond à framboise.
      • Posté à 10h39 le 14/09/2009
      • Internaute 3563

      A Madrid, le couple Sarkozy inspire une comédie sur l’amour et le pouvoir
      11/09/2009 16 : 54 : 00
      cf tageblatt (rub. people)

      « Scandale au Palais » (de l’Elysée ?) : le couple Sarkozy a librement inspiré une pièce de théâtre jouée actuellement à Madrid sur les affres de l’amour et du pouvoir médiatisés.

      Il s’agit bien sûr d’une fiction. Mais toute ressemblance entre les deux protagonistes de cette comédie à l’affiche du théâtre Reina Victoria avec Nicolas Sarkozy et Carla Bruni n’est pas pure coïncidence. La scène se déroule dans le salon cossu de Bernard Mathieu, président dans la cinquantaine d’un pays non-spécifié, et de sa jeune épouse Paola d’Angio, comme par hasard ex-top-model et présentatrice télé d’origine italienne. Le couple assiste, nerveux, au lancement d’un journal télévisé qui annonce la diffusion d’images saisies par des caméras de sécurité : on y voit le président Mathieu faisant l’amour avec Paola dans les toilettes d’un palais officiel, alors qu’il était encore marié à son ex-épouse.
      Il assure vouloir démissionner : « Je ne suis plus le président de la République, je suis le président qui baise dans les toilettes ». Pour elle, il n’en est pas question. Les dialogues sont vifs, parfois crus. « Chérie, est-ce que tu m’aurais remarqué si j’avais été pré-retraité d’un grand magasin ? » demande le président à son épouse. La réponse fuse : « Et toi, est-ce que tu m’aurais remarquée si je n’avais pas ce cul et ses jambes ? » L’auteur, directeur et acteur principal de « Scandale au Palais », Pedro Ruiz, se défend d’avoir voulu faire un vaudeville, mais une comédie « sur deux être humains pris au piège de leur position, de leurs ambitions et d’une énorme pression médiatique ». Il ne cache pas s’être inspiré du couple Sarkozy, mais jure que ces personnages ne sont que des « archétypes proches, plutôt la radiographie de tous que la photo figée de quiconque ».
      Le président Sarkozy assiste du balcon à la pièce. Pas le vrai bien sûr, mais son effigie du Musée de cire de Madrid, à côté de celles du chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, du président américain Barack Obama et de Camilla Parker-Bowles, épouse du Prince Charles

    • marie 75
      marie 75 répond à framboise.
      • Posté à 10h39 le 14/09/2009
      • Internaute 3563

      A Madrid, le couple Sarkozy inspire une comédie sur l’amour et le pouvoir
      11/09/2009 16 : 54 : 00
      cf tageblatt (rub. people)

      « Scandale au Palais » (de l’Elysée ?) : le couple Sarkozy a librement inspiré une pièce de théâtre jouée actuellement à Madrid sur les affres de l’amour et du pouvoir médiatisés.

      Il s’agit bien sûr d’une fiction. Mais toute ressemblance entre les deux protagonistes de cette comédie à l’affiche du théâtre Reina Victoria avec Nicolas Sarkozy et Carla Bruni n’est pas pure coïncidence. La scène se déroule dans le salon cossu de Bernard Mathieu, président dans la cinquantaine d’un pays non-spécifié, et de sa jeune épouse Paola d’Angio, comme par hasard ex-top-model et présentatrice télé d’origine italienne. Le couple assiste, nerveux, au lancement d’un journal télévisé qui annonce la diffusion d’images saisies par des caméras de sécurité : on y voit le président Mathieu faisant l’amour avec Paola dans les toilettes d’un palais officiel, alors qu’il était encore marié à son ex-épouse.
      Il assure vouloir démissionner : « Je ne suis plus le président de la République, je suis le président qui baise dans les toilettes ». Pour elle, il n’en est pas question. Les dialogues sont vifs, parfois crus. « Chérie, est-ce que tu m’aurais remarqué si j’avais été pré-retraité d’un grand magasin ? » demande le président à son épouse. La réponse fuse : « Et toi, est-ce que tu m’aurais remarquée si je n’avais pas ce cul et ses jambes ? » L’auteur, directeur et acteur principal de « Scandale au Palais », Pedro Ruiz, se défend d’avoir voulu faire un vaudeville, mais une comédie « sur deux être humains pris au piège de leur position, de leurs ambitions et d’une énorme pression médiatique ». Il ne cache pas s’être inspiré du couple Sarkozy, mais jure que ces personnages ne sont que des « archétypes proches, plutôt la radiographie de tous que la photo figée de quiconque ».
      Le président Sarkozy assiste du balcon à la pièce. Pas le vrai bien sûr, mais son effigie du Musée de cire de Madrid, à côté de celles du chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, du président américain Barack Obama et de Camilla Parker-Bowles, épouse du Prince Charles

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 17h08 le 13/09/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    m’as-tu-vu. tout n’est que m’as-tu-vu...sous l’œil de Caïn de d’internet, et des ses nouveaux relais (la presse, la radio, la télé).

    parlez de moi, il en restera toujours quelque chose, car je ne laisse pas indifférent.

    on se retrouve dans un petit village, où tout, n’est que rumeurs, bruits, méchancetés, petitesses, mesquineries..

    tout le monde regarde l’autre, et fait vite un post accompagné d’une photo, d’une vidéo, et de son interprétation...

    exemple chez les jeunes :
    un copain qui dérape, une copine dans une situation soit disant quelque peu coquine =>photos =>publication sur facebook et consort.

    la conséquence de ce jeu de village débile ?

    la société va devenir puritaine, mesquine...méfiante, frileuse, peureuse

    qui aura gagné ? ?

    on aura tout perdu...

    moralité :

    ce qu’on croyait naïvement, avec crédulité et candeur, être un espace de liberté, tout bonnement s’avère être un espace liberticide.

    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à pablico
      43
      • Posté à 18h46 le 13/09/2009
      • Internaute 4591
        43

      C’est ce que j’ai cru comprendre venant de la bouche de Guéneau :

      La liberté d’internet, c’est le commencement du totalitarisme.

      Heureusement que les chinois ou les iranniens, fervent défenseurs des libertés, nous montrent le chemin à suivre car si le gouvernement UMP n’avait pas sous les yeux ces exemples qui sait où pourrait nous conduire les chemins de la Liberté.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 16h43 le 13/09/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)
    • Lephauste
      Lephauste répond à Numerosix
      hautetfort.humeurnoirte.fr
      • Posté à 16h46 le 13/09/2009
      • Internaute 29119
        hautetfort.humeurnoirte.fr

      Merci pour ce moment avec Thiéfaine !

    • framboise92
      framboise92 répond à Numerosix
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 07h29 le 14/09/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      dans la mesure où « la solitude n’est plus une maladie honteuse », je pense que cette vidéo n’est pas inutile.

      • Naradamuni
        Naradamuni répond à framboise92
        sans
        • Posté à 10h28 le 14/09/2009
        • Internaute 30050
          sans

        Solitaire, je me terre sous la terre de mes mots
        La console qui m’isole se désole à huis clos

        Le temps d’un mot de passe à la portée du doigt
        Et me voici tournant autour de ma planète
        Où des milliards d’amis me font signe, on m’attend
        Et je plonge

        Et je plonge au hasard dans l’océan fantôme
        Et l’irréel, enfin, me prend dans ses bras doux
        Me voici sans ennuis et sans appartenance
        Et l’espace aboli fait oublier le temps

        La misère qui prospère indiffère mon cerveau
        Ma console c’est l’école qui me colle à la peau

        Autrefois je voyais des voisins, des amis
        J’avais des rendez-vous, des parents, une femme
        J’avais les pieds soudés aux souliers du travail
        Et je plane

        Et je plane au-dessus du smog et des tornades
        Sans horaire et sans but et mes ailes de fer
        Vont au cœur du Soleil en mémoire d’Icare
        Et j’en reviens mordu d’azur et bardé d’or !

        Cimetière de lumière, choix de pierre, d’air et d’eau
        Les paroles qui s’envolent caracolent dans mon dos

        J’ai trouvé dans eBay bien plus que je cherchais
        Un dépotoir d’acier en orbite éclatée
        Une banquise à vendre au prix du C02
        Et je roule

        Je roule sur des corps que mon regard attise
        Un champ de chair offerte à l’infini de l’œil
        Et j’entends, par milliers, des voix tendres qui disent
        « La nuit commence ici, tu ne seras plus seul »

        Vos prières planétaires exaspèrent mon ego
        Leurs paroles qui cajolent s’étiolent sans écho

        J’ai collé mon plasma au plasma des pixels
        Je suis le maître, enfin, des bourreaux ordinaires
        Et je sens que j’acquiers des attributs divins
        Et je tombe

        Et je tombe du haut des plus anciens vertiges
        Vous parlez mais vos voix ne me parviennent plus
        Je rêve que je bois, rien ne saurait m’atteindre
        Je me sens devenir de moins en moins humain

        Solitaire, je me terre sous la terre de mes mots
        Ma console qui m’isole se désole à huis clos

        Seul sur terre

        De Gille Vigneault. Album « Arriver chez soi »
        Lien

         
        • framboise92
          framboise92 répond à Naradamuni
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 21h25 le 14/09/2009
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          Merci pour ce texte, il est très profond .
          Merci, merci !
          J’irai surfer sur ce site, en solitaire.

        1 autres commentaires
  • Lephauste
    Lephauste
    hautetfort.humeurnoirte.fr
    • Posté à 16h43 le 13/09/2009
    • Internaute 29119
      hautetfort.humeurnoirte.fr

    Voilà, c’est dit, moi aussi je veux briller au firmament jetable du commentaire. Attention ! Attention ! Mes propos risquent de vous laisser indifférents. Si tel était le cas, je m’en fiche bien, car quoi que l’on pense, à moins de me faire modérer définitivement, je reviendrais. Et ce, quelque soit le sujet. J’ai un avis sur tout mais rien ne m’intéresse vraiment. N’empêche il importe absolument que vous lisiez ceci. Pourquoi ? Mais parce que depuis l’invention de l’Agora à domicile, tout avis, toute contestation, tous points de vues, tout argument si plausible soient-ils, s’empilent,s’empilent,s’empilent et moi ce qui m’importe vraiment c’est de rester au dessus de la pile.

    Zola, en son temps avait des lecteurs. Un journaliste à présent n’a plus que des commentateurs. Un vrai coupe-gorge que de soulever à l’aide du levier des mots et des images, tel scandale, telle horreur, telle situation, telle injustice qui en d’autres temps auraient fait dresser les cheveux sur la tête de Lénine. C’est que le système a tout compris :

    Donnez leur à chacun, un clavier, un appareil numérique, une connexion (free of charge, of course !), un pseudo (très important le pseudo !), un petit quelque chose à se mettre sous la dent, le papa du bébé de madame Dati (moi je connais la maman des poissons et elle est bien gentille !) et vous verrez que des grands empilements naissent les belles implosions.

    quand j’étais petit on nous prévenait toujours sur les risques d’implosion de la télévision. Implosion ? implosion ? Ce mot m’intriguait. Explosion je comprenais, badaboum ! Et puis voilà, après on ramasse les débris, on les glisse sous le tapis (AZF, Tchernobyl, Three miles island, Sevezo...). Mais à la lecture de votre Article je viens de comprendre ce que ce mot étrange comme une peau de lapin retournée, signifiait. Nous vivons dans une société qui a depuis longtemps implosée sous le choc des micro-ondes de l’info soumise à la tchatche. Nos circuits sont niqués (Baschung), ça sent le roussis dans la boite à neutrons.

    Hortefeux aime les arabes quand ils ont l’accent auvergnat ? Cela me fait penser que les auvergnats en des temps pas si lointains ont été les arabes de la Capitale. Bougnats, on disait.
    Vivement le retour du Mullah Nasr el Ruddin et de son âne ! Mais l’âne est là, il s’appelle Brice. Qu’on lui coupe le son !

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 17h02 le 13/09/2009
      • Internaute 41144

      Quel talent ! Bravo, c’est un vrai plaisir de vous lire - et vos propos ne laissent pas indifférents.

    • Naradamuni
      Naradamuni répond à Lephauste
      sans
      • Posté à 10h52 le 14/09/2009
      • Internaute 30050
        sans

      ...
      Je m’éclaire la Nuit dans le noir de mes nerfs
      Dans l’or de mes cheveux j’ai mis cent mille watts
      Des circuits sont en panne dans le fond de ma viande
      J’imagine le téléphone dans une lande
      Celle où nous nous voyons moi et moi
      Dans cette brume obscène au crépuscule teint
      Je ne suis qu’un voyant embarrassé de signes
      Mes circuits déconnectent
      Je ne suis qu’un binaire
      ...
      Léo Ferré - Il n’y a plus rien.

      – superbe final « hottefeu et son bougnat-rebeu qu’il envoie au charbon » !

      Naradamuni-rital, caisse à pâte-savoyard, tête de lard-...

      • Lephauste
        Lephauste répond à Naradamuni
        hautetfort.humeurnoirte.fr
        • Posté à 16h08 le 14/09/2009
        • Internaute 29119
          hautetfort.humeurnoirte.fr

        Bonjour à vous,

        Ferré à l’instar de tout ce que la poésie nous lègue quand le poète n’y est plus, a des mots pour tout et pour tous, merci de me rappeler cet extrait de pure vitupération.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 17h50 le 13/09/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Exister.

    Exister parmi la multitude, ou plutôt parmi deux multitudes : Celle des lecteurs, que l’on souhaite, et celle des commentaires, qui nous noie.

    Exister dans l’éphémère, celui du sujet, et aussi celui de l’attention d’un autre.

    Exister dans cet empilement sans chronologie, qui fait de chaque forum un Tarantino raté.

    Qu’est-ce que je fous là ?
    Et vous ?

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 18h24 le 13/09/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Lienenvoyé par Lien.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 19h30 le 13/09/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    En lisant votre texte, que j’ai bien aimé, je me demandais : mais pourquoi 7 ? il y a tant d’autres politiques-acteurs qui ne vivent que pour passer à la télé !
    A part les 7 nains, (mais qui serait Blanche-neige ?) j’ai regardé un peu la signification du chiffre 7 (pas sur wikipedia ...)

    7 est le nombre parfait et pas seulement chez les chrétiens, menant à la transcendance. Chez les Dogons, il est signe de fécondité et d’homme parfait (4 symbole féminin + 3 symbole masculin) comme chez les Hébreux etc

    Je ne pense pas que le « parfait » représenté par le 7 concerne votre article : -) Il faudrait donc demander si le 7 ne serait pas le nombre fétiche de tous ceux qui rêvent de passer à la télé, les hommes et les femmes parfaits capables de se transcender. Ce serait valable pour nous autres, les riverains, par nos écrits sans image ? Mais personne n’utilise le commentaire vidéo.

    Bon, mon nombre à moi, c’est le 4 : -))

    Quand est-ce qu’on vous voit en tchat sur Rue89, Monsieur Akkouche ?

    • Anonyme répond à caro

      « A part les 7 nains, (mais qui serait Blanche-neige ?) j’ai regardé un peu la signification du chiffre 7 »

      Blanche-neige, bien sûr, mais vous auriez pu également citer le Petit Poucet et ses sept frères, dont l’histoire est construite autour de l’idée de « manger ou d’être mangé » , ce qui, connaissant vos engagements, ne peut vous laisser indifférente.
      On rapprochera sans peine cette victoire du faible sur le fort grâce au courage et à l’intelligence, d’un épisode de l’Ancien Testament où l’on voit David, simple berger, terrasser Goliath.
      Il y a toujours un Ogre quelques part qu’il nous est un devoir de combattre, je suis sûr que vous en conviendrez.

      Madame Loeffer-Delachaux, très lue au Liban, dit dans son livre « Le symbolisme des contes de fée » que le Petit Poucet et ses frères symbolisent sept états de conscience différents.

      1. conscience du corps physique : désirs apaisés de façon élémentaire et brutale.

      2. conscience de l’émotion : les pulsions se compliquent de sentiment et d’imagination.

      3. conscience de l’intelligence : le sujet classe, ordonne, raisonne.

      4. conscience de l’intuition : les relations avec l’inconscient se perçoivent.

      5. conscience de la spiritualité : détachement de la vie matérielle.

      6. conscience de la volonté qui fait passer le savoir dans l’action.

      7. conscience de la vie : qui dirige toute activité vers la vie éternelle et le salut.

      Le temps me manque pour faire le tour « hallalkasher » de la question, alors voici toujours quelques exemples de l’importance du chiffre sept chez les Juifs et chez les Musulmans :

      Dans le Talmud, le sept symbolise la « totalité humaine ».
      A ce propos, êtes-vous sûre que chez les Hébreux le 4 est un symbole féminin et le 3 un symbole masculin ?
      Ne dit-on pas qu’ Adam, dans les heures de sa première journée reçoit l’âme qui lui donne complètement existence à l’heure quatre et qu’à l’heure sept il reçoit sa compagne, c’est-à-dire qu’il se dédouble en Adam et Eve ?
      Vous me direz ? Je compte sur vous ; vous semblez très pointue sur toutes ces questions.
      On pourrait évoquer également, Salomon, construisant le Temple en sept ans, Elisée, éternuant sept fois avant que l’enfant ne ressuscite, ou le chandelier à sept branches, avec ses sept esprits reposant sur la tige à Jessé, un drôle d’ingé, celui-ci, agronome, sans doute.

      En Islam aussi, le chiffre sept est un symbole de perfection, que l’on songe à la Shahâda, aux sept versets de la Fatilha ou bien encore Ashab al-Kahf, les sept Dormants.....
      Sans parler de ces femmes marocaines qui, parce que stériles, enroulaient sept fois leur ceinture autour du tronc de certains arbres dans l’espoir d’être exhaucées. (Ritual and Belief in Marocco, de E. Westermarck.)

      Mais vous avez raison, le chiffre sept est partout, dans des expressions de la vie courante comme « 5 à 7 » par exemple, jusque dans ces noms de journaux et d’émissions où nos politiques-acteurs aiment tant à se montrer.

      Télé-Sept Jours :

      Lien

      7 sur 7 :

      Une Anne Sinclair Mallarméenne en diable, pour le coup :

      « Assez ! Tiens devant moi ce miroir.
      Ô miroir !
      Eau froide par l’ennui dans ton cadre gelée
      Que de fois et pendant des heures, désolée
      Des songes et cherchant mes souvenirs qui sont
      Comme des feuilles sous ta glace au trou profond,
      Je m’apparus en toi comme une ombre lointaine,
      Mais, horreur ! des soirs, dans ta sévère fontaine,
      J’ai de mon rêve épars connu la nudité !
      Nourrice, suis-je belle ? »

      (Hérodiade)

      Lienenvoyé par Lien. - Lien

      • caro
        caro
        délinquante avérée
        • Posté à 13h23 le 14/09/2009
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        « un peu » ne veut pas dire exhaustif ; -)
        Je vous remercie de ce complément, fort intéressant.
        Je me questionnais sur la signification du 7 dans le texte de Monsieur Akkouche. Finalement, il y a beaucoup de possibilités d’explication, je ne suis pas sure que l’on puisse en choisir une et une seule.

        EDIT j’ai oublié de vous remercier de vous êtes inscrit pour me répondre ; -))

  • ANTOINE34
    ANTOINE34
    Caméraman
    • Posté à 19h44 le 13/09/2009
    • Internaute 90010
      Caméraman

    Merci pour ce beau témoignage concernant des gens remarquables, de loin, qui deviennent transparents dès qu’ils s’approchent.
    L’objectif est trop fort, réfléchissant trop fort l’égo qui s’y reflète.

    • ANTOINE34
      ANTOINE34 répond à ANTOINE34
      Caméraman
      • Posté à 00h18 le 14/09/2009
      • Internaute 90010
        Caméraman

      On reconnait vite les humains, amateurs qu’ils sont ; ils s’adressent à vous au lieu de s’adresser « au monde entier ».

  • leo.artaud
    leo.artaud
    homme de l'être
    • Posté à 02h48 le 14/09/2009
    • Internaute 14765
      homme de l'être

    « Difficile de croire à la dernière soi-disant blague improvisée du ministre de l’Intérieur. “ et des autres... bien d’accord avec vous ! ! !

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 16h01 le 14/09/2009
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout
  • Monique 91
    Monique 91
    ( retraitée )
    • Posté à 10h53 le 15/09/2009
    • Internaute 33804
      ( retraitée )

    Parfois, en lisant les commentaires, on se demande si ceux qui écrivent leur commentaire, prennent le temps de lire ceux des Autres.... se font-ils plaisir, seulement ? je ne sais pas..

    J’utilise cet outil mais que je regrette les échanges « d’avant » où ce n’était pas virtuel ( non, je suis pas nostalgique du passé.. je constate, c’est tout...) .. il faut bien s’adapter.

    Pour ma part, j’arrive à prendre plaisir à ces échanges et tant pis s’ils sont « virtuels » . ; ! Et puis quelle « photographie » de notre monde, de notre société,, ces sites ne nous donnent-ils pas !

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.