La guerre du camembert au lait cru aura-t-elle lieu ?

Thierry Richard
Chroniqueur
Publié le 25/05/2007 à 15h25

Illustration : Serge Bloch

Coup de tonnerre dans le bleu ciel du bocage ! Les deux plus grands producteurs de camembert au lait cru normand ont décidé de sortir « momentanément » de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) et de s’abstenir désormais des contraintes que celle-ci impose, « pour des raisons sanitaires ». Ils totalisent à eux deux près de 90% de la fabrication française AOC.

Lactalis et la coopérative d’Isigny-Sainte-Mère, deux entreprises pourtant élevées au beurre et à la crème, baptisées au pis de la vache normande, le berceau dans l’étable et les bottes dans le terroir, abandonnent donc en rase campagne l’AOC « camembert au lait cru de Normandie », l’un des symboles de la gastronomie française, béret-baguette-vélo-et-saucisson, vous voyez le genre.

C’en est donc fini, plus de lait cru dans les camemberts Lanquetot, Lepetit, Isigny, bref dans nos grandes surfaces. Soit, il reste toujours les petits producteurs indépendants à la tradition dans les veines et les fromagers épris de vérité, mais cela complique sérieusement la tâche des gourmets.

Mais là où se déclenche vraiment la machine infernale, la moissonneuse raboteuse du goût, c’est lorsque ces grands industriels demandent à l’Institut national des appellations d’origine (Inao) la révision du cahier des charges de l’AOC pour en supprimer le lait cru, en autorisant sa « thermisation » (chauffage à plus de 37°C) ou sa microfiltration, signant ainsi l’arrêt de mort de la flore bactérienne dans le fromage, pourtant principal vecteur du goût et seul lien véritable avec le terroir normand.

Alors on nous brandit le faux-nez du risque sanitaire, on agite la fausse barbe bien tardive du escherichia coli 026 et de la listeria, le drapeau rouge épouvantail de l’intoxication de nos enfants, mais la réalité des motivations est bien plus près du gazon. Hausse de la rentabilité, réduction des coûts de fabrication (l’utilisation de lait cru oblige à de nombreux contrôles d’hygiène toujours coûteux), simplification des processus, stockage plus long, exportation facilitée.

On pensait naïvement avoir échappé au risque majeur, aux directives européennes lamineuses des origines et du savoir-faire local, aux camemberts danois ou russes (cela existe, la marque « camembert » n’étant pas protégée hors de l’AOC), mais l’ennemi était dans nos rangs, à l’intérieur de nos colonnes. Sur notre propre flanc.

Si Lactadis et Isigny veulent se carapater en douce de l’AOC et ne plus produire d’authentiques et savoureux camemberts au lait cru, qu’ils le fassent ! Mais alors sans faux-semblants, et surtout sans volonté de dénaturer cette AOC. C’est en effet le seul et unique critère distinctif et protecteur permettant de différencier le camembert insipide à la croûte lisse de Blanche Neige, d’un vrai bon camembert coulant, au goût puissant et à la croûte irrégulière vite marbrée de rouge.

Dans cette affaire, qu’on pourrait trouver anecdotique, c’est en fait l’originalité du goût que l’on débine, la variété des saveurs que l’on réduit, l’héritage de siècles de savoir-faire de notre terroir que l’on brade, l’histoire de notre gastronomie que l’on bafoue.

Alors il faut sonner le tocsin des bonnes volontés, rassembler les forces des irréductibles de l’assiette, hisser le pavillon de la révolte fermière, prendre d’assaut crèmeries et fromagers.

Refusons donc en bloc l’uniformisation, soyons un peu révolutionnaires et portons désormais notre choix et nos euros sur la résistance menée par les petits producteurs traditionnels aux étiquettes Réaux, Gaslonde, Jort, Moulin de Carel, Gillot, Saint-Loup...

Car sinon, calmement, sans scrupules, dans l’indifférence quasi générale, c’est le camembert qu’on assassinera et un pan symbolique de la gastronomie française qui s’éteindra sous nos yeux.

► Retrouvez les chroniques gastronomiques de Thierry Richard et bien d’autres menus plaisirs sur son blog : Chroniques du Plaisir

Illustration de Serge Bloch

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  • Eric citoyen
    Eric citoyen
    « Casse ta tv » c'est ta seule (...)
    • Posté à 17h05 le 25/05/2007
    • Internaute 5352
      « Casse ta tv » c'est ta seule (...)

    Bonjour,

    Merci pour cette article et pour l’information...

    Je vais faire tourner !

    Je ne supporte pas les produits pasteurisés et industrialisés .

    Cordialement

    Eric Bloggeur résistant aux produits chimiques

    Lien

  • Anonyme

    Allez donc voir We Feed The World au cinéma ... c’est la même question de la disparition du goût au profit de la rentabilité qui est exposée dans toute sa largeur et expliquée à la lumière de toutes ses conséquences. (entre autres)

  • Cyrille
    • Posté à 18h16 le 25/05/2007
    • Internaute 7223

    On vol, on ment, puis on assassine le savoir faire de tant de générations faites d’hommes et de femmes solides car bien nourris.

    Pour quand le soleil vert ?

    • Anonyme répond à Cyrille

      Le soleil vert est déjà à notre porte.
      Il restera la solution finale pour vider les maisons de retraites que l’on ne pourra pas payer vu que leurs prix de séjours dépassent déjà le montant de nos retraites. J’espère que le film qu’il te passeront avant de te recycler te permettra de revoir ta vie du temps ou tu pouvais encore espérer avoir une fin de vie heureuse.
      Cordiament,
      Jean Pauldeux.

  • meredith-benzazon
    • Posté à 20h42 le 25/05/2007
    • Internaute 4850

    Y’en a marre de l’aseptisation de nos assiettes ! !
    Purée (maison)... c’est pas possible...

    Comment seront les papilles de nos enfants, de nos petits-enfants, de nos arrières-petits-enfants ? !

    Va-t-il falloir que nos stérilisions nos aliments à l’avenir ? Nos bouches ?

    Que vont devenir nos anti-corps qui « s’élèvent » aux bactéries dès notre plus jeune âge, et qui nous permettent d’être plus résistants ? !

    Et puis le camenbert en plus ! Un patrimoine nationnal... qui partirais aux oubliettes ? ! Eh bah bravo !

    Voilà encore où nous mène l’économie de marché qui n’a pas d’autres buts que la rentabilité et en vient à agir de manière excessive et stupide...

    Promis, juré, craché, et pourtant je n’ai pas beaucoup de sous : le camenbert à la maison sera AOC ou ne sera pas ! !

    Meredith
    Lien

  • Ded Zep Line
    Ded Zep Line
    La manipulation des élites est (...)
    • Posté à 21h43 le 25/05/2007
    • Internaute 2027
      La manipulation des élites est (...)

    lamentable !

    Mon Lepetit va devenir Lemediocre ?

    • Anonyme répond à Ded Zep Line

      le camembert « président » est déjà insipide... à fuir !

  • Anonyme

    Merci à rue89 de nous avoir alertés.
    Je n’aime pas le camembert qui coule, mais l’idée que des populations entières de bactéries risquent de disparaître dans l’indifférence générale, me révolte.

    Je m’engage donc : les camemberts au lait cru qui tiennent à leur goût peuvent venir se réfugier dans mon frigo (j’ai vérifié, il y a de la place entre les mousses au chocolat et le beurre demi-sel, je peux en accueillir une dizaine).

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 22h35 le 25/05/2007
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Organisons la résistance et sauvons NOS fromages au lait cru. Si les camembertiers arrivent à faire changer les règles AOC, d’autres fromagers vont peut être bien essayer de faire pareil (reblochon, tome, brie etc)

    Petit tableau comparatif entre fromages au lait cru ou pasteurisé. Y’a pas photo

    Lien

    Nous sommes bien des « fropages qui puent » comme il est dit dans les Guignols de l’info et entendons bien le rester !

     ;))

  • Anonyme

    Une fois de plus : plus de profit, plus de profit ! ! !

    La comparaison n’a quand même rien à voir, on aime ou on n’aime pas mais quand même.

    Ce qui me dérange le plus c’est effectivement le fait que certains ( les agroalimentaires ) trouvent normal de changer les traditions pour des raisons financières. Et le pire c’est qu’ils risquent de l’emporter.

    Vive le fromage qui pue, et vive la france ; -)

  • Anonyme

    lepetit-président....un nouvel état d’esprit ?

  • jose11
    • Posté à 09h50 le 26/05/2007
    • Internaute 4765

    Bonjour

    je suis outré par les industriels qui plutot que de se battre pour faire valoir leurs différence (nos différences) donc se créer un marché de niche vont aller se créer des concurrents en uniformisant tout pour le bonheur de l’actionnaire.
    Je suis fils d’éleveur, ingénieur agro qui n’à pas versé dans cette furie stérilisatrice tueuse de goût et de différences.
    Dans mon métier je défends l’artisannat du goût l’expression du terroir et du producteur. Certes cela n’est pas facile car des normes (imposées par bruxelles) les banques les réseaux de distribution tout est contre l’autentique mais battons nous car demain nos enfants seront heureux et fiers de notre combat.
    Par exemple on ne peut plus cuisiner du gibier n’importe quand, on ne peut plus stocker les anchois dans des tonneaux de bois.... mais il reste quelques irréductibles qui préparent les concerves à l’ancienne et les distribuent sous le manteau gloire à eux peut-être vont-ils éviter une catastrophe par la perte du gout et des microbes si utiles à notre vie

  • manu2005
    manu2005
    Afghanistan,Lybie, la france (...)
    • Posté à 13h47 le 26/05/2007
    • Internaute 1805
      Afghanistan,Lybie, la france (...)

    Quand j’était petit, j’étais pro science, technologie, normalisation.
    C’était quand même mieux qu’un clé de 7 soit la même partout, le système métrique, tout ça…
    Et puis j’ai croisé des anglais, des indiens (d’Inde) et tout mon cartésianisme c’est écroulé.
    Mon pas qu’il avait tord. Mais il n’était pas le seul à avoir raison.
    Aujourd’hui, c’est le camembert qui subit le cartésianisme de la rentabilité.
    C’est mal, mais je doute que l’on puisse lutter.
    A moins que la résistance du goût rende plus rentable l’original, mais avec la pub on peut en douter.
    Il faut bien comprendre quelque chose : Le but de tout ce que nous faisons aujourd’hui n’est pas d’améliorer notre bien être, c’est d’améliorer les bénéfices (ce qui concorde parfois).
    Et cela va très loin : la lutte pour l’écologie ne marchera que si elle est rentable. Sinon nous éradiquerons la race humaine pour notre « profit » ce qui est un peu bizarre.
    Il y a là une question de valeur : profit ou bien être ?
    Mais le profit risque beaucoup plus de gagner, car si le bien être est relatif, le profit l’est beaucoup moins.
    Le seul moyen c’est de rétablir l’état.
    Car seul une organisation supérieure peut veiller au bien de tous (le bien de chacun différant d’une personne à l’autre).
    Or ces dernières années, on dénationalise tout : quel intérêt d’avoir un état s’il ne gère pas des choses essentielles comme l’énergie, la poste et…le camembert.
    Si nous voulons résister une seule solution : ne plus consommer que l’essentiel (ce n’est pas un appel au boycott : aujourd’hui c’est interdit par la loi !)

  • a.guillaume
    • Posté à 17h42 le 26/05/2007
    • Internaute 886

    bah,s’il n’y avait que le camembert qu’on formate...

  • Anonyme

    Je voudrais un bon camembert qui fouette du bec, qui pue des pieds, qui coule du nez...dont le goût me reste délicieusement accroché au palais pendant de longues minutes avant que me reprenne l’envie de m’en resservir un bout accompagné d’un craquant quignon de baguette et d’un gouleillant verre de « jus de raisin » façon Gigondas. Au lieu de çà, tu auras droit à ton bloc de Placoplâtre à couper à la tronçonneuse Black et Decker( ça tombe bien les français bricolent de plus en plus ), dans son emballage « authentique » genre serviette à carreau rouge , affublé de son verre de Coca-cola ou de Pespi( pour les plus rebelles)et de sa tranche de pain de mie façon Harry’s : bonjour le programme. Il ne manque plus que le pop corn en dessert. Voilà une manière très rapide de visiter les States sans décallage horaire. J’ai un autre dessert américain qui ne fait pas grossir à vous suggérer : Le Boy-cott.

  • starbob
    starbob
    Suresnes (92)
    • Posté à 05h41 le 27/05/2007
    • Internaute 402
      Suresnes (92)

    Je suis très amusé de voir tous ces commentaires larmoyants dans ces colonnes. Commentaires que d’aucuns jugeraient « réactionnaires » sous d’autres plumes et dans d’autres colonnes !

    Voila que les chantres du principe de précaution, invoqué à tout bout de champ, souvent à tort, changent soudain d’avis quand on touche au sacro-saint claquos des familles (oups un gros mot) !

    Les mêmes qui jouent aux vierges effarouchées quand ils lisent dans VSD Technikart que des experts ont retrouvé des morceaux d’os et de cartilages broyés dans les steaks McDo.

    Les mêmes qui trient leurs grains de maïs dans l’assiette (je crois qu’il reste un grain avec un peu d’OGM au fond, va falloir ouvrir une autre boîte !) en regardant José Bové à la télé.

    Au menu ce soir, chérie : une salade de maïs Géant Vert Niblets « Garantie 100% sans OGM » (et aussi 100% USA, Niblets Inc), une bonne entrecôte « Viande de France » (pas d’Angeleterre malheureux, on ne sait jamais), et une petite pomme Bio (0% de pesticides).
    Une petite clope pour finir, pas une light bien sûr, ils mettent encore plus d’ammoniac que dans les autres, et c’est cancérigène (ils vont pas me la faire à moi ! Non mais.)

    Et le camembert alors ? Ben, avec un soupçon d’Eschérichia coli, chérie, de toute façon faut bien mourir de quelque chose !

    Plaisanterie mise à part, l’auteur de l’article aurait pu mettre en lumière les éléments d’appréciation contradictoires sur ce dossier.
    Il semblerait que la qualité sanitaire du lait servant à fabriquer le Camembert AOC soit extrêmement difficile à maintenir.
    Il semblerait également que l’utilisation d’un lait préalablement microfiltré, puis enrichi en flore bactérienne ensuite, permette d’obtenir un produit de qualité gustative égale, et assurant une sécurité parfaite pour le consommateur.

    Sur ce sujet, 2 liens très intéressants : l’article wikipedia sur le principe de précaution (Lien) : s’attarder sur le paragraphe « Extension à la santé publique et à l’alimentation »

    Et surtout le site officiel d’Isigny Ste Mere, qui a le courage de communiquer officiellement sur le sujet
    (Lien)

    Morceaux choisis :

    (...)

    Un risque nouveau

    Récemment de nouveaux germes ont été détectés dans le lait :

    Eschérichia coli STEC (Shiga lake Toxin Escherichia Coli).
    2 sérotypes :
    0157.H7 (Angleterre),
    026 sur une fromagerie concurrente produisant des camemberts AOC en décembre 2005.

    (...)

    Ce que nous souhaitons mettre en application

    Au niveau de la fabrication :

    Pour renforcer la sécurité alimentaire, nous avons mis au point une filtration sélective du lait cru qui permet d’éliminer tous les germes pathogènes.
    Après cette étape d’assainissement, le lait est enrichi avec des souches d’une flore naturelle sélectionnée issue de la région indispensable au développement du goût de nos camemberts.

    L’obligation de l’AOC Camembert de maintenir du lait cru en l’état ne permet pas de garantir la sécurité alimentaire dans 100 % des cas.
    C’est pourquoi, il nous paraît nécessaire d’utiliser cette méthode de filtration sélective, dite micro filtration.

    Depuis un an, des essais ont été réalisés et les panels consommateurs et autres analyses sensorielles ont confirmé la typicité et le goût traditionnel de notre camembert moulé à la louche selon cette technique.

    • manu2005
      manu2005 répond à starbob
      Afghanistan,Lybie, la france (...)
      • Posté à 07h05 le 27/05/2007
      • Internaute 1805
        Afghanistan,Lybie, la france (...)

      Certe. Bien que ce soient des données « constructeur ».
      Mais, Tout comptes faits la normalisation augmente le risque sanitaire global.
      Bien sûr que ça fait réactionnaire.
      Quand j’était petit, je voulais toujours aller de l’avant, plus vite, plus moderne.
      Maintenat que je suis presque vieux, je me retourne et je me demande où je suis allé.
      Vers du mieux ?
      Je n’apporte pas de solution, je n’y crois pas.
      Seule, la logique du profit fonctionne.
      C’est comme ça on avance, on avance…
      Rien n’y changera.
      Mais de là a dire que c’est mieux…
      Alors, si des gens veulent se battre pour leur camembert, pourquoi pas.
      Ce qui est drôle, c’est de voir les gens pleurer sur les « neiges du Kilimandjaro » (qui fondent à cause du réchauffement), de regarder les pubs (rarement, je n’ai pas la télé) et de voir les gens consommer, consommer.
      Y font même des voiture BIO maintenant ! Si si, ça roule avec du carburant vert (qui ne pollue pas ?).
      Bon bien sûr ça risque d’affamer pas mal de gens, mais c’est pas grave, ils sont loin.
      Nous tout c’qu’on veut c’est consommer, consommer avant d’être vieux …et réactionnaire.

    • Anonyme répond à starbob

      Merci Starbob de ces éclaircissements certes oh combien techniques et justifiés, qui ne visent, nous l’aurons compris, à ne défendre des intérêts qui ne sont autres que financiers, et dont n’en doutons pas vous avez voulu vous faire le chantre, agitant le spectre de l’empoisonnement et vraisemblablement celui de la mort à court terme...

      Force est de constater que vos arguments sont de poids, les épidémies de contaminations bactériologiques via le camenbert se succédant à travers le monde, je conseille à tout candidat au suicide désirant une fin rapide de consommer un quart de kilo de camenbert (de préférence fait à coeur)de façon à assurer son trépas le plus rapidement possible...

      • Anonyme

        Cher anonyme, si vous saviez analyser un argumentaire, vous auriez compris que mon but n’est pas de défendre la pasteurisation du camembert, mais bien de (je passe le suligneur pour que vous compreniez bien) :

        1 - montrer que l’auteur de l’article oublie de présenter des contre-arguments pourtant indispensables à la constitution par le lecteur d’une opinion personnelle

        2 - de montrer l’incohérence des tenants du principe de précaution, qui par un sentiment « réactionnaire » d’ailleurs sélectif, dérogent à leur credo (je n’ai jamais dit que je le partageais)

        Sur le sujet de départ de l’article, je n’ai pas d’avis tranché, mais j’aime me poser les bonnes questions. Votre argumentaire, cependant, ne me paraît pas valide : combien de morts horribles dues aux boîtes de maïs transgéniques ? Aucune pour l’instnat. Faut-il pour autant s’opposer à un moratoire sur les OGM ? C’est loin d’être certain.

        En revanche, si on veut parler d’aseptisation, parlons-en !
        Refusons l’aseptisation de la pensée, celle qui fait dire « oui il à raison » à un auteur d’article, alors qu’il ne nous a pas exposé toutes les données du problème. C’est la condition du journalisme de qualité.

        Vous qui refusez le prêt-à-manger, vous devriez appliquer ce principe d’exigence à vos lectures et refuser de vous abandonner au prêt-à-penser !

         
        • starbob
          starbob
          Suresnes (92)
          • Posté à 01h30 le 28/05/2007
          • Internaute 402
            Suresnes (92)

          Je signe ma contribution.

          Désolé pour ce problème de double post, je n’étais plus loggé. La faute aux cookies (comme Rue89, 100% sans conservateurs ; -)

        • Christophe
          • Posté à 00h04 le 29/05/2007
          • Internaute 619

          un peu léger de mettre sur le même pied camembert au lait cru et OGM... Je ne doute pas une seule seconde que le lait cru a fait davantage de morts que les OGM mais à mon avis le problème n’est pas là.
          Lorsque j’achète un « lait cru », je sais à quoi je m’expose et je l’accepte. De plus, les contraintes mises en place par l’Europe au niveau de l’hygiène me semble rendre le risque plus que minime.
          Les OGM, je risque d’en ingurgiter sans le savoir (si ce n’est déjà le cas, ce qui m’étonnerait fort !), on me les impose sous des prétextes fallacieux et nul ne m’a mis sous les yeux les résultats d’enquetes impartiales à leur sujet (et je ne parle pas des dossiers inquiétants révélés par des labos indépendants)...
          Evidemment, toute cette affaire n’est que « big money », tout comme les OGM d’ailleurs (c’est effectivement un point commun)...

          • starbob
            starbob répond à Christophe
            Suresnes (92)
            • Posté à 02h54 le 29/05/2007
            • Internaute 402
              Suresnes (92)

            Les industriels ont l’obligation de signaler clairement la présence d’OGM dans leurs produits.

            • Christophe
              Christophe répond à starbob
              • Posté à 14h55 le 29/05/2007
              • Internaute 619

              obligation purement théorique puisque limitée aux valeurs supérieures à quelques fractions de %... D’où mon commentaire sur l’absorption involontaire.
              De plus, on a déjà retrouvé des lots de maïs prétendu « sain » pollué par des OGM. De là à dire qu’on est absolument certain d’avoir tout détecté, je ne mettrais pas ma main à couper.
              Enfin, on ne connais pas vraiment le potentiel de « dispersion » des OGM dans la nature... D’ici à ce que dans quelques années, tout végétal soit peu ou prou contaminé...
              Je ne suis malheureusement pas un spécialiste et certaines de mes remarques sont sans doute sans fondement. Cependant, c’est l’un des domaines où tout « spécialiste » verra son argumentaire contredit par un « spécialiste » du même calibre mais à l’opinion fondamentalement différente...
              Pour finir avec quelque chose qui n’a rien à voir (mais quand même...), peut être les noms « Gaucho » et « Régent » te diront-ils quelque chose ? Ces produits dit « phytosanitaires » ont reçu une autorisation de mise sur le marché en bonne et due forme... Je ne suis pas convaincu que les apiculteurs s’en soient réjouis...

        4 autres commentaires
      • Anonyme

        Cher anonyme, si vous saviez analyser un argumentaire, vous auriez compris que mon but n’est pas de défendre la pasteurisation du camembert, mais bien de (je passe le suligneur pour que vous compreniez bien) :

        1 - montrer que l’auteur de l’article oublie de présenter des contre-arguments pourtant indispensables à la constitution par le lecteur d’une opinion personnelle

        2 - de montrer l’incohérence des tenants du principe de précaution, qui par un sentiment « réactionnaire » d’ailleurs sélectif, dérogent à leur credo (je n’ai jamais dit que je le partageais)

        Sur le sujet de départ de l’article, je n’ai pas d’avis tranché, mais j’aime me poser les bonnes questions. Votre argumentaire, cependant, ne me paraît pas valide : combien de morts horribles dues aux boîtes de maïs transgéniques ? Aucune pour l’instnat. Faut-il pour autant s’opposer à un moratoire sur les OGM ? C’est loin d’être certain.

        En revanche, si on veut parler d’aseptisation, parlons-en !
        Refusons l’aseptisation de la pensée, celle qui fait dire « oui il à raison » à un auteur d’article, alors qu’il ne nous a pas exposé toutes les données du problème. C’est la condition du journalisme de qualité.

        Vous qui refusez le prêt-à-manger, vous devriez appliquer ce principe d’exigence à vos lectures et refuser de vous abandonner au prêt-à-penser !

  • Anonyme

    Faut-il rappeler que les principaux accidents liés à la consommation de fromages l’ont été avec des fromages au mait pasteurisé, que l’affinage fait qu’au bout d’un certain temps, dans le cas du lait cru, les bonnes bactéries chassent les mauvaises ?

    Que Lactalis et Isigny sortent de l’AOC, c’est leur problème, mais qu’ils laissent au consommateur la possibilité de choisir avec des labels fiables ! !

    On va bientôt arriver à une situation comme celle de la bière où on ne sait pas ce qui entre dans la composition.

  • Anonyme

    En repos forcé ,par ce beau lundi de Pentecôte , pluvieux à souhait , j’ai bien envie de quitter ma cité protégée pour aller têter une vache normande et apprécier son bon lait crû ...
    Bien sûr , son pis sentira l’urine et j’aurai besoin d’enlever un peu de bouse , aux proches alentours , pour parvenir à mes fins ; -)
    Peut-être aura-t-elle la délicatesse de le faire avant moi , d’un bon coup de langue ( n’ayant jamais menti ) , au cours de sa toilette intime ...
    C’est si bon le lait crû ...Hummmmmm ; -)
    Il y a encore 50 ou 60 ans , peut-être ...Quand les vaches avaient encore des cornes , un nom ( plutôt qu’une immatriculation sur une boucle d’oreille ),et qu’elles vivaient jusqu’à plus de 15-17 ans .
    C’était le bon temps où les enfants étaient emportés par les « coliques de miserere » , où l’on partait au « sana » grâce aux timbres vendus pour la « Jeunesse au plein air » , ou alors survivaient , boiteux , après une mauvaise « polyo » .
    Mais aujourd’hui ?
    « O tempora , o mores »
    Tout est différent . Qui s’en plaindra ?
    Mourir à table ? ? ? Non merci ; -)
    Une Shiga Toxine qui détruit les reins de nos petits ? Et alors ? ça se greffe facilement , non ?
    On manque de donneurs ? Excusez moi , je ne savais pas ...C’est vrai , le courage se perd ...
    Qui finance la bêtise ?
    Ou cherche à entretenir l’ignorance à son profit ( croyez ce que je dis ,ignorez ce que je fais ) ?
    Qui sont ces intégristes du lait crû ?
    Ceux qui ne sortent jamais couverts ?
    Ou des bénits oui oui finement mannoeuvrés qui n’ont rien compris et servent d’hommes de troupe à la magouille ?
    Vivement la prochaine crise sanitaire pour que l’enquête qui suivra tranche là dedans .
    De toute façon , c’est le consommateur qui fait le produit .Le marché du Camembert a sa taille propre .
    Si le produit perd son goût , ou s’il rend les gens malades ,il disparaitra ...Qui sera gagnant ? ? ?

  • Anonyme

    Arrête un peu tes âneries et déguste un peu les produits avant de les dénigrer .
    Si tu manges le poisson sans le vider ou la salade sans la laver ...alors là , libre à toi.
    Tu as une sacrée santé et ça doit humer le « frais » dans tes toilettes ...
    Continue , la médecine a besoin de gens comme toi pour mettre au point les traitements qui sauveront ceux qui n’ont pas ta chance .
    Au moins , laisses tu bien faisander ton steak avant de le manger ( pas tartare , bien sûr ) ?
    Ne crois surtout pas les malveillants qui te feront croire que les huitres peuvent être toxiques.
    Tu sais bien que tout ça , c’est de la pub et que rien n’est vrai : que du « business » ...
    N’oublie pourtant pas que ton Pont l’évêque et ton Livarot ne sont pas crûs ( c’est autorisé par la loi ).Malgré cela , ils sont quand même mangeables .
    C’est beau le « bucolisme » ! ! !
    Mais tellement loin des réalités campagnardes ...
    Au fait , tu achètes quoi comme lait ?
    Un dernier conseil : pense bien à te laver les mains avant de passer à table et ...bon appétit ! ! !

  • Thierry Richard
    Thierry Richard
    Chroniqueur
    • Posté à 14h32 le 29/05/2007
    • Internaute 2952
      Chroniqueur

    @ Starbob et autres courageux anonymes : Oui cet article est un billet d’humeur (de mauvaise humeur en la circonstance) et ne prétend pas présenter en 3000 signes l’ensemble des détails du dossier, par ailleurs accessibles d’un simple clic dans Google. Mais qu’on me dise combien de morts ont été recensés par intoxication au Camembert ? Pourquoi une sortie soudaine de l’AOC de la part de ces industriels, pourquoi maintenant ? De nouveaux faits scientifiques ? Vous n’êtes pas si naïfs... Je dis juste que si Lactalis et Isigny souhaitent sortir de l’AOC, libre à eux, mais qu’on laisse au consommateur le choix de son goût en ne modifiant pas les critères de l’AOC. Point.

    • starbob
      starbob répond à Thierry Richard
      Suresnes (92)
      • Posté à 05h19 le 30/05/2007
      • Internaute 402
        Suresnes (92)

      Thierry,
      Je suis d’accord sur le point suivant : la volonté des industriels de modifier les critères AOC me paraît être néfaste et je suis sensible à votre cri d’alarme. Après tout, le but principal des AOC ou plutôt AOP, leur nouvelle dénomination, est de préserver un capital culturel français et européen. Le goût fait partie de ce capital culturel et le business n’a rien à faire là dedans (même si l’on peut continuer à débattre le point suivant : le particularisme culturel doit-il se maintenir au prix d’une marginalisation, ou doit-il s’adapter sur la base d’un plus faible dénominateur commun, en l’occurence ici basé sur un postulat de sécurité alimentaire)

      En revanche, l’argument principal de votre article, ou billet d’humeur, puisque vous souhaitez en limiter l’ambition, est que la volonté numéro 1 des industriels et d’augmenter leur profit.
      A considérer que ce fût le cas, car bien sûr le label AOC est vendeur, je crois que la volonté des industriels est surtout de limiter l’occurence de scandales alimentaires dangereux pour l’existence même de leurs marques. On se souvient du scandale récent de la listeria dans le Camembert Lepetit. Peut-on reprocher à une entreprise d’envergure de remettre en question sa crédibilité ou son existence même ? Je ne le crois pas. Perrier ne s’est jamais remis sur le marché US du scandale du benzène (qui était pourtant une manipulation).
      L’impact de la sécurité sur la survie d’une entreprise n’est pas une vue de l’esprit, regardez dans le secteur aérien ce qui est arrivé à Pan Am ou Swissair après les crashs d’avion : faillite !

      De plus, je ne crois pas à l’utilité du critère AOC pour augmenter les ventes : le Camembert Lepetit n’est plus AOC depuis un petit moment, et ses ventes se portent mieux que lorsqu’il était un fromage au lait cru.
      De plus, les marques qui ont la meilleure part de marché ne sont pas AOC. Président à 20% de part de marché et n’est plus AOC depuis plusieurs décennies, et Coeur de Lion, avec 15%, ne l’a jamais été ! Ca s’appelle des fromages marketing et ca se vend très bien, même si ca n’a pas de goût.
      Et pourtant, ca n’a jamais empêché les producteurs de produits de qualité d’exister dans les rayons : au Monop du coin, j’ai compté 4 marques de Camembert au lait cru, qui n’appartiennent pas aux grands groupes cités. Sans compter que sur le marché du dimanche ou chez les fromagers, la proportion des Camemberts au lait cru est majoritaire.

      En conclusion : on ne doit pas s’indigner que les grands groupes abandonnent le fromage au lait cru. Si l’on pousse votre raisonnement, tant mieux, ce n’est pas aux grands groupes de détenir le monopole du patrimoine culturel français.

      En revanche, je suis d’accord sur le fait qu’il ne faut pas dénaturer l’AOC en permettant à ces marques de produits de grande consommation de vendre sous un label AOC un fromage de qualité inférieure. Le véritable danger -quoique limité- serait bien là.

      Il existe bien un marché pour les produits de grande consommation de qualité faible et moyenne, certainement moins chers à produire, et un marché pour les produits de qualité. La bonne nouvelle, c’est que, comme dans tout marché, le consommateur fait son choix en toute conscience et que les industriels qui vendent des produits de mauvaise qualité sont sanctionnés par de mauvaises ventes. Exemple : l’emmental rapé, même en marque premier prix, continue de mieux se vendre que le succédané a base de fromages fondus (Meule d’Or par exemple).

      Le vrai débat est plutôt celui de l’éducation au goût. C’est d’abord aux parents d’assurer cette éducation. C’est la responsabilité de chacun d’être exigeant sur ce qu’il met dans son assiette. Et aussi, il est vrai, aux pouvoirs publics de l’y aider en s’assurant que ce qui fait la particularité de nos produits traditionnels soit reconnu par des labels exigeants, tant sur le plan de la sécurité, que de la qualité. Reste à déterminer où se situe le curseur entre ces deux exigences !

  • Thierry Richard
    Thierry Richard
    Chroniqueur
    • Posté à 00h35 le 01/06/2007
    • Internaute 2952
      Chroniqueur

    @ Starbob : Encore un ou deux échanges constructifs et nous allons nous retrouver ! Juste un complément d’information. Selon des sources « proches du dossier » comme on dit, il semblerait que la remise en cause de l’AOC par les groupes industriels soit aussi liée au fait qu’ils importent de plus en plus de lait de pays étrangers dont ils ne peuvent garantir la qualité sanitaire, contrairement aux producteurs français...
    Complètement d’accord avec vous sur l’éducation du goût. C’est d’ailleurs parce que cette éducation existe de ci de là que de si nombreuses voix se sont élevées contre la disparition possible du Camembert au lait cru. Il fait poursuivre et amplifier cet effort d’éducation. Vaste chantier !

  • Anonyme

    Bien évidemment, une fois de plus c’est la recherche du profit qui est le moteur, cependant que font les petits producteurs et ceux de la profession qui veulent résister à ce rouleau compresseur du camenbert standardisé ? Pourquoi ne lançent pas des contre-offensives par voie de presse pour informer l’opinion, tenter de rassembler et organiser les consommateurs ?
    Ce que l’on voit actuellement c’est des promotions hyper géantes avec la complicité des hypermarchés pour ces pseudo-camemberts Lepetit ou Lanquetot... Bref, par le fric et la retape auprès du consommateur, on essaie de faire passer en force ce mauvais coup envers notre fleuron national de fromage ! Il serait peut être temps d’arrêter de constater, mais d’agir et de contre attaquer !

  • lpambagu
    • Posté à 22h43 le 24/06/2007
    • Internaute 10000

    Il y a des changements sans retour en arriere.

    Si 0.1% de la population mondiale connait le véritable « camembert de Normandie » c’est le bout du monde !
    Les vins sont de table, quand leur qualité est localement harmonisée, ils peuvent devenir VDQS et l’ultime étape est de devenir AOC, gage qu’un cahier des charge respecté donne un certain caractère au produit (ca ne veux pas dire que tous les vins AOC frisent l’excellence). Dans le camembert, c’est le lait cru qui confère le caractère et l’évolution dans le temps au produit. Les produits asceptisés à chair et croute bien blanches non merci. L’AOC doit rester synonyme d’une tradition et ne pas évoluer avec des exigences industrielles.

  • Anonyme

    Moi qui avait convaincu tant de gens que le vrai camembert, c’est (c’était) Lepetit, Lanquetot ou une autre marque mais qui porte le label VN ! Je suis dégoûtée. Je viens donc d’acheter mon dernier Lepetit. Bien décidée à boycotter ces marques pour leur mauvais choix et à le faire savoir avec autant d’énergie que j’avais su les faire apprécier autour de moi.
    L’union fait la force dit-on...
    Mogapari

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