Chez Mouloud Akkouche

Le blog de l'écrivain Mouloud Akkouche sur Rue89.

Egalité déchéance : rencontre dans un collège de Toulouse

Publié le 14/10/2009 à 14h36

Dans le cadre d’un salon (Toulouse Polars du Sud), j’étais invité au collège La Reynerie de Toulouse. Les e-mail de l’enseignant et des documentalistes témoignaient d’un excellent travail en amont : tout très bien préparé.

A la sortie du métro, je traversais une cité hérissée d’oreilles captant les « rumeurs de la planète » et arrivais devant la porte de l’établissement. Les traces d’une voiture brulée près de l’entrée.

Après avoir réussi à trouver un interphone, je pénétrai dans un lieu qui donnait à première vue une impression d’enfermement. Des mesures peut-être nécessaires dans ce quartier qui aurait soi-disant très mauvaise presse.

« Les bourges nous aiment pas ! »

Dans le CDI, après une collation, les élèves entamèrent une série de questions sur le livre étudié en classe. Deux classes de quatrième avec une grande diversité de population : des arabes, des noirs, des arabes, des noirs... Et pas des nantis. Un classique dans ce genre de zone périphérique qui se ghettoïse de plus en plus sur le plan ethnique et social. Mais pas là pour faire une étude sociologique, juste invité à parler de livres et offrir le goût de la lecture.

Au début, le fatalisme des élèves face aux livres m’agaça un peu et j’y allais de mon laïus habituel :

- Qu’est-ce qu’une BM ?
- Ben une voiture m’sieur !
- Oui... mais aussi une bibliothèque municipale. Trop facile de dire que tous vos problèmes sont uniquement dues à la société ! Soyez curieux ! De plus, vous n’êtes pas que des victimes et faites aussi des conneries.

L’un d’entre eux me coupa la parole et lança : « Les bourges nous aiment pas ! Et c’est tous des racistes ! »

Déstabilisé, je tentais de leur expliquer que les racistes étaient malheureusement plus issus des classes populaires, et que la haine du bourge était du même ordre que celle de l’étranger. Mes arguments ne semblaient pas du tout les convaincre. La conversation s’éloigna alors de la littérature et prit une tournure inhabituelle pour ce genre d’intervention.

Dans leurs regards, je crus sentir -peut-être une fausse impression ? - qu’ils me considéraient comme un sale bourge. « Tu nous la feras pas avec ton blabla ! Pas le premier qui vient essayer de nous faire croire à des lendemains meilleurs ! »

Encore un qui débarque sur leur territoire, leur parle de la beauté de la littérature et rentre chez lui ; fier d’avoir apporté sa contribution culturelle et humaine. Satisfait de sa tâche.

Leur quartier, un îlot détaché de la ville

Peu à peu, je me rendis compte de leur extrême lucidité. Ils savaient au fond d’eux que leur quartier, comme beaucoup d’autres en France, était une espèce d’îlot détaché de la ville. Une autre ville, loin du centre, de plus en plus loin du centre. Parfois, des politiques -souvent en période d’élection- viennent serrer des mains et, après quelques promesses, repartent rapidement vers le centre le plus proche.

Ces gosses de quatrième , même s’il adoraient leur quartier, n’étaient pas dupes de la situation. Première fois que j’avais autant de mal à argumenter, donner un peu d’espoir à des collégiens.

A la vue de ces têtes frisées, je pensais aux propos de Ségolène Royal et d’autres qui souhaitaient assouplir ou même supprimer la carte scolaire. Se foutaient-il complètement de ces gosses ? Peut-être ne se rendaient-ils pas compte des effets dévastateurs à terme de leurs propositions ? J’ose espérer qu’il s’agit de la seconde hypothèse.

A vrai dire, la carte scolaire est tracée depuis de très longues années : tout le prestige et les options telles le latin et le grec pour le centre-ville, rien pour les quartiers périphériques. Ou de temps à autre des miettes de bonne conscience sur le gâteau urbain. Si vous passez dans la région, Ségolène Royal et les autres responsables politiques de tous bords faites un petit détour par La Reynerie pour constater que les promesses -de gauche et de droite- non tenues ne colmatent pas les brèches. Et en créent d’autres invisibles dans les cœurs et les esprits. Des brèches explosives.

Force est de saluer le travail colossal de l’enseignant, des documentalistes, du principal et de tous les autres employés de ce collège. Tous dans un navire fissuré de toutes parts en pleine tempête, une tempête accentuée par la crise. Un coup de chapeau aussi au travail des libraires et membre de l’association organisatrice de ces rencontres scolaires ayant tenu à installer ce salon du roman noir en plein quartier populaire du Mirail. Un salon très réussi !

Trop de collèges dans la zone ?

Tout n’est donc pas perdu, de nombreuses personnes encore sur le terrain. Et heureusement. Bien sûr, il y a sans cesse des initiatives et de maigres avancées, des petites mains qui écopent le navire. Sans doute que la municipalité et les responsables du rectorat cherchent à redynamiser cette portion de la ville et ce n’est pas facile. Pourtant des menaces de fermeture (un droit de réponse des personnels du collège la Reynerie circule en ce moment, lire le PDF ci-dessous) planent sur cet établissement qui peut s’enorgueillir de 72,7% de réussite au BEPC. Bravo aussi aux élèves !

Voir le document

(PDF file)

Pourquoi donc vouloir fermer cet établissement ? Paraîtrait qu’il y a trop de collèges dans la zone... Mais les personnels du collège ne sont pas d’accord et ont décidé de défendre leur outil de travail. Une bagarre pas médiatisée du tout.

Que dire à ces gosses porteurs d’une telle lucidité autodestructrice ? Encore les baratiner. Le baratin, ils le connaissent de génération en génération. Et beaucoup d’enseignants, animateurs, tous ceux qui sont sur le pont jour après jour, en ont marre de cautionner ces mensonges. Combien de temps les habitants de certaines périphéries continueront-ils d’être les relégués de l’avenir ?

Les cobayes de décisionnaires -parfois pétris de bonnes intentions- le plus souvent ancrés en centre ville. Suis-je vraiment différent de ces technocrates ? Qu’est-ce que j’apporte de concret ? Peut-être un moment éphémère échappant au sombre quotidien de ces ados ? Une caution culturelle ? En tout cas, contrairement aux enseignants, documentalistes et élèves, j’ai effectué ma petite prestation et suis reparti. Eux restent sur le navire.

Aller plus loin
  • 5248 visites
  • 59 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Monique 91
    Monique 91
    ( retraitée )
    • Posté à 15h12 le 14/10/2009
    • Internaute 33804
      ( retraitée )

    J’aime vos écrits, vos commentaires... je voulais vous le dire ...

    C’est vrai que ces jeunes dans ces ghettos ont une lucidité « autodestuctrice »...
    mais un jour, ils vont crier leurs colères, leurs haines si nous ne n’y prenons pas garde..
    et là, ce sera trop tard.. car cette lucidité va se transformer en une explosion de rage...

    Aux côtés des personnels de ce collège ( enseignants, documentaliste et aussi le personnel ATTOS.. - pas très sûre du sigle -... ), nous devons relayer, dans la presse, sur ce site, le désespoir de ces jeunes à qui la société ne propose aucun avenir, aucune bouée de sauvetage... Nous sommes tous responsables..

  • Disciple ressucité
    • Posté à 15h29 le 14/10/2009
    • Internaute 71674

    J’ai un peu envie d’inverser vos propos et de parler des nantis comme ça :
    « Leur quartier... était une espèce d’îlot détaché de la ville. »
    « Tous dans un navire fissuré de toutes parts en pleine tempête »

    Peut-être une autre manière de voir les choses.

  • Compte supprimé le 4 janvier 3
    • Posté à 16h00 le 14/10/2009
    • Internaute 41144

    Eh oui, les enseignants sont souvent les derniers représentants de l’Etat qui rentrent encore dans ces quartiers, et ils ont du mérite.

    La « guettoisation » s’est surtout faite par le départ, dès qu’ils pouvaient, de ceux qui n’en pouvaient plus de vivre là. De même, l’idée de l’assouplissement de la carte scolaire est venue d’un terrible constat : tous les parents qui le peuvent inscrivent leurs enfants dans le PRIVE pour les faire échapper à ce genre de collège.

    La gauche a une responsabilité écrasante dans cette situation : elle s’est employée à NIER les problèmes pendant des décennies - les professeurs se désespéraient de constater que leurs syndicats se refusaient à faire remonter les informations alarmantes qu’ils leur communiquaient.

    Pour avoir enseigné en ZEP pendant 20 ans, je peux dire que j’ai toujours eu l’impression qu’on y faisait tout à l’envers (on = l’administration) en abandonnant toute exigence envers ces gamins. La recette est connue : une alliance de fermeté et de bienveillance, un refus de baisser les bras et un maintien de l’exigence en matière pédagogique. Quand on leur passe tout, ces gosses traduisent très bien ce que ça signifie : on les prend pour des cons. Ceci suppose des équipes soudées, du principal à l’agent d’entretien.

    Seulement c’est éreintant, et au fil des années le nécessaire enthousiasme s’épuise et on demande sa mutation dans un quartier de « bourges » où on peut enfin souffler - enseigner plutôt que de faire l’assistante sociale. Les principaux et les enseignants restent trop peu de temps pour faire un travail efficace qui est forcément à long terme - tout le monde n’a pas l’étoffe du héros, et c’est très très dur.

    NB : Les options grec et latin sont proposées AUSSI dans ces collèges. Les FILLES y réussissent infiniment mieux que les garçons car elles savent que l’école est une chance pour elles, contrairement aux garçons. 72% de réussite au Brevet des collèges, c’est bien peu quand on sait comment il est attribué.

    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 09h39 le 15/10/2009
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      C’est un constat juste, auquel il faut ajouter la démission de familles qui malgré leurs convictions, soustraient leurs enfants des collèges à mauvaise réputation, pour ne pas les « sacrifier » !
      Comment résister à un argument presque aussi imparable que celui qui traîne encore au sujet de la peine de mort : et si c’était ton gosse ?

      Le premier responsable de tout ça réside il me semble dans la logique libérale de l’UE qui depuis près de 20 ans encourage la réduction drastique des dépenses publiques, ce qui impose le dégraissage des personnels et la disparition des services publics. La banque et l’assurance ont ouvert le bal. L’énergie, le téléphone, les routes ont suivis. L’éducation nationale, la santé, le courrier dégustent à leur tour.

      Un établissement comme la Reynerie est symbolique du remarquable travail de sape imaginé par nos politiques : provoquer la désaffection en stratifiant les difficultés (diminution des moyens, et des personnels, non remplacement des départs), et une fois qu’elle est ancré il ne reste plus qu’à favoriser l’évasion des élèves par l’assouplissement de la carte scolaire d’une part, par la loi qui impose désormais aux communes de financer complètement l’école privé, d’autre part.
      Lorsque le bahut vidé est à moitié de sa population résiduelle il ne reste plus qu’à expliquer qu’on est obligé de le fermer.

      Le plus écoeurant dans tout ça c’est que la gauche n’a pas donné sa part au chien pour lancer le processus.

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 15h46 le 15/10/2009
        • Internaute 41144

        Je suis en complet désaccord avec vous sur l’analyse des causes. Tout ça n’a strictement rien à voir avec l’UE, il n’y a aucune privatisation prévue de l’EN (c’est de la paranoïa pure et simple), les moyens sont là - le budget de l’EN est le premier de France, il a augmenté de 40% en 20 ans (pour un résultat catastrophique) - la désaffection n’est que le résultat logique des ravages causés par le « collège unique » (Haby, ministre de Giscard, 1975).

        L’assouplissement de la carte scolaire n’est intervenu QUE pour essayer d’endiguer l’explosion des inscriptions dans le privé - dont tous les gouvernements de gauche ou de droite se sont servis comme amortisseur du désastre. Il ne change pas grand chose, puisque les murs des établissements recherchés ne sont pas extensibles. Ce n’est qu’une petite tentative pour permettre aux « outsiders » de faire ce que les « insiders » ont toujours fait : mettre leurs propres enfants à l’abri grâce à des recettes plus ou moins secrètes et des « délits d’initiés » (classes « Camif », par exemple).

        Le fait est là : un enfant d’ouvrier n’a plus aucune chance de réussir dans l’enseignement public - c’est bien pire qu’au temps des « Héritiers » - il a beaucoup plus de chances de réussir dans le privé. Je dis ça à ma grande honte, moi qui suis un pur produit de l’école publique et laïque, et qui en suis une farouche défenseuse. Parmil es familles qui font la queue pour inscrire leurs enfants dans le privé, les familles modestes sont largement représentées.

        Tout ça pour des raisons purement idéologiques. J’ai connu l’époque - sous la gauche - où les enfants en trop grandes difficultés passaient directement du CM1 à la sixième, parce qu’on estimait qu’ils ne pourraient tirer « aucun bénéfice » de faire un CM2... Inutile de décrire le résultat en sixième.

        Votre discours, on l’entend depuis 30 ans.

         
        • lally
          lally répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
          professeur
          • Posté à 21h19 le 15/10/2009
          • Expert 51226
            professeur

          Il y a une volonté étatique actuelle que l’EN disparaisse contrairement à ce que vous pensez.
          Parce que l’actuel gouvernement y a un intérêt énorme.
          En privatisant complètement l’enseignement, ce dernier repart dans le giron religieux (de préférence intégriste) et ainsi la laïcité sera totalement supprimée.
          Et l’accès à l’école et au savoir conditionné comme avant uniquement par l’argent, le sexe et les opinions religieuses et politiques.

          L’école laïque publique a permis que tout enfant, garçon ou fille, pauvre ou riche, puisse étudier au moins jusqu’au BEPC voire au BAC. Et que cet enfant puisse pousser le plus loin qu’il le peut des études et avoir le moyen de pouvoir trouver une formation qui ne le laisse pas sur le carreau.

          Or l’état actuellement favorise les établissements privés confessionnels en leur offrant 500 millions d’euros, l’état a également accordé des équivalences au Vatican pour que les diplômes religieux puissent être validés comme diplômes d’état et il cherche à remplacer l’école maternelle par des jardins d’enfants privés, payants sans apprentissage scolaire (il ne faut pas que les enfants apprennent trop tôt).

          A terme le but est que par exemple l’Opus Dei puisse avoir ses universités et des lycées, collèges, écoles primaires en France comme elle les a déjà en Espagne et dans différents pays d’Amérique Latine.
          Des établissements confessionnels qui sont de véritables lieux de formatage religieux. Et que ce soit quasiment la seule voie possible pour avoir accès au savoir.
          Un savoir orienté, volontiers créationniste, intégriste et surtout soumis au diktat ultra libéral mais aussi ultra religieux...

          Différents ministres de Sarko sont affiliés à l’OD et les ministres de l’EN qui se sont succédés depuis Chirac ont comme par hasard tous des affinités avec ce mouvement intégriste catholique.
          Etonnant non ?

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 23h42 le 15/10/2009
            • Internaute 41144

            « Il y a une volonté étatique actuelle que l’EN disparaisse contrairement à ce que vous pensez. »

            C’est un pur fantasme. C’est ridicule.

            « L’école laïque publique a permis que tout enfant, garçon ou fille, pauvre ou riche, puisse étudier au moins jusqu’au BEPC voire au BAC. Et que cet enfant puisse pousser le plus loin qu’il le peut des études et avoir le moyen de pouvoir trouver une formation qui ne le laisse pas sur le carreau. »

            Il y a des lustres que ceci n’est plus vrai. Dans les quartiers difficiles, les enfants qui pourraient faire une bonne scolarité, ou une scolarité moyenne, sont sacrifiés : non seulement ils se font casser la gueule à la récré, mais les enseignants sont tellement accaparés par les cas désespérés qu’ils n’ont absolument pas le temps de s’occuper d’eux.

            « Or l’état actuellement favorise les établissements privés confessionnels en leur offrant 500 millions d’euros »

            Je suis une farouche laïque, convaincue que les fonds publics ne devraient aller qu’à l’école publique, que l’école privée devrait se débrouiller avec des fonds privés - et je suis indignée que l’enseignement privé sous contrat soit entièrement financé par l’Etat. Mais ceci n’a rien de nouveau : c’est dans la loi Falloux (1850), et dans la loi Debré (1959).

            « A terme le but est que par exemple l’Opus Dei puisse avoir ses universités et des lycées, collèges, écoles primaires en France »

            Il faut cesser de voir des complots partout : les établissements privés sous contrat sont DEJA à 99% catholiques - et ils n’enseignent pas le créationnisme, sinon ils ne seraient pas sous contrat. La grande majorité d’entre eux ne sont même pas des lieux de « formatage religieux » : c’est du délire. D’ailleurs les familles musulmanes qui veulent que leurs enfants échappent à la loi du quartier n’hésitent pas à les inscrire à l’école catholique... en attendant d’avoir elles-mêmes leurs propres établissements sous contrat, ce qui ne saurait tarder, car ce qui est légal pour les uns doit l’être pour tout le monde.

            Il y a donc 20% d’écoles privées (à grande majorité catholiques) en France - et ce qui est particulièrement inadmissible, c’est que ce soit souvent la seule échappatoire pour certaines familles. Ils refusent du monde. Tout ça parce que l’école publique, pour des raisons purement idéologiques, refuse de voir en face le désastre qu’elle est devenue. Chaque tentative de réforme, quelle qu’elle soit, déclenche des émeutes devant lesquelles tous les gouvernements ont toujours plié... et pendant ce temps les familles votent avec leur pieds, et nos écoles et nos universités s’enfoncent toujours un peu plus.

            Il y a DEJA des Universités catholiques en France - et elles sont prestigieuses (Lille, Paris...).

            « Différents ministres de Sarko sont affiliés à l’OD et les ministres de l’EN qui se sont succédés depuis Chirac ont comme par hasard tous des affinités avec ce mouvement intégriste catholique.
            Etonnant non ? »

            Brrrr... Et je parie qu’il y a même des ministres juifs : un comble !

            Vous avez un léger problème de paranoïa, à mon avis. Je crains plus les ayatollahs du collège unique que l’Opus Dei, dans ce domaine.

            • lally
              lally répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
              professeur
              • Posté à 01h38 le 16/10/2009
              • Expert 51226
                professeur

              Vous ne comprenez manifestement pas que l’état veut privatiser entièrement le système enseignant. Et remettre l’accès au savoir entre les mains des religieux.
              Sarko veut un état religieux façon US. Avec des établissements scolaires régis par des religions, des mouvements intégristes, voire des sectes.
              Pourquoi ? Parce qu’ainsi ces mouvements religieux pourront conditionner l’accès au savoir par l’adhésion religieuse, l’argent.
              Ainsi les enfants pauvres n’auront droit à qu’à des miettes d’éducation, encore pire qu’aujourd’hui. Et les enfants riches auront droit à une éducation qui sera orientée religieusement ce qui fera des adultes soumis au pouvoir dominant.

              Car contrairement aux objectifs de l’école publique qui visait une autonomie et une liberté de l’individu réelle, les objectifs de l’enseignement privé sont que le pouvoir en place ami du religieux ne soit jamais contesté, que l’argent ne change jamais de mains, etc, etc...

              Pour le moment, les établissements privés sous contrat avec l’état ne peuvent pas délivrer des enseignements créationnistes. Mais avec les projets de libéralisation de l’enseignement et de valorisation extrême des établissements confessionnels privés, ce sera très bientôt possible.
              Quand la France donne des équivalences de diplômes d’état à des diplômes religieux vaticans, c’est pas juste pour des clopinettes sauce caillou.

              Vous rêvez si vous croyez que le soutien actuel étatique et financier des établissements privés confessionnels cathos amènera aussi un soutien d’établissements privés confessionnels musulmans.

              L’Opus Dei comme le Vatican n’y ont aucun intérêt.
              C’est un marché trop juteux qu’ils veulent se réserver. Soutiens fervents de l’extrême-droite façon FN et MPF ou Identitaires, que l’islam révulse, les ministres, politiques membres de l’OD s’opposeront à cela et ils gagneront car bien plus implantés politiquement au plan gouvernemental que des personnalités religieuses islamiques.
              L’Opus Dei a ses propres écoles et universités en Espagne et c’est ainsi que la mouvance intégriste catho a pu en grande partie bloquer les progrès sociaux en Espagne et a soutenu le franquisme et soutient encore toutes les mouvances politiques réacs en Espagne et en Amérique Latine.

              N’oubliez pas non plus que l’ultralibéralisme a toujours besoin du fondamentalisme religieux pour soumettre les gens et les communautariser.

              Que l’EN refuse de voir que sa vision administrative ultra éloignée de la pédagogie quotidienne n’a produit que du chaos, ça c’est sûr.
              Mais ça vient que l’EN s’est entièrement détachée de sa base d’enseignants, a méprisé le travail pédagogique pour ne considérer que l’administratif et le ronron.
              Elle a cru qu’elle pourrait globaliser la pédagogie voire même s’en passer pour plaquer des enseignements théoriques et conceptuels un peu comme on gave les oies...et force est de constater que ça ne marche pas ou seulement sur des enfants qui ont l’aptitude à.

              Les hauts fonctionnaires de l’EN pensent l’enseignement dans leur tour d’ivoire d’une manière totalement erronée. Du coup, leurs réformes successives entraînent des fiascos dont les enfants sont les victimes.
              Et dont sont aussi victimes les enseignants attachés à la réussite et à l’autonomie de leurs élèves. Quand le ministère rend inopérant votre travail pédagogique alors qu’il devrait être au contraire un appui, c’est un non-sens et un échec sur toute la ligne.

              Mais l’échec de l’enseignement public au plan fonctionnement hiérarchique ne fait pas que l’enseignement privé confessionnel soit mieux au plan contenu.
              Le contenu pédagogique du privé est d’un niveau bien plus faible.
              Ca se voit aux épreuves du Bac lors des résultats des élèves dans différentes matières.

              Ce qui fait d’ailleurs que bien des familles modestes dont les enfants sont en difficulté dans le public (pas seulement à cause de la ghettoïsation) mettent leurs enfants en établissement privé. De la bouche même des enfants, c’est moins dur et effectivement comme le niveau dans la plupart des matières est moins élevé, les enfants suivent un peu mieux.
              Donc des enfants en grande difficulté en établissement public font des élèves moyens souvent en établissements privés.
              Ce qui entretient l’illusion pour certaines familles modestes comme aisées que l’école privée est mieux...alors qu’elle est au plan contenu scolaire et niveau, inférieure au public.

              Concernant l’OD et ses ambitions politiques et religieuses et enseignantes, ce n’est pas de la paranoïa. C’est une réalité.
              L’OPA sur l’enseignement de l’OD a été engagée sous Chirac après avoir été négociée partiellement avec certains ministres sympathisants en fin de gouvernement Jospin.
              Demandez à n’importe quel politologue spécialisé sur la question de l’intégrisme religieux catholique et sur l’OD en particulier, il vous dira la même chose que moi.

              • Compte supprimé le 4 janvier 3
                • Posté à 02h05 le 16/10/2009
                • Internaute 41144

                « Vous ne comprenez manifestement pas que l’état veut privatiser entièrement le système enseignant. Et remettre l’accès au savoir entre les mains des religieux. »

                Non, je ne crois pas ça DU TOUT. Et j’irai plus loin : vous-même en croyant ça, vous délirez.

                « Sarko veut un état religieux façon US. Avec des établissements scolaires régis par des religions, des mouvements intégristes, voire des sectes. »

                C’est bien ce que je disais : aux USA l’Etat et l’Eglise sont TRES strictement séparés depuis 1791 - 1er Amendement : il interdit à l’Etat de se mêler des affaires des Eglises et aux Eglises de se mêler des affaires de l’Etat. Ceci fut confirmé en 1802 par Jefferson, qui parle de la nécessité d’ériger un MUR entre l’Etat et les Eglises.

                Aux USA l’école publique est gratuite, laïque et obligatoire : elle est financée entièrement sur fonds publics. A côté de ça, il existe un réseau d’écoles confessionnelles - comme chez nous - à la différence qu’elles ne touchent pas UN sou d’argent public, mais doivent se débrouiller pour faire des fund-raising pour survivre. Les professeurs y sont moins bien payés que dans les écoles publiques, où les conditions de recrutement sont plus sévères. Certaines sont nulles, d’autres sont excellentes.

                Je ne rêve absolument pas quand je dis que les musulmans - qui ont déjà des écoles privées confessionnelles, vont bientôt passer sous contrat : il faut cinq ans d’exercice : c’est en cours.

                « Le contenu pédagogique du privé est d’un niveau bien plus faible. »

                Même pas ! S’ils sont sous contrat, ils ont exactement les mêmes programmes que nous, donc les mêmes exigences. Mais comme ils trient leurs élèves, ils virent les cas les plus graves (ce que l’EN ne peut pas faire) et peuvent donc travailler dans la sérénité avec ceux qui restent.

                Vous fantasmer su l’Opus Dei ! Il n’y a plus de curés dans les séminaires, plus de bonnes soeurs dans les couvents, les églises sont vides : où croyez-vous qu’ils trouveraient les centaines de milliers d’enseignants nécessaires ? ? ?

                Bayrou avait timidement essayer de toucher à la loi Falloux : un million de professeurs étaient immédiatement descendus dans les rues.

                Si Sarko voulait vendre l’EN, elle est dans un tel état que personne n’en voudrait.

                • lally
                  lally répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
                  professeur
                  • Posté à 11h09 le 16/10/2009
                  • Expert 51226
                    professeur

                  Pour travailler sur les deux types d’établissements, privés et publics, je vois bien les différences flagrantes.

                  Le niveau en math, en langues, en histoire géo, en sciences, est plus bas et je l’ai constaté maintes fois. Déjà en tant qu’élève puis en tant que prof. Et ne parlons pas de la philo où la différence se fait énorme entre le public et le privé.
                  Bien que sous contrat les établissements privés n’ont pas pour vocation d’instruire les enfants d’une manière large mais de les conditionner à la soumission au pouvoir et d’instiller un discours religieux au niveau de l’enseignement. Certains établissements pourtant sous contrat obligent leurs élèves à aller à des cours de catéchisme ou à une aumônerie catholique. C’est de plus en plus le cas pour des établissements dont les directions émanent de mouvements cathos tradis, de mouvements cathos intégristes ou conservateurs et réactionnaires. Ce qui change beaucoup de choses quant à la transmission du programme tant en qualité qu’en choix pédagogique.

                  Quant à l’Opus Dei, ça n’a rien d’un délire.
                  Et je suis particulièrement au courant puisque j’ai de la famille qui s’est retrouvée dans cette secte intégriste catho. Donc je suis au courant de leurs objectifs, au courant des alliances qu’ils ont noué au niveau politique et au niveau religieux et les objectifs qu’ils poursuivent au niveau des établissements privés confessionnels catholiques.
                  Et se ne sont pas des curés et des bonnes soeurs mais des laïques qui sont membres de l’OD principalement. Leur principale cible sont les écoles, les collèges, les lycées et les universités privées.

                  Ils détiennent dans différents pays européens mais aussi en Amérique Latine, la majorité des écoles du primaire à l’université. Et ils y enseignent leur vision politique et religieuse radicale ainsi qu’un ultra libéralisme débridé. Qui va de paire avec leur intégrisme religieux.
                  Et l’OD a l’appui plein et entier du Vatican et des relais importants gouvernementaux et de députés.
                  Des lobbys de cette mouvance intégriste font le siège de l’Assemblée Nationale. Différents ministres,secrétaires d’Etat qui sont à l’EN sont membres ou au mieux sympathisants de l’OD. Et toutes les dernières lois, les financements accordés au privé sont des cadeaux de Sarko pour l’enseignement privé. Leur poste à l’EN leur permet de faire couler l’enseignement public.
                  Le Pape a chargé l’OD de prendre de plus en plus la direction de différents établissements privés confessionnels catholiques. Et d’y professer une éducation catholique rigoriste.
                  Les directives sont claires au niveau des diocèses dont dépendent les établissements scolaires privés.

                  Vous confondez l’ancien système éducatif privé confessionnel qui dépendait de curés et de nonnes. Maintenant les enseignants les plus réacs au plan religieux sont des laïcs issus de mouvances traditionnalistes ou intégristes. Vous les trouvez aussi bien en taupes à l’EN que dans les établissements privés confessionnels catholiques où ils visent le plus souvent rapidement des postes décisionnels. Et croyez-moi ou pas, ces gens-là sont des branques, des fachos qui obéissent à des idéologies religieuses radicales et visent l’embrigadement religieux des enfants, nullement leur éducation.

                  Sarko les favorise parce que les supporters de l’OD sont des ultra libéraux qui voient l’éducation scolaire comme un marché commercial juteux avec une libre conccurence débridée et aussi comme un moyen de maintenir au pouvoir des gens riches, ultrareligieux et aussi de placer leurs pions politiquement et économiquement. Mais aussi parce qu’en favorisant les établissements privés, non seulement l’enseignement se retrouvera dépendant d’organismes religieux intégristes mais aussi de sectes comme la Sciento ou les Jéhovah, d’entreprises qui formateront les programmes et les enfants selon leurs critères et leurs idéologies. Et ça c’est ce que veut l’état ultralibéral de Sarko. Il ne veut pas que les enfants deviennent autonomes, libres, indépendants par l’enseignement, simplement soumis au système ultra libéral. Qu’ils n’aient aucune possibilité de révolte, pas d’alternative de formation et d’action.

                  La privatisation des services publics à tout-va vise les mêmes objectifs détestables : soumettre les gens à l’arbitraire et qu’ils ne puissent plus être indépendants mais entièrement sous la coupe des multinationales, des banques.

                  Enfin sur le système scolaire étatsunien :

                  Si les établissements américains ne se mêlaient pas de religion et de religieux...ça se saurait. La plupart des établissements scolaires valables sont privés et confessionnels.
                  Le secteur public est destiné aux miséreux, il est réduit à peau de chagrin.
                  Le niveau scolaire y est lamentable.
                  Les professeurs très mal payés, les locaux dans de triste état.

                  Le système aux US est fait pour qu’une majorité de profs aille sur le privé et délaisse le public.
                  Exactement ce qui est pratiqué depuis quelques années en France.
                  Et s’il n’y a pas de financement de l’Etat, il y a des financements d’entreprises, de sectes, de religions.
                  Ce qui fait que ça colore l’enseignement et les contenus.
                  Et qu’il y a un lobbying constant dans ces écoles au plan religieux.
                  Ce lobbying se voit notamment mais pas seulement via les « fraternités » de collégiens, de lycéens, d’étudiants qui sont des sortes de lieux d’entrisme à la fois politiques et religieux.

                  • Compte supprimé le 4 janvier 3
                    • Posté à 14h53 le 16/10/2009
                    • Internaute 41144

                    Vous avez un problème.

                    Moi qui suis une farouche défenseuse de l’école publique, et pourfendeuse de l’école privée, je ne vais pas avoir le ridicule de défendre l’enseignement catholique en France, mais il ne correspond absolument pas à ce que vous racontez, qui n’est qu’une caricature grotesque.

                    Il n’y a pas de « complot » de l’Opus dei pour faire main basse sur l’Education Nationale en France, je vous assure : vous vous amusez à vous faire peur, là...

                    « Si les établissements américains ne se mêlaient pas de religion et de religieux…ça se saurait. »

                    Mais ça se sait, ça se sait... chez les gens qui connaissent un tout petit peu les Etats-Unis, qui savent qu’on n’y plaisante pas avec la séparation des Eglises et de l’Etat - quelle Eglise d’ailleurs, il y en a tellement ! C’est strictement du domaine PRIVE.

                    Tout ce que vous racontez est faux : les profs américains sont mieux payés dans le public (ils y sont TRES bien payés - à peu près le double d’un prof français) que dans le privé. Rien que ça, ça fait tomber tout votre édifice fantasmatique. Tout est complètement décentralisé aux Etats-Unis depuis toujours, chaque Etat fonctionne à sa façon, et à l’intérieur de chaque Etat, chaque comté.

                    Toujours est-il que les établissements privés US ne reçoivent pas UN centime d’argent public : ils se débrouillent autrement.

                    Que des religions - ou ce que vous appelez avec mépris des « sectes » (personnellement, en tant que mécréante, je ne vois pas la différence) - aient des écoles qu’elles financent sur leurs propres deniers ne me dérange absolument pas : je suis très attachée aux libertés fondamentales dont la liberté de conscience. A condition que l’Etat, qui n’est pas là pour ça, ne s’en mêle pas.

                    C’est ce double système financé par l’Etat dans les deux cas que nous avons en France qui me scandalise - il s’agit bien d’une école à deux vitesses. Mais ce que je déplore le plus c’est que, pour de nombreuses familles, l’école privée soit la seule solution pour faire échapper leurs enfants au désastre qu’est devenue l’école publique dans de nombreux endroits.

                    Les « fraternities » et « sororities » n’ont RIEN de religieux ! (C’est la meilleure !) Ce sont des associations d’étudiants dont l’objectif principal est de faire la fête et de se bourrer la gueule ! Rien, mais vraiment rien, à voir avec aucune religion, au contraire...

                    Vous devriez essayer de dépasser vos clichés, préjugés et idées reçues.

                • malatrie
                  • Posté à 14h55 le 16/10/2009
                  • Internaute 26407
                    Distraite

                  « Vous fantasmer » ! ! ! ! ! ! : « Vous fantasmeZ “

        • A déménagé le 1-6
          • Posté à 23h25 le 15/10/2009
          • Internaute 61755

          post particulièrement inepte...des enfants qui passent du cm1 à la sixième...prouve-le !

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 01h44 le 16/10/2009
            • Internaute 41144

            Ou encore : « Vous mentez ! ».

            Oui : des enfants jugés trop nuls pour « tirer profit » d’un CM2, et qui passaient donc directement en 6ème.

            Réponse particulièrement inepte et bien digne du mononeuronal lamorille. Vite, va rapporter à tes potes beaufs, vite ! Ouiiinnnsss, elle m’a « traité », elle est méchaaaannnte ! »

            • A déménagé le 1-6
              • Posté à 07h36 le 16/10/2009
              • Internaute 61755

              bonjour béate ma beaufette préférée (quoique...), tu racontes n’importe quoi, une fois encore ! mais je remarque une chose...plus le temps passe, plus ton agressivité s’exacerbe rapidement...c’est ton côté sarkozyste ?

              • Adéménagé le 3 janvier 2011
                • Posté à 09h35 le 16/10/2009
                • Internaute 29846
                  menuisier

                En plus tu as vu le parcours ?

                « 20 années en zep »,
                Tu rajoutes les longues années à enseigner aux States plus les épisodes d’amours balnéaires et à l’arrivée, tu as un cv modèle Rachida Dati.

                Mais c’est bon de rire.

                Pour le reste,on sait ce que c’est une » libérale de gauche ».

                C’est comme un a-politique de droite :

                Quelqun qui a du mal à assumer son identité.

              • Compte supprimé le 4 janvier 3
                • Posté à 14h36 le 16/10/2009
                • Internaute 41144

                « tu racontes n’importe quoi, une fois encore ! »

                Je ne raconte PAS n’importe quoi, c’est la stricte vérité. Je sais bien que c’est incroyable, que c’est d’une connerie sans nom, mais c’est ainsi que ça se passait en ZEP au début des années 90, j’ai eu dans mes classes de 6ème X gamins qui venaient tout droit de CM1. Je ne sais pas si ça s’est poursuivi ensuite, ni si ça contineu, parce que je l’ai quitée ma ZEP.

                Faut-il être un beauf demeuré pour n’avoir pour toute réaction que « prouvez-le ! », ou « vous mentez ! »

                Comme l’autre beauf malveillant qui ne voulait pas croire les chiffres donnés par les spécialistes de la protection de l’enfance : une fille sur 8 et un garçon sur 10 sont abusés sexuellement : « Prouvez-le ! », « Vous mentez ! »

                Voilà des « arguments » très constructifs, moi je trouve. Tout plutôt que de secouer ses petites certitudes.

                Les mononeuronaux qui tombent sur le cul à l’idée que quelqu’un ait pu enseigner dans plusieurs pays différents : j’adore ! Oui, j’ai enseigné au Royaume Uni ET aux Etats-Unis, puis j’ai passé 20 ans en ZEP en France - je croyais pouvoir rendre à l’école publique ce qu’elle m’avait donné.

                Non les braves gens n’aiment pas que / L’on suive une autre route qu’eux...

                Et puis comme d’habitude, la meute arrive au grand galop - aucun de vous ne se déplace jamais seul - trop risqué ? En bande on se sent plus fort... Vous n’êtes que de misérables croquants.

                • A déménagé le 17-9
                  • Posté à 14h43 le 16/10/2009
                  • Internaute 88579
                    nc

                  Quittée 2 t
                  Vous n’êtes qu’une misérable réactionnaire !

                • malatrie
                  • Posté à 14h59 le 16/10/2009
                  • Internaute 26407
                    Distraite

                  « ni si ça contineu, parce que je l’ai quitée ma ZEP » : continue, quittée.

                  • Compte supprimé le 4 janvier 3
                    • Posté à 15h32 le 16/10/2009
                    • Internaute 41144

                    Merci de me lire aussi attentivement ! C’est très flatteur...

                    Toujours en meute, donc ?

                    • A déménagé le 17-9
                      • Posté à 15h43 le 16/10/2009
                      • Internaute 88579
                        nc

                      Croquants : terme utilisé par la noblesse pour désigner le peuple.
                      Mâme la comtesse BéaOne !

                      • Compte supprimé le 4 janvier 3
                        • Posté à 16h04 le 16/10/2009
                        • Internaute 41144

                        Change de dico, espèce d’ignare.

                        « Toi qui m’as donne du feu quand
                        Les croquantes et les croquants
                        Tous les gens bien intentionnés
                        M’avaient fermé la porte au nez... »

                        « Les croquants vont en ville, à cheval sur leurs sous
                        Acheter des pucelles aux saintes bonnes gens
                        Les croquants leur mettent à prix d’argent
                        La main dessus, la main dessous... »

                        Je t’en aurais fait apprendre, des choses.

                        • A déménagé le 17-9
                          • Posté à 21h51 le 16/10/2009
                          • Internaute 88579
                            nc

                          Ignare toi, une sombre réac qui cite tonton georges, je te crache sur les pieds, et je maintiens MA définition !

                          Je t’en aurais fait............... tu ne crois pas, oh comtesse que le futur irait mieux que le conditionnel ?

                    • Adéménagé le 3 janvier 2011
                      • Posté à 15h53 le 16/10/2009
                      • Internaute 29846
                        menuisier

                      « Toujours en meute, donc ? “

                      Vous êtes conne ou quoi ?

                      Vous n’avez pas encore compris que vous n’êtes pas la seule à déclencher de l’urticaire ? Je n’ai jamais lu Pierrrrre pleurer, bardamu ne s’est jamais plaint.

                      Que dirait le pauvre Serraf à ce compte ! ! !

                      Si vous vous sentez victime d’une ‘meute’ (fantasme de gang bang ?) lui serait en droit de se dire victime de génocide.

                      Buvez frais et si vous ne voulez pas répondre sur un autre mode que ‘on m’agresse’, fermez-là ou allez consulter.

                      ps : Pour être victime d’une meute, encore faudrait-il que vous fassiez une proie désirable.

                      • Compte supprimé le 4 janvier 3
                        • Posté à 16h11 le 16/10/2009
                        • Internaute 41144
                      • Compte supprimé le 4 janvier 3
                        • Posté à 16h12 le 16/10/2009
                        • Internaute 41144

                        « Pour être victime d’une meute, encore faudrait-il que vous fassiez une proie désirable. »

                        C’est apparemment le cas ! A ceci près que je ne me considère absolument pas comme une « victime », loin de là ! : -))

                        Déluge ne peut intervenir sans que hershellgordon (alias lamorille), tilou, malatrie, ginkoland, etc., ne se précipitent... A croire qu’effectivement, je suis une « proie désirable ».

                        Je constate que vous êtes toujours empêtré dans vos gros fantasmes de macho : après m’avoir annoncé sans ambages que pour rien au monde vous ne me feriez découvrir le bonheur dans vos bras puissants et velus - ce que bien entendu je désire au-delà de tout, comme toute femelle digne de ce nom - voilà que vous me voyez avec des fantasmes de « gang bang » !

                        Vraiment vous êtes trop - « too much ». Une véritable caricature.

                        • Adéménagé le 3 janvier 2011
                          • Posté à 17h14 le 16/10/2009
                          • Internaute 29846
                            menuisier

                          J’ai ma réponse à la question.

                          Le simple fait que vous répondiez au genre de message que je vous ai laissé suffit pour établir clairement les faits.

                          Quel intérêt à y répondre ?

                          J’y vois un réflexe de morsure.

                          Comme Bichon, vous savez ?

                          Bichon qui est loin d’être une lumière dans la gent canine.

        29 autres commentaires
    • lally
      lally répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
      professeur
      • Posté à 20h01 le 15/10/2009
      • Expert 51226
        professeur

      Les ZEP ont été le moyen de communautariser les écoles.
      D’établir également une hiérarchie assez écoeurante entre les établissements scolaires. Et d’y mettre les professeurs les moins aguerris le plus souvent comme pour leur faire subir une sorte de bizutage professoral alors qu’il aurait fallu plus des professeurs très assurés dans leur travail pédagogique.
      Résultat des courses, les enfants ont été les premiers pénalisés.
      Et cela a participé à accentuer leur isolement.

      Classes surchargées, profs démunis car trop jeunes et sans analyse réelle des problèmes d’exclusion des enfants et des familles, profs stagiaires avec méthodes contradictoires, directions qui essaient de maintenir un service scolaire coûte que coûte mais souvent jugées par l’EN comme des utopistes rêveurs sociaux...et enfants issus de plus en plus de parents qui n’ont jamais connu un travail, et au mieux des parents qui vivotent avec des contrats précaires et des salaires de misère et qui vivent tous une exclusion sociale, religieuse, ethnique.

      J’ai moi aussi travaillé en ZEP, je peux aussi dire que bien des apprentissages scolaires sont faits en dépit du bon sens au regard des problèmes rencontrés par les enfants et leurs familles. La plupart des enfants sont confrontés à la vie adulte de plein fouet et pour certains, jouent un rôle protecteur et administratif pour les parents et grands-parents dès qu’ils savent lire.
      Ils ont tous de grosses difficultés à conceptualiser. Or les méthodes scolaires utilisées en ZEP comme en établissements lambdas font le plus souvent référence à la méthode globale, ce qui fait qu’une majorité d’enfants ne comprend ni le sens des mots ni comment et pourquoi les appliquer. Ca vaut pour le langage écrit comme le langage oral. Quand on ne comprend pas ce qu’on lit, on ne devient pas lecteur et on ne cherche pas à apprendre plus puisque l’apprentissage passe par la lecture essentiellement.

      Ils sont dans la répétition d’un discours vide de sens et de logique pour eux, pas dans sa compréhension, non plus que dans l’analyse et la critique.

      L’école ZEP relève du bourrage de crâne pas d’une possibilité d’apprendre à comprendre son environnement, de pouvoir analyser correctement un problème ou plusieurs, et d’avoir une ouverture culturelle large pour gagner en autonomie.
      Parce que les moyens mis en oeuvre sont réduits et les personnels insuffisamment formés, changeants. Les organismes sociaux ne peuvent pas endiguer à eux seuls les multiples problèmes des enfants et de leurs familles. Les RASED non plus.

      Beaucoup d’enfants deviennent à l’adolescence le soutien de famille car beaucoup de mamans dans ces quartiers se retrouvent seules abandonnées et sans pension alimentaire, vivotant en faisant des ménages.
      L’éducation, la culture passent donc au second plan voire sont absents du parcours des jeunes.
      Parce que le souci est la survie familiale au plan matériel.
      Les moins en échec scolaire deviennent souvent apprentis et suivent des formations industrielles ou artisanales en alternance avec un travail rémunéré.
      Les plus en difficulté se tournent vers les trafics, vols, rackets pour simplement assurer le quotidien familial.

      L’école devrait être donc le seul lieu où les enfants peuvent être des enfants.
      Mais elle se révèle le plus souvent incapable de tenir ce rôle en ZEP.
      Car ces enfants ne sont pas disponibles suffisamment dans leur tête pour se conformer à l’éducation scolaire et encore moins à une éducation scolaire faite de concepts abstraits. Un enfant qui n’a aucune difficulté sociale peut déjà avoir des soucis par rapport à ce type d’enseignement global que propose l’EN mais aussi l’enseignement privé, un enfant qui vit une exclusion et une précarité affective, sociale, familiale n’a aucun moyen de pouvoir apprendre quelque chose à l’école telle qu’elle est proposée actuellement.

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 00h00 le 16/10/2009
        • Internaute 41144

        « Les ZEP ont été le moyen de communautariser les écoles. »

        C’est complètement faux. Les équipes des quartiers difficiles étaient très demandeuses du statut ZEP quand il a été créé, au contraire, face à une administration qui traînait les pieds parce que ça la « fichait mal ». Les moyens attribués ont été énormes, j’ai eu des classes de 15/16 élèves que je n’aurais jamais eues dans un établissement non classé ZEP. Les ZEP ont été inventées pour « donner plus » à ceux qui avaient moins.

        « alors qu’il aurait fallu plus des professeurs très assurés dans leur travail pédagogique. »

        Oui, c’est pourquoi la « prime ZEP » avait été inventée pour essayer de faire rester les profs sur place. Prime à laquelle j’ai volontiers renoncé quand j’en ai eu marre de faire l’assistante sociale ou l’éducatrice, ce pour quoi je n’étais ni formée ni compétente. Vous n’empêcherez jamais les professeurs de se tirer quand les conditions sont infernales.

        « Or les méthodes scolaires utilisées en ZEP comme en établissements lambdas font le plus souvent référence à la méthode globale »

        C’est tout ce que vous trouvez comme explication au désastre ? ? ? La sempiternelle « méthode globale » qui n’a pratiquement jamais été utilisée, et qui est morte et enterrée depuis 35 ans ? C’est pitoyable. Oui, ces enfants ne conceptualisent pas - pour X raisons toutes plus tristes les unes que les autres - mais il arrive un moment à l’école où il FAUT conceptualiser.

        Je partage votre épouvantable constat, mais pas du tout les causes que vous lui attribuez - et vous vous gardez bien d’avancer des propositions...

        Toujours est-il qu’il y a 50 ans les enfants des pauvres avaient une chance de s’en tirer socialement grâce à l’école, mais que ceci n’est plus vrai (sauf pour les FILLES) - le fossé n’a jamais été aussi grand.

         
        • lally
          lally répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
          professeur
          • Posté à 00h54 le 16/10/2009
          • Expert 51226
            professeur

          Entre la situation de départ et ce que sont devenus les ZEP aujourd’hui, y a un énorme fossé. Et une immense contradiction.

          La méthode globale est appliquée en ZEP comme si c’était la seule méthode de lecture et d’enseignement.
          Je la vois cette méthode mise en oeuvre dans l’école primaire du quartier défavorisé de ma ville parce que j’ai des petits élèves au centre social qui sont tous issus de cette école ZEP. Et cette méthode de lecture en fait des citrouilles pleines de vent et ces enfants ne comprennent absolument pas ce qu’ils lisent ni le sens des mots. Parce que la méthode globale c’est de la répétition pas de l’appropriation du langage.
          Quand je les ai ces petits en suivi scolaire collectif en centre social, que je reprends auprès d’eux une méthode syllabique, que je prends le temps d’expliquer mots de vocabulaire, qu’on décortique ensemble le sens et les sons des mots, ben c’est dingue, ça marche, miracle, ils comprennent et s’approprient un texte, des mots et après sont tout fiers de les utiliser.
          Parce que c’est du concret, pas du vent, pas du concept creux, pas de la récitation ou de la mémorisation de place de certains mots.

          La prime ZEP n’a pas fonctionné auprès d’enseignants confirmés.
          Parce que l’enseignant confirmé n’a pas envie de travailler pour des enfants en grande difficulté, parce que c’est fatiguant, parce que c’est pas valorisant socialement, parce que ça nécessite une rébellion intellectuelle et pédagogique permanente qui n’est quasiment plus possible après des années de routine enseignante. Donc l’EN et les collectifs de professeurs, d’instits, ont mis des jeunes dans ces postes ZEP en se disant que de toutes les façons, ils ne pourraient guère refuser étant donné que les jeunes ont besoin de faire leurs classes et aussi d’avoir un peu d’argent pour être reconnus dans le métier.

          Oui le travail en ZEP est plus un travail d’assistant social et d’éducateur parce que nous devons gérer des enfants de familles totalement exclues le plus souvent du marché du travail et de la société. Et nous enseignants, travailleurs sociaux, éducateurs, sommes les derniers fusibles, le dernier et souvent le seul contact social et culturel qui rattache ces enfants à une vie comme les autres.

          On ne peut donc pas utiliser les mêmes méthodes pédagogiques que dans un établissement lambda.
          Parce qu’étant donné le degré d’exclusion de ces enfants et de leurs familles, exclusion savamment orchestrée par nos gouvernants, l’école est déjà suspectée par ces familles d’être un outil supplémentaire d’exclusion.

          Donc pour que l’enseignement fonctionne auprès des enfants en grande difficulté, il faut que l’enfant en tire un bénéfice réel au cours de sa scolarité.
          Si l’enfant réussit à comprendre ce qu’il lit et ce qu’il fait dans différentes matières, c’est un bénéfice énorme parce qu’alors l’enfant peut plus facilement et plus rapidement être rentable pour sa famille.
          Et dans le cas d’espèce, c’est ce qui est primordial.

          Comme ça l’était autrefois au début de l’école républicaine pour tous, quand les instits partaient dans des hameaux où la plupart des enfants n’allaient pas à l’école mais travaillaient aux champs dès touts petits pour que la survie économique de la famille se fasse.
          Il a fallu des méthodes pédagogiques qui utilisaient des choses concrètes pour permettre que des enfants de familles très pauvres étudient. S’il n’y avait eu que l’obligation d’éducation ministérielle, l’éducation scolaire de masse n’aurait jamais eu de prise dans les milieux les plus pauvres et la plupart des enfants miséreux n’auraient jamais été à l’école.
          Or si aujourd’hui une majorité d’enfants de tous milieux accèdent à l’école, c’est par le travail particulièrement inventif au plan pédagogique des instits d’autrefois. Qui innovaient énormément et en permanence dans leurs cours et qui utilisaient énormément des choses concrètes liées au quotidien des enfants pour faire accéder plus facilement ces enfants de milieux très pauvres aux concepts les plus abstraits.

          Cette vision de la pédagogie a totalement disparu avec les IUFM et un formatage théorique plutôt que pratique de l’enseignement.
          L’intérêt est plus une méthode pédagogique unique et conceptuelle sans aucune remise en question pour tous les enfants.
          C’est ce qui a créé des inégalités dans l’accès au savoir.
          On n’enseigne pas sur les mêmes bases à des enfants relativement favorisés et à des enfants défavorisés.
          Ils n’ont pas du tout les mêmes univers, les mêmes préoccupations, les mêmes disponibilités.
          J’ai ces deux publics très différents dans mes 30 classes.
          Je n’enseigne pas du tout de la même façon aux uns et aux autres même si j’ai une exigence très forte vis à vis des uns comme des autres.
          Pour les plus défavorisés, je travaille toujours sur du concret et sur du sens.
          Pour les enfants plus favorisés, je peux me permettre de conceptualiser beaucoup plus rapidement ma pédagogie.

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 01h40 le 16/10/2009
            • Internaute 41144

            « La méthode globale est appliquée en ZEP comme si c’était la seule méthode de lecture et d’enseignement. »

            Qu’est-ce que vous appelez la « méthode globale » ? ? ? Je ne l’ai jamais vue pratiquee, surtout pas en ZEP.

            Je crois que vous êtes victime d’un illusion d’optique :

            « Quand je les ai ces petits en suivi scolaire collectif en centre social, que je reprends auprès d’eux une méthode syllabique, que je prends le temps d’expliquer mots de vocabulaire, qu’on décortique ensemble le sens et les sons des mots, ben c’est dingue, ça marche, miracle, ils comprennent et s’approprient un texte, des mots et après sont tout fiers de les utiliser.
            Parce que c’est du concret, pas du vent, pas du concept creux, pas de la récitation ou de la mémorisation de place de certains mots. »

            Vous savez ; c’est exactement ce que font les instits avant vous ! Et dans la classe, ça marche, en général. Le problème est que sitôt qu’ils ont tourné les talons - alors qu’on a l’impression que ça c’est bien passé, qu’ils ont bien appris et bien compris - ils oublient tout et il fait tout retricoter le lendemain ! Ca c’est vraiment décourageant - ne croyez pas qu’il en aille autrement avec vous, si je puis me permettre. Et si je peux me permettre autre chose, un conseil, si vous faites de l’aide au devoir - il est important que vous les fassiez travailler dans le même sens que leurs instits, sinon c’est la cata assurée, ils ne vont vraiment plus rien comprendre.

            « Parce qu’étant donné le degré d’exclusion de ces enfants et de leurs familles, EXCLUSION SAVAMMENT ORCHESTREE PAR NOS GOUVERNANTS, l’école est déjà suspectée par ces familles d’être un outil supplémentaire d’exclusion »

            Encore le complot ! Il faut vraiment arrêter avec ça. Nos gouvernements depuis 40 ans se sont décarcassés en pure perte et à grands frais pour essayer de trouver des solutions à cette exclusion - sauf à remettre en cause le dogme du collège unique, qui ne satisfait personne, qui ne marche avec personne : ni les élves en grandes difficultés, ni les très bons élèves ni les élèves moyens. Tout le monde y perd avec ce système.

            Car le problème vient du fait que tous ces gamins sont : mélangés, et c’est exactement comme si on mettait Carl Lewis et un petit myopathe devant la même ligne de départ en leur disant qu’ils ont les mêmes chances d’y arriver...

            On ne peut PAS avoir les mêmes objectifs pour tous - or le collège unique nous y oblige.

            Vous avez TRENTE classes ? ? ?

            • lally
              lally répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
              professeur
              • Posté à 11h51 le 16/10/2009
              • Expert 51226
                professeur

              L’école primaire ZEP où j’ai une partie de mes élèves applique la méthode globale. A savoir fait mémoriser aux enfants des emplacements de mots dont ils ignorent totalement et la fonction et le sens.
              C’est symptomatique chez les élèves de CP. Je suis obligée de reprendre les fondamentaux syllabiques le soir après la classe tellement ces mômes sont largués et ne comprennent rien de ce qu’ils croient lire mais en fait récitent sans même savoir identifier ni les sons, ni les lettres et encore moins poser du sens sur les mots.
              Les exercices qui leur sont donnés sont du grand n’importe quoi. Les mômes sont incapables de raccrocher du sens et du savoir dessus.

              Heureusement que je n’applique pas les mêmes méthodes que les instits de cette école parce que les mômes seraient dans un pétage de plombs permanent et il y aurait encore plus d’échec scolaire qu’actuellement. Et manifestement ma méthode d’enseignement marche mieux que celle des instits de cette école car non seulement les enfants comprennent mieux, me le disent, les parents aussi mais encore, leurs instits viennent voir dans ma classe pourquoi avec eux, ça marche pas et pourquoi les petits n’arrêtent pas de leur dire que je leur explique mieux.
              Plus drôle encore, certains instits sont venus me demander de leur écrire des notes pédagogiques pour les aider. D’autres sont venus me piquer des idées pour différents cours que les enfants avec eux n’assimilaient pas.

              Nous n’avons pas la même vision des choses.
              Nos gouvernants ont fait en sorte toutes ces dernières années d’exclure de plus en plus d’enfants d’un savoir étendu et de communautariser les enfants suivant l’appartenance sociale, religieuse, ethnique.
              Ca s’est fait par des réformes au sein de l’EN qui n’ont pas vraiment ému hélas la majorité des enseignants et des établissements.
              Parce que l’EN s’est embourgeoisée.
              Elle n’est plus du tout dans la démarche de croire en ce métier, d’être passionnée par l’enseignement et la transmission d’un savoir large.
              Elle fait du gavage, restreint de plus en plus l’accès à la culture (à croire que c’est dangereux) et elle compte de plus en plus de gens qui veulent avant tout être fonctionnaires, ne pas trop changer de programmes pédagogiques, ne pas se remettre en question, avoir le max d’avantages sociaux...le reste...la mission éducative...c’est hélas pour de plus en plus de collègues, d’une importance minimale.
              Parce que mes collègues du même âge majoritairement ont choisi l’enseignement par défaut pour être plus protégés du chômage, pas par choix délibéré. Et tout ça change donc diamétralement l’engagement pédagogique.

              Oui la misère dans les quartiers défavorisés a été orchestrée sciemment et savamment par nos différents gouvernements.
              La ghettoïsation idem.
              Dans le quartier défavorisé où je travaille, l’équivalent de la Reynerie, plus de 60% de chômeurs et ça dure ainsi depuis les années 80.
              Beaucoup de parents de ces quartiers qui ont mon âge n’ont jamais connu que les aides sociales et les petits boulots au noir parce que les entreprises ne voulaient pas les embaucher malgré un niveau scolaire tout à fait correct. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient un nom à consonnance maghrébine ou africaine ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! Et donc on les a exclu d’un travail. On les a confinés dans ce quartier et on les y confine toujours pour ne surtout pas qu’ils se mélangent au reste de la population citadine. C’est la vision des torchons et des serviettes. Et aussi une vision colonialiste gouvernementale, de droite comme de gauche : c’est le même mépris qui domine.

              L’accès au logement hors HLM sans travail est impossible et encore plus problématique quand on a un nom à consonnance étrangère.
              Comment donc pouvoir vivre ailleurs ?
              Les seuls qui travaillent en cités-ghettos sont le plus souvent les femmes et elles sont majoritairement dans le secteur entretien.
              Parce qu’on les considère au plan économique comme on considérait les portugaises, les espagnoles, les polonaises autrefois, comme des bonnes à tout faire et uniquement sous ce vocable.
              Ce qui est parfaitement odieux, raciste et j’en passe.

              Oui j’ai 30 classes à gérer cette année.
              15 classes avec des élèves de 6 ans à 25 ans en établissements scolaires publics et privés. Ca va du CP au Bac et au Bac Pro.
              Et j’ai aussi 15 classes d’adultes en ateliers privés.

              J’enseigne 15 programmes différents.
              Et je fais aussi de l’aide au devoir en quartier défavorisé.

              Le collège unique aurait fonctionné si les politiques et les entreprises avaient joué le jeu au niveau de l’accès à l’emploi et au logement auprès des étrangers et des français d’origine étrangère. Ca n’a pas été le cas à partir de la fin des années 70. Ce qui a amené la révolte des Beurs récupérée par les socialistes qui ont placé les leaders du mouvement dans leur parti en abandonnant les quartiers et en filant des aides pour empêcher que les gens se révoltent contre leur exclusion professionnelle et sociale. Ensuite ils ont mis des imams ultrareligieux pour soit disant calmer la révolte qui continuait à gronder car chômage et précarité de plus en plus massive. Cette manoeuvre a encore plus enfermé ces quartiers. La droite a repris totalement ce système d’exclusion en supprimant les derniers pôles sociaux qui permettaient de faire du lien, en précarisant le travail des travailleurs sociaux, en retirant des financements, des personnels.
              On a atteint ces dernières années le fond du désespoir dans ces quartiers. Plus aucun habitant ne peut croire que ce qui a trait à l’éducation, à des projets politiques d’urbanisme, d’emploi puisse être crédible et changer la donne. Parce que de droite comme de gauche, les politiques n’ont rien à faire de ces habitants qu’ils méprisent, parce que ces politiques raisonnent avec ces habitants comme ils raisonnaient du temps des colonies, les entreprises sont pareilles.
              Et c’est pas la crise économique qui a arrangé cette dynamique atroce.
              C’est même plutôt le contraire.

              • Compte supprimé le 4 janvier 3
                • Posté à 15h12 le 16/10/2009
                • Internaute 41144

                « Oui j’ai 30 classes à gérer cette année.
                15 classes avec des élèves de 6 ans à 25 ans en établissements scolaires publics et privés. Ca va du CP au Bac et au Bac Pro.
                Et j’ai aussi 15 classes d’adultes en ateliers privés.

                J’enseigne 15 programmes différents. »

                 ? ? ?

                Vous êtes une sainte et wonderwoman à vous toute seule. Dans quel contexte ? Avec quel statut ? Vous « enseignez », vous êtes sûre ?

                Vous avez une très haute idée de vous-même ainsi qu’une très mauvaise idée des enseignants - j’ai remarqué aussi que vous adorez généraliser ! L’EN se serait « embourgeoisée » ! Avec les salaires qu’on nous verse - surtout en début de carrière - c’est un risque très très faible !

                Comment expliquez-vous que ce système marche incomparablement mieux avec les FILLES qu’avec les garçons ? Les filles s’en sortent beaucoup mieux.

                Je ne crois pas une seconde que dans l’école de ZEP où vous intervenez (à quel titre ?) on applique uniformément la « méthode globale » - pour la bonne raison que cette méthode a été très peu employée, et quand elle l’a été c’était il y a très longtemps. Je pense que c’est VOUS qui devriez interroger les enseignants sur leur manière de faire, pourquoi et comment, parce qu’une chose est sûre : si on fait travailler les enfants d’une façon à l’école et d’une autre façon hors de l’école, c’est l’échec assuré : ils n’y comprennent plus rien du tout. Il n’y a jamais une SEULE bonne manière de faire - mais il faut en choisir une et s’y tenir : l’important c’est la cohérence.

                • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
                  • Posté à 17h45 le 16/10/2009
                  • Internaute 22426
                    ....

                  j’ai suivi le fil de votre discussion, notamment avec lally et suis entièrement d’accord avec vous. L’opus déi, c’est parfaitement ridicule ! ! ! ! ! c’est du consiprationnisme a deux balles, faut arrêter ! ! ! ! ! ! les gens ils disent vraiment des conneries, cest tt de meme affligeant ! ! ! ! !

                  Le plus odieux, c’est l’instrumentalisation des jeunes dont les difficultés scolaires résident dans l’écart énorme entre la culture familiale et la culture scolaire. Que de dégats, pour ceux que, paradoxalement, Lally prétend défendre, dégats engendrés par l’idée selon laquelle il serait possible, par une méthode adaptée, d’éliminer radicalement toutes les inégalités scolaires ! ! ! ! !

              • zorbeck
                zorbeck répond à lally
                • Posté à 17h55 le 16/10/2009
                • Internaute 9110

                Je trouve votre point de vue très intéressant, je pense aussi, sans en faire une cause de la situation actuelle (c’est plus un facteur aggravant qu’une cause) que beaucoup ont choisi l’enseignement par défaut pour être plus protégés du chômage, que par choix délibéré...Et oui il existe bien un danger de « ghettoisation » mais ce danger dépasse largement le cadre de l’EN.

                Mais une partie du problème, si on veut restaurer l’ascenseur social, ne vient-il pas du fait que l’on refuse toute forme de sélection ? Est-il normal que l’on garde sur les bancs des écoles, une minorité d’élèves qui passent leur temps à détruire toute possibilité d’apprentissage chez ceux ou celles qui en manifestent l’intérêt et qui en ont le plus besoin ? Les enseignants ont-ils la possibilité réelle d’assurer leur autorité ? Est-il admissible que des enseignants soient confrontés à des violences physiques, quand elles ne sont pas verbales, sans que ces comportements violents ne soient immédiatement synonymes de sanctions véritables, voire d’exclusion ? Pourquoi pas des centres fermés et strictement contrôlés pour les irréductibles ? Peut-on imaginer un instant que continuer à ne pas aborder la question va permettre au problème de se résoudre de lui-même ? Et est-ce que la prolongation de la politique actuelle ne va pas renforcer le mur entre ceux qui sont bien nés et ceux qui ne le sont pas ?

        6 autres commentaires
    • 3eme_latte_herbivore
      • Posté à 17h20 le 16/10/2009
      • Internaute 93127
        étudiant

      Bravo pour votre courage et la patience que vous mettez à dire les choses telle qu’elles sont !

      Ne vous laissez pas faire par les quelques grands courageux qui se plaisent à vous attaquer sur quelques fautes d’orthographe, à défaut de pouvoir le faire sur le fond de vos commentaires. La mauvaise foie et la petitesse sont les seules armes qui restent quand on a rien à dire.

      mes salutations.

  • Cogito_ergo_sum
    Cogito_ergo_sum
    Citoyen
    • Posté à 15h38 le 14/10/2009
    • Internaute 92316
      Citoyen

    La Reynerie, ce n’est qu’à 3 ou 4 km du centre de Toulouse, mais c’est effectivement un autre monde.
    Ce quartier du Mirail est sillonné de grandes avenues, qui délimitent des ilots. Des iIots de petits pavillons, mais surtout des ilots de grandes barres, sans oublier l’ilot de la Fac, l’ilot des grandes surfaces hard-discount, l’ilot des entreprises..
    Il est facile de traverser le quartier en roulant sur ses avenues, mais presque impossible de pénétrer dans ces ilots à la voirie anarchique, comme si délibérément, les urbanistes ( ?) avaient voulu les couper du reste de l’agglomération, et même les uns des autres.
    Pas de lieu de vie, pas de structures urbaines à l’échelle humaine.
    Je crains bien que, sur de telles bases, il ne faille beaucoup plus que de belles intentions, ou même un effort massif d’intégration, de réhabilitation, de formation, pour remédier à cette « lucidité autodestructrice ». Tout est à reconstruire, au figuré comme, hélas, au propre.

  • Au sud de nul part-
    • Posté à 20h26 le 14/10/2009
    • Internaute 57434
      Situation

    Bonjour,

    Article admirable.

    On y apprend que :

    - 1) Les « bourges » ou les riches, ou encore les membres de la classe supérieure, sont moins racistes que les membres des classes populaires, ou encore que les jeunes qui vivent en banlieue, ou en cité, dans une famille avec un faible niveau culturel et économique. Des preuves pour étayer ce postulat ? Des chiffres provenant d’une étude sérieuse ?

    Non. Le pauvre, l’inculte, le sauvageon, et, aussi bien, par exetension, les citoyens occupant des emplois à faible rémunération, sont forcément plus racistes que les autres citoyens, et à fortiori, bien plus racistes que les « bourges » qui sont forcément très cultivés, eux. On peut appeler cela le retour de la hantise envers les classes dangeureuses.

    Aussi bien, puisque rien ne vient sérieusement prouver une telle thèse, l’internaute moyen qui détient lui quelque capital culturel, doit gober que le riche est plus tolérant et plus ouvert que le pauvre gars ou la pauvre fille de cité, ou que le pauvre, ou celui qui fait partie « d’une minorité ethnique », est forcément intolérant, raciste, et sans culture. Quelle beau plaidoyer pour l’évidente tolérance Française ; quelle juste reconnaissance de la droiture morale des seuls citoyens dits aisés, ou carrément blindé de thunes.

    - 2) Le racisme envers l’étranger est identique à la défiance du pauvre envers le « bourge », ou encore du membre de la classe populaire envers le membre de la classe supérieure. Comme si, cela va aussi de soi, les « bourges », majoritairement ultra tolérants et ouverts, s’impatientaient de pouvoir enfin nouer des liens de toutes sortes avec les pauvres ou les membres de la classe populaire. A quand la naissance de l’association contre le racisme anti-riche (l’A.C.R.A) ?

    Là aussi, la pratique de l’amalgame permet de faire croire que le racisme est semblable en tous points à la défiance du pauvre envers le riche. On notera alors que le « bourge » s’en sort fort bien : il est moins raciste que le pauvre, ou le jeune de banlieue, ou le jeune dont les parents ne sont pas assez fortunés, et il subit aussi le même racisme de la part des pauvres qui le rejettent. Consternant.

    En réalité, sous couvert de prétendre à vouloir tisser du lien social et conséquemment de vouloir ouvrir l’esprit des pauvres sur leur propre médiocrité morale, ce charmant auteur vient gentiment leur dire que le racisme vient de chez eux, un racisme subtil, nouvellement et grossièrement conceptualisé, un racisme anti-riche. Comme si les personnes ayant soit par leur travail, soit par leur naissance, acquis une situation confortable étaient eux bien moins « racistes » envers les pauvres ou les personnes aux revenus modestes, et bien moins racistes, au sens strict, envers les gens dits de couleur. Le riche, en somme, est l’amoreux de la différence ; tandis que le pauvre est conservateur et peureux.

    Mais en amalgamant deux attitudes qui n’ont strictement rien à voir l’une avec l’autre -le racisme au sens strict et une sorte de « racisme économique » ; quelle concept ! - on peut tranquillement faire de la politique en classe au moment même où l’on dépolitise un débat par l’usage grossier d’un pseudo-concept, concept d’ordre sociétal, lequel permet de parler chez les pauvres au nom des « bourges » et de prendre leur défense, en tentant de culpabiliser le pauvre élève qui aurait l’outrecuidance de dire qu’il sait bien, lui, que le « bourge » ne souhaite pas vraiment le fréquenter.

    Ainsi, cette subtile réthorique tente d’abord de substituer à la conscience de l’inégalité sociale et économique l’accusation de racisme. Et l’accusé, c’est alors évidemment le pauvre, le jeune de banlieue, puisque il est évidemment inculte, puisque pauvre.
    Une étude ici ? Non plus. Seulement un superbe préjugé ; une opinion vague. Ce préjugé s’appuie évidemment sur une vieille croyance très rassurante, laquelle pose que la Culture est consubtantielle à la richesse économique, et qu’elle garantît celui qui y participe de ne pouvoir être intolérant, ou raciste.

    L’ensemble du XX ème siècle a pourtant démenti tragiquement cette croyance, mais peu importe : Sans étude historique, et sans étude sociologique, après tout, on peut raconter n’importe quoi.

    3) Cependant, la rhétorique, hélas, du missionnaire culturel ne prend pas et il doit se résoudre a admettre qu’il ne convertira pas les brebis égarés à une sorte de neutralité bienvaillante envers l’Autre. Stupéfait il doit même reconnaitre que le point de vue de l’inculte exprime bien plus de politique qu’il ne s’y attendait : Il leur accorde une qualité qu’il nomme lucidité, à défaut de leur accorder une conscience. Car les incultes de banlieue ne forment même pas une « classe sociale », au sens courant du terme, mais il ne sont que des méchants racistes, des méchants racistes lucides. Quel beau portrait.

    On pourra se demander avec à propos pourquoi l’auteur tient tant à affirmer que le racisme vient surtout des quartiers défavorisés, ou de ce qui se nomme parfois le « peuple » ou encore « la france profonde », alors que dans le même temps, en France, l’embauche de personnes légèrement colorés ou carrément noires pose tant de souci....On pourra aussi se demander aussi pourquoi, en France, les mariages ou les relations sociales de toutes sortes sont homogènes au niveau culturel et économique des personnes qui entretiennent ces relations...Enfin, on pourra se demander pourquoi un si brillant auteur tient tant, d’abord, à poser l’équation fallacieuse entre le racisme, selon son sens propre, et la défiance de certains envers les détenteurs d’un capital notamment économique assez élevé.

    • Mouloud Akkouche
      • Posté à 22h29 le 14/10/2009
      • Internaute 49213
        Ecrivain

      Bonjour,

      Bien sûr que le racisme et l’antisémitisme ne sont pas l’apanage des classes populaires mais, en période de crise et chômage, ils se développent surtout dans les milieux les plus défavorisés. Il suffit de se plonger dans des livres d’Histoire où lire les journaux pour constater que les crimes racistes et antisémites sont pour la plupart commis par des paumés des quartiers populaires. Pas beaucoup de ratonnades au Café de Flore ou dans l’enceinte de la Sorbonne, ni dans les couloirs de l’Assemblée nationale ou du Sénat.
      Vous trouverez ci-dessous un court texte qui illustre bien que, malheureusement, les plus démunis socio-économiquement sont souvent ( je n’ai pas dit ’’ tous ’’ ) ceux qui résistent beaucoup moins aux sirènes de tous les populismes et intégrismes. Les plus fragilisés de la société.

      Cordialement,
      Mouloud Akkouche

      Résumé

      Le Front national est maintenant implanté dans le paysage politique français rassemblant régulièrement plus de 15% des électeurs. Ce parti suscite la curiosité d’un grand nombre de chercheurs, mais qu’en est-il de ses électeurs ? Ce parti rallie un grand nombre d’électeurs de milieu populaire. Nous constatons qu’il existe plusieurs enquêtes quantitatives et très peu d’enquête qualitatives sur les électeurs FN. Nous avons opté pour cette dernière méthode car elle nous paraît être la plus adéquate pour parvenir à la compréhension de ce vote FN en milieu populaire.

      Ce qui nous intéresse ici, en effet, est de se demander quelles sont les logiques du vote FN en milieu populaire, sans préjuger de la compétence politique des électeurs.

      Nous avons donc réalisé une vingtaine d’entretiens « compréhensifs » en milieu populaire que nous avons confrontés aux connaissances déjà produites. La problématique qui s’est ensuite dessinée est composée de deux parties :

      Dans un premier temps nous montrons que le vote FN en milieu populaire est un vote anti-arabe. Ce rejet de la population maghrébine est une réaction des enquêtés à deux faits générateurs. Il s’agit tout d’abord de l’image typifiée des Maghrébins que se construisent les personnes interrogées.

      Il s’agit ensuite de la volonté des électeurs de se séparer de la population arabe et de se revaloriser. Nous montrons que le désir de rester dans l’in-group les pousse à combiner racisme traditionnel et racisme de classe. Le recours à la différence culturelle permet la revalorisation dans des situations économiques quasi-identiques : je suis pauvre mais Français.

      Dans un second temps, nous montrons que ce rejet de la population maghrébine est l’élément déterminant dans le choix du FN. Nous sommes donc en face d’électeurs qui ont des attentes (qui constituent la demande) lesquelles sont confrontées à l’offre du marché politique. Ces électeurs ont aussi des représentations de ce qu’est le FN et de ce que sont ses intentions : Les Français d’abord. La confrontation des préoccupations (rejet des Arabes) et de l’offre politique (les Français d’abord) explique le choix du FN.

      Nous observons donc que nous ne sommes pas en présence d’électeurs « captifs », mais nous ne sommes pas pour autant en face d’électeurs rationnels. C’est pour cette raison que nous proposons d’utiliser la notion de « vote motivé » ou « vote d’intention » pour appréhender ce type d’électeur qui effectue un choix politique en fonction tout d’abord d’une ou des attentes qu’il considère primordiales et d’autre part des représentations qu’il a de l’offre politique sans pour autant connaître les différents programmes ni rechercher la maximisation de son utilité.

      Mots clés : Front national -Vote populaire - Vote « motivé » - Racisme traditionnel - Racisme de classe - Vote anti-arabe - Typification de la population maghrébine - Travail symbolique.

      • Au sud de nul part-
        Au sud de nul part- répond à Mouloud Akkouche
        Situation
        • Posté à 19h53 le 15/10/2009
        • Internaute 57434
          Situation

        Bonjour,

        1) Je vais commencer par vous citer quelques chiffres (facilement trouvables en bibliothèque ou sur le net) relatifs à l’élection présidentielle Française de 2002, puisque vous semblez pouvoir réfuter mon argumentation par le recours à un résumé d’étude d’ordre apparemment sociologique.

        Voici ces chiffres :

        Il s’agit de l’évolution du vote pour le F.N entre l’élection de 1995 et celle de 2002 :

        - Les ouvriers : en 2002 ils étaient 21 % des électeurs ayant réellement usé de leur droit électoral, et 23 % en 2002 ; soit une progression du vote « ouvrier » vers le F.N de 2 %.

        - Les retraités : il faut d’abord relever que l’on ignore le plus souvent dans les diverses catégorisations en usage en sociologie la spécificité de leur ancienne activité, alors que c’est par la connaissance de celle-ci que le vote dit « populaire » est posé comme homogène à une certaine activité professionelle. On ne sait donc pas si un retraité qui vote F.N est un ancien ouvrier, qualifié ou non, un ancien artisan, un ancien cadre, ou un ancien chef d’entreprise, etc....Néanmoins, en ce qui concerne les « retraités », il étaient 11 % à voter pour le F.N en 1995 et 16,8 % à voter pour ce même parti politique en 2002, soit une progression du vote « retraité » de 5,8 %.

        - Les artisans, les commerçants, et les chefs d’entreprise. Les membres de cette catégorie, assez floue dans sa construction, ont voté en 1995 à hauteur de 13 %, et de 31 ¨% en 2002, soit une augmentation en faveur du F.N de 18 %.

        Première interrogation : comment se fait-il que vous relayez encore l’idée - ou plutôt le préjugé- que « les plus démunis socio-économiquement sont souvent ( je n’ai pas dit “ ” tous “ ” ) ceux qui résistent beaucoup moins aux sirènes de tous les populismes et intégrismes. Les plus fragilisés de la société “ ?

        Car, si je vous sais gré de m’indiquer que vous ne pensez pas que ‘tous’ les citoyens qui sont classés dans la catégorie dite des ‘défavorisés’ sont forcément de réels ou de potentiels électeurs du F.N, il n’empêche que vous vous faites l’écho de l’idée selon laquelle la percée du F.N en 2002 est essentiellement dûe à une très forte adhésion des seuls membres de la catégorie sociologique assez floue des ‘défavorisés’. Ce qui est une autre façon d’évoquer sans aucune rigueur conceptuelle le vote dit ‘populaire’, lequel, entendu comme tel, ne veut à peu près rien dire non plus en sociologie politique.

        Or, cette idée est statistiquement fausse ; ce qui est objectif au contraire, c’est la campagne médiatique orchestrée alors en faveur de cette lecture du résultat du vote ; et de la focalisation assez curieuse de certains chercheurs en sociologie sur un seul objet d’étude, alors que les statistiques relatives à cette élection invitaient à la fois à plus de prudence et à envisager d’autres objets d’études pour rendre compte de la percée du F.N.

        On a alors affirmé que cette réussite du F.N en 2002 avait pour cause unique ou cause principale le vote massif des ouvriers et, plus largement, de l’électorat ‘populaire’. On s’est alors évidemment inquièté de l’adhésion de ce même électorat, forcément inculte, aux idées bien racistes du F.N. Pourtant, alors que les plus fortes progessions électorales pour le F.N de 1995 à 2002 provenaient des ‘retraités’ et ‘des artisans, des commerçants, et des chefs d’entreprise’, c’est la figure de ‘l’ouvrier’ ou du membre de la ‘classe populaire’ ou, comme vous le dites de la classe ‘défavorisée’, qui fut rendue coupable des résultats de l’élection. Pourquoi n’a-t-on pas évoqué la légère progression du vote des ‘agriculteurs’ ? Pourquoi ne s’est-on pas étonné de voir que le nombre de petits patrons -artisans, commerçants, chefs d’entreprise - avait plus que doublé, tandis que le vote des ouvriers et des employés demeurait relativement stable ?

        Ensuite, il faut noter que les ‘employés’, lesquels constituaient, statistiquement, le second contingent en faveur du F.N, avec un score de 29 %. Or, selon la forte relativité des conditions de travail et de niveau culturel (diplôme, niveau d’instruction, localisation géographique, etc...) inhérent au statut ‘d’employé’, il était aussi assez stupéfiant d’entendre que la progression du F.N était fonction du vote ‘populaire’ : quel point commun, quel déterminant sociologique, permet de classer dans la même catégorie électorale, un assistant comptable et une femme de ménage, ou un dessinateur industriel et un électricien, ou encore une assistante d’administration et un plongeur de restaurant ?
        C’est alors là aussi le problème de la construction des catégories qui pose problème et, conséquemment, c’est l’affirmation du faible niveau économique et/ou culturel comme explication de la réussite électorale du F.N qui devient très problèmatique, si ce n’est inopérante.

        De surcroît, cette lecture unique du vote F.N s’appuyait sur l’idée, largement répandue, que la bétise, l’ignorance, et l’inculture, étaient des facteurs déterminants pour le vote d’extrême droite ; mais c’est ce préjugé qui fausse également l’objectivité très relative de certains travaux sociologiques, dont les auteurs, curieusement, n’ont alors pas respectés l’obligation de neutralité du chercheur envers l’objet d’étude qu’il construit. Comment affirmer à la fois que l’adhésion aux thèmes du FN provient en majorité des ouvriers et des employés, sans conceptualiser beaucoup plus finement ce que recouvre aujourd’hui cette catégorie sociale, culturelle, et professionnelle, tout en ignorant également le réel niveau de formation et d’instruction d’une frange importante des ouvriers qualifiés ?

        2) Vous dites de manière fort lapidaire et d’une manière très caricaturale que les ‘ratonnades n’ont pas lieu dans certains milieux sociaux. Certes. Et alors ? Que prouve la réalité de certains faits divers abjects avec la réalité sociologique de l’adhésion soit-disant majoritaire des défavorisés’ pour le F.N ?
        Car vous établissez une sorte de lien dans votre réponse entre l’existence de ces faits et un résumé d’une étude sociologique compréhensive, laquelle ne s’appuie que sur 20 entretiens, ce qui peut suffire, bien qu’il soit fortement conseillé au moindre étudiant en master de sociologie de ne pas trop limiter, si cela est possible, le nombre des entretetiens lui servant de matière pour sa recherche. J’imagine qu’à ce sujet vous êtes bien évidemment au fait de toutes les difficultés inhérentes à la recherche en sociologie politique, ou en sociologie des entreprises, par exemple. En ce qui concerne votre recours à la catégorie ‘ des défavorisés’, vous invoquez l’histoire : je ne pense pas avoir lu que le nationalisme ou l’anti-sémitisme soit le triste privilège des ‘paumés des quartiers populaires’. Ignorez vous, par exemple, que l’antisémistisme se portait fort bien dans l’université allemande d’avant guerre ? Ou encore, ignorez vous que l’amérique de l’après guerre voyait dans sa classe moyenne (laquelle sociologiquement n’avait justement rien à voir avec celle du ‘peuple’ ou des ‘paumés’) une très forte adhésion aux thèmes coinjoints de l’antisémitisme et de l’autoritarisme ? Voici deux exemples. Il y en a bien d’autres.

        Bien cordialement.

        Todeti

         
        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 09h49 le 16/10/2009
          • Internaute 29846
            menuisier

          Je vous lis tous les deux et suis plutôt sensible à l’argumentaire que vous développez (le « vous » désigne asdnp).

          Vous prenez comme contre-exemple l’évolution du vote fn.

          Je sais bien que l’on prends les indicateurs que l’on peut trouver, et personellement je vois mal quel autre choisir.

          Toutefois, croyez-vous que l’évolution du racisme (et sa répartition suivant les csp) soit superposable au vote fn ?

          Par contre intégralement d’accord sur la stigmatisation du pauvre, et l’accusation en creux.

          • Au sud de nul part-
            • Posté à 19h30 le 16/10/2009
            • Internaute 57434
              Situation

            Bonsoir déluge,

            Merci bien pour l’intérêt que vous avez porté à mon argumentaire, cela me touche assez.

            J’essaie, en fonction de ce que mes déjà un peu lointaines études, de m’informer de manière la plus rigoureuse possible. Les chiffres que je cite proviennent d’un travail de Master (on dit comme ça maintenant : maîtrise et Dea étaient trop ringards...( :)) ; et sont aussi confirmés par l’insee. J’ai d’autres sources (lectures de résumés de thèse, livres de philosophie politique, etc...) mais je ne vais pas vous infliger leur énumération. Déjà que j’ai tendance à vouloir être clair, ce qui me conduit à produire des commentaires parfois atrocement longs...( ;))

            Pour votre question, je ne crois guère à l’équation facile vote fn = racisme. Je précise, car il vaut mieux pour mes plumes ( ;)), que j’abhore les idées du F.N, car elles sont à la fois irréalistes, et qu’elles véhiculent des valeurs que je ne partage pas.

            Ce que je crois avoir compris, en revanche, c’est que le vote fn est beaucoup plus complexe que cette seule et rapide équation.

            Ce type de vote conjugue en effet des motivations assez diverses. Mais bizaremment, c’est le seul seul type de vote qui reçoit par certains de ceux qui ont en charge de l’analyser une sorte d’excès dans l’exigence de rationalité de l’électeur ( de la rationalité en tant que vote intelligent et informé), alors que cette même exigence n’est pas aussi forte dans l’analyse subjective et objective d’autres types de vote. La théorie du complot n’a évidement rien à voir là-dedans ( ;)).

            De surcroît, ce type de vote contient en lui-même à la fois des électeurs acquis ou convaincus de longue date du besoin d’un « retour » à une sorte d’ordre perdu, et certains d’entre eux ont aussi parfois des opinions ouvertement racistes. Mais déjà, dans ce seul groupe d’électeur, le seul thème du racisme, ne résume pas la motivation du vote.

            Dans cet ensemble, ceux qui sont en général les plus « instruits » (ce concept est assez flou, d’ailleurs, mais c’est un autre problème), sont les premiers à refuser dans les sondages d’opinions ou dans des études plus sérieuses de dire quelles sont les réelles motivations de leur vote extrême, quant ils veulent bien d’abord reconnaître qu’ils votent pour le F.N.

            Cette difficulté pose d’ailleurs un assez important problème pour les études sociologique qui s’appuient sur une méthodologie dite compréhensive.

            Ensuite il existe un ensemble d’électeurs ( je ne peux pas être plus fin sans être encore plus long) à qui on déni, parfois, la capacité de voter à l’extrême droite selon leur propre interprétation de certains problèmes économiques et sociaux. Bref, parfois, en plus de l’équation vote F.N = vote raciste, se superpose l’explication vote F.N = vote de débiles ou d’incultes ; au détriment d’une analyse plus fine, laquelle, je le crains, renforce, par le biais médiatique, les inclinations, parfois naissantes, de certains de ces électeurs, quant cela ne permet pas au F.N d’en acquérir de nouveaux.

            Bon. Je m’arrête là. Je discuterai de ce sujet avec plaisir avec vous. Je ne peux pas développer plus : ça va être sinon super long.

            A +
            Todeti

        • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
          • Posté à 14h43 le 16/10/2009
          • Internaute 22426
            ....

          tt de mme je vous lis je vous relis, vous etes fatigant ! ! ! ! ! pouvez vs admettre, et c’est un fait, que le vote fn décline a mesure que l’instruction progresse ? (ceux qui voterent le plus lepen en 2006 furent les jeunes non qualifiés). J’ai vu ca avec Jacques Rollet, professeur des universités a l’université de rouen.

          vos tartines démagogiques....vous savez, c’est tres mauvais signe d’etre bien noté sur la rue héhé. vous devirez vs en inquiétez. Vous etes dans l’exotisme. la tartine est consiprationniste, hante par la lecture manicheenne du dominant/dominé, lecture qui n’héiste pas, évidement, a instrumentalisé le dominé et de le guider comme bon vs semble.

          beurk beurk beurk ! ! ! vite, riverains, notez moi mal ! ! ! ! !

        3 autres commentaires
  • Go to the page
  • 1
  • 2
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.